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Découverte et fouille d'un mégalithe funéraire aux Landes, à L'Ile d'Yeu (Vendée) - article ; n°2 ; vol.4, pg 195-208

De
15 pages
Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1913 - Volume 4 - Numéro 2 - Pages 195-208
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Marcel Baudouin
Découverte et fouille d'un mégalithe funéraire aux Landes, à
L'Ile d'Yeu (Vendée)
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, VI° Série, tome 4 fascicule 2, 1913. pp. 195-208.
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Baudouin Marcel. Découverte et fouille d'un mégalithe funéraire aux Landes, à L'Ile d'Yeu (Vendée). In: Bulletins et Mémoires
de la Société d'anthropologie de Paris, VI° Série, tome 4 fascicule 2, 1913. pp. 195-208.
doi : 10.3406/bmsap.1913.8585
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1913_num_4_2_8585ANTHONY. — LfHOMMB FOSSILE DE LA QUINA 195 ft.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction 117
Détermination des points de repère 120
Vue d'ensemble 121
Volume absolu 123
Indice cérébral 126
Platyencéphalie 128
Réduction de la région cérébrale antérieure 135
Surplombement des lobes occipitaux 144
Ecartement et faible saillie des lobes cérébelleux 145
Asymétrie encéphalique 146
Les caractères sexuels de la forme générale de l'encéphale. . . 147
Les vaisseaux 150
Sinus latéraux '. 150 longitudinal supérieur 150
Empreinte torcularienne 150
Sinus de Breschet 151
Corpuscules pacchionniens 151
Vaisseaux méningés 154
-L'écorce néopalléale 155
Aspect général 156
Fente cérébro-cérébelleuse - 156 inter-hémisphérique 158
Les plissements néopalléaux 159
Développement relatif des lobes 186
Résumé et conclusions . . 188
Liste des ouvrages cités 192
DÉCOUVERTE ET FOUILLE D'UN MÉGALITHE FUNÉRAIRE AUX LANDES,
A L'ILE D'YEU (VENDÉE).
Par M. le Dr Marcel Baudouin.
Définition. — Avant nos campagnes de recherches et de fouilles à l'Ile
d'Yeu (V.) (1907 à 1909), on savait qu'il existait, au lieudit Les Landes,
àl'lle d'Yeu, des Pierres, intéressantes. — D'ailleurs, le nom seul du ten
ement correspondant, qui porte au cadastre le nom de « Tremeriu », y avait
fait songer, car on sait que, dans cette contrée, ce terme désigne d'ordi
naire un tumulus mégalithique !
En 1907, nous avons donc tenu à visiter Les Landes. Et nous avons
constaté de suite que tout était détruit, puisqu'il ne restait là, sur une 196 6 mars 1913
petite butte artificielle, qu'une unique Pierre dressée, ressemblant a un
large Menhir très peu élevé, et un autre bloc, gisant à terre.
Une fouille seule pouvant nous permettre de nous faire une idée exacte
de ce que fut ce monument, nous l'avons faite de suite en 1907 et
avons pu constater qu'en réalité il ne pouvait s'agir là que d'un débris de
Mégalithe funéraire, comparable à celui du Dolmen de Gâtine (N° I), et non
pas de deux Menhirs, un renversé et un debout.
Historique. — Je n'ai trouvé aucune mention du Monument des Landes
dans les travaux de Gh.-L. Joussemet (1755), de De la Pylaie (1833), de
l'abbé F. Baudry (1864) ; etc., etc. — N'en parlons donc pas.
a). Découverte. — Le premier auteur, qui, à mon avis, ait signalé ce
Mégalithe, estO.-J. Richard en 1883 *, peut-être renseigné par M. Auger,
juge de paix de l'île à cette époque.
Voici ce qu'on lit dans son ouvrage à ce propos.: « Pierre du Trenneriau-
des-Landes. — « Formant un triangle avec le Menhir du Sud ou Pierre de
Tonnerre2 et la Roche de La Tranche 8, cette pierre* est située a égale dis
tance du Bourg et de la Pierre Branlante 8, et sur la même ligne que ces
deux points.
« Elle a presque la forme d'un Menhir renversé6. Sa hauteur, hors du
sol, est de 0 m. 80 7; elle a 1 m. 40 de longueur8 sur 0 m. 70 d'épais
seur °.
