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Comportement des vertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 352-374

De
24 pages
L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 352-374
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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e) Comportement des vertébrés.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 352-374.
Citer ce document / Cite this document :
e) Comportement des vertébrés. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 352-374.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6342»
352 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pas un simple tropisme, il est multiforme et dépend de combinai
sons de « réflexes associatifs » ; des facteurs multiples agissent sur
le processus complexe de la reconnaissance sexuelle ; celle-ci est
notablement perturbée par exemple quand la femelle, au lieu d'être
en position normale, est plaoée sur le dos.
On a là un exemple de plus du fait souvent signalé du complexe
syncrétique des perceptions animales ; les réactions perceptives sont
troublées par des modifications, en apparence insignifiantes, des com-
plexus. H. P.
CARL SGHLIEPER. — Der Farbwechsel von Hyperia galba (Le
changement chromatique d'H. G.). — Z. für. ver. Ph., Ill, 5, 1926,
p. 547-557.
L'amphipode, commensal des Méduses, qu'a étudié S. est trans
parent quand il repose sur une méduse, et brun rouge quand il nage
dans le jour (redevenant transparent la nuit et, de façon générale, à
l'obscurité, en une demi-heure environ)*
Or, à la lumière du jour, c'est uniquement l'excitation tactile de
l'animal posé sur substrat qui entraîne le changement de livrée
(quelle que soit la nature, la couleur et la clarté de ce substrat). Sur
papier blanc ou noir, YHyperia devient transparente par contrac
tion des chromatophores : si elle doit nager, elle redevient brune par
extension des chromatophores, en 5 minutes. H. P.
e) Comportement des Vertébrés
MAURICE CHARVOZ. — Recherches biologiques expérimentales
sur les fonctions sensorielles et psychiques des Téléostéens. — Un
vol. in-8 de 236 p. Paris, 1926.
Cette thèse de doctorat ès-sciences naturelles a été faite sous la
direction de Rabaud et apporte les résultats d'assez nombreuses
expériences sur des poissons d'eau douce, épinoches surtout, tanches,
carpes.
L'auteur a vérifié que les stimuli odorants, sapides, sonores, mécan
iques, lumineux et chromatiques, pouvaient engendrer des réac
tions adaptées comme chez les vertébrés supérieurs.
Il a particulièrement étudié la ligne latérale, dont la suppression
(par anesthésie, cautérisation ou ablation) entraîne chez le poisson
du ralentissement, de l'incoordination, de déséquilibre, des troubles
de la circulation tégumentaire et du jeu des chromatophores.
L'auteur en conclut « que la ligne latérale, organe de sensibilité aux
courants, à la température, à la salinité, à la pression du milieu peut-
être, aux courants électriques, est en quelque sorte un avertisseur
général du danger et joue ainsi un rôle de défense de l'organisme »,
provoquant des «réflexes moteurs des nageoires pectorales surtout,
d'équilibre et de statique du corps, dans le milieu liquide où il évolue,
de coordination motrice et de régulation vaso-motrice de& éléments
chromatiques » .Ces conclusions ne laissent pas de dépasser beau
coup les résultats des expériences de l'auteur.
Au point de vue de la documentation, elle est un peu étroite* en PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜE ET BIOLOGIE 353
-ce qui concerne les travaux étrangers, ceux de Parker en particul
ier n'étant pas utilisés.
Dans une troisième partie, C. a étudié la mémoire, par la méthode
du labyrinthe, (en utilisant le phototropisme négatif, la recherche
de l'obscurité, comme facteur d'activité), montrant, par le progrès
des épinoches dressées, par la diminution des temps d'essai, l'exis
tence d'un apprentissage mnémonique dont les effets se marquent
encore nettement après des intervalles de deux semaines.
Il eût été désirable de voir établir des courbes d'apprentissage et
des courbes d'oubli, l'auteur paraissant s'être satisfait de la démonst
ration de la réalité du phénomène mnémonique chez les poissons.
Quelques expériences, en cours de route, montrent que l'orien
tation dans le labyrinthe est principalement conditionnée par des
impressions tactiles (et qu'elle est abolie par l'anesthésie des lèvres),
beaucoup plus que par les impressions visuelles (le vernissage des
yeux n'entraînant qu'un très faible ralentissement), du moins chez
les poissons étudiés qui recherchent l'obscurité. H. P.
