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Comportement des Vertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 359-371

De
14 pages
L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 359-371
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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f) Comportement des Vertébrés
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 359-371.
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f) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 359-371.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1939_num_40_1_5787COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 359
■dos contre le ventre de l'agresseur ; d'autres les tiennent ventre contre
ventre ; il semble en tout cas que, pour être efficace, le venin de la
guêpe doive pénétrer au voisinage des nœuds ganglionnaires de la
■chenille. En règle générale la guêpe ne touche pas aux larves de son
espèce, mais des erreurs peuvent parfois être observées. D. W.
338. — ILSE KÖRNER. — Zeitgedäehtnis und Alarmierung bei den
Bienen (Mémoire du temps et signal d'alarme chez les abeilles). —
Z. für ver. Ph., XXVII, 4, 1939, p. 445-459.
Il avait paru que les abeilles dressées à venir chercher de la
nourriture à certaines heures ne se laissaient pas mobiliser quand
certaines ouvrières venaient donner l'alarme par leur danse annon
çant une découverte.
Une observation soigneuse a montré que, s'il en était ainsi, cela
tenait à ce que les abeilles ainsi temporellement dressées s'enfonçaient
dans la ruche et ne se trouvaient pas près de l'entrée dans les périodes
d'intervalle où elles se reposaient en attendant l'heure de la récolte.
Ce n'est que quand cette heure approche qu'elles reviennent près de
l'entrée et peuvent alors se trouver en contact avec les danseuses.
Mais, toutes les fois que l'alarme est donnée, si les abeilles dressées
se trouvent là, elles réagissent comme les autres, même en dehors
de leurs heures habituelles de récolte. H. P.
f) Comportement des Vertébrés
339. — K. v. FRISCH. — Zur Psychologie des Fisch- Schwarmes
( Sur la psychologie de la bande de poissons). — Naturwissenschaft
en, XXVI, 37, 1938, p. 601.
Étudiant, sur des « essaims » de vairons vivant dans un lac, l'effet
de signaux sonores annonçant un apport de nourriture, l'auteur a
constaté qu'un des poissons ayant été pris pouvait être remis à l'eau
sans que la bande fût effrayée ; mais, si on le tuait et remettait son
cadavre, moins d'une minute après avoir perçu sa présence, l'essaim
manifestait des signes de nervosité et de crainte, et, pendant plusieurs
jours souvent ne revenait plus chercher la nourriture qu'on lui
apportait. Des expériences, dans la nature et en aquarium, ont permis
de constater que la terreur — qui se communique à un poisson isolé
quand on le remet avec les autres — naît d'une perception olfactive
(la suppression de l'appareil récepteur entraînant la disparition de la
réaction) ; un extrait de peau de vairon suffit pour engendrer une
terreur durable. D'autres poissons, tués, laissent indifférent l'essaim
de vairons ; toutefois des extraits de peau de quelques Cyprinidés,
d'odeur sans doute assez voisine (comme l'ablette, le goujon, la
carpe) ont une action terrifiante analogue à celle du vairon lui-même.
H. P.
340. — E. HOUSSE. — Les oiseaux de proie du Chili. Essai étholo-
gique. — An. Se. N., 11e sM II, 1, 1939, p. 123-233.
Le condor entend mal, et ne trouve sa proie que par la vision ;
lâche, il attaque" les ruminants en cas de disette, mais par action
concertée, en bande ; l'un des assaillants saisit l'intestin par l'anus, 360 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
et le retire quand l'animal s'enfuit. Sociable, il peut s'apprivoiser et
aime être caressé.
. Le corbeau-vautour appelé urubu (Coragys atratus fœlens) est,
quoi qu'on en ait dit, dépourvu aussi d'odorat ; de la viande, qui est
prise si elle est découverte, est ignorée sous une mince couche de
foin. Quand un cadavre enterré est découvert, c'est qu'un urubu a vu
quand on l'enterrait ; et si l'un s'abat quelque part, beaucoup d'autres
viennent s'abattre près de lui ; il accourt au bruit des coups de
fusil. Quoique défiant, il s'apprivoise assez bien.
