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a) Etudes générales et Méthodologie
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 310-321.
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a) Etudes générales et Méthodologie. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 310-321.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1929_num_30_1_4942310 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
203. — J. M. FLETCHER. — An old solution of the new problem
' Ps. of instinct Rev., XXXVI, (Une vieille I, 1929, solution p. 44-55. du nouveau problème de l'instinct).
C'est la doctrine de l'hérédité des caractères acquis qui permettait
de comprendre la genèse des instincts. Mais cette doctrine a perdu
beaucoup de sa force après les travaux de Weismann. F. suggère que
l'on pourrait concilier les deux théories en admettant que la première
s'applique surtout aux formes inférieures d'organisation tandis que
la seconde vaudrait surtout pour les formes supérieures plus évoluées.
Il indique à l'appui de sa thèse les faits établis par Stewart qui a
montré qu'en soumettant les colibacilles à l'action de certains
sucres, on obtient des variations de formes héréditaires. G. P.
204. — EMILE DESVAUX. — La genèse de l'intelligence humaine.
Rev. gén. Se, XL, 5, 1929, p. 144-150.
C'est, d'après l'auteur, la vie en cavernes qui aurait vraiment « fait
l'homme » comme la forêt a fait le singe, en faisant apparaître chez
des enfants d'anthropoïdes les attributs caractéristiques de l'huma-
nitë.
1° Grâce à une hypoactivité fonctionnelle prolongée après la
naissance, la croissance.se serait prolongée et la durée d'éducabilité
accrue ;
2° Le rétard sexuel avec infantilisme relatif aurait entraîné
l'allongement des jambes, et par là, avec la marche bipède, la libé
ration de la main et l'emploi d'outils.
3° L'harmonie cérébrale aurait pu être maintenue sans l'acquisi
tion du « monstreux » cerveau postérieur de l'homme des bois ;
4° Le sens des faits aurait été compris par observation extérieure,
et en quelque sorte spectaculaire, d'où l'acquisition de l'intelligence
proprement humaine.;
5° Acquisition du langage ; 6° Appel à un Dieu présent et invisible
comme cause des causes ; 7° Domestication du chacal des cavernes
devenu le chien ; 8° Acquisition de la demeure faisant naître le sent
iment de la propriété et l'esprit de famille.
Construction bien singulièrement arbitraire 1 H. P.
2° Psychologie Zoologique et Biologie
a) Etudes générales et Méthodologie 1
âO5. — J. A. BIERENS DE HAAN. — Animal Psychology for
Biologists [Psychologie animale pour Biologistes). — 1 vol. in-8 de
80 pages, University of London, 1929. Prix : 4,6 sh.
Ce petit volume est un recueil de trois leçons faites au Kings Col
lege, à Londres, par l'auteur, lecteur de zoologie expérimentale à
T. Voir aussi les n<* 172, 173, 174. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE Et BIOLOGIE âii
l'Université d'Amsterdam, et bien connu par ses travaux de psychol
ogie animale.
Les sujets des trois conférences sont les suivants : la psychologie
des animaux comme branche indépendante de la zoologie ; l'animal
comme sujet connaissant (knowing subject) ; l'animal comme sujet
sentant et désirant (feeling and striving subject).
Tout en reconnaissant que la psychologie des animaux, envisagée
d'un point de vue génétique, peut se rapprocher de la psychologie
humaine dans laquelle elle constitue une branche d'introduction, il
considère que, pour assurer une connaissance suffisamment complète
des animaux comme c'est le but de la zoologie, il faut que la psychol
ogie animale se constitue comme une section autonome de cette
science, ainsi que l'a déjà fait la physiologie comparée, se détachant
de la, physiologie humaine.
On pourrait penser qu'un zoologiste envisageant la psychologie
animale se rallie aux attitudes objectives du Behaviorisme. Mais,
alors que ce sont les psychologues qui, de plus en plus, font du com
portement le véritable objet de leur science, ce sont les zoologistes
qui sont disposés à garder l'attitude traditionnelle, et B. de H. fait
de la psychologie animale l'étude des phénomènes subjectifs des an
imaux. Se fondant sur l'introspection, il distingue le domaine de la
connaissance, de l'affectivité, et de la volonté (tendance, inclination),
et dès lors examine les faits généraux de la psychologie animale sous
ce triple point de vue du knowing, du feeling et du striving.
