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Aides au logement - Un quart du revenu des locataires aidés du privé consacré au loyer hors charges

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En 2004, 1,8 million de Franciliens résident dans un logement pour lequel les caisses d'allocations familiales versent une aide au logement à un bénéficiaire d'âge actif. Après déduction de cette aide, les locataires consacrent en moyenne 23 % de leurs revenus à leur loyer dans le parc privé, 8 % dans le parc public. A Paris, un locataire aidé sur trois dépense au moins 30 % de ses revenus pour son loyer. Le parc locatif social accueille plutôt des familles. Le privé héberge plutôt des personnes seules, des couples sans enfant, et une proportion d'allocataires à bas revenus plus forte que dans le public.
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ILE-DE-FRANCE à la page
N° 263 - Février 2006
Aides au logement
Un quart du revenu des locataires aidés
du privé consacré au loyer hors charges
En 2004, 1,8 million de Franciliens résident dans un logement pour lequel les caisses
d’allocations familiales versent une aide au logement à un bénéficiaire d’âge actif.
Après déduction de cette aide, les locataires consacrent en moyenne 23 % de leurs
revenus à leur loyer dans le parc privé, 8 % dans le parc public. A Paris, un locataire aidé
sur trois dépense au moins 30 % de ses revenus pour son loyer.
Le parc locatif social accueille plutôt des familles. Le privé héberge plutôt des personnes
seules, des couples sans enfant, et une proportion d’allocataires à bas revenus plus forte
que dans le public.
Danie Chemineau, Armelle Quiroga, Ctrad-Caf
Thérèse Ferré, Myreille Resplandy, Insee
’accès et le maintien dans leur Champ de l’étudeParc social : un taux d’effort
logement préoccupent de façon
trois fois plus faible Fin décembre 2004, parmi 1 811 000 alloca-L croissante les ménages franci-
taires des Caisses d’Allocations Familialesque dans le privéliens. Les locataires, accédants à la pro-
(Caf) franciliennes, un sur deux reçoit une
priété ou résidents en collectivité,
En 2004, la part du revenu que les lo- aide au logement. Plus de deux millions de
peuvent percevoir des aides personnel-
cataires franciliens consacrent à leur Franciliens résident dans un logement pour
les au logement s’ils disposent de res-
loyer après déduction des aides est lequel les Caf versent une aide.
sources modestes (➩■ Aides au trois fois plus élevée dans le privé L’étude sur l’impact des aides au logement
logement). En 2002, un ménage locataire
que dans le parc social. Ce taux d’ef- dans le budget des foyers allocataires exclut
en HLM sur trois et un sur cinq dans le pri- des catégories de bénéficiaires dont les res-fort moyen se situe à 23 % dans le lo-
vé bénéficiaient d’une aide au logement. sources sont mal appréhendées comme lescatif privé et 8 % dans le locatif
étudiants et les personnes de 65 ans ou plussocial (✎❷ et➩■ Définitions).
(le minimum vieillesse n’étant pas impo-
Cette étude porte sur les 630 000 per- sable). Les allocataires résidant en logement-
Les taux d’effort dépendent du montantsonnes âgées de moins de 65 ans, bé- foyers ont également été écartés de l’étude
néficiaires en 2004 d’une aide au des loyers, de la prise en charge par car rassemblant des populations aux condi-
logement, non étudiantes et ne rési- l’aide au logement et du montant des tions de vie particulières.
dant pas dans une collectivité (✎❶ et ressources du foyer de l’allocataire. Le champ de l’étude porte sur 628 800 foyers
➩■ Champ de l’étude). Neuf sur dix Dans le parc privé, les taux d’effort allocataires bénéficiaires d’une aide au loge-
sont très dispersés : inférieurs à 6 %sont locataires, les autres sont accé- ment soit 69 % de l’effectif initial ; 1 758 000
dantes à la propriété (➩■ Accédants à pour les 20 % des locataires ayant les personnes y vivent.
