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L'affaire Balssa : Louis Balssa, oncle d'Honoré de Balzac, fut-il un assassin ? Étude inédite d'après les documents officiels (Suite et fin) - article ; n°86 ; vol.22, pg 325-350

De
35 pages
Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1934 - Volume 22 - Numéro 86 - Pages 325-350
26 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Henri de Lestang
L'affaire Balssa : Louis Balssa, oncle d'Honoré de Balzac, fut-il
un assassin ? Étude inédite d'après les documents officiels
(Suite et fin)
In: Revue d'histoire de la pharmacie. Supplément au N. 86, 1934. Dîonysos : gazette du praticien ami des lettres,
des arts et du théâtre, n° 11. Supplément à la Revue d'Histoire de la Pharmacie, n° 20. pp. 325-350.
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de Lestang Henri. L'affaire Balssa : Louis Balssa, oncle d'Honoré de Balzac, fut-il un assassin ? Étude inédite d'après les
documents officiels (Suite et fin). In: Revue d'histoire de la pharmacie. Supplément au N. 86, 1934. Dîonysos : gazette du
praticien ami des lettres, des arts et du théâtre, n° 11. Supplément à la Revue d'Histoire de la Pharmacie, n° 20. pp. 325-350.
doi : 10.3406/pharm.1934.10156
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1934_sup_22_86_10156à la Revue d'Histoire de la Pharmacie inu &\j Supplément P !K-
N° 1 JUIN 1934
îonvsos 7' D
a/ni SOCIÉTÉ Dey tettres, Directeur-fondateur gazette D'HISTOIRE publiée aes Du par : arts DE E.-H. praticien la LA GUITARD et PHARMACIE Du t/iéâtre
L'AFFAIRE BALSSA
Louis Baissa, oncle d'Honoré de Balzac, fut-il un assassin ?
Etude inédite d'après les documents officiels
(Suite et fin)
III bords du Rhin, à la renommée mondiale,
mais le Viaur et le Rhin offrent entre eux
plus d'un trait de ressemblance: Et d'abord, L'INSTRUCTION
ils servent tous les deux de frontière, dans
une partie de leur cours, l'un à deux puis
Le crime eut pour théâtre les gorges du santes nations, la France et l'Allemagne,
Viaur. l'autre à deux anciennes provinces, le
Elles n'ont pas la réputation de leurs Rouergue et l'Albigeois; ensuite tous deux
célèbres voisines, les gorges du Tarn, dont sont, pour ainsi dire, et toutes proportions
elles ne possèdent ni la sauvage grandeur, gardées, des couloirs historiques, l'un avec
ni la farouche beauté, mais elles ont sur ses innombrables burgs à moitié démantel
ces dernières l'avantage d'une riche végé és qui le flanquent des deux côtés, l'autre
tation formant une luxuriante tapisserie de avec les ruines touchantes de ses castels
mousses, de fougères et de châtaigniers, qui moyenâgeux qui couronnent ses hauteurs,
garnissent ses parois de la base au sommet, tout au long de son cours; enfin tous deux
au lieu de la nature aride et pelée qui en roulent leurs flots à travers des défilés
toure le fameux canon des Causses, ce qui étroits creusés dans la roche granitique aux
leur donne un aspect séduisant et point ré promontoires rugueux.
barbatif. Quelle délicieuse et instructive excursion,
Elles n'ont pas non plus le grandiose des à faire, en canoë, de la descente du torrent 326 - DIONYSOS g«^^««6^«é«««6«éé6M^«e«é^^e^«^^««<
du Viaur, depuis le magnifique viaduc de mier ordre, qui aurait permis de passer en
une matinée, des gorges de l' Aveyron du Tanus, chef-d'uvre du génie métallique,
l'ouvrage d'art le plus audacieux de France côté de Najac, dans celles du Viaur, et
plus loin dans celles plus connues du après la Tour Eiffel, jusqu'à son confluent
avec l' Aveyron sous les ruines majestueuses Tarn !
