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Présentation - article ; n°1 ; vol.47, pg 79-96

De
19 pages
Gallia - Année 1990 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 79-96
Observations made in a previous article about the Clos du Verbe- Incarné moats are now completed by two other moats segments former to the first urbanization signs of Lyon' s Fourvière shelf. Their main interest lies in the related components. The ceramic shows typological differences remarkable in regard to the ceramic from the Verbe-Incarné and the material thrown out seems closer to traditionnal La Tene habitations by its diversity and qualities. But from the author's point of view, those differences are not significant enough to refute the theory of a group of works, contemporaneous with the only known historical event: the foundation of the city.
Deux nouveaux segments de fossés, antérieurs aux premières traces d'urbanisation, sur le plateau de Fourvière à Lyon, viennent compléter les constatations faites dans un précédent article à propos des fossés du clos du Verbe-Incarné. Leur intérêt réside avant tout dans le matériel qui leur est associé. La céramique présente de notables différences typologiques par rapport à celle du Verbe-Incarné et les rejets dans leur ensemble montrent une variété et des qualités qui les rapprochent plus de ceux des habitats laténiens traditionnels. Mais pour les auteurs, ces différences ne sont pas un argument suffisant pour rejeter définitivement l'hypothèse d'un ensemble d'ouvrages, contemporains du seul événement historique connu, la fondation de la ville.
18 pages
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Monsieur B. Mandy
Michèle Monin
Sophie Krausz
Présentation
In: Gallia. Tome 47, 1990. pp. 79-96.
Abstract
Observations made in a previous article about the "Clos du Verbe- Incarné" moats are now completed by two other moats
segments former to the first urbanization signs of Lyon' s Fourvière shelf. Their main interest lies in the related components. The
ceramic shows typological differences remarkable in regard to the ceramic from the "Verbe-Incarné" and the material thrown out
seems closer to traditionnal La Tene habitations by its diversity and qualities. But from the author's point of view, those
differences are not significant enough to refute the theory of a group of works, contemporaneous with the only known historical
event: the foundation of the city.
Résumé
Deux nouveaux segments de fossés, antérieurs aux premières traces d'urbanisation, sur le plateau de Fourvière à Lyon,
viennent compléter les constatations faites dans un précédent article à propos des fossés du clos du Verbe-Incarné. Leur intérêt
réside avant tout dans le matériel qui leur est associé. La céramique présente de notables différences typologiques par rapport à
celle du Verbe-Incarné et les rejets dans leur ensemble montrent une variété et des qualités qui les rapprochent plus de ceux des
habitats laténiens traditionnels. Mais pour les auteurs, ces différences ne sont pas un argument suffisant pour rejeter
définitivement l'hypothèse d'un ensemble d'ouvrages, contemporains du seul événement historique connu, la fondation de la
ville.
Citer ce document / Cite this document :
Mandy B., Monin Michèle, Krausz Sophie. Présentation. In: Gallia. Tome 47, 1990. pp. 79-96.
doi : 10.3406/galia.1990.3154
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galia_0016-4119_1990_num_47_1_3154L'HÔPITAL SAINTE-CROIX À LYON
UN QUATRIÈME FOSSÉ...
par Bernard MANDY, Michèle MONIN et Sophie KRAUSZ
Deux nouveaux segments de fossés, antérieurs aux premières traces d'urbanisation, sur le plateau de
Fourvière à Lyon, viennent compléter les constatations faites dans un précédent article à propos des fossés du
clos du Verbe-Incarné. Leur intérêt réside avant tout dans le matériel qui leur est associé. La céramique
présente de notables différences typologiques par rapport à celle du Verbe-Incarné et les rejets dans leur
ensemble montrent une variété et des qualités qui les rapprochent plus de ceux des habitats laténiens
traditionnels. Mais pour les auteurs, ces différences ne sont pas un argument suffisant pour rejeter
définitivement l'hypothèse d'un ensemble d'ouvrages, contemporains du seul événement historique connu, la
fondation de la ville.
