Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Le Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne. Habitats et économie des matières premières - article ; n°2 ; vol.19, pg 93-104

De
13 pages
Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Année 1982 - Volume 19 - Numéro 2 - Pages 93-104
Les habitats du Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne peuvent être classés en trois catégories, selon les possibilités d'abri. La présence d'un cours d'eau et d'un bon point de vue semble avoir attiré les hommes. Les expositions sont en majorité dans le secteur SE à W, avec une nette préférence pour le SW. Les roches qui entrent dans la composition des industries sont variées: silex, grès et quartzites, phtanite, quartz, dolente, tuf, rhyolite, microgranite, granite et aplite. Seul le silex a pu faire l'objet d'un transport (entre 10 et 100 kilomètres); il a été introduit sous la forme de rognons, sans débitage préalable.
The dwelling-places of the Lower and Middle Palaeolithic in Brittany can be classified into three categories, according to protection facilities. It seems that men have been attracted by the presence of streams and/or good viewpoint. The settlements are particularly facing SE to W, with special liking for the SW. The industries are made of varied rocks : flint, sandstone, quartzit, phtanit, quartz, dolerit, tuff, rhyolit, microgranit, granit and aplit. Only flint may have been transported (between 10 to 100 kilometers), it has been introduced in form of natural blocks without preliminary flaking.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Jean Laurent Monnier
Le Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne. Habitats et
économie des matières premières
In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 19 - Numéro 2-3 - 1982. pp. 93-104.
Résumé
Les habitats du Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne peuvent être classés en trois catégories, selon les possibilités
d'abri. La présence d'un cours d'eau et d'un bon point de vue semble avoir attiré les hommes. Les expositions sont en majorité
dans le secteur SE à W, avec une nette préférence pour le SW. Les roches qui entrent dans la composition des industries sont
variées: silex, grès et quartzites, phtanite, quartz, dolente, tuf, rhyolite, microgranite, granite et aplite. Seul le silex a pu faire
l'objet d'un transport (entre 10 et 100 kilomètres); il a été introduit sous la forme de rognons, sans débitage préalable.
Abstract
The dwelling-places of the Lower and Middle Palaeolithic in Brittany can be classified into three categories, according to
protection facilities. It seems that men have been attracted by the presence of streams and/or good viewpoint. The settlements
are particularly facing SE to W, with special liking for the SW. The industries are made of varied rocks : flint, sandstone, quartzit,
phtanit, quartz, dolerit, tuff, rhyolit, microgranit, granit and aplit. Only flint may have been transported (between 10 to 100
kilometers), it has been introduced in form of natural blocks without preliminary flaking.
Citer ce document / Cite this document :
Monnier Jean Laurent. Le Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne. Habitats et économie des matières premières. In:
Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 19 - Numéro 2-3 - 1982. pp. 93-104.
doi : 10.3406/quate.1982.1425
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quate_0004-5500_1982_num_19_2_1425Bulletin de l'Association française 1982-2-3, pages 93-104
pour l'étude du Quaternaire
LE PALÉOLITHIQUE
INFÉRIEUR ET MOYEN EN BRETAGNE.
HABITATS ET ÉCONOMIE
DES MATIÈRES PREMIÈRES
par J.-L. MONNIER4
RÉSUMÉ
Les habitats du Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne peuvent être classés en trois catégories, selon les possibilités
d'abri. La présence d'un cours d'eau et d'un bon point de vue semble avoir attiré les hommes. Les expositions sont en majorité
dans le secteur SE à W, avec une nette préférence pour le SW.
Les roches qui entrent dans la composition des industries sont variées . silex, grès et quartzites, phtanite, quartz, dolente, tuf,
rhyolite, microgranite, granite et aplite. Seul le silex a pu faire l'objet d'un transport (entre 10 et 100 kilomètres); il a été introduit
sous la forme de rognons, sans débitage préalable.
ABSTRACT
THE LOWER AND MIDDLE PALAEOLITHIC IN BRITTANY. DWELLING-PLACES AND ECONOMY OF RAW
MATERIALS.
