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Comportement des Invertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 356-366

De
12 pages
L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 356-366
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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d) Comportement des Invertébrés.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 356-366.
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d) Comportement des Invertébrés. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 356-366.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1928_num_29_1_4835356 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
241. — K. VON FRISCH. — Versuche über den Geschmacksinn
der Bienen. II [Recherches sur le sens gustatif des Abeilles. II). —
Die Naturwissenschaften, XVI, 18, 1928, p. 307-315.
Le seuil des réactions à l'eau sucrée se montre très différent su
ivant les Abeilles ; mais cela représente le seuil de l'attraction par le
sucre, non le seuil de la saveur sucrée. En effet, en laissant jeûner
les abeilles on abaisse le seuil d'attraction de 17 % à 4 % ; parfois
même 2 %, cette limite n'étant pas dépassée.
En ce qui concerne les conditions chimiques du goût sucré, elles ne
paraissent pas les mêmes pour l'abeille que pour l'homme : la sac
charine, la glucine, la dulcine, des glucosides tels que l'enpatinne
et l'acide glycyrrhizinique se comportent comme dépourvus de saveur
ou doués d'une saveur amère. Même dans les sucres proprement
dits, si le glucose, le fructose, la saccharose, le tréhalose, le maltose,
le mélézitose sont sucrés, les galactose, mannose, sorbose, lactose,
mellibiose, cellobiose, raffinose, etc., n'ont pas cette saveur, sans
qu'on voie dans la constitution la cause nette de cette différence,
qui se rencontre dans les monosaccharides, les disaccharides et les
trisaccharides. H. P.
242. — I. VAN BAAL. — Versuche über Temperatursinn an Blu
tegeln (Recherches sur le sens thermique chez les sangsues). — Z. für
ver. Ph., VII, 3, 1928, p. 436-445.
Les excitants efficaces chez les sangsues à la recherche de la nour
riture sont chimiques, mécaniques et thermiques. En ce qui concerne
ces derniers, on manquait de données, en dehors de l'observation de
Gee (Univ. of California Publ. in Zool, 1913, XI, 197) que les san-
sues (Dina microstoma) réagissent négativement à une paroi d'un
récipient d'eau à 70°, et ont une activité accrue dans un milieu à
37° et de l'expérience de Löhner constatant qu'un récipient de
sang défibriné froid n'attirait pas les sangsues, qu'il l'attirait, à
40°C., un liquide quelconque à cette température exerçant la même
attraction (Biol. Zentr., 1915, XXXV). L'auteur a procédé à une
étude systématique de la réaction de toute une série d'espèces de
sangsues à un tube capillaire traversant leur récipient et où circulait
de l'eau à une température donnée (calculée d'après la différence
entre les températures à l'entrée et à la sortie du tube).
Hirudo medicinalis présente une réaction positive dès que le
tube a une température supérieure de 3° à celle du milieu (compris
entre 18° et 20°) ; pour que la sangsue évite le tube, il faut que la
température y dépasse 65°.
En revanche aucune des autres sangsues, parasites d'animaux à
sangs froids, suçant des poissons, vers ou mollusques, n'a présenté
de réaction positive à l'excitant" thermique, la réaction négative
pouvant être obtenue aux températures élevées. H. P.
d) Comportement des Invertébrés l
243. — J. B. LOOPER. — Observations on the food reaction o!
Actinophrys (Observations sur les réactions alimentaires d'A). —
Biological Bulletin, LIV, 1928, p. 485-502.
1. Voir aussi les n08 171, 188, 189, 190, 192, 193, 196, 197, 198, 203, 204, 205,
208, 209, 210, 211, 222, 223, 224, 225, 231, 233, 235, 789. ZOOLOGIQUE ET BfOLOGlE 357 PSYCHOLOGIE
Chez ce protozoaire — capable d'une certaine discrimination dans
le choix de la nourriture — l'auteur a remarqué que, vis-à-vis d'une
proie grande et active, il se formait ent e plusieurs individus une
sorte de colonie temporaire à fonction coopérative, ce qui lui suggère
la notion d'une coopération de ce genre, plus durable, à l'origine de
la formation des organismes pluricellulaires. H. P.