Le Cathartus aura Jota, voisin de l'urubu, n'a pas d'odorat non
plus ; l'ouïe est peu développée ; lâche, difficile à apprivoiser, il
attaque les bêtes vivantes, mais en bande.
L'épervier chilien (Accipiter chilensis) féroce, solitaire, audacieux,
attrape les oiseaux, ses victimes, au vol ; les conjoints se séparent
l'hiver et se retrouvent au printemps, tandis que chez VElanus
leucurus les conjoints restent unis leur vie entière.
La stabilité des couples s'observe encore chez le Peuco, qui est
sociable mais difficile à apprivoiser, et dont la vue est perçante.
Il n'y a guère que chez le Circus cinereus, timide, sociable, et
sédentaire, qu'on remarque une ouïe fine. H. P.
341. — D. M. LEVY. — On instinct satiation ; an experiment on the
pecking behavior of Chickens (Assouvissement de Vinstinct;
expérience sur la conduite de picorement chez les poussins). — J. of
gen. Ps., XVIII, 2, 1938, p. 327-348.
On observe cent poussins de 10 jours répartis en deux groupes à
conditions de nourriture égales, mais dont l'un est placé dans une
cage où le sol est recouvert d'un grillage fin les empêchant de picorer.
Le groupe de poussins présente rapidement des anomalies de compor
tement, dont la plus marquée est une conduite d'agressivité, ces
poussins s'entr'arrachent leur duvet jusqu'à denudation complète
du dos, se jettent contre les parois de la cage pour les picorer. On
fait varier les conditions de l'expérience à plusieurs reprises, mais
dans tous les cas il faudra que les poussins arrivent à satisfaire leur
besoin de picorer pour obtenir cessation des anomalies de compor
tement. I. L.
342. — E. PLATZ. — Wahrnehmung und Erinnerung bei der
Futterwahl von Vögeln (Perception et souvenir chez les oiseaux,
dans le choix de la nourriture). — Z. f. Tierps., III, 1, 1939,
p. 1-29.
Des chardonnerets et des tarins ont été placés dans diverses
conditions expérimentales en vue d'étudier l'orientation de l'appétit
et le mode de nourriture chez ces passereaux. En préseatant plusieurs
fois à l'oiseau en cage un carton qui supportait deux graines d'espèce
différente, on pouvait relever les fréquences relatives des choix ;
les résultats montrent de grandes différences individuelles. L'ordre
de préférence peut d'ailleurs être modifié, notamment lorsque les
graines sont offertes en tas; le tas plus gros est préféré. — En
plaçant les graines sur des maquettes de plantes (carotte et plantain)
on a observé une orientation spontanée plus fréquente vers la COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 361
carotte ; mais le plantain fut plus recherché lorsqu'il fut pourvu de
graines préférées, et les effets du dressage obtenu sur un spécimen
de la plante ont été immédiatement généralisés à d'autres spécimens
de l'espèce.
Entre deux maquettes semblables, mais comportant un nombre
inégal de branches, la discrimination n'a été réalisée — lorsqu'un
modèle de 8 branches a été présenté, — que si le second échantillon
n'en avait pas plus de 4 ; les chardonnerets semblent s'être guidés
par le choix absolu du modèle ; chez les tarins on a observé parfois
un comportement qui pouvait faire supposer une sensibilité diffé
rentielle insuffisante et le choix relatif (par comparaison des deux
modèles).
Devant des boîtes fermées qui contiennent de la nourriture
inégalement appréciée les oiseaux montrent parfois un comportement
de recherche active qui semblerait indiquer la capacité d'une évoca
tion spontanée des souvenirs.
Quelques différences de détail sont constatées entre chardonnerets
et tarins, et semblent expliquables par certaines différences dans le
mode de vie habituel de ces oiseaux. D. W.
343. — P. KUHLMANN. — Beobachtungen an einer durch Fluss-
seeschwalben (Sterna h. hirundo l.) aus vertauschtem Ei erbrüte
ten und aufgezogen Silbermöve (Larus a. argentatus Pontopp)
(Observations sur un goéland argenté couvé et élevé par une hirond
elle de mer, d'un œuf substitué). — Z. f. Tierps., III, 1, 1939,
p. 75-84.