Observations made in a previous article about the "Clos du Verbe- Incarné" moats are now completed by two other
Lyon' s Fourvière shelf. Their main interest lies in the related moats segments former to the first urbanization signs of
components. The ceramic shows typological differences remarkable in regard to the ceramic from the "Verbe-Incarné"
and the material thrown out seems closer to traditionnal La Tene habitations by its diversity and qualities. But from
the author's point of view, those differences are not significant enough to refute the theory of a group of works,
contemporaneous with the only known historical event: the foundation of the city.
Dans une précédente contribution (Mandy et al., RUE HENRY-LE CHÂTELIER
1988), la relation de la découverte, à Lyon, de fossés
défensifs remontant aux origines de la ville posait le II est inutile de reprendre l'analyse détaillée de
problème de la datation absolue du mobilier de cette cette découverte, déjà publiée par ailleurs (Monin,
période. On avait évoqué, à ce propos, la récente 1989). Rappelons ses caractéristiques essentielles.
découverte d'un troisième segment de fossé rue Le Le fossé de la rue Henry-Le Châtelier, situé à
Châtelier. Depuis lors, un nouveau site, l'hôpital 280 m environ du site du Verbe-Incarné (fig. 1 et 2),
Sainte-Croix, a livré un quatrième tronçon, riche en a été découvert lors d'une fouille de sauvetage
céramiques. Ces dernières découvertes auraient sim réalisée d'octobre 1986 à mars 19871. Il n'a été
plement été à inscrire dans les anecdotes de l'histoire
municipale si le mobilier associé n'avait pas présenté
des différences suffisamment importantes par rap 1 Cette fouille a été réalisée par le Service archéologi
port à celui du Verbe-Incarné pour poser un que de la Ville de Lyon (responsable : M. Monin) avec l'aide de
problème de chronologie. La quantité et la qualité F. Blaizot, I. Parron et A. Phoungas, archéologues contract
uels, que nous remercions pour leur collaboration efficace. des céramiques découvertes nous ont incités à refaire
Nous remercions également le Groupe Lyonnais de Recherche un point de la question pour compléter un dossier en Archéologie Gallo-Romaine, en la personne de son présiqui interfère directement avec la chronologie de La dent, L. Blanchard, qui a mis à notre disposition huit TUC
Tène finale. pendant la durée des travaux.
Gallia, 47, 1990. ;
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80 B. MANDY, M. MONIN, S. KRAUSZ
Fig. 1 — Localisation des
fossés sur le plan topogra
phique de Lyon.
1, rue Henry-Le Châtelier
2, Verbe- Incarné
3, hôpital Sainte-Croix.
Fig. 2 — Plan de situation
des quatre fossés dans Lyon.
1, rue Ilenry-Le Châtelier;
2, fossé amont du Verbe-
500 m Incarné
3, fossé aval du Verbe-
Incarné
4, hôpital Sainte-Croix. :
;
:
FOSSÉ DE L'HÔPITAL SAINTE-CROIX À LYON 81
fouillé que sur une longueur de 4 m car son tracé
était interrompu d'une part par le creusement d'une
fosse d'extraction de lœss et d'autre part par la
construction d'un édifice d'époque plus tardive
(fig. 3).
Conservé seulement sur une profondeur de
0,70 m, il possède un profil en V terminé par une
petite rigole dépourvue de traces d'éléments défen-
sifs. A l'image des fossés du Verbe-Incarné, il a été
aménagé directement dans le terrain naturel (lœss),
alors vierge de toute occupation. Il a été comblé en
une seule fois et de façon volontaire avec un lœss
légèrement oxydé contenant des galets provenant de
rejets de foyer et une petite quantité de mobilier
(tabl. I). L'examen de ses parois a montré qu'il n'est Fig. 3 — Rue Henry-Le Châtelier, plan des vestiges
resté ouvert que durant un bref laps de temps 1, fosse d'extraction de lœss;
2, édifice 3, platée. puisque aucune trace de ravinement n'a été décelée
sur les parois pourtant très friables.
Parmi la céramique, très fragmentée, il faut
des amphores, même si celles-ci demeurent majoritnoter la présence d'un fond d'olpé probablement
importée et d'un fond de vase peint cylindrique à aires (94,76 % au Verbe-Incarné contre 64,8 % ici).