The dwelling-places of the Lower and Middle Palaeolithic in Brittany can be classified into three categories, according to
protection facilities. It seems that men have been attracted by the presence of streams and/or good viewpoint. The settlements are
particularly facing SE to W, with special liking for the SW.
The industries are made of varied rocks : flint, sandstone, quartzit, phtanit, quartz, dolerit, tuff, rhyolit, microgranit, granit
and aplit. Only flint may have been transported (between 10 to 100 kilometers), it has been introduced in form of natural blocks
without preliminary flaking
1. INTRODUCTION tance considérable. Elles ont entraîné un déplace
ment des habitats paléolithiques vers ces zones
périarmoricaines. Les modalités du peuplement paléolithique de la
Bretagne ont été sans doute largement déterminées
par la situation géographique et géologique. L'ab
2. RAPPEL CONCERNANT sence de terrains calcaires mésozoiques n'a pas
LA CHRONOSTRATIGRAPHIE permis la formation d'abris sous roche, en particu
DU PALÉOLITHIQUE INFÉRIEUR lier le long des vallées; les grottes sont peu
ET MOYEN EN BRETAGNE nombreuses. Pour la même raison, le silex est
totalement absent du sous-sol armoricain, d'où le
rôle joué par les roches de remplacement d'origine Quelques gisements sont vraisemblablement
locale. Les modifications du territoire en fonction antérieurs à l'interglaciaire I (Holsteinien). Il s'agit
des régressions marines ont donné aux marges des sites de Damgan dans le Morbihan (Monnier,
1980) et celui des Vallées (cote 42) à St-Malo-de- continentales actuellement immergées, une
* Laboratoire d'Anthropologie, Préhistoire, Protohistoire et Quaternaire Armoricains, E.R. n° 27 du C.N.R S., Université de
Rennes I, Campus de Beaulieu, 35042 Rennes cedex (France). 94
75 km
Fig. 1. - Gisements du Paléolithique inférieur et moyen en Armorique, dans les Iles Anglo- Normandes et au sud-ouest de la
Grande- Bretagne
(cercles noirs . gisements holsteiniens ou plus anciens; carres noirs : gisements saahens; triangles noirs gisements weichsehens).
Position des affleurements crétacés en Manche occidentale (d'après la carte géologique de la France et de la marge continentale
au 1/1 500 000, 1980)
Fig. 1. - Settlements of the Lower and Middle Palaeolithic in Brittany, in the Channel Islands and in Devonshire
(black circles : Holsteinian or earlier, black squares : Saalian ; black triangles : Weichselian) Position of the cretaceous outcrops
in the western part of the English Channel 95
Phily en Ille-et Vilaine (Monnier et ai, 1982). Ils vailles révèlent presque toujours l'existence d'un
appartiennent à l'Acheuléen ancien ou se ratt gisement masqué sous les loess et les dépôts de
achent au groupe des industries archaïques sur pente.
galets. Les gisements de St-Colomban (Carnac,
Morbihan), de Téviec (St-Pierre-Quiberon, Morbi
han) et du Toulinet (Plestin-les-Grèves, Côtes-du- 3. LOCALISATION DES HABITATS
Nord) dateraient de la fin de l'interglaciaire hols-
teinien; dans le cas des sites de St-Colomban, l'âge Les sites les plus anciens se rencontrent en proposé est certainement minimum. Il s'agit d'in bordure de la côte sud de la Bretagne, particulidustries à galets aménagés pouvant comporter de èrement dans la région comprise entre Quiberon et rares bifaces également taillés sur galets (Monnier Damgan, ainsi que le long de la Vilaine. Cette et LeCloirec, 1979; Monnier, 1980). opposition entre le nord et le sud de la péninsule
Une vingtaine de gisements peuvent être rap correspond de toute évidence à des différences
portés aux stades 2 et 3 (Saalien); ce sont souvent géologiques. L'Acheuléen supérieur et final existe
des bifaces isolés attribués à l'Acheuléen moyen sur la côte nord, mais cette zone est surtout très
ou supérieur. Deux stations (Piégu à Pléneuf, riche en gisements moustériens.
