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Année économique et sociale 2005 en Martinique

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608002BROMARTOK.qxd 7/09/06 15:57 Page 16 Agriculture 2005 : L’ année de tous les dangers Heureusement, le prix moyen wagon’année 2005 restera marquée par leL’agriculture martiniquaise départ est en forte hausse de 21%. IlLnombre de cyclones de forte inten- a cette année encore concrétise la somme de tous les effortssité qui ont traversé le bassin caraïbe. accomplis dont ceux d’une meilleuresouffert de conditions homogénéité et d’une meilleure quali-La Martinique a encore été épargnée climatiques défavorables. Les té du produit. Un prix élevé entraînepar les cyclones cette année, même si une baisse du montant de l’aide com-elle a connu des coups de vents et despluies abondantes pensatoire, la chute est considérablepluies très fortes et très localisées sur le combinées à la pollution des puisqu’elle passe de 360€ par tonnesud de l’île, ainsi que quelques inonda- en 2004 à 167€ en 2005, soit plus detions. L’évolution sur le terrain révèlesols, ont entraîné une baisse la moitié. La valeur globale de la pro-les difficultés, la surface plantée en des surfaces cultuvées en duction, aides comprises, chute debanane passe de 8 200 ha en 2004 à 162 millions d’euros à 130 millions7 350 ha en 2005 soit une baisse defruits et légumes frais. d’euros soit environ une baisse de10% en un an. Les productions L’aviculture affiche de bons 20%.
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608002BROMARTOK.qxd 7/09/06 15:57 Page 16
Agriculture
2005 : L’ année de tous les dangers
Heureusement, le prix moyen wagon’année 2005 restera marquée par leL’agriculture martiniquaise
départ est en forte hausse de 21%. IlLnombre de cyclones de forte inten-
a cette année encore concrétise la somme de tous les effortssité qui ont traversé le bassin caraïbe.
accomplis dont ceux d’une meilleuresouffert de conditions
homogénéité et d’une meilleure quali-La Martinique a encore été épargnée
climatiques défavorables. Les té du produit. Un prix élevé entraînepar les cyclones cette année, même si
une baisse du montant de l’aide com-elle a connu des coups de vents et despluies abondantes
pensatoire, la chute est considérablepluies très fortes et très localisées sur le
combinées à la pollution des puisqu’elle passe de 360¤ par tonnesud de l’île, ainsi que quelques inonda-
en 2004 à 167¤ en 2005, soit plus detions. L’évolution sur le terrain révèlesols, ont entraîné une baisse
la moitié. La valeur globale de la pro-les difficultés, la surface plantée en
des surfaces cultuvées en duction, aides comprises, chute debanane passe de 8 200 ha en 2004 à
162 millions d’euros à 130 millions7 350 ha en 2005 soit une baisse defruits et légumes frais.
d’euros soit environ une baisse de10% en un an. Les productions
L’aviculture affiche de bons 20%.exportées suivent à peu près la même
La canne à sucre affiche des résultatsévolution (baisse de 9%) car, toutesrésultats contrairement aux
globalement proches de ceux de 2004,exploitations confondues, le rende-
filières bovines et porcines. à l’exception des cannes broyées àment moyen reste figé entre 34 et
l’usine du Galion qui ont un tonnage35 tonnes à l’hectare.
en baisse de 10% par rapport à 2004.
Le niveau des prix payés aux planteurs
varie très peu (+2% à l’usine et +0,3 %Baisse des exportations mais hausse des prix
en distilleries). C’est la forte demande
Exportations de bananes de Martinique des distilleries agricoles et leurs modes
En tonne, euro et % de règlement plus favorables qui a
Banane d'exportation 2004 2005 Évolution occasionné un déplacement des
2005/2004
approvisionnements, de la sucrerie
Total exportation (tonnes nettes) 251 695 228 358 -9,3% vers les distilleries.
Prix moyen wagon départ (¤/Kg) 0,52 0,63 21,2%
L’optimisme initial du début de cam-
Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes / Direction
de l’Agriculture et de la Forêt pagne a vite disparu avec les premiers
résultats : on constate une chute des
Reprise de la production de sucre rendements supérieure à 15% due aux
Evolution 2005/2004 lessivages des engrais par les pluies
En tonne, euro, HAP et % abondantes de l’été 2004 mais aussi
Évolution aux nombreux dégâts causés par les rats
2004 2005 2005/2004 et aux nouvelles interdictions euro-
Canne à sucre péennes d’utiliser certains herbicides.
