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Etudes générales et Méthodologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 332-340

De
10 pages
L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 332-340
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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a) Etudes générales et Méthodologie
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 332-340.
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a) Etudes générales et Méthodologie. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 332-340.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6434332 ANALYSES ÖIBUÖGKAPH1QUES
variations saisonnières) de mai à février. Voici les temps moyens
groupés ainsi par groupe de trois générations successives :
Générations ï
2,3,4 1002 secondes
5, 6, 7 1010
8, 9, 10 975 »
11,12, 13. 846 »
14, 15, 16 787 »
D'une manière générale, le temps de l'entraînement diminue à
chaque génération. Le meilleur animal de la lre génération fait le
temps 2060, le meilleur de la 16e, 495.
Les rats de contrôle donnent un temps moyen de 1.622 secondes.
Le meilleur donne 934 secondes. Dans la 17e génération des rats H,
il y a 25 individus qui battent ce record.
Les 10 meilleurs rats de contrôle donnent un temps moyen de
1.160 secondes; les 10 meilleurs rats H (qui appartiennent tous,
sauf 2, aux générations postérieures à la 12e), donnent un temps
moyen de 669 secondes. Les 10 meilleurs des 3 dernières générations
donnent un temps moyen de 848 secondes.
En résumé, les rats des dernières générations montrent une supér
iorité très marquée à la fois sur les premières générations et sur les
rats de contrôle. Si l'on examine les meilleurs individus, cette supé
riorité apparaît encore plus nette.
D'une manière générale, les résultats obtenus sont donc favorables
à l'hypothèse de l'hérédité des caractères acquis.
Il convient de féliciter l'auteur de ces longues recherches, conduites
pendant plusieurs années avec tant d'ingéniosité, de patience et de
probité scientifique ; les résultats sont particulièrement importants
et jettent une vive lumière sur un des problèmes les plus controversés
de l'hérédité. G. P.
162. — M. J, NISOT. -— La question eugénique dans les divers
pays. y— Tome I. — - In-8 de 513 p. Bruxelles, Falk, 1927.
Dans le premier volume de ce grand ouvrage publié par l'Asso
ciation internationale pour la protection de l'enfance, l'auteur — ■
une femme juriste dont les travaux sur le droit féminin sont déjà
nombreux — envisage, après un aperçu historique, les données
recueillies en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis sur les
conceptions et les réalisations eugéniques.
Il y a là un recueil précieux qui témoigne d'un labeur considérable
dont on doit être reconnaissant à l'auteur. H. P.
2° Psychologie Zoologique et Biologie
a) Etudes générales et Méthodologie.
163. — MARIE GOLDSMITH. — La Psychologie Comparée. —
In-16 de 354 p. Paris, Alfred Coûtes, 1927.
Nous n'avons que peu d'ouvrages, en langue française, relatifs à PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 333
la psychologie animale. Aussi réservera-t-on un bon accueil au vo
lume que Mlle G. lui a consacré.
La question des tropismes y tient une place qui ne laisse pas d'être
assez exagérée, représentant, avec l'exposé des théories de Loeb et
de Jennings, plus de la moitié du livre. Et d'autre part, sur les pro
cessus supérieurs il n'y a aucune donnée ; les recherches récentes
sur les singes anthropoïdes ne sont pas mentionnées. Cela donne un
peu l'impression que le volume est un premier tome d'une psychologie
animale. Et, dans ce premier tome, les fonctions sensorielles des
animaux auraient mérité un examen un peu détaillé, qui fait entièr
ement défaut.
Après les tropismes et les réflexes, la question classique de l'instinct
est discutée, et le travaux relatifs à la mémoire sont t xposés assez
longuement.
La place donnée aux travaux récents est petite par rapport aux
travaux déjà anciens. Il ne faut pas chercher dans ce livre une mise
au courant tout à fait actuelle, mais une documentation solide
(malgré quelques petites erreurs), assez large, sur laquelle il est pos
sible de s'appuyer pour la compléter en suivant les comptes rendus
des travaux publiés dans les dernières années. H. P.