Côtes-du-Nord ; Les Gastines à St-Père-Marc-en- Les habitats peuvent être classés en trois catégorPoulet, Ille-et- Vilaine) ont livré des industries de ies : type Paléolithique moyen dont la position strati- - des sites de plein air, sans possibilité d'abri graphique serait antérieure à l'Eemien.
naturel (22%); À partir du début du Weichsélien, les gisements - des sites de plein air pouvant comporter, dans
et les indices de fréquentation humaine se multi un très proche voisinage, des abris naturels
plient. Tréissény (Acheuléen final) et Grainfollet sous la forme de rochers ou de falaises (38%);
(Micoquien atténué) dateraient au minimum de la - de véritables abris en pied de falaise marine
fin du dernier interglaciaire. Les industries de la (40%).
Trinité (Ploubazlanec, Côtes-du-Nord) se situe
raient au niveau des paléosols interstadiaires de la
fin du Weichsélien inférieur; elles comporteraient 3.1. Situation topographique et hydrologique
quelques bifaces et présentent des caractères cha-
rentiens atténués. Le gisement du Mont-Dol Les sites d'habitat du Paléolithique inférieur et
(Ille-et-Vilaine) date du début du Weichsélien moyen sont en majorité au voisinage de cours
moyen; il a livré une industrie riche en racloirs d'eau ou de sources (66 sites sur 82, soit 80%).
(Moustérien typique ou de type La Ferrassie). Les Dans 30% des cas il s'agit de rivières relativement
sites de Karreg ar-Yer-Leun à Ploubazlanec (Moust importantes comme la Vilaine, la Rance, le Trieux
érien de tradition acheuléenne) et du Goaréva à ou le Blavet. Il semblerait aussi que la possibilité
Bréhat (Moustérien typique riche en denticulés) de disposer d'un bon point de vue ait joué un rôle
seraient un peu plus tardifs (stade 7a). Les gis notable dans le choix des sites d'habitat : on peut
ements de L'Arcouest (Ploubazlanec), de Kervouster estimer que ce fut le cas pour 52 gisements (63%).
(Guengat, Finistère), du Bois-du-Rocher et du Une vingtaine de sites, d'importance souvent
Clos-Rouge (La Vicomté-sur-Rance et St-Hélen, reconnue (Tréissény, L'Arcouest, La Roche-Tonn
Côtes-du-Nord), appartenant également au Moust erre, Karreg-ar-Yer-Leun, Goaréva...), se placent
érien de tradition acheuléenne, sont difficiles à au niveau d'une ria actuelle (Trieux, Jaudy,
dater; celui de L'Arcouest serait assez tardif. Rivière de Morlaix); cette localisation préférent
ielle tient sans doute à l'existence de voies de En dehors de ces principaux gisements, nous
pénétration vers l'arrière pays, à la faveur de avons pu recenser une cinquantaine de sites, dont
larges vallées qui échancrent les lignes de falaises. beaucoup sont en relation avec les dépôts du
La présence, dans ces zones, de nombreux écueils Weichsélien inférieur. Il s'agit souvent de quelques
et îlots montre que des reliefs favorisaient aussi silex taillés trouvés en place dans une falaise
l'installation des habitats en des sites d'où les limoneuse, à la faveur des éboulements et de
chasseurs paléolithiques pouvaient aisément surl'érosion marine. Compte tenu de la probabilité
veiller les mouvements du gibier. d'apparition des objets sur une section verticale -
notion qui a été clairement exprimée par J. Gaus- Les gisements recensés dans l'arrière pays (par
sen (1980) à propos des sites de plein air du rapport au trait de côte actuel) sont peu fréquents.
Paléolithique supérieur en Périgord - l'impor Cela est sans doute dû en partie aux facilités de
tance de tels indices ne doit pas être sous-estimée prospection le long du littoral. Toutefois les fac
lors d'une étude générale des habitats. Ces teurs géologiques et écologiques ne doivent pas ■
.
.