Cannes manipulées usine (tonne) 92 064 82 680 -10,2%
Les exportations de rhum bénéficientCannes manipulées distilleries (tonne) 130 635 128 522 -1,6%
Prix payé aux planteurs - Usine (aides publiques incluses) 55,58 56,7 2,0% d’avantages fiscaux conséquents 615¤yé aux planteurs - Distillerie 62 62,2 0,3% d’impôts en moins pour chaque hecto-
Rhum (HAP) litre d’alcool pur (HAP) exporté dans la
Production 81 091 80 754 -0,4% limite d’un quota annuel à ne pas
Exportation 57 616 55 224 -4,2%
dépasser. Ce contingentement estCommercialisation locale 16 158 17 180 6,3%
aujourd’hui fixé à 90 000 HAP pour
Sucre (tonne)
l’ensemble des quatre Dom, alors queProduction 4 119 4 394 6,7%
Commercialisation locale 3 912 3 748 -4,2% la Martinique produit à elle seule,
32 645 HAP, soit 36% de l’ensemble.Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes / Direction
de l’Agriculture et de la Forêt
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Agriculture
Hausse des importations
Production et importation de viande bovine à la Martinique
L’ananas et le melon En tonnes, en milliers d'euros et %
sont menacés
Evolution
Bovins 2004 2005 2005/2004
Comme en 2004, l’ananas est tou-
Abattages contrôlés (tonne) 1 188 1 223 3,0%
jours en crise. La seule usine de trans- Importations viandes fraîches
Poids (tonne) 1 455 1 531 5,2%formation du produit et de fabrique de
Valeur (1000 euros) 9 508 9 782 2,9%jus connaît de graves problèmes
financiers. En 2005, il ne reste plus Importations totales
Poids (tonne) 4 591 5 109 11,3%que 235 hectares plantés en ananas
Valeur (1000 euros) 19 489 21 787 11,8%
avec seulement 170 hectares réelle-
Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes / Directionment en production sur l’année au
de l’Agriculture et de la Forêt
lieu de 255 hectares en 2004 (baisse
de 33 %). Les productions récoltées l’équivalent entre 2005 et 2004. Au Les résultats de Faible abattage
ont elles aussi chutés considérable- final, il n’y a plus que 1 437 hectares l’année 2005 porcin
ment en passant de 9 585 tonnes à de superficies brutes à la fin de l’année montrent bien en fin d’année
4 923 tonnes, soit une chute de près 2005. La production de viande bovine que la filière
de moitié. Il ne reste plus qu’une est sensiblement identique à celles des porcine a connu de grosses difficultés
cinquantaine d’exploitations soit années précédentes. Le niveau d’abat- cette année. Le processus de rappro-
environ 350 emplois directs et 150 tages se stabilise à 100 t par mois en chement prévu des deux coopératives
emplois induits. C’est donc une véri- moyenne sur l’année. La viande fraîche encadrant la profession a échoué.
table crise que traverse l’ananas et la importée voit son volume augmenter de Plusieurs élevages ont été fermés pour
filière est sérieusement menacée. 5 % avec un prix au kilo en baisse de des raisons sanitaires, sur décision de
2%. Le niveau d’approvisionnement du la Direction des Services Vétérinaires
Les exploitations de melons ont subi marché «en frais» par la production (DSV) de la Direction de l’Agriculture
d’importantes pertes (reconnues par locale atteint 44% cette année. Il était de et de la Forêt (DAF) de Martinique.
arrêté préfectoral) dues aux excès d’eau 45 % en 2004 et de 46% en 2003.
de l’année 2005. Les rendements 2005
Chute des importations de poulets fraissont inférieurs de 40% aux rendements
Production et importation de viande porcine, ovine, caprine et de pouletsd’une année moyenne ce qui a créé des
En tonnes, millier d'euros et %problèmes de trésorerie immédiats
pour les exploitations de la filière d’où
2004 2005 Evolution
leurs demandes d’aides financières 2005/2004
pour surmonter ces difficultés.
