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Comptes rendus
Funktionen des Humanismus. Studien zum Nutzen in der huma-nistischen Kultur[Fonctions de l’hu-manisme. Recherches sur l’utilité de la notion de « nouveau » dans la culture humaniste], éd. Thomas Maissen et Gerritt Walther, Göttingen, Wallstein Verlag, 2006, 415 p. in-8° + 13 illustrations in-texte. Les seize contributions rassem-blées ici constituent les Actes d’un Symposium international tenu à Rottenburg-Stuttgart en 2005 ; elles forment le troisième volet des recherches sur l’humanisme menées au sein de la fondation Gerda Henkel (nous avons rendu compte dans la pré-sente revue de la session consacrée à l’expansion de l’humanisme en 2001, RHR n° 56, juin 2003, p. 121). L’exposé liminaire de G. Walther résume les résultats des deux premières sessions et fait le tour de la nouvelle probléma-tique, la mise en question d’une réelle nouveauté introduite en Europe par le courant humaniste : la vitalité de la culture médiévale ne s’est pas éteinte au XVIe même si les tenants desiècle : l’antiquité méprisaient sa « moderni-té », elle comportait déjà un solide atta-chement auxstudia humanitatis. On s’est d’ailleurs vite aperçu que les uto-pies fondées sur un retour aux institu-tions antiques ou sur une réhabilita-tion chrétienne des figures du paganis-me, étaient impraticables. La grande « nouveauté » qui explique l’expansion irrésistible de l’humanisme réside en la « simplification » opérée dans un uni-vers mental voué à la complication. Une nouvelle élite a su tisser un réseau de communication et imposer l’autono-
mie de la sphère intellectuelle. Sans oublier l’omniprésence de l’arrivisme : il était lucratif d’investir dans l’huma-nisme. Comme pour les travaux précé-dents, l’originalité de ces enquêtes est de porter non sur l’essencede l’huma-nisme, mais sur l’influencedans les domaines politiques, sociaux, religieux, d’un phénomène historique. Ces tra-vaux partent d’exemples particuliers pour mettre en valeur des phénomènes historiques importants. L’humanisme n’est donc pas considéré comme la mise en pratique d’une doctrine mais exclu-sivement comme unepraxis: « l’huma-nisme n’est pas autre chose que la somme de ses fonctions ». On pourrait regrouper les articles sous cinq rubriques : – Sept conférences posent le problème de la place de l’érudit dans la cité : Anton Schhindling, connu en France par la traduction de sa thèse sur l’hu-manisme strasbourgeois, analyse la portée critique de l’érasmisme dans l’association d’un pacifisme chrétien (à l’usage de l’Europe) avec, contre les Turcs, une légitimation de la guerre fondée sur la tradition antique. À par-tir de l’exemple de quelques historiens de la ville des Pays-Bas au XVIIesiècle, Raingard Esser traite de « l’érudit dans la ville » comme promoteur d’influence. Caspar Hirschi (« En marche vers un passé nouveau ! Fonctions du nationa-lisme humaniste en Allemagne ») s’at-tache à l’évolution des structures de la société germanique : le discours natio-naliste fait émerger une aristocratie de l’esprit. – Le rôle particulier de l’humaniste dans les cours d’Europe est étudié dans quatre contributions : Dieter Mertens
COMPTES RENDUS
(« Le prix du mécénat »), et Harriet Rudolf (« Une culture de la fête chez les Habsburg »), présentent l’humanisme comme le moyen, fondé sur la glorifica-tion du pouvoir, d’une imprégnation idéologique de la société. Arne Karsten démontre à l’aide d’une riche iconogra-phie la spécificité des tombeaux de let-trés (monuments pour des papes et des cardinaux au temps de la Contre-Réforme). Gábor Almási insiste sur l’of-fice premier, dans les cours princières, de l’humaniste, qui associe le service des puissants à la construction d’un avantageux modèle de carrière. – L’exposé de Manfred Rudersdorf et de Thomas Töpfer (« Cour princière, université et état territorial. L’humanisme de Wittenberg, ses zones d’influence et ses champs fonctionnels sous le signe de la Réforme ») forme le lien entre ces recherches et celles qui portent sur l’humanisme religieux : l’influence de Melanchthon permet-elle de compléter la formule « sans huma-nisme pas de Réforme » par son symé- trique « sans Réforme pas d’humanis-me » ? Harald Müller, historien du moyen âge, considère la difficulté de studia humanitatisliés à l’antiquité païenne dans la vie monastique en Allemagne et l’utilité induite par la critique textuelle. Peter Wolf montre la persistance desbonæ litteræcomme sciences auxiliaires de la religion contemporaine « L’humanisme au ser-vice de la Contre-Réforme » en Bohème et en Bavière. – La fonction duLogosdans l’activité des humanistes est située à sa place primordiale dans quatre contributions : Gerlinde Huber-Rebenich s’interroge sur la réception de la mythologie païen-ne, et sur la réalité, dans lares publica litterariagermanique, de nouvelles