Ayant substitué des œufs de goélands argentés aux œufs de
l'hirondelle de mer, K. a pu observer un cas de succès, une mouette
ayant été couvée et nourrie par ses parents adoptifs. Ce qui distingue
cette mouette de ses congénères nées et élevées dans des conditions
normales, c'est surtout un retard sensible de croissance (attribué par
l'A. à l'insuffisance quantitative de la nourriture qui n'était pas
adaptée aux besoins du goéland sensiblement plus élevés que ceux
des hirondelles de mer) ; en outre l'oiseau n'a pas manifesté en
présence de l'homme la timidité habituelle à l'espèce. D. W.
344. — W. ARNDT. — Absehliessende Versuche zur Frage des
Zählvermögens der Haustaube (Expériences finales sur la notion
du nombre chez le pigeon domestique). — Z. f. Tierps., V, III, 1,
1939, p. 88-142.
Ces expériences se rattachent à celles de Köhler et de ses élèves
(cf. An. Ps., XXXVIII, 421) ; elles ont pour but de vérifier si les
conduites observées par ces auteurs à la suite d'un dressage d'un
pigeon n'étaient qu'une performance individuelle exceptionnelle ou
bien un caractère de l'espèce ; il s'agissait aussi d'écarter définitiv
ement certaines critiques soulevées par ces résultats. Des expériences
de A. — dressage en vue d'une réponse au nombre — ont montré
entre les 10 pigeons qui ont servi de sujets des différences sensibles,
mais point considérables ; les résultats atteints par le pigeon de
Köhler, d'ailleurs k nouveau utilisé comme sujet, ont été retrouvés,
voire dépassés chez d'autres individus. 362 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Selon A., non seulement les pigeons purent être dressés à ne
prendre qu'un nombre déterminé de grains (de 1 à 6) dans un tas
ou sur un disque tournant sans que puisse être suspectée l'interven
tion du rythme ou la perception de la forme, de la figure (présentation
successive des grains un par un, à des intervalles de temps variant
irrégulièrement), mais encore on réussit à les dresser à ouvrir success
ivement plusieurs boîtes qui contenaient un nombre variable de
pois (de 0 au maximum permis) jusqu'à ce que les pois en soient
extraits juste en nombre permis. Le nombre permis ne pouvait
dépasser 6. Dans cette expérience, la plus difficile, les 6 pois devaient
être extraits, suivant les séries expérimentales, de 6, ou de 5, 4, 3, 2,
voire d'une seule boîte et la 7e, 6e, 5e, 3e, voire 2e boîte ne devait
plus être ouverte (les boîtes étaient recouvertes d'un carton léger que
l'oiseau avait appris à faire tomber) ; 9 boîtes étaient présentées
simultanément. La tâche est réussie aussi bien dans la présentation
simultanée des boîtes que dans leur présentation successive, au
moyen d'un disque tournant. En introduisant des variations dans
la couleur des boîtes une tâche plus complexe a pu être apprise :
prendre 4 pois dans les boîtes au couvercle blanc et 2 pois dans les
boîtes dont le couvercle était jaune barré de noir.
Le lecteur n'aperçoit pas clairement, à l'examen des tableaux
^et courbes d'apprentissage, la réussite effective du dressage.
D. W.
345. — E. R. JAENSGH. — Der Hühnerhof als Forschungs- und
Aufklärungsmittel in menschlichen Rassenfragen (La basse-cour,
moyen de recherches et source de lumières pour les questions raciales
chez Vhomme). — Z. f. Tierps., II, 1939, p. 223-258.
La poule, selon J., se prête particulièrement à l'étude des pro
blèmes qui intéressent certains aspects de la psychologie humaine,
car semblable en cela à l'homme, elle est un organisme « optoïde »
dont la vie dépend étroitement des facultés de la vision, alors que par
exemple, chez le chien, pourtant compagnon de l'homme, l'impor
tance de la vision s'efface devant celle de l'odorat.