244. — GOTTFRIED FRAENKEL. — Ueber den Auslösungsreiz
des Umdrehreflexes bei Seesternen und Schlangensternen (Sur
Vexcitant déclenchant le réflexe de retournement chez les astéries et
les ophiures). — Z. für ver. Ph., VII, 3, 1928, p. 365-378.
Ce sont les pieds a/nbulacraires qui sont les récepteurs provoquant
la flexion dorsale des bras, première phase du retournement, quand
l'animal renversé se redresse ; il suffit que le contact du support
manque pour que le réflexe se manifeste (réflexe qui existe encore
quand le tégument dorsal est enlevé, ce qui montre que ce n'est pas
la sensation de contact à ce niveau qui est efficace, et quand on enlève
l'intestin, que Wolf envisageait comme un organe statique). Mais la
question n'est pas résolue pour les ophiures, car, même la section
chez ceux-ci de presque tous les pieds ambulacraires n'empêche pas
le retournement pas plus que les autres opérations faites sur l'astérie.
H. P.
245. — KONRAD HERTER. — Bewegungsphysiologische Studien
am dem Egel Hemiclepis marginata 0. F. Müll, mit besonderer
Berücksichtigung der Thermokinese [Etude de la physiologie mot
rice de la sangsue H. m., en considérant particulièrement la ther-
mokinèse). — Z. für ver. Ph., VII, 4, 1928, p. 571-605.
A 0° immobilité complète de la sangsue ; entre 10° et 20° crois
sance linéaire de la vitesse de locomotion avec la température,
croissance plus rapide entre 20° et 23° ; moins rapide entre 23° et 32°
plus rapide encore entre 32° et 34° ; moins entre 34° et 37°
A partir de 37° les mouvements deviennent incoordonnés, à 40° il y
a rigidité, et la mort survient à 4l°5. Le coefficient Qi0 atteint 2
à 3 entre 5° et 25°.
Les divers mouvements de cette sagsue (parasite des Poissons et
des Batraciens) sont énumérés et décrits. H. P.
246. — KONRAD HERTER. — Reizphysiologie und Wirtsfindung
des Fischegels Hemiclepis marginata O. F. MÜH. (Physiologie de
V excitation e de la manière de trouver l'hôte chez la sangsue H. m.),
— Z. für ver. Ph., VIII, 3-4, 1928, p. 391-444.
La sangsue étudiée (parasite temporaire des Poissons et Batraciens)
présente un thigmotactisme positif, du moins vis-à-vis de surfaces
lisses, un rhéostactisme positif, un phototactisme négatif (simple
« phobotactisme» sans orientation vis-à-vis de la lumière) avec inter
mittences brèves de phototactisme positif, un géotactisme positif
(devenant négatif dans l'eau altérée), un galvanotactisme catho
dique.
L'animal affamé (et pouvant rester plusieurs mois sans nourri
ture) réagit aux ombres portées qui provoquent l'alarme, de même ■



ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 358
qu'à des ébranlements, ou à la présence à distance d'un poisson qui se
révèle chimiquement (du suc de poisson agit de même). La sangsue
reconnaît son hôte au contact, et une fois fixée sur lui, ne réagit pas
à divers stimuli (à la lumière par exemple). H. P.
■■ >*
— J. TEN GATE. — Nouvelles observations sur l'hypnose dite 247.
animale. Etude d'hypnose chez Octopus vulgaris. — Ar. néerl.
de Ph., Xïïl, 1928, p. 402-4-86.
L'hypnose est -difficile à produire chez le Poulpe, parce qu'elle
exige qu'on supprime le mouvement des ventouses et les excita
tions de contact corrélatives. L'auteur a réussi à la provoquer en
prenant l'animal par le corps et en le retournaftt brusquement avec
effacement des bras. Si tes tentacules ne touchent rien, ils retombent
ftnmobiles et mous, et l'hypnose se produit, avec inhibition des
réflexes.
11 faut alors une forte excitation pour provoquer le réveil. H. P.