Des données sur la perception, la mémoire, l'imagination, l'idéa-
tion sont fourmes, mais sans souci de classification, dans un désordre
qui se comprendrait mieux de la part d'un psychologue que d'un
zoologiste écrivant pour les biologistes (à la différence d'Hempel-
mann).
Une discussion de la conception des tropismes ouvre la dernière
partie sur le « striving ». Et, dans l'ensemble, c'est une ten
dance et quelques idées générales de l'auteur que reflètent les leçons,
plutôt qu'elles n'apportent une synthèse de faits. H. P.
206. — J. A. BIERENS DE HAAN. — Animal language in its
relation to that of Man {Le langage animal dans son rapport avec le
langage humain). — Biological Reviews, IV, 3, 1929, p. 249-268.
Dans cet examen de la question du langage animal (fondé sur une
série de 27 travaux), l'auteur détermine d'abord les caractéristiques
de ce qu'il considère comme le langage véritable, à l'image du lan
gage humain, qui est vocal, articulé, de signification conventionnelle
(apprise et non héritée), indicateur (d'objets ou de concepts), fondé
sur une intention de communication réciproque, et servant par
union d'éléments à des combinaisons nouvelles et variées (phrases
faites de mots).
Des sons vocaux se rencontrent chez un certain nombre d'espèces,
mais les sons articulés n'existent que chez certains oiseaux (et encore
l'articulation est plus apparente que réelle).
Mais c'est du côté sociologique que les différences sont notables
entre les langages animaux et le langage humain : ce qui est compris
l'est congénitalement, et n'est pas appris ; il y a expression de sen- Sl^ ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
timents, non désignation d'objets ou d'idées, ce qui implique qu'il n'y
a pas de « mots » à proprement parler malgré quelques assertions
contraires qui sont réfutées (en ce qui concerne les singes anthro
poïdes).
Le langage animal n'est pas « allocentrique », visant à la commun
ication, mais « égocentrique ». L'usage pour des communications
se montre secondaire et accidentel.
Enfin il n'y a pas constitution de phrases ; les sons sont stéréotypés,
représentent des formes instinctives et ne comportent pas de progrès.
Dans ces limites, les manifestations du langage des animaux sont
exposées dans les différentes espèces d'Insectes et de Vertébrés.
Au contact de l'homme un certain développement se manifeste
chez les animaux commensaux, dont certains apprennent même à
se servir de certains mots. L'orang de Furnus (1916) aurait su utiliser
le mot « cup » pour obtenir à boire, mais le fait reste douteux. On en
a cité des exemples chez des perroquets.
Mais, en somme, pour l'auteur, un fossé infranchissable sépare
l'homme des autres animaux. Toutefois, il spécifie en terminant
qu'il n'oppose au langage des animaux que celui de l'homme adulte
sans envisager le cas de l'enfant, qui n'atteindrait qu'après l'âge de
deux ans le stade du véritable langage. , H. P.
207. — MAURICE THOMAS. — L'Instinct. Théories. Réalité. —
In-8 de 335 pages. Paris, Payot, 1929. Prix : 30 francs.
Farouchement anti-évolutionniste, l'auteur a écrit un livre, non
de mise au point objective et de science froide, mais de discussions et
de controverses passionnées.
Après un éloge des naturalistes anciens et une apologie de Fabre,
T. s'en prend successivement à Marchai, Hachet-Souplet, Bouvier,
Rabaud, Roule, Cathelin et Bohn, victimes très inégales offertes à
ses coups.
Il n'est pas possible de suivre l'auteur dans ces multiples contro
verses. Mais, à titre d'exemple, nous prendrons celle qui concerne
l'ouvrage de Bouvier sur la vie psychique des Insectes. L'auteur
exprime le regret de voir Bouvier « combattre la thèse fixiste et
mettre son talent d'argumentateur au service d'une cause qui est,
à mon humble avis, déclare-t-il, perdue sans rémission », et attribue
les conclusions erronées de ces livres à ce qu' « il accorde trop de
créance à des expériences ainsi qu'à des observations qui — faites
par d'autres que lui bien entendu — n'ont pas la précision et la rigueur
nécessaires » et à ce qu' « il conclut en faveur de théories que les faits
d'observations et d'expériences sont insuffisants à justifier ».