— • — • — -succ-itooon>ai3Dto-iOtoo>o)0'a>-iOO-'-mtoDttoo>ot m m n> rn < -•. -j. eu o> cu c/> — • m 3 t ro su t 3 3 n>> -> -■ — >io r+ -s -■• i> 3> 3O>— >OOOOfD:rt/></>< I CO N 00 3 fD T "5
do o 3 ^-» i -> 3 jw b eu m —^ o ô -^ 7* do c — -J C fD "O Q> CT ct- 3 C -J. 1 73 «—» 3 O n> fD "5 '—* Q. r+ "a fO> W>— <T -". O3lQW^3— 'I— D3"(/)"5-J.COfD — • 3" —-» Ol T3O(T> CrDO)OfDlnO"<Ûr+ » ^~ O C r~ • — ■ C TO -•• O. »-^ <"<CC33T-'O3I T3C f+ - CO fD O — ' •—■» fD »— » O ~-« TQ-r+ </>-?OD0 — ' fDi ai > — - n: r+ -$ m ■ — • co im co m r+ fD> o *- » c/> <û -j o m 3: fD c ^, co c i -5 3 to — • -t» Q. •o 3 T -J o n> II! «— > E </< m O CO n
Z S"|S e
52. g"
Site antérieur à l'Eemien * g-'
+ Site postérieur à l'Eemien •* c
Site de plein air $ 2.
Site de plateau s.> -g n
5" S:
* g. Site de versant
^ "" a + Site de plein air avec o^possibilités d'abri 5*R- g
s" ^
Site d'abri en pied de falaise (a s »
cozcozzzxrzcozcocococoEmmcoco mssï: s: ££ec m Es:ma:s: cococo^Z zz. 72. :z Ezco x:m zcococoz a:mmm exposition c«_-.»j*i-_ a-as»S g" £B. w a
1
Proximité d'un cours d'eau ou
d'une source
Proximité d'une rivière
importante
Près d'un estuaire actuel
Excellent point de vue 97
Tableau 2. - Les habitats du Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne (suite du tableau 1).
Table 2. - The sites of the Lower and Middle Palaeolithic in Brittany (continuation of table I).
<o r- - <o
qj i/i a> o xc xo a. o 3 o Q. x s- - s- e (/) Q.
Kerac'hor (Plouzané) + + + SW
Keremma (Tréflez) + + NNW
Kerguéréva (Brehat) + + W
Kerroc'h (Ploubazlanec) + + S
Kervouster (Guengat) + + + + SW
L'Armor (Pleubian) + + + S
Menti by (Porspoder) + + SW
Le Mont-Dol + + S
Nantois (Plëneuf) + + NE
Piégu (Pléneuf) + + SSW
Le Pissot (Pléneuf) + + WSW
La Pitardière (St-Jacques-de-la-Lande) + + +
Pointe de Longue-Roche (Morieux) ? + WSW de la Roche-Jaune (Erquy) ? + W
Pointe de St-Colomban (Carnac) + + SW
Port-Bém (Pleubian) + + WNW
Port-1 a-Chaîne (Pleubian) + + W
Port-Lazo (Plouézec) + + WNW
Port-L'Epine (Trélévern) + + NE
Port-Morvan (Planguenoual ) + + NW
Porz-ar-Goff (Trévou-Tréguignec) + + N
Porz-Rolland (Perros-Guirec) + + S
Porz-Hir (Plougrescant) + + E
Prat-ar-C'Hastel (Tréguennec) + + +
La Roche-Tonnerre (Ploubazlanec) + + S
Roc'hou-Braz (Plouescat) + + SSW
Saint-Colomban (Carnac) + + SW
Saint-Maurice (Morieux) ? + SW
Sainte-Anne (St-Pol -de-Léon) + + SE
Squewel (Perros-Guirec) + + SE
Stang-Corzou (Guiler-sur-Goyen) + +
Le Resto (Lanester) + + +
Le Taillis (Cesson-Sévigné) + + + SW
Toulinet (Plestin-les-Grèves) + + E
Tréoullan (Plouarzel) + + +
Trinité Nord (Ploubazlanec) + + ENE Sud + + ESE
Tréissény (Kerlouan) + + SW
Les Vallées (St-Malo-de-Phily) + + + SSE
Les (Pléneuf) + + NNE
La Vallée (Plouer-sur-Rance) + + SE
Le Val-ès-Bouillis (St-Jouan-des-G.) ? + S
Les Vaux (Plévenon) + + SW
La Ville-ès-Nonais ? + + w 98
dit était sur la plage éemienne, au milieu d'une
petite crique.