Porcins
Après la difficile année 2004 de l’en-
Abattages contrôlés (tonne) 1 168 895 - 23,4%
semble des cultures maraîchères Importations viandes fraîches
(légumes, tubercules), la baisse des Poids 71 112 57,8%
surfaces cultivées continue. Les Valeur 254 440 73,2%
Importations totales«tubercules, racines et bulbes» sont
Poids 3 693 4 093 10,8%passés de 1 600 hectares en 2003 à
Valeur 8 164 9 442 15,7%890 en 2004 et 807 en 2005, une
Poulets - Coqs
baisse de 9% entre 2005 et 2004 suit
Abattages (tonne) 827 874 5,7%
la chute de 44% entre 2004 et 2003. Importations viandes fraîches
Ces cultures vivrières, très liées à un Poids 119 52 -56,3%
type d’agriculture plus traditionnel Valeur 333 216 -35,1%
Importations totales(jardins créoles sur de petites surfaces)
Poids 10 211 10 010 -2,0%ont tendance à disparaître avec les
Valeur 13 243 14 051 6,1%agriculteurs âgés qui partent à la
Ovins - Caprins
retraite. De plus, la pollution des sols
Abattages contrôlés (tonne) 75 67 -10,7%
par le chlordécone et l’absence Importations viandes fraîches
d’alternative n’incitent pas les jeunes Poids 80 81 1,3%
agriculteurs à relever le défi. Valeur 498 5245,2%
Importations totalesPour les légumes frais, le scénario est
Poids 16391 7567,1%quasiment le même, -20 % de superficie
Valeur 5 638 6 242 10,7%entre 2004 et 2003 (on passe de
2 242 hectares à 1 791 ha) suivis de Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes / Direction
de l’Agriculture et de la Forêt
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Agriculture
Du coup, l’abattoir départemental est abattus ont également progressé de 6 34% en 2003, se sont stabilisés aux
sous utilisé et le nombre d’abattages % en 2005. En parallèle, on assiste à environs des 70 tonnes annuelles. Là
est anormalement faible au quatrième un effondrement des importations de aussi, la demande de viande fraîche
trimestre, caractérisé habituellement viande fraîche (-56%) ; la production est forte et la production locale ne
par un pic de consommation lié aux locale a su s’imposer et conquérir son suffit pas. Les importations sont en
fêtes de fin d’année L’aviculture marché avec un produit de qualité et hausse de 7% en volume.
confirme ses bons résultats. Après une adapté à la demande.
forte progression de plus de 28% Les abattages contrôlés d'ovins et de
Bertrand Aumandentre 2003 et 2004, les volumes caprins après une forte croissance de
Direction de l’Agriculture
et de la Forêt
Réforme de l’O.C.M. Banane
L’actualité majeure de l’agriculture martiniquaise pour cette année 2005 est la réforme de l’organisation commune
du marché de la banane (OCMB).Le but de la réforme est de mettre fin au système des quotas d’importations qui
existe depuis 1993 à l’entrée de la communauté européenne et de le remplacer par un système uniquement tari-
faire.De quoi s’agit-il exactement ?
Environ 150 pays produisent de la banane mais seulement une dizaine jouent un rôle sur le marchémondial :
sept en Amérique latine, deux en Afrique et un en Asie. Ces 10 pays représentent 95% de l’offre mondiale soit plus
de 12 millions de tonnes de fruits. Les pays producteurs de banane dans l’union européenne (essentiellement les
Caraïbes,les Canaries et Madère) ne représentent «que» 750 000 tonnes,soit 16 fois moins .
L’offre mondiale de banane est en surproduction permanente, d’où les risques déflationnistes sur les prix de vente.
En outre les coûts salariaux sont dans un rapport de un à quinze entre l’Equateur et la Martinique ! La concurrence
est donc très présente,très dure et …inégale.
Pour pallier ces handicaps, l’Union Européenne avait mis en place des quotas d’importations pour les autres pays
erproducteurs. Ces quotas ont disparu au 1 janvier 2006. Ils sont remplacés par des droits de douane, sujet des
discussions entre tous les protaganistes en 2005 :
31 janvier : l’Union Européenne (UE) communique à l’organisation mondiale du commerce (OMC)
le montant des droits de douanes applicable aux bananes : 230e/tonne.
Avril : un groupe de pays d’Amérique latine demande un arbitrage à l’O.M.C .
Août : le groupe spécial d’arbitrage juge ce droit de douane trop élevé.
12 septembre : L’UE propose un nouveau droit révisé à 187e/tonne.
27 octobre : L’O.M.C rejette à nouveau la proposition de l’UE jugée encore trop élevée.
Décembre : L’UE tente le passage en force en votant la mise en place d’un système tarifaire a droit
unique de 176 e/tonne pour les bananes des pays tiers ainsi que la reconduction d’un système contin-
gentaire pour les origines Afrique, Cartaïbe, Pacifique (ACP) (775 000 tonnes sans droit de douane à
payer) applicable à partir du premier janvier 2006.
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N° 66 - Martinique - Septembre 2006

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