Dans cette étude, les données sur les allo-la propriété aidés). Elles résident taux d’effort les plus faibles et supé-
cataires en 2004 (Caf) ont été complétéesplus souvent dans le parc social rieurs à 45 % pour les 20 % des locatai-
par celles sur l’ensemble des locataires(48 %) que dans le parc privé (41 %). res ayant les taux les plus élevés✎❸.
franciliens. Celles-ci sont issues de l’en-Dans le public, ces disparités sontLeurs foyers abritent 1,8 million de
quête Logement 2002 (Insee).Franciliens. beaucoup plus réduites.
PopulationMalgré les aides, 37 % des foyers ont Un foyer aidé sur deux habite dans le parc locatif social
encore un taux d’effort supérieur ou
Foyers allocataires bénéficiant d'une aide au logementégal à 30 % dans le parc locatif privé
Population
contre seulement 3 % des locataires Département Parc locatif Parc locatif Accession à couverte
Ensembledans le parc social. Ainsi, en 2004, social privé la propriété
105 000 locataires supportent un taux
Paris 38 900 81 100 3 600 123 600 261 200
d’effort d’au moins 30 % pour acquit-
dont à bas revenus en % 47,4 51,2 38,9 49,6 50,2
ter leur loyer hors charges. En 2002,
Hauts-de-Seine 35 800 33 200 3 200 72 200 184 700
les charges de logement des locataires 40,7 45,0 30,0 42,2 42,4
franciliens, y compris les non aidés, se Seine-Saint-Denis 68 300 44 000 15 100 127 300 388 300
montaient en moyenne à 120 € par dont à bas revenus en % 46,1 51,1 31,4 46,1 46,1
mois en secteur HLM et à 90€ en sec- Val-de-Marne 36 800 30 100 6 000 73 000 204 200
teur privé, dans lequel les équipe- 40,5 44,4 27,1 41,0 40,8
ments collectifs sont moins présents Petite couronne 140 900 107 300 24 300 272 500 777 200
dont à bas revenus en % 43,3 47,3 30,2 43,7 43,8(➩■ Pour en savoir plus - 3).
Seine-et-Marne 30 800 16 800 13 500 61 100 190 800 40,9 37,9 17,5 34,9 33,9
Le montant du loyer des locataires aidés Yvelines 30 300 16 400 6 000 52 800 156 900
varie de 40 % entre les 2 parcs : 320 € dont à bas revenus en % 36,6 37,9 17,5 34,8 34,8
en moyenne par mois dans le social et Essonne 29 300 17 200 7 200 53 800 162 300
450€ dans le privé. Par comparaison, le 35,6 39,6 18,8 34,6 34,5
loyer des Franciliens, aidés ou non, s’é- Val-d'Oise 34 400 19 000 11 800 65 000 209 400
dont à bas revenus en % 39,8 43,0 25,9 38,2 38,2levait à 320 € en 2002 en HLM et à
Grande couronne 124 800 69 400 38 500 232 700 719 400590€ dans le privé, soit une différence 38,3 39,7 20,3 35,7 35,5de 84 %. Certains logements de ce sec-
Ile-de-France 304 600 257 800 66 400 628 800 1 757 800
teur sont inaccessibles aux foyers mo-
41,8 46,5 24,9 41,9 41,4dont à bas revenus en %destes en raison de leurs loyers élevés,
comme les grands appartements au Lecture : en Ile-de-France, 628 800 foyers perçoivent des aides au logement. Ces foyers abritent 1 757 800 personnes.
41,9 % sont des foyers à bas revenus.cœur de l’agglomération, ou les loge-
Champ : allocataires des Caf de moins de 65 ans, non étudiants, ne résidant pas dans un foyer.ments les plus cossus.
Source : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004
Malgré les écarts de loyers, le montant
moyen de l’aide au logement diffère peu Aides au logement
entre le privé et le social (respectivement
Trois aides personnelles au logement allègent Le logement occupé doit être décent et sa su-
220€ et 230€). Cette aide couvre 70 %
les dépenses engagées par les ménages dis- perficie correspondre à des normes définies ;
du loyer dans le secteur social, mais seu-
posant de ressources modestes pour se loger, ces conditions sont réputées réunies dans le
lement 52 % dans le locatif privé. En effet,
qu’ils soient locataires, accédants à la proprié- cas de l’APL.