VIKTOR HAMBURGER. — Versuche über Komplementärfarben
bei Ellritzen (Phoxinus laevis). [Recherches sur les couleurs complé
mentaires chez les vairons). — Z. für ver. Ph., IV, 2, 1926, p. 286-
304.
L'auteur conclut son travail en déclarant qu'on peut avec deux
lumières colorées complémentaires obtenir une lumière qui, pour le
poisson étudié, est semblable à la lumière blanche.
Mais le détail des résultats permettrait aussi bien de conclure le
contraire.
En effet, après avoir dressé les poissons à aller chercher leur nour
riture dans une zone éclairée par de la lumière blanche, bien distin
guée de toute lumière spectrale colorée (90 % de réussites), en réali
sant des mélanges spectraux incolores à l'œil humain, de bleu et de
jaune ou de rouge et de vert bleu, on n'arrive pas à obtenir plus de
48 % de réussites en opposant cette lumière à diverses lumières
spectrales. Comme il y a prédominance du choix de cette lumière
mélangée vis-à-vis de toute lumière colorée, isolément envisagée
(sans données numériques sur le choix des diverses couleurs), l'au
teur conclut que le mélange de couleurs complémentaires est le plus
semblable au blanc. En changeant les proportions, ou les longueurs
d'onde, des lumières mélangées, qui paraissent alors colorées à
l'œil humain, les réussites ne changent guère, comme si le mélange
restait aussi semblable au blanc pour le poisson.
On voit que ces faits ne donnent pas à la conclusion un appui très
décisif. H. P.
J. P. FROLOW. — Bedingte Reflexe und Hemmungen bei Fischen
(Réflexes et inhibitions conditionnels chez les poissons). — XII.
Intern. Physiol. Congress. Abstracts, 1926, p. 56-57.
Malgré l'absence d'écorce, il y a formation de réflexes condition
nels commandant la réaction de fuite avec des stimuli lumineux ou
sonores associés à une excitation électrique, et d'inhibitions condi
tionnelles également.
l'année psychologique, xxvii. 23 354 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Chez Ja tanche (Tinea vulgaris), l'auteur réalise cette inhibitiom
du réflexe conditionnel au son par la lumière ou inversement. II
obtient aussi des differentiations par mise en jeu du mécanisme
« analysateur », une lumière rouge ou une lumière verte étant asso
ciée isolément au choc électrique et provoquant seule des réactions
d'agitation. H. P.
LÉON BERTIN. — L'anguille en eau douce. — Nat., n° 2746,
20 nov. 1926, p. 323-326.
L'anguille, on le sait, se reproduit — et naît — dans l'Atlantique*
dans la mer des Sargasses. C'est là que la larve (le leptocéphale)
croît, se développe et commence à se transformer en civelle. Arrivée
à ce point de son développement, la jeune anguille quitte son lieu
d'origine et se rapproche petit à petit des côtes européennes, en sui
vant le Gulf-Stream. Elle achève sa transformation dans les estuaires
des fleuves d'Europe. C'est la température — beaucoup plus que le
degré de salinité — qui semble jouer le plus grand rôle dans l'ach
èvement du développement de l'animal ; c'est elle notamment qui
détermine la rapidité de la pigmentation.
La durée de la vie dé l'anguille adulte est de 5 à 7 ans pour le mâle-
et de 7 à 9 ans pour la femelle. (La durée de la vie leptocéphalienne
[marine] est d'environ 3 ans). Un moyen ingénieux d'évaluer l'âge
des anguilles adultes est d'examiner les stratifications de l'otolithe
qui sont faites de zones saisonnières : zones étroites d'hiver, zones
larges d'été.
Le voyage de retour commence à l'automne. L'animal revêt une
sorte de « costume de voyage » dos noirci, ventre et flancs argentés. La
vitesse de la migration est, d'après quelques évaluations, de l'ordre
de 13 kilomètres par jour. A ce taux, pour les anguilles finlandaises
le retour dans la mer des Sargasses durerait deux ans. I. M.