Ayant étudié des races de poules acclimatées d'une part dans le
nord.de l'Europe, — en Norvège et dans l'Allemagne du Nord, —
d'autre part dans le Sud, — en Espagne et en Italie, — J. a observé
des différences caractéristiques, et qui peuvent être rapprochées de
celles observées chez l'homme du Nord et le Méridional. Les poules
des races nordiques se montrent moins agitées que les méridionales ;
lorsqu'on leur présente quatre écuelles remplies de graines, elles
passent moins souvent en picorant de l'une à l'autre, 4,5 fois en
moyenne au cours d'une expérience contre 11,25 fois chez les races
du Sud. Leurs mouvements sont plus lents : 172,8 coups de becs à la
minute lorsqu'elles picorent, — contre 217,2 chez les poules d'Italie
et d'Espagne ; l'enregistrement graphique du déplacement imprimé
à une gouttière mobile remplie de graines montre que les mouvements
des poules nordiques sont plus économiques. Lorsque la nourriture
fut placée sur un disque tournant dont la vitesse de rotation était
progressivement augmentée, les poules des races du Nord arrivaient
■encore à picorer lorsque les races du Sud avaient abandonné la COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 363,
partie, par suite de la trop grande vitesse de rotation. L'apparente
-contradiction de ce résultat qui ne semble pas s'accorder avec la
plus grande lenteur des Nordiques est expliquée par la plus grande
précision des mouvements, chez ces races, et leur comportement
mieux adapté aux circonstances (position normale au sens du mouve
ment du disque, légèrement de biais, alors que les méridionales se
placent parallèlement au mouvement, et dans la même direction, ce
qui ne leur permet pas de voir « venir » les graines).
Par contre, l'adaptation à la vision crépusculaire est bien meil
leure chez les races du Sud ; lorsque des couleurs spectrales sont
projetées sur un tas de graines, on peut déterminer la limite de
visibilité du spectre en observant les limites du champ au-delà des
quelles l'animal ne prend plus de graines parce qu'elles lui sont invi
sibles; cette limite, du côté de l'extrémité rouge du spectre, est plus
étendue chez les races du Sud que chez les Nordiques ; ces dernières
montrent par contre une plus grande sensibilité à l'extrémité bleue.
Toutes ces différences sont rapprochées de celles observées chez
les êtres humains lorsqu'on compare les populations de l'Allemagne
4n Nord et celles du Sud ; elles s'accorderaient aussi avec les observat
ions de J. et de ses élèves sur les types psychologiques : le type.
« intérieurement intégré », plus répandu dans le Nord, et le type
« extérieurement », fréquent parmi les Méridionaux.
Les observations de psychologie animale contribueraient donc à
élucider certaines interprétations de psychologie raciale chez l'homme,
notamment en ce qui concerne l'origine sociale ou biologique des
différences observées. L'article contient à ce sujet diverses considéra
tions de nature philosophique et politique. D. W.
346. — H. BRÜLL. — Über Verhaltungsweisen von Greifvögeln und
Vogelhunden (Sur les comportements des faucons et des chiens de
chasse). — Z. f. Tierps., I, 3, 1939, p. 84-87.
Quelques réflexions et quelques exemples destinés à montrer
l'importance que présente l'étude du comportement des espèces
sauvages pour l'organisation judicieuse de la domestication.
D. W.
347. — J. A. BIERENS DE HAAN et L. BIJLMER. — Verhal-
tungstendenzen weisser Mäuse in einem Labyrinth. — 1. Richtung
auf das Ziel, Antizipation und Beibehaltung der Laufrichtung
(Tendances de comportement des souris Manches dans un laby
rinthe. 1. Orientation vers le but, anticipation et maintien de la
direction de la course). — Z. f. Tierps., III, 1, 1939, p. 30-37.
Dans un labyrinthe dont le parcours correct comporte seulement
deux virages à droite (en négligeant les impasses placées symétrique
ment à droite et à gauche) Spence et Shipley ont observé sur des rats .
une tendance à préférer les culs-de-sac de droite à ceux de gauche, et
une à l'anticipation faisant pénétrer l'animal dans le
cttl-de-sac situé de même côté que la voie correcte avant d'être arrivé
à celle-ci. Les A. ont retrouvé en gros les mêmes tendances chez des
souris blanches ; mais ces animaux ont manifesté plus souvent que
les rats de S. et S. une tendance à maintenir la direction initiale de la 364 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
course (en dépassant le coude qui exigeait le virage) ; le virage anticipé
est moins fréquent que chez les rats ; et, contrairement à ce qui fut
observé chez le rat, les impasses de gauche sont préférées à celles de
droite. D. W.