les plafonds du barème unique appli-
té ou résidents d’un logement-foyer. Il s’agit de
qués en locatif privé comme en social l’allocation logement familiale (ALF), de l’allo-
Le montant de l’aide est fonction de plusieursne tiennent pas compte du renchérisse- cation logement sociale (ALS), de l’aide per-
facteurs : statut d’occupation du logement,ment des loyers libres ces dernières an- sonnalisée au logement (APL). Ces aides,
taille de la famille, montant du loyer ou du rem-nées. Ceci explique la forte attractivité mises en place progressivement depuis la
boursement plafonné selon la taille de la fa-du parc social pour les populations dis- création en 1948 de l’ALF en faveur des famil-
mille, montant des ressources et lieu deposant de revenus modestes et entraîne les, ne sont pas cumulables.
résidence (l’agglomération parisienne estla pression de la demande qui, dans cer-
située en zone 1 où les plafonds sont les plustains territoires, se heurte à une offre in- L’ALS créée en 1971 s’adresse, depuis 1991, à
élevés, mais le reste de la région est entoute personne ne pouvant prétendre ni à l’ALF nisuffisante et inadaptée.
zone 2). En outre, un montant forfaitaire de
à l’APL.
charges, variable selon le nombre de person-
nes à charge s’ajoute à celui du loyer pour cal-Les dépenses des familles L’APL est créée en 1977 à destination des lo-
culer l’aide.cataires d’un logement ayant fait l’objet d’unemieux couvertes que celles
convention entre le propriétaire et l’Etat, ou
des personnes seules des accédants à la propriété ayant contracté Depuis 2001, un barème unique est appliqué
un prêt aidé par l’Etat. en locatif quel que soit le type d’aide et de
Le parc social, qui offre la possibilité parc.
L’aide personnelle au logement (ALF, APL ou
d’accès à de grands logements pour un
ALS) est versée au bailleur, soit obligatoire-
loyer modéré, accueille une grande ma-
ment dans le cas d’un logement conventionné Depuis 2004, l’aide au logement n’est pas
jorité de familles ayant au moins un en-
(ouvrant droit à l’APL) ou social, soit sur de- versée si son montant est inférieur à 24€ par
fant de moins de 20 ans ✎❹. Ces
mande de l’allocataire dans les autres cas. mois, au lieu de 15€ antérieurement.
familles représentent les trois quarts desAccédants à la propriété aidés dernier, les couples sans enfant aidés
assument un « surcoût » de loyer de
Un loyer versé tous les mois « à pure perte » 170€ contre 230€. Cette aide ne couvre, 60 % par rapport au social et les cou-
peut pousser certains locataires à acheter un en moyenne, que 27 % des rembourse-
ples avec trois enfants ou plus un sur-
bien immobilier. En 2004, un allocataire aidé ments d’accession. En raison de leurs res-
coût de 44 %. Ce surcoût est mal pris
pour son logement sur dix est accédant à la sources plus élevées, leur taux d’effort est
en compte par les aides au logement
propriété. Ces accédants disposent de res- peu différent de celui des locataires du
lorsque le foyer est de taille réduite. En
sources plus élevées que les locataires aidés. parc privé. Cependant, les accédants sont
effet, les loyers des familles nombreu-
Dans neuf cas sur dix, ce sont des familles proportionnellement moins nombreux que
ses sont mieux couverts par l’aide aucontre six fois sur dix chez les locataires. La ces derniers à consacrer au moins 30 % de
logement, notamment par le jeu dumoitié de ces accédants ont un revenu par leurs revenus à leurs dépenses de loge-
plafond de loyer, variable selon launité de consommation supérieur à 900 € ment (30 % contre 37 %).
taille du foyer, et de l’attribution d’uncontre 775€ pour les locataires. Ils peuvent
forfait de charges lié au nombre d’en-La majorité des accédants à la propriété ai-ainsi consacrer une part plus grande de leur
fants dans la formule de calcul dedés réside en grande couronne. Néanmoins,budget à la dépense de logement.
l’aide. Ainsi, la prise en charge du loyerla Seine-Saint-Denis accueille le plus impor-
tant contingent avec 15 000 foyers accédants des familles monoparentales de 3 en-
Mais ces accédants se constituent un patri- aidés, pour un peu plus de 3 000 dans les fants ou plus atteint 80 % en moyenne.
