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ERIC DOUCHIN
RELIGIONS, MAGIE, SUPERSTITIONS ET SECTES
CONFERENCE DU 5 FEVRIER 2009
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Alors que dans beaucoup de sociétés il n'existe pas de mot spécifique pour désigner les
religions, en français, l'étymologie du mot religion reste discutée : depuis l'Antiquité on débat
afin de savoir s'il convient de relier le mot religion au verbe latin religare - relier ou à celui de
relegere – recueillir. Au-delà des problèmes philologiques il s'agit de retrouver derrière leur
multitude et leur diversité le point commun des différentes religions.
À l'évidence, la définition de la religion comme croyance en Dieu apparaît trop
étroite : il existe certes des religions monothéistes comme le christianisme, le judaïsme ou
l'islam mais il existe aussi des religions polythéistes comme l'hindouisme et également des
religions sans dieux : l'animisme, le culte des ancêtres, le taoïsme ou le bouddhisme.
Il est d'une autre façon devenu courant depuis Émile Durkheim et Rudolf Otto de
caractériser les religions comme expérience du sacré ; ainsi, Émile Durkheim définit-t-il les
religions dans
Les formes élémentaires de la vie religie
use comme « un système solidaire de
croyance et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites,
croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée église, tous
ceux qui y adhèrent. » Cette vénération du sacré reviendrait en dernière analyse à la
vénération du lien social : « le principe sacré n'est autre chose que la société hypostasiée et
transfigurée. »
Ibidem
. La religion est ainsi expression symbolique de valeurs sociales
auxquelles il faut croire et cet attachement s'exprime à travers des rites. De ce fait la religion
serait « quelque chose d'éternel qui est destiné à survivre à tous les symboles particuliers dans
lesquels la pensée religieuse s'est successivement enveloppée. »
Ibidem
.
Cette expérience du sacré comme « horror et tremendum » selon l'expression de
Rudolf Otto est-elle expérience de quelque chose de réel ou purement illusoire ? Nous ne
tenterons pas ici de trancher. Le problème est, croyons-nous, qu'une telle définition se révèle
cette fois trop large : la société sacralise souvent des objets ou des personnes sans pour autant
donner à cette sacralisation une signification religieuse ; silence, fascination, respect : trois
composantes souvent réunies de la réaction au sacré se retrouvent également face à la mort, au
pouvoir royal et à l'œuvre d'art. Certes, originairement ces formes du sacré sont intimement