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Guy San Juan
Patrice Méniel
Véronique Matterne-Zeck
Xavier Savary
Karine Jardel
Nathalie Forfait
Ivan Jahier
L'occupation gauloise au nord-ouest de Caen. L'évaluation en
sondage du plateau de Thaon (Calvados)
In: Revue archéologique de l'ouest, tome 16, 1999. pp. 131-194.
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San Juan Guy, Méniel Patrice, Matterne-Zeck Véronique, Savary Xavier, Jardel Karine, Forfait Nathalie, Jahier Ivan.
L'occupation gauloise au nord-ouest de Caen. L'évaluation en sondage du plateau de Thaon (Calvados). In: Revue
archéologique de l'ouest, tome 16, 1999. pp. 131-194.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709X_1999_num_16_1_1091Abstract
The protohistoric occupation north-west of Caen seems to be mainly guided by the hydrographie
network of the La Seulles river coastal basin. During the La Tène period, seulement densification is
revealed by clusters of enclosures separated by the short tributaries of the La Seulles river. On the
limited area of Thaon, several Iron age farms could have been organized together during the 2nd and
1st centuries B.C.. Most of them would have been abandonned before the end of the first half of the lst
century B.C.. Of the eiglit sites sampled, only one shows an occupation stretching from the late La Tène
period up to the first half of the 1st century A.D, probably uninterrupted. During the Middle and Late La
Tène periods, arable fanning is clearly attested by seeds and numerous storage pits. Arable farming
may indeed have played a major role in the local Iron age economy, production exceeding subsistance
needs. In this agrarian context, an enclosure of evident spécial status has yielded deposits of horse
bones and pottery. The distribution of the farms in Thaon during the 2nd and 1st centuries B.C. could
reveal an elementary agrarian system based on close interrelation between these settlements. In this
area of the Caen plain, the hypothesis of a network of farms cooperating together to clear land on a
large scale, as early as the end of the middle Tène period, seems higlily likely. The existance of a
network of scattered independant farms is thus on the contrary unconvincing. Romanisation would not
have led to the systematic reoccupation of these sites. The new agricultural occupation would not have
had any notable relationship with the Iron age precedent.
Résumé
L'occupation protohistorique au nord-ouest de Caen semble essentiellement guidée par le réseau
hydrographique du bassin côtier de La Seulles. Au second Age du Fer, une densification des
installations s'organise en amas d'enclos séparés par les cours affluents de La Seulles. Dans l'espace
restreint de Thaon, plusieurs fermes gauloises pourraient avoir fonctionné conjointement au cours des
IIe et Ier siècles avant J.-C. La plupart serait abandonnée avant le milieu du Ier siècle avant J.-C. Un
seul gisement, sur huit sondés, traduit une occupation à la fin de La Tène finale se poursuivant
probablement sans interruption, à la première moitié du Ier siècle de notre ère. Au cours de La Tène
moyenne et de La Tène finale, les productions culturales sont clairement attestées par les graines et de
nombreux «silos». L'agriculture gauloise pourrait avoir donné aux cultures une place majeure dans
l'économie locale, dépassant le stade des productions vivrières. Dans ce contexte agraire, un enclos a
livré des dépôts de céramiques et d'ossements de chevaux lui conférant un statut particulier. La
distribution des fermes du plateau de Thaon au cours du IIe et du Ier siècle pourrait témoigner d'un
système agraire basique, fondé sur une interrelation étroite. Dans ce secteur de la Plaine de Caen,
l'idée d'un réseau de fermes dispersées serait écartée, au profit d'un réseau de «groupements
fermiers» ayant défriché assez massivement, dès la fin de La Tène moyenne. La romanisation ne se
traduirait pas par une réoccupation systématique des sites. La nouvelle occupation agraire n'aurait pas
de filiation notable avec l'espace gaulois.,
Rev. archéol. Ouest, 16. 1999, p. 131-194.
L'OCCUPATION GAULOISE
AU NORD-OUEST DE CAEN
L'évaluation en sondage du plateau de Thaon (Calvados)
Guv SAN JUAN*, Patrice MENIEL**, Véronique MATTERNE-ZECK***. Xavier SAVARY****
et Karine JARDEL*****
avec la contribution de Nathalie FORFAIT et Ivan JAIIIER
Résumé : L'occupation protohistorique au nord-ouest de Caen semble essentiellement guidée par le réseau hydrographi
que du bassin côtier de La Seulles. Au second Age du Fer, une densification des installations s'organise en amas d'enclos
séparés par les cours affluents de Ijl Seulles. Dans l'espace restreint de Thaon, plusieurs fermes gauloises pourraient avoir
fonctionné conjointement au cours des Ile et 1er siècles avant J.-C. La plupart serait abandonnée avant le milieu du 1er siècle
avant J.-C. Un seul gisement, sur huit sondés, traduit une occupation à la fin de La Tène finale se poursuivant probablement
sans interruption, à la première moitié du 1er siècle de notre ère. Au cours de La moyenne et de La Tène finale, les
productions culturales sont clairement attestées par les graines et de nombreux «silos». L'agriculture gauloise pourrait avoir
donné aux cultures une place majeure dans l'économie locale, dépassant le stade des productions vivrières. Dans ce
contexte agraire, un enclos a livré des dépôts de céramiques et d'ossements de chevaux lui conférant un statut particulier.