VERNON R. HABER. — The food of the Carolina Treefrog, Hyla
cinerea Schneider (L'alimentation de la grenouille arboricole de
Caroline). — J. of comp. Ps. VI., 2, 1926, p. 189-220.
Étude sur l'alimentation de cette espèce vorace qui, dit-on, mange
toute sorte d'animaux de taille presque égale à la sienne : en fait, ce
sont surtout des insectes, araignées, petits arthropodes que l'auteur
a trouvé par la dissection de l'appareil digestif d'une centaine de
sujets. Dès que l'animal passe de la vie aquatique à la vie aérienne,
il s'adapte immédiatement à son nouveau régime, saisissant toute
proie mobile qui passe à la portée de sa langue (et même à l'occasion
des corps inorganiques déplacés par un courant d'air). L'accouple
ment a lieu dans l'eau, il ne semble pas que l'animal mange pendant
cette période. D'après les insectes qu'il détruit, on peut le considérer
comme un animal utile à l'horticulture. P. G.
V. FORBIN. — Instincts et moeurs des Tortues de mer. — Nat.
N° 2727, 10 juillet 1926, p. 17-19.
Les Chéloniens pondent sur les grèves, à la nuit tombante. Elles
recouvrent soigneusement la ponte de sable, en repassant leurs
nageoires sur le dessus de la cachette. Les jeunes retrouvent faci- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 355
lement le chemin de la mer, mais un très grand nombre sont dévo
rées par des mouettes qui savent découvrir l'emplacement du nid et
qui guettent. I. M.
L. COOPMAN. — Les nids des petits oiseaux. — Nat., N° 2720»
22 mai 1926, p. 321-325.
On prête à l'oiseau une prudence et une prescience qu'il est loin
d'avoir. La plupart des oiseaux font leurs nids n'importe où, le long
des routes fréquentées, à portée de la main de qui voudrait s'en emp
arer, alors que, souvent, non loin de là il est des bosquets ou des
taillis où ils seraient à l'abri.
Des Chevêches nichent dans les vergers à portée des enfants et des
chats de la ferme ; des Troglodytes, dans la forêt, manifestent une
prédilection pour des huttes de bûcherons ; des Pinsons nichent dans
des haies, à 80 centimètres du sol.
Des Fauvettes, des Loriots, des Milans construisent des nids sou
vent très visibles de tous. Ils ne choisissent pas exprès des matériaux
visibles, mais ils ne les évitent pas non plus. Et « l'expérience » n'y
fait rien.
En réalité, on n'a pas le sentiment que l'oiseau ait le souci de
cacher son nid.
L'adaptation aux circonstances est d'ailleurs mauvaise d'une façon
générale : la protection contre le froid est médiocre, alors qu'un /peu
de soin suffirait pour assurer au nid un rembourrage suffisant. En
réalité, il y a une technique, toujours la même pour une espèce
donnée dans une région et un climat donnés, et elle ne se modifie
pas. I. M.
L. COOPMAN. — L'œuf des petits oiseaux. — Nat., N° 2722, 5 juin.
1926, p. 366-368.
Les anomalies de forme sont rares. La couleur, la pigmentation, la
distribution du pigment peuvent varier : œufs finement tachetés»
œufs à grosses macules, œufs pour ainsi dire blancs.
On avait prétendu que les œufs des oiseaux nichant dans des troncs
et les endroits sombres étaient presque toujours blancs. C'est loin
d'être exact. Les œufs de l'Etourneau, du Rouge-queue de muraille
sont bleu d'azur ; ceux du Moineau domestique presque bruns ; ceux
de la Mésange, de la Si telle maculés de taches rouges, etc.
On avait dit aussi qu'une ponte anormalement nombreuse dans
un nid était toujours le produit de deux femelles. C'est au contraire
exceptionnel.
Les Oiseaux reconnaissent mal leurs jeunes et leurs œufs, surtout
lorsque le volume est identique. Ils confondent assez facilement la
pigmentation : un Rouge-gorge qui pond des œufs ocreux accepte les
œufs bleus de l'Accenteur-Mouchet.