Le site de Karreg-ar-Yer-Leun (Ploubazlanec,
Côtes-du-Nord), en cours de fouille, correspond à
un abri au pied d'un grand rocher isolé en avant
de la falaise morte ; il appartient pour l'essentiel au
Moustérien de tradition acheuléenne. Les vérita
bles abris en pied de falaise marine sont assez
nombreux (une trentaine, soit 40% des sites
connus). Parmi les plus évidents, il faut citer
l'habitat micoquien de Grainfollet à St-Suliac
(Ille-et- Vilaine) et le site moustérien du Goaréva
sur l'Ile de Bréhat (Côtes-du-Nord).
A Grainfollet, la falaise présente une sorte de
cavité très peu accentuée mais offrant tout de
même un abri relatif. Au Goaréva, la paroi, haute
d'une douzaine de mètres, forme un léger sur
plomb; elle correspond à une éponte d'un filon de
dolérite dont le creusement, par altération, a
donné une dépression allongée où fut installé
l'habitat (fig. 5). Le fond de l'abri se trouve à peu
près au niveau moyen des marées actuelles. Au
moment de l'occupation du site, le niveau de la
mer était donc sûrement inférieur au zéro des
cartes. En fait il est probable que l'accès de Bréhat
à pied sec était possible, ce qui suppose, pour le
rivage de l'époque, une position au delà de l'isoba
the de 10 mètres. L'archipel bréhatin n'était donc
qu'un ensemble de buttes. Le rocher du Goaréva
était un lieu d'habitat et un point d'observation Fig. 2. - Sites du Paléolithique moyen aux abords de
privilégiés, à proximité de la grande vallée du l'estuaire du Trieux (Côtes-du-Nord).
Trieux dont la partie basse est maintenant ennoyée
Fig. 2. - Settlements of the Middle Palaeolithic on the (fig. 2).
outskirts of the Trieux estuary (Côtes-du-Nord).
3.2. Exposition être négligés (Monnier, 1980). En tout état de
cause, les cartes de répartition du Paléolithique en
Un décompte portant sur l'orientation générale Bretagne doivent être interprétées avec prudence.
des sites d'habitat (versants, falaises...) a donné les On compte moins d'une vingtaine de gisements
résultats suivants : localisés dans les terres (17%). Ils sont en situation
de plateau ou de versant. La plupart appartiennent sud-ouest 17 22,6%
sud 9 12,0 au Moustérien de tradition acheuléenne. C'est le
sud-est 8 10,7 cas des grands gisements de plein air du Bois-du- ouest 8 10,7 Rocher (La Vicomté-sur-Rance), du Clos-Rouge nord 6 8,0 (St-Hélen) ou de Kervouster (Guengat) : Kervous- nord-ouest 5 6,7
ter correspond à un versant en pente douce; nord-est ... 4 5,3
est 4 5,3 Bois-du-Rocher et Clos-Rouge sont au voisinage
ouest-sud-ouest 3 4,0 de sommets topographiques. Dans tous les cas, les ouest-nord-ouest 2 2,7 possibilités d'abris naturels sont extrêmement nord-nord-ouest 2 2,7
réduites. sud-sud-ouest 2 2,7
nord-nord-est 2 2,7 Le gisement épi-acheuléen de Treissény (Ker- est-nord-est .... 1 1,3 louan, Finistère) est l'exemple d'un habitat de plein est-sud-est ... 1 1,3 air situé à proximité de rochers granitiques ayant sud-sud-est 1 1 ,3
très vraisemblablement servi d'abris temporaires.
Ces rochers sont d'anciens écueils parsemant la Le secteur sud-est à ouest apparaît avoir été
vieille plateforme littorale. L'habitat proprement nettement privilégié lors du choix de remplace- I
;
I
99
'' -' 85 m
K V Clos Rouge '•
NW SE
La Ranee Bops du Rocher Clos Rouge 100-
Fig. 3. - Situation topographique des gisements du Bois-du-Rocher et du Clos-Rouge
(Moustérien de tradition acheuléenne).
