La lecture en ligne est gratuite
Télécharger

Synthèse
L’infation l’emporte
sur la pression démographique
ménages progresse légèrement, émergents permet une évolution La croissance était de l’or-
c’est au prix d’un recours accru au mondiale soutenue.dre de 6% en 2006, alors crédit et sans doute d’une ponc-
Dans un tel environnement, il est qu’elle n’est plus que de tion sur l’épargne.
donc à craindre que l’envolée de 4% en 2007. Elle vient en Le recours des ménages au crédit l’infation ne soit pas parvenue à
effet buter sur une envo- ne traduit pas que leurs diffcultés, son terme en Guyane. L’effet d’une
puisqu’il porte et s’accroit princi-lée de l’infation, alors que double augmentation du prix du
palement sur l’habitat. Du côté des carburant (évolution internationale le niveau exceptionnel de entreprises, 40% des crédits d’ex-et alignement sur les prix antillais)
l’investissement spatial de ploitation tiennent à leurs diffcultés s’ajoute à celui des hausses du prix
fnancières, mais ce sont les crédits 2006 ne peut évidemment des services, notamment ceux qui
d’investissement qui s’accélèrent le sont administrés. se retrouver tous les ans.
plus, par rapport à 2006.
Ce ralentissement se ma- La croissance de l‘économie guya- La progression des dépenses publi-
naise ne sufft pas à compenser cel - ques par habitant, qui est de l’or-nifeste notamment dans le
le de la population, laissant féchir dre de 3,5% par an depuis 2003, BTP, poussé l’an dernier à
le PIB par habitant. Mais s’il y a est menacée par l’infation à partir
la fois par l’effet Soyouz, ralentissement, il n’y a pas, pour le de 2007. La permanence de l’effort
moment, un retournement de ten-mais aussi par la relance public peut néanmoins se mesurer
dance. La plupart des indicateurs par le rapport recettes/dépenses, de l’immobilier privé et
restent bien orientés, notamment qui reste de 1 à 10. Et ce rapport ne
par le bouclage de pro- l’investissement et les dépenses tient pas compte de la «dépense
grammes publics. publiques ainsi que, l’activité des invisible», constituée par les exo-
principaux secteurs. nérations de tous genres.
C’est ainsi le cas de la pêcherie
Enfn, le constat du «manque à sco -crevettière, qui repart à la hausse, ’est l’ensemble de l’éco- lariser» constaté en 2007, notam-pour la première année depuis Cnomie mondiale qui subit ment dans le primaire, remet l’ob-2003. Ce qui ne permet cependant aujourd‘hui cette pression crois- servatoire de la non-scolarisation pas de faire l’économie d’une res-sante d’une infation, tenant à au centre des réfexions sur l’École tructuration de cette activité, en l’évolution des prix du pétrole, en Guyane. Et la satisfaction susci-défcit structurel depuis le début mais aussi des matières pre- tée par le taux brut de prévalence de la décennie.mières et produits agricoles. La du diabète traité, particulièrement
croissance des pays développés Le pouvoir d’achat des ménages bas en Guyane, reste mesurée du
est d’autant plus compromise, guyanais a, par contre, du mal à fait de cette grande jeunesse de la
qu’ils subissent en même temps suivre, dans un contexte de fai- population.
les effets des crédits immobiliers ble revalorisation des salaires et
américains. Seule la croissance de recul des prestations sociales.
toujours exceptionnelle des pays Si pourtant la consommation des Jean-Claude COURBAIN

N° 70 - Guyane - Septembre 2008