L'analyse de la céramique domestique fait décor d'échelle horizontale (Vaginay, Guichard,
apparaître deux différences essentielles : tout 1988, p. 46, forme 2111). La céramique indigène,
fine, tournée, lissée est représentée essentiellement d'abord, le fragment de vase peint, cylindrique de la
par des produits dont la cuisson en mode B rue Le Châtelier correspond à une forme qui n'est, à
notre connaissance, jamais associée aux vases peints, (réducteur-réducteur) se démarque nettement des
produits analogues du fossé aval dont la technique élancés, retrouvés au Verbe-Incarné, mais qui est
de cuisson est plus sommaire (mode A réducteur- attestée dans la nécropole de Feurs et dans l'une des
fosses recoupant le fossé aval du Verbe-Incarné. oxydant). Enfin, le matériel amphorique, très fra
gmenté également, est représenté par quatre lèvres et Ensuite, la céramique fine, tournée, lissée, cuite en
trois fonds de type Dressel 1A. mode B, n'est présente que dans le fossé de la rue Le
Il ressort de ces constatations un certain Châtelier. Ce type de production ne semble pas
nombre de similitudes entre le fossé de la rue Le antérieur au milieu du Ier s. avant J.-C. sur les sites
Châtelier et ceux du Verbe-Incarné. Ainsi, sur le foréziens (Vaginay, Guichard, 1988, p. 82). Au vu de
plan morphologique, les fossés sont tout à fait ces données, il semble qu'on puisse conclure à un
léger décalage chronologique du fossé de la rue Le comparables (profil, comblement anthropique rapide
et courte durée d'utilisation). En revanche, le Châtelier, toutefois avec certaines réserves compte
rapport entre les divers types de matériel est fort tenu du très faible échantillonnage de céramique
différent on ne retrouve pas la nette prédominance domestique dans les deux cas.
Tabl. I — Nombre total de fragments et pourcentages des types de mobilier provenant des quatre fossés.
V.I. amont V.I. aval Le Châtelier Sainte-Croix
Type de mobilier Nb °/ 10 Nb Nb Nb /o /o %
Amphores 17 15,60 14261 58,35 267 53,94 1 137 35,73
Céramiques 52 47,71 788 3,22 145 1212 29,29 38,09
Ossements 9331 38,17 38 34,86 75 15,15 779 24,48
Métaux et divers 2 1,83 63 0,26 8 1,62 54 1,70
Total 109 100 24443 100 495 100 3182 100 82 B. MANDY, M. MONIN, S. KRAUSZ
HÔPITAL SAINTE-CROIX
Au début de l'année 1988, un sauvetage urgent2
occasionné par la construction d'une salle souterrai
ne à l'hôpital Sainte-Croix, 8 rue Roger-Radisson, a
permis la découverte d'un quatrième fossé à environ
230 m du Verbe-Incarné et 550 m de la rue Le
Châtelier (flg. 2). Localisé sur l'éperon de Fourvière,
à une altitude de 288 m, ce fossé est perpendiculaire
à la pente et orienté nord-sud (fig. 1).
L'originalité et l'intérêt d'une telle découverte
résident non seulement dans l'ouvrage mis au jour,
mais surtout dans l'abondant mobilier livré par la
fouille et dont l'étude détaillée entrera pour une
large part dans cette présentation.