Fig. 3. - Topographical position of the settlements of Bois-du-Rocher and Clos-Rouge (Mouste-
rian of Acheulean Tradition).
ment des habitats (fig. 6). Notons, avec prudence 4. ÉCONOMIE
toutefois car les données sont très inégales, que les DES MATIÈRES PREMIÈRES
sites paléolithiques de versant sont exposés dans le
secteur NW à S-SE, que les abris en pied de falaise
sont surtout exposés (près de 75%) dans le secteur 4.1. Nature et origine géologique des matériaux
NNW à SE avec une nette préférence au sud-ouest utilisés
(24%), tandis que les habitats de la troisième
- Le silex : catégorie ont une répartition beaucoup plus quel
conque. II provient des formations crétacées sur le
plateau continental. L'étude micropaléontologique
(J.C. Fouché, Université de Reims) effectuée sur
des silex taillés provenant de quelques sites de la 100
N
NW NE
W - - E
SW SE
Fig. 6. - Exposition des sites d'habitat du Paléolithique
inférieur et moyen en Bretagne.
Fig. 6. - Frequencies of the aspects of the Lower and Middle
Palaeolithic dwelling-places in Brittany.
Fig. 4. - Situation topographique des gisements de Ker-
vouster et Tal-ar-Roz (Moustérien de tradition acheuléenne).
Fig. 4. - Topographical position of the settlements of
Kervouster and Tal-ar-Roz (Mousterian of Acheulean Tradit côte nord de la Bretagne (Beg-Pol à Brignogan, La ion).
Trinité à Ploubazlanec, Grainfollet à St-Suliac) a
confirmé cette origine (Monnier, 1980).
Les rognons de silex sont abondants un peu
partout en Manche occidentale, et pas seulement
sur les affleurements du Crétacé (Boillot, 1964).
Leur répartition dépasse largement celle de la craie
en place. Ces rognons ont subi de nombreuses
actions en milieu aérien et notamment périgla-
ciaire; leur présence peut résulter soit d'un trans
port au cours des transgressions, soit de la destruc
tion de la craie qui aurait existé plus près du
littoral ou même sur une partie de la Bretagne. Les
silex proviennent surtout de la craie blanche dont
les affleurements les plus méridionaux s'étendent
de Guernesey jusqu'à Ouessant (fig. 1). Des lam
beaux de Crétacé peuvent apparaître plus près de
la côte, soit par érosion des dépôts lutétiens, soit
isolés sur le socle hercynien. A l'ouest et au sud de
la péninsule armoricaine, la craie sénonienne
n'affleure plus que par places, en bordure du socle
immergé.
Fig. 5. - Coupe schématique de l'abri en pied de falaise du
Goaréva (Ile de Bréhat, Côtes-du-Nord). - Le grès lustré :
1 : granite; 2 : dolente; 3 : couche archéologique (Moustér
ien); 4 : plage actuelle. Le trait horizontal indique le niveau Le grès lustré est caractérisé par une cassure des plus hautes mers actuelles. luisante à reflets « gras » (la cimentation des grains
Fig. 5. - Schematic section of the site of Goaréva (rock de quartz est telle qu'ils sont tranchés nets sur les shelter at the bottom of a marine cliff, Ile-de- Bréhat, faces d'éclatement). Plusieurs variétés peuvent être Côtes-du-Nord). distinguées selon la granulométrie et la silicifica- I : granit; 2 : dolerit; 3 : archaeological layer (Mousterian); 4 :
tion (Monnier, 1980). Il entre dans la composition present beach. The horizontal line indicates the present higher
sea level. des industries, aussi bien des grès fins ordinaires, 1
101
Tableau 3. - Gisements du Paléolithique inférieur et moyen en Bretagne Matières premieres utilisées (pourcentages).
Table 3. - Sites of the Lower and Middle Palaeolithic in Brittany. Utilization of raw materials (percentages).