164. — ■ B SGHMID. — Aufgaben und Probleme der Tierpsychologie
(Tâches et problèmes de la psychologie animale). — - Bi. Zentr.,
XLVII, 1927, p. 81-102.
L'auteur fait le procès aussi bien de l'anthropomorphisme que du
mécanisme systématique, et insiste sur les relations étroites de l'ana-
tomie, de la biologie et de la psychologie, donnant à l'observation le
pas sur l'expérimentation (qui modifie artificiellement le comporte
ment de l'animal).
Les relations de la structure et du fonctionnement se manifestent
par exemple dans les conséquences impliquées par la prédominance
de tel ou tel appareil sensoriel, ou dans tout ce que comporte d'adap
tations morphologiques et de qualités psychiques le régime carnivore
(dents, griffes, muscles d'un côté, courage, patience, puissance d'at
tention, etc., de l'autre). H. P.
165. — CURT P. RICHTER. — Animal Behavior and internal
Drives (Comportement animal et incitations internes). — Quarterly
Review of Biology, II, 3, 1927, p. 307-343.
Cette revue synthétique, fort intéressante, est fondée principal
ement sur les recherches très originales de l'auteur et de ses collabo
rateurs.
L'enregistrement des déplacements des animaux dans des cages
d'expérience montre une périodicité assez régulière l'activité
spontanée, en l'absence de stimuli externes. Le rapprochement de
cette périodicité et de celle des contractions stomacales conduit à
chercher dans la seconde la cause de la première.
De fait, en mettant des animaux dans une cage d'expérience, mais
avec un compartiment annexe contenant la nourriture, et en enre
gistrant séparément les mouvements imprimés à ce dernier, on cons
tate que c'est après une phase préalable d'activité générale que la 334 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nourriture est prise, et qu'il n'y a pas d'activité spontanée qui ne se
termine pas en une phase d'alimentation.
D'autre part, en enregistrant les mouvements spontanés au cours
du sommeil, mouvements dont la période propre est de moins d'une
heure chez les tout jeunes enfants, d'environ deux heures chez les
adultes, il a été possible, chez des étudiants dormant, avec une sonde
stomacale, de vérifier la coïncidence des phases de contractions de
l'estomac et des phases de mouvements.
Chez le rat, une étude statistique a montré que la périodicité des
phases d'activité alimentaire se distribuait suivant l'allure régulière
des courbes de fréquence autour d'un mode de 250 minutes, périodi
cité ne s'établissant qu'un certain temps après là naissance.
Ainsi il y aurait un rythme alimentaire, un « rythme de faim » dans
l'activité spontanée, à période assez courte ; mais il y a d'autres
rythmes. Par exemple chez la femelle du rat, en suivant les variations
quantitatives de l'activité, on observe un rythme de 4 jours très
marqué ; or c'est exactement la période du cycle d'ovulation, du
rythme œstral ; et c'est seulement après la puberté que le rythme
de l'activité apparaît ; ce rythme disparaît pendant la gestation et la
lactation, alors que l'ovulation est arrêtée. L'ablation des ovaires
(mais non celle de l'utérus) fait disparaître le rythme tandis que
celui-ci est beaucoup plus accentué chez les femelles normales en
présence des mâles.
Les rats mâles ont aussi une activité à maxima périodiques, qui
baisse beaucoup et devient uniforme après castration, et qui dépend
donc de rythmes génitaux.
Mais après ablation des glandes génitales on peut encore découvrir
des rythmes, à période plus longue cette fois, un de 7 à 10 jours, un
autre de 16 à 30 jours, un autre encore de 14 à 120 jours, et il est
probable que les autres glandes à sécrétions internes interviennent
avec une périodicité propre qui se marque dans ces oscillations de
l'activité.
Pour dissocier les différentes formes d'activité associées à tels ou
tels facteurs internes, des cages à compartiments multiples, avec
enregistrement dissocié, ont été utilisées, et il a été possible de déter
miner les périodes propres d'un certain nombre d'activités du rat ;
urination (2-3 heures), défécation (3-5 heures), manger (3-4 heures),
boire (2-3 heures), accouplement (4 jours), construction du nid, creu
sement, etc.