du château de Laguépie, en passant par Abordons auprès du pont qui relie les
Lasplanques, à la vieille église romane, spé deux rives et qu'on a substitué il y a une
cimen assez rare de l'architecture du centaine d'années à l'ancien bac. Sur la rive
XIe siècle, remarquable par des fresques droite, un pauvre hameau, La Calquière, où
naïves; par Pampelonne, bastide fondée était née la victime, et d'où elle partit pour
en 1290 par Eustache de Beaumarchais, aller à la mort. Sur la rive gauche, un vieux
ancien gouverneur de la Navarre, qui la moulin; un peu en amont du pont, et sur la
baptisa ainsi en souvenir de la Pampeluna hauteur dominant ce paysage tourmenté,
espagnole; par ce qui reste de la forte les restes de ce qui fut le château-fort de
resse de Thuriès, l'antique Thuria, dont Mirandol. En aval du pont à une cinquant
s'emparèrent les Anglais de Mauléon au aine de mètres de ce dernier et à une ving
moyen d'une ruse grossière, dont on trouve taine de de la rive, dans le talus
le récit dans Froissart; par Mirandol et assez raide d'une châtaigneraie, une source
Jouqueviel, places ofrtes de jadis, aujour maçonnée de briques rongées par le temps :
d'hui représentées par quelque tour en la fontaine de Fréxaires. L'endroit n'a rien
ruines et des pans de murs écroulés, - et de sinistre, au contraire, c'est un coin char
par ce curieux et romantique village de mant, connu des seuls pêcheurs, race émi-
Lagarde - Viaur, accroché à la montagne nement intrépide, et de quelques amateurs
avec ses maisons en escalier, qui semblent de fraîcheur et d'ombrage. Le Viaur s'étale
monter à l'assaut de la colline derrière le ici entre deux rives plates bordées de peup
clocher qui a l'air du capitaine; ce village liers, et sa nature de torrent n'est attestée
seul, parmi un rude et superbe paysage, que par quelques gros rochers détachés de
vaut le déplacement : il fait l'effet d'une la montagne et qui ont roulé au milieu de
chose artificielle, d'une image d'Epinal, son lit. Ces lieux sont demeurés à peu près
d'un décor de théâtre pour une pièce dans ce qu'ils étaient au moment du crime, à
le genre des Burgraves; c'est original et l'exception- du pont en pierre qui a rem
saisissant, comme une illustration de placé l'ancien bac, et du nouveau chemin
féerie. plus praticable pour accéder du plateau au
moulin et qui double la vieille côte du Car- Et tout le long du parcours, à travers les
relié toujours existante, mais peu suivie. méandres capricieux de la rivière, une
dense végétation, une épaisse toison de
mousses, de genêts, de bruyères et de châ Donc, le 6 juillet 1818, vers 9 heures du
taigniers, tapissant les parois, depuis le bas matin, une jeune fille . de la Calquière,
jusqu'au faîte, et donnant à cette nature Jeanne Bermond, venant puiser de l'eau à
tourmentée et puissante, au relief fort la fontaine de Fréxaire, eut la surprise
ement accusé, un air gracieux et tendre, d'apercevoir une femme endimanchée assise
encore accru par l'inépuisable variation des ou adossée contre la maçonnerie de la fon
teintes, et la riche floraison qu'apporte le taine et qui semblait dormir. Quoiqu'elle
cycle des saisons. Combien il est regrettable portât sur son visage un mouchoir, elle la
qu'on ait reculé devant la dépense d'un pro reconnut aussitôt pour être Cécile Soulié
jet qui devait faire pénétrer le chemin de qu'elle connaissait parfaitement, étant du
fer dans ces gorges pittoresques ! C'eût été même village. Elle l'appela, mais n'obtenant
une ligne d'un attrait touristique de pas de réponse elle s'approcha, souleva le i^^&è$&&$tttt$$&$èë&&&&*&$&&^èè$$$è$&&&$&$$è&&&&&&®>* DIONYSOS 327
mouchoir qui cachait sa figure et recula Procès-verbal constatant la mort violente
d'horreur : Cécile Soulié était morte, sa f
de Cécile Soulié. igure était noire et tuméfiée. Jeanne poussa
un grand cri qui fut entendu par un brave
... L'an 1818 et le 6e jour du mois de juillet, homme qui travaillait dans les champs de
par devant Nous, Bernard Maffre, Juge de paix l'autre côté de l'eau et s'enfuit en courant.
