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Espace Naturel
Sensible (ENS) des
Gorges de l’Aigue Brun
Commune de Buoux
Georges GUENDE & Roland MARTIN Société Méditerranéenne d'Orchidologie
Espace Naturel Sensible des gorges de
L’AigueBrun
Qu’est qu’un Espace Naturel Sensible:
Créés en France en 1975 ils ont été instaurés dans le Vaucluse en 2005. Un ENS a pour objectif de protéger un patrimoine naturel, paysager ou géologique qui se révèle être menacé ou vulnérable. Il donne aux collectivités le droit de préemption foncier qui permet à la collectivité d’acquérir des terrains vulnérables. En plus du devoir de protection les ENS ont aussi une vocation à être ouverts au public dans un objectif de sensibilisation si cette dernière n’entrave pas le bon état du site.Ce sont les fonds alimentés par la taxe départementale des Espaces Naturels Sensibles (TDENS) prélevée sur les permis de construire jusqu’à hauteur de 2%, qui serventà réaliser les actions d’acquisitions, protection, et valorisation pédagogique des ENS.
Situation :
Cet ENS correspond au périmètre dont sontexclus les bâtiments, de l’ancienne Colonie de vacances de la ville de Marseille, propriété que la commune de Buoux a acquise ces dernières années.
Description du site :
Seule rivière permanente du massif du Luberon l’Aigue Brun constitue la frontière naturelle entre petit
Luberon à l’Ouest, grand Luberon à l’Est et plateau des Claparèdes au Nord. Cette rivière exutoire aquifère naturel du Luberon a taillé dans son cours supérieur un véritable canyon avec des falaises, des escarpements rocheux de calcaire burdigalien et des chaos de rochers. Cet encaissement crée un milieu « abyssal » très frais et très humide propice à une végétation exceptionnelle. Si le cours inférieur de cette rivière moins encaissé est nettement pénétré des influences méditerranéennes par contre la partie hauteoù se situe l’ENSest plus franchement montagnarde. Au niveau de la flore ce qui surprend c’est surtout l’effet de contraste avec le reste du Luberon. Cette partie haute du vallon constitue un oasis de verdure et de fraîcheur au sein d’un environnement général empreint de sècheresseméditerranéenne.
Vallon de l'Aigue Brun en automne(Photo R. MARTIN)
Protection et/ou Inscription à un inventaire.
Parc Naturel Régional du Luberon
Réserve de Biosphère LuberonLure (Aire centrale)
Site Natura 2000 du Luberon Classement au titre de la Directive Habitats (Code, FR 9301585) et de la Directive Oiseaux (Code : FR 9310075)
Arrêté préfectoral de Protection de Biotope du 25/04/1990 pour la protection des grands rapaces sur les falaises (pour partie)
Zone de Nature et Silence du PNR du Luberon.
Zone de Valeur Biologique Majeure (N°:8421N .Code G6) classée au titre de Milieux exceptionnels du PNR du Luberon (VBM dite de l’Aigue Brun Superficie: 602 Ha)
ZNIEFFType 1 : L’Aigue Brun (N° 8410013)
Valeur et Intérêt floristique :.
Ophrys tenthrediniferasubsp.neglecta,Le seul exemplaire dans le département de Vaucluse est en grand danger d'extinction car elle fleurissait chaque année depuis sa découverte en mai 1995,. Elle n'a pas réapparu depuis 2 ans(Photo 1995 R. MARTIN)
La Forêt de la Tuilière (Propriété de la Commune de Buoux :
Al’ubac de la falaise du plateau de la Roche d’Espeil, se développe une magnifique forêt ancienne constituée essentiellement de chênes pubescents et qui présente un niveau de maturité et une qualité hors du commun. Cette forêt qui occupe une surface de 9 Ha, constitue un des plus beaux ensembles de forêts anciennes matures du PNRL. Elle constitue un cas de figure exemplaire de forêt de chênes pubescents structurée en futaie avec la présence en majorité d’arbres de francs pieds de hauteur et
dimension conséquentes,et qui trouve peu d’exemples équivalents ailleurs dans le Luberon .Rares sont, en région méditerranéenne, les formations forestières naturelles qui présentent une telle exubérance et qualité. En effet force est de constater que la totalité des forêts du Parc ont toutes été domestiquées et disciplinées volontairement par des exploitations n’ayant pour objet que la satisfaction immédiate de certains besoins énergétiques .Tous nos peuplements forestiers ont constitué le socle des besoins énergétiques de nos aïeux, de sorte que de nos jours les forêts de type feuillues se présentent toutes sous la forme de taillis disciplinés, et bas avec peu d’espoir d’amélioration pour la plupart.Cette forêt qui a été un des moteurs du classement en ENS de cette partie des Gorges de l’Aigue Brun , donne en l’état actuel déjà un aperçu de ce que pouvait être la forêt sauvage dans le Luberon avant sa surexploitation ,même si ce n’est pas celle rêvée par Jean Jacques Rousseau, Lamartine ou Victor Hugo. Rares sont, en région méditerranéenne, les formations forestières naturelles qui présentent une telle exubérance et qualité.Le PNR du Luberon depuis 2012 s’est lancé dans un projet de préservation de certains secteurs de forêts anciennes, en vue de constituer une trame verte de vieux bois en continuité écologique et un réservoir de Biodiversité fonctionnelle lié à ces forêts anciennes.