Contexte archéologique
Malgré l'exiguïté du secteur fouillé (à peine
40 m2), une série de vestiges postérieurs au fossé ont
été dégagés (flg. 4). Les sédiments archéologiques,
qui le recouvraient sur une épaisseur moyenne de
Fig. 4 — Hôpital Sainte-Croix, plan des vestiges 2,50 m, sont constitués, pour au moins 2 m, d'un 1-4, maçonneries augustéennes. remblai homogène (fig. 5). Cet apport volontaire, très
certainement effectué à l'occasion de l'urbanisation
du quartier, correspond à une modification impor
tante de la topographie. Des fondations, construites
Description morphologique du fossé en tranchée étroite et conservées sur une hauteur de
2 à 3 m, coupaient ce remblai pratiquement stérile Le fossé, suivi seulement sur une longueur de
(une dizaine de tessons d'amphores non identifia 6,50 m, était recoupé en deux endroits par les
bles). Dans les tranchées de fondation, le plus récent fondations augustéennes. Le segment étudié était
du matériel est constitué par des fragments de profond de 1,40 m; sa profondeur initiale était
gobelets d'Aco vraisemblablement produits par l'ate sensiblement identique puisque le niveau de creuse
lier de Loyasse à Lyon, de vases à parois fines, à ment n'a pas été érodé mais a simplement été
rebords concaves et de sigillées italiques. Il permet recouvert de remblais. Sa paroi sud, en limite du
de dater les maçonneries, construites en granite et secteur étudié, étant incomplète, il est difficile de
gneiss, de la fin du ier s. avant J.-C. Il n'a pas été restituer sa largeur d'ouverture en raison de l'asymét
possible de restituer le plan des trois salles mises en rie des parois (fig. 6). Son profil en V, terminé par
évidence, leurs murs se prolongeant au-delà des une rigole, est tout à fait comparable au fossé de la
limites de fouille. Si l'importance des substructions rue Le Châtelier et au fossé amont du Verbe-Incarné,
suggère un édifice relativement monumental, il reste mais l'absence de traces d'éléments de défense au
toutefois difficile d'en préciser la destination, d'au fond de la rigole tendrait à le rapprocher du fossé de
tant que les couches d'occupation contemporaines la rue Le Châtelier. Aucune couche d'occupation
des maçonneries ont totalement disparu. contemporaine ou antérieure au fossé n'a été décelée
sur le substrat dans lequel le creusement a été
réalisé. D'autre part, il n'a pas été possible de
déterminer sa durée d'utilisation, car contrairement
2 Fouilles réalisées sous la responsabilité de M. Monin aux ouvrages du Verbe-Incarné ou de la rue Le (Service archéologique de la Ville de Lyon). Nous tenons tout Châtelier, celui de l'hôpital Sainte-Croix a été creusé, particulièrement à remercier P. Bailly, archéologue bénévole,
non dans le lœss, mais dans un affleurement d'avoir bien voulu participer à cette fouille et pris en charge la
totalité du traitement et du dessin du mobilier céramique. morainique. Si la pluie ou le gel laissent des traces FOSSÉ DE L'HÔPITAL SAINTE-CROIX À LYON 83
Verbe-Incarné Verbe-Incarné
fossé amont fossé aval
rue Henry-Le Châtelier hôpital Sainte-Croix
0 1 m
Fig. 5 — Hôpital Sainte-Croix. Vue de la coupe strati- Fig. 6 — Profils des quatre fossés.
graphique du fossé sous le mur 1 (en bas, mur 2).
lisibles dans le lœss, très friable, il en est tout Cet inventaire met en évidence d'importantes
autrement dans ce mélange de sable grossier et de différences dans les proportions de mobilier par
galets, qui constitue un drain naturel relativement rapport aux autres fossés (tabl. I). Ainsi, les pourcen
perméable absorbant le moindre ruissellement plu tages obtenus à l'hôpital Sainte-Croix sont difficil
vial. La lecture de traces d'effondrement ou de ement comparables avec l'accumulation d'amphores
ravinement, indices d'une certaine durée d'utilisa et d'ossements animaux (porc principalement) dé
tion, est donc particulièrement difficile dans ce type couverts dans le fossé aval du Verbe-Incarné.
de terrain. Le seul élément en faveur d'une ouvertur
Les amphores e prolongée du segment de l'hôpital Sainte-Croix
serait la présence d'une mince pellicule de sable Les amphores représentent près de la moitié des
compact observée sur les parois et légèrement plus tessons recueillis (48,40 %). Cette quantité, nett
épaisse au fond de la rigole. De plus, il est intéressant ement supérieure aux chiffres qu'on rencontre trad
de constater que le fossé a été comblé de façon itionnellement sur les sites d'habitat, reste toutefois
volontaire et que cette action a été réalisée en une très en dessous de celle livrée par le fossé aval du
seule fois puisque aucune véritable stratigraphie Verbe-Incarné (94,76 %) où cette importante propor
n'est visible dans le remplissage. Une différence de tion semblerait provenir d'un rejet de détritus lié au
granulométrie dans la partie inférieure du comble cantonnement d'une troupe (Mandy et al., 1988,
ment peut s'expliquer aisément par l'infiltration des p. 64; Thirion, 1989, p. 81). Le seul point commun
particules plus fines, entre les grosses pierres. En entre les deux sites concerne l'aspect typologique,
puisque dans les deux cas, à une ou deux exceptions effet, les tessons recueillis dans ce dépôt se recollent
avec ceux de la partie supérieure du remblai. En près, il s'agit d'amphores correspondant aux divers
outre, on notera l'importante fragmentation des types de Dressel 1 .