« Elle semble avoir quelques-uns des caractères de la Pierre de Ton
nerre 10, moins les dimensions. Elle est orientée, comme celle-ci ", de l'Est
à l'Ouest.
« Le lieu où elle est située est un des plus élevés de l'Ile, car, de ce
point, on distingue parfaitement les toits de La Meule, Le Bourg, la Pierre
du Tonnerre, la Pierre de la Tranche 1\ »
1 O.-J. Richard. — L'Ile d'Yen d'aujourd'hui et l'Ile d'Yeu d'autrefois. — Ann.
de la Soc. d'Emul. de la Vendée, La Roche-sur- Yon, 1883, t. XXX, 3* sèr., t. 3,
p. 105-420 [Voir p. 138].
* Le Menhir des Sauts, que nous avons décrit dans un précèdent mémoire
[Marcel Baudouin].
3 La Roche de La Tranche n'est pas un mégalithe, mais un rocher naturel, appelé
La Jusette, comme la bien vu 0. J. Richard.
* Cette phrase prouve que O.-J. Richard n'a vu que la pierre de fond (n* I) du
Monument.
5 Pierre Branlante de La Taillée, située sur la côte Ouest.
6 C'est parce qu'elle était jadis un peu penchée vers le Sud [Voir Fig. 2\. — C'est
l'origine de ce qu'a écrit Viaud-Grand-Marais.
I En 1907, elle ne faisait qu'une saillie de 0 m. 45. — De la terre s'était donc accu
mulée en ce point depuis 1883, si O.-J. Richard ne s'est pas trompé dans ses mensur
ations : ce que nous croyons, à cause des chiffres qu'il donne plus loin.
8 En 1907, nous avons noté 2 m. 15 ! — O.-J Richard n'a pas dû mesurer le coin Est,
alors caché dans la terre sans doute.
9 0 m. 40 au maximum en 1907. — Richard a dû se tromper,
lu D'où l'idée, indiquée pi-dessus, de « Menhir renversé ».
II Inexactitude pour la Pierre de Tonnerre, qui est N:-O.-S.-E.
12 Mais ce n'est pas le plus élevé du Sud de l'Ile. ÊAUD0Û1N. — DÉCOUVERTE ET FOUILLE d'un MÉGALITHE A L*ILE d'YEU 197
Dans son article de 1890, O.-J. Richard ' n'a pas cru utile de citer ce
monument, qu'il considérait sans doute comme sans intérêt.
b). Bibliographie. — 1° En 1897, dans son Guide *, notre maître et re
gretté confrère Viaud-Grand-Marais avait écrit :
« La Pierre du-Tremêriau-des Landes, ressemblant quelque peu a un
Menhir renversé3, à mi-chemin du Bourg et de la Pierre Branlante. »
Ce n'était là qu'un résumé du texte de O.-J. Richard...
2° En 1908, dans la nouvelle édition de son ouvrage *, il a reproduit à
peu près textuellement le même texte.
3° Mais, en 1907, au moment'même des fouilles, les journaux politiques
de la région avaient mentionné qu'en réalité « M. Baudouin avait trouvé,
au Tremeriau des Landes, un Dolmen, insoupçonné... » 5.
De son côté,' V Homme préhistorique a dit aussi en 1907 6 : « M. le Dr Bau
douin a prouvé, par une fouille, au Tremeriau des Landes, la haute anti
quité [des pierres à cupules], qui remonteraient à la période des Dol
mens. »
Documents inédits. — Le manuscrit L. Pervinquière, daté de 1872 (à la
Bibliothèque de Nantes), ne fait pas la moindre illusion aux Landes : ce
qui semble bien prouver que ■ ce monument n'a été découvert que par
O.-J. Richard.
Topographie. — a). Situation. — Le tenement des Landes se trouve dans
le Sud de l'Ile d'Yeu, près du nouveau Sémaphore des Justices, à l'Ouest
de celui-ci et au Sud-Ouest du Mégalithe de La Guette, à l'Ouest des tene
ments appelés le Trémureau de l' Anton et Les Dardelles.
b). Au Cadastre, on note qu'au Nord se trouvent Les petits Vergers et La
Butte1; à l'Est du sentier de La Meule ; à l'Ouest la Combe Pissot; au Sud,
Le PiswLÇFi^ i).
c). Altitude. — Gela correspond à l'un des sommets de la ligne de. par
tage des eaux de l'Ile, et l'altitude est d'environ 28 m. Les Landes se
trouvent en somme sur le versant Sud-ouest de la Butte de La Guette
1 O.-J. Richard. — Art. Ile d'Yeu. — Pays, et Mon. du Poitou; par J. Robuchou,
— Paris, in-4° [Voir p. 12].
