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L’AGRICULTURE EN HAUTE-NORMANDIE EN 2005
Les productions de céréales fléchissent,
le cheptel se maintient
Jean-Phillippe CARITG
dans l’Eure), la récolte 2005 s’est restent excellents avec une moyenneLa plupart des productions
avérée nettement inférieure à la cam- de 80 qx/ha dans ce département etcéréalières affichent en 2005
pagne précédente, surtout en de 90 qx/ha en Seine-Maritime.des rendements satisfaisants
Seine-Maritime (moins 15 % contre En liaison avec la politique de déve-
mais moins élevés qu’en 2004.
une baisse de 7 % dans l’Eure). Même loppement des biocarburants, les sur-
Seuls, les rendements de maïs et s’ils restent satisfaisants, les rende- faces de colza se sont accrues de
de colza progressent. Les ments chutent de 10 % pour s’établir à 3 200 ha dont les deux-tiers en
80 quintaux par hectare (qx/ha). Seine-Maritime. Les rendements pro-cheptels bovin et porcin se
Les emblavements en orge et es- gressent toujours et dépassent ceuxmaintiennent au même niveau
courgeon reculent pour la quatrième déjà excellents de 2004.qu’en 2004. En revanche, la
année consécutive et ne représentent La Haute-Normandie reste, de loin,
situation de la filière laitière est
plus que le cinquième des surfaces en- la première région française pour la cul-
mitigée, les prix servis à la semencées en blé. L’Eure résiste ture du lin textile : elle concentre la
production continuant de mieux que la Seine-Maritime, mais les moitié des surfaces nationales. Malgré
deux départements connaissent une une diminution de surface de 1 200 habaisser.
baisse de leurs rendements en orge dans l’Eure, l’engouement pour cette
de respectivement - 3 % et - 10 %. fibre ne se dément pas. Cette prospéritén 2005, les productions végéta-
résulte notamment des achats chinoisEles s’avèrent moins élevées
qui absorbent 60 % de la production.qu’en 2004, année exceptionnellement
BONS RÉSULTATS POUR LE COLZA La production de betteraves indus-favorable. La baisse générale des ren-
trielles régresse de 7 % suite à une di-ET LE MAÏS FOURRAGERdements céréaliers explique en grande
minution générale des emblavementspartie cette diminution. Malgré une
Les surfaces en maïs grain dimi- et d’une baisse prononcée des rende-augmentation de 3 500 ha des surfa-
nuent dans l’Eure mais les rendements ments dans l’Eure (- 7 %).ces ensemencées en blé (dont 3 000
LES PRINCIPALES PRODUCTIONS VÉGÉTALES EN HAUTE-NORMANDIE
Surface utilisée (hectares) Production (quintaux) Rendement (qx/ha)
Évolution Évolution
2004 2005 2005 (%) 2004 2005 2004 2005 2005 (%)
Céréales 314 700 316 400 0,5 27 413 150 24 966 600 87,1 78,9 -9,4
dont : Blé tendre 246 500 250 000 1,4 21 979 000 19 946 000 89,2 79,8 -10,5
Orge et escourgeon 53 100 52 000 -2,1 4 237 600 3 882 000 79,8 74,7 -6,5
Avoine 2 200 1 920 -12,7 140 400 119 600 63,8 62,3 -2,4
Maïs grain 10 500 10 000 -4,8 880 000 840 000 83,8 84,0 0,2
Maïs fourrager 51 500 51 500 0,0 7 015 000 7 080 000 136,2 137,5 0,9
Oléagineux 60 300 63 550 5,4
dont : Colza 59 980 63 210 5,4 2 275 950 2 424 690 37,9 38,4 1,1
Tournesol 30 50 66,7 840 1 500 28,0 30,0 7,1
Cultures industrielles 60 500 58 850 -2,7
16 187 000 15 071 000 785,8 765,0 -2,6dont : Betteraves industrielles 20 600 19 700 -4,4
2 690 000 2 677 800 67,6 68,7 1,7Lin textile 39 800 38 950 -2,1
1 533 300 1 206 000 53,1 49,2 -7,4Pois protéagineux 28 850 24 500 -15,1
3 306 200 3 365 300 414,8 415,5 0,2Pommes de terre 7 970 8 100 1,6
310 000 320 000 172,2 179,3 4,1 à cidre 1 800 1 785 -0,8
Source : Direction départementale de l'Agriculture