On parle souvent des ruses et artifices des mères-oiseaux. Il s'agit
le plus souvent d'observations superficielles. De nombreux oiseaux :
Pouillots, Fauvettes, Merles, Pies-Grièches, Vanneaux, Courlis,
signalent par leurs cris l'emplacement de leur nid. Le souci de diss
imuler le nid n'existe pas plus après la construction qu'avant. I. M. 356 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L. COOPMAN. — La récurvirostre avocette. — Nat., N° 2709,
6 mars 1926, p. 145-149.
L'oiseau se distingue, on le sait, par la longueur de son bec qui
peut atteindre 18 centimètres. Il nidifie dans le Midi de la France :
„ la,Camargue, le Languedoc, le Roussillon. Pour cantonner, il choisit
le voisinage d'eaux salées ou saumâtres. Il se nourrit de petits an
imaux aquatiques. Il se sert de son bec comme d'un sabre : il l'enfonce
dans l'eau ou la vase d'un coup sec et le fait claquer comme les
canards. .
L'avocette est sociable, elle vit en colonies. On a observé cependant
des hostilités et des combats. I. M.
A. ROCHON-DUVIGNEAUD. — Enquête sur l'orientation au
Pigeon-voyageur et son mécanisme. — Nat., N° 2727, 10 juillet
1926, p. 24-25.
Une étude précise de l'orientation devra comporter un examen des
propriétés et de la portée des divers sens dont l'animal dispose, non
seulement les trois sens de distance, mais les sensibilités thermique,
hygrométrique, etc. Elle devra être complétée, bien entendu, par la
recherche des phénomènes de physique du globe dont l'action peut
s'exercer sur l'être vivant : rayons lumineux, sons, odeurs, chaleur,
humidité, pression atmosphérique, phénomènes électromagnét
iques, etc.
L'auteur s'est attaché plus spécialement à l'étude des faits de
vision, qu'il connaît bien.
La puissance visuelle des Oiseaux est réelle, mais on l'a trop sou
vent exagérée. L'acuité visuelle est fonction de deux éléments prin
cipaux : o) Le pouvoir analytique de la rétine, très variable selon les
espèces animales ; b) La grandeur des images rétiniennes. On mesure
le premier par la détermination microscopique du nombre des terri
toires indépendants sur l'unité de surface au centre de la rétine
(cônes fovéaux), le second par. la distance entre le point nodal de
l'œil et la rétine.
En plaçant approximativement le point nodal du pigeon vers le
centre de son cristallin, c'est-à-dire à 8 millimètres de sa rétine, on
peut calculer que ses images rétiniennes ont environ le tiers des
images au fond de l'œil humain.
Mais les cônes fovéaux étant plus fins que ceux de l'homme, donc
plus nombreux sur l'unité de surface, il en résulte que le pouvoir
analytique est plus développé dans la fovea de l'oiseau que dans celle
de l'homme. La perfection de l'appareil optique et la présence des
boules colorées rétiniennes contribuent encore à augmenter l'acuité
visuelle du Pigeon. Elle est certainement supérieure à celle de l'homme.
Le champ visuel du Pigeon est assez étendu, par suite de la s
ituation latérale de ses yeux : il est de 300° environ, alors que celui
de l'homme ne dépasse pas 200°. Les deux champs monoculaires ne
coïncident que dans une zone médiane de 30° environ. Chaque fovea
regarde latéralement, à 30° au moins de la ligne médiane.
Cette vision, très bonne on le voit, n'a cependant rien de spécial
parmi les oiseaux. Elle est certainement inférieure à celle des Corvidés
et des Rapaces diurnes. Si donc il faut attribuer au Pigeon des fa- ZOOLOGIQCE ET BIOLOGIE 357 PSYCHOLOGIE
cultes d'orientation supérieures à celles des autres oiseaux, ce n'est
pas sa vision qui pourra les expliquer. I. M.
ET. RABAUD. — Enquête sur le mécanisme de l'orientation da
Pigeon-voyageur. — Nat., N° 2727, 10 juillet 1926, p. 26-27.
Les observations provoquées par l'enquête de la Nature ne sont pas
très concluantes. Il semble cependant qu'il faille, en dépit de certaines
résistances, revenir à une étude précise des conditions visuelles de
l'orientation qui n'ont pas été assez bien observées encore. La mé
moire visuelle des lieux doit jouer un rôle plus important qu'on ne
l'avait admis jusqu'à présent. En tous cas, tout ce qui gêne la visi
bilité (le brouillard, les temps sombres) gêne également l'orientation.