du canton de Pampelonne, et dans notre maison Elle se heurta dans sa course au frère de d'habitation à s'est présenté à onze
Cécile auquel elle annonça la lugubre nouv heures du matin, le nommé Pierre Soulié, cul
elle, et celui-ci fort ému, se précipita vers tivateur demeurant au village de la Calquière,
la maison de ses parents pour les prévenir. dans la commune de Mirandol, lequel nous a
Ceuxjci accompagnés de voisins, se rendi- dit que Cécile Soulié sa fille, avait été trouvée
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Ruines du Château de Mirandol avec vue sur les gorges- du Viaur.
morte ce matin auprès d'une fontaine située au rent aussitôt à la fontaine, et convaincus
bas de la côte du Carrelié; que, dès qu'il l'avait que leur fille avait été assassinée, s'en fu
su, il était venu en toute hâte nous en instruire. rent aussitôt à Pampelonne en informer le
Sur quoi, Nous, Juge de paix, agissant comme juge de paix, l'honorable M. Maffre, lequel
officier de police judiciaire, accompagné de se transporta immédiatement sur les lieux.
Roch Pierre Roumégoux, notre greffier, du sieur Dès deux heures de l'après-midi, ce magist Antoine Savary, docteur en chirurgie, dont nous
rat arrivait sur les bords du Viaur, accom avons requis l'assistance, et du sieur Millet gen
pagné de son greffier, d'un docteur en chi darme, résidants à Pampelonne, nous sommes
rurgie et d'un gendarme et dressait sans transportés sur les lieux indiqués par ledit
désemparer le procès-verbal -qui suit : Pierre Soulié. Nous y sommes arrivés à deux DIONYSOS &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&*&&&&&&&& 32$
heures; Nous y avons trouvé ledit Pierre Soulié, chet, elle était décachetée et adressée à M. Niel,
Cécile Lacroix, son épouse, et Jean-Pierre Soulié à la Rode, paroisse de Bourgnounac.
son, fils, et plusieurs autres personnes. Ils nous Ce cadavre a été reconnu par le susdit Pierre
ont conduits aussitôt à une fontaine appelée la Soulié et Cécile Lacroix, mariés, demeurant à
Fréxaire, placée dans une châtaigneraie, entre la Calquière, pour être celui de Cécile Soulié,
la côte du Carrelié, et la rive du Viaur, et à leur fille; leur fils, Jean-Pierre Soulié, ainsi
trente mètres environ de l'une et de l'autre. Sur qu'un très grand nombre de leurs voisins, l'ont
le bord de cette fontaine, caché par des fougères également reconnu. Ledit Savary, docteur en
et arbustes dont il est presque immédiatement chirurgie, qui nous avait accompagné, a été re
entouré, nous avons vu un cadavre assis à terre, quis par Nous de faire la vérification de ce ca
davre. Après avoir fait serment en nos mains de ayant sous lui, en partie, un chapeau de femme
en laine, noir, et de forme ronde. Sa tête et son remplir avec fidélité la commission que nous lui
dos étaient appuyés contre le roc, d'où jaillit donnions, il a procédé en notre présence, et il
l'eau; son visage était couvert d'un vieux mou nous a fait le rapport suivant : « Ce cadavre
choir gris et blanc; sur sa tête, était une coiffe « dont la vérification nous a été donnée, a offert
de toile blanche, garnie de mousseline et un ru « à la première inspection un individu du sexe
ban noir; sur son col et sur son sein, un mou « féminin, de l'âge de trente ans environ; l'au-
choir fond bleu, avec un bord à fleurs noires; « topsie nous a présenté des particularités sui-
sur ses épaules, et sur une partie de ses bras, « . vantes : la face livide et gonflée, les yeux
un tablier de sarguine rayé blanc et noir, attaché « fermés, les paupières injectées, les narines et
au col avec les cordons qui étaient de ruban de « la bouche remplies d'écume, la langue noirâ-
fil bleu; il était vêtu d'une camisole de couteline « tre et volumineuse; au-dessus de la partie
blanche et d'une jupe de racanel rayée gris et « gutturale de la trachée artère, nous avons re-
« marqué une dépression de quelques millimè- blanc; ses jambes étaient nues, il avait un sou
lier de cuir noir au pied droit, un soulier sem« très de profondeur, sur autant de largeur, qui
blable était tout près du pied gauche, qui était « nous apparût le résultat de la compression
nu. Nous avons remarqué plusieurs taches « d'un corps solide (comme cordeau, ruban de
bleuâtres sur ses jambes; les habits que portait « fil, ou de laine) de la grosseur du petit doigt.