248. — HERMANN SCHULZ. — Ueber die Bedeutung des Lichtes
im Leben niederer Krebse (Sur la signification de la lumière dans la
oie des Crustacés inférieurs). — Z. für ver. Ph., VII, 3, 1928, p. 488«
552.
Etude sur les Daphnies, qui présentent des réactions phototro
piques différentes à l'éclairement supérieur et à l'éclairement latéral,
réactions disparaissant après ablation totale des yeux (non modifiées
par la suppression des yeux accessoires). Mais, même aveuglées, les
Daphnies présentent encore des réactions caractéristiques à la
lumière (outre les modifications générales de métabolisme étudiées
par S.) : elles vont vers celle-ci (le plus vite vers le jaune et le vert du
spectre, comme les crustacés normaux), elles fuient l'ultra-violet
(dont l'action intense n'est donc pas conditionnée par la réception
oculaire ou du moins pas exclusivement). Les variations positives
ou négatives d'éclairement continuent à provoquer un ralentiss
ement ou une accélération passagère de la fréquence cardiaque, ce
qui implique une action excitatrice directe de la lumière sur le cœur
(l'éclairement isolé de l'œil chez la Daphnie normale n'ayant pas
d'effet sur la fréquence cardiaque qui est modifiée, par ralentissement,
quand on projette la lumière sur le cœur, isolément).
Les éclairements ou obscurcissements brusques continuent enfin
à provoquer des réactions chez les Daphnies aveuglées. H. P.
249. — MAURICE THOMAS. — L'Instinct ehez les Araignées. —
Bull, et Ann. de la Soc. ent. de Belgique, LXVIII, 1928, p. 176-
186.
Nouvelles contributions à l'étude du comportement des Araignées :
Scytodes thoracica se nourrit à peu près exclusivement de petites arai
gnées qu'elle vient dévorer dans leur toile ; uniquement chasseresse,
elle ne sécrète pas de soie en circulant, à l'inverse de ce qui avait été
dit. Bien que tissant des toiles voisines, les Agelena labyrinthica ne
peu-vent cohabiter et s'entre-dévorent. Chez Ocyale mirabilis, après
contact avec la femelle, le mâle aurait tendance à construire des PSYCHOLOGIE ZÖÖLÖGIQUE £T BIOLOGIE 359
-cocons ; ceci paraît à l'auteur plaider contre la théorie de l'origine
intéressée de certains instincts maternels. Mais, si l'instinct des fe
melles se trouve héréditairement transmis à des mâles, comme
l'admet T. pour ce cas particulier, cela ne permet aucune inference
sur l'origine réelle de l'instinct. H. P.
250. — J. G. et I. H. MYERS. — The significance of Cicada song
(La signification du chant de la cigale). — Psyche, XXXII,
1928, p. 41-57.
D'après des observations faites en Nouvelle-Zélande sur les
cigales, le chant de ces Hémiptères sert à l'attraction réciproque
des sexes, facilitant la pariade au cours de la vie, très courte, dö
l'insecte parfait. H. P.
251. — J. COMIGNAN. — Contribution à l'étude du déterminisme
du fouissement chez quelques Arthropodes. Etude du fouissement
des Scarabées en rapport avec leur activité générale. - — B. B.,
XCVIII, p. 127-129, et p. 1410-1412.
D'après les observations faites principalement sur le Géotrùpe, il
^apparaît que le fouissement n'est obtenu que lorsque l'animal est dan«
tin certain état d'excitabilité, état dépendant en partie des condi
tions extérieures (de la température en particulier) ; l'excitabilité est
surtout d'ordre tactile, et un contact provoque alors le fouissement,
contact d'un obstacle, où simplement excitation par un pinceau.
Le Scarabée sacré (et il en est de même quelques autres espèces
voisines) ne s'enfouit qu'après avoir fabriqué une pilule de matière
stercorale et l'avoir charriée.
Les facteurs de milieu régissent l'activité de l'animal qui est
attiré par la lumière, par la chaleur jusqu'à un certain optimum
(voisin de 21°), en sorte que l'animal fouit si la température äu âol
•est inférieure à 21° ou supérieure à 24°, et par les matières stercoralös
(quand il est à jeun). On peut faire enfouir un Scarabée dans la
matière stercorale, sans qu'il fasse de boule, comme un Géotrupe,
si l'on élève la température à 30° ; à 27° on peut lui faire rouler
une boule quelconque (de papier ou d'argile).