Par exemple B. accepte en faveur des tropismes les expériences de
Parker et Dolley sur la rotation des papillons ayant un œil verni.
« Pour moi, dit T., je pense avec Hachet-Souplet qu'il y a là une
simple fuite de la douleur ». Quand un tropisme change de signe,
c'est que, suivant les circonstances, le même élément devient a agréable
ou gênant, favorable ou défavorable ».
S'il admet une plasticité des instincts, B. ne l'appuie d'aucun fait
probant, et, d'après T., le reconnaît : « Constatons tout d'abord,
dit T., que l'illustre professeur, en exprimant cette opinion, ne se fait PSYCHOLOGIE 2ÎOOLOGIQUË ET BIOLOGIE 313
aucune illusion quant au vrai sens des faits sur lesquels il peut tabler.
Admettre avec Fabre, dit-il, que les actes psychiques des instincts
sont immuables, c'est prendre l'apparent pour le réel. Cette phrase
est l'aveu, voulu sans doute, que les faits constatés sont insuffisants
à établir sa thèse, et en outre que les apparences sont contre elle ».
On voit que T. ne craint pas d'affiner à l'extrême la subtilité de
sa controverse.
Y a-t-il des capacités d'invention chez les Insectes, comme l'admet
B. ? Mais les faits qu'il cite sur l'emploi d'outils par les Ammophiles,
observés par les Peckham, sont incontestablement faux aux yeux
de T.
« Plus j'étudie les choses, plus je crois avec Fabre, conclut-il, que
les instincts ont été complets et parfaits dès l'origine ».
Enfin, en matière d'orientation, des objections sont faites à Fabre.
T. s'efforce de montrer qu'elles ne sont pas justifiées. Un sens inconnu
autre que l'odorat est attribué aux Bombyx qui découvrent leurs
femelles. Or « voilà que me tombe sous la main un remarquable ou
vrage de M. George« Lakhovsky... ce dernier met en évidence le fait
que les êtres vivants émettent des ondes, et que certains d'entre eux
possèdent de véritables appareils détecteurs. Ce serait une organisa
tion de ce genre qui permettrait aux Bombyx de découvrir leurs fe
melles. Ceci est l'éclatante confirmation de la thèse de Fabre ».
Il est facile de voir, d'après l'allure de la discussion, que T. accepte
facilement les données qui s'accordent avec ses conceptions et avec
sa foi en la valeur absolue de l'œuvre de Fabre (car, pour les expé
riences de Lakhovsky, qui sont si suspectes, leur application au
Bombyx ne repose sur aucun fait) ; et en revanche toutes les données
en désaccord avec ses conceptions sont aussitôt rejetées.
Il y a là des manifestations d'un esprit de parti qui devrait être
rigoureusement exclu de la science, où l'objectivité est la vertu fon
damentale (bien qu'elle soit loin d'être répandue comme elle le devrait
être chez les savants).
Regretter que Bouvier ait mis son talent d'argumentateur au ser
vice d'une cause perdue laisse penser que les savants, dans leurs re
cherches, se mettent au service d'une doctrine, et Bouvier a dû être
bien surpris de ce reproche, car incontestablement, il ne s'esfr mis
qu'au service de la vérité ; on peut se tromper, mais on ne cherche
pas à avoir raison, car la petite vanité de chacun est bien peu de
chose devant la grandeur de l'édifice collectif.
Tard entré dans l'arène, T., avec ses élans généreux, son enthou
siasme et ses indignations, qui ne laissent pas souvent d'être sym
pathiques, pourrait peut-être se mettre quelque temps à la rude
discipliné de la recherche directe dans un domaine où les théories,
les convictions, les opinions de Jean ou de Jacques ne viendraient
pas troubler son observation objective des faits. H. P.