L'évaluation du nombre d'amphores correspond vases, qui a été favorisée par la grosseur des cailloux
jetés en même temps. L'originalité et la diversité de au nombre de lèvres pondéré par celui des fonds et
ce mobilier constituent au reste l'un des intérêts des anses (Arcelin, Arcelin-Pradelle, 1981). Sur les
majeurs de ce nouveau fossé. trente-cinq amphores ainsi inventoriées, trente-trois
appartiennent au type Dressel 1A/B, une lèvre au
type Dressel 1C et une anse au type Dressel 2/4 Le mobilier
d'origine orientale (fig. 7). Six timbres apposés, soit
Bien que le fossé n'ait été fouillé que sur une sur la lèvre (2 ex.), soit sur l'épaule, ont été
faible longueur, la quantité de matériel qu'il a livrée répertoriés. Un est illisible (n° 13), les cinq autres
est relativement importante et se répartit de la façon sont tous différents : C (n° 10); C.G; C.J; EG et ID
suivante : (fig. 8, nos 29-32). Il est difficile de dégager une
amphores 1 137 fragments quelconque indication de l'observation de ces
céramique domestique 1212marques : aucune n'est identique aux timbres du
os 844 fragments Verbe-Incarné.
métal 54Étant donné les difficultés que rencontre l'appli- (
I
i
;
;
84 B. MANDY, M. MONIN, S. KRAUSZ
\
1
^
t
V
7 11 10 12
S
14 r\ 15
17 21 24 25 19
13
10cm 26 27 28
Fig. 7 — Sainte-Croix. Amphores.
1-15, cols Dr. 1 A/B; 16, 17, fragments de lèvres Dr. 1 A/B ; 18, 19, 21-24, lèvres Dr. 1 A/B 20, lèvre Dr. 1 C;
25, anse Dr. 2/4 orientale 26-28, fonds. FOSSÉ DE L'HÔPITAL SAINTE-CROIX À LYON 85
la Loire, aux échantillons de l'hôpital Sainte-Croix et
du Verbe-Incarné, on voit apparaître en revanche
une certaine cohérence avec les résultats obtenus à 29 30
Feurs. Sur les quatre groupes déterminés par le
schéma de dispersion des hauteurs de lèvres et de
leurs inclinaisons, les trois premiers sont représentés
à Feurs et au Verbe-Incarné alors que seuls les
groupes 3 et 4 sont présents à Sainte-Croix. Cette 31 5cm différence, qui mérite d'être notée, aurait, pour
C. Aulas, une signification chronologique.
Fig. 8 — Sainte-Croix. Timbres d'amphores apposés sur
La céramique domestique l'épaule.
