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INITIATIVE DEVELOPPEMENT DURABLE

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e 2006 Avec la participation de Le présent livre blanc sur l’Initiative Développement Durable
du SNESSI (le Syndicat National des Entreprises de Systèmes
et de Solutions d’Impression) a été rédigé durant l’été 2006.
Il n’a d’autre ambition que de délivrer une photographie
des efforts actuels en matière de développement durable
dans le domaine de l’impression et de la copie. Les journa-
listes de Speedfire, éditeur de PrintNews, ont réalisé cette
synthèse et tiennent à remercier tous les professionnels
ayant contribué, par leurs précisions, à illustrer concrè-
tement les engagements du SNESSI. Puisse chaque uti-
lisateur de périphériques s’impliquer, à son tour, dans
la protection de l’environnement et participer à l’évo-
lution harmonieuse des solutions d’archivage et
d’impression numériques.
Bonne lecture à tous. Partenaires
La journée Initiative Dévelop-
pement Durable bénéficie de
soutiens auprès d’institutions, de
groupes de presse et de syndicats
professionnels qui font foi dans
le domaine de l’impression et du
développement durable.
Initiative Développement
Durable en 4 idées
- Point sur un enjeu de société,
riche de perspectives économi-
ques

- Développement durable, de
la vision du monde à celle de
l’entreprise
- La contribution des acteurs de
l’impression contre les ...
Voir plus Voir moins
Avec la par
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ur l’Initiative Développement Durable
National des Entreprises de Systèmes
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l’impression et de la copie. Les journa -
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cture à tous.
pro ess onne s qu on o ans le domaine de l’impression et du développement durable.
Initiative Développement Durable en 4 idées
 Point sur un enjeu de société, -riche de perspectives économi -ques  - Développement durable, de la vision du monde à celle de l’entreprise
- La contribution des acteurs de l’impression contre les change -ments climatiques  - DEEE : état d’un engagement économique et environnemental
Sommaire
Entretien avec Jean-Louis Etienne, médecin et explorateur Entretien avec Dominique Dron, Ingénieur en chef des Mines Préface de Bernard Decugis, Prédisent du SNESSI Charte Développement Durable SNESSI
Chapitre 1 : L’éco-conception veut prendre les devants pour l’environnement Chapitre 2 : La production s’engage dans une voie durable et plus propre Chapitre 3 : La distribution valorise le recyclage Chapitre 4 : Développement durable ; les intervenants
Remerciements
p. 6 p. 9 p.12 p.14
p.15
p. 31
 p. 41
p. 55
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Entretien avec Jean-Louis Etienne Médecin et Explorateur
Engagé dans la protection de la biodiversité, l’explora -teur Jean-Louis Etienne livre sa vision des problèmes en -vironnementaux. Quelle place occupent les entreprises dans le développe -ment durable ? s entreprises sont à l’initiative ctions pour l’environnement plus ’on ne le pense, mais ces initiati -s procèdent toujours dans le sens  l’économie de matières premiè -res, d’énergie et d’eau. Les indus -triels sont les principaux acteurs du développement durable et, dans leur intérêt, ils ne peuvent pas faire autrement. Prenons l’exemple des motoristes : malgré la redoutable mode du 4x4 en ville, les fabricants d’automobiles se flattent aujourd’hui de faire des moteurs de plus en plus économes. En comparaison, la valeur environnementale du produit reste toujours coiffée par sa valeur éco -nomique. C’est la santé publique qui détermine, le plus souvent, les prises
de mesures en faveur de l’environne -ment. La conception de moteurs peu gourmands en énergie a une valeur marketing intéressante et, en même temps, des conséquences importantes sur l’environnement. Les entreprises se préoccupent aujourd’hui de décor -tiquer leurs process industriels pour économiser de l’énergie et de l’eau. Cette recherche d’optimisation a des vertus environnementales. Elle est également extrêmement dynamique car elle permet de concevoir des pro -duits moins chers. Quel est votre cheval de bataille pour lutter contre les excès des entreprises ? Les grandes entreprises de l’énergie sont les seules à posséder les moyens de se positionner pour les énergies du futur. La clientèle est de plus en plus gourmande en énergie, ce qui se traduit par des profits énormes. Même constat pour les grands pétro -liers.