La distribution des fermes du plateau de Thaon au cours du Ile et du 1er siècle pourrait témoigner d'un système agraire
basique, fondé sur une interrelation étroite. Dans ce secteur de la Plaine de Caen, l'idée d'un réseau de fermes dispersées
serait écartée, au profit d'un réseau de «groupements fermiers» ayant défriché assez massivement, dès la fin de La Tène
moyenne. 1^ romanisation ne se traduirait pas par une réoccupation systématique des sites. La nouvelle occupation agraire
n'aurait pas de filiation notable avec l'espace gaulois.
Abstract : The protohistoric occupation north-west of Caen seems to be mainly guided by the hydrographie network of the
La Seulles river coastal basin. During the La Tène period, seulement densification is revealed by clusters of enclosures
separated by the short tributaries of the La Seulles river. On the limited area of Thaon, several Iron âge farms could hâve
been organized together during the 2nd and lst centuries B.C.. Most of them would hâve been abandonned before the end
of the first half of the lst century B.C.. Of the eiglit sites sampled, only one shows an occupation stretching from the late La
Tène period up to the first half of the lst century A.D, probably uninterrupted. During the Middle and Late La Tène periods,
arable fanning is clearly attested by seeds and numerous storage pits. Arable farming may indeed hâve played a major rôle
in the local Iron âge economy, production exceeding subsistance needs. In tliis agrarian context, an enclosure of évident
spécial status has yielded deposits of horse bones and pottery. The distribution of the farms in Thaon during the 2nd and
lst centuries B.C. could reveal an elementary agrarian system based on close interrelation between thèse settlements. In this
area of the Caen plain, the hypothesis of a network of farms cooperating together to clear land on a large scale, as early as
the end of the middle Tène period, seems higlily likely. The existance of a network of scattered indépendant farms is thus on
the contrary unconvincing. Romanisation would not hâve led to the systematic reoccupation of thèse sites. The new
agricultural occupation would not hâve had any notable relationship with the Iron âge précèdent.
Mots-clés : La Tène moyenne, La Tène finale, groupement de fermes, graines, silos, système agraire basique, dépôts
d'ossements de chevaux.
Key-words : Middle La Tène period, late La Tène period, seeds, storage pits, elementary agrarian system, deposits of horse
bones.
* Archéologie, Service Départemental d'Archéologie du Calvados.
** Archéozoologie, CNRS Paris, Centre de Recherche Archéologique de la Vallée de l'Oise.
*** Carpologie, Centre de Recherche Archéologique de la Vallée de l'Oise.
**** Pétrographie, Service Départemental d'Archéologie du Calvados.
***** Cèramologie gallo-romaine. Service Départemental d'Archéologie du Calvados.
Manuscrit reçu le 15/06/1998. accepté le 19/03/1999. :
:
:
G. San Juan et al. 132
lement par le micro-terroir de la Seulles (fig. 1). L'en1 - DEFINITION DU PROJET
semble de la bibliographie, des clichés de l'I.G.N. et de DE PROSPECTION THÉMATIQUE :
la prospection aérienne oblique du S.D.A.C. a été déESPACE ÉTENDU ET ESPACE RESTREINT
pouillée.
Le bassin aval de la Seulles appartient à la micro-réEntre 1992 et 1994, fut mené un projet de prospection
gion caennaise qui se caractérise sur le plan physique par thématique avec sondages, au nord-ouest de la Plaine de
un terroir homogène, la Plaine de Caen (fig. 1). L'espace Caen, financé par l'Etat et le Conseil Général du Calva
étendu de la prospection est limité arbitrairement au sud dos. Le micro-terroir concerné est le bassin aval de la
par la route nationale n° 13 de Caen à Bayeux (fig. 1). Au- Seulles, terminaison occidentale de la Plaine de Caen (fig.
delà de cette limite administrative, les loess carbonates 1). Le projet s 'appuyant sur la prospection aérienne, la
caractérisant la Plaine de Caen sont relayés vers le sud base du travail était constituée d'images d'enclos
par des loess argileux et des argiles caillouteuses. Le fossoyés, pour lesquels, l'interprétation des anémies
substrat calcaire cède progressivement la place à des calculturales est limitée sur le plan spatial.