Ces recherches, qui se poursuivent, permettent une analyse fort
instructive des activités spontanées et mettent bien en évidence le
rôle des « drives » internes. H. P.
166.— L.CARMICHAEL.— A further study of the development of be
havior in vertebrates experimentally removed from the influence of
external stimulation {V évolution du comportement chez les vertébrés
artificiellement soustraits à V influence des agents extérieurs). —
Ps. Rev., XXXIV, 1, 1927, p. 34-47.
Dans ses précédentes études, G. avait pris comme sujets d'expé
rience la grenouille et la salamandre. Soumettant les embryons à
l'action d'un anesthésique au cours de leur développement, de ma- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 335
nière à les soustraire à l'action des agents extérieurs, il avait recherché
si ces animaux, une fois remis dans l'eau pure, apprennent à nager
aussi vite que ceux qui se sont développés dans des conditions nor
males. La différence de temps est extrêmement faible. Est-elle due
à ce que les animaux ont à faire un apprentissage plus long ou bien
simplement représente-t-elle le temps nécessaire pour éliminer l'ànes-
thésique ? Tel est le nouveau problème que C. s'est proposé de ré
soudre ici, en prenant cette fois comme sujet l'amblystome. La tech
nique suivie a été la même que dans les précédentes recherches.
Pour répondre à la question posée, C. a recherché le temps nécessaire
aux animaux témoins pour éliminer l'anesthésique, et il a fait la
même recherche sur les animaux d'expérience eux-mêmes, anes-
thésiés une seconde fois après leur apprentissage. Les résultats sont
tout à fait concluants, les chiffres trouvés sont du même ordre dans
tous les cas.
Il en résulte donc qu'un embryon, soustrait à l'action des agents
extérieurs pendant tout le cours de son développement, ne met pas
plus de temps qu'un animal normal pour se mettre à nager. Néan
moins, C, très prudent, ne veut pas conclure que l'action du milieu
extérieur soit tout à fait nulle dans le développement de l'activité.
Le mécanisme du comportement dépend à la fois de l'hérédité et du
milieu.
On trouvera aussi dans cet article une bonne revue critique des
travaux antérieurs sur la question. G. P.
167. — K.-S. LASHLEY. — Studies of cerebral function in learning.
VII. The relation between cerebral mass, learning and retention
{Etudes sur la fonction cérébrale dans l'apprentissage. VII. La
relation entre la masse cérébrale. V apprentissage et la retentivité).
— J. of c. N., XLI, 1, 1926, p. 1-58.
Etude sur des rats dressés dans la boîte de Yerkes à choisir un
compartiment éclairé et à éviter un compartiment obscur, et dont
on détruit au thermo-cautère, avant ou après, une plus ou moins
grande partie de la région occipitale des hémisphères (ou, chez
quelques-uns, du thalamus).
La destruction du tiers occipital du cerveau, supprimant en totalité
la zone visuelle, ne change pas la vitesse d'acquisition de l'appren
tissage visuel, chez le rat ; mais, quand l'habitude a été acquise, la
même destruction l'affaiblit ou l'abolit même entièrement, et ceci,
proportionnellement à l'étendue de la destruction, sans différences
suivant le siège.
Les lésions des radiations et noyaux optiques du thalamus rendent
plus difficile l'acquisition, de l'habitude visuelle.
L'auteur conclut de ces faits à l'existence d'une sommation dans
les activités des différentes parties de la surface visuelle, et considère
comme inadéquate la théorie qui l'ait de l'arc du réflexe conditionnel
l'unité d'organisation cérébrale. Il y a pour lui un mécanisme additif
permettant plus de plasticité et ayant quelque analogie avec le
syncytium des Invertébrés inférieurs. H. P, 336 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
168. — E.-C. TOLMÂN et D.-B. NYSWANDER. — The reliability
and validity of maze measures for rats (Le degré de corrélation et
de valeur des mesures dans les expériences de labyrinthe sur les
rats). — J. of comp. Ps., VII, 6, 1927, p. 425-460.