208. — J. M. STEPHENS. — Â mechanical explanation of the
law of effect [Explication mécanique de la loi de V effet). — Am. J.
of Ps., XLI, 3, 1929, p. 422-431.
L'auteur a réalisé un montage électrique simple, composé de relais,
qui illustre grossièrement (mais bien entendu n'explique pas) cer- 914 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
taines theories du learning (Thorndike, Carr). La machine peut
répondre de deux manières inverses, suivant la position d'un relai
interrupteur, à l'une ou l'autre des deux fermetures de circuit figu
rant les stimuli possibles ; l'une des réponses est considérée comme
bonne et l'autre comme mauvaise.
Si la première réaction se fait d'emblée dans le bon sens, elle aura
toujours lieu de la même façon ; sinon, le circuit mis en jeu la pre
mière fois se trouvera coupé et, au 2e essai, c'est la bonne réaction
qui se produira. La machine aura « appris » à bien répondre, l'effet
indésirable (nocif) produisant lui-même la modification interne
capable d'empêcher son retour. A. F.
209. — C. J. HERRICK. — Anatomical Patterns and Behaviour
Patterns [Sytèmes anatomiques et systèmes de comportement). —
Physiological zoology, II, 1929, p. 439-448.
L'auteur montre que le comportement ne peut se réduire à une
somme de réflexes, parce que, lorsqu'un « pattern » est perdu, un
autre s'y substituera pour jouer un rôle analogue.
L'étude d'animaux réduits à des sens inférieurs, odorat et goût,
avec une musculature simple, comme la Myxine ou le Bdellostome,
met bien en évidence une organisation nerveuse supérieure aux
systèmes réflexes.
La stimulation qui conduit à une activité motrice directe, en
traîne en outre une décharge collatérale dont l'effet est de renforcer
ou d'inhiber l'activité motrice dépendant des conditions générales
du corps. Il y a des centres de corrélation qui émergent, des points
stratégiques d'intégration, dans le thalamus, le cortex, et l'intégra
tion physiologique représente l'unité individuelle. H. P.
210. — BENNO SLOTOPOLSKY. — Die Selbstverstümmelung
der Eidechsen in ihrer Beziehungen zum Nervensystem (-L'autoto-
mie des lézards dans ses rapports avec le système nerçeux). — Z.
für ver. Ph., IX, 1, 1929, p. 82-113.
D ans son intéressant travail, complétant des recherches anté
rieures (Zool. Jahrb. abt. anat. XLIII, 1921, p. 219-322 ; Pf. A.,
CXCIV, 1922, p. 123-134), l'auteur montre que Fautotomie de la
queue est plus difficile à obtenir chez les lézards décapités que
chez les normaux (à l'inverse de ce qui a été soutenu) et que l'exc
itation la plus efficace n'est pas la plus intense, mais — ce qui im
plique une grande complexité du processus — la plus adéquate
étiologiquement : c'est le fait de « saisir » la queue qui a l'efficacité
maxima, beaucoup plus grande que l'excitation électrique ou la
brûlure (constatation que j'ai faite déjà sur les sauterelles et les
crabes, l'auteur paraissant d'ailleurs ignorer complètement mes
travaux).
Il ne paraît pas y avoir de centre médullaire localisé pour l'auto-
tomie, qui dépend de l'excitabilité du segment médullaire quand on
a séparé ce segment des centres supérieurs.
Pour le mécanisme de l'autotomie, éclairé par d'excellents films
cinématographiques, il ne dépend pas de simples mouvements
d'incurvation de la queue comme on l'a admis, mais d'une manœuvre
propre de la musculature. Psychologie zoologique et biologie 315
Dans les conditions naturelles, l'autotomie apparaît comme
ayant un composant réflexe et un composant psychique d'ordre
affectif (rôle de la douleur et de 1'« Angst») où prédominerait le «sen
timent d'être saisi ». H. P.
211. — J. BERITOFF. — Ueber die Entstehung der tierischen Hyp
nose {Sur Vorigine de Vhypnose animale). — Z. für B., LXXXIX,
1, 1929, p. 77-82.