le cadavre, le volume apparent de son sein, la « Cette dépression accompagnée d'érosion de
grosseur de son ventre, nous ont porté à croire « l'épiderme, d'extravasation de sang, de plu-
qu'il était du sexe féminin. Nous en avons été « sieurs plis à la peau avec changement de
convaincu quand on a levé le mouchoir «qui « couleur, se continuait sur toute la circonfé-
couvrait sa figure, les traits en étaient horrible « rence du cou dans les mêmes dimensions,
ment décomposés; ils étaient livides, surtout les « mais plus irrégulières, sur les vertèbres cer-
lèvres et le tour des yeux, qui étaient fermés. « vicales. Cette circonstance s'explique selon
« nous, par les efforts que dut faire l'individu Nous n'avons remarqué aucune trace de sang
« pour se soustraire à l'action de l'agent vulné- sur les habits de ce cadavre, ni sur les environs
« rant. du sol sur lequel il gisait. Nous avons examiné
avec le plus grand soin les alentours, nous n' « L'extérieur de la poitrine n'a présenté au-
avons remarqué dans les fougères et autres plan « cun caractère particulier, non plus que les
tes qui couvrent presque entièrement les ave « différents viscères abdominaux appartenant
nues de la fontaine, aucun dérangement ou « à l'appareil digestif. L'ouverture de la matrice
affaissement qui nous ait porté à croire que le « nous a laissé voir un ftus mort, du sexe
cadavre y eut été traîné d'un autre lieu, ou « masculin, ayant atteint environ le sixième
même qu'il y eut été porté. Les poches qui « mois de la gestation. Les extrémités supé-
étaient sur le cadavre, ont été fouillées; dans « rieures et inférieures étaient parsemées de
l'une était un petit fromage et un morceau de « taches livides et noirâtres, sans blessure ni
pain bis, dans l'autre, un morceau de pain ap « meurtrissure. Ces différents indices établiss
pelé « fougasse », dans le pays, et une lettre e sent à nos yeux, d'une manière très probable,
écrite sur une demi feuille de papier, sous la « les causes de la mort violente de l'individu
date de Villefranohe, le 18 juin 1818, une partie « sur lesquelles nous sommes appelés à émettre
en a été emportée sens doute en rompant le « notre opinion. .
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« L'état extérieur du cadavre, celui de la face ment. Nous les avons invités à nous transmettre
tout ce qu'elles pourraient nous apprendre rela« surtout, portent le caractère de l'asphyxie,
« les vestiges de l'action d'un corps compri- tivement à ce crime, nous avons retenu la let
tre trouvée dans une des poches de Cécile Soulié « mant autour du cou, sont la preuve matérielle
« d'un étranglement. Notre avis est que l'action pour servir et être remise ainsi qu'il appart
« dudit corps que nous jugeons être un cor- iendra.
« deau, a porté son point de compression plus Et, de tout ce dessus, a été dressé le présent « particulièrement sur les conduits aériens, procès-verbal, qui a été signé par Nous, notre « d'où est résulté l'interruption de la circula- greffier, par Millet, gendarme et par le sieur « tion et de la respiration, et, par suite de cette Savary, docteur en chirurgie. « interruption, l'individu a succombé à l'as-
« phyxie par strangulation. » Suivent les quatre signatures :
Dans les Gorges du Viaur. Un châtaigneraie sous la neige.