De récentes discussions ont agité le problème de la valeur du laby
rinthe comme méthode d'étude de l'activité des animaux. Après les
critiques de Hunter, qui a insisté sur le faible degré de corrélation des
résultats, T. examine à son tour le parti qu'on peut tirer de cette
méthode. Un étalon imprécis peut être incapable de déceler des
différences individuelles, mais il donnera encore des résultats appré
ciables dans deux cas, soit dans la comparaison de petits groupes très
distants, soit dans celle de groupes peu différents, mais très nombreux.
Donc les méthodes actuelles peuvent encore rendre des services.
Mais il ne faut pas pour cela renoncer à les perfectionner. Cher
chons d'abord à quoi sont dus les faibles coefficients de corrélation
obtenus ? Il faut faire la part de la technique plus ou moins habile,
du maniement des animaux par l'opérateur. Une deuxième cause
est le choix des : les résultats seront plus stables quand on
aura pris les sujets au hasard dans une population très vaste et non
dans un groupe restreint déjà sélectionné. Enfin les méthodes mêmes
par lesquelles on calcule les corrélations internes n'ont pas toutes la
même signification. On compare par exemple les expériences paires
et les expériences impaires, ou la première et la seconde moitié d'une
même série. Mais les courbes d'apprentissage peuvent être de deux
sortes. Ou bien les individuelles restent parallèles jusqu'au
bout, les mêmes individus se montrant supérieurs ou inférieurs du
commencement à la fin, auquel cas les coefficients de corrélation
seront élevés avec les deux méthodes. Ou bien au contraire les courbes
se recouperont, certains individus d'abord inférieurs aux autres les
dépasseront ensuite ; c'est l'indice que le problème ne se compose
pas de parties successives homogènes, mais doit être envisagé comme
un tout ; dans ce cas les corrélations des épreuves paires et impaires
pourront rester élevées tandis que celles de la première et de la s
econde moitié seront inexistantes.
Des expériences préliminaires entreprises avec différents types de
labyrinthe ont montré que, suivant le type d'appareil employé, on
obtenait l'un ou l'autre de ces deux résultats. L'auteur conclut que
les labyrinthes formés de parties successives, dont chacune est autant
que possible un équivalent de la précédente, et qui contiennent un
grand nombre de ces parties, sont les meilleurs.
Dans tout ce qui précède, on évaluait le progrès par la diminution
du nombre des erreurs. Il existe aussi d'autres méthodes dont T. pré
sente une critique. La durée des épreuves est une mesure ambiguë'
pour deux raisons : d'abord elle dépend de deux facteurs indépendants,
l'agilité propre de l'animal et le nombre des erreurs ; ensuite les
erreurs n'ont pas toutes la même durée, celles du début prennent
beaucoup plus de temps que celles de la fin de l'apprentissage : tous
les animaux accélérant progressivement leur allure. Le nombre de
fois que l'animal revient sur ses pas n'est pas non plus une bonne
mesure, qu'on explique le fait par la timidité ou par une précaution
intelligente. Enfin le nombre d'épreuves parfaites n'a de valeur que PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 337
dans le cas où il présente une haute corrélation (négative) avec le
nombre des erreurs, qui reste le meilleur critérium. P. G.
169.— T.-N. JENKINS. — A standard problem box of multiple comp
lexity for use in comparative studies. ( Ün modèle de boîte à expé
riences de complexité variable destinée aux études de psychologie
comparée). — J. of comp. Ps., VII, 2, 1927, p. 129-144.
Passant en revue les différents systèmes de boîtes à expériences
employés en psychologie animale, J. constate' qu'ils rendent presque
impossible la comparaison d'animaux différents, parce qu'ils sont
adaptés aux aptitudes motrices spéciales de telle ou telle espèce et
utilisent des mécanismes hétérogènes. Il a étudié un modèle universel.