Il y a là un intéressant essai d'analyse du déterminisme d'une
activité complexe, essai qui est de nature à faire plus particulièr
ement regretter la mort prématurée du jeune naturaliste qui avait
le sens précieux et rare de l'observation biologique. H. P.
262. — H. BOULANGÉ. — Sur le déterminisme du fouissement chez
la larve de Neurotoma flavivéntris Retz. — B. S. ent., 1928, n° 16,
p. 254-259. — Comment s'enterrent les larves de Neurotoma jlavi
vëntris. — An. S. Ent., XCVI, p. 233-239.
L'auteur relate des observations qui, faites indépendamment de
celles du regretté Comignan, s'en rapprochent assez étroitement.
Pour la larve d'Hyménoptère étudiée par B., les variations de
température n'interviendraient pas dans le fouissement, qui serait
conditionné par une évolution interne, un certain état de maturité.
La nécessité d'un obstacle est apparue aux deux observateurs, mais
B. avait pensé à une action mécanique plutôt qu'à une stimulation 360 AIN'ALYSFS BIBLIOGRAPHIQUES
réflexe. Dans le cas de sa larve l'attitude de fouissement paraît,
effectivement déterminée avant la rencontre de l'obstacle et non
suscitée par celui-ci, et le fouissement ne s'effectue pas si l'obstacle*
n'est pas assez résistant. H. P. ■
253. — L. B. CLARK. — Adaptation versus experience as an expla
nation of modification in certain types of Behavior (Adaptation
ou expérience comme explication de la modification de certains types
de comportement). — J. of exp. Z., LI, 1928, p. 37-50.
Etude sur les mouvements de manège de Notonecta undulata après
suppression fonctionnelle d'un œil (recouvert d'une couche de bi
tume).
L'animal est laissé à l'obscurité plusieurs heures, puis exposé à un
faisceau de lumière horizontale : il marche vers la lumière en décrivant
des cercles. En répétant l'épreuve, on obtient une marche directe
vers la lumière au 43e essai. Mais, si on remet l'animal à l'obscurité,
le mouvement de manège reparaît. En revanche, qu'on laisse l'an
imal à la lumière un temps suffisant avant les essais, il y a marche
directe d'emblée. L'élimination du manège est donc le résultat, non
d'un apprentissage, mais d'une adaptation à la lumière, diminuant
la sensibilité des ommatidies postérieures qui commandent l'orienta
tion latérale. H. P.
254. — C. DUMONT. — Expériences sur la modification prof onde
du régime alimentaire de diverses chenilles. — An. S. Ent., XCVII,
1928, p. 59-104.
L'auteur a obligé toute une série d'espèces de chenilles à se con
tenter, comme nourriture, de carottes, alors que leur régime naturel
était tout différent. Il y a. quelquefois, de la part des chenilles, une
réaction de répulsion pour cette nourriture inhabituelle, avec con
traction, mouvements d'éloignement, et ces chenilles se laissent
mourir d'inanition plutôt que de goûter à la carotte ; dans la plu
part des cas, il y a exploration défiante, et, sous l'influence de la
faim, des essais qui parfois ne durent pas, mais qui, souvent se tra
duisent par une alimentation normale avec le mets nouveau. Mais
l'aliment accepté est cependant parfois nocif, entraîne la mort des
chenilles, ou est simplement insuffisant pour entraîner le développe
ment normal. Ce dernier est obtenu chez un certain nombre d'es
pèces. . H. P.
255. — E. et P. FISCHER. — Observations et expériences sur les
évolutions des mouches pendant le vol. Les réactions au mouve
ment. — B. Biol., LXI, 4, 1927, p. 397-427.
En déplaçant horizontalement un disque de carton blanc près
d'un Diptère (un Syrphe par exemple) en vol stationnaire, on cons
tate que le déplacement lent est sans effet, que,v plus rapide, il pro
voque une réaction brusque et passagère d'éloignement, et, plus
rapide encore, une réaction brusque d'approche vers le disque.
