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Orchidées de SICILE

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92 pages
Roland MARTIN Étude car tographiquepréliminaire des orchidées de Sicile ISBN N°978-2-9545244-9-8Février 2015 Sommaire Avant propos Histoire de la Sicile Présentation de la Sicile Situation Relief L'Etna Climat et Hydrographie La végétation Les orchidées Dans le monde et en Sicile Morphologie Cartographie Observations sur les orchidées en Sicile Cartes de répartition Liste des espèces Annexes Tableau statistique Remerciements, Crédit photos et Bibliographie Considérations nomenclaturales (E. Véla) L'Auteur Page 3 4 5 6 9 10 12 14 15 16 17 20 à 84 85 et 86 88 et 89 90 91 92 Arrivée en bateau à Palerme sur fond du Monte Pellegrino 2 Avant propos C'est au cours d'un merveilleux voyage dont le but était de comparer c ertains taxons de Sicile à ceux de Tunisie (pays auquel j'ai consacré 10 années à courir lejebel) que j'avais remarqué que Pierre Duthilleul, mon compagnon de voyage, consultait régulièrement un "dossier" pour me guider vers des stations qu'il voulait visiter. C'est ainsi qu'avec l'aide de Messieurs Veya et Tandé nous avons pu découvrir les orchidées de Ficuzza et autres lieux aussi intéressants. Dès mon retour en France, j'ai lancé un appel auprès du "réseau" d'orchidologues , appel largement entendu puisque j'ai reçu de nombreux comptesrendus de voyages en Sicile.
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Roland MARTIN
Étudecar tographiquepréliminaire desorchiesde Sicile
ISBN N°978-2-9545244-9-8Février 2015
Sommaire Avant propos Histoire de la Sicile Présentation de la Sicile Situation Relief L'Etna Climat et Hydrographie La végétation Les orchidées Dans le monde et en Sicile Morphologie Cartographie Observations sur les orchidées en Sicile Cartes de répartition Liste des espèces Annexes Tableau statistique Remerciements, Crédit photos et Bibliographie Considérations nomenclaturales (E. Véla) L'Auteur
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Arrivée en bateau à Palerme sur fond du Monte Pellegrino
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Avant propos C'est au cours d'un merveilleux voyage dont le but était de comparer c ertains taxons de Sicile à ceux de Tunisie (pays auquel j'ai consacré 10 années à courir lejebel) que j'avais remarqué que Pierre Duthilleul, mon compagnon de voyage, consultait régulièrement un "dossier" pour me guider vers des stations qu'il voulait visiter. C'est ainsi qu'avec l'aide de Messieurs Veya et Tandé nous avons pu découvrir les orchidées de Ficuzza et autres lieux aussi intéressants. Dès mon retour en France, j'ai lancé un appel auprès du "réseau" d'orchidologues , appel largement entendu puisque j'ai reçu de nombreux comptesrendus de voyages en Sicile. Je me suis rendu compte qu'un nombre important d'amateurs était allé dans l'île et qu'ils avaient rapporté des informations qui intéressaient le cartographe que je suis. Grâce à ce soutien, j'ai pu compiler et saisir dans ma base de données p rès de 7987 données. Après avoir supprimé de la liste celles qui concernai t les hybrides et d'autres données incomplètes , j'en ai gardé 7308 pour établir des cartes de répartition. Les îles Éoliennes, Pégagi Pantelerilla et Lampedusa n'ont pas ét é oubliées. Nous n'avons seulement pas pu recueillir de données. Cela n'a pas été facile car parmi les 18 observateurs qui étaient passés aux même s endroits, il en était même certains qui avaient vu les mêmes taxons mais qui les nommaient de façon différentes . (Ex: Les unsOphrys funerea, les autresOphrys obaesaet j'en passe) Rémi Souche et Errol Véla m'ont bien aidé à "mettre de l'ordre" . En faisant appel à ces deux spécialistes je savais qu'après quelques "compromis" j'allais pouvoir proposer une cartographie des orchidées de Sicile "lisible" comme celle de Tunisie…Jean François Léger y a apporté sa touche en matière d'informatique Un texte de Lucienne Hamdi, découvert sur internet et un contact avec cett e charmante dame qui m'a donné l'autorisation de l'utiliser a accéléré la rédaction de cette étude préliminaire. Bien sûr tout n'est pas "réglé" . La taxonomie peut encore évoluer. D 'autres comptesrendus ainsi que d'autres prospections pourront faire évoluer cette étude pour la rendre la plus complète possible. Dans bien des cas elle va permettre aussi de comparer les taxons de Sicile à ceux des pays et contrées voisines comme je l'ai fait pour la Tunisie avec l'Algérie et la Sicile. Un appel est donc lancé à tous les "voyageurs", amateurs et professionnels qui possèderaient des données sur ce pays ainsi qu'aux curieux qui s'intéresseraient aux orchidées. Un fichier Excel pour les plus avancés en informatique ou un simple fichier word me remplirait de plaisir et ferait avancer ce travail. Les coordonnées géographiques dans n'importe quel système est indispensable malgré tout. (GPS ou Google Earth) Qu'ils en soient remerciés d'avance !