Zone de la Forêt ancienne mature de La Tuilière
Le sous bois de cette forêt est représenté par une végétation essentiellement composée d’espèces mésophiles indicatrices d’un contexte pédoclimatique favorable à la reconstitution d’un état forestier vieilli. On y rencontrele houx(Ilex aquifolium), le(fusain à larges feuilles Euonymus latifolius) , et l’If (Taxus baccata),espèces qui recherchent l’abri des forêtsles plus fraîches.L’ambiance d’ombre et de fraicheur de la forêt de La Tuilière est propice à une flore bryophytique particulièrement diversifiée .Si aucune grande rareté n’y a été recensée elle n’en comporte pas moins de 42 espèces de Mousses et d’Hépatiques.
La forêt(Photos R. MARTIN) La conservation des vieilles forêts matures sont des sources précieusesd’enseignements pour nous apprendre les mécanismes naturels et biologiques de la végétation forestière et améliorer la connaissance et la gestion du domaine forestier à la fois inexploité et exploité en domaine méditerranéen.
Au niveau de la flore ce quisurprend c’est surtout l’effet de contraste avec le reste du Luberon. Ce vallon constitue unoasis de verdure et de fraîcheur au sein d’un environnement général empreint de méditerranéité et de sècheresse. En effet on rencontre dans le fond de ces gorges une flore d’une grande originalité qui n’existe nulle part ailleurs sur le massif.
Une si jolie rivière bordée d'une belle forêt.(Photo R. MARTIN) De part et d’autre du ruisseau la forêt riveraine forme une étroite bande boisée et rassemble une grande diversité d’espèces forestières par rapport à d’autres cours d’eaux plus typiquement méditerranéens. Aux peupliers s’y adjoignent des composantes àaffinités montagnardes comme lenoisetier(Corylus avellana), lesaule cendré(Salix cinerera), letilleul à larges feuilles(Tilia platyphyllos), lecornouiller male(Cornus mas),le noyer(Juglans regia), lefrêne élevé(Fraxinus exelsior),l’érablechampêtre (Acer campestre).Dés qu’on s’en éloigne la chênaie pubescente supraméditerranéenne domine l’espacesur l’ubac et lefond de la vallée. Par contresur les piémonts de l’adret plus ensoleillés , chauds et secs contre excelle la chênaie verte.La flore herbacée y présente des composantes uniques et singulières au sein du grand territoire du massif du Luberon et en font une zone d’exception florale .En sous bois, près des rives, sur les berges et les grèves, ou dans les prairies naturelles on rencontre des éléments floristiques des régions tempérées et froides marquées par une importante humidité.Parmi cette catégorie d’espèces certaines sont rares et exceptionnelles pour la Provence, et à ce titre protégé par la loi .Surl’emprise de l’ENS citons :
La lathrée écailleuse(Lathraea squamaria)La laîche espacée(Carex remota) La fougère scolopendre(Asplenium scolopendrium) D’autres n’ont pas de statutadministratif particulier maisn’enconstituent pas moins des espèces patrimoniales en raison de leur faible fréquence dans notre région : le brome rameux(Bromus ramosus subsp ramosus) La grande Berce(Heracleum sphondyllium subsp sphondyllium)la scrofulaire ailée(Scrophularia oblongia subsp umbrosa)Le gaillet croisette(Cruciata laevipes)Le grémil officinal(Lithospermum officinale)Lesanicle d’Europe(Sanicula europaea) La Violette de Reichenbach(Viola reichenbachiana)
(Ilex aquifolium) Le Houx(Photo R. MARTIN) Le houx (Ilex aquifolium) est une espèce dont la cueillette est réglementée par un Arrêté préfectoral dont l’objet est la conservation de certaines espèces non protégéespar Arrêté ministériel, mais sensibles à des prélèvements abusifs. Toute récolte de houx doit faire l’objet d’une demande préalable d’autorisation auprès des services de l’Etat.