caires argileux et à des grès. L'espace retenu s'inscrit Cette prospection systématique a été suppléée sur le
dans un quadrilatère d'environ 24 km sur 14 km, limité terrain par l'évaluation d'un espace restreint, le plateau
au nord par le littoral. Le dépouillement documentaire a de Thaon, afin de valider l'hypothèse de la présence d'une
concerné 62 communes. Sur le plan hygrographique, on majorité d'habitats agricoles enclos du second Age du
observe deux domaines bien différenciés, de part et Fer ; ceci, conformément à l'amplification d'un mouve
d'autre de l'interfluve séparant le bassin aval de la Seulles ment de fondations, communément admis à partir de La
Tène moyenne (Menez, 1996, p. 214). Cette extension
de l'occupation agraire prendrait son essor aux Vie et Ve
siècles avec la multiplication de petits établissements
mais aussi de grandes fermes qui pourraient refléter l'im
plication d'une classe «seigneuriale», dès le début du
second Age du Fer (Menez, 1996, p. 214). L'analyse du
site devait ainsi permettre d'explorer un modèle élément
aire d'occupation gauloise. La définition socio-écono
mique de ce modèle en ferait un indicateur de l'organi
sation d'une communauté locale, niveau basique d'une
éventuelle hiérarchie territoriale à l'échelle de la Plaine
de Caen.
L'évaluation à Thaon avait pour préambule une appro
che par les archives de l'espace étendu, marqué principa-
Fig. 1 L'espace de prospection dans le cadre du réseau régional d'épe
rons fortifiés. 1 éperon fortifié ; 2 limite de la Plaine de Caen-Falaise-
Argentan-Alençon.
Espace de prospection étendu
Espace de prospection restreint
DOMAINE CRETACE
Pays d'Aiiqe
Beuvron Ouilly-le-Vicomle
_ Cambremer
Moult
OMAINE JURASSIQUE
aine de Caen
DOMAINE MANCELLIEN
DU MASSIF ARMORICAIN
Bocage normand Je :
1
:
i
:
:
:
:
L'occupation gauloise au nord-ouest de Caen 133
Fig. 2 Nécropoles du premier Age du Fer et du
début du second Age du Fer au nord de la Plaine 10 km 0 de Caen. 1 agglomération caennaise ; 2 zone
marécageuse ; 3 relief des avant-buttes f T calloviennes ; 4 : éperon calcaire barré ; 5 né N cropoles premier Age du Fer/La Tène ancienne. (O Banville \
c
et celui de l'Orne (fig. 2). Le secteur de
la Seulles, bien drainé, est découpé par
les cours affluents en plusieurs portions ^^ Basly
de plateaux assez équivalentes. Le sec 'ri  f teur de l'Orne se distingue en revanche
par le découpage insignifiant du Dan. Il t ( \ y ) Blainville Q Bn / j
faut également noter l'absence d'af ( ° r M
fluents en rive droite de la Mue et du
débouché de la Seulles. ) / i Le projet de Thaon présente l'intérêt
▼ d'être globalement dégagé de toute con Y trainte spatiale, à la différence notam ^^ f ▼ ▼ v
ment des approches linéaires de l'archéo
logie routière. Il complète ainsi la per A 3 D 4 T5 / □ 1 E22 h ception à petite échelle de la distribution T des sites, fournie par les sauvetages. Un
grand programme de sauvetage, mené
pendant plusieurs années sur la zone industrielle de connaissances montrerait que la Plaine de Caen pourrait
Mondeville, a récemment conduit à une analyse micros bien être le siège d'un maillage territorial assez dense,
patiale exemplaire, avec des décapages considérables. s'affirmant par le biais de ces nécropoles susceptibles
Cette étude à grande échelle dépasse bien entendu larg d'indiquer chacune une entité du peuplement protohisto
ement le projet de Thaon. Les analogies se cantonnent à rique, au début du second Age du Fer.
l'échelle d'étude dépassant le site isolé. Dans l'espace Pour la fin du premier Age du Fer, les faits matériels
restreint de Thaon. il était impossible d'envisager dès le funéraires sont essentiels pour une approche de l'occu
début une extension des décapages et une fouille élargie pation au nord-ouest de Caen (fig. 2). La distribution spa
des établissements. En revanche, des sondages systéma tiale traduit une bipartition basse vallée de la Seulles/
tiques dans les structures majeures (fossés, fosses de basse vallée de l'Orne. On notera simplement l'absence
stockage, fondations de bâtiments, etc), identifiées en actuelle de découverte sur le secteur du Dan. Si on s'in
prospection aérienne ont permis de dégager des problé téresse en revanche aux nombres des inhumés par nécro
matiques pluridisciplinaires pour un éventuel retour con pole, on peut remarquer que les nécropoles à l'est de l'in-
certé sur le terrain. terfluve Orne-Seulles semblent témoigner d'une plus
L'objectif des sondages recherchait tout naturellement forte densité de population dans ce secteur. Ce constat
des éléments concernant : doit être pris avec beaucoup de réserve étant donné l'an
- La chronologie relative voire absolue des établiss cienneté des sources pour trois gisements du secteur de
ements (aspect historique : densité et pérennité micros la Seulles (Fresné-sur-mer. Meuvaines et Pierrepont) et
patiales) ; un gisement du secteur de l'Orne (Mondeville) ; ainsi
- La connaissance des activités de production (aspect que le caractère inachevé de certaines études. Dans le
techno-économique : agriculture, artisanat, matières secteur de la Seulles, les nécropoles importantes sont
premières, témoins du territoire d'exploitation et relationnel) ; installées sur le rebord oriental des plateaux dominants
- La connaissance de la fonction des établissements les vallées. La nécropole de Meuvaines domine l'ample
(aspect social l'habitat, le lieu funéraire, le lieu cultuel, dépression humide parcourue par la Gronde. Les nécro
témoins d'une structuration micro-spatiale). poles de Pierrepont et de Basly occupent également le
plateau légèrement en retrait du versant abrupt des val
2 - LES FAITS MARQUANTS lées de La Thue et de la Mue. Dans le secteur caennais,
DE L'OCCUPATION DE L'AGE DU FER aucune nécropole importante n'occupe un rebord de pla
DANS L'ESPACE ÉTENDU teau à versant raide. Les nécropoles importantes
d'Eterville, d'Ifs et de Mondeville sont situées sur le pla
Les travaux de Guy Verron (Verron, 1976) et d'Antoine teau, en contexte topographique ouvert.