Ce qui agit c'est la vitesse angulaire du mobile vu par la mouche
(la réaction disparaissant quand les yeux sont vernis). Les auteurs
pensent que les réactions à un objet mobile lumineux quand l'animal PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 361
I
est en vol stationnaire doivent se produire quand l'objet est immob
ile et que c'est la mouche qui se déplace devant lui, d'où certains
actes (de « danse » en particulier) qu'on observe dans le comporte
ment des Diptères. H. P.
256. — J. LEGENDRE. — La psychologie de Culex pipiens. —
C. R., CLXXXVII, 1928, p. 774-776.
Le fait qu'en l'absence d'une nappe d'eau les femelles du moust
ique, au moment voulu, ne pratiquent pas l'émission des œufs con
duit l'auteur à admettre une prolongation volontaire de la gestation
attribuable à l'instinct ou à l'intelligence. H. P.
257. — PAUL ROTH. — Les Ammophiles de l'Afrique du Nord. —
— An. S. Ent., XCVII, 1928, p. 153-240.
Dans ce travail d'ensemble, notons quelques remarques biologiques.
Après Fabre, Banks (Sleeping habits of certain Hymenoptera,
J. N. Y. Ent. Soc, X, 1902, p. 209-214), R. signale la curieuse atti
tude raidie de certaines Ammophiles endormies : une A. Sabulesa
femelle, tenue sous cloche, dort rigide en se tenant par les mandib
ules aux pétales d'une Composée, le corps vertical, insensible aux*
oscillations imprimées à son support.
D'autre part l'auteur examine la question des rassemblements
estivaux maintes fois observés chez A. hirsuta. Il relate les concept
ions de Rabaud sur le grégarisme souvent attribué à un «instinct
grégaire », et cherche aussi à rendre compte des faits par une réunion
de facteurs régissant le comportement de Pammophile : estivation,
instinct de protection des femelles cherchant à s'abriter la nuit,
attraction exercée par certains emplacements dans un milieu de
montagne.
Ce sont « les facteurs éthologiques qui, comme l'a écrit Lameere.
agglomèrent les organismes dans un même milieu ». H. P.
258. — H. L. PARKER et W. R. THOMPSON. — Contribution à
la biologie des Chalcidiens entomophages. — An. S. Ent., XCVII,
1928, p. 425-465.
Données fragmentaires obtenues par observation d'une douzaine
d'espèces dans le midi de la France.
Celles concernant le Melittobia acasta, qui a été l'objet déjà de
nombreux travaux, apportent d'intéressantes données sur les ba
tailles de mâles, sur la fécondation (très minutieusement observée
avec des préliminaires prolongés montrant le rôle des caresses pour
l'obtention d'une collaboration nécessaire de la femelle) sur la ponte,
sur la parthénogenèse (la femelle vierge donnant de 35 à 90 œufs,
tous mâles, tandis que la fécondée donne jusqu'à 1200
mais avec 50 à 60 œufs mâles seulement).
La femelle, dans la cellule où elle est éclose, attend d'être fécondée
pour aller vers la lumière (ou, en l'absence de mâle sort sous l'i
nfluence de la faim) ; le besoin dé nourriture (besoin de sang) l'entraîne
vers la victime qui servira d'hôte propice à l'élevage de la progéni
ture : « Là où elle se nourrit, elle pond. » H. P. 362 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
258 bis. — F. PICARD. — Le parasitisme et l'hyperparasitisme
chez le Torymus nigricornis Boh. — B. S. Ent., 1928, n° 6, p. 109-
111.
La première larve éclose des œufs de ce Chaleidien parasite des
galles du Diplolepis quercus dévore tous les autres œufs et reste
seule sur l'hôte. Mais parfois une nouvelle ponte survient quand une
larve est déjà en train de se développer ; la larve plus jeune parasite
alors la première larve et commence à s'en nourrir, alors que celle-
<;i se nourrit de l'hôte, et, devenue trop lourde, ne peut plus se dé
fendre.
11 n'y a donc pas de spécificité dans le choix de la victime par la
larve, mais seulement dans le choix instinctif de la mère. H. P.