La fontaine de Frexaires, près de laquelle fut découvert le crime.
Maffre - Millet - Savary - Roumégoux. Nous Juge de paix, vu que la mort violente de
Cécile Soulié est parfaitement constatée, par le On remarquera qu'à ce moment aucune
rapport ci-dessus, avons déclaré que rien ne des personnes présentes n'émit le moindre s'oppose à l'inhumation du cadavre, nous avons soupçon sur le ou les meurtriers présumés. même ordonné aux parents d'y faire procéder
Le même jour, le juge commençait son ensans délai, à cause de la chaleur excessive qu'il
quête et dressait le 6 juillet un nouveau fait aujourd'hui, en se conformant néanmoins
procès-verbal des premiers renseignements à ce qui est prescrit par les lois. Nous avons en
recueillis. suite demandé à toutes les personnes présentes
si les auteurs du meurtre de Cécile Soulié leur
étaient connus; ils nous ont répondu négative- L'an 1818, et le sixième jour du mois de juillet par devant Nous Bernard Maffre, Juge de paix nue que depuis huit jours à la Calquière, qu'elle
avait resté pendant quelques mois et jusqu'au du canton de Pampelonne, agissant comme of
ficier de police judiciaire, pour tâcher de dé jour de la Saint-Jean, au service du nommé Niel,
couvrir les auteurs du meurtre de Cécile Soulié, de la Rode, qu'elle lui avait parlé de la lettre
de la Calquière, avons entendu les témoins sui qu'on avait trouvée dans sa poche, par laquelle
vants, qui nous ont fait les déclarations qui sui on lui annonçait qu'on lui avait trouvé une place
vent : à Villefranche, à ce qu'elle lui avait dit.
3° Marie Bermond, 29 ans, demeurant à la 1° Pierre Soulié a déclaré que Cécile Soulié
Calquière, a déclaré qu'elle était hier soir vers sa fille ne restait pas habituellement chez lui,
les huit heures sur la rive gauche du Viaur, près qu'elle y était hier au déclin du jour, qu'il l'avait
du bateau, que Cécile Soulié, de la Calquière, vue alors partir avec un voisin dans le village
qui était sur la rive opposée, l'appela et la pria de la Calquière; que Cécile Soulié, sa femme,
de venir la passer, ce qu'elle fit; que ladite lui avait rapporté que sa dite fille en était part
Cécile Soulié passa le Viaur avec Jean-Pierre ie peu de temps après, pour aller trouver une
Granier et André Issalis, du Carrelié, qu'ils enpersonne qui devait lui parler de l'autre côté du
trèrent avec elle dans le bateau, qu'ils dirent Viaur; que sa dite fille ne se conduisait pas bien
qu'ils venaient de la Jouanié, où ils avaient été depuis longtemps, et qu'elle n'avait jamais eu
voir un parent qui était malade; que Granier et de docilité à écouter les représentations qu'il
Issalis entrèrent dans le moulin, que ladite lui avait faites depuis qu'elle avait été mariée.
Soulié se dirigea vers la côte du Carrelié, qu'elle
2° Cécile Lacroix, épouse de Pierre Soulié, lui avait demandé où elle allait, qu'elle lui avait
a déclaré que Cécile Soulié, sa fille, avait été répondu qu'elle allait au Carrelié; que lui ayant
mariée avec Joseph Sudre, de la Bourrelié, observé qu'il était déjà nuit, elle avait répliqué
homme vieux et infirme; que sa fille avait quitté qu'elle n'était point peureuse; qu'il y avait alors
quelques mois après son mariage son mari, qu'il dans le moulin le nommé Gaffard, de la Gaffou-
était mort depuis trois mois environ; que depuis tié, et un homme de Labro, avec enfant de douze
un an qu'elle s'était séparée, elle avait mené une ans, qu'ils en partirent vers les onze heures, et
vie vagabonde, n'ayant aucun domicile fixe, que qu'ils durent passer le long du Viaur, et en-des
sa conduite était peu régulière, ce qui affligeait sous de la fontaine de Fréxaire.