Verney (Verney, 1993) sur les matériaux funéraires de Les nécropoles du second Age du Fer, et notamment
l'Age du Fer, et la récente série de découvertes de né d'une phase plus proprement «gauloise» n'ont pas encore
cropoles datables de la transition Premier Age du Fer/ été appréhendées clairement par les méthodes d'investi
début second Age du Fer, ont ouvert la voie pour une ré gation récentes. Cette discrétion constitue semble-t-il
flexion sur l'organisation territoriale et sociale à l'Age une rupture par rapport à la forte expression des faits
du Fer dans la Plaine de Caen. De plus, la révélation par matériels Hallstatt récent-La Tène ancienne. Ces nécro
les fouilles, d'une corrélation entre ces nécropoles et poles anciennes se distinguent non seulement par une r
certains types d'enclos carrés, déjà repérés en prospec ichesse en parures de bon nombre de sépultures, mais
tion aérienne, permet aujourd'hui une relecture des cl surtout par l'association spatiale avec de grands enclos
ichés aériens. La notion de sites funéraires potentiels vient réguliers, à caractère cérémoniel. Les rares groupes de
s'ajouter à celle des sites dont l'étude avait sépultures datés La Tène moyenne-La Tène finale semb
fondé les travaux de Verron et Verney. Cette avancée des lent se cantonner sobrement aux abords immédiats, voire :
:
:
134 G. San Juan étal.
se disperser dans l'habitat(1). Ceci tendrait à montrer que lés, occupent le plateau à l'est de l'axe de La Mue. L'in-
la nécropole n'est plus un cadre d'expression commun terfluve oriental reste inoccupé, avec cependant un amas
potentiel en arrière-plan du littoral. Dans le secteur du autaire marquant le paysage, mais un simple prolonge
ment du grand habitat enclos. Au plan chronologique, huit Dan, l'occupation ne semble pas s'éloigner de la vallée,
avec deux amas potentiels de part et d'autre du cours d'eau. gisements identifiés pour La Tène moyenne-La Tène f
inale laissent aussi supposer que les incinérations pren Dans le secteur caennais, la présence de l'agglomération
nent le relais, à La Tène finale, d'une tradition d'inhumat limite gravement l'évaluation de l'occupation. Les sau
ion qui continuait en cela le mode apparemment exclus vetages récents dans quelques friches du nord-nord-ouest
de l'agglomération ont montré la présence d'habitats de if des nécropoles antérieures.
Les données funéraires du second Age du Fer ne sont La Tène ; le fait est encore plus net au sud-est (depuis
donc pas des faits marquants et suffisants en nombre pour Fleury-sur-Orne jusqu'à Mondeville) où les friches cou
vraient des espaces plus importants à explorer. A l'est, la illustrer la question de l'occupation au nord-ouest de
Caen. En 1997, le bilan général des sauvetages en Basse- cartographie des enclos n'étant pas structurée par l'hy
Normandie, atteste d'au moins 40 enclos à caractère d'ha drographie, on ne peut que se limiter à l'appréciation
d'une nébuleuse complexe, mais dense. Ces observations bitat explorés. Ils se répartissent chronologiquement de
la façon suivante : 1 site chalcolithique (2,5 %), 5 sites générales accréditant une bipartition spatiale par rapport
de l'Age du Bronze (12,5 %), 2 sites attribués à la transi à l'interfluve des deux bassins-versants restent très hy
tion premier/second Age du Fer (5 %), 1 site La Tène pothétiques, puisqu'elles sont le résultat d'une base de
ancienne/La Tène moyenne (2,5 %) et 30 sites La données intégrant des données d'archives anciennes, des
moyenne/La Tène finale (75 %). Ces résultats très géné données de sauvetage intéressant essentiellement la
raux semblent confirmer une densification régionale des marge de l'agglomération caennaise, et des données aé
exploitations agricoles encloses à partir de La Tène riennes assujetties aux facteurs de mûrissement des cul
moyenne. Au Premier Age du Fer, l'habitat enclos reste tures. Il faut enfin suggérer une nouvelle fois que sur les
méconnu avec semble-t-il une discrète émergence du interfluves à couverture de loess épaisse (2 à 4 m), un
phénomène à la fin du premier Age du Fer. Un seul des fossé comblé par des matériaux limoneux n'est certa
inement pas affecté par une anémie culturale le différendeux sites enclos reconnus pour cette période a fait l'ob
jet d'une fouille complète. Si sa fonction d'habitat est ciant de son environnement.
