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Audition. - compte-rendu ; n°1 ; vol.45, pg 475-495

De
22 pages
L'année psychologique - Année 1944 - Volume 45 - Numéro 1 - Pages 475-495
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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6° Audition.
In: L'année psychologique. 1944 vol. 45-46. pp. 475-495.
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6° Audition. In: L'année psychologique. 1944 vol. 45-46. pp. 475-495.
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6° Audition
920. — P. KELLAWAY. — Mechanism of the cochlea (Mécanisme
cochléaire). — Ar. of Otolaryngology, XLI, 1945, p. 252-260.
Les faits montrent que le mouvement de l'étrier contre la fenêtre
ovale entraîne dans le limaçon des mouvements du liquide qui sont
rendus possibles par l'expansion de la fenêtre ronde, et l'impulsion
hydraulique à travers la membrane basilaire est cburt-circuitée en
un point qui varie avec la fréquence du son. D'autre part il y a une
projection spatiale de l'organe de Corti sur les noyaux acoustiques,
sur le corps genouillé et la zone auditive du cortex temporal.
Aussi peut-on penser que la perception des tonalités sonores doit
comporter quelque forme d'analyse spatiale de la membrane basilaire.
Au point de vue du mécanisme d'excitation, K. émet l'hypothèse
de la libération d'un médiateur chimique déclenchant les influx du
nerf auditif. H. P.
921. — P. KELLAWAY. — Pathways of transmission to the cochlea
(Les voies de transmission de la cochlée). — Am. J. of Ps., LVIII,
1, 1945, p. 25-42.
Rappelant les données ânatomiques de l'oreille moyenne et les
expériences physiologiques concernant les caractéristiques de la
transmission auriculaire, l'A. conclut : le mécanisme de transmission
conduit avec une fidélité considérable les vibrations qu'il reçoit.
L'opinion courante qui conclut à son assymétrie du fait des phéno
mènes de distorsion est fausse. Les vibrations transmises par voie
aérienne qui impressionnent la fenêtre ronde sont de peu d'impor
tance dans l'audition du fait de l'immobilité relative de la fenêtre
ovale. Les mécanismes physiques responsables de la stimulation de
l'organe sensoriel par conduction osseuse sont la compression -du
labyrinthe et les mouvements d'inertie des osselets. P. J.
922. — O. METZ. — The acoustic impedance measured on normal
and pathological ears (L'impédance acoustique mesurée sur les
oreilles normales et pathologiques). — Acta Oto Lar.,^sup. 63,
1946, 254 pages.
Pour bien comprendre la notion d'impédance acoustique, quelques
notions mathématiques, en particulier sur les imaginaires, sont
indispensables. On définit en effet l'impédance comme
l'impédance électrique en courant alternatif, comme une quantité
complexe ayant par conséquent une partie réelle et une partie imagin
aire. On définit d'abord l'impédance mécanique comme le rapport
de la force à la vitesse communiquée, ces deux valeurs, étant expri
mées sous forme complexe. Puis on passe à l'impédance acoustique
définie par le rapport (complexe) de la pression sonore à la vitesse
d'écoulement, elle-même étant égale à la vitesse particulaire multip
liée par la surface. L'unité d'impédance acoustique est l'ohm
acoustique, résistance par laquelle 1 dyne/cm2 engendre un courant
sonore de 1 cm3 par seconde.
L'impédance acoustique peut être déterminée par le coefficient
d'absorption et par la phase. En effet, une onde sonore qui aborde 476 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
un obstacle sera plus ou moins réfléchie. Si elle l'est peu, l'absorption
est grande, et l'obstacle, c'est-à-dire l'impédance, faible. Il convient
cependant de tenir compte de la phase, car l'onde incidente et l'onde
réfléchie peuvent être déphasées l'une par rapport à l'autre.