ses parents; que sa dite fille lui avait avoué 4° Marie-Jeanne Bermond, de la Calquière, qu'elle était enceinte des oeuvres de Louis Baissa a déclaré : qu'elle avait été ce matin vers les dit le Prince, cultivateur, demeurant à la Noug neuf heures à la fontaine de Fréxaire pour y ayrié, commune de Montirat, dans le canton de
puiser de l'eau, qu'elle avait été bien effrayée Monestiés, chez lequel elle avait été servante en y trouvant Cécile Soulié morte, qu'elle l'avait avant son mariage; que sa dite fille étant venue
reconnue aussitôt aux habits portait, hier de Bourgnounac, vers midi, avait passé le
quoique le visage fût couvert d'un mouchoir; reste de la journée dans la maison paternelle,
qu'elle avait appelé le nommé Cayré, de la Caloù elle avait dîné et goûté; qu'elle avait dit sur le
quière, qui travaillait la terre sur la rive opposoir à sa dite fille si l'homme qui l'avait embar
sée pour lui faire part de ce malheur; que cerassée ne viendrait pas à son secours lorsqu'elle
lui-ci lui avait dit d'en instruire les parents afin ferait ses couches; qu'elle lui avait répondu, qu'ils en donnassent promptement connaisqu'il le lui avait souvent promis, et qu'elle de sance à la justice; qu'elle avait couru à la Calvait avoir ce soir même une entrevue avec lui
quière, qu'elle avait rencontré Jean-Pierre Soulà ce sujet; qu'elle entendait le faire expliquer ié, frère de ladite Cécile, auquel elle avait anpositivement; que sa fille était très vive, qu'elle noncé la mort de sa sur; que celui-ci fondant était partie de la Calquière se dirigeant vers le en larmes, avait couru chez lui; elle a ajouté bac, au commencement de la nuit, qu'elle n'avait qu'hier sur le soir, elle avait rencontré Cécile pas été surprise de ne pas la voir revenir parce
Soulié allant de la Calquière au bac» qu'elle lui qu'elle avait pensé qu'elle avait été coucher au
avait demandé où elle allait si tardivement, village du Carrelié, savait que sa fille qu'elle avait répliqué : Oh ! pas bien loin... avait sur elle une vingtaine de francs, lorsqu'elle
sortit de la maison, que Marie Blanc sa belle- 5° André Issalis, du Carrelié, a déclaré: Qu'il
fille le savait aussi; que sa dite fille n'était revenait avec Jean-Pierre Granier, son voisin, de la Jouanié, qu'ils passèrent par la Calquière, que s'il n'agissait pas bien avec elle, elle n'aur
qu'ils arrivèrent au bac aux approches de la ait plus de ménagements à garder avec lui.
nuit, qu'ils y trouvèrent Cécile Soulié; qu'ils Pour la première fois le nom de Louis entrèrent dans le bateau et passèrent le Viaur
Baissa est prononcé par un seul des tavec elle, que Marie Bermond conduisait le ba
émoins. Nous allons voir que ce geste va être teau; qu'étant arrivés sur la rive gauche, ils
suivi avec ampleur. En effet, quelques jours furent appelés par François Darbios, meunier,
après, le 11 juillet, le même juge consignait qu'ils entrèrent dans le moulin et parlèrent avec
dans un dernier procès-verbal les propos lui pendant une demi-heure tout au plus, qu'ils
en partirent vers les neuf heures, qu'ils trouvè et informations glanés au petit bonheur par
rent Cécile Soulié presque au bas de la côte, ar le garde champêtre au cours de ses tour
rêtée; que ledit Issalis lui demanda si elle ne nées. Les voici textuellement reproduits :
voulait pas monter plus haut, qu'elle répondit :
« Apparemment non »; qu'à quatre cents pas Antoine Ichard, cultivateur, demeurant au
environ du lieu où ils avaient trouvé Cécile mas del Bosc, dans la commune de Jouqueviel.