Tous ces acteurs sont les principaux actionnaires des entreprises qui conçoivent les cristaux de silicium, les éoliennes et les piles à combusti -bles. Difficile de séparer les industriels d’aujourd’hui de l’énergie de demain ! On peut, en revanche, faciliter l’ins -tallation de solutions écologiques, par des moyens fiscaux. Obtenir, par exemple, un niveau d’achat du kWh vert beaucoup plus attractif qu’il ne l’est à l’heure actuelle. Ce qui implique d’imposer aux fournisseurs d’élec -tricité d’acheter au moins 20 à 30 % d’énergie verte, voire plus. C’est une mesure utile et efficace pour l’usage domestique surtout, la grande indus -trie et les transports pouvant diffici -lement s’alimenter en énergie solaire, éolienne ou de biomasse. Quelle est l’efficacité du principe « pollueur payeur » ? En cas d’accident écologique, la res -ponsabilité incombe à l’industriel et il faut faire respecter les lois. Mais il faut aller plus loin. Le procès qu’intente la Californie aux constructeurs auto -mobiles, fournisseurs de moteurs polluants et responsables de l’effet de serre, forme un effet d’annonce intéressant. Sa violence peut pousser les entreprises à réfléchir autrement. C’est une forme de chaos brutal. Mais l’évolution ne se fait souvent que par
succession de chaos… Intenter un procès aux constructeurs d’automo -biles va les forcer à faire des choix, à proposer des voitures propres dignes de ce nom. On accuse souvent les indus -tries d’être de gros pollueurs, mais aucune industrie ne pollue si on n’achète pas ses produits. Quel est le pouvoir individuel face aux problèmes environnementaux ? Il est évident qu’aujourd’hui, notre façon de vivre a un impact sur l’envi -ronnement. Décider, par exemple, de prendre des transports en commu une bicyclette ou un moyen pe coûteux en énergie pour se déplac ou encore d’isoler sa maison, voil des mesures qui nous transforme en acteurs du développement dur ble ! Notre rôle est majeur, autant que celui des politiques et des industriels. Il est temps de perdre l’habitude de s’ériger en victime, de s’asseoir en disant que ce sont les autres qui pol -luent… N’oublions pas que nous avons  « Il faut avoir chacun uine  ceot nqtruaet  l avec la ve courage  l’on doit honorer cepolitique contrat.de bousculer quelque peu la démocratie »
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L’éco-taxe est-elle un moyen d’éduquer les consommateurs qui n’ont pas forcément conscience du cycle de vie polluant de certains produits ?
Lorsque les prélèvements vont dans le sens d’une répartition équitable pour l’environnement, l’éco-taxe est une bonne chose. Au Costa Rica, pays très en pointe dans la gestion de son environnement, la taxe prélevée sur le pétrole est reversée aux agriculteurs ou aux forestiers pour que ceux-ci développent d’avantage de planta -tions. Il s’agit en fait de transferts de capitaux entre celui qui produit du 2et le forestier qui doit planter des bres pour consommer du CO2. Voilà e initiative vertueuse et efficace. tre exemple, la ville de Stockholm instauré une taxe à l’entrée de son ntre. La mesure prise, nous avons observé une diminution de 30% du trafic. Les gens ont changé leur façon de se déplacer, il y a eu un impact réel ! Mais imaginons que nous soyons le conseil municipal de Paris : serait-on capable d’appliquer ce qui s’est fait à Stockholm ? La difficulté est d’avoir le courage politique qui vient bouscu -ler un peu la démocratie. On ne peut pas non plus se plaindre en perma -nence du manque d’actions des po -litiques, qui sont, bien sûr, en quête d’électeurs mais doivent aussi gérer
un ensemble de préoccupations souvent opposées. Quel est l’enjeu le plus pressant ?
Il faut lutter contre le changement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre et donc dimi -nuer la production de CO2 d’origine énergétique. La nécessité de trouver de nouvelles ressources propres est une situation passionnante pour les générations à venir, c’est un virage important de l’humanité auquel nous assistons. Je suis inquiet sur les pers -pectives et, en même temps, nous avons un devoir d’optimisme car, au delà des solutions, l’intelligence hu -maine est remarquable. Où en est la France en matière de développement durable ? Pour reprendre une vieille histoire, « on n’a pas de pétrole mais on a des idées. »En effet, les Français sont tou -jours promoteurs de grandes idées, de grands congrès internationaux mais continuent à consommer du pétrole ! Nous avons toujours des difficultés pour nous appliquer des mesures. Nous ménageons souvent la chèvre et le chou, pris entre notre créativité latine et notre petite rigueur nordique.  