348. — E. BRUNSWICK. — Probability as a determiner of rat
behavior (La probabilité comme déterminant du comportement du
rât). — J. of exp. Ps., XXV, 1939, p. 175-197.
Dans presque toutes les expériences d'apprentissage d'un choix
entre deux chemins, l'un est invariablement récompensé, l'autre ne
Test jamais. Qu'arriverait-il si les deux chemins, dans les épreuves de
dressage, ne se distinguaient que par la probabilité d'une récompense,
et quel serait l'effet d'une probabilité variable ?
Cinq groupes de 48 rats chacun ont été comparés dans les condi
tions expérimentales suivantes. Le premier groupe trouve toujours
à manger d'un côté, jamais de l'autre (groupe 100 : 0). Le second
trouve à manger dans 3/4 des cas d'un côté, dans 1/4 de l'autre
(75 : 25) : le troisième, respectivement dans 2/5 et 1/3 (67 : 33).
Pour le quatrième il y a toujours une récompense d'un côté, et seul
ement dans moitié des cas de l'autre (100 : 50) ; pour le cinquième,
jamais d'un côté, et dans moitié des cas de l'autre (50 : 0).
L'expérience a montré que le dressage était possible dans tous les
groupes sauf le troisième. Les résultats vont en décroissant dans l'or
dre suivant des groupes : 1er, 5e, 2e, 4e. Il semble qu'il y ait à la fois
une influence de la différence des probabilités et de leur rapport.
L'introduction d'une punition (à la place de la simple suppression de
la récompense) souligne le relief pris par ce facteur ; c'est sa probabil
ité propre qui devient décisive. Une permutation des sanctions entre
les deux chemins, exigeant un apprentissage inverse du premier, est
possible, mais dans certains groupes (75-25) elle crée une confusion
très sensible. Quoi qu'il en soit, chez le rat, la règle sans exception
ne semble pas avoir la valeur privilégiée qu'elle possède, par rapport
à une simple probabilité élevée, pour l'intelligence humaine.
P. G.
349. — F. S. KELLER. — Some experimental operations affecting
drive constancy (Quelques procédés expérimentaux affectant la
constance de V impulsion). - — J. of comp. Ps., XXVIII, 1939,
p. 63-72.
Quel est le régime expérimental qui assure une constance de
l'impulsion en jeu, c'est-à-dire de la faim ? Les animaux étaient
placés périodiquement dans un appareil où, en appuyant sur un
levier, ils obtenaient mécaniquement une portion de nourriture.
Chaque expérience durait un quart d'heure ; le rat ne pouvait obtenir
de récompense qu'une seule fois dans chaque période de trois minutes,
les autres manœuvres du levier étant rendues inefficaces. Chaque
épreuve était précédée, selon les groupes, d'une période de jeûne de
durée variable. La période de jeûne de 22 heures paraît être la plus
efficace pour assurer pendant dix jours la constance de la motivation.
Une période de 12 heures est insuffisante.; une période de 34 heures
est préjudiciable à la santé des animaux. P. G. COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 365
350. — J. Me V. HUNT et H. SCHLOSBERG. — The influence of
illumination upon general activity in normal, blinded and castrated
male white rats ( L influence de la lumière sur l'activité générale
chez des rats blancs mâles normaux, aveuglés et châtrés). —
J. of comp. Ps., XXVIII, 1939, p. 285-298.
Les rats normaux présentent un rythme d'activité ; l'activité
totale, mesurée par le nombre des périodes actives, dans une cage
qui les enregistre automatiquement, est pendant le jour environ les
deux tiers de ce qu'elle est pendant la nuit. Si l'éclairage est artificiel,
on peut intervertir, à certains moments, les périodes de douze heures
d'éclairage et d'obscurité. Ce changement n'a pas d'effet immédiat ;
il faut à peu près une semaine pour que le rythme de l'activité se soit
subordonné aux nouvelles conditions.
