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Etudes générales et Méthodologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 322-338

De
18 pages
L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 322-338
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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a) Etudes générales et Méthodologie
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 322-338.
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a) Etudes générales et Méthodologie. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 322-338.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5052ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 322
équivalentes. Ils complètent et corrigent ces lois en remontant à la
parenté au deuxième degré et aux lignes collatérales.
Ils usent d'une échelle comprenant les degrés suivants : 1° chant
ou sens du rythme ; 2° reconnaissance facile ; 3° discernement de
notes fausses ; 4° mémoire immédiate ; 5° chant d'une deuxième
partie ; 6° culture musicale ; 7° improvisation d'une deuxième partie ;
8° jouer sur un instrument d'après audition ; 9° jouer de plusieurs
instruments (ou mémoire tonale absolue) ; 10° composition.
Dans le cas d'unions positives concordantes, les enfants sont tous
musiciens si les quatre grands-parents l'étaient ; la proportion des
enfants non musiciens dépend de celle des grands- parents non music
iens.
Dans le cas d'union discordante, où les chances sont en principe
égales, les grands-parents expliquent que les chances positives ou
négatives l'emportent.
Dans les unions concordantes négatives, si aucun des grands- parents
n'est musicien, aucun enfant ne le sera.
L'analyse des lignes collatérales a été réduite au cas où on connaît
deux frères (ou sœurs) de chacun des deux conjoints, soit quatre per
sonnes. Elles fournissent pour la prévision des aptitudes chez les
enfants des signes de même valeur que les grands-parents.
Par là, s'expliquent les cas de non hérédité du talent des parents ;
ils viennent de membres de la famille non doués, soit au deuxième
degré, soit dans la ligne collatérale.
L'enquête permet aussi de vérifier la valeur de l'échelle choisie (il
ne faut pas oublier que chaque nouveau degré implique ceux qui le
précèdent dans la liste). Ce sont surtout les qualités supérieures,
symptomatiques du talent musical, qui dépendent nettement des
facteurs héréditaires. P. G.
2° Psychologie zoologique et biologie
a) Etudes générales et Méthodologie x
356. - ET. RABAUD. - Zoologie Biologique. - Tome I, Mor
phologie générale et système nerveux. — In-8° de 223 pages, Paris,
Gauthier- Villars, 1932.
La zoologie systématique et descriptive, apportant un inventaire
initial nécessaire, a fait son temps. L'esprit biologique doit entièr
ement la pénétrer aujourd'hui. Avec l'embryologie et la morphol
ogie expérimentale, avec l'histophysiologie, se constituent des disci
plines qui donnent au dynamisme fonctionnel la prépondérance sur
l'esprit statique et descripteur.
Etablir un Traité de zoologie qui, tout en maintenant la connais
sance précise du matériel animal et de ses caractéristiques, donne la
première place au point de vue fonctionnel, et envisage l'étude des
animaux sous tous ses aspects, telle est la belle tâche entreprise par
E. R., bien préparé pour la mener à bien :
4, Yojr aussi les nos 14, 15. •
PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE $28
Histologiste, embryologiste, biologiste expérimentateur, formé à
l'admirable école de notre maître Alfred Giard, dont dérive vraiment
le mouvement biologique qui s'impose à la zoologie française, s'éle-
vant à des points de vue philosophiques généraux, sans se perdre
dans la métaphysique comme le fit cet autre élève de Giard, Le
Dantec qui perdit très vite le contact avec les faits, R. montre qu'il
peut écrire un ouvrage dominé par des conceptions générales et
cependant nourri de données concrètes et de faits précis.
Une introduction consacrée à la morphologie générale, dans ce
premier volume, définit les caractères généraux des formes animales
et montre qu'il ne faut pas attribuer de valeur trop profonde à des
classifications nécessaires à nos besoins d'ordre, et de croire à la
réalité concrète de hiérarchies de caractères.
S'adressant à l'animal tout entier, et tenant à marquer la hiérar
chie des points de vue, l'ouvrage débute, après l'introduction mor
phologique, par l'étude du système nerveux et du comportement :
la psychophysiologie est mise en première place.