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fonctions dans le domaine d’une poésie néolatine officielle et nationaliste. Elisabeth Stein rappelle que, si l’huma-niste est d’abord un philologue à la recherche d’une antiquité oubliée, il trouve moyen dans cette activité de planifier une carrière lucrative. Johannes Helmrath, historien du moyen âge, considère les fonctions de la rhétorique en Europe. – La contribution originale d’un spécia-liste de l’histoire de la médecine, Klaus Bergdolt, décrit la prise de conscience de l’humanisme, confirmant l’utilité de techniques intellectuelles dans les sciences naturelles, secondées par un retour aux textes. La conclusion est donnée par Thomas Maissen : en dialoguant avec G. Walther, dont il remarque les énon-cés brillants mais provocants, il formu-le les différentes réponses possibles à la question de la nouveauté de l’humanis-me. UnIndex nominumfavorise la relecture. Les analyses réunies ici explorent les voies qu’emprunta la révolution cul-turelle humaniste pour s’imposer à toute l’Europe ; elles soulignent le rôle social et politique de l’umanistà, écri-vain officiel qui met l’auctoritasatta-chée à la méthode critique, sa rhéto-rique et sa culture antique, au service de mythologies dynastiques et nationa-listes en train de se constituer. Ces études comportent chacune une impor-tante bibliographie ; elles sont rédigées dans une langue dont on apprécie la clarté exempte d’affèterie : ainsi, G. Walther, proposant avec humour de traduire son propos dans le « jargon des théoriciens » (Theoriedeutsch), invente la formule facile à interpréter pour un Français :Reduktion von Komplexität! ; le livre trouvera sa place dans la biblio-
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thèque des chercheurs qui ont quelque connaissance de la langue allemande. Guy DEMERSON
Index deL’Heptaméronde Marguerite de Navarre,établi par Guy Demerson et Gilles Proust, Clermont-Ferrand, Presses Uni-versitaires Blaise Pascal, 2005, 407 p. Établi sur l’édition Michel François (Classiques Garnier, 1996), cet index est un outil dont l’utilité s’est déjà révé-lée pendant l’année d’agrégation 2005-2006. Il vient grossir la panoplie des index-papier de Rabelais, Scève, Du Bellay, Montaigne… Un index permet des découvertes immédiates, de la plus surprenante à la plus évidente : ici, l’absence de l’adjectif « feminin/feme-nin », la présence imposante de Oisille, Parlamente et Hircan dont les noms entrent dans l’index hiérarchique (fré-quence supérieure à 110) contraire-ment à ceux des autres devisants. Ses atouts : l’index hiérarchique initial qui donne une idée des princi-paux termes et concepts propres à la pensée de M. de Navarre, l’index ono-mastique, la fréquence donnée des occurrences (si supérieure à 3), le com-plément en ligne (sur le site du CERHAC) d’un glossaire des hétéro-graphes, et surtout la très brève mais lumineuse introduction de G. Demerson : « Deviser : le poids du lexique, le choc des mots ». En trois pages, l’essentiel est dit : « les devisants parlementent pour constituer une com-munauté linguistique » mais à rebours, la difficulté à communiquer est mise en valeur par « l’indécision constante d’un vocabulaire qui hésite entre le charnel
et le spirituel », c’est dire que le voca-bulaire, sa définition par les devisants ou ses emplois plus ou moins biaisés, sont au cœur des enjeux éthiques, esthétiques et religieux de L’Heptaméron. Ses faiblesses : l’absence d’un enca-drement des occurrences par un contexte étroit qui évite des recherches longues pour sélectionner des catégo-ries verbales (adverbe « bien »/substan-tif « bien ») ou même pour repérer des usages stylistiques. D’autre part, la prise en compte, dans le dépouillement, des sommaires d’Adrien de Thou en tête de nouvelle et des « appendices » de l’édition François, c’est-à-dire de l’ap-port de Claude Gruget dans les trois nouvelles qu’il substitue à la 11e, à la 44eet à la 56enouvelles, (et dans une moindre mesure, la version différente de la nouvelle 52 et la nouvelle restée manuscrite « l’histoire d’un curé auver-gnat »), cette prise en compte signifie que sont donc considérés comme appar-tenant au vocabulaire de M. de Navarre des passages hétérogènes ou d’attribution douteuse. Et cela repose le problème d’une œuvre aux contours difficiles à cerner que cet index rend cependant plus déchiffrable. Michèle CLÉMENT
Actualité de Jeanne Flore,dix-sept études réunies par Diane Desrosiers-Bonin et Éliane Viennot, avec la collaboration de Regine Reynolds-Cornell, Paris, Champion, 2004, 321 p. Le renouveau des études consa-crées auxComptes amoureux par Madame Jeanne Floredepuis l’édition Pérouseet aliide 1980 pour être évi-
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