259. — - E. ROTJBAUD. — L'art paralyseur chez l'abeille âomestiwe.
— B. S. Ent., 1928, n° 20, p. 318-319.
L'auteur a recueilli, à l'entrée d'une ruche d'abeilles noires, une
ouvrière morte à côté d'une Vespa germanica portant encore l'aiguillon
dévaginé de l'abeille en pleine tête, tout le venin avait été déversé
dans la masse cérébrale, ce qui impliquait un coup d'aiguillon bien
précis dans une position difficile. « Une pareille précision relève
"■d'habitudes d'attaque très sûres », dit l'auteur, qui rapproche cet
instinct de l'art paralyseur des autres Hyménoptères collectionneurs
de proie. Et de fait, l'action du venin d'abeille peut entraîner aussi
une survie (2 à 15 jours chez des chenilles) des proies paralysées,
quand la quantité de venin injecté est convenablement dosée.
Ce dernier fait est intéressant, et montre que l'action paralysante
peut exister sans utilité fonctionnelle ; mais en ce qui concerne
l'affirmation de la précision de Part paralyseur, on s'étonne que
l'auteur l'appuie sur une observation unique ! H. P.
260.— Frère CLAUDE JOSEPH (H. JANVIER). — Recherches
biologiques sur les Prédateurs du Chili. — An. Se. N., XI, 1, 1928,
p. 67-207.
Des nombreuses et intéressantes observations de l'auteur sur lös
Hyménoptères chiliens, il y a beaucoup à tirer au point de vue de la
psychologie animale. Voici, tout d'abord, les données sur l'orienta
tion spatiale :
Des Crabro brevinodus nidifiant dans des pieux rapportent des
pucerons à leurs larves. Les pieux arrachés, ils revinrent pendant
deux jours avec leurs proies, volant à la hauteur de leurs galeries,
au niveau des nids, localisés exactement encore en l'absence de
repères immédiats (p. 81).
Les Bembex brullei partant à la chasse bouchent leurs cellules en
nivelant consciencieusement le sol, mais les retrouvent sans hésita
tion, même quand on modifie l'aspect des lieux. Dans un cas où
l'auteur avait mis une brique sur l'entrée de la galerie, le Bembex
réussit à la rejoindre en creusant une nouvelle guidé sans
doute par l'odorat (p. 102).
En revanche les repères jouent un rôle essentiel chez le Sphex
Lcureilli : une femelle a creusé sa galerie sous une large pierre et
l'approvisionne de sauterelles ; la pierre déplacée, eile passe près du PSYCHOLOGIE ZOOLOfilQUE ET BIOLOGIE 363
nid sans le voir, creuse vainement sous la pierre. La pierre remise,
-elle retrouve la galerie. A un nouveau voyage, la pierre est encore
■déplacée, elle ne retrouve pas le nid et l'abandonne (p. 188).
Le Sceliphron vindex, chasseur d'araignées, revient au nid par le
chemin le plus court, et atterrit en se fondant sur la présence de
repères ; s'il ne les trouve pas, il retourne .d'où il vient, et change un
peu sa direction, recommençant jusqu'à rencontrer des repères. Il
.suffit alors de changer ces repères pour le désorienter (par exemple en
couvrant une pierre-repère avec un chapeau ou un journal) ; le chan
gement de l'entrée de la galerie trouble la reconnaissance et pro
voque son abandon (p. 171).
Quelques données sont relatives à l'odorat et à la recherche des •
«exes.
A Féclosion dans le sable, les mâles du Bembex brullei sortent les
premiers ; ils commencent alors à creuser des galeries qui sont tou
jours dirigées vers la cellule où une femelle se trouve non encore
libérée ; dès leur sortie les femelles sont entourées d'un grouillement
de mâles et fécondées aussitôt (p. 99).
Les faits sont très voisins avec Microbembex sulfurea : les mâles
dégagés volent au ras du sol, contre le vent, tapotent le sable avec
l'abdomen et l'auscultent de leurs antennes, avec de véritables accès
de trépignements et des grattages, plusieurs mâles se disputant pour
gratter un même endroit.