moine immobilier et leurs remboursements Hauts-de-Seine et à Paris. Le prix de l’immo-
ont une durée limitée. Ils remboursent en bilier, plus accessible dans les départements
moyenne des mensualités plus élevées du nord et de l’est de la région, incitent les Foyers à bas revenus :
que les loyers, 620€ contre 380€ et ils re- foyers à revenu faible à acheter en grande près de la moitié
çoivent un montant d’aide plus faible, couronne.
des allocataires du privé
locataires du parc public qui sont aidés tent les efforts financiers les plus lourds.
par une prestation logement. La moitié Quel que soit le secteur locatif, les fem- Les allocataires d’aide au logement
d’entre elles est monoparentale. mes seules dépensent plus pour se loger disposent de ressources plus modestes
que les hommes seuls. Les femmes ai- que l’ensemble des locataires franci-
Dans le locatif social, les taux d’effort
dées ont pourtant le même revenu liens : un sur quatre est en situation de
varient de 2 % pour les familles mono-
bas revenus contre un sur dix enmoyen que les hommes aidés. Elles sont
parentales nombreuses (de trois enfants
sans doute plus sensibles au confort du moyenne (➩■ Définitions). Les alloca-
ou plus) à 14 % pour les femmes seules
logement, et à un environnement de taires aidés pour leur logement ayant
(sans conjoint, ni enfant à charge). Dans
meilleure qualité ou tout au moins des bas revenus sont plus nombreux
le privé, ils vont de 11 % pour les cou-
davantage sécurisant. dans le parc locatif social que dans le
ples avec 3 enfants au moins à 36 %
parc locatif privé. Cependant, ils sont,
pour les femmes seules✎➎.
en proportion, plus nombreux dans leLes personnes seules et les couples
Ces dernières, ainsi que les hommes sans enfant constituent la majorité des privé, où ils représentent 47 % des lo-
seuls et les couples sans enfant, consen- locataires aidés du parc privé. Dans ce cataires aidés (42 % dans le social).
Les foyers aidés du parc privé consacrent encore un quart de leurs revenus au loyer
Taux d'effort (en %)
Parc locatif social Parc locatif privé Accession à la propriété
Département
Foyers à bas Foyers à bas Foyers à basAutres foyers Ensemble Autres foyers Ensemble Autres foyers Ensemble
revenus revenus revenus
Paris 3,7 10,4 8,2 34,7 26,0 28,8 35,8 25,2 27,8
Hauts-de-Seine 2,4 9,8 7,8 27,1 23,2 24,2 29,8 23,9 25,0
Seine-Saint-Denis 1,8 9,5 7,1 18,9 18,7 18,8 29,1 23,8 24,9
Val-de-Marne 2,3 10,0 7,9 22,8 20,1 20,8 33,3 24,1 25,6
Petite couronne 2,1 9,7 7,5 22,1 20,5 21,0 30,1 23,9 25,1
Seine-et-Marne 2,2 9,7 7,6 26,3 22,3 23,1 32,5 23,6 24,5
Yvelines 2,6 9,7 7,9 27,7 22,9 23,9 30,7 23,4 24,1
Essonne 2,1 9,5 7,8 21,7 20,9 21,1 31,2 23,5 24,3
Val-d'Oise 2,5 9,7 7,8 18,8 19,0 18,9 28,9 23,7 24,6
Grande couronne 2,3 9,7 7,8 23,1 21,2 21,6 30,6 23,6 24,4
Ile-de-France 2,4 9,7 7,7 26,1 22,1 23,2 30,7 23,7 24,8
Lecture : dans le parc locatif privé, les foyers ayant un revenu supérieur au seuil des bas revenus consacrent 22,1 % de leurs revenus au loyer après aides.
Champ : allocataires des Caf de moins de 65 ans, non étudiants, ne résidant pas dans un foyer, bénéficiaires d'une aide au logement.
Source : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/200490 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
Un locataire sur cinq du parc privé consacre au moins 45 % de son revenu mentation. Dans l’ensemble, de nom-
pour se loger breux foyers ont des difficultés à payer
leur loyer : ainsi, en 2004, 31 700 ména-
80 Taux d'effort en %
ges ont été assignés en justice pour im-
70
payés de loyers en Ile-de-France.