L'étude des fonctions sensorielles occupe légitimement une grande
étendue.
Certes, on ne peut demander, dans un Traité qui reste général et
qui trace les cadres de la science sans prétendre apporter un ensemble
exhaustif qui exigerait plusieurs vies humaines, que pour chaque
question abordée une mise au point complète et définitive soit
fournie. Les spécialistes ne manqueront pas, au cours de la publication
de l'ouvrage, d'adresser à l'auteur des critiques et des reproches.
En ce qui concerne les sensations, je serais tenté, moi aussi, de protes
ter contre certaines assertions (absence de l'ouïe chez les invertébrés
et les poissons , certaines lacunes de l'exposé, dont les grandes lignes
sont excellentes. Mais je n'oublie pas que ce sont ici les grandes
lignes seules qui importent. Et l'on ne peut qu'attendre, avec le
désir de le voir prochainement achevé, la suite de cet utile ouvrage.
H. P.
257. - L. VERLAINE. - L'Ame des bêtes. - ïn-8° de 202 pages.
Paris, Alcan, 1931. Pris : 25 francs.
Dans ce livre, qui constitue une introduction à une série d'études
de psychologie animale, où l'auteur nous dit qu'il cherche « à ébaucher
une philosophie de la biologie sur la base objective des découvertes
réalisées en près d'un demi-siècle de patientes recherches expériment
ale? », il n'y a encore que « quelques pages d'histoire », « un tableau
sommairement brossé de l'évolution des idées en psychologie zoolo
gique depuis l'antiquité; jusqu'à la fin du xixe siècle ».
L'auteur n'a pas craint de faire un travail qui relève de l'histoire des
idées et de la philosophie, et qui conviendrait mieux peut-être aux
spécialistes de ces disciplines qu'à un biologiste expérimentateur,
obligé de se contenter d'une vue rapide et superficielle des systèmes
anciens. Il aurait suffi, peut-être, de se limiter au xixe siècle, qui
représente les débuts de notre science moderne, et peut-être alors
d'y consacrer plus de développement (le nom de Giard n'étant même
pas cité parmi ceux des naturalistes qui ont joué un rôle dans les dé
buts de la phase vraiment scientifique de la psychologie animale). 324 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les dernières pages du livre précisent l'attitude de V., soucieux
de rétablir « l'unité du monde zoologique, en reconstituant l'unité
de la psychologie animale, dans laquelle se trouvera réintégrée la
psychologie humaine ».
« La physiologie des comportements, conclut-il, nous apprendra
que, dans l'état actuel de nos connaissances, la vie a ses lois propres,
différentes, en apparence tout au moins, des lais qui gouvernent le
monde inorganique, mais des lois fort simples, susceptibles d'expli
quer à la fois l'âme organique ou végétative, l'âme sensible et l'âme
raisonnable ». H. P.
258. — L. VERLAINE. — L'Instinct. — Extrait des C. R. du
Congrès nat. des Se. de Bruxelles. In-8° de 9 pages, Liège, 1931.
L'auteur considère comme également fausses les deux conceptions
principales, celle de l'automatisme psychologique des spiritualistes
néothomistes, et celle de pur des matérialistes néo
cartésiens.
Pour lui, les lois de la causalité efficiente suffisent à expliquer la
vie de l'animal, considéré comme unité biologique. Mais, ce qui fait
le mystère du psychisme, c'est le mécanisme vital de la mémoire
associative, commun à l'instinct et à l'intelligence, qui ne représentent
que des formes voisines d'un même processus général.
A l'instinct, on attribue les résultats de l'activité d'une intelligence
relativement élémentaire, parfois complexe, indispensables à la
conservation de la vie dans des conditions invariables de milieu :
à l'intelligence ceux qui paraissent plus capricieux, et utiles
seulement aux individus.