L'animal est dans une grande cage circulaire au centre de laquelle se
trouve la chambre à nourriture : on y entre par une porte maintenue
fermée par un électro-aimant et qui s'ouvre d'elle-même sous l'action
d'un ressort quand l'animal se place sur une plate-forme de niveau
avec le plancher de la grande cage. Les connexions mécaniques et
électriques sont étudiées avec beaucoup de soin ; l'ouverture peut
dépendre d'une seule plate-forme ou du jeu successif de plusieurs
dans un ordre, soit indifférent, soit déterminé. On peut donc graduer
les difficultés, sans jamais demander autre chose que de simples actes
de locomotion qui peuvent être exécutés par des animaux quelconques.
Un système de signaux lumineux permet de contrôler du dehors les
mouvements de l'animal. Cet appareil, avantageux dans l'étude
d'habitudes formées par essais et erreurs, ne semble guère se prêter à
celle d'actes intelligents ; plus encore que dans ceux de Thorndike,
justement critiqués par Köhler, l'animal agit par des moyens invi
sibles et inintelligibles pour lui. P. G.
170. — C.-J. WARDEN et L. HAAS. — The effect of short interwals
of delay of feeding upon speed of maze learning {Ueffet de courts in
tervalles de retard dans V alimentation sur la rapidité de Vappren-
tissage du labyrinthe). — J. of comp. Ps., VII, 2, 1927, p. 107-116.
On emploie généralement la nourriture comme appât dans la fo
rmation des habitudes chez les animaux. Qu'arrive-t-il si on intercale
un délai entre l'exécution de l'acte et la récompense ? Watson a
trouvé qu'un délai de 30 secondes chez le rat blanc n'empêchait pas
le dressage. La question est reprise ici avec la méthode du labyrinthe
pour des délais de 1 à 5 minutes. L'appareil permet de recouvrir
d'une lourde cloche, manœuvrée du dehors, la soucoupe où le rat
trouve à manger quand il entre dans le dernier compartiment : il peut
néanmoins la voir et la sentir à travers certains orifices ; l'obstacle
est levé à la fin du délai. Les rats du groupe de contrôle sont placés,
pour le reste, dans des conditions identiques. Un intervalle de cinq mi
nutes ne paraît avoir aucun effet sur la formation de l'habitude ;
cependant l'éducation du groupe retardé de une minute a montré
des irrégularités difficiles à expliquer. P. G.
171. — MUe G. COUSIN. — Dispositif nouveau pour l'étude du
galvanotropisme. — Recherches et Inventions, VIII, 151, 1927,
p. 100-105.
Deux charbons collés sur une lame porte-objet apportent le cou-
t'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. XXVIII. 22 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 33$
rant au liquide contenu dans la cellule, et sont séparés de la région où
l'on place les protozoaires, les crustacés ou autres animaux de petite
taille par une digue en matière poreuse retenant les gaz d'électrolyse.
Des cuves disposées sur un modèle analogue servent pour l'étude
d'animaux plus volumineux. H. P.
172. — L. GUÉNOT. — Valeur protectrice de l'homochromie chez
quelques animaux aquatiques. — An. Se. n., X, 1927, p. 143-150.
L'auteur montre que l'homochromie n'est pas un moyen de pro
tection efficace (certains des animaux homochromes n'étant pas
attaqués, étant même incomestibles) ; sa généralité ne permet
de la considérer comme fortuite. A côté de l'homochromie nutriciale,
G. a envisagé une homochromie « anti-spectrale » : h'Hippolyte varians
brune, verte ou rose, choisit une algue de sa couleur pour se tenir
au-dessous : son tégument n'absorbe pas les radiations rouges filtrées
par l'algue rouge, ou les radiations vertes filtrées par l'algue verte,
quand elle est rouge ou quand elle est verte elle-même ; et elle est
ainsi protégée comme à l'obscurité.