60
50
Les familles monoparentales et les cou-
40 ples sans enfant se trouvent plus souvent
30 que les autres en situation de bas reve-
20 nus, aussi bien dans le privé que le so-
cial. Le taux d’effort, plus important pour10
les foyers sans enfant, atteint 50 % pour0
les femmes seules à bas revenus résidant
-10
dans le privé.
-20
-30 Privé : effort desFoyers aidés
Parc locatif social Parc locatif privé Accédants à la propriété locataires à bas revenus
Lecture : 70 % des foyers accédants à la propriété ont, grâce aux aides, un taux d'effort inférieur à 30 %. supérieur à celui des
NB : le taux d'effort des foyers aidés peut être négatif lorsque l'aide est supérieure au loyer (un forfait de charges est pris en
autres locataires aidéscompte dans le calcul de l'aide).
Champ : allocataires des Caf de moins de 65 ans, non étudiants, ne résidant pas dans un foyer, bénéficiaires d'une aide au
logement. Quelle que soit la configuration fami-
Source : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004 liale, dans le parc social, les allocataires
à bas revenus ont, en moyenne, un taux
En 1998, les allocataires à bas revenus il a augmenté de plus d’un tiers dans le d’effort moindre que les autres alloca-
étaient plus nombreux dans le locatif pri- secteur social. La paupérisation des po- taires (2 % contre 10 %). En revanche,
vé que dans le social (➩■ Pour en savoir pulations y résidant, ainsi que l’accès fa- leur effort est plus fort dans le parc privé
plus - 5). Entre 1998 et 2004, leur nombre cilité à des publics plus vulnérables (26 % contre 22 %). Dans le parc social,
est resté stable dans le secteur privé mais financièrement, expliquent cette aug- seulement 3 % des allocataires à bas re-
venus supportent un effort financier su-
périeur ou égal à 30 % de leurs revenus,
Définitions contre 42 % dans le privé.
■ Le taux d’effort
Les montants des loyers des allocataires
Le taux d’effort rapporte la dépense résiduelle de logement hors charges, c’est-à-dire le montant à bas revenus sont proches de ceux de
du loyer ou du remboursement d’accession diminué de celui de l’aide au logement, au revenu dis- l’ensemble des locataires aidés. Cela est
ponible mensuel du foyer hors aide au logement. Ce taux d’effort peut être négatif puisque le cal- la conséquence des conditions d’accès
cul de l’aide au logement intègre un forfait charges. au marché locatif dans le privé pour des
ménages aux revenus modestes et de la
La politique des aides au logement est dédiée aux foyers les plus modestes. Ces aides ont pour
réglementation de l’encadrement des
objectif de leur permettre de se loger correctement en minorant leurs dépenses de logement.
loyers dans le secteur social. Mais, enC’est pourquoi, dans le calcul du taux d’effort, l’aide au logement est déduite du loyer ou du rem-
raison de la dégressivité du barème quiboursement d’accession et ne figure pas comme un revenu supplémentaire.
prend en compte les ressources, le mon-
■ Les foyers à bas revenus tant moyen de l’aide est plus élevé pour
les allocataires à bas revenus : 290 €,
Pour comparer les niveaux de vie de foyers allocataires de taille et de composition démographique dans le privé comme dans le public. Ain-
différentes, on détermine un revenu mensuel disponible par unité de consommation. Celui-ci est cal- si, le taux de prise en charge moyen de
culé à partir du douzième du revenu brut annuel du foyer allocataire déclaré à la Caf, augmenté du leur loyer atteint 93 % dans le parc so-
montant des prestations perçues pour le mois de décembre.
cial et 66 % dans le parc privé.
