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=coRÉGIONS NATURELLES
ET
NOMS DE PAYSL. GALLOIS
Professeur adjoint à la Facilite des Lettres de rUnivcrsité de Paris.
RÉGIONS NATURELLES
ET
NOMS DE PAYS
ETUDE
SUR LA RÉGION PARISIENNE
Avec 8 planches hors texte
484711
PARIS
LIBRAIRIE ARMAND COLIN
RUE5, DE MÉZIÈRES, 5
1908
Droits de reproduction et de traduction réserves pour tous pa^s.1)C
^INTRODUCTION
Le choix des divisions qu'il convient d'adopter dans
l'étude des difFérentes régions du globe dépend de la
conception même qu'on dea la géographie. Les anciens
géographes ne s'en préoccupaient guère : n'ayant d'au-
tre prétention que de décrire, ils s'en tenaient généra-
lement aux Etats ou aux provinces. Ceux du xvii® et du
XYiii® siècle restèrent plus attachés que jamais aux di-
visions politiques ou administratives. Comment s'en
étonner, puisqu'ils ne séparaient pas la géographie de
l'histoire? Mais mesureà qu'on a donné plus d'attention
aux faits d'ordre physique, l'insuflisance des cadres
traditionnels est apparue de plus en plus : la théorie des
bassins fluviaux fut une première tentative pour trou-
ver des divisions plus conformes à la réalité. L'étude
du sol, du climat, de la végétation, de toutes ces cau-
ses qui se commandent et s'enchaînent, Tinfluence de
plus en plus nettement aperçue des conditions physi-
ques sur la vie matérielle de l'homme et, comme consé-
quence, sur les manifestations son activité,diverses de
montranten la nécessité d'expliquer les faits et non
plus seulement de les constater, ont donné à la géo-
graphie une orientation nouvelle.
Gallois. — Régions naturollcs. iINTRODUCTION
divisions politiques gardent, bien enlcndu, touteLes
d'unvaleur : la vie économiciue i)ays dépend, pourleur
barrières de douanes. Les frontièrespart, de sesune
réalités, même quand elles ne répondent pasdessont
groupements de sympathies et d'intérêts que laà des
saurait imposer à la conscience des peuples.force ne
de limiter son champ d'études conduitseul besoinLe
le géographe à conserver les cadresd'ailleurs souvent
qu'il s'agisse de considérer le territoireétablis. Mais
État dans l'ensemble dont il n'est pas possible ded'un
détacher, qu'il s'agisse d'étudier en détail l'une dele
nécessairement adopter les divisionsses parties, il faut
le mieux au classement et à l'interpré-qui se prêteront
faits, c'est-à-dire les emprunter à la naturetation des
Ces divisions sont les régions naturelles.elle-même.
aujourdMiui courammentL'expression est employée;
souvent dans des sens dillerents.mais elle est prise
un ensemble très complexe. Quels carac-La nature est
devront servir à distinguer les régions naturelles ?tères
problème se complique, dans nos pays de vieilleLe
difficultés particulières. Des nomscivilisation, de y
attachés depuis des siècles à des régionssont restés
n'ont jamais correspondu à des divisions politiquesqui
administratives. Ce sont les noms de pays. 11 sem-ou
désignent de véritables régionsble bien qu'ils natu-
l'on a pu dire qu'il suffisait de les recueillirrelles et
pour retrouver du même coup les divisionsavec soin
rationnelles du sol que l'instinct' populaire, devan-
depuis longtemps aperçues.çant la science, aurait
quoi reconnaître les noms de pays ? Suffit-ilMais à
qu'ils soient populaires et ne s'adaptent pas, ou ne
s'adaptent plus à des divisions administratives ? D'autre