C'est en considération des matériaux insonores qu'on a introduit
l'étude de l'impédance en acoustique. L'oreille humaine peut égal
ement être considérée sous cet aspect : structure plus ou moins apte
à recevoir et absorber l'énergie sonore pour la transmettre au laby
rinthe. On considère alors l'oreille moyenne' comme un adaptateur
d'impédance entre le milieu aérien et le milieu liquide de l'oreille
interne. L'intérêt de la mesure de l'impédance acoustique de
semble résider dans le fait qu'il y a peut-être là un moyen parfait
ement objectif de mesurer l'obstacle que certaines conditions patholo
giques de l'oreille moyenne créent vis-à-vis de la pénétration des ondes
sonores. Des méthodes électriques et acoustiques sont utilisées par
les physiciens pour mesurer cette impédance. Les méthodes acous
tiques sont de beaucoup les plus simples, et peuvent être adaptées
aux besoins cliniques. C'est ce qu'ont fait, avant l'auteur, Waetzman
en 1938 et Menzelen en 1940. L'appareil de l'auteur est une sorte de
pont de Wheatston acoustique qui compare des impédances, l'équilibre
étant obtenu au silence. Il y a diverses causes d'erreurs, les unes tenant
à l'adaptation plus ou moins bonne de l'appareil à l'oreille, les autres
tenant au conduit, au tympan, à l'oreille. Parmi les causes tympa-
niques, il faut citer celles relatives à la pars flaccida : son impé
dance peut être modifiée sans que l'énergie délivrée au labyrinthe
soit elle-même changée.
Des mesures en série faites sur les mêmes oreilles normales
montrent qu'à 512 p/s on peut observer une dispersion moyenne
de 3 % pour le coefficient d'absorption et de 2 % pour la phase. Mais
au. cours de certaines mesures on trouve des valeurs qui dépassent
de beaucoup ces limites. On peut supposer que des variations de
pression dans la caisse tympanique ou des contractions des muscles
ossiculaires sont les causes de ces divergences. En effet, des essais
faits sur des pièces anatomiques fraîches montrent que de très faibles
changements en plus ou en moins de la pression tympanique engen
drent de "nettes modifications de l'impédance, et dans celle-ci c'est la
reactance qui est modifiée, tandis que la résistance décroît. Le déficit
d'audition semble du même ordre de grandeur que le changement
d'impédance. Pour étudier cette influence de la pression intratym-
panique, l'auteur utilise le phénomène de Van Dishoeck.
L'effet de la contraction des muscles ossiculaires a permis d'obtenir
des résultats très intéressants. Un bruit appliqué de façon continue
à l'autre oreille provoque la contraction de ces muscles. L'impédance
est mesurée pendant l'application du bruit. Celle-ci s'est modifiée, le
.coefficient d'absorption a diminué, la phase n'a pas changé. Cette
diminution correspond à une diminution d'énergie
de 5 db au maximum. Étudiant des sujets pouvant volontairement
contracter leurs muscles ossiculaires, l'auteur trouve d'identiques
modifications de l'impédance, toutefois plus accentuées. Dans l'e
nsemble, les sujets atteints d'une évidente surdité de transmission
avec anomalie tympanique montrent une considérable modification AUDITION 477
de l'impédance acoustique auriculaire. Par exemple, à 512 p/s, le
coefficient d'absorption est de 9 % au lieu de 33 % chez le sujet
normal. Dans les surdités de la transmission sans modifications
tympaniques visibles, le coefficient d'absorption a sensiblement la
même faible valeur que dans les surdités avec modifications tympan
iques. Il s'agit ici presque toujours d'otosclérose. Mais il faut noter
que la surdité est d'une importance beaucoup plus grande que celle
qui pourrait se calculer à partir de la modification d'impédance. Dans
les surdités de perception, maladie de Ménière en particulier, ni
l'absorption ni la phase ne sont modifiées. Enfin, alors que dans la
surdité de transmission la contraction réflexe des muscles ossiculaires,
objectivée par le changement d'impédance, est supprimée, dans les
surdités de perception elle est généralement présente. En définitive,
la mesure de l'impédance auriculaire, dont la technique semble
pouvoir être beaucoup améliorée, offre de grandes possibilités pour
le diagnostic différentiel objectif des diverses variétés de surdité.
R. C.
923. — H. B. PERLMAN. — Physics of the conduction apparatus
(Physique de V appareil de conduction). — Laryngoscope, LV,
1945, p. 337-348.
Description du mouvement du tympan et du marteau sous
l'action d'un son intense de basse fréquence (60 p. sec).