Le nombre d’unités de consommation est déterminé comme suit :
Cependant, les aides pourraient avoir un
1 pour l’allocataire ou 1,2 pour l’allocataire monoparental, 0,5 par adulte supplémentaire ou enfant
effet inattendu : la hausse du loyer des
de 14 ans ou plus, 0,3 par enfant de moins de 14 ans. Cette échelle diffère des pratiques habituel-
ménages modestes. Selon une étude ré-
les de l’Insee et d’Eurostat, en accordant aux familles monoparentales 0,2 unité supplémentaire .
cente (➩■ Pour en savoir plus - 1), dans
le parc privé, entre 1988 et 2002, « lesLe seuil des bas revenus est fixé à la moitié du revenu médian par unité de consommation de
aides pourraient bien être, pour unela population d’âge actif et hors étudiants ; il s’élève en décembre 2004 à 735€. Il est déter-
bonne partie, responsables de la hausseminé à partir de l’enquête nationale « budget des familles » réalisée par l’Insee et actualisé
chaque année. du loyer au mètre carré des ménages à
bas revenus. D’après les estimations ob-tenues, entre 50 % et 80 % des alloca- Le parc locatif social accueille plutôt des familles
tions logement perçues par ces ménages
auraient été absorbées par les augmenta- En %
tions de leurs loyers… La hausse de la 100
demande des locataires provoquée par 90
les aides semble s’être heurtée à une 80
offre de logement trop inélastique de la 70
part des bailleurs, entraînant ainsi une 60
50forte hausse des loyers. Cet effet a pu être
40renforcé par l’arrivée massive des étu-
30diants sur le marché du logement à la
20suite de la réforme de ces aides ».
10
0
A Paris, un allocataire Parc locatif privéParc locatif social Accession à la propriété
sur trois a un taux d’effort Couples avec enfants Familles monoparentales Personnes seules Couples sans enfant
d’au moins 30 %
Lecture : 48 % des locataires dans le parc privé sont des personnes seules.
Champ : allocataires des Caf de moins de 65 ans, non étudiants, ne résidant pas dans un foyer, bénéficiaires d'une aide au
Le taux d’effort moyen dans le parc so- logement.
cial est semblable dans les huit départe- Source : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004
ments franciliens, entre 7 % et 8 %. Par
contre, dans le parc locatif privé, il varie Les allocataires aidés pour leur logement Chesnay, plus de 40 % des allocataires
de 19 % dans le Val-d’Oise et la ayant un taux d’effort d’au moins 30 % aidés supportent un taux d’effort d’au
Seine-Saint-Denis à 29 % à Paris. Toute- sont les plus fréquents à Paris : près de un moins 30 %✎❻. La plupart des alloca-
fois, des initiatives locales peuvent atté- sur trois, pour un sur cinq dans les taires de ces communes sont locataires
nuer le poids du poste logement dans Hauts-de-Seine. En Seine-Saint-Denis, la dans le parc privé. Inversement, moins
les budgets. A Paris, l’aide au logement situation est moins tendue : 13 % des lo- du quart des bénéficiaires d’aide au lo-
complémentaire Ville de Paris abaisse cataires consacrent plus de 30 % de leur gement résidant dans les dix-neuvième
le taux d’effort à 15 % pour les bénéfi- revenu à leur loyer. et vingtième arrondissements de Paris, à
ciaires du revenu minimum d’insertion Saint-Denis, Montreuil ou Argenteuil ont
ayant signé un contrat d’insertion et Dans certaines communes résiden- un taux d’effort supérieur à 30 %. Ces
percevant déjà l’aide légale au loge- communes sont parmi celles logeant letielles, comme les arrondissements
ment ; 3 200 allocataires du RMI bénéfi- du centre de Paris, Saint-Mandé, plus d’allocataires, et ont des zones ur-
cient de ce dispositif. Vincennes, Neuilly-sur-Seine, Le baines sensibles (ZUS) sur leur territoire.
Les femmes seules dépensent plus pour leur loyer que les hommes seuls
22 % des locataires aidés
Taux d'effort (en %)
du parc public résident
Type de famille
Accession à la
Parc locatif social Parc locatif privé en Seine-Saint-Denispropriété
Foyers allocataires 7,7 23,2 24,8 Les parcs locatifs public et privé ne
Femmes seules 14,2 35,9 33,1
sont pas répartis uniformément dans la
Hommes seuls 10,7 30,0 32,8
région : le parc privé est plus présent à
Familles monoparentales avec 1 ou 2 enfants 8,7 22,0 26,8
Paris et dans les Hauts-de-Seine. De
Familles monoparentales avec 3 enfants ou plus 2,1 11,7 21,3
plus, pour le parc public, plus d’un lo-
Couples sans enfant 11,1 30,2 35,8
cataire aidé sur cinq réside enCouples avec 1 ou 2 enfants 8,7 19,0 26,9
Seine-Saint-Denis, soit pratiquementCouples avec 3 enfants ou plus 5,3 11,3 21,5
deux fois plus que dans les autres dé-dont foyers allocataires à bas revenus 2,4 26,1 30,7
partements. Paris abrite près du tiersFemmes seules 9,4 49,9 53,8
des locataires aidés résidant dans leHommes seuls 4,7 37,4 57,9
Familles monoparentales avec 1 ou 2 enfants 1,2 21,8 34,4 parc privé, la petite couronne 42 % et
Familles monoparentales avec 3 enfants ou plus -2,8 8,6 22,7 la grande couronne 27 %.