En creusant des points grattés, l'auteur a trouvé des femelles sous
une couche de 2 à 5 centimètres de sable, à travers laquelle était
perçue l'odeur de la femelle (p. 118).
Enfin l'auteur a observé des réunions nocturnes d'Hyménoptères,
chez Monedula Chilensis et chez Sphex Latreilli.
Pendant une semaine, l'auteur a trouvé des grappes de 400 à
500 individus de la première espèce sur un arbre où ils devaient
venir de très loin. La dispersion se faisait aux premières chaleurs du
soleil.
En marquant d'encre rouge pulvérisée 200 individus d'une grappe
et en coupant les antennes de 50 autres, il retrouve au même endroit
le lendemain 56 guêpes marquées, et 8 sans antennes, et à 200 mètres
de là, sur un saule, dans une autre grappe, 11 marquées et 3 sans
antennes. Au bout de 8 jours, il en trouvait encore 23 de marquées et
4 sans antennes ; il n'en retouvait plus un mois après. Dans les grappes
il trouvait surtout des femelles (212 contre 9 mâles dans un cas,
326 contre 17 dans un autre).
Au contraire chez le Sphex, ce sont les mâles qui se réunissent
ainsi, exclusivement (grappes nocturnes engourdies de 500 individus)
tandis que les femelles dorment dans leurs galeries.
Ainsi, dans cette espèce « les mâles qui se poursuivent avec tant
d'acharnement pendant le jour se réunissent le soir, ils passent la
nuit en bonne harmonie et se réchauffent mutuellement ».
Ces réunions transitoires, après de longs parcours, sont bien
curieuses, et Rabaud en a déjà cité des exemples, posant ce problème
de sociologie animale auquel les contributions du frère Joseph four
nissent un appoint de faits. H. P. 364 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
261. — JEAN CASAMAJOR, — L'orientation de Formica pratensis.
— R. scient., 14 juillet 1928, p. 406-410.
Le comportement de la Fourmi des prés apparaît à l'auteur comme
proche de celui du Pigeon voyageur.
La vision de la fourmi est courte, l'animal est myope, son horizon
est peu développé. Elle ne, tourne pas les obstacles quand un détour
léger apporterait une économie d'effort : elle va droit devant elle et
n'hésite pas à franchir des obstacles même très difficiles. Lorsqu'une
proie qu'une fourmi traîne a réussi à s'échapper un instant, elle est
souvent sauvée : sur une surface grande comme un sou, la fourmi ne
la retrouve pas. Par contre l'audition semble fine et sûre.
Transportée doucement de son gîte à une distance même faible
(1 mètre), l'animal ne semble pas se rendre compte aussitôt du dépla
cement. Après 30 minutes, il est encore sur le lieu où il a été déposé
B
a
Si l'on veut obtenir un certain déplacement, il faut prélever la
fourmi au moment où elle voyage. Un transport de 25 mètres dans la
direction n'empêche pas un retour rapide au nid, mais ce retour est
précédé d'une courbe complète fermée sur la direction du nid.
Lorsqu'on prend soin de modifier l'itinéraire d'un quart de cercle
par rapport à la direction primitive, l'animal ne prend le chemin du
retour qu'après deux courbes, concentriques (voir fig. 1 et 2). La
connaissance des lieux peut supprimer ces circuits d'orientation.
Le soleil sert de guide aux fourmis circulant en plein jour, ainsi que
Rabaud l'a bien montré, mais l'orientation vespérale est encore mal
expliquée. La consistance du sol et la configuration du terrain jouent
un rôle. Une rigole crée une difficulté analogue à celle qu'offre une
vallée au Pigeon. La section des antennes aurait une influence moins
décisive que ne le croit Forel. Comme les Pigeons, les Fourmis se
raient sensibles aux perturbations atmosphériques. I. M.
262. — SE VERIN ICARD. — Comment une fourmi partant en
exploratrice ou allant seule à la provende retrouve-t-elle au retour
son orientation vers le nid ? — C'est la lumière solaire qui permet
à la fourmi isolée de retrouver son orientation vers le nid. — B. B.r
XCIX, 1928, p. 1802-1804 et 2011-2014.

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