L'auteur relie l'état de sommeil de l'hypnose animale comme
une deuxième phase, à l'immobilisation active qui dépend, sous
l'influence de certains stimuli, d'une inhibition réflexe. L'inhibition
qui entraîne une diminution d'excitabilité réflexe des centres, avec,
du fait de l'immobilité, exclusion de nombreux stimuli, d'ordre
extéroceptif et surtout proprioceptif, prépare les voies au som
meil qui se produit tout naturellement, à moins que l'immobilisa
tion active soit relativement faible et brève. H. P.
212. — J. BERITOFF. — Ueber die angeborenen Reflexakte im
Verhalten der Tiere (Sur les actes réflexes innés dans le comportement
des animaux). — Z. für B., LXXXIX, 4, 1929, p. 59-76.
Recherches sur les effets d'excitations très variées chez des gre
nouilles et de jeunes chiens, soit normaux, soit décérébrés.
Dans tous les cas, une excitation périphérique suscite à la fois
une réaction motrice, réponse positive dont la nature dépend du
lieu et des modalités de l'excitation, et en outre une réponse néga
tive consistant en une inhibition (à durée plus ou moins longue) de
tous les autres réflexes pouvant être suscités par des stimuli d'ordre
extéroceptif ou proprioceptif.
Et cette coordination des réflexes ne dépend pas des centres
supérieurs. H. P.
813. — C. L. HULL. — A functional interpretation of the condi
tioned reflex (Une interprétation fonctionnelle du réflexe condi~
tionné). — Ps. Rev., XXXVI, 6, 1929, p. 498-511.
H. cherche quelle est la fonction biologique (c'est-à-dire l'utilité
pour la survie) du réflexe conditionné. Il s'agit là évidemment de
considérations assez hypothétiques.
Il est avantageux pour l'être vivant que la réaction (réaction de
défense, par exemple) soit provoquée un peu à l'avance par un des
éléments de la situation, par la vue du danger, par exemple. En géné
ral donc, ce processus est utile, bien qu'il puisse donner lieu à des
erreurs et par suite à des adaptations défectueuses. Mais celles-ci
sont éliminées peu à peu.
Dans un grand nombre de cas, la réaction se fait en présence d'une
situation complexe bien définie, de telle façon que tous les éléments
soient nécessaires pour déterminer la réponse. C'est le cas pour les
réactions complexes de l'homme à un écrit, par exemple. Mais les
expériences de Pavlov montrent bien aussi des cas de ce genre.
De même, il n'est pas difficile de montrer l'intérêt pour une adap
tation parfaite,de l'inhibition différentielle ou de la tendance à
l'anticipation de la réaction. G. P. 316 ANALYSES BIBLIOÜKAPHIQÜES
214. — R. W. HUSBAND. — A comparison o! human adults and
white rats in maze learnning [Comparaison d'hommes adultes et
de rats blancs dans V apprentissage du labyrinthe). — J. of comp.
Ps., IX, 6, 1929. p. 361-378.
Le labyrinthe se compose de dix éléments semblables comportant
chacun une bifurcation : le bon chemin est soit à droite, soit à
gauche. Pour l'homme, on emploie un modèle réduit que le sujet,
les yeux bandés, parcourt avec la pointe du doigt. On s'est efforcé
de réaliser pour l'homme et pour le rat des conditions aussi sem
blables que possibles ; cependant on n'a pu éviter de préparer les
sujets humains à leur tâche par quelques explications ; de plus, ils
apprennent en une seule séance, tandis que les rats ne font qu'un
essai par jour.
Néanmoins les courbes d'apprentissage sont très semblables.
L'homme apprend en moyenne plus vite (16 essais 1) avec de grandes
différences individuelles ; le groupe de rats est plus lent (24 essais 2),
mais plus homogène. Chez l'homme les erreurs viennent surtout " de la tendance à alterner les directions successivement choisies,
tandis que le rat a plutôt une tendance à persévérer dans la même
direction. C'est la première partie du labyrinthe qui est la plus diffi
cile pour l'animal, il apprend dans l'ordre régressif. Pour l'homme,
qui* apprend dans l'ordre progressif c'est la partie médiane et finale
qui offre le plus dé difficultés. P. G.
