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Comment organiser les activités scientifiques

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Les Petits Chercheurs Tous chercheursNotre manière de concevoir les activités scientifiques repose sur une conviction profond e: tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, culturelle ou géographique so ntcurieux, ont le désir d’apprendre et de grandir, ont aussi le goût de manipuler… en un mot ils sont des chercheurs en puissance.Dans la vie de tous les jours, les enfants sont confrontés à des phénomènes scientifiques e tdans la plupart des cas, ils ne peuvent pas les expliquer. Cependant, ils sont curieux d enature et attendent des réponses. Le risque est grand de les voir se satisfaire de répons estoutes faites car la curiosité procède du désir et non de la raison, car elle n’exige pas d ecohérence et se satisfait de réponses toutes faites (voir J. Billard, 1994). Il faut donc transformer cette curiosité en besoin de comprendre et pour cela faire en sor teque l’environnement humain (adultes et enfants) et matériel soit organisé en ce sens. La salle des « Petits Chercheurs » est conçue pour autoriser et susciter les questions, e tconstruire des éléments de réponse.C’est un lieu de recherche, d’expérimentation, de construction, de manipulation, d econfrontation et de communication, où l’enfant, seul puis en groupe, va se construire un savoir personnel, au départ de son vécu et de celui des autresI. l apprend par lui-mêm e,mais avec les autr.esLes échanges, les confrontations, les réflexions, les hypothèses, les questions, les essai s ...
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Les Petits Chercheurs
Tous chercheurs Notre manière de concevoir les activités scientifiques repose sur une conviction profonde : tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, culturelle ou géographique sont curieux, ont le désir d’apprendre et de grandir, ont aussi le goût de manipuler… en un mot ils sont deschercheursen puissance.
Dans la vie de tous les jours, les enfants sont confrontés à des phénomènes scientifiques et dans la plupart des cas, ils ne peuvent pas les expliquer. Cependant, ils sont curieux de nature et attendent des réponses. Le risque est grand de les voir se satisfaire de réponses toutes faites car la curiosité procède du désir et non de la raison, car elle n’exige pas de cohérence et se satisfait de réponses toutes faites (voir J. Billard, 1994).
Il faut donc transformer cette curiosité en besoin de comprendre et pour cela faire en sorte que l’environnement humain (adultes et enfants) et matériel soit organisé en ce sens. La salle des « Petits Chercheurs » est conçue pour autoriser et susciter les questions, et construire des éléments de réponse. C’est un lieu de recherche, d’expérimentation, de construction, de manipulation, de confrontation et de communication, où l’enfant, seul puis en groupe, va se construire un savoir personnel, au départ de son vécu et de celui des autres.Il apprend par lui-même, mais avec les autres. Les échanges, les confrontations, les réflexions, les hypothèses, les questions, les essais et les erreurs… tout cela va l’aider à construire sa propre représentation mentale des notions scientifiques, en relation avec les activités réalisées.
Ne considérons pas les enfants comme des « profanes » qu’il faut initier au savoir des « spécialistes », mais comme des êtres capables (tous) d’intervenir dans la Science en train de se faire… comme les savants, qui sont et seront toujours en train dechercher, car la Science n’en finit pas de savoir… Les scientifiques ne font-ils pas ce que les enfants font naturellement ? Les enfants ne seraient-ils pas des scientifiques qui s’ignorent ?
Ne voyons pas la Science comme une accumulation de connaissances, mais comme une dynamique jubilatoire, en rendant à la démarche scientifique son sens premier, sa spontanéité, sa capacité à s’exercer naturellement.
Les expériences/constructions doivent avoir un effet déstabilisantde manière à rendre les enfants curieux,chercheurs. Le travail de l’animateur n’est pas de fournir une explication : «expliquer empêche 1 d’apprendre chaque fois que cela dispense de chercher» . Il est là pour transformer la frustration de l’absence d’explication en désir de chercher, pour aider à émettre des hypothèses et les mettre à l’épreuve, pour aider àvérifier ce qu’on pense. Cette démarche est empreinte de respect pour les enfants car nous leur montrons que nous 2 les croyons capables de s’ouvrir au réel, de l’interroger, de s’y heurter, s’y confronter .