* A. Viaud-Grand-Marais. — Guide du Voyageur à l'Ile d'Yeu. — Naotes, R.
Guisthau, 1897, in-8°, 1" édition [Voir page 51].
3 Texte de 0. J. Richard.
* A. — Guide du Voyageur à l'Ile d'Yeu. — Nantes, A.
Dugas et Gie, 4908, in 8°, 83 p., fig., carte, 2" édition [Voir p. 41].
« Vendée Républicaine, Les Sables-d'Olonne, 1907, début de septembre ; — Le Popul
aire, Nantes, 1907, iO septembre; — Le Petit Phare, Nantes, 11 1907; —
La Dém. vend., La Roche-sur- Yon, 1907, début de septembre.
6 Homme préhistorique, Paris, 1907, n° 10, octobre, p 315.
^ II est très probable que ce nom est en rapport avec un ancien Tumulus mégali
thique, complètement détruit aujourd'hui.
En effet, ce lieu dit ne correspond pas à un point aujourd'hui plu3 élevé que les
autres I
soc. o'antbbop. 14 mars 1913 498
(32 m;), qui termine, au Sud-est de l'Ile, la ligne de hauteurs venant du
Nord-ouest par Ker-Viroux (35 m.).
d). Voie d'accès. — Pour s'y rendre, il suffit de prendre le chemin de
voitures qui, du Bourg de Saint-Sauveur, mène au nouveau Sémaphore
des Justices. Il faut alors s'arrêter au 28 chemin qui précède les bâtiments
et prendre le routin quifdescend vers le Sud, au lieudit La Butte.
pig, i% — Situation géographique du Mégalithe du Tremeriau des Landes, à
l'Ile d'Yeu (V.). — Echelle : 1/20.0006. — Les Landes sont à l'Ouest, placées
d'ailleurs un peu trop au Sud, sur cette carte.
Après avoir parcouru environ 300 mètres, on aperçoit au Sud-est une
butte artificielle, qui est le « Tremeria » cherché; on l'atteint, après avoir
traversé un chemin allant de l'Ouest à l'Est. Le tenement des Landes
représente en effet un trapèze, à petite base Est, entouré des quatre côtés
par des chemins.
Géologie. — Gomme d'ordinaire à l'Ile d'Yeu, le sous-sol est du Granite,
très schisteux, recouvert par une mince couche de terre grisâtre, dont la
partie superficielle, dite terre végétale, est très peu épaisse. Les éléments
du Mégalithe sont en même granite; et les piliers proviennent évidemment
des affleurements rocheux, qui abondent dans le voisinage.
Etat avant les Fouilles. — 4° Vestiges de Tumulus. — La Butte, sur la
quelle se trouve les pierres qui subsistent, est encore très nette et très BAUDOUIN. — DECOUVERTE ET FOUILLE d'cN MEGALITHE A L'ILE d'ïEU 139
appréciable à la vue. C'est un petit Tumulus artificiel, par apport de terre
ordinaire prise dans le voisinage, d'une hauteur de un mètre au moins
(Fig. 3).
a) II n'y a pas de doute à avoir a ce sujet. On ne trouve jamais de tels
amas de terre autour d'un Menhir ; il s'agit donc bien d'un Tumulus, ayant
recouvert autrefois une sépulture, car il estovalaire et très allongé.
b] D'ailleurs le Peuple ne s'y est pas trompé... lia appelé depuis long
temps cette butte un Treméria ! D'où les noms de Trémureau, Truméria,
Tumeria, etc. , des Landes. — Je ne reviens pas sur cette dénomination, que
j'ai étudiée avec soin dans un mémoire antérieur auquel je renvoie l.
En réalité cette butte se continue au Nord par une sorte de Terrier,
allongé, qui sépare les champs voisins.
2° Piliers subsistants. — En 1907, à notre arrivée aux Landes, nous
avons constaté qu'il ne persistait plus, sur le Tumulus ovalaire, à peine
surélevé d'un mètre au-dessus du sol des champs cultivés voisins, que les
trois pierres suivantes :
1° Une Pierre, debout, fixée en terre, en place, très large, à grand axe Est-
Ouest. — Nous lui donnons le n° I.