Les parois rocheuses y prennent une grande importance en raison de la configuration du site. Cellesci ne sont pas des déserts sans vie, et présentent un lot de curiosités botaniques spécifiques à cet habitat très particulier. On y rencontre entre autres legenévrier de Phoenicie(Juniperus phoenicea). On considère que cet arbrisseaudont l’habitat préférentiel est des falaises verticales, dalles rocheuses horizontales, ou garrigues rocheuses peut dépasser allégrement les 1500 ans d’âge (datations réalisées dans les Gorges de l’Ardèche). On se demande encore comment ce petit arbre, cantonné dans des habitats aussi austères et avec si peu de ressources, peut devenir aussi vieux.
Genévrier de Phénicie(Photo R. MARTIN) Par ailleurs c’est au pied des falaises les plus chaudes que se complait l’un des joyaux de la flore duLuberon, l’une des orchidées les plus rares de France:l’ophrys guêpe (Ophrystenthredinifera)espèce faisant l’objet d’une protection nationale. Il faut d’ailleurs faire plus de 300 Km et aller dans le département de l’Aude pour en trouver une nouvelle station.
La gagée de Granatelli (Gagea lacaitae)et La fougère scolopendre(Asplenium scolopendrium) (Photos.H.Signoret)Dans les pelouses rocailleuses ensoleillées situées sur le haut de la falaise des Ramades, se développe également une autre espèce à forte affinité méditerranéenne protégée par la loi au niveau national : la gagée de Granatelli (Gagea lacaitae), LeVallon de l’Aigue Brun enchâssé au sein du massif du Luberon apparaît donc comme une zone refuge pour l’expression d’une végétation et d’une floretout à fait exceptionnelle
Laiche à épis espacés(Carex remota)etLathrée écailleuse(Lathraea squamaria)(Photos P.H.Signoret) Valeur et intérêt faunistique
La diversité d’occupation végétale importante du milieu rivulaire favorise le développement d’une faune
variée. La Forêt de La Tuilière présente de vieux arbres riches en bois mort refuge de certaines espèces de l’entomofaune rares et emblématiques liées aux vieux bois, dites xylophages : Grand capricorne ( Cerambyx cerdo), Lucane cerf volant ( Lucanus cervus ),, Pique prune ( Osmoderma eremita),…; ainsi que des chauves souris et oiseaux cavernicoles qui trouvent refuges et abris dans les cavités et les décollements d’écorces des vieuxarbres. La zone centrale de la vallée est occupée par le cours d’eau. La qualité de l’eau y est exceptionnelle. Les peuplements aquatiques sont riches et variés. On y trouve la rarissimeécrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes)indicatrice d’une bonne qualité des eaux.Les écrevisses sont omnivores et actives pendant la nuit .Elles exigent une eau claire, fraîche, et recherche des abris : pierres, racines, souches. Autrefois abondantesjusqu’en 1962, ses populations ont considérablement baissées, pour plusieurs raisons : dégradation de la qualité des eaux, et concurrencée par les écrevisses allochtones plus prolifiques et plus résistantes à la dégradation de la qualité des eaux. Elle n’existe plus qu’au dessus de l’Auberge desSeguins, donc hors ENSet à l’étatendémique. Parmi les poissons l’espèce la plus remarquable est leBarbeau méridional(Barbus meridionalis)Protégé par la loi. C’est une espèce fouisseuse omnivore à dominante carnée (vers , mollusques, larves) remarquablement adaptée au régime hydraulique des cours d’eau méditerranéens .Peu résister aux phases d’assecs en s’enterrant dans le lit de la rivière.
L'Aigue brun(Photo R. MARTIN) Parmi les invertébrésle longde l’Aigue Brun volent 23 espèces de libellules sur les 56 recensées dans le département du Vaucluse dontl’Agrion de Mercure (Coenogrion mercuriale)très rare odonate protégé à de multiples titres (Protection nationale, Convention de Berne, espèce de la Directive Européenne Habitat) estprésent sur le cours d’eau et ripisylves de l’Aigue Brun.La ponte se fait sur des tiges immergées.La femelle entraine le male sous l’eau.Excellent indicateur biologique de la qualité des milieux, leur variété et leur abondance dénotent un habitat riche.
l’Agrion de Mercure(Coenogrion mercuriale)(Photo,Gilles San Martin Wikimedia Commons)
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