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Histoire de la Sicile :Une mosaïque de civilisationsDepuis l'antiquité la Sicile a toujours été un microcosme et le théâtre où se sont rencontrés et affrontés des peuples de races, religions et langues différentes qui ont laissé sur l'île des témoignages significatifs de leur passage. D’après les sources historiques, l es premiers habitants de la Sicile furent les Sicanes, un peuple d’origine ibérique qui plus tard partagera l’île avec les Sicules, autres envahisseurs de race indoeuropéenne, et auxquels la Sicile doit son nom et les Elymes.
Tombeaux antiques de Porta Pantalica (Photos R. MARTIN) Entre les IX e et le VIII siècle av. J.C. les Phéniciens d'abord et les Grecs, ensuite, entreprirent la véritable colonisation de la Sicile. Après avoir été le théâtre de l'affrontement entre Carthage et Rome au début d u IIIème siècle av. J.C. la Sicile passa sous la domination de Rome.
Ruines romaines d'Agrigente et de Syracuse au début du XXe siècle (www.delcampe.fr) A la chute de l'Empire, la Sicile est d'abord occupée d'abord par les Vandales puis par les Goths. Grâce à l'empereur byzantin Justinien elle retrouve un peu plus tard ses racines grecques et redevient, pendant presque trois siècles, le phare de la méditerranée. A partir du IXème siècle après. J.C. les Arabes conquirent l’île. Cette occupation, qui durera deux siècles et demi, représente incontestablement une des périodes les plus fastes pour la Sicile sur le plan culturel, économique et social. En l’an 1061. Les Normands gouvernèrent avec justice et tolérance, contribuant ainsi à la fusion des cultures grecque, latine et arabe. Cette époque constitua l’apogée du développement culturel et artistique de la Sicile ainsi qu'en témoignent les nombreux palais et églises de Palerme, les cathédrales de Monreale et de Cefalù, et les imposants châteaux queles rois normands firent construire dans toute l’île.Au cours des siècles successifs, en passant par l’occupation Normande, Autrichienne et Espagnole, l’île traversa une longue période d’intrigues et d’instabilité jusqu’à sa libération en 1861 par Garibaldi et son annexion au royaume d’Italie.
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Situation Les Anciens l’avaient appelée Trinacria, l’île aux trois promontoires,en raison des trois pointes qui en délimitent laforme: le Cap Lilybée à l’ouestest et le Cap Peloro àde Marsala, le Cap Passero au sud  près l’estMessine. Des trois côtés du triang le ainsi dessiné, le plus long, de s’étire sur 440 kilomètres, tandis que le côté sud ne mesure qu'environ 312 kilomètres et le côté est 287. Sa superficie de 25500 kilomètres carrés en fait la plus grande île de la Méditerranée. Elle en est également la plus peuplée.