assurée, il semble qu'il ne s'agisse pas d'un habitat mod Les seuls grands sites fortifiés permettant d'évoquer
este. La publication prochaine de ces résultats de sau un niveau supérieur d'intégration de l'espace étendu, à la
vetage pourrait modifier très sensiblement les rapports, fin du second Age du Fer, sont l'oppidum de Saint-Désir/
notamment par une précision du phasage des habitats Saint-Pierre-des-Ifs en Pays d'Auge et celui de Castillon
laténiens. On peut en effet supposer que la fondation d'un au sud-ouest de Bayeux, en limite du Bocage normand
certain nombre de ces établissements enclos puisse r (fig. 1). A vol d'oiseau, l'oppidum des Lexoviens se si
tue à environ 50 km, celui de Castillon à 20 km, au miniemonter à La Tène ancienne. A Fierville-les-Parcs, en Pays
d'Auge, Ivan Jahier place l'occupation d'un habitat en mum, du plateau de Thaon. Si le pouvoir politique des
clos en fond de vallée à La Tène B-La Tène C (Jahier, Lexoviens sur un domaine étendu est implicitement at
testé par les mentions de César, celui des Baïocasses, 1996) sur la base du mobilier céramique. A Soulangy,
Corinne Peuchet signale, dans le contexte d'un habitat dont Castillon serait la place centrale, est très incertain
enclos datable de La Tène D2, une sépulture datable de au moment de la conquête.
La Tène B2 (Peuchet et Naizet, 1994).
En considérant comme raisonnable,
l'hypothèse d'une très forte proportion
d'habitats du second Age du Fer parmi
ces sites enclos photographiés, le bilan
général est bien celui d'une occupation
assez dense, avec une distribution res
pectant le schéma esquissé au travers des
faits funéraires antérieurs (fig. 3). Le
regroupement des gisements en amas
potentiels, selon leur proximité relative
et leur encadrement par le réseau hydro
graphique, perpétue une occupation pri
vilégiée dans l'axe de La Mue et du dé
bouché de La Seulles. Neuf amas potent
iels, plutôt denses, sont identifiés à
l'ouest de cet axe et trois amas, plus éta-
Fig. 3 Enclos et systèmes d'enclos au nord
de la Plaine de Caen (enclos circulaires et car
rés à caractère funéraires non compris)
attribuables en très grande majorité au second
Age du Fer. 1 agglomération caennaise ; 2 :
zone marécageuse ; 3 : relief des avant-buttes
calloviennes ; 4 «ferme indigène».
(1) Les incinérations découvertes à Ifs (Chanson, 1994) sont associées à un petit enclos carré. Les conditions du sauvetage ne permettent pas d'apprécier
l'existence d'un habitat voisin. En Pays d'Auge, un sauvetage récent (Paris, 1997) vient de contredire les observations générales concernant la discrétion
apparente des inhumations aux abords de l'habitat. En effet, une petite nécropole à incinérations présente deux petits enclos carrés funéraires dont un avec
une sépulture assez richement dotée. L'occupation gauloise au nord-ouest de Caen 135
Un inventaire en cours des sites fortifiés du Calvados système d'enclos emboîtés de grande dimension comp
(Bernouïs, Dartenay, Maneuvrier et San Juan) met à jour arable au type classique de la ferme indigène (fig. 4,
la répartition des éperons aménagés sans permettre, en 20). Des substructions interprétées comme celles d'une
l'absence de datations fiables, de déceler un niveau terri villa se surimposent à ce gisement.