Couples sans enfant 9,2 37,4 47,3
Couples avec 1 ou 2 enfants 5,9 21,2 36,9
Dans le secteur social, le loyer moyen
Couples avec 3 enfants ou plus 0,4 7,7 22,9
varie d’à peine 8 % d’un département à
NB : le taux d'effort des foyers aidés peut être négatif lorsque l'aide est supérieure au loyer (un forfait de charges est pris en l’autre, du fait des loyers réglementés, en
compte dans le calcul de l'aide).
particulier dans le parc conventionné.
Champ : allocataires des Caf de moins de 65 ans, non étudiants, ne résidant pas dans un foyer, bénéficiaires d'une aide au
logement. Dans le privé, les loyers des logements
Source : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004 de même taille présentent de fortes dis-Des taux d'effort élevés dans les communes résidentiellesparités d’un département à l’autre. Pour
un même loyer, les logements du cœur
de l’agglomération sont souvent plus pe-
tits que ceux de la grande couronne.
Les locataires éligibles à l’aide person-
nelle au logement ont des contraintes fi-
nancières qui limitent leur capacité à
payer un loyer élevé. L’aide moyenne
perçue dans le parc social parisien est la
plus élevée de tous les départements
(240 €), car les loyers y sont les plus
chers (330 €). Dans le secteur privé, au
contraire, l’aide perçue est la plus faible
en Seine-et-Marne et dans les Yvelines
(210€), bien que les loyers y soient plus
élevés. Ceci s’explique, en partie, par le
barème de calcul des aides au logement
qui fait intervenir la localisation géogra-
phique des résidences principales par un
découpage en trois zones. Neuf alloca-
taires franciliens aidés sur dix rési-
dent dans l’agglomération parisienne
(zone 1), les autres sont en zone 2 où
les barèmes sont moins favorables.
L’arrêté du 28/11/2005, qui inclut do-
rénavant dans la zone 1 de nombreu- Lecture : plus de 45 % des bénéficiaires d'une aide au logement dans les quatres premiers arrondissements de Paris ont
un taux d'effort supérieur à 30 %.ses communes de la zone 2, va
Champ : allocataires des Caf de moins de 65 ans, non étudiants, ne résidant pas dans un foyer, bénéficiaires d'une aide aupermettre aux Franciliens modestes de
logement.
la grande couronne d’être mieux aidés
Source : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004
pour leurs dépenses de logement.
Pour en savoir plus
1 - G. Fack : « Pourquoi les ménages à bas revenus paient-ils des loyers de plus en plus élevés ? », Insee, Economie et statistique, n° 381-382, 2005.
2 - R. Mahieu, M. Nicolas, F. Thibault : « Les déterminants du taux d’effort des bénéficiaires d’aides au logement », Cnaf, Direction des statistiques,
des études et de la recherche, recherches et prévisions, n° 79, mars 2005.
3 - J.-J. Guillouet, N. Laroche, L. Omalek, I. Wernert : « Les conditions de logement en Ile-de-France en 2002 », Insee, Dreif, Iaurif, octobre 2004.
4- B. Debras, C. Martinez : « La pauvreté en Ile-de-France : de fortes disparités départementales », Atlas des Franciliens, tome 3, population et mo-
des de vie, chapitre 5.7 », Insee-Iaurif, 2002.
5 - D. Chemineau, B. Debras, , A. Quiroga : « Une approche de la pauvreté en Ile-de-France », Insee et Caisses d'allocations familiales
d'Ile-de-France, septembre 2001.
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