Soulié, ils rencontrèrent deux hommes d'une a dit à Alexis Laval, garde champêtre de la com
taille moyenne vêtus d'un sac culotte, ou veste mune de Pampelonne, qu'il avait vu Cécile Soul
et pantalon, que ledit Issalis crut être d« raca- ié revenant de la Nougayrié, et qu'elle avait
nel, qu'ils portaient des souliers et un chapeau assuré que si Louis Baissa, dit le Prince, ne ré
rond, noir, rabattu; qu'il ne les connut pas; que parait pas le tort qu'il lui avait fait, elle lui brûl
ledit Issalis ni ledit Granier n'adressèrent point erait la gerbière. Le même Ichard a dit au
la parole à ces deux individus, que ceux-ci ne même garde champêtre que Louis Baissa dit le
leur parlèrent point non plus; qu'à 300 pas de là Prince, avait assuré que si Cécile Soulié était
ils rencontrèrent Guillaume Bermond, du Carrel assez hardie pour mettre le feu à sa gerbière,
ié, et son jeune fils, portant chacun un sac sur elle ne mourrait d'autre main que de la sienne.
leurs épaules et allant sans doute moudre du On m'a rapporté que Jean-Antoine Bergou- grain.
gnou, du mas del Bosc, vit passer, le 5 du mois
6° Jean-Pierre Granier, du Carrelié, a fait courant, vers les 7 heures du soir, Louis Baissa,
dit le Prince, avec un autre homme, qu'il ne une déclaration conforme à celle d'Issalis.
connut point, suivant le chemin qui conduit de
7° Guillaume Bermond, père et fils, du Garre- la Nougayrié à Bourgnounac et au Carrelié.
lié, ont déclaré qu'ils allaient hier au soir vers Que la femme du susdit Bergougnou était sur
les neuf heures au moulin de Mirandol pour y un cerisier, que Louis Baissa quitta le chemin
moudre un peu de seigle qu'ils portaient, qu'ils et vint sous le. même arbre et lui dit : « Vous
rencontrèrent Issalis et Granier leurs voisins ne me tuerez pas, quoique je mange quelques
montant la côte, qu'ils rencontrèrent au bas de cerises », qu'elle l'invita à en manger, qu'il lui
la côte une femme qui marchait très lentement dit en la quittant : « Je vais faire une petite
et qu'ils ne connurent pas; qu'ils n'avaient point campagne (voyage) et je ne suis pas bien cont
vu d'autre individu dans la côte. Bermond père ent. »
a déclaré encore que, dans le temps qu'il était
Jean-Pierre Soulié et Marie Blanc, mariés, deau moulin,, survint un jeune homme qui d
meurant à la Calquière, frère et belle-sur de emanda qu'on le passât; que ledit Bermond le
Cécile Soulié, m'ont fait savoir que Marie Alaux. passa lui-même, que «et individu dit qu'il était
de la Nougayrié, avait dit que le 5 du mois coude Saint-André et qu'il voulait aller ce jour-là
rant, vers les 7 heures du soir, elle revenait chez à Naucelle moissonner.
elle et qu'elle croisa Louis Baissa, dit le Prince,
qui suivait le chemin qui conduit de la Noug8° Marie Puech, épouse Massot, du Carrelié,
ayrié à Bourgnounac et au Carrelié. a déclaré que Cécile Soulié était venue chez elle
samedi dernier, 5 du mois courant, qu'elles On m'a rapporté que Cécile Soulié avait dit,
avaient été manger des cerises ensemble, que dimanche dernier, 5 du mois courant, à Marie
Cécile lui avait dit qu'elle devait avoir le lende Cayré et à Catherine Trougan, épouse Bourda-
main une entrevue avec l'auteur de Sa grossesse, riès, ses voisines, demeurant à la Calquière :
qu'elle n'avait pas voulu le déceler encore, mais « Je dois passer le Viaur ce soir pour aller par-

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