Après incision des os temporaux, étude avec un son continu,
des changements de pression lents en une onde de choc examen du
mécanisme de conduction de l'oreille moyenne.
La fréquence de résonance de l'appareil se place autour de
700-1.000 p. sec.
Le facteur d'amortissement, au marteau, est compris entre
0,25 et 0,50.
L'oscillation a une prédominance négative (vers le dehors). La
contraction des muscles de l'oreille moyenne réduit l'amplitude de
l'oscillation, mais asymétrique ment, l'axe de rotation est déplacé
médialement. H. P.
924. — H. G. KOBRAK. — Direct observations of the acoustic
oscillations Of the Human Ear (Observations directes des oscula
tions acoustiques dans l' oreille humaine). — J. A. S. A., XV,
1943, p. 54-56.
Une méthode simple est réalisée permettant d'observer* et de
cinématographier directement sur le vivant les mouvements, ossi
culaires pendant l'audition. L'auteur décrit son appareillage, utilisant
un éclairage stroboscopique. Il emploie pour conduire le son un
spéculum de Siegle auquel est adaptée une lentille permettant le
grossissement des images. Contrairement à l'opinion anticipée, un ,_ important n'est pas nécessaire. Pour les basses fr
équences en effet, les oscillations sont suffisamment amples pour être
observées d'une façon optima avec une lentille de 12 dioptries. La
seule difficulté consiste à diriger convenablement le faisceau lumineux.
Cette méthode est très intéressante *pour les otologistes. Elle leur
permet de comparer la conduction du son dans l'oreille normale et 478 . ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans l'oreille pathologique. Appliquée sur le cadavre, cette méthode
permet d'observer les mouvements de l'étrier et même de la membrane
basilaire. Elle permet également une étude quantitative de l'ampli
tude des vibrations, •ceci étant de grand intérêt pour les physiologistes. I. G.
925. — H. G. KOBRAK. — Experiments on conduction of sounds
through the cavity of the middfe ear (Expériences sur la conduction
du son à travers la cavité de V oreille moyenne). — Ar.' of Otola-
ryngology, Chicago, XXXVII, janvier 1943, p. 796-801. -
L'étude de la conduction sonore par la voie tympano-ossiculaire
normale, comparée à la voie appelée aéro-cochléaire dans laquelle le
son parvient directement à la cochlée sans passer par le tympan et
les osselets, est faite par l'auteur, chez l'animal, au mo,yen de l'obser
vation du réflexe de contraction du tensor tympani. On_obtient ce
résultat en obturant le conduit et en ouvrant la bulle tympanique.
Cette dernière voie n'intervient pas au seuil. Elle intervient par
contre pour de fortes intensités et quand le tympan et les osselets
sont immobilisés. R. C.
926. — E. G. WEVER, C. W. BRAY et M. LAWRENCE. — The
effect of middle ear pressure upon distortion (U effet sur la distor
sion d'une pression introduite dans l'oreille moyenne). — J. A. S. A.,
XIII, 1941, p. 182-187.
Des expériences antérieures faites au moyen des potentiels
cochléaires pris sur la fenêtre ronde chez le chat ont montré l'exis
tence d'une certaine distorsion dans la réponse à un stimulus donné.
Les auteurs ont étudié sur 7 oreilles l'effet sur cette distorsion d'une
pression introduite dans l'oreille moyenne. Sur un stimulus de
1.000 p/s et ses 5 premiers harmoniques, l'effet d'une pression de
20 mm de mercure se traduit par une baisse de la réponse cochléaire .
allant de 24 à 30 db. La courbe de sensibilité est également affectée, caractère'
l'écart maximum étant de 6 db. Mais on doit noter le
d'instabilité de la réponse aux harmoniques. Les auteurs ont étudié
l'effet de cette même pression de 20 mm de mercure sur la courbe
résultante de combinaisons variées de tons. La forme de la
n'est aucunement modifiée. On n'observe qu'une légère réduction de
sensibilité. Sur un phénomène d'interférence, une pression de 10 mm
de mercure dans J'oreilïe moyenne diminue la réponse de 9 db. Une
pression de 50 mm de mercure la de 20 db'. Pas de modifica
tions notables du profil de la courbe. Ces observations permettent
aux auteurs de conclure à l'évidence d'une localisation dans l'oreille
interne du phénomène de distorsion, et non dans l'oreille moyenne,
car une pression introduite produirait de beaucoup plus importantes
altérations. . I. G.
