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Etude Ariana

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RESUME DE L'ETUDE DE LA SEBKAH DE L'ARIANA Etude de l’assainissement et de l’aménagement de la sebkha Ariana Sweco international Rapport final mars 2000 page 1 RESUME _____________________________________________________________________ La zone d’étude présente un écosystème complexe et fragile dont l’équilibre et la stabilité des composantes écologiques et humaines sont régies par les modes d’occupation du sol, les mutations socio-économiques et les pressions exercées sur l’environnement naturel. L’urbanisation non contrôlée, les rejets d’eaux usées, les inondations, les activités agricoles dévalorisées, la pollution de la sebkha, etc., sont autant de contraintes qui ont bouleversé l’équilibre écologique de la zone et compromis son développement socio-économique durable. L’objectif de cette étude est, tout d’abord de comprendre puis de décrire, d’un point de vue technique, l’origine de la situation actuelle des conditions géotechniques, hydrologiques, agricoles et des conditions sanitaires; ensuite d’analyser les problèmes écologiques et environnementaux. Finalement, sur la base des résultats obtenus, présenter d’abord, un programme d’assainissement de la zone étudiée puis, les possibilités d’un développement économiquement ...
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Etude de l’assainissement et de l’aménagement de la sebkha Ariana
Sweco international
Rapport final mars 2000
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1
RESUME DE L'ETUDE DE LA
SEBKAH DE L'ARIANA
Etude de l’assainissement et de l’aménagement de la sebkha Ariana
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RESUME
_____________________________________________________________________
La zone d’étude présente un écosystème complexe et fragile dont l’équilibre et la stabilité des composantes
écologiques et humaines sont régies par les modes d’occupation du sol, les mutations socio-économiques et
les pressions exercées sur l’environnement naturel. L’urbanisation non contrôlée, les rejets d’eaux usées, les
inondations, les activités agricoles dévalorisées, la pollution de la sebkha, etc., sont autant de contraintes qui
ont bouleversé l’équilibre écologique de la zone et compromis son développement socio-économique
durable.
L’objectif de cette étude est, tout d’abord de comprendre puis de décrire, d’un point de vue technique,
l’origine de la situation actuelle des conditions géotechniques, hydrologiques, agricoles et des conditions
sanitaires; ensuite d’analyser les problèmes écologiques et environnementaux. Finalement, sur la base des
résultats obtenus, présenter d’abord, un programme d’assainissement de la zone étudiée puis, les possibilités
d’un développement économiquement faisable et durable, tout en sauvegardant l’équilibre écologique.
Après avoir étudié la documentation et les informations existantes, nous avons entamé les campagnes de
reconnaissances des domaines suivants :
la topographie (photo aérienne, bathymétrie, morphologie du paysage);
la géotechnique et l’hydrogéologie ( environ 75 sondages jusqu’au 20 m dans et autour de la sebkha, des
installations de piézomètres, des mesures du niveau de la nappe phréatique et de la sebkha et des essais
géotechniques);
la nature des sédiments et la qualité des eaux de surface, de la nappe phréatique, et des sédiments de la
sebkha;
l’agronomie, avec les potentialités et les contraintes de ressources en sol de la région.
le traitement des eaux usées et des problèmes qui leur sont liés,
l’écologie tenant compte de la valeur environnementale réelle de la sebkha et de ses environs.
I.
Analyse diagnostique
Les résultats de nos études et campagnes de terrain, de nos analyses en laboratoire et des simulations sont
résumés ci-dessous:
Topographie
La réalisation d’une carte détaillée à partir de la photographie aérienne, a été l’un de nos objectifs majeurs.
La photographie aérienne a été faite au cours du mois de novembre 1998. La carte finale
de la région est
présentée avec des lignes de contours d’une équidistance de 0,5 m
A partir de la photo aérienne en infra-rouge, nous avons pu , grâce au système GIS, analyser en détails,
l’occupation du sol en classifiant et en étudiant non seulement la densité des habitations mais aussi la densité
des terrains cultivés, des espaces forestiers ou broussailleux, des zones vertes et des terrains libres etc.
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Le levé bathymétrique de la sebkha a permis de réaliser une carte d’une équidistance de 0,1 m (
doc 1.2 carte
bathymétrique
). L’analyse bathymétrique de la sebkha nous a permis, par la suite, de définir les volumes
d’eau qui peuvent être stockés, à différents niveaux dans la sebkha.