N'acceptant pas de cause finale, V. admet qu'un doute subsiste —
et c'est le seul à ses yeux — « en ce qui concerne l'existence d'une
différence essentielle entre la vie de l'organisme et celle de chacun
de ses organes, entre la physico-chimie organique et. la physico
chimie de la matière brute ». H. P.
259. - K. et W. Me. DOUGALL. - Insight and foresight in
various animals : monkey, raccoon, rat and wasp [Intelligence et
prévoyance chez divers animaux : singe, raton laveur, rai et guêpe). —
J. of comp. Ps., XI, 1931, p. 237-274.
A la vision claire (insight) de la situation donnée, affirmée par
Köhler, il faut adjoindre chez les animaux la prévision (foresight),
quand tous les éléments de la solution ne sont pas donnés dans la
perception actuelle au moment de l'action. C'est ce qu'on observe
dans la plupart des expériences suivantes :
Un macaque attaché à une chaîne, ne peut atteindre un appât
qui reste hors de sa portée quand la chaîne tendue vient se réfléchir
sur un piquet, et prend ainsi la forme d'une ligne brisée ; mais il arrive
assez vite à dégager la chaîne de l'obstacle, soit en le contournant,
soit en la soulevant. De même, il apprend à dégager un anneau
d'une barre, pour libérer cette chaîne et atteindre un appât trop
éloigné.
Des ratons laveurs apprennent à ouvrir une caisse et à manier
correctement une série compliquée de verrous dont certains se Psychologie zoologique et biologie 325
mandent les uns les autres et doivent être manœuvres dans un cer
tain ordre. Quand certains verrous sont déjà ouverts, ils ne font pas
de manœuvre inutile ; quand ils ont tenté des prématur
ées, ils ne s'obstinent pas, mais corrigent aussitôt les fautes comm
ises. Non seulement l'animal prend des habitudes, mais il déve
loppe en même temps une aptitude générale à se tirer d'affaire rapide
ment quand il est mis en présence de nouvelles complications de ce
genre de problème. Il acquiert une méthode générale. Un raton est
ainsi arrivé à ouvrir correctement une caisse munie de 24 verrous
disposés sur toutes ses faces.
Ces animaux savent attirer des objets attachés à des cordes. Atta
chés eux-mêmes à une corde qui limite leur champ d'action, ils
arrivent à résoudre le problème du contournement du poteau sur
lequel cette corde vient s'enrouler et qui diminue sa longueur utile.
A l'occasion de ses expériences sur l'hérédité des caractères acquis,
Me D. donne une intéressante description du comportement des
rats dans le choix entre les deux couloirs et des phases de la formation
de l'habitude.
On connaît l'observation si discutée de Fabre sur la guêpe, qui
empile dans une cellule où elle a pondu un œuf des cadavres
d'araignées dont la larve se nourrira, et qui continue imperturba
blement son œuvre devenue absurde à mesure que l'expérimentateur
détruit le résultat de ses premiers travaux. Me D. nous apporte une
observation minutieuse d'une guêpe, dont les mœurs paraissent
identiques à celles de l'animal observé par Fabre, mais qui interrompt,
au contraire, régulièrement, le travail en cours pour réparer, par
des corrections appropriées, les dégradations faites par l'expérimen
tateur dans sa construction. P. G.
260. — G. E. COGHILL. - The structural basis of the integration
of Behavior [Le fondement structural de Vintégration du comporte
ment). - Pr. of N. Ac. of Se, XVI, 10, 1930, p. 637-643.
Etude poursuivie sur la salamandre [Ambhjstoma punctatum) , qui
se prête admirablement à l'étude du développement de la motric
ité, à partir des contractions les plus primitives, jusqu'aux schemes
définitifs d'activité. '';
On observe d'abord des contractions dans les muscles antérieurs
du tronc, s'étendant au tronc entier et à la queue. Des flexions laté
rales alternatives assurent précocement la locomotion aquatique, j
La mobilité des membres ne fait, pendant longtemps, qu'accompag
ner celle du tronc, les mouvements alternants se montrant coëV-.
donnés avec ceux du tronc. Les réflexe locaux partiels (débutait
dans les membres antérieurs1 sont relativement tardifs, ne se manifes
tant qu'après ces mouvements d'ensembles; diverses réactions pos-
turales et d'orientation dans l'espace.