A cet égard, les observations sur les vols de nuit seraient particulièr
ement probantes. Malheureusement elles n'ont pas été conduites avec
assez d'objectivité. De là vient sans doute que leurs résultats sont
contradictoires. I. M.
CH. MAURAIN. — Les propriétés magnétiques et électriques ter
restres et l'orientation du Pigeon voyageur. — Nat., N° 2728,
17 juillet 1926, p. 44-45.
Un certain nombre d'auteurs ont admis l'influence des conditions
de physique du globe sur l'orientation du Pigeon. On a mis en avant
le magnétisme terrestre, l'électricité atmosphérique , l'émission de
radiations. Aucune expérience systématique n'a montré jusqu'à pré
sent le rôle de ces phénomènes. I. M.
JEAN CASAMAJOR. — Le mystérieux « sens de l'espace » chez les
Pigeons voyageurs. — Nat., N° 2748, 4 déc. 1926, p. 366-367.
Les orages magnétiques, perturbations diverses, les anomalies et en
général toute modification des pouvoirs ionisants de l'atmosphère
ont une influence notable sur l'orientation du Pigeon voyageur. C'est
par l'entremise de ces propriétés magnétiques que le sol agirait, et
l'aspect de son relief et de sa nature — que nous percevons par la
vue — pourrait n'être qu'apparence pour le Pigeon, qui le perçoit de
façon autrement précise à l'aide d'un sens plus fin.
Ce sens serait un sens électromagnétique. De même que la vue
perçoit les vibrations électromagnétiques du type lumineux, l'oreille
percevrait des vibrations du type hertzien.
« Ainsi s'expliqueraient : des phénomènes de mouvements sous l'i
nfluence du spectre électromagnétique (phototaxie, galvanotaxie) ;
l'équilibration et l'orientation, la mesure de l'espace oculaire (im
pressions labyrinthiques et impressions visuelles et labyrinthiques
associées) ; l'influence des ondes de T. S. F. sur l'orientation du
Pigeon voyageur (phénomène d'interférence) ; de la topographie
magnétique, et, en général, l'effet des pouvoirs ionisants de l'atmos
phère. L'orientation ne serait autre qu'une dérivée de la vue ; la mat
érialité de l'éther une fois de plus dénoncée par un autre sens. »
I. M.
ARM. MERCIER. — Le temps influence-t-il la migration des Oi
seaux ? — Nat., N° 2742, 23 oct. 1926, p. 266-269.
Quelques auteurs avaient pensé qu'il existait une relation étroite ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
entre les dates des migrations des oiseaux et les facteurs météorolo
giques : pression atmosphérique, force et direction du vent, tempér
ature, nuages, pluie, etc. Des recherches plus récentes semblent
infirmer cette idée. Les écarts de température pendant les migrations
d'une même espèce sont considérables (jusqu'à 18°). Les moyennes
des jours de migration prématurée et de migration tardive, qui
devraient concorder respectivement avec les moyennes des plus
hautes et des plus basses températures, ne concordent point avec
celles-ci. De même, la durée de la migration est sans rapport
l'état de la température. — L'influence du vent, de la pression atmos
phérique, de la pluie n'est pas plus décisive. Tout ce qu'on peut dire,
c'est que les Oiseaux évitent la tempête et surtout le brouillard, et
qu'ils sont impressionnés par une variation brusque du temps,
comme la gelée et la neige en mars-avril. I. M.
ARM. MERCIER. — Trouvailles d: oiseaux bagués. — Nat., N° 2700,
2 janvier 1926, p. 12-13.
Observations sur les routes migratoires de divers oiseaux.
Une Palombe (Columba p. palumbus L.) annelée a Dresde fut tuée
en hiver à Liancourt (Oise). Une autre, baguée en Prusse orientale,
fut trouvée en Italie. Une autre, marquée en Suède, fut reprise en
Portugal.