Ses côtes sont baignées par trois mers : au nord la Mer Tyrrhénienne, qui la sépare à peine de l’Italie continentale, à l’est la Mer Ionienne dont la rencontre avec la Mer Tyrrhénienneau détroit de Messine provoque des remous légendaires, au sud la Mer Méditerranée , plus calme, s'étale vers les côtes africaines. Ces mers sont parsemées d’îles plus petites, souvent volcaniques, qui font partie de la Sicile : au nordest, l’archipel des îles Éoliennes (dont les plus connues sont Vulcano, Lipari et Stromboli) ; au no rdouest, Ustica, « la brûlée »aux laves pétrifiées de couleur très sombre ; à l’ouest, l’archipel des îles Egades aux côtes escarpées entaillées de calanques et aux eaux t rès pures ; au sud, Pantelleria la plus grande des îles siciliennes (83 kilomètres carrés), plus proche de l’Afrique que de l’Italie et plus loin encore, les Pelagie en haute mer (pelagos en grec) dont la plus grande, Lampedusa, a une superficie de 20 kilomètres carrés à peine ainsi que la plus éloignée de la Sicile, Lampione quin’est qu’à 120 kilomètres de la Tunisie.Située approximativement au centre de la Méditerranée, la Sicile se trouve à mi chemin entre le détroit de Gibraltar et le canal de Suez, entre Naples et Tunis et entre Marseille et Athènes. Elle constitue ainsi un trait d’union entre l’Italie et l’Afrique (3 kilomètres seulement la séparent de la Calabre, dont elle est la continuation géologique, et elle se trouve seulement à 140 kilomètres de la Tunisie) mais aussi un pont entre l’Europe entière et l’Afriqueet entre l’Occident et l’Orient. Cette ouverture vers l’Europe, l’Afrique et les pays du Levant en a fait le creuset d’hommes et de civilisations de trois continents : Phéniciens, Grecs, Romains, Arabes, Normands, Espagnols, pour ne citer que les plus connus, s’y sont succédé et y ont laissé leur empreinte, mêlant leurs cultures en une synthèse originale. 5
Relief Localisée à l'encontre des plaques eurasienne et africaine, la Sicile est c élèbre pour son volcan Etna. Il existe d'autres volcans dans les îles Éoliennes (le Stromboli, Vulcano etc.). La Sicile est une île très escarpée dont les montagnes et les collines occupent à peu près 86% du sol.
(Carte établie d'après http://normand iesicile.free.fr/) Les montagnes L’Apennin sicilienest constitué de deux grandes branches, l’une dirigée vers le sud (Monts Péloritains), l’autre parallèle à la côte nord (Monts Nebrodi et Caronie).vers le sud jusqu’à Taormine. Leurs sommetsLes monts Péloritains prolongent l’Apennin calabrais sont assez peu élevés : le plus haut, Montagna Grande, ne dépasse pas 1374m, alors que le cône de l’Etnapar exemple, situé sur leur flanc sud s’élève à environ 3380m.Monts Nebrodi, ou Caronie, qui les prol Les ongent vers l’ouest sur environ 70 kilomètres culminent, eux, à 1847m au Mt Soro. Monts Madonie qui leur font suite toujour Les s vers l’ouest sont les plus hautes les montagnes de Sicile (après l’Etna) : le Pic Carbonara y atteint 1975m.Les Monts Erei et les Monts Iblei, qui se succèdent au centre et au sud est de l’île jusqu’aux abords de Syracuse, sont des chaînes de montagnes basses ne dépassant pas 1000m : leur altitude maximale se hisse à grandpeine jusqu’à 950m (où se trouve la ville d’Enna, centre géographique de l’île) pour les Monts Erei, et à 986m au Mont Lauro pour les Monts Iblei. Ce sont des régions arides dans l’ensemble de par leur terrain calcaire ou la nature de leur soussol. Celuici en effet est riche en soufre, sels de potassium et sel gemme, en particulier dans l’arrièrepays d’Agrigente, mais aussi en bitume et asphalte du côté de Raguse.
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L'Etna(Photo J. BRY) Enfin la partie occidentale de la Sicile comporte depetits massifs montagneux séparésles uns des autres par de longues et larges vallées. Les sommets varient de 660m (Monte Pellegrino, tout à fait à l’ouest aux portes mêmede Palerme) à 1613m (Rocca Bouzembra, en plein cœur de la région ouest.)
La Rocca Bouzembraau dessus du village deFicuzza(Photo R. MARTIN)
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Monte San Salvador(Photo R. MARTIN)
Monte Formaggio"haut lieu de l'orchidologie " de Sicile (Photo R. MARTIN)
Le village deCéfaldianasur fond des monts deMadoni(Photo R. MARTIN) Les plainesElles couvrent seulement 14% du territoir e. Ce sont généralement des plaines alluviales exiguës, coincées entre mer et montagne, mais importantes et productives car on y pratique des cultures intensives. On en trouve en particulier autour des villes de Palerme, Trapani, Marsala, Gela. La seule qu i ait une superficie appréciable est celle de Catane (430 km2 environ). Formée par les alluvions du Simeto et de ses affluents ainsi que par les dépôts volcaniques de l’Etna, elle est très fertile. Mais le problème pour les cultures dans l’ensemble de la Sicile est celui de l’eau.