Au moment où on commence à observer les réactions antigravifiques
des membres, les réflèxies commencent à émerger graduellement
d'un « total pattern » de mouvements. Ainsi les ensembles^ les
« pattern » de posture et de locomotion, sont des systèmes totaux,
ne se constituant pas synthétiquement par intégration de réflexes ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 326
partiels, et représentant des formes définies d'un ensemble général
d'action.
Il y a, non pas synthèse progressive de mécanismes élémentaires ;
mais au contraire, analyse et individualisation de ces mécanismes
limités que sont les réflexes.
Cette analyse paraît en relation avec une orientation, non pas dans
l'espace en général, mais vis- vis de surfaces, et dépend du développe
ment et de la différenciation du système nerveux.
Dans l'évolution progressive du réflexe, on voit se restreindre
à la fois les stimuli efficaces et l'étendue de la réponse. Au stade
primitif, une stimulation quelconque de d'importé quel point sen
sible provoque une réaction totale ; puis des zones, d'abord très
larges, se différencient, dont la stimulation provoque des réactions
locales définies ; et ces zones se restreignent progressivement. Mais,
fait intéressant, avant qu'un champ récepteur donné acquière une
spécificité réflexogène, il manifeste son individualité par une inhibi
tion de la réaction totale. Et c'est dans un champ acquis d'inhibition
totale qu'émergent les réactions parcellaires des réflexes définis.
Dès lors, un réflexe quelconque ne doit plus être considéré isol
ément, mais comme une partie, un aspect, d'une réaction totale,
comportant d'un côté inhibition générale inapparente, et excitation
limitée de l'autre. Le réflexe est envisagé par C. « as a total behavior
pattern which consists of two components, one overt or excitation,
the other covert or inhibitory ».
Une chaâne de reflexes ne se constitue pas par une association de
chaînons, c'est une activité globale qui se dissocie en chaînons.
Et, dès lors il n'y a pas, aux yeux de l'auteur, de différence réelle
entre réflexe conditionnel et réflexe inconditionnel, les lois géné
rales de formation étant les mêmes dans les deux cas.
Et on peut envisager comme relevant des mêmes processus fond
amentaux les performances instinctives et l'apprentissage par essais
et erreurs.
En ce qui concerne l'orientation spatiale, l'évolution des réactions
et de la constitution nerveuse chez la Salamandre permet de noter
l'existence d'une period« « présensorielle » où le mécanisme cérébral
détermine des attitudes dans le milieu, grâce à des voies centrifuges
bien développées, avant le développement des appareils sensoriels,
avant toute connaissance du milieu ; les neurones vestibulaires n'i
nterviennent que plus tard.
D'après G., l'organisme commence par agir sur le milieu avant de
réagir au milieu.
Cette très intéressante étude, où les conceptions théoriques se
mêlent étroitement aux faits, applique aux processus d'activité la
notion de syncrétisme qui s'est imposée d'abord dans le domaine
perceptif. H. P.
261. — C. J. LEIJBA. — Some comments on the îirst reports of the
Columbia study oî animal drives (Quelques réflexions sur les pre
miers résultats de l'étude des tendances animales à V Université Co
lumbia). — J. of comp. Ps., XI, 1931, p. 275-280.
L'Université Columbia, sous la direction de Warden, a entrepris Psychologie zoologique et biologie 327
line étude quantitative des tendances chez les animaux, en opposant
la faim ou l'instinct sexuel à la crainte de la douleur. L'animal doit,
pour atteindre l'objet de son désir, traverser une grille électrisée ;
on compte le nombre de passages dans l'unité de temps. Les résultats
ne seraient statistiquement valables que si l'animal traversait régu
lièrement la grille un certain nombre de fois dans un temps donné ;
or il n'en est rien ; il se développe chez les uns une tendance à tra
verser de plus en plus (malgré la douleur) et chez les autres une ten
dance à traverser de moins en moins. Les moyennes obtenues varient
avec la durée de l'expérience et les différentes épreuves ne sont pas
comparables. P. G.