927. — R. S. HUNT. — Damping and selectivity of the inner ear
( Amortissement acoustique et sélectivité dans V oreille moyenne). —
J. A. S. A., XIV, 1942, p. 50-57.
L'hypothèse de Helmholtz selon laquelle la courbe de résonance
de l'oreille est comparable à cetfe d'une corde tendue ou d'un diapason
doit être fausse. D'après les courbes de Wegel et Lane sur ce même AUDITION 479
problème, Härtridge a établi une formule correspondant de très
près à la formule de 5 résonateurs en série. Mais il est maintenant
certain que l'oreille humaine ne possède pas anatomiquement un tel
système de résonateurs. L'amplitude des résonateurs de l'oreille ne
peut être directement mesurée. D'ailleurs il doit y avoir, à part ces
résonateurs, un mécanisme qui distord la relation entre l'énergie
appliquée et la réponse. Ce mécanisme est comparable au système
de contrôle de volonté automatique d'un récepteur de radio, ceci
impliquant que l'amplitude de vibration de la membrane basilaire a
une valeur approximativement égale à la racine cinquième de la
valeur qu'elle aurait si un tel système n'intervenait pas. Une expé
rience mise au point par Hallpike, Härtridge et Rawdon Smith
montre que la réponse cochléaire est proportionnelle à la racine
carrée de l'énergie du stimulus. L'auteur discute ensuite les diverses
hypothèses émises sur le rapport entre l'intensité de perception et
l'énergie acoustique. Ces diverses formules montrent que l'amortiss
ement est très important. Enfin l'auteur aborde le problème des
variations de tension des fibres de la basilaire, pour îme même fr
équence dont le niveau d'intensité varie, et pour différentes fréquences
à niveau constant. Les résultats sont classés dans des tableaux.
I. G.
928. — H. G. KOBRAK. — A cinematographic study of the conduct
ion Of sound in the human ear (Étude cinématographique de la
conduction du son dans l'oreille humaine). — J. A. S. A., XIII,
1941, p. 179-181.
L'étude est faite sur le cadavre frais en tenant compte des
modifications post-mortem subies par les différentes structures de
l'oreille, dont la plus importante est Kabsence d'activité musculaire.
Pour l'analyse des vibrations acoustiques, une technique strobso-
copique est indispensable. La question de l'éclairage est également
importante : 64 illuminations jjar seconde conviennent bien pour les
basses fréquences. La méthode la plus favorable est l'observation
des différentes parties du système conducteur sous des incidences
appropriées. Le stimulus, produit par un générateur B. F. est conduit
à l'oreille externe par un tube de caoutchouc. Le film démontre la
complexité de la fonction de l'oreille moyenne. Il y a une différence
bien définie entre l'enregistrement des basses et des hautes fréquences.
On observe une zone de résonance très nette dans le médium. Pour
une intensité modérée, un accroissement d'intensité est suivi d'un
accroissement correspondant de l'amplitude des vibrations ossi-
culàires. Pour les hautes fréquences, on observe un changement
d'axè de ces vibrations. I. G.
929. — H. B. PERLMAN. — Stroboscopic examination of the ear
(Examen stroboscopique de V oreille): — Annals of Oto., LIV, 3,
septembre 1945, p. 483.,
Une technique stroboscopique permettant l'observation des
mouvements tympaniques sous l'influence d'un son de 60 p/s est
décrite ici. L'éclairage qui permet la visualisation
de ces mouvements est maintenu à moins de dix périodes en plus ou
en moins de la fréquence excitatrice. II faut employer une forte 480 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
intensité. Dans la surdité de perception, on ne constate pas de
modifications dans les mouvements tympaniques. De même dans
l'otosclérose. Les tympaniques sont diminués si la
pars tensa présente une perforation. Les mêmes conséquences sont
entraînées par une rétraction du tympan. R. C.
930. — O. LARSELL, E. Me CRADY et J. LARSELL. — Develop
ment of the Organ of Corti in relation to the inception of hearing
(Développement de Vorgane de Corti en relation avec le début de
V audition). — Ar. of Otolaryngology, Chicago, octobre 1944, XL,
4, p. 233-248."