Sur les 1 212 fragments recueillis, 283 vases ont
été répertoriés parmi lesquels un nombre important
de formes presque complètes. cation sur les sites terrestres des critères préconisés
Leur répartition dans diverses catégories typopar A. Tchernia (1986, p. 313)3 pour différencier les
logiques est toujours délicate à effectuer, car pluDressel 1A et IB, M. Genin et M. Picon (Mandy et
sieurs types de classement peuvent être adoptés. a/., 1988, p. 56; Genin, Picon, 1989, p. 52) ont
Ainsi M. Vaginay (Vaginay, Guichard, 1988, p. 37) préféré les analyses physico-chimiques pour l'étude
dans son étude du mobilier de Feurs, a différencié des amphores du Verbe-Incarné. Ces analyses de
d'abord la céramique importée de la céramique pâtes ont montré que, derrière l'apparente hétérogén
indigène ; puis, au sein de cette seconde catégorie, la éité typologique du lot, se cachait un nombre limité
céramique tournée de la céramique non tournée. Le d'ateliers suggérant l'arrivée de pleines cargaisons
contexte très particulier dans lequel se situe le d'amphores sur le site. De ce fait, il a paru nécessaire
mobilier de Sainte-Croix rend cette méthode difficild'effectuer une comparaison des pâtes des amphores
ement applicable pour deux raisons. D'une part, de l'hôpital Sainte-Croix et du Verbe-Incarné. L'exa
contrairement au site de Feurs, il est impossible de men a été réalisé à la loupe binoculaire afin de
statuer a priori sur l'origine d'un certain nombre de déterminer l'appartenance éventuelle de certains
productions telles que les céramiques à engobe tessons à l'un des six groupes reconnus parmi les
interne rouge pompéien, les claires ou amphores du Verbe-Incarné. Sur les trente-quatre
encore les imitations de sigillées. Seule l'analyse échantillons de Dr. 1, seulement deux s'apparentent,
physico-chimique, en cours, pourra préciser s'il s'agit de façon quasi certaine, au groupe 6 — type
de fabrications locales ou d'importations. D'autre Eumachi, Campanie — (fig. 7, n° 20 et fig. 8, n° 29)
et un au groupe 1 — Albinia, Étrurie — (fig. 7, part, la distinction entre céramique modelée et
n" 26). L'observation des trente-et-un fragments céramique tournée est souvent difficile à établir sur
des parois de vases trop fragmentés5. restants fait ressortir un ensemble totalement dispa
C'est pourquoi nous avons préféré les appellarate, chaque tesson présentant une pâte aux caracté
tions céramique de «tradition indigène» et céramique ristiques différentes. Cette absence d'homogénéité
«romaine ou assimilée» comme critères de classs'inscrit parfaitement dans ce que l'on rencontre
ement. La présentation du mobilier sera la plus habituellement sur les sites d'habitat.
synthétique possible, seuls les critères typologiques Si l'on applique la méthode utilisée par C. Aulas
importants pour la chronologie seront précisés. (Vaginay, Guichard, 1988, p. 87-88)4 pour les sites de
Ainsi, 12 catégories ont été définies (tabl. II)6.
3 II est difficile d'adopter la méthode d'A. Tchernia
pour la plupart des sites terrestres, le matériel étant beaucoup
5 Pour éviter les risques d'erreurs, cette particularité trop fragmenté. En effet, pour cet auteur, la distinction entre
n'est donc pas prise en compte dans le comptage du nombre les différents types ne peut se faire que par la conjonction de
total de fragments, mais néanmoins l'indication figure dans les plusieurs critères (la hauteur totale de l'amphore, celle de la
lèvre et du pied et le profil de l'épaule). planches typologiques puisque le mode de fabrication des
formes présentées a pu être établi. 4 Cette méthode consiste à classer les lèvres d'amphores
6 Nous remercions M. Vaginay, ingénieur à la Direction en quatre ensembles en fonction de leur hauteur et de leur
des Antiquités historiques de Rhône-Alpes, qui a eu la inclinaison. Selon les études menées à Feurs, Roanne et
gentillesse de nous faire bénéficier de ses conseils en matière de Amplepuis, il semblerait se dégager une répartition des types
céramologie et de nous avoir communiqué certaines données d'amphores (Dr. 1 A et B) s'accordant avec la chronologie des
typo-chronologiques en cours de publication. sites. 86 B. MANDY, M. MONIN, S. KRAUSZ
Tabl. II — Répartition par fragments et par vases ovoïde à pâte fine, de facture très soignée, possède un
des catégories de céramique domestique décor incisé rehaussé de baguettes. Les couvercles, représentées à l'hôpital Sainte-Croix. au nombre de six, présentent des stries de tournage