2° Au côté sud de cette pierre, et couchée sur le Tumulus, une deuxième
pierre, située à 0 m. 20 au Sud de la première et évidemment tombée. —
Nous lui donnons le n° II.
3° Au Nord-Ouest de la pierre n° I, une petite pierre, n° III, plate, sans
intérêt, utilisée plus tard comme je le dirai.
Ie Pikhre m0 I {Pierre en place). — La Pierre dressée faisait alors une
saillie de 0 m. 45 à peine au-dessus du tumulus, parceque de la terre
avait été accumulée tout autour; jadis elle a dû être plus découverte
(0. J. Richard). En enlevant un peu de terre à la pelle, on constata que
l'ancien sol néolithique était à 0 m. 70 plus bas. La pierre avait donc
été jadis recouverte de 0 m. 70 -f- 0 m. 45 -- 1 m. 15 de terre au moins.
On nota alors qu'elle était bien verticale, à grand axe Est-Ouest, et
large de 2 m. 15, pour une épaisseur de 0 m. 40 à l'Est et de 0 m. 35
à l'Ouest.
Vu sa largeur, elle pouvait être une pierre de paroi; et alors le grand axe
de la sépulture aurait été Est-Ouest. Mais cette hypothèse était de suite
contredite par la forme du tumulus, très allongé du Nord au Sud, et atte
ignant dans ce sens au moins 6 a 8 m., tandis que, dans l'autre, il n'a
vait guère que 3 à 4 m. — II ne pouvait dès lors s'agir que de la pierre de
fond, vu sa largeur (2 m. 15).
Pour nous rendre compte de la valeur de cette hypothèse, étant donné
que, dans celle-ci, la pierre n° II devenait forcément une pierre de la paroi
Est, de par sa situation sur le flanc Est du Tumulus, nous résolûmes de
1 Marcel Baudouin. — Découverte, fouille et restauration du Mégalithe sous
Tumulus de La Guette, à l'Ile d'Yeu(V), — Congrès préhistorique de France, Nîmes,
1911, p. 346. — Tiré fr part, Paris, 1911, in-8«, 13 fig., 41 p. [Voir p. 8 et 9] 6 mars 1913 £00
fouiller d'abord du côté extérieur de cette pierre de fond, c'est-à-dire du
côté du Nord, parce que la situation de la n° II indiquait que la
sépulture était du côté Sud. C'est là que nous devions trouver, en effet,
des blocs de calage, si cette hypothèse était la bonne!
C'est au demerant ce qui eut lieu. Nous creusâmes du côté Nord jusqu'au
point où la pierre s'arrêtait ; et nous constatâmes qu'elle était bien enfon
cée en terre de 0 m. 75. Ce qui lui donnait une hauteur totale de 0 m. 70
+ 0 m. 45, soit 1 m. 15 : ce qui correspond d'ailleurs à la hauteur d'un
pilier de fond de Mégalithe funéraire, a l'île d'Yeu. Chemin faisant, nous
rencontrâmes, à 0 m. 15 du bas de la pierre, un peu de cendres, placées
entre des blocs de calage. — Rien à noter à la face Sud, lisse.
Cupules. — C'est alors que nous découvrîmes un fait fort intéressant.
Non seulement, il y avait des Cupules sur la face Nord, c'est-à-dire exté
rieure, de cette pierre de fond, dans la partie dégagée du sol (0 m. 45);
mais il y en avait aussi d'enfouies, au-dessous de la ligne de terre du tu-
mulus (0 m. 75).
Par conséquent : 1° cette pierre était une ancienne Pierre à Cupules,
utilisée comme élément mégalithique;. 2° les Cupules avaient été faites
avant la mise en place de ce pilier, puisqu'il y en avait d'enfouies sous terre,
à 0 m. 60 du bord supérieur; 3° les Cupules n'avaient pas été faites pour
décorer l'intérieur du monument, puisqu'elles étaient du côté autrefois
recouvert par la terre du Tumulus, et par suite ne se trouvaient là que
par hasard.
En somme, il s'agit simplement d'une ancienne Pierre à Cupules, utilisée
par la construction d'un Mégalithe, sans qu'on se soit préoccupé le moins
du monde de l'existence antérieure desdites Cupules : Fait tout à fait im
prévu à cette époque1 (1907)!