L'apparition de l'audition chez le jeune opossum a été étudiée
par plusieurs auteurs, soit au moyen de réflexes de tressaillement, soit
au moyen des potentiels cochléaires. L'opossum naît au quinzième
jour de la vie embryonnaire, mais ce n'est qu'au cinquantième jour
qu'il atteint le développement des mammifères nouveau-nés. Cette
vie embryonnaire qui s'accomplit dans la poche marsupiale permet
d'étudier coniparativement la différenciation histologique de l'organe
de Corti et le fonctionnement de l'oreille interne. Cette différenciation
commence dans la partie supérieure de la spire basale et la partie
adjacente de la spire moyenne : les piliers se forment ainsi que les
cellules phalangiennes et la plaque réticulaire, l'extension se faisant
à partir de la zone précitée aussi bien dans le sens apical que dans
le sens basai. Fonctionnellement, les premiers sons perçus sont situés
entre 1.000 et 1.300 p/s et ils s'étendent jusqu'à 200 et 26.000. Il y a
également une amélioration du seuil. La différenciation de l'organe
de Corti peut être interprétée comme améliorant l'élasticité de la
membrane basilaire. Théoriquement, ces faits s'expliquent mieux si
on abandonne le principe de résonance pour adopter les vues de
Reboul exprimées dans une formule mathématique. R. C.
931. — R. CAUSSE. — Sur l'origine des potentiels cochléaires.—
B. B., CXXXVIII, 1944, p. 450-452.
Il y a persistance des potentiels cochléaires pendant une heure
souvent après la mort. Or Hansen (1941) a trouvé des signes de
dégénérescence de l'appareil de Corti déjà au bout de 2 à 3 minutes ;
il y a très tôt des vacuolisations, des affaissements cellulaires surtout
pour les ciliées externes. Cela tend à éliminer le rôle de cet appareil
dans la production des potentiels. H. P.
932. — R. CAUSSE et Pb CHAVASSE. — Recherches sur. les potent
iels cochléaires du cobaye après stimulation auditive intense. —
B. B., CXXXVIII, 1944, p. 847-849.
Dans une cabine isolée acoustique ment, à parojs non réverbé
rantes, 5 cobayes sont exposés à un son de 1.000 p. sec et 100 db
pendant un temps variant de 96 à 408 heures consécutives. Après la
durée la plus longue, il n'y a plus de réponse, au potentiel cochléaire.
Avec les autres durées, on observe une diminution des potentiels
d'autant plus marquée que la durée d'assourdissement augmente,
et inégalement répartie pour les diverses fréquences stimulatrices
(maxima pour le son de 1.000 et ses harmoniques, sauf dans un cas
où le maximum correspond à 1.300 p. sec). AUDITION 481
A cette occasion les auteurs ont décelé une importante cause
d'erreur. Le haut-parleur transmettant le son de façon prolongée se
trouve modifié, sans doute par action de la chaleur, et donne en
particulier un pourcentage croissant d'harmoniques. H. P.
933. — R. GAUSSÉ et P. GHAVASSE. — Relation entre la valeur
des potentiels cochléaires et l'intensité du stimulus chez le cobaye.
— B. B., CXXXVIII, 1944, p. 146-147.
Stimulation progressive, de 3 en 3 db, et potentiels cochléaires
dérivés à l'apex enregistrés chez 15 cobayes. La courbe des ampli
tudes en fonction des logarithmes d'intensités est sigmoïde, mais, on
pourrait négliger les inflexions initiale et terminale, approchant le
plafond de réponses. Les potentiels P sont proportionnels à une cer
taine puissance des stimuli S/ P = KS°, puissance ayant une valeur
moyenne de 0,71, mais très variable (avec extrêmes de 0,54 et 1,6),
ce qui donne à penser à des influences perturbatrices. H. P.
934. — AKSEL JUUL. — Investigations on the microphone effect
of the cochlea with some remarks on a new technique (Recherches
sur l effet microphonique cochléaire avec quelques remarques sur
une technique nouvelle). — Acta Ph. Se, VII, 1944, p. 261-270.