215. — J. A. GENGERELL1. — Preliminary experiments on the
causal factors in animal learning. II. [Expériences préliminaires
sur les facteurs qui conditionnent l'apprentissage animal). — J. of
comp. Ps., IX, 4, 1929, p. 245-254.
G. veut montrer l'impossibilité d'expliquer la formation des habi
tudes par la théorie de la chaîne de réactions aux perceptions kines-
thésiques. Il dresse des rats à parcourir des labyrinthes de forme
variées.. Le détail de ses expériences ne peut être compris qu'avec
un grand nombre de figures. D'une façon générale, après un premier
dressage, l'animal est mis en présence d'un appareil qui ne diffère
du précédent que par un caractère : par exemple un couloir est plus
long ou plus court ; un couloir fermé est ouvert ou inversement ;
les mêmes choix se présentent après un détour nouveau à 90°, etc.
Ces expériences semblent justifier le rejet de la théorie. traditionnelle
de l'habitude. Par exemple, un rat habitué à tourner à gauche dans
le premier type d'appareil tournera encore du même côté si la bifur
cation se présente beaucoup plus tard, après un parcours beaucoup
plus long, au cours duquel ses mouvements auront été très diffé
rents de ceux qu'il accomplissait dans l'ancien appareil, d'autant
qu'il n'a plus son allure habituelle, mais s'arrête, hésite, tourne la
tête, flaire les parois, etc. Citons aussi des expériences où le rat doit
désapprendre une direction parce qu'après l'avoir prise selon son
habitude, il rencontre une grille électrisée. Il est remarquable que
non seulement certains animaux refusent de parcourir désormais le
labyrinthe, mais que d'autres après avoir fait quelques pas du
mauvais côté, reviennent sur leurs pas et choisissent Vautre direc
tion. Il y ,a là tout autre chose que la réduction d'un automat
isme, "■'"■■■■ P. G. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 317
216. — K. S. LASKHLEY et J. BALL. — Special conductions and
kinesthetic sensitivity in the maze habit (Conduction spéciale et sen
sibilité kinesihésique dans l'habitude du labyrinthe). — J. of comp.
Ps., IX, 1, 1929, p. 71-101.
On détruit chez des rats la partie dorsale de la moelle sur une
certaine longueur depuis la troisième cervicale. Dans certains cas,
les faisceaux latéraux et certaines parties de la colonne ventrale
(f. pyramidal) se sont trouvés compris dans la destruction. Les
animaux avaient été préalablement entraînés à parcourir un laby
rinthe. Une fois rétablis, ils sont remis au labyrinthe. Malgré les
troubles très apparents de la sensibilité tactile et kinesthésique
(ataxie, retard de la progression des membres postérieurs, marche
sur la partie dorsale des extrémités, etc.) et la diminution de la
vitesse de marche, l'orientation dans le labyrinthe n'est guère
moins bonne qu'avant l'opération. Les animaux ne sont pas plus
gênés dans l'obscurité qu'à la lumière. Ces résultats défavo
rables à la conception de l'habitude comme chaîne de réflexes
réglés par les excitations périphériques qui viennent de l'exécution
du mouvement précédent. L'habitude doit reposer sur un méca
nisme central capable de produire automatiquement la succession
de mouvements, même en l'absence d'indications périphériques
(le travail est accompagné d'une étude précise du faisceau de la
moelle et de planches qui permettent de juger de l'étendue des
lésions). P. G.
217. — M. R. SCHNECK et C. J. WARDEN. — A comprehensive
survey of the experimental literature on animal retention {Be vue
comparée de la littérature expérimentale sur la « rétention » chez les
animaux). — J. of genet. Ps., XXXVI, 1, 1929, p. 1-20.
Revue, présentée sous forme de tableau, des travaux de psychol
ogie animale concernant le problème de la mémoire ou plus exacte
ment la « rétention » chez les différentes espèces animales. Les types
d<! problèmes, le nombre et l'espèce des sujets, les stimuli employés,
la répartition des périodes d'apprentissage et les intervalles intro
duits entre l'apprentissage et les épreuves de répétition ont été
envisagés. Les conclusions sont peu favorables et montrent que le
problème a été très négligé ; abordé occasionnellement dans une
trentaine de travaux, il n'a fait l'objet que d'une étude systématique
(Tsai, 1924). Les résultats, obtenus dans des conditions expériment
ale très variées, peuvent difficilement être rapprochés et ne per
mettent en aucun cas une étude comparative de la fonction envisa
gée, à travers la série animale. A. B.-F.