Ce rythme est donc dû à l'influence de deux facteurs : l'un
externe, l'éclairement, l'autre interne. Le rôle du premier est confirmé
par une expérience de contrôle ; des rats aveugles ne présentent
aucune réaction à l'interversion des périodes d'éclairement et d'obs
curité ; le rythme antérieur n'est pas affecté par le changement
externe.
En quoi consiste le facteur interne qui fixe la période à 24 heures ?
Il s'agit probablement d'une propriété primitive de beaucoup de
processus organiques. On ne peut dresser des rats à un autre rythme.
Quoi qu'il en soit, l'activité des glandes génitales, qui a un effet très
marqué sur le taux de l'activité générale, n'a aucune influence sur
son rythme ; les individus châtrés présentent le même rythme que les
normaux et sont sensibles de la même façon à la régulation par la
lumière externe. P. G.
351. — J. Me VICKER HUNT et H. SCHLOSSBERG. — General
activity in the male white rat (L'activité générale chez le rat blanc
mâle). — J. of comp. Ps., XXVIII, 1939, p. 23-38.
A l'occasion de recherches sur la « névrose expérimentale » chez
le rat, les auteurs ont éprouvé le besoin de pouvoir mesurer commo
dément l'activité générale de l'animal. Le rat vit dans une cage
suspendue sous le plancher de laquelle se trouve un contacteur
électrique ; le contact est établi chaque fois que des mouvements de
l'animal produisent des vibrations. La sensibilité de l'appareil peut
être réglée au moyen d'un écrou mobile qui permet de faire varier
l'amplitude de la course d'une lame métallique dont l'inertie inter
vient pour provoquer le contact. On peut obtenir un enregistrement
continu des indications fournies simultanément par dix animaux
placés dans des cages semblables. On peut vérifier l'existence des
cycles courts d'activité décrits par Richter. L'activité nocturne est
prépondérante. Comme mesure les auteurs préconisent le nombre
par jour de périodes de cinq minutes pendant lesquelles une activité
est enregistrée. Cette méthode est plus sensible que celle des tambours
à révolution, qui ne révèle que les formes locomotrices de l'activité.
P. G.
352. — W. DENNIS. — Spontaneous alternation in rats as an indica
tor of the persistence of stimulus effects (L'alternance spontanée 366 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
chez les rats, comme indicateur de la persistance des effets des-
stimuli). — J. of comp. Ps., XXVIII, 1939, p. 305-312.
On remarque souvent dans les appareils de choix et dans les
labyrinthes une tendance de l'animal à varier son comportement
quand il arrive au même point dans les épreuves successives. Pour
étudier systématiquement ce fait, D. fait parcourir à des rats deux
fois de suite une piste rectiligne qui comporte en un point une
bifurcation dont les deux branches se réunissent ensuite. L'alternance
entre les deux chemins, dans chaque paire d'épreuves immédiatement
consécutives, est de 82 %. En allongeant la piste rectiligne, on
augmente progressivement la durée qui sépare deux choix au mêm&
point ; cependant, même quand elle est de plus d'une minute, l'alte
rnance a encore lieu dans les trois quarts des cas.
Si deux carrefours semblables se succèdent sur la même piste,
il n'y a aucune tendance à alterner le sens du choix de l'un à l'autre ;
cependant, dans deux parcours consécutifs d'une telle piste, l'alte
rnance reste encore très fréquente au même point, bien que le premier
choix à chacun des carrefours ait été séparé du second par un choix
à l'autre carrefour. Donc les choix en des points différents sont indé
pendants les uns des autres, tandis que les choix successifs au même
point agissent l'un sur l'autre. Il faut donc que le souvenir en soit
conservé. Il ne faut pas confondre ces faits avec les faits de réaction
différée ; dans celles-ci, l'animal doit conserver le souvenir d'une
sanction de ses choix, tandis que dans les premières il conserve le.
souvenir de ces choix eux-mêmes. P. G.
353. — F. JONES. — The « stepwise phenomenon » in rats (Le
« phénomène de Vescalier » chez les rats). — J. of comp. Ps.,.
XXVII, 1939, p. 39-44.