Mise au point d'une technique très soigneuse. L'effet microphon
ique, qui atteint chez le cobaye jusqu'à 1 mv, a un seuil de visibilité
de 0,01 mv : d'après ce seuil pour les diverses fréquences, la courbe
d'audibilité du cobaye s'est montrée à peu près identique à celle de
l'homme, établie dans les mêmes conditions de stimulation tél
éphonique.
Quand l'apex du limaçon est détruit, il n'y a plus de réponse aux
sons bas (au-dessous de 1.500 p. sec). Avec les sons de 2. 000 et
au-dessus, la réponse n'est pas modifiée.
L'inflammation de l'oreille moyenne entraîne la disparition de la
réponse quand le réflexe de Preyer disparaît. A la mort, l'effet est
immédiatement réduit des 4 cinquièmes, décroît ensuite et disparaît.
Divers poisons injectés (quinine, acide salicylique, etc.), d'action
probablement centrale sur l'audition, n'ont pas d'effet appréciable
sur la réponse cochléaire. H. P.
935. — K. LOW Y. — Cancellation of the electrical cochlear response
with air and bone conducted sound (Extinction de la réponse
électrique cochléaire à un son par conduction aérienne et osseuse
simultanée). — J. A. S. A., XIV, 1942, p. 156-158.
Du point de vue physique, la conduction du son à l'oreille interne
apparaît beaucoup plus compliquée par voie osseuse que par voie
aérienne, et la question est de savoir si l'excitation sensorielle dans
l'oreille interne est de la même nature pour les deux types de conduct
ion. L'auteur a repris en les perfectionnant les expériences de Békésy,
Bârény, Wever et Bray. L'oreille d'un chat est excitée par le même
stimulus pur, simultanément par voie aérienne et osseuse, et les
potentiels recueillis sur la fenêtre ronde sont observés à l'oscill
ographe cathodique. Les potentiomètres sont réglés de façon à ce
que les potentiels soient égaux par chaque voie séparément pour une
même fréquence. La phase au stimulus par conduction osseuse est
l'année psychologique, xlv-xlvi • 31 .
-«. f. - - — -
482 . ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
changée jusqu'à extinction totale de l'effet microphonique : ce fait
indique que les potentiels engendrés dans la cochlée par conduction
aérienne et osseuse simultanée, peuvent s'annuler les uns les autres.
Ceci n'implique pas que les deux sortes de phénomènes prennent
naissance dans les mêmes éléments de l'oreille interne, mais l'expé
rience suivante vient à l'appui de cette hypothèse : une fois obtenue
l'annulation des potentiels, ni le changement de position del'électrode
sur la cochlée, ni le changement de place du vibrateur osseux ne
mettent fin à ce phénomène. L'auteur ajoute que des mesures quant
itatives de la phase pourraient être faites. I. G.
936. — K. LOWY. — The change of phase caused by impedance
deafness (Changement de phase causé par une surdité de résis
tance). — J. A. S. A., XIII, 1942, p. 389-392.
Les potentiels cochléaires sont pris sur la fenêtre ronde chez le
chat. On les observe sur l'oscillographe cathodique, de même que le
stimulus à l'entrée recueilli par un microphone. L'auteur crée une
surdité de transmission en immobilisant la chaîne des osselets en
. injectant de l'huile minérale dans la bulle tympanique de l'animal : il
observe le changement de phase de la réponse : l'amplitude décroît
graduellement tandis que la phase change proportionnellement. À
aucun moment l'amplitude ne s'annule. Le sens du changement de
phase diffère suivant les fréquences, mais pour une même fréquence
il reste le même pour tous les animaux observés. Qualitativement le
changement dé phase de la réponse cochléaire sous injection d'huile
est le même que celui observé dans un simple système vibrant si on
augmente le frottement sans changer les deux autres constantes, la
massé et la rigidité. Si on applique sur le marteau une pression
constante sans modifier le frottement ni la rigidité, le changement
de phase qui en résulte est qualitativement le même que celui observé
par accroissement de la rigidité dans un simple système vibrant.
I. G.
937. — R. GALAMBOS. — Cochlear potentials elicited from bats by
Supersonic sounds (Les potentiels cochléaires de la chauve-sçuris
•produits par les ultra-sons). — J. A. S. A., XIV, 1942, p. 41-49.