1 Charles PEPINSTERdans « Pratiques d’éducation nouvelles », n°1, 1995, p14. 2  Cetteconfrontation avec le réel est indispensable. BACHELARDLa, indiquait déjà en 1938 dans « formation de l’Esprit scientifique» que chaque enfant a des représentations premières différentes, issues de sa propre histoire et «qu’elles lui servent de référent pour appréhender le monde» ; qu’elles lui donnent du sens et surtout qu’elles semblent cohérentes et satisfaisantes, même si elles
Les enfants prendront alors conscience de leurs propres capacités de chercheurs. L’activité doit être un subtil mélange de curiosité, de difficulté, de plaisir et d’échange.
Il arrivera que des questions restent en suspens, ou que les réponses soient incomplètes. Il faut cependant que les enfants se rendent compte que les réponsesexistentet que toutes ne conviennent peut-être pas, qu’il faudra les comparer, les essayer et les mettre à l’épreuve pour comprendre.
En pratique… Les activités scientifiques peuvent se dérouler de la manière suivante et en suivant les étapes décrites ci-dessous.
1. Unpetit groupe d’enfants (3 par exemple) choisit une activité (réalisation, énigme…) et se lance dans la réalisation. On les laisse tâtonner, choisir le matériel, les outils. En veillant seulement à la sécurité. Les enfants construisent, jouent, s’approprient l’expérience et se questionnent. 2. Lesenfants vont montrer aux autres ce qu’ils ont réalisé, expliquer comment ils ont procédé, faire part de leurs observations, de leurs questions, de leurs réponses et leurs déductions. 3. Legroupe va réagir : poser des questions, avancer des réponses, faire des suggestions, d’autres propositions. Des expériences nouvelles peuvent-elles vérifier ce qu’on pense ? 4. Lesenfants (avec l’animateur) vont maintenant formuler une loi provisoire ou un constat de la manière la plus exacte possible (à leur niveau) et trouver une schématisation qui va exprimer l’essentiel de ce qu’ils ont compris.
Le rôle de l‘animateur Animer sans imposer, sans diriger…mais sans s’effacer et laisser faire : tâche complexe et délicate, maiscombien passionnante ! Au cours des deux premières étapes, l’animateur doit observer ce qui se fait et écouter ce qui se dit, en restant à distance, en ne cédant pas à la tentation de dire : «c’est juste, c’est faux, c’est vrai…, là tu te trompes, tu fais une erreur…». Il (elle) doit relever les contradictions, les signaler, les renvoyer aux enfants, en choisissant ce qui va les aider à se rendre compte par eux-mêmes de ce qui ne va pas dans leur démarche. Au moment de la réflexion collective, son rôle est décisif car il va falloir choisir parmi tout ce qui va se dire, ce qui va permettre d’affiner une analyse, d’avancer dans la prise de conscience, de structurer les éléments qui vont vers la conceptualisation et sa formulation.
Dans ce schéma, apprendre les sciences, ce n’est plus ajouter des faits supplémentaires, des connaissances qui deviennent vite obsolètes, c’est développer chez les enfants une disponibilité, une ouverture, une curiosité pour ce qui n’est pas familier ou évident.
3 « Apprendre des sciences, c’est changer le regard sur le monde »
sont fausses (par rapport à celles qui sont officiellement admises). En montrant aussi que ces conceptions initiales sont tenaces et que des connaissances formelles peuvent s’y superposer sans les détruire ou les supprimer, il exprimait l’idée que des événements extérieurs devaient déstabiliser le modèle pour que l’enfant soit amené à le reconstruire.
3 A. GIORDAN, « Faut-il supprimer les sciences à l’école ? », in Prisme, mai 2007, HEP, Lausanne, pp8-11.
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