218. — WERNER FISCHEL. — Die tierischen Gedächtnisleis
tungen (Les activités mnémoniques des animaux). — B. Zentr.,
XLIX, 5, 1929, p. 291-301.
D'après F. c'est le ver de terre, le métazoaire le moins élevé,
chez qui on a réussi un dressage par acquisition d'habitude. Il
donne quelques résultats d'ensemble des recherches effectuées (rôle
de la « Gestalt » d'après les travaux de Mathilde Hertz, dressages
doubles positif et négatif, comparables à la méthode de choix de 318 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Yerkes, travaux de Nadia Koht), au point de vue de la nature
possible des associations mnémoniques : la forme initiale est le
rappel par association à autre chose (la « gebundene Erinnerung »),
l'évocation liée, conditionnée, avec dressage positif par association
simple, sans choix (Annélides, Mollusques, Crustacés inférieurs), ou
avec association multiple comportant un choix entre deux éventual
ités apprises, par récompense pour l'une, punition pour l'autre
(Crustacés décapodes, Dytiques chez les Insectes et larves d'Aeschna)
ou enfin comportant choix entre éventualités multiples dont une
seule apprise (Insectes supérieurs, Vertébrés). La forme la plus évo
luée est l'évocation libre (« freie Erinnerung ») qui n'a guère été en
core l'objet d'investigations systématiques, et qui paraît se ren
contrer probablement chez les abeilles, quelques oiseaux et des
mammifères, souris, peut-être, singes certainement. H. P.
219. -r- WERNER FISCHEL.— Ueber die Bedeutung der Erinne
rung für die Ziele der tierischen Handlung [Sur la signification
du Souvenir pour les buts de V activité animale). — Z. für .ver. Ph.,
IX, 4, 1929, p. 636-664.
Un animal peut-il être guidé dans son activité par un souvenir
et non exclusivement par l'ensemble des données perceptives
actuelles ? Les expériences faites jusqu'à présent (et dont l'auteur
donne un résumé récapitulatif d'après une douzaine de travaux)
ont donné des résultats négatifs chez la poule, positifs chez le pigeon,
la corneille et Autres oiseaux, ainsi que chez les rats, négatifs chez
le chat, en général négatifs chez le chien, en général positifs chez
les singes.
- L'auteur a expérimenté sur des souris en leur offrant des grains
pour lesquels elles ont un goût très inégal, de froment ou de seigle ;
on les habitue à trouver les deux grains, puis on rapproche le grain
de seigle et on éloigne l'autre. Or, dans ces conditions, au lieu de
prendre d'abord le premier grain rencontré, la souris se met à cher
cher jusqu'à Ce qu'elle trouve l'autre, qu'elle préfère, et dont elle
montre ainsi qu'elle a gardé un souvenir agissant. Et, progressive
ment, on peut éloigner davantage le grain préféré, qui est ainsi
cherché de plus en plus longtemps. HP.
320. — ETIENNE RABAUD. — Phénomène social et sociétés
animales. — B. Biol., LX1II, 3, 1929, p..377-398.
On doit distinguer, dit R., à l'origine des groupements animaux,
la convergence due à l'action attractive d'une influence extérieure,
et l'attraction réciproque des individus. Dans le premier cas il y a
foule, dans le second société. L'étude de l'interattraction, comme
première forme du phénomène social, peut se rattacher à celle de
la répulsion réciproque qui se manifeste aussi très nettement dans
toute un série de cas.
Les larves de Myelois cribrella (Lépidoptères) ne supportent pas un
voisinage réciproque, au contraire, celles de Microgaster et d'Apan-
teles (Hyménoptères) cherchent le contact ; et l'on voit les larves
de M. alvearius construire d£s alvéoles contigues à celles des voi
sines, en sorte qu'une construction s'édifie analogue à un rayon de