torial inférieur, précédant ou contemporain du fonctio Dans l'espace cartographie, les enclos sont installés
nnement des grands sites de Saint-Désir et de Castillon. sur les formations superficielles les plus épaisses (>
On remarquera simplement la position centrale de Cast 50 cm). Les terrains en rebord de plateau, où se situent
illon par rapport à Saint-Jean-de-Savigny, Commes et les sols très minces (versants est et nord de La Mue et
Hottot-les-Bagues. L'oppidum de Saint-Désir, sans être nord de La Chironne), ne semblent pas occupés par les
en situation analogue, est néanmoins accompagné de plu systèmes d'enclos à caractère d'habitat agricole. Le g
sieurs éperons à rempart puissant (fig. 1). Parmi les autres isement de La Campagne à Basly (fig. 4, 13) est un lieu à
sites fortifiés, on peut voir dans l'éperon de Moult do caractère cérémoniel daté de la fin du premier Age du
minant la marge orientale de la Plaine de Caen, une fort Fer. Au nord de La Chironne, le plateau est dépourvu en
ification liée au domaine lexovien, marquant sa bordure apparence d'occupation fossoyée. Néanmoins, les fo
occidentale. De même pour Trois-Monts, en rive gauche rmations superficielles limoneuses ont une épaisseur su
de l'Orne, peut-on suggérer l'hypothèse d'une fortifica périeure à 200 cm, voire très supérieure sur cet inter-
tion marquant la limite d'un territoire occidental, i fluve. Il faut insister sur le fait que sa terminaison sur La
nfluencé par Castillon. Restent les sites de Banville, Chironne, à sol très mince favorable à la prospection aé
Blainville-sur-Orne, Soumont-Saint-Quentin et celui de rienne, reste dépourvu d'occupation fossoyée. Les deux
Basly révélé récemment. Pour les deux premiers, l'o grandes fosses révélées au nord du bourg de Thaon se
ccupation durable au Néolithique et à l'Age du Bronze est situent sur des épaisseurs de F. S. comprises entre 50 et
très probable ; elle est clairement attestée à Soumont- 100 cm. C'est le cas aussi pour le petit groupe d'enclos
Saint-Quentin. A Basly, la fermeture du rebord de pla au nord du méandre contournant l'éperon calcaire de La
teau au Néolithique final/Bronze ancien, par une palis Campagne à Basly. L'absence d'enclos sur le plateau
sade, a été démontrée en 1997. En choisissant d'élimi oriental, à l'écart de la vallée de La Mue, où les format
ner ces éperons barrés dont la datation serait plus haute, ions sont de nouveaux épaisses, doit également être sou
la Plaine de Caen apparaîtrait comme un terroir spécifi lignée. La concentration des établissements à caractère
que, soit sous influence multiple, auquel cas, elle serait d'habitat en rive gauche de La Mue pourrait bien être un fait
l'objet d'un «découpage» appuyé probablement sur des établi, avec localement, un regroupement dominant entre
limites topographique fortes, soit sous dépendance unique. Chironne et Mue.
L'enclos elliptique n°5 étant daté du Bronze ancien par
3 - LA DISTRIBUTION DES ÉTABLISSEMENTS un sondage, le reste des gisements sondés compose un
semis assez régulier puisqu'une phase d'occupation se SUR LE PLATEAU DE THAON (fig 4)
situe globalement au cours des Ile et 1er siècles pour cinq
Le groupe principal d'établissements auquel s'est att d'entre eux et le 1er siècle pour un sixième. La distance
achée l'évaluation archéologique occupe une petite por entre des gisements voisins se situe environ entre 450 et
tion de plateau d'environ 2,5 km2 soit 250 ha. La surface, 600 m pour les couples 1-2 ; 1-4 ; 4-2 ; 4-8 ; 4-3 et 2-8.
grossièrement quadrilatérale de 1,75 km sur 1,5 km. est Les gisements 2, 6 et 7 sont plus rapprochés avec une
délimitée sur trois côtés par des cours d'eau pérennes distance de 100 à 200 m. Le système de fossés plus conf
empruntant de petites vallées bien marquées us, repéré à l'est de l'enclos n°7, se situe aussi à une
topographiquement (fig. 4). Le cours principal est celui distance régulière de 300 m environ de ses voisins n°2,
de La Mue dont la vallée est très dissymétrique sur son n°6 et n°8 ; et à quelque 100 m du n°7. Après plusieurs
parcours sud-nord : un versant abrupt à l'est avec un dé années de prospection aérienne, aucune clôture fossoyée
nivelé de plus de 20 m ; un versant doux à l'ouest conti profonde ne semble apparaître en recoupement d'une
nuant le plateau où sont installés les habitats (fig. 5, coupe autre. La distribution des enclos pourrait témoigner en
SO-NE). Le fond plat de la vallée est assez large puis première hypothèse, du déplacement d'une ferme et de
qu'il est d'une centaine de mètres au niveau de Cairon sa clairière agricole, en quelque deux, voire trois siè
(beaucoup plus large en amont, au-delà de cles. L'anthropisation des 250 ha du plateau aurait pu se
d'ailleurs) et atteint plus de 200 m à la confluence avec faire en cinq ou six phases, d'une durée approximative
La Chironne à Thaon. En aval, la petite plaine alluviale d'un demi-siècle. Il s'agirait en seconde hypothèse de
varie entre 100 et 200 mètres. L'occupation est bordée considérer un ensemble synchrone représentant, au moins
au nord par la petite vallée affluente de La Chironne, bien en population, l'équivalent d'un grand hameau. Ce der
encaissée sur son parcours aval. Sans être franchement nier système se composerait d'au moins cinq unités en
dissymétrique, le versant nord est plus pentu, comme closes exploitant le micro-terroir immédiat entre
c'est le cas au sud-est sur le versant nord de La Mue (fig. Chironne et Mue. Cette seconde hypothèse, sur la base
5, coupe NO-SE). Le plateau se continue vers le sud- des indices chronologiques fournis par la céramique et
ouest sans discontinuité topographique. La route dépar des connaissances fournies par des publications extra
tementale n°22 a été retenue comme limite arbitraire régionales, permet d'imaginer raisonnablement un fonc
pour quelques prospections pédestres menées en 1992 tionnement synchrone des enclos 1, 2, 4, 6 et 8 au cours
notamment au voisinage de l'établissement n°3. Cette de la seconde moitié du second Age du Fer.