Mais, en l'absence des yeux, le choix des algues homochromes n'est
plus possible, on le sait, et les yeux sont impressionnés également,
quelle que soit la parenté ou la divergence dans la couleur du tégu
ment et celle de l'algue. Cela constitue un sérieux obstacle pour la
théorie de l'homochromie « anti-spectrale » qui ne peut en tout cas
s'appliquer que lorsque les animaux sont séparés de la lumière par
le substrat, ce qui est relativement rare, et que la couleur du substrat
est une couleur de transmission élective et non de réflexion (l'inverse
étant vrai pour la couleur de l'animal homochrome). H. P.
173. — M.-M. BELJAJEFF. — Ein Experiment über die Bedeutung
der. Schutzfärbung [Une expérience sur la signification de la colo
ration protectrice). — Bi. Zentr., XLVII, 1927, p. 107-113.
Les expériences célèbres de Gesnola ont été reprises avec plus de
■précision : des mantes vertes, jaunes et brunes, en nombre égal, sont
attachées sur un substrat brun, et on examine le comportement de
deux oiseaux cherchant leur nourriture sur ce substrat, un Saxicola
et une Crécerelle. Avec ceux-ci, 12 mantes jaunes, 11 vertes et 4 brunes
seulement sont trouvées, ce qui indique un rôle protecteur de l'homo
chromie. Mais ce rôle est très relatif, car un vol de Corneilles fut suivi
de la destruction égale des trois sortes de mantes (12 jaunes, 12 brunes,
et 11 vertes). H. P.
174. — FERNANDE COUPIN. — L'indice de valeur cérébrale au
cours de l'enfance chez les Anthropoïdes. — C. R., CLXXXIV,
1927, p. 396-398.
L'indice de valeur cérébrale est le rapport du poids du cerveau
d'un animal en cours de développement au poids du cerveau d'un
adulte réduit à la même taille par application de la formule KP0>2B
(K étant le coefficient de eéphalisation et P le poids du corps avec
l'exposait de Lapicque. 0.25 applicable aux animaux de même
espèce).
Çhe* l'homme, chez le chimpanzé, le rapport dépasse l'unité dans PSYCHOLOGIE ZlUajUOGXQUE ET BIOLOGIE 339
une certaine période d« l'enfance « ce qui paraît correspondre, dit
l'auteur, au grand effort cérébral que l'animal doit faire à. ce moment »,,
interprétation fonctionnelle très discutable.
Chez le gorille l'indice a été trouvé de 1,84 à 1 an, de 1,45 à 5 ans*
Le gorille enfant se montre ainsi, cérébralement, davantage supérieur
à l'adulte que l'enfant homme ou l'enfant chimpanzé. Cette supérior
ité cérébrale de l'enfance serait d'autant plus marquée que le coeffi
cient K serait plus faible (0,7 chez le gorille ; 1,14 chez le chimpanzé).
H. P.
175. — HUDSON HOAGLAND, — Quantitative aspects of
immobility in Veutelwates {Aspects quantitatifs 4e V immobilité
tonique chez les Vertébrés}. — Pr. of N. Ac, of Se, XIII, 12, 1927,
p. 838443,
Confo?méîû&Qt aux suggestions de Crozier qui a étudié le coefficient
de température des cycles d'immobilisation chez des Isopodes, H. a
fait la niên^e étude chez des Vertébrés, les lézards (Anolis çarolinerksis.\.
Le fait de renverser brusquement l'animal en comprimant le
thorax provoque l'immobilité, dont la durée est indépendante de la
force du stimulus (mécanisme du tout ou rien). Entre 5° et 35° C,
la durée des cycles d'immobilisation de Crozier (durée de la période
au cours de laquelle l'animal étant immobilisé toutes les fois que
l'immobilité cesse, la longueur de la phase d'immobilisation, après
avoir augmenté, puis diminué, repasse par la valeur initiale) varie
avec la température ; mais les valeurs s'ordonnent suivant deux
droites différentes pour un même animal. Immédiatement une
explication est proposée : II existe, non pas une hormone inhibitoire
(Crozier), mais deux de ces chalones, favorisait le passage des influx
venant des centres toniques et inhibant les centres supérieurs, la
formation de chacune ayant des coefficients très différents.»