262. - J. A. BIERENS DE HAAN. - Neuere Untersuchungen über
die höheren Formen der tierischen Intelligenz (Récentes recherches
sur les formes supérieures de V intelligence animale). — Verhandlun
gen der Deutschen Zoologischen Gesellschaft, 1931, p^ 39-66.
Dans ce rapport à la Société allemande de Zoologie, l'auteur rap^-
pelle l'importance qu'ont eue les recherches de Thorndike, puis lé
livre de Hobhouse, les travaux de Yerkes, et de Köhler ; il examiné
successivement les données concernant la compréhension des rela
tions spatiales (fondée d'abord sur le choix multiple de Yerkes), celle
des relations temporelles (en particulier avec le labyrinthe temporel
de Hunter), enfin celle des relations causales (à laquelle se lie le pro
blème de l'outil).
Dans cette étude documentée sont utilisés 50 travaux solides de
psychologie animale. H. P.
263. — W. N. KELLOG. — Humanizing the aî»e (L'humanisation
du singe). - Ps. Rev., XXXVIII, 2, 1931, p. 160-176.
K. cherche à montrer qtre les différences qualitatives entre l'homme
et les singes supérieurs pourraient apparaître moins importantes
si l'on s'avisait d'étudier la question d'un point de vue nouveau. On
n'ignore pas le cas des enfants qui, par des circonstances extraordi
naires se sont développés à l'état sauvage. La manière de se comporter
de ces enfants n'offre-t-elle pas des caractères qui les rapprochent
manifestement du niveau animal. Dans les recherches de psychologie
comparée on a négligé tout à fait la part des influences du milieu qui
s'exercent sur les animaux pris dans les laboratoires en vue des expér
iences. Toutes les recherches qu'on a effectuées sur les singes ont
porté sur des animaux adultes, qui ont pu déjà acquérir les modes
de réactions infra-humaines. En enfermant, d'autre part, les anthro
poïdes dans les cages on crée des conditions peu propices pour un
apprentissage supérieur. Ce sont précisément ces procédés qui ont
empêché, selon M., de susciter des réponses plus humaines chez les
singes.
La seule méthode rationnelle consisterait à introduire un singe
dès sa naissance dans une famille humaine et à l'éduquer ensuite
comme on éduque un enfant. Des conditions idéales seraient réalisées
si l'animal pouvait être élevé parallèlement avec un enfant du même
âge qui serait son compagnon.
Sans doute on ne peut que conjecturer sur les résultats d'une 328 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
expérience pareille. Mais il n'est pas impossible, dit l'auteur, que cet
a limai devienne capable d'acquérir le langage humain. En tous cas
on obtiendrait des données précieuses pour des études de psychologie
comparative. P. K.
264. — ET. RABAUD. — Essai sur les Sociétés animales. — Extrait
de Les Origines de la Société, du Centre international de Synthèse.
In-8 de 15 pages, Paris, 1931.
Durkheim a opposé le social et le biologique, et a trouvé que
l'homme différait essentiellement de l'animal, la nature humaine pro
venant d' « une sorte de refonte de la nature animale ».
Sans pénétrer dans le domaine proprement sociologique, R., parti
san d'une continuité biologique qui ne s'arrête pas à l'homme, expose
les données générales que nous possédons relativement aux sociétés
animales.
En s'adressant à des formes incomplètes, à des groupements tem
poraires, on est conduit à admettre un facteur d' « inter-attraction »
à leur base, facteur qui engendrerait le phénomène social sous sa
forme la plus pure (la foule se constituant par un parallélisme d'attrac
tions et se disloquant avec la cause extérieure, tandis que l'inter-
attraction donne à la société une réelle stabilité).