Entretien avec Dominique Dron Ingénieur en chef des Mines
Pour mobiliser chacun au développement durable, Dominique Dron s’applique non pas à culpabiliser, mais plutôt à donner envie. Nous sommes tous gagnants à réduire la pollution et les ris -ques environnementaux. Les mentalités évoluent vis-à-vis de l’environnement. Mais les principales menaces sont-elles bien cernées ? Les quatre menaces majeures sont le changement climatique, l’érosion biologique, l’imprégnation chimique des milieux et des êtres vivants (dont nous-mêmes) et la raréfaction des ressources en eau. Dans chaque cas, il faut très vite réduire la pression. Ainsi un climat gérable suppose de ne pas dépasser 1,5 à 2°C de plus, donc de réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 50 ans, et de les diviser par 4 dans les pays industrialisés. La mesure de ces dangers (dérive cli -
matique, effondrements biologiques par destruction, surexploitation ou empoisonnement) n’a pas encore été vraiment prise, même si de plus en plus d’institutions et d’acteurs s’y penchent pour leur stratégie : réas -sureurs et grands investisseurs ont commencé à exiger des entreprises la réduction de leurs émissions de leur vulnérabilité climatique ; l négligences environnementales sanitaires sont de plus en plus lourd ment sanctionnées par la justice. U délai de plusieurs décennies entre un résultat scientifique et l’éviction de la substance incriminée, par les clients ou les états, devient peu probable. Pourquoi l’industrie des copieurs et des imprimeurs doit-elle investir dans le développement durable ? Prévention et adaptation concernent toutes les activités. Ici, elles sont liées au changement climatique : consom -mation énergétique des produits et
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procédés, recyclage inclus, logisti -que, analyse du cycle de vie, robus -tesse thermique… L’imprégnation chimique intervient dans les produits en cours d’utilisation, en fin de vie et dans les rejets des procédés de fabri -cation. Les polluants diffus restent un facteur important affectant la qualité des eaux ainsi que l’érosion biologi -que. Le contraire de durable est« éphémère ». Le constat des impasses actuelles, qu’il s’agisse d’environnement, de fonc -tionnements sociétaux ou de risques économiques globaux, conduit peu à peu à de nouvelles aspirations des investisseurs pour leurs fonds. Les ents formulent de nouvelles atten -lors de leurs achats et les sociétés igent de nouvelles sanctions. Après e prise de conscience assez lente,  basculement sociétal intervient e. Or à l’aune des rythmes indus -triels, nos quatre défis imposent des révisions fortes. Et, entre temps, il devient nuisible d’être pris en défaut, par rapport à un concurrent ou à ses propres assertions, sur un critère rele -vant de préoccupations croissantes. Actionnaires, clients et fournisseurs réclament toujours plus de rentabilité. Les projets respectueux de l’environnement ont-ils de bonnes chances d’aboutir ?
La rentabilité à 15 jours est certes peu compatible avec des soucis stratégi -ques même à 5 ans, ne serait-ce que pour la recherche ou le savoir-faire. Mais un fonds de pension ne peut conserver ses clients que s’il prouve qu’il peut survivre autant qu’eux : CalPers demande donc des comptes en matière de gaz à effet de serre et de vulnérabilité. Chaque mois, un nouveau système de classement fondé sur l’évaluation environne -mentale est proposé par un consultant ou par une banque. Et les Bourses sont friandes de critères de différen-ciation. Enfin, réduire la pollution ou les risques, c’est souvent gagner des consommations éner des matières premières, des ra s e fonctionnement, parfois des primes d’assurance, de la tranquillité sociale, donc de la rentabilité et souvent de la notoriété. Dans une économie mondiali -sée, comment parvenir à mener une politique industrielle à la fois globale et efficace pour l’environnement ? Les exigences environnementales servent le progrès des techniques et
celui des produits ; des retards envi -ronnementaux ont déjà été sanction -nés par les clients ou par les états. Ensuite, l’environnement menace globalement les sociétés ainsi que l’espèce humaine. Comme le mon -tre Jared Diamond dans son ouvrage « Effondrement » (Ed. Gallimard), l’ignorer« conduirait simplement (les dirigeants) à avoir le privilège de mou -rir de faim les derniers ». En Chine et en Inde, les dégâts de la pollution, du climat et de l’érosion sont perçus comme un handicap croissant pour le développement, car ils frappent la sécurité alimentaire et la santé des êtres humains, donc la force de travail et de créativité, ainsi que l’image du pays. Et continuer ainsi provoquera des conflits généralisés. En ce sens, le français« durable »et non« soutenable » ou« viable »est ambigu : certaines de nos logiques majeures de dévelop -pement ne peuvent justement pas durer, car incompatibles avec notre propre survie. Y répondre implique, outre la créativité locale, des règles du jeu internationales qui traduisent pour le langage (assez théorique) de l’économie la réalité très concrète de ces impasses.
Comment réussir la transition ? Le premier principe est le réalisme, qui distingue les facteurs que l’on
« Les entreprises peut modifier dedoivent se ceux sur lesquelsréo on ne peut rien.p ccuper Les lois physiquesdavantage de et biologiquesrobustesse font partie des se-sociale et envi-conds ; tout le restementale » est adaptable : nosronne techniques, nos comportements, nos organisations et bien sûr nos conven -tions de calcul, tous outils imprégnés des visions du XIXème siècle occiden-tal. Ecoutez Jean-Baptiste Say :« Il faut entendre par (utile) tout ce qui est pro -pre à satisfaire les besoins, les désirs de l’homme tel qu’il est » et« Si les biens naturels n’étaient pas inépuisables, nous ne les obtiendrions pas gratuitement comment la fiction peut gommer l réalité… Il faut choisir entre un« réajusteme spontané » sauvage des déséquil bres actuels, et une anticipation v lontaire, certes drastique mais à peu près contrôlable. Les entreprises, acteurs lourds des conditions de notre existence sur la planète, en positif et en négatif, devront se préoccuper davantage de la robustesse sociale et environnementale des territoires : à contrario, que pourrait en effet réus -sir une entreprise sur des territoires désorganisés socialement et déser -tifiés biologiquement ? C’est tout un univers à réinventer, et c’est en partie le métier des entreprises.
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