Une description est d'abord faite de l'oscillateur supersonique uti
lisé, de ses possibilités, et de l'appareillage de contrôle. L'auteur opère
sur 4 espèces différentes de chauves-souris en période d'hivernage.
Les potentiels sont recueillis sur la cochlée même de l'animal. Il étudie
la courbe de réponse maxima en fonction de la fréquence : l'animal
répond de 30 cycles à 98 kylocycles, mais cette limite supérieure
est la limite supérieure de l'oscillateur, et probablement pas la limite
de perception auditive de l'animal. Il est vraisemblable d'ailleurs
que la forme de la courbe serait modifiée si on plaçait l'électrode
en un autre point de la cochlée. La réponse diminue puis disparaît
lorsque l'animal meurt. La chauve-souris émet elle-même des ultra-,
sons : on a vérifié ce phénomène en tenant devant l'oreille de
l'animal en expérience une active : des réponses à ces
« cris supersoniques » ont été recueillies. L'auteur étudie ensuite la
réponse cochléaire en fonction de l'intensité du son : pour une
fréquence donnée, la réponse augmente avec l'intensité, passe par AUDITION 483
un maximum puis diminue, et si on fait décroître alors l'intensité,
le phénomène se produit dans l'ordre inverse, mais à aucun point il
n'atteint son niveau initial. On obtient une véritable courbe d'hystér
ésis, ce phénomène étant attribué à la fatigue. Cependant, si on
répète l'expérience plusieurs fois de suite, on obtient toujours cette
forme de courbe, mais le maximum croît, ce qui est à rencontre de
l'hypothèse de fatigue : des expériences donnent l'explication de ces
faits, qui sont dus à la contraction réflexe des muscles intra-auri-
culaires sous l'excitation des ultra-sons. La longue discussion de ces
observations implique, très sérieusement que la chauve-souris entend
les ultra-sons, sans toutefois le prouver. Comme conséquence de
l'excitation des muscles auriculaires par les sons supérieurs à 55 kilo-
cycles, il est probable que les impulsions du nerf auditif excité par
ces sons arrivent au système nerveux central de la chauve-souris.
I. G.
938. — J. SEGAL. — Analyse quantitative du seuil auditif. — B. B.,
CXXXIX, 1945, p. 240-241.
S. envisage trois facteurs linéaires, constance de la pente limite,
(dans l'évolution de la pression au cours d'une vibration), perte
diélectrique dans le processus microphonique cochléaire (augmentant
en raison inverse de la fréquence), perte mécanique par impédance.
Sous l'action des trois facteurs, la courbe des seuils doit évaluer en
raison inverse de la troisième puissance de la fréquence, ce qui
s'accorde avec les faits.
Le seuil ne dépendrait que des caractéristiques du stimulus
vibratoire individuel, indépendamment de la fréquence. Et, de fait,
avec un oscillateur donnant des décharges dé condensateur à fr
équence variable sans modification de la stimulation individuelle,
le seuil, aux fréquences hautes et moyennes, s'est montré complè
tement indépendant de la fréquence, une variation insignifiante
s'observant aux basses. H. P. "
939. — J. SEGAL. — Les variations du temps d'établissement de sen
sations auditives en fonction de la fréquence. — B.B., CXXXIX,
1945, p. 369-370.
L'auteur a tenté l'analyse quantitative de la relation avec la
fréquence du nombre de vibrations nécessaire pour engendrer une
sensation tonale différentiable, en relation avec le seuil diffé
rentiel.
Contrairement aux déductions de la théorie résonantielle, la
courbe du nombre minimum dé vibrations ne décroît pas avec la
fréquence dans la région des fréquences basses, mais reste sensible
ment horizontale jusqu'à 800 p. sec, ce qui correspond au plafond
de fréquence des influx d'une fibre acoustique ; il y a là un rebondissebrusque de la courbe (passant de 3 ou 4 à 7 v. d) ; un autre
rebondissement se marque à 1.600 p. sec, après quoi la courbe
s'élève linéairement conformément aux déductions d'une théorie
téléphonique.
S. y voit un très fort argument en faveur de la détermination
centrale et non spécifique de la hauteur tonale. H. P.