Mais de l'agrégat qui se forme sous l'influence'de l'inter-attraction
ne naît rien de nouveau : le comportement des individus reste le
même, chacun se comporte réellement comme s'il était seul, sans
imitation ni entr'aide. La spécialisation fonctionnelle n'apparaît
même pas comme évidente. Si la vie en commun entraîne quelques
particularités, c'est que celles-ci naissent obligatoirement du fait du
rassemblement. « S'il y a des faits sociaux, ils appartiennent au cadre
général des faits étiologiques ».
Toutefois il semble bien que certains comportements d'hyménopt
ères sociaux ne s'accordent pas entièrement avec la notion d'un
individualisme persistant. H. P.
265. - P. VIGNON. — Le camouflage animal. - Nat., N° 2860,
p. 1-fi, 1er juillet 1931.
On peut sous le nom de réunir au moins deux groupes
de faits.
D'abord camouflage par emploi d'objets étrangers. Le poulpe,
tiré de son trou, jeté sur les galets, saisit de petites pierres et se les
met sur le dos. Certains mollusques, tels que les Xénophores font de
même et savent, de plus, choisir la dimension des cailloux qu'il faut,
à mesure que leur propre taille grandit. Le crabe oxyrhynque (le
Maja notamment), habile à se vêtir d'algues ou d'hydraires, sait,
quand il est dans un aquarium, prendre les pierres du fond. Un autre
crabe, une dromie, s'applique sur le dos une éponge, qui, en même
temps qu'elle le cache, lui sert de bouclier. La dorippe se met sur le
dos nïmporte quoi : des têtes de poissons, des cadavres de camarades,
des dromies vivantes, des morceaux de verre. Le pagure s'insinue
dans la coquille vide d'un gastéropode, sur laquelle des actinies sont
venues se fixer. Un crabe du Chili, YHepatus chilensis, laisse monter
des actinies sur son dos, et un crabe du Pacifique, le Melia tessellata,
brandit contre un adversaire une actinie dans chacune de ses pinces. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 3^9
La Cicadelle nous fournira une transition entre le camouflage par
l'emploi d'objets étrangers et le mimétisme par modifications in
ternes. Sa larve se cache dans une écume faite avec l'excès aqueux
de la sève étrangère aspirée.
Le mimétisme de la deuxième sorte conduit d'abord l'animal à
choisir un milieu qui ressemble à son propre aspect, ou à se présenter
de manière à trancher le moins possible. Ces conduites sont bien en
tendu sujettes à erreur : il y a défaut ou excès de camouflage, mais
l'imperfection même apparaît à l'auteur comme une preuve de plus
de la généralité du fait mimétique. Les cas de mimétisme terrifiant
lui semblent les plus frappants dans cet ordre d'idées.
L'imitation de forme et de couleur, que P. Vignon a particuli
èrement étudiée, offre l'exemple le plus élevé de la deuxième sorte.
L'Homoptère Lichena deablata, de Madagascar, est écorce et lichen,
de même que la punaise du Brésil (la Phlœa) ; le Phalera bucephala
est bout de bois ; les sauterelles feuilles américaines du genre Tanusia
copient des feuilles tachées de brun par quelque champignon, échan-
crées sur les bords par des attaques d'insecte ou de cryptogame, etc.
Ces faits sont très difficiles à expliquer. On aura fait un progrès si
l'on en étudie avec précision les aspects morphologiques. I. M.
266. — G. ZABOROWSKI. — Quelques vices singuliers provoqués
chez les animaux et chez l'homme par des carences alimentaires.
— Bull, de la Soc. Se. d'Hygiène alimentaire, XIX, 1931, p. 24-28.
En privant les rats de certaines vitamines, on provoque la des
truction des portées de jeunes, mangés par leur mère.
L'auteur a obtenu que des lapines, qui mangeaient régulièrement
leurs petits, cessent de le faire, en leur fournissant une alimentation
riche en vitamines B et D.
L'auteur rattache aussi à un phénomène de carence le cas des fe
melles (putois) mangeant le mâle, le léchage chez le bœuf, le piquage
chez les poules (s'arrachant les plumes de la région dorsale, les unes
aux autres), le cannibalisme de certaines populations et même
l'onychophagie ! H. P.