Plusieurs Pigeons columbins {Columba œnas L.) bagués à Dresde
furent tués dans les Pyrénées dans la première quinzaine d'octobre,
ce qui indique une migration hâtive.
Des Tourterelles, annelées en Sicile, furent trouvées en Grèce.
Un Puffier des Anglais, bagué en juin 1912 aux îles Scilly, fut
trouvé en janvier 1914 dans le Finistère.
Des Sternes, baguées en Allemagne, émigrèrent en Hollande, en
France, en Espagne, sur la Côte d'Ivoire.
Des Goélands bruns (Larus f. fuscus L.) annelés aux Iles Féroé
furent tués au Maroc et en Egypte.
D'autres espèces de Goélands (Larus c. canus L., par exemple),
sont fréquemment sédentaires au contraire. I. M.
OSWALD KROH. — Vergleichende Untersuchungen zur Psychologie
der optischen Wahrnehmungsvorgänge. — I. WALTHER GÖTZ. —
Experimentelle Untersuchungen zum Problem der Sehgrossenkons-
tanz beim Haushuhn (Recherches comparatives sur la psychologie
des phénomènes de perception visuelle. I. Recherches sur le problème
de la constance de grandeur visuelle chez la poule domestique). — Z. für
Ps., XCIX, 1926, p. 247-260.
Des poules dressées à picorer le grain « plus grand » le font sans
erreur lorsque ce grain est très éloigné, lorsque par conséquent son
image rétinienne est beaucoup plus petite que celle du grain « plus
petit », 30 fois plus petite dans certaines expériences de l'auteur.
L'expérience réussit aussi bien lorsque les grains sont dans la direction,
normale du regard de l'animal qui entre par un portillon, que lorsqu'ils
sont disposés latéralement, ou sur des hauteurs variées. Elle réussit
également lorsqu'on présente le plus gros grain en perspective.
La connaissance de la grandeur « absolue », la « transformation » ZOOLOGIQUB ET BIOLOGIE 359 PSYCHOLOGIE
«de la grandeur est très précoce. L'auteur a obtenu des résultats par
faitement nets avec un petit coq de 3 mois. I. M.
OSWALD KROH. — Vergleichende Untersuchungen zur Psychologie
der optischen Wahrnehmungsvorgänge. — II. OSWALD KROH
et ROBERT SCHOLL. — Ueber die teilinhaltliehe Beachtung von
Form und Farbe beim Haushuhn [Recherches comparatives sur la
psychologie des phénomènes de perception visuelle. II. Sur Vatten-
tion à un contenu partiel de forme et de couleur chez la poule domest
ique). — Z. für Ps., C, Î926, p. 260-273.
Une poule dressée à picorer sur des cercles bleus (graines libres) et
ijon sur des triangles rouges (grains collés) est invitée à choisir des
grains, tous libres, sur des triangles bleus et des cercles rouges. Elle
picore sans hésitation sur des bleus. L'impression de couleur
domine celle de la forme.
Si les grains sont disposés sur des triangles et des cercles blancs, la
poule picore indistinctement tous les grains. Elle n'a pourtant pas
oublié le dressage initial. Remise devant des cercles bleus et des
triangles rouges avec des grains, tous libres, elle fait de nouveau
comme on le lui a appris.
L'apprentissage de la forme est possible (triangles blancs : grains
collés ; cercles blancs : grains libres), mais il est plus long que celui de
la couleur.
L'auteur appelle le phénomène qu'il a observé : « attention à un
contenu partiel » (teilinhaltliche Beachtung). Ce terme lui paraît plus
objectif que celui d'abstraction. Mais il pense bien que le phénomène
■est le même. Et il se fonde, pour l'affirmer, sur le raisonnement sui
vant (que je schématise) :
Les auteurs qui ont traité de la psychologie de l'abstraction n'ont
pas considéré d'une façon exclusive le phénomène perceptif. Et c
ependant, implicitement, ils ont dû s'appuyer sur lui.
S'ils l'avaient fait d'une façon explicite, ils auraient abouti à la
notion d' « attention à un contenu partiel ». La réciproque doit être
vraie aussi. La conduite décrite est donc bien de l'abstraction, du
moins une première forme de l'abstraction, de la « perception abs-
active », si l'on veut.