route emprunte approximativement une ligne de partage
4 - LE DIAGNOSTIC DE L'ENCLOS N°l des eaux entre les portions sud-ouest et nord-est du pla
teau. Au sud de cette limite administrative ont été repé
rés des systèmes fossoyés plus étendus et plus comple L'évaluation s'est appliquée à une série d'enclos en
xes en apparence. Le plus proche présente un vaste en fonction des autorisations des propriétaires des terrains
clos apparemment ouvert sur un côté. Il est bordé par des et des délais imposés par ces derniers. En août 1992, ce
fossés divergents qui pourraient participer d'un parcel sont les gisements 1, 2, 3, 5 et 15 qui ont été sondés ; en
laire (fig. 4, 21). Enfin en limite de la figure apparaît un 1993, les 1, 4, et 6 ; en 1994, les gisements 8, ;
136 G. San Juan et al.
Fig. 4 : Distribution des enclos protohistoriques dans l'espace restreint de Thaon. 1 : formation superficielle < 50 cm ; 2 : formation superficielle > 50 cm
3 : grande fosse profonde. 1
i
137 L'occupation gauloise au nord-ouest de Caen
NO SE o 4 3-14-5
50 -
40 _
30 _
500m
SO NE
4 3 13 5 8 en 1 __ la Mue/- Fig. S : Coupes topographiques du plateau de Thaon L_^. avec le positionnement des enclos. 40 -
30
500m
13 (Basly la Campagne) et 14. Les efforts ont pu être limoneux. L'horizon inférieur est moucheté de petits
portés sur la plupart des enclos les plus imposants, à l'ex charbons et de granules calcaires. L'horizon médian est
ception de l'enclos n°7. L'enclos n° 1 1 ne fût repéré qu'en parsemé de quelques coquilles de moules et de granules
1994 en prospection aérienne. L'interprétation de ses calcaires. L'horizon supérieur est un limon plus homo
clichés, de mauvaise qualité, nous a conduit à ne pas le gène et compact. Un petit tesson à pâte orangée, bien
diagnostiquer afin de ne pas modifier le calendrier des cuit, fut récolté dans la partie haute du dernier horizon.
fouilles convenu avec les propriétaires. Le profil du fossé et l'organisation du comblement laisse
L'enclos n°l a la particularité de présenter un enclos supposer qu'il s'agit d'un fossé à fonctionnement ouvert ;
rectangulaire inscrit dans une vaste enceinte curviligne les concavités du flanc externe indiquant peut-être l'exis
épousant l'orientation de l'enclos interne (fig. 6). Deux tence d'un talus bordier vers l'intérieur.