Restauration. — En présence d'une telle constatation, dont l'importance
scientifique était, en 1907, très considérable1, car c'était la première
fois qu'on faisait une telle découverte, datant Yépoque de fabrication des
Cupules 3, et montrant qu'elles étaient bien Néolithiques, et même un peu
antérieures aux Dolmens, je pris le parti de rendre le fait contrôlable par
tous les visiteurs et les savants, en ne recomblant pas le trou de fouille,
que j'avais fait au Nord du pilier n° I, et qui m'avait permis une si utile
constatation !
1 Avant 1907, on savait, certes, qu'il existait des Piliers de Mégalithes couverts de
Cupules et même d'autres Gravures. [Par exemple, on connaissait 8 piliers de l'Allée
couverte de Kermorvan (Finistère), présentant de ces sculptures; d'autres en Bre
tagne et en Angleterre, etc.]. Mais on n'avait pas encore signalé ces sculptures
enfouies dans le sol, ni indiqué l'intérêt des gravures de la face extérieure de ces
éléments mégalithiques.
* Marcel Baudouin. — [Pierres à Cupules]. — Bull, et Mém. Soc. d'Anthr. de
Paris, 4908, 9 janvier, fasc. \, p. 22.
1 Marcel — [Age des Gravures sur Rochers], — Bull, et Mém. Soc*
d'Anthr. de Paris, 19H, 16 nov., 383-385. — Paris, in-8% 3 p. — DÉCOUVERTE ET FOUILLE d'un MÉGALITHE A L'ILE d'YBU 201 BAUDOUIN.
Puits d'examen et de contrôle. — Me servant de la petite pierre n° III, citée
plus haut et des blocs de calage découverts, je fis établir un petit puits, k marg
elle en pierres, de 0 m. 70 de profondeur, dont la paroi Sud était constituée
par le milieu de la pierre n° I elle-même, montrant les Cupules principales
enfouies, et la paroi Nord par la pierre n° III et les bords Est et Ouest par
les blocs de calage, disposés eu deux murettes de chaque côté {Fig. 3; P.).
Fig. 2. — Le Mégalithe du Tremeriau des Landes, à l'Ile d'Yeu (V.). — Mégal
ithe détruit. — Photographie Marcel Baudouin (1907), exécutée au Nord-Est.
Vue du Pilier de fond persistant [Face Nord] et des Cupules qu'il présente
\ [après badigeon à la Craie, pour les rendre apparentes].
Ce puits , en forme de quadrilatère, long (Est-Ouest) de 0 m. 60, large de
0 m. 40 k TOuest et de 0 m. 80 à l'Est, une fois bien établi et solide, fut
alors comblé et rempli de terre fine, pour empêcher que les enfants et les
gens mal intentionnés le démolissent, s'il était resté entièrement visible.
J'employai là, en somme, le procédé qui a si bien réussi dans les Souter
rains refuges (et ailleurs), et nous a conservé ces cavités.
Quand des savants voudront vérifier l'exactitude de mes, dires, il leur
suffira de déboucher ce petit puits, qu'ils découvriront facilement, en
cherchant exactement au milieu du côté Nord de la pierre n° I (Fig. 2).
Pibbue n° II (Paroi Est). — La 2e Pierre, trouvée tombée sur le flanc
Est du tumulus, à 0 m. 20 de la Pierre n° I, est une plaquette de granite,
longue de 1 m. 50 ^Nor I-Sud), large de 1 m. 30, et épaisse de 0 m. 25.
Il est évident que cette pierre n'a pu être que le pilier de la paroi Est,
touchant à la pierre de fond n° I.
Pour pouvoir fouiller au-dessous d'elle et la retourner, nous avons cru 202 6 mars 1913
utile de la redresser en place, de façon à reconstituer le côté Est du fond
Nord du Monument. Dès lors, la largeur de 1 m. 30 est devenue la hau
teur du nouveau pilier, qui a été enfoncé en terre de 0 m. 40 environ.
Actuellement il fait donc saillie de 0 m. 90 au-dessus du tumulus; sa
hauteur est double par suite de la Pierre n° I, comme le montre très bien
la Figure 3. — Son grand axe est Nord-Sud.