Les conditions géotechniques
Des prospections géotechniques ont été réalisées dans l’ensemble de la zone d’étude suivant un maillage qui
couvre les différentes unités géomorphologiques (la sebkha et les environs, la plaine,…)
L’étude des carottes, les mesures et les essais réalisés sur le terrain et en laboratoire (SPT, pénétrométrie
statique et dynamique, granulométrie, limites d’Atterberg, oedométrie, perméabilité…) ont révélé des
couches alternées formées de sable et de silt, de vase-argile. L’épaisseur et l’ordre des différents types de
matériaux varient irrégulièrement. La profondeur totale du sous-sol prospecté dépasse, parfois, les 50 m
linéaires.
L’analyse des sédiments de la sebkha a révélé l’existence d’une couche de boue dont l’épaisseur maximale
est d’environ 0,5 m. L’épaisseur moyenne de cette couche de boue est d’environ 0,3 m, et son extension
atteint les 9.3 km
2
.
Les couches supérieures de sédiments dans la sebkha, à part la boue, sont composées de sable et de vase-
argile, avec parfois de fines lentilles d’argile très molles. Mais tout autour de la sebkha, le sol est en majeure
partie uniforme. Cela signifie que, dans la sebkha, le problème géotechnique essentiel est lié à l’existence de
ce matériau boueux très mou.
Les conditions géotechniques pourraient poser une limite à ce qui pourrait être entrepris autour et dans la
sebkha. Ces contraintes dépendent principalement des tassements et des propriétés de stabilité de la vase-
argile et partiellement des propriétés d’érosion du sol.
La situation actuelle ne présente aucun problème de stabilité. Par contre les risques existent si l’on intervient,
dans la morphologie du paysage, en créant des dénivellations hautes et raides avec des différences d’altitude
supérieure à 3 mètres.
Les tassements apparaîtront si la charge en surface est augmentée par un ajout de remblais. Le temps
nécessaire pour atteindre les tassements ultimes dépend de l’épaisseur et du type de la couche de vase dans le
sous-sol. Sur d’épaisses couches de vase, les tassements seront plutôt considérables mais se produiront
lentement alors qu’une petite couche de vase favorise des tassements, plutôt faibles, dans un court délai.
Le sol ayant tendance à l’érosion, les pentes ne doivent pas être raides; en principe, l’inclinaison ne doit pas
dépasser 1:3. Les pentes permanentes, orientées vers la
sebkha, devraient être protégées par un système
adapté de lutte contre l’érosion.
Par ailleurs, il est recommandé de draguer la sebkha afin de retirer les boues et d’approfondir partiellement
cet endroit. Les matériaux issus du dragage pourraient être recyclés, après avoir été séparés et placés dans
deux espaces différents : l’un pour le matériau boueux et argileux, l’autre pour le matériau sableux. Le
matériau sableux pourrait être utilisé pour le remblai des fonds des lieux de construction. Le matériau boueux
pourrait être utilisé, comme amendement organique dans les parcs et les aires récréatives.
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Dans certaines zones jouxtant la sebkha, ou situées dans la sebkha elle-même, le remblaiement serait destiné
à obtenir de nouvelles surfaces exploitables. En tenant compte des conditions de tassement, il faut éviter de
remblayer près des constructions existantes, telles que les canalisations et autres, afin de ne pas les
endommager . Pour en permettre le tassement, les remblais doivent être faits plusieurs années avant de
commencer à exploiter une zone. Cette recommandation est très importante, spécifiquement pour les endroits
comportant des couches d’argile et de vase supérieures à 10 m dans les 20 premières mètres de profondeur.
Hydrologie et hydrogéologie
La sebkha est l’unique exutoire, de cette importance, où se décharge la nappe souterraine et où se déversent
les eaux de ruissellement. La communication entre la mer et la nappe est très limitée (faible gradient et faible
perméabilité).
Les analyses de l’eau souterraine, prélevée à différentes profondeurs, montrent que de l’eau plutôt douce
existe à des profondeurs de 15 ou 20 m. Le seul point, où l’on a constaté que la salinité augmentait
graduellement avec la profondeur, est situé à côté du canal à proximité de la mer. A cet endroit, la
composition chimique de l’eau profonde, indique que c’est une eau relique et peu renouvelée.
Une simulation par ordinateur ainsi que des analyses chimiques démontrent que les fuites des eaux usées en
provenance du canal E4 et du canal Khélij sont sans influence notable sur le niveau de la nappe.