fossés en antennes sur le côté nord-ouest, encadrent une La stratigraphie du fossé F9 de l'enclos rectangulaire
interruption de la grande enceinte. L'antenne à droite pa mérite au regard des découvertes mobilières un dévelop
raît recouper le côté de l'enceinte et indiquer un fait dis pement détaillé. Au fossé F9 sont associés trois fossés
cordant. Les fosses repérées semblent se cantonner au F2, Fil et F14 et une fosse F13 (fig. 9). Le fossé Fil,
système emboîté. Dans l'enclos rectangulaire, les fos exploré sur quelques mètres, adopte un tracé subparallèle
ses se répartissent grossièrement aux abords du fossé ; à F9. Il est attribué à la période gallo-romaine. Le fossé
dans l'enceinte curviligne, elles semblent disposées en F2 se superpose axialement par moitié au fossé F9. Cette
chapelet près du fossé sud-ouest de l'enclos rectangul disposition laisse supposer que les fossés Fil et F2 par
aire. L'enclos n°l est voisiné par l'enclos n°15 de forme ticipent d'un même tracé, dont une interruption est sug
et d'orientation identiques à celles de l'enclos interne. gérée par la terminaison de F2. Le fossé F 14, reconnu
Une interruption des côtés nord-ouest de ces enclos pourr dans le sondage S7, est accolé au tracé de F9. La fosse
ait être masquée par le passage du chemin d'exploitat parallélépipédique F 13 recoupe partiellement le bord
ion. Les mesures de l'enclos rectangulaire isolé sont interne du fossé F9. Le fossé F9 a un profil en V assez
d'environ 1200 m2, 40 m et 30 m. Celles de l'enclos in aigu et relativement symétrique. Le fossé est profond
terne sont d'environ 1000 m2, 35 m et 30 m. La grande d'environ 1,30 m et large d'environ 1,80 m sous la terre
enceinte couvre environ 8 000 m2, avec un développe arable. Il pénètre de 0,60-0,70 m dans la plaquette cal
ment de 90 m par 90 m. caire. Sur l'ensemble des coupes dessinées, les flancs
L'absence de grande fosse profonde dans la fenêtre du profil ne paraissent pas particulièrement marqués par
d'observation sud-ouest/nord-est laisse supposer que des figures d'érosion (fig. 8). Le comblement du fossé
celle-ci n'a pas recoupé deux grandes anomalies de part F9 se différencie en deux sections de part et d'autre de la
et d'autre du fossé, dont la fouille était initialement pré coupe CD, par la présence au sud-est, de vestiges osseux
vue (fig. 6). La fouille intégrale du fossé sud-ouest de et céramiques abondants dont l'organisation ne corres
l'enclos rectangulaire a révélé en revanche une petite pond pas à celle de rébus d'un « dépotoir » (fig. 9). Les
fosse profonde, accolée au flanc nord de ce fossé. Cette sondages 1, 2 et 3 concernent cette section, les sondapourrait participer de la grande anomalie observa ges 4 à 8 concernent la section nord-ouest.
ble dans ce secteur sur un cliché aérien (fig. 6) Le remplissage de la sud-est révèle cinq hori
zons qui peuvent être interprétés comme cinq faits ar
4. 1 - LES STRUCTURES PROTOHISTORIQUES chéologiques successifs. A la base, l'horizon 1 (fig. 9)
se distingue par des plaquettes calcaires non émoussées
Le fossé F5 de l'enceinte curviligne a été sondé ma auxquelles se mêlent quelques ossements fragmentés,
nuellement sur un peu plus d'un mètre de longueur, le pour la plupart brûlés, et tessons de poterie (fig.
fossé présente un profil en V assez ample et à fond plat 8, coupes AB, CD, EF). Ces éléments figurés sont mêlés
(fig. 8). Le bord externe est marqué par une double con dans un limon brun clair. Sur les coupes, la disposition
cavité. La profondeur sous la terre arable est de 1,15 m des plaquettes laisse supposer qu'il s'agisse d'un vrac
pour une largeur à l'ouverture de l'ordre de 2 mètres. Le lacunaire à l'origine qui aurait été noyé et recouvert par
profil pénètre d'une quarantaine de centimètres dans la un apport limoneux. Les plaquettes les plus basses repo
plaquette calcaire. Le comblement est principalement sent sur le fond du fossé. Des dallettes calcaires ont été .
1
i
:
i
1
138 G. San Juan et al.
— J ZD 17 \ ZB88 f" 176'2 /^ t t
\
/ Chemin d'expl. n° 13 <" »♦ '
\ ZC4 C / ^S
ZD 16 -f- 1176,2 \^
T
- S — " / 100 m ZC45 \— 0 0
\
Thaon, (cadastre Le 1984) Bissonnet, enclos n° 1 et n°15 (14685002AH) 100 m Thaon, Eléazar, enclos n° 2 (14685022AH) (cadatre 1984)
Thaon, La Haute Pérelle, enclos n° 4 (1 468501 6AH) (cadastre 1984)
Cairon, Eélazar.enclos n° 3 (14123019AH) et fosses n° 14
(14123021 AP) (cadastre 1984)
Thaon, Eléazar, enclos n° 6 (1 468501 4AH) (cadastre 1984)
Fig. 6 Représentation manuelle des enclos de Thaon d'après les photo
graphies obliques et de l'I.G.N. Positionnement approximatif des fenê
tres de sondage.
plusieurs fois observées en position redressée, appuyées
contre la paroi rocheuse. Des déchets osseux ont été re
trouvés posés sur le fond du fossé. Ces observations sug
gèrent fortement un fonctionnement ouvert du fossé F9
dans la section sud-est. Après un piégeage de débris os
seux et de rares tessons, le fossé a été le réceptacle d'un
apport de limon brun clair homogène. Ce limon a combThaon, Eléazar, enclos n° 8 (14685028AH) lé les lacunes du vrac calcaire et recouvert l'ensemble. (cadastre 1984)
L'horizon 2 est cette couche de limon brun clair ho
mogène qui se distingue par la présence d'une import
ante concentration de débris céramiques dont le remont
age a livré 14 formes complètes et 10 formes partielles
(fig. 13). La limite entre les horizons 1 et 2 n'est pas

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