Données définitives pour 2004 et provisoires pour 2005
24 CAHIER D’AVAL n° 73 - Juin 2006
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESLES PRINCIPALES PRODUCTIONS ANIMALES EN HAUTE-NORMANDIE *Parmi les autres cultures, les surfa- Seine-Maritime en
Évolution *ces et productions sont en nette dimi- 2005 atteint 44 000
2004 2005 (%)
nution pour les pois protéagineux. têtes. Cela représente
Cheptel (en têtes)
Elles sont au contraire à la hausse une baisse de 7 % par
Bovins 640 500 639 800 -0,1
pour les pommes de terre, surtout rapport à 2004. La si- dont vaches laitières 154 000 152 000 -1,3
vaches nourrices 69 500 70 800 1,9dans l’Eure. tuation est encore plus
Porcins 149 650 149 900 0,2
La production et le rendement de difficile pour les abatta-
Production laitière
pommes à cidre s’améliorent ges porcins. Dans ce
Livraison de lait aux industries (en hl) 8 127 000 8 195 000 0,8
(179 qx/ha). département, 24 400 Production moyenne par vache laitière
(en litre) 5 643 5 731 1,6porcs ont été abattus
en 2005, soit une chute Productions (en têtes)
155 270 153 319 -1,3Gros bovinsSTABILITÉ DU CHEPTEL de 26 % sur un an.
11 270 10 170 -9,8Veaux
Les résultats sont 268 900 270 000 0,4Porcins
Les résultats des productions ani- mitigés pour les activités
Productions de viande (en tonnes)
males sont, dans l’ensemble, plutôt sa- laitières. Le nombre de Gros bovins 56 376 57 223 1,5
Veaux 1 638 1 534 -6,3tisfaisants. Le cheptel bovin vaches laitières diminue.
Porcins 23 036 22 931 -0,5
haut-normand se maintient à 640 000 Malgré cette baisse, les
Source : Direction départementale de l'Agriculture
* chiffres donnés pour une année civiletêtes soit quasiment le même nombre livraisons de lait (sur une
que l’an dernier. Les cours de la viande année civile) aux indus-
bovine se sont continuellement main- tries agroalimentaires ont très légère- donc difficile pour la filière laitière.
tenus à des niveaux supérieurs à ceux ment augmenté. La production atteint un Les deux grands produits laitiers
de 2004. Cette bonne conjoncture se volume de 8,2 millions d’hectolitres, dont haut-normands connaissent des situa-
traduit par une légère reprise des ef- 70 % fournis par la Seine-Maritime. La tions opposées. La production de
fectifs bovins en Seine-Maritime. production moyenne par vache aug- yaourts et de desserts lactés continue
Néanmoins, l’Eure subit une légère mente et dépasse 5 500 litres en de progresser. En revanche, la produc-
contraction du nombre d’animaux. Seine-Maritime et 6 300 litres dans tion de fromage frais s’effondre : le
Les cours du porc connaissent l’Eure. recul en 2005 est supérieur à celui,
depuis 24 mois une conjoncture égale- Mois après mois, les prix du lait à la déjà important, de 2004. La baisse est
ment favorable. Pour l’année 2005, le production sont restés inférieurs à cinq fois plus importante qu’au niveau
prix du kilo du porc charcutier ceux servis en 2004. La situation reste national
"classe E" atteint, en moyenne,
1,34 euros. Cela favorise le maintien
ÉVOLUTION DES PRINCIPALES PRODUCTIONS DE L'INDUSTRIE LAITIÈRE
du cheptel porcin à 150 000 têtes et
Haute-Normandie France
une production en légère hausse à
2004 2005 Évolution 2004 2005 Évolution
270 000 animaux.
Yaourts et desserts lactés 220 502 224 202 1,7 2 089 358 2 143 561 2,6
Cependant, le volume des abatta-
Fromage frais 130 163 112 232 -13,8 641 155 624 127 -2,7
ges reste préoccupant dans la région. Source : Enquête mensuelle laitière ONILAIT - SCEES Unités : tonne, %
Le nombre de bovins abattus en
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