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L’agriculture sur trente ans :une analyse comparative avec l’industrie et les services
VéroniqueGuihardetClaireLesdos*
*Véronique Guihard et Claire Lesdos appartiennent à la division Agriculture de l'Insee.
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L’agriculture continue, dans un long processus, à perdre de l’importance dans l’économie :sa part dans le PIB se réduit de 5 % en 1978 à 2 % en 2005. L’industrie, dont le déclin relatifs’amorce au début des années soixante-dix, diminue également fortement, de 20 % à 11 %.Sur les trente dernières années, l’agricultu re et l’industrie présentent ainsi de nombreuxpoints communs et s’opposent au commerce et aux services, plus porteurs.L’agriculture et l’industrie présentent en fait une évolution de l’activité en volume compa -rable à celle des autres branches ; mais la déformation des prix relatifs joue en faveur dutertiaire. L’agriculture et l’industrie ont également en commun d’importants gains deproductivité du travail et du capital, ainsi qu’ une forte substitution du capital au travail.Grâce à la concentration de l’activité sur un nom bre réduit d’exploitations, le revenu d’acti -vité par actif augmente même plus rapide ment pour l’agriculture que pour l’ensemble del’économie marchande entre les deux réformes de la Pac de 1992 et 1999 ; il se détérioretoutefois sur les années suivantes.Valeur sûre du commerce extérieur français, l’agroalimentaire s’avère progressivementfragilisé par la montée de concurrents à faibles coûts de production (Brésil, Thaïlande,Chili...). L’agroalimentaire commence à perdre d es parts de marché extérieur à partir dumilieu des années quatre-vingt-dix alors que l’i ndustrie, plus exposée, ressent déjà pleine-ment la concurrence des pays émergents (Asie, Amérique latine, Pays d’Europe de l’Est).
Dans un long processus commun aux pays développé s, la modernisation de l’agriculture fran -çaise va de pair avec une perte de son importance dans l’ensemble de l’économie, d’abord auprofit de l’industrie, puis des services.Presque exclusivement rurale avant la révolution industrielle duXIXesiècle, l’activité se diver-sifie progressivement (Fourastié, 1980). Ain si, jusqu’en 1800, 80 % de la population activeétaient nécessaires pour nourrir la population ; en 1870, l’agriculture emploie encore la moi -tié de la main-d’oeuvre ; elle n’en utilise plus qu’un tiers au début des années cinquante etmoins de 4 % en 2005. Elle assure cependant l’autosuffisance alimentaire du pays et même uncommerce extérieur structurellement excéd entaire depuis 1980. Les gains de productivitéréalisés dans l’agriculture, qui s’accélèrent après la seconde guerre mondiale avec la mise enplace des politiques agricoles nationales et européennes, permettent une réallocation desfacteurs de production en faveur de l’industrie et des services. Parallèlement, au fur et àmesure du développement économique, la dema nde en biens manufacturés et en servicesaugmente davantage que la demande en produits alimentaires.La désindustrialisation, définie comme le recul d e la part de l’industrie française dans l’emploitotal, s’amorce au début des années soixante-dix (Fontagné, Lorenzi, 2005). En 1973, l’in -dustrie au sens large (y compris énergie, construction et IAA) emploie presque la moitié de la
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L'agriculturefrançaiseetl'Europe
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