Dans la première partie de l'expérience, des rats sont dressés à
choisir une lumière d'intensité moyenne (6 bougies) quand on la leur
présente avec une lumière faible (1/2 bougie). Après dix choix corrects
successifs, on leur offre le choix entre la lumière moyenne et une
lumière forte (19 bougies) ; dans ces épreuves critiques, l'animal
trouve une récompense aussi bien d'un côté que de l'autre. Le choix
de la lumière moyenne indiquerait ici que la qualité absolue est
décisive ; celui de la lumière forte aurait la signification d'un choix
relatif. Dans la troisième partie, le rat rapprend à choisir la lumière
moyenne dans cette combinaison. Ce nouveau dressage est suivi,
dans la quatrième partie, d'une nouvelle série d'épreuves critiques.
En fait, dans les deux séries, ces épreuves sont loin de montrer une
prépondérance nette du choix relatif. La situation est beaucoup plus,
complexe. P. G.
354. — E. E. ANDERSON. — The effect of the presence of a second
animal upon emotional behavior in the male albino rat (L'effet de
la présence d'un second animal sur le comportement émotif du rat
mâle albinos). — J. of Soc. Ps., X, 2, 1939, p. 265-268.
Deux groupes de 54 rats albinos mâles ayant été égalisés à diffé
rents égards : âge, poids, alimentation, etc., furent soumis à des.
expériences répétées. COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 367
Dans le groupe expérimental, les sujets se trouvaient toujours 2 en
présence au cours des épreuves, tandis que les sujets du groupe témoin
travaillaient isolément.
Les manifestations émotives produites sous la forme de défécations
(quantités de matières excrétées et nombre des excrétions) furent
comparées dans les deux groupes.
On ne trouve aucune différence statistiquement significative :
ctL) -=r est compris entre 0,10 et 0,35.
D'autre part, les scores des deux groupes ont été équivalents ;
mais l'A. pense que la présence d'un seul rat était peut-être insuffi
sante pour agir efficacement sur le comportement émotif, et que
plusieurs témoins auraient une influence, stimulante ou inhibitrice,
plus marquée. J. M.
355. — L. I. O'KELLY et L. G. STEGKLE. — A note on long endu
ring emotional responses in the rat (Note sur les réponses émot
ionnelles prolongées chez le rat).- — J. of Ps., VIII, 1939, p. 125-
131.
Les réponses d'agression obtenues chez le rat diffèrent selon que
le choc électrique a été administré individuellement ou en groupe.
Des expériences menées sur 6 rats de 100 jours montrent que les
effets du choc électrique en groupe peuvent se prolonger
au delà de 17 heures et que le comportement des animaux beaucoup
plus agressifs diffère de la réponse habituelle du rat pris isolément
I. L.
356. — W. M. LEPLEY. — The social facilitation of locomotor
behavior in the albino rat (La facilitation sociale du comportement
locomoteur chez le rat albinos). — J. of exp. Ps., XXIV, 1939,
p. 106-109.
Dans une expérience préliminaire, des rats qui avaient d'abord
été entraînés à parcourir seuls une allée rectiligne, au bout de laquelle
ils trouvaient à manger, ont continué ces exercices par groupes de
deux. Il semble que leur allure était accélérée. Une différence de
même sens, mais très faible, fut ensuite trouvée lorsque les parcours
furent alternativement accomplis par les animaux isolés et réunis
en paires. Il s'agit peut-être d'un effet de facilitation sociale, mais
l'expérience n'est pas concluante. P. G.
357. — J. B. WOLFE. — An exploratory study of food storing in rats
(Une étude préliminaire de l'emmagasinement de provisions chez
les rats). — J. of comp. Ps., XXVIII, 1939, p. 97-108.
On observe fréquemment chez les rats une tendance à accumuler
des aliments en certains endroits. Pour étudier le fait systématique
ment, W. établit entre la cage d'habitation et un magasin contenant
des une piste d'une certaine longueur, qui permet au rat
d'aller s'approvisionner ; l'aliment est fourni sous forme de granules-
de 6 grammes dont on peut compter le nombre. On compare plusieurs
groupes. Les uns sont composés de rats adultes ; on constate une
décroissance lente du nombre des granules emportés pendant 10 jours-

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