L'adrénaline est-elle un des autalcoïdes libérant la chalone
efficace. En fait elle prolonge les durées d'immobilisation. L'ergota-
mine qui paralyse les terminaisons sympathiques des mammifères
devrait avoir un effet antagoniste ; mais elle prolonge aussi l'immob
ilisation, tandis que le nitrite d'amyle l'abolit. Les élévateurs dé
pression sanguine allongeraient en somme, les abaisseurs raccourci
raient les durées d'immobilisation.
Les faits ne sont pas sans valeur. Mais les données quantitatives
fondées sur la notion assez artificielle du cycle sont un fondement
bien fragile pour des systématisations aussi précises qu'arbitraires.
Rien ne permet de fonder sérieusement la notion d'une hormone
inhibitoire pour des processus de réponse en somme rapides au st
imulus. H. P.
176. — H. PIÉRON. — De la loi qui relie la surface des ailes au
poids des individus dans une même espèce animale et de quelques
problèmes concernant le vol des Insectes. — C R., CLXXXIV,
1927, p. 239-241.
A propos d'une note de P. Portier et Mlle de Rorthays sur la charge
que supportent dans le vol les ailes de Lépidoptères, rappel d'une
étude ancienne {Feuille des Jeunes Naturalistes, 1909, p. 235), et 340 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
détermination d'une loi reliant dans une espèce donnée, le poids P
et la surface alaire S :
S = a -f- &P (a et b étant des constantes). Le rapport de susten
tation R
R== a+h?
peut être comparé d'une espèce à l'autre en faisant la réduction à
un même poids P. La constante a représente un excès biologique-
ment utile de surface portante (nécessaire chez les espèces qui
portent leur proie comme les Ammophiles, les Pompiles, etc.),
excès qui peut être réduit par section d'ailes sans empêcher le vol.
Mais le maximum de réduction de la surface alaire est supérieur à
l'excès réel de surface portante dans les conditions normales du vol
par suite d'un mécanisme compensateur dû à l'accélération des
battements (mécanisme réduit par la fatigue) et encore très insuff
isamment connu. H. P.
b) Tropismes. Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles
177. — ET. RABAUD. — Tropismes et comportement. — R. ph.,
Cil, 1926, p. 5-30 et 239-268.
Les mouvements des êtres vivants résultent de l'interaction de
l'organisme considéré avec certains excitants agissant dans certaines
conditions. Le tropisme ou orientation doit être distingué de la kinèse
ou mouvement. Les mouvements orientés des animaux ou plantes
fixés relèvent de mécanismes différents ; doivent seuls être retenus
comme tropismes ceux qui sont assimilables aux mouvements orien
tés des organismes libres.
L'excitant étant donné, le mouvement orienté est irrésistible,
sans qu'il soit permis d'invoquer un processus de sélection. Non
seulement le seuil, mais aussi l'intensité maxima qui détermine une
réaction de même sens varie avec les organismes ; de sorte que ce que
nous appelons intensités d'un même excitant constituent en réalité
autant d'excitants distincts. Les réactions d'un même individu à un
même excitant varient selon les conditions de l'un et de l'autre, et
ici encore, sans relation à la finalité. Les actions simultanées de
plusieurs excitants de nature différente tantôt se renforcent, tantôt
se neutralisent, tantôt se combinent.
Une fois établi le fait de mouvements orientés sous l'action des
composants du milieu, il faut l'interpréter. Selon Jennings, l'attrac
tion serait simplement la résultante d'une succession d'essais accom
pagnés d'erreurs, c'est-à-dire, pour éliminer l'apparence intentionnelle
de ces termes, de mouvements les uns impropres, les autres propres
au résultat final, ces derniers devenant de plus en plus fréquents.
Mais la sinuosité du trajet suivi par un organisme vers un excitant
externe s'explique par diverses causes, en particulier la sensibilité
différentielle, le retard de la réaction orientée sur la réaction motrice,
les interférences multiples. Supposer avec Jennings un choix, même
involontaire, d'une situation favorable, c'est appliquer une inter-