PLITE
— LU CO ce ce o L u o co LU H- ce ta CO i— ** ce o ce 1— \- =» LU LJ Lu < o ce 3: ce o a. CO o —
35,1 S 7 fi 4 8 1 1 0,8 0,6 GOAREVA 1 WEICHS. MOY. (HENGELO ?) ,8 ,4 1,9 2 51,8 41 ,2 3 0 0,9
36,6 0 ,4 0,5 61 ,6 0 ,08 0,8 KARREG-AR-YER L. 1 5 ,3 42 ,6 1 ,4 0,6 0,1 1 L'ARCOUEST NORD WEICHSELIEN MOYEN 49,9 0, 1 KERVOUSTER 1,3 97,8 0,8 o,
98,5 n 4 0,5 0,4 0,1 1 MONT-DOL o, DEBUT WEICHSELIEN MOYEN 87,5 0 ,4 8 ,9 1 ,1 2,1 ROCHE-TONNERRE TRINITE NORD 14,9 1 ,4 2 ,6 79 ,9 1,0 0,1 FIN WEICHS. INFERIEUR SUD 75,1 0 20 .2 1,3
CLOS-ROUGE 0,2 98,9 0,9 WEICHSELIEN INFERIEUR ? 0,05 98,8 1,1 BOIS-DU-ROCHER
+ GRAINFOLLET 1 97,5 + 2,5 DEBUT WEICHS. INFERIEUR 2 90,1 9,9 93,3 4,8 1,4 TREISSENY 98,0 0 PORS-ROLLAND ...11
PIEGU 99,1 0,3 0,3 0, 3 G4STINES 1 SAALIEN 90,3 1,3 8,4 8,2 24,3 GASTINES 2 Mil...
ST-COLOMBAN FIN HOLSTEINIEN 67,9 0,3 26,0 5,0 6 0,2 o,
100,0 ST-MALO-DE-PHILY DEBUT PLEIST. MOYEN
que des micropoudingues ou des sortes de dans la région de Callac et dans le pays vannetais.
pseudo-silex (lorsque le ciment argilo-siliceux est Leur utilisation reste assez limitée ; seul le gisement
très abondant, jusqu'à constituer la majeure partie du Bois-du-Plessis (La Poterie, Côte-du-Nord),
de la roche). typologiquement et chronologiquement mal défini,
a donné lieu à une utilisation intensive de cette Les grès lustrés se rencontrent sous la forme de
matière. dalles superficielles très fragmentées. Ils sont la
rgement répandus dans le Massif Armoricain, mais - Le quartz :
échappent souvent à la cartographie géologique.
Ils ont donné lieu à des gisements importants du Abondant sous la forme de filons. Utilisé dans
Moustérien de tradition acheuléenne (Bois-du- ses variétés laiteuses, saccharoides et même hyali
nes (cristal de roche). Constitue parfois un appoint Rocher, Clos-Rouge, Kervouster).
notable (St-Colomban, Les Gastines, Grainfollet).
- Le grès armoricain : - La dolérite :
Grès quartzeux ordovicien utilisé dans certains
Elle provient des nombreux filons du nord de la sites paléolithiques (St-Malo-de-Phily). On peut y
Bretagne (Goelo et Trégor en particulier). Elle a rattacher les quartzites blancs de la vallée de parfois été utilisée massivement (Goaréva). l'Elorn (Finistère).
- Les tufs :
- Grès et quartzites divers :
Ce sont des roches pyroclastiques (débris de
Ils proviennent des formations briovériennes ou roches volcaniques unis par un ciment). Il s'agit paléozoiques et ont été utilisés sporadiquement. des tufs keratophyriques de Tréguier qui affleurent
selon une étroite bande, de Pors-Even à Tréguier. - Les phtanites : Ils jouent un rôle important dans les industries de
la Trinité. Les ou lydiennes sont des roches
silico-carbonées d'origine sédimentaire. La matière - Les rhyolites : est noire, parfois bleutée ou verdâtre, se taillant
assez bien malgré la présence de filonnets siliceux. Les rhyolites ignimbritiques de Lézardrieux
Les phtanites proviennent surtout des niveaux affleurent au nord de Paimpol et le long du
briovériens qui cernent la Baie de St-Brieuc; mais Trieux. On n'en connaît, jusqu'à présent qu'une
on peut aussi trouver cette roche dans le Trégor, utilisation sporadique (Karreg-ar-Yer-Leun).