L’analyse des sédiments de fond de la sebkha, par rapport à la salinité, a indiqué elle aussi, que les sorties les
plus importantes d’eau douce en provenance de la nappe, sont situées le long de la partie Ariana de la
sebkha.
L’évaporation potentielle excède les précipitations moyennes, durant pratiquement tous les mois de l’année.
La recharge de la nappe par l’eau pluviale est donc théoriquement limitée. A à cause des pluies torrentielles,
notamment en hiver, une partie des précipitations peut, cependant, s’infiltrer à travers le sol vers les nappes.
La sebkha gouverne l’équilibre hydrologique (et le niveau de la nappe) dans la région. Tant que la surface
d’eau libre sera d’une taille importante, l’évaporation sera considérable. Actuellement, la recharge de l’eau
est supérieure à la capacité d’évaporation (incompatible avec un maintien d’un niveau bas de l’eau de la
nappe). Cette recharge d’eau est composée de 15 % d’eau de la nappe, 40% d’eau de ruissellement (dont
20% sont issus des débordements des eaux usées) et 45% des précipitations. Ainsi, le niveau d’eau moyen de
la sebkha a augmenté, au cours de ces dernières décades. Cette situation a également causé une remontée des
niveaux d’eau de la nappe.
Les eaux usées et les déchets solides
Depuis les travaux d’assainissement du Lac de Tunis, au début des années 1980, les eaux usées et pluviales
du Grand Tunis ont été transférées vers le bassin versant de Sebkha Ariana.
Les eaux, provenant de la banlieue Nord, sont traitées à la station d’épuration Côtière Nord, le reste à la
station Choutrana. En amont de celle-ci, il y a un trop plein permettant d’évacuer l’excédant d’eaux usées
vers la sebkha. Ainsi, 10 ou 25 000 m
3
/jour d’effluent non épuré se déversent actuellement dans la sebkha.
Ils constituent, avec les débordements des bassins à boues, la principale source de pollution de la sebkha.
L’extension et la réhabilitation de la station Choutrana en cours d’achèvement, mettra fin à cette atteinte à
l’environnement.
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Pour améliorer le drainage du terrain et éviter les problèmes d’inondations et pour améliorer la qualité des
eaux de la mer dans la zone touristique, nous proposons :
L’installation d’un canal émissaire souterrain reliant directement le canal Khélij, à la mer.
La réalisation , le contrôle et le suivi du projet d’installation, par l’ONAS, de canalisations souterraines
en remplacement du canal E4, entre la STEP ”Côtière Nord” et la STEP ”Choutrana”, pour supprimer
l’obstacle que constitue ce canal, à l’écoulement des eaux de ruissellement vers la sebkha.
La réalisation du projet de transfert de la décharge, située au nord-est de la sebkha, dont la fermeture est
prévue en 1999, par une décharge contrôlée à Borj Chakir au sud de Tunis. Les lixiviats devraient être
ramassés et traités, par exemple, dans un bassin d’évaporation afin d’éviter la contamination du sol et des
eaux, la décharge devrait être recouverte par une épaisse couche de terre et reboisée. Les régions
avoisinant la décharge devraient, également, être nettoyées.
Les habitations de Soukra et de Choutrana dépourvues de système d’égout communal, doivent d’être
équipés de systèmes d’assainissement locaux regroupant entre une à une cinquantaine d’unités chacun.
De tels équipements éviteraient une pollution de la nappe, tout en permettant l’utilisation des eaux usées
pour l’irrigation locale et un meilleur contrôle de la vidange des fosses septiques
Le secteur agricole
L’entretien et le maintien d’une activité agricole performante au sein de la zone d’étude est un des objectifs
visés par le projet. Bien que les conditions optimales d’une production à haut rendement ne soient pas
réunies (élévation du niveau de la nappe, salinisation, mauvais drainage, expansion de l’habitat), nous avons
cherché, à travers une analyse diagnostique de l’état actuel, à proposer des alternatives de sauvegarde voire
de développement du secteur agricole.
Les prospections, études et enquêtes réalisées sur le terrain, ont fait ressortir notamment :
-
L’expansion de l’habitat dans les environs de la sebkha est à l’origine d’une hausse de la demande de
terrains et la flambée des prix des terres arables.
-
Aucune production agricole ne peut être compétitive avec l’alternative qu’ont les propriétaires fonciers
de vendre leurs terres aux prix prévalants sur le marché. Les raisons purement économiques indiquent
que la production agricole autour de la sebkha finira par régresser.