Fouilles. — En redressant la Pierre n° II, ou plutôt après ce travail
effectué, on a fouillé dans la terre, située au Sud de la Pierre n° I, c'est-
à-dire au point à peu près central du Tumulus. — On a remué, à la pelle,
il est vrai sans la cribler — mais c'était bien inutile en l'espèce! — plu
sieurs mètres cubes de cette terre. On n'y a trouvé qu'une grande quan-
Fig. 3. — Le Mégalithes des Landes, à l'Ile d'Yeu (V.), après sa Restauration
incomplète. [Photographie de la Ligne Est, par Marcel Baudouin, en 1907J.
— Echelle : 1/25 environ. — Légende : I, Pierre du fond, en place; — II,
Pierre de la Paroi Est redressée; — Tu, Tumulus (restes); — N. M., Nord
magnétique (1907); — Pu, Puits, artificiel, pour voir les Cupules enfouies
du n° I; — a, Surface actuelle du Tumulus; — Mm., mètre vertical.
tité de pierrailles, constituant l'ancien Galgal; et les quelques objets qu'il
nous reste à décrire ont été découverts en ce point précis : ce qui prouve
que jadis la Chambre sépulcrale correspondait bien en cet endroit.
Du côté du Nord de la Pierre n° II, aucune trouvaille n'a été faite; pas
le moindre éclat de silex! — Tout était nettement localisé au Sud.
Trouvailles. — Au cours des travaux de restauration et de la fouille
du tumulus, au point où devait être l'Allée mégalithique, on n'a presque
rien trouvé, en réalité. Toutefois, les découvertes sont assez caractéris- — DÉCOUVERTE ET FOUILLE D*UN MÉGALITHE A L'iLE d'ïEU 203 BAUDOUIN.
tiques, pour nous permettre d'affirmer qu'il y avait bien là, au Sud du
Pilier n° I, une Sépulture néolithique, classique.
Au milieu de l'amas assez considérable de pierrailles, formées de débris
de feuillets dé granite, plus ou moins décomposé, nous avons recueilli,
en effet :
4° Des Galets de Mer, typiques, patines et lustrés, très petits, au
nombre de cinq seulement.
Il est certain que ces galets, choisis à l'avance, ont été apportés là du
rivage voisin, car, dans les champs, tout autour du « Tremeria», il nous a
été impossible d'en retrouver un autre semblable.
2° Les Éclats de Silex, caractéristiques des Sépultures dolméniques de
l'Ile.
Nous en avons compté sept, dont deux correspondent à de petits galets
de silex, brisés a dessein ; et dont cinq résultent d'une taille réelle de
analogues.
Le plus gros de ces éclats pèsent 12 grammes; et les sept ensemble
représentent un poids de 40 grammes
II est évident que nombre de ces éclats ont dû ne pas être recieiUis ou
ont été éparpillés.
Or, ces deux sortes d'objets sont caractéristiques pour l'Ile. On les
trouve toujours dans les Dolmens, et la seulement!
Quelques rares débris
d'ardoises modernes, décou
verts ça et là, proviennent
soit du fumier apporîé pour
le champ, soit peut-être
d'une petite construction
provisoire, élevée sur le tu-
mulus à une époque très an
cienne, comme à La Guette I
Reconstitution du Monum
ent. — II résulte des cons
tatations précédentes que le
Monument des Landes était
un caveau, fermé au Nord,
Fig. 4. — Plan schématique du Fond du Mé et constitué par des parois galithe des Landes, supposé reconstitué. — latérales Est et Ouest, dont Echelle : 2/100. — Légende : I, Pilier de
il ne reeste aujourd'hui —fond, II*, intact; Pilier tombé, — II, redressé', Pilier tombé, — Tu, en Tumulplace;
qu'un pilier redressé et celui us sous-mégalithique; — M. III, Pilier sup
du fond resté toujours inposé à l'Est (disparu) ; — Pu, Puits, artifi
ciel, pour contrôle des Cupules enfouies (Gx- tact et en place. On ne peut
Cvni); — A, Pierre n° III, utilisée; — 1, 2, 3, pas affirmer, quoique cela 4, 5, 6, 7, 8, Blocs de calage, utilisées pour
soit très probable, qu'il y —le Puits, M. 0., Pu; Murette — M. Ouest; E., Murette — N. Est M., Nord du Puits; ma
avait une ou plusieurs tables gnétique (1907); — S. S. 0., Sud-Sud-Ouest. de couverture.

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