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L'Etna et les îles Éoliennes Peuton faire une description de la Sicile sans parler de l'Etna ? L'Etna est un stratovolcandont la structure est constituée de l'accumulation de coulées de lave au cours des différentes éruptionsce qui lui donne une belle forme conique visible de pratiquement toute la Sicile par beau temps. Il émet des laves fluides qui s'écoulent à partir de fissures ouvertes sur ses flancs. Les manifestations explosives sont plus fréquentes dans les quatre cra tères sommitaux. Les coulées de lave atteignent parfois la mer dans une zone bien localisée (sud est) qui occasionnent des dégâts parfois considérables comme ce fût le cas dans l'histoire avec les coulées historiques de 1329, de 1381 et surtout celle de 1669 qui détruisit une partie de la ville de Catane. C'est l'un des volcans les plus actifs du monde. Ses pentes sont couvertes de vergers qui à partir de 800m d'altitude font place à une forêt puis des landes de genêts jusqu'à 1500m. Avec l'altitude, la v égétation se fait de plus en plus rare pour disparaître et donne ce paysage lunaire caractéristique autour du sommet. L'Etna fait partie de la ligne de volcan qui se prolonge par les îles de Stromboli Vulcano, Lipari etc., jusqu'au célèbre Vésuve
Document de 1669 montrant une coulée de lave arrivant jusqu'à la ville de Catane (www.delcampe.fr )
Les îles de Stromboli et de Lipari (env. 1920 www.delcampe.fr)
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Climat et hydrographie Malgré le relief montagneux, l’eau manque souvent en Sicile. Le p ays n’est pourtant pas dépourvu de fleuves et de cours d’eau. Le Simeto est celui qui a le plus fort débit. Grossi par les eaux de ses nombreux affluents, ce fleuve et l’Alcantara, qui coule un peu plus au nord, arrosent et fertilisent les riches terres volcaniques entourant l’Etna.
(Carte établie d'après dmaps.com) Sur le versant méditerranéen, le Belice (qui descend des montagnes dominant Palerme et se jette dans la mer tout près de Sélinonte), le Platani (qui débouche sur la Méditerranée entre Sél inonte et Agrigente) et le Salso ou Imera méridional (venu des Madonie pour rejoindre les eaux méditerranéennes à Licata) sont des fleuves plus longs mais d’un débit plus faible. En outre, le plus long des trois, le Salso, qui traverse des terres riches ensoufre ou sels et s’en imprègne, a des eaux amères et salées, ni potables ni utilisables pour l’irrigation ; il en est de même pour bien des petites rivières ou sources de la région.
Ah ! Ces autoroutes ! (Photo R. MARTIN)
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Dans le nord de l’île, de nombreux cours d’eau dévalent des montagnes mais ne parviennent pas à devenir vraiment des fleuves vu le peu de distance qui sépare les montagnes de la mer. D’une manière générale, la Sicile a de nombreux petits cours d’eau mais ils sont courts ou peu abondants et ont plutôt un régime de torrents, dévastant tout quand tombent les pluies et totalement secs en été, au moment où on aurait justement le plus besoin de leur eau. Le problème de l’eau, crucial pour les Siciliens, est dû à plusieurs causes. Le c limat en est une : bien que variable d’une région à l’autre, il est d’une manière générale plus chaud que tempéré, il est d’ailleurs devenu nettement plus sec que dans l’Antiquité. L’hiver y est doux et l’été y dure à peu près de mai à octobre : les températures y sont alors élevées, voire caniculaires à l’intérieur des terres. Quand sur les côtes méridionales souffle le sirocco, plus fréquent et plus pesant que dans l’Antiquité, il arrive plus d’une fois que son souffle brûlant apporte du sable très fin du Sahara. Les pluies sont rares et irrégulières, souvent brusques et violentes, surtout dans l’intérieur du pays. Elles tombent sur des terrains le plus souvent peu perméables (2/3 du sol sont imperméables ou salés) et se déversent alors avec violence da nsles cours d’eauqui enflent démesurément (alors que leur lit est totalement à sec en été) et débordent bien souvent, inondant les campagnes ou stagnent dans des marécages, au voisinage desquels régnait autrefois la malaria.
(Carte établie d'après http://www.regione.sicilia.it/)
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