Cependant, d’autres facteurs tels que l’attachement à la terre, l’intérêt national et/ou municipal mû par des
raisons sociales, écologiques ou touristiques voire même un programme national soutenant l’activité
agricole,
apparaissent comme des leviers suffisamment importants pour maintenir une activité agricole
quelque part dans la région. Environ 500 hectares situés dans la région de Raoued réunissent les meilleures
conditions pour le développement à moyen ou long terme de projets agricoles s. Ces conditions essentielles
sont:
une localisation éloignée des conséquences directes causées par l’habitat et la construction,
la possibilité d’installer des systèmes rationalisés d’irrigation et de drainage,
une granulométrie du sol avec une capacité d’infiltration/percolation acceptable,
la proximité d’une source d’irrigation dont la qualité est acceptable : le canal Khélij.
Les questions primordiales relatives au futur de l’agriculture autour de la sebkha dépendent des décisions que
prendront les autorités concernant :
la libéralisation ou la restriction des procédures d’urbanisation dans la région de la sebkha
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de nouvelles réglementations, liées à l’agriculture, et surtout une volonté de couvrir la majeure partie des
investissements pour, par exemple, réaliser et installer des systèmes d’irrigation et de drainage
nécessaires.
Dépendante des décisions des autorités, la production agricole autour de la sebkha peut tout aussi bien cesser
progressivement que se développer dans le cadre d’une exploitation efficace, au moins, dans la région de
Raoued.
Le contexte écologique
La sebkha est une zone humide d’une grande importance écologique reconnue par :
Sa dimension nationale et internationale comme lieu de repos et d’hivernage des oiseaux migrateurs
(échassiers, flamands, canards).
Son rôle de refuge régional important pour les espèces florales typiques des régions humides (halophytes,
orchidées) et pour la faune ( insectes, herpétofaune, petits mammifères, crevettes artémia).
Sa situation caractérisée par la proximité immédiate avec l’agglomération du Grand Tunis, lui confère un
potentiel de haut développement pour des activités récréatives, l’écotourisme, l’observation des oiseaux,
l’éducation écologique et la santé publique.
La valeur écologique de la région est en permanence menacée par les activités humaines. Certains de ces
impacts, comme la déforestation, les activités agricoles et l’augmentation de l’érosion ont probablement
commencé plusieurs centaines d’années auparavant.
Toutefois, ces premières influences ont eu un faible effet sur la sebkha et les basses régions adjacentes,
souvent ignorées à cause de leurs exploitations difficiles. Jusqu’à présent, ces régions humides se sont
développées en s’intégrant dans le paysage, sous forme d’îles écologiques naturelles, et importantes pour le
maintien de la diversité et de la fonction écologique dans toute la région.
Au cours des dernières décades, la pression s’est accrue sur ces régions humides maintenues relativement
intactes. Simultanément, le type d’occupation du sol dans tout le bassin versant est passé de la domination
agricole à la domination urbaine. Ce changement allié à d’autres facteurs a perturbé le régime hydrologique
dans toute la région, entraînant un accroissement de l’érosion, et causant des concentrations élevées de
substances nutritives dans les eaux de ruissellement et, plus loin, dans la sebkha. L’aspect le plus
préoccupant, de ces deux dernières décades, est relatif aux grandes quantités de nutriments ( en particulier le
phosphore) transportées dans la sebkha par les déversements quotidiens d’eaux usées non traitées ou
partiellement traitées.
10 ou 25 000 m
3
d’eaux usées sont déversées chaque jour dans la sebkha. Ceci signifie que 100 ou 250
tonnes de phosphore, 300 ou 750 tonnes d’azote et 750 ou 1500 tonnes de matières organiques, facilement
dégradables, pénètrent chaque année dans la sebkha.
Tous ces changements sont à l’origine de la dégradation progressive de la stabilité écologique de la sebkha et
de ses environs. Les problèmes conséquents à cette situation sont observables à travers le développement
massif des algues, la formation des couches de boue noire sur le fond de la sebkha, le déclin progressif du
nombre des oiseaux de passage et des espèces de la flore et de la faune typiques des régions humides, la
salinisation permanente et le remplissage du bassin de la sebkha par des sédiments. Il est évident que des
mesures urgentes sont nécessaires pour stopper et si possible renverser ces tendances destructives.
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Ces mesures sont basées sur les principes et besoins écologiques suivants :
Les zones hautement prioritaires, seront préservées et activement protégées d’une exploitation future, en
particulier les zones côtières situées entre la sebkha et la mer, les zones récemment reboisées , et celles
où le reboisement est programmé.