267. - J. J. BTJYTENDIJK et WERNER FISCHEL. - Versuch
einer neuen Analyse der tierischen Einsicht (Recherche d'une nouvelle
analifse de l'intuition animale). — Ar. néerl. de Ph., XVI, 4, 1931,
p. 449-476.
Hunter avait constaté qu'en obligeant un rat à choisir entre des
alternatives successives se présentant comme dans un labyrinthe
spatial (choix entre la droite et la gauche), mais un même dispos
itif modifié chaque fois, en sorte que l'ordre fût purement temporel,
en utilisant ce qu'il appelait un « temporal maze », l'animal se mont
rait incapable de réaliser un apprentissage de cette nature.
Les auteurs ont repris le principe de Hunter, en le simplifiant et
en constituant des chemins en surplomb, dont le rat peut avoir en
les parcourant une vue d'ensemble.
Les résultats ont été utilisés, non pas tant pour obtenir des apprent
issages bruts que pour tâcher d'analyser le comportement du rat 330 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUES
avec un souci théorique prédominant, et l'exposé des faits est étro
itement mêlé de considérations théoriques.
D'après eux l'activité unifiée qui se l'onde sur la perception d'une
Gestalt d'ensemble du chemin, impliquant intuition, « Einsicht »
peut se dissocier suivant la direction générale de l'activité, suivant
que le but prédomine (le chemin n'étant qu'un moyen pour l'a
tteindre), en une « Zieleinsicht » (intuition du but) ou une « Wegein-
sicht » (intuition du chemin, comme tel).
L'habitude serait la conséquence du jeu intuitif, un facteur dyna
mique d'activité comportant dans tous les cas, la tendance vers le
but, la constatation que le but ne peut être directement atteint, et
l'expérience du chemin comme unité.
La primauté dans l'apprentissage appartiendrait donc à l'intuition
de l'animal. H. P.
268. - F. J. J. BUYTENDIJK. - Eine Methode zur Beobachtung
von Ratten in Aufgabe freien Situationen ( Une méthode d'observation
des rats dans des situations libres). — Ar. néerl. de Ph., XVI, 4,
1931. p. 574-596.
B. critique les méthodes d'étude expérimentales trop simples des
animaux, comme celle du labyrinthe, ne comportant que des réponses
par oui ou par non, et impliquant des situations très artificielles pour
l'animal, ce qui conduit à dénier toute intelligence à ceux qui ne
s'adaptent pas à ces conditions artificielles.
D'autre part, la méthode éthologique — que ne paraît jamais avoir
pratiquée B. et qui a donné une riche moisson dans la psychologie
zoologique française des Invertébrés, en particulier sous l'impulsion
de Giard — n'est pas toujours très pratique, surtout sur les Vertébrés,
et B. travaille sur des animaux tenus en captivité. Aussi a-t-il cherché
une méthode d'observation armée, dirigée, proche des méthodes cl
iniques, en disposant des champs d'observation avec des objets et des
situations définies, et en portant l'attention sur des modalités définies
du comportement des rats, comportement individuel et social à la
fois.
C'est surtout par son rendement que l'on pourra apprécier la mé
thode. H. P.
269. - MARY SHIRLEY. - The sequential method for the study
of maturing behaviour patterns ((La méthode de succession dans
l'étude de la maturation des schemes du comportement). — Ps. Rev.,
XXXVIII, 6, 1931, p. 507-528.
Il résulterait d'une série de recherches effectuées ces temps der
niers (Marquis, Coghill, Garmichael, Shephard et Breed), que les di
verses formes du comportement élémentaire sont le produit du
développement et de la maturation de l'organisme plutôt que de
« l'expérience ». Ce qui semble autoriser cette conception, c'est le fait
que certaines organisations de réponse se manifestent au cours du ontogénique d'une façon pour ainsi dire spontanée
et que l'apparition de ces réponses accuse un certain ordre chrono
logique. Il faut reconnaître, sans doute, que l'étude de la maturation
des formes réactionnelles complexes n'est pas sans présenter de