fines et régulières. Enfin, parmi les quarante-six
fragments de céramique à surface micacée, il faut Nbde fra Nbde Catégorie de céramique mentionner un fond légèrement soulevé (fig. 11, vases gments n° 76) et un fragment de panse soulignée d'une
baguette. Un de paroi à surface micacée, Céramique de tradition indigène
noire grossière (tournée et non tournée), 404 53 rehaussée d'un décor peint de lignes horizontales de
31 peinte fine tournée 239 couleur rouge, n'a pas, à notre connaissance, d'équi
rouge fine et demi-fine tournée 142 30 valent sur le plan régional. noire fine tournée lissée 94 56
micacée fine tournée 47 14 Comme sur le site de la rue Le Châtelier, la
doliutn 45 7 céramique fine, noire, tournée, lissée, cuite en mode
B, est très fragmentée (tabl. II et fig. 12). Elle est Total 971 191 représentée par des lèvres d'écuelles à bord rentrant
Céramique romaine ou assimilée et des vases, bas, ouverts (forme 4311 de la typologie
claire 197 65 de Vaginay ; Vaginay, Guichard, 1988). Le décor des paroi fine 11 17 parois est représentatif de la période de La Tène D2 : engobe interne rouge pompéien 14 6 décor onde au peigne, décor incisé, parfois rehaussé imitation sigillée 7 4
d'une baguette, décor de molette simple ou à lampe 1 1
campanienne 5 5 casier ... Deux fragments de fonds soulevés possèdent
un décor estampé sur leur face interne, ce qui Total 241 92 constitue une singularité puisqu'en général, cette
catégorie de céramique ne présente pas de décors; Total général 1212 283
estampés. Le premier fragment (n° 98) présente un
décor associant rouelles et lignes pointillées, le
second (n° 99) est décoré par des séries de trois
La céramique de tradition indigène cercles tangents prolongés par deux lignes pointil
lées. Ces décors se retrouvent sur les sites foréziens La céramique commune, noire, à pâte grossière
(52 vases) est représentée essentiellement par des (Vaginay, Guichard, 1988, p. 63-64; Bessou, 1976,
pots ovoïdes aux dimensions très variées, quelques pi. 34).
rebords d'écuelles et des fragments de couvercles (fig. Enfin, notons l'existence de quelques fragments
9). La présence de traces de feu sur la plupart des de céramique fine, tournée, lissée, cuite en mode A,
fonds des vases ovoïdes semble indiquer qu'ils dont le fond soulevé n° 98.
étaient utilisés, entre autres, comme pots à cuire. La céramique peinte est très nettement repré
Quelques-uns des vases modelés sont de facture sentée puisqu'elle correspond à 19,72 % du nombre
relativement grossière (nos 33 et 34), la majorité des total de fragments (amphores non comprises) et à
autres a fait l'objet, en revanche, d'un tournassage 10,95 % du nombre total de vases (fig. 13). La lecture
final comprenant un lissage du col. A l'inverse de des décors a été facilitée par le très bon état de
certains exemplaires des fossés du Verbe-Incarné, conservation des peintures. A l'exception d'un fra
aucun décor d'impressions digitées n'est représenté gment de paroi (n° 106) qui présente une teinte
sur ces types de vases. Quant aux vases tournés (fig. particulière (rosé et brun mat), la palette de couleurs
10), ils sont en général de facture très soignée et leur utilisée est tout à fait classique (motifs bruns sur
col lissé possède des stries régulières. On retrouve la fonds rouges ou blancs). Parmi les trente-et-un vases
même qualité de finition sur les pots des premiers recensés, tous décorés de motifs géométriques, six
niveaux urbains du Verbe-Incarné et des fosses sont des vases bas, fermés — trois bols de Roanne,
recoupant le fossé aval. forme Vaginay 3311 (fig. 13 et 14) et quatre jattes à
La céramique tournée, à pâte fine ou demi-fine col cylindrique, forme Vaginay 3221 — , six des vases
et à cuisson oxydante (mode A) (fig. 11) offre un hauts, élancés forme 1511 et 1512 (fig. 13 et
répertoire de formes plus restreint (dix formes 15) — et deux des vases bas, ouverts, à profil caréné
identifiées pour trente vases attestés). On compte (forme Vaginay 4321) (Vaginay, Guichard, 1988,
quatre vases ovoïdes en céramique demi-fine : trois p. 45-47). Le fragment de pied n° 102 (forme Vagi
fonds et un rebord à ouverture large. L'unique pot nay 1511) présente une forme caractéristique des FOSSÉ DE L'HÔPITAL SAINTE-CROIX À LYON 87
35
41 5 cm
Fig. 9 — Sainte-Croix. Céramique noire grossière non tournée (tradition indigène).
33, 34, 38-48, 46-49, 57, vases ovoïdes; 35-37, rebords de marmite (?) ; 49-50, fragments de couvercles; 51-56, fonds plats:
57, fond de marmite ; 58, fond de dolium.