La seconde priorité concerne les zones à végétation ceinturant la sebkha, qui seront partiellement
exploitées ( terrain de golf, construction limitée), mais qui devraient être en partie préservées ou
agrandies dans le but d’augmenter la stabilité écologique de la région. Cela peut être réalisé par la
création de biocorridors et de zones tampons reliant les zones hautement prioritaires.
La troisième nécessité écologique concerne la partie sud-est de la sebkha où se trouve le plan d’eau
principal et ses côtes boueuses. Cet endroit sera préservé à l’intention des oiseaux aquatiques. La valeur
écologique et l’aspect esthétique de ce lac pourraient être améliorés par un enlèvement mécanisé des
sédiments noirs de fond.
Pour les autres zones, la création d’aires replantées devrait être encouragée dans tous les endroits
possibles. Cette nouvelle couverture de végétation formerait des bandes anti-érosives le long des oueds et
sur les pentes, diminuerait le niveau local de la nappe par évapotranspiration et contrecarrerait les
processus de salinisation et de détérioration du sol.
La dynamique urbaine
Très fortement convoitée pour l’urbanisation et l’extension des villes de l’Ariana et de Tunis, la zone d’étude
est depuis plus d’une décade sous la pression d’une occupation humaine grandissante. Bien qu’elle ait fait
l’objet de nombreuses études sur le plan urbanistique et qu’elle soit actuellement, concernée par le schéma
directeur d’aménagement du Grand Tunis et par les P.A.U. des communes de la Marsa et de l’Ariana
approuvés par Décrets respectivement en 1994 et en 1993, elle demeure un espace destructuré et peu
valorisé.
L’analyse de ces documents existants fait ressortir particulièrement :
1/ Dans le schéma directeur du Grand Tunis, une grande ceinture verte, de 500 m environ, entoure le plan
d’eau actuel de la sebkha. Le reste de la zone est destiné à recevoir l’urbanisation à l’exception de la zone
littorale qui garde une vocation touristique.
Les logements additionnels dans le Grand Tunis seraient en moyenne de 357 000 dont 144 000 à l’Ariana.
2/ Dans les plans d’aménagement urbains de la Marsa et de l’Ariana, les grandes zones de la Soukra et de
l’Ariana sont encore considérées comme zones agricoles malgré l’urbanisation rampante dans l’ensemble de
la zone.
3/ La zone littorale a fait, quant à elle, l’objet d’une étude particulière de l’Office du Tourisme. Cet
aménagement reste linéaire, tourne le dos à la sebkha et manque totalement de pôle d’attraction et
d’animation. L’Office du Tourisme se propose de gagner du terrain sur la sebkha du côté de l’hôtel Dar
Naouar afin de créer des zones d’animation. Le schéma directeur souligne l’importance du secteur du
tourisme dans la région et incite à l’émergence d’une stratégie de développement touristique remodelée et
renouvelée.
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Les conditions socio-économiques
L’étude socio-économique réalisée dans la zone d’étude a permis :
De fournir une information économique et sociale variée et ce en se basant sur des indicateurs
économiques fiables et actualisés.
De définir les spécificités régionales propres aux localités environnantes de la Sebkha, par le
biais des études de terrain et des documents existants.
De tracer les perspectives de développement de cette région, compte tenu de son rôle social et
économique stratégique et complémentaire avec le Grand Tunis.
Les indicateurs d’état réunis, montrent que la région de la Sebkha Ariana se caractérise par :
Une population jeune, active et dans une proportion occupée plus élevée que le taux national ;
Un niveau de la consommation des ménages, en proportion, relativement élevé, mis à part
quelques « poches de pauvreté » perfectibles.
Une structure sanitaire appropriée et en continuelle amélioration.
Toutefois, certaines lacunes et insuffisances apparaissent à l’examen, soit :
Une urbanisation rampante et anarchique (dans laquelle la structure sanitaire est inacceptable)
due à un exode massif qu’il s’agit de bien maîtriser et
Une agriculture « en décomposition » qu’il s’agit de restaurer.
Une industrie quasi-inexistante, qu’il s’agit de créer.
Enfin, le tourisme devient une des industries les plus importantes et les plus performantes de la région.
Différentes unités hôtelières et résidentielles sont déjà installées le long des plages, constituant autant de
pôles économiques dont l’impact social actuel et futur serait certain.