On sera un peu surpris par ce raisonnement et par sa conclu
sion. I. M.
WERNER FISCHEL. — Haben Vögel ein « Zahlengedächtniss » ?
(Les oiseaux ont-ils une mémoire des nombres ?) — Z. für ver. Ph.,
IV, 3, 1926, p. 345-369.
Par la méthode du dressage, l'auteur constate que le pigeon apprend
à distinguer deux boîtes quand l'une porte deux points et l'autre
un seul, mais non quand l'une en trois (en ligne droite) et
l'autre deux; il distingue trois points en triangle d'un seul (plus
difficilement quand les trois points sont très rapprochés), moins bien
qu'un triangle dessiné d'un simple trait vertical. Des points marqués
ou des grains d'orge posés sur la boîte donnent les mêmes résultats.
Le chardonneret réussit à faire des distinctions beaucoup plus
subtiles, par la même méthode de dressage : il distingue 3 de 1 et de 2, 360 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
4 de 2, 5 et 6 de 3 (mais non 5 de 4, 7 de 5, 10 de 6) ; il distingue
12 de 6, 16 de 8, 20 de 10, 18 de 9, 14 de 7 ; après avoir appris à
distinguer 6 de 3, il est capable de le faire d'emblée pour 8 vis-à-vis
de 4. Mais s'agit-il là vraiment d'une mémoire des nombres ?
H. P.
ED. CLAPAREDE. — Mémoire chez la poule. — Ar. de Ps., XX,
8, 1926, p. 170.
Mémoire si extraordinaire qu'on ne peut l'envisager que comme
une exception : une poule dressée au réflexe conditionnel de picore-
ment sélectif sur des carrés roses, exécute correctement la tâche
apprise, après un an d'interruption, dès le premier essai. M. F.
J. R. LIGGETT. — A note on the reliability of the chick's perfo
rmance in two simple mazes {Note sur la constance du comportement
du poussin dans deux labyrinthes simples). — Ped. Sem., XXXII,
3, 1925, p. 470-480.
Des poussins ont été classés d'après le temps mis par eux pour
atteindre leur nourriture dans un labyrinthe en forme de couloir,
puis dans un autre en forme de T (moyenne des 3 déterminations
pratiquement suffisantes pour arriver à la fin de l'apprentissage).
Les épreuves ont été répétées après 30 jours. Les 4 classements, com
parés deux à deux sur 48 sujets, ont fourni 6 coefficients de corréla
tion, tous inférieurs à -f- 0,2. Une telle inconstance dans le comporte
ment de ces animaux permet de douter de la valeur de certaines lois
établies d'après des expériences de ce type. A. F.
VINCENZO ROBIMARGA. — Contributi allô studio dell' ipnosi
in alcuni animali domestici (Contribution à l'étude de Vhypnose
chez quelques animaux domestiques). — An. Med. Per., XXVIII,
1926, p. 45-58.
L'auteur, qui est vétérinaire, a fait un grand nombre d'expériences
sur des animaux variés pour engendrer un état d'hypnose (poulet
et oie ; chien, lapin, cobaye, cheval, bœuf, grenouille).
Et il se livre à des considérations générales qu'il donne comme
déduites des résultats qu'il a obtenus, mais qui dépassent singulièr
ement ses faits personnels (en ce qui concerne de nombreux animaux
qu'il n'a pas étudiés, lui-même et tout particulièrement ce qu'il
appelle les « propriétés hypnotiques actives »).
Voici l'essentiel de ces considérations : La facilité avec laquelle est
obtenue l'hypnose (propriété hypnotique passive) est inversement
proportionnelle à la taille de l'animal, en revanche la capacité, pour
un animal, d'en hypnotiser d'autres, est plus grande chez les animaux
de plus grande taille (propriété hypnotique active).
Tous les mammifères carnivores ont des propriétés hypnotiques
actives et passives, les grands herbivores (bœuf, cheval) n'ont aucune
de ces propriétés, les petits n'ont que les passives.
De même les oiseaux carnivores seuls ont les propriétés actives
(les herbivores n'ayant que les passives), et n'ont que de très faibles
propriétés passives.
Les serpents ont les propriétés actives et passives. Et, selon l'au-