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Entre 1990 et 1999, le déficit migratoire de la Franche-Comté avec les autres régions de France métropolitaine sélève à 12 800 personnes. Ce déficit sest réduit par rapport à la période 1982-1990, du fait dune plus grande attractivité de la région. Il concerne plus particulièrement les jeunes. Les échanges avec les départements limitrophes sont particulièrement intenses. Le déficit est fort avec lAlsace et les régions du sud ou du sud-est. En revanche, les échanges sont excédentaires avec les régions du nord de la France.
Nº 42 - AVRiL 2001
Démographie
ntre les deux derniers recensements, 90600 personnes sont venues sinstaller en Franche-Comté depuis la France métro-politaine, croisant 103400 ex-Francs-Comtois. Au jeu des migrations, la Franche-Comté accuse donc un déficit net de 12 800 personnes avec le reste de la métropole. Ce déficit sest notablement réduit par rapport à la période précédente (1982-1990), puisquil sélevait alors à 21200 personnes. Une plus grande attractivité de la Franche-Comté explique cette réduction puisque dans le même temps le nombre démigrants a continué daugmenter. Ce mouvement migratoire ra-lentit donc la croissance démo-
graphique de la Franche-Comté et contribue aussi à son vieillis-sement. En effet, les migrations expliquent un quart des deux années daugmentation de lâge moyen entre 1990 et 1999. Lâge moyen des immigrants (29,7 ans) est cependant sensiblement égal à celui des émigrants (29,5 ans). Ces flux ont aussi fait bais-ser de près dun point la part des 20-29 ans.
Les jeunes sont plus mobiles
La région est en effet déficitaire dans ses échanges avec le reste de la métropole, exclusivement pour la population âgée de 18 à 35 ans. Cette population, cons-tituée détudiants ou de jeunes
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actifs est la plus mobile. Ainsi, plus de 2% de la population ayant entre 20 et 40 ans quitte la Franche-Comté chaque année, avec un pic à 4% à lâge de 30 ans. Dans le sens inverse, les taux darrivée sont nettement plus faibles, ce qui se traduit par un déficit supérieur à 1 000 per-sonnes par tranche dâge an-nuelle entre 23 et 30 ans. Un tiers de ce déficit est impu-table aux étudiants, car il ny a pas toujours adéquation entre loffre locale denseignements supérieurs et les demandes des étudiants. Un nombre important dentre eux, provenant notam-ment de la zone demploi de Besançon, trouvent ainsi à Pa-ris une formation correspondant à leurs aspirations. Néanmoins,
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cest la proximité qui explique le mieux les destinations des étudiants puisque lAlsace at-tire les étudiants des zones dem-ploi de Montbéliard et de Bel-fort, la Lorraine ceux de la zone demploi de Lure-Luxeuil, la Bourgogne ceux des zones de Gray et de Dole, et Rhône-Alpes ceux du sud de la région. Réci-proquement, 75% des étudiants non comtois qui sont venus étu-dier dans les pôles universitai-res régionaux, Besançon et Bel-fort, viennent des régions limi-trophes. Mais le manque de perspectives professionnelles, notamment dans le secteur tertiaire, reste la raison majeure du déficit mi-gratoire de la Franche-Comté. En effet, 30500 jeunes actifs
âgés de 15 à 35 ans ont quitté la région entre 1990 et 1999 alors que 23 000 seulement faisaient le chemin inverse. Cest dans la catégorie des employés de com-merce ou de bureau que lon déplore le plus de départs pour cette tranche dâge (solde de @ 2000 personnes en 9 ans). Rapportés à leur population, ce sont les jeunes ingénieurs et les cadres dentreprises qui partent le plus de la région. En effet, pour ces catégories, la perte de 1 500 actifs en neuf ans repré-sente un taux net de départ su-périeur à 3% par an. Les sala-riés du secteur tertiaire partent principalement vers la région parisienne - notammentles ca-dres - mais aussi vers les ré-gions Rhône-Alpes et Alsace. Si pour les jeunes ouvriers les échanges sont plus équilibrés, la région enregistre là aussi des déficits vis-à-vis de ces deux dernières destinations. Après 35 ans, les flux dactifs se sont équilibrés. On observe même un excédent entre 35 et 45 ans. Entre 1982 et 1990, la Franche-Comté enregistrait en effet un déficit de 5 500 person-nes âgées de 30 à 60 ans. Les migrants qui sinstallent en Franche-Comté viennent en fa-mille comme le démontre lex-cédent denfants âgés de 5 à 15 ans. Par ailleurs, les jeunes, na-tifs de Franche-Comté, qui
avaient quitté la région pour ter-miner leurs études ou occuper un premier emploi ont tendance à y revenir.La part des natifs de Franche-Comté chez les immi-grants augmente sensiblement après 30 ans. Les arrivées et les départs de personnes âgées de plus de 45 ans se compensent. En outre, la Franche-Comté nenregistre pas dexcédent migratoire à lâge de la retraite. Néanmoins, cette étape de la vie est souvent synonyme de retour aux sources puisque 40% des immigrants âgés de 60 à 70 ans sont nés en Franche-Comté contre seulement 28% en moyenne. Comparativement, un émigrant sur deux est comtois de naissance.
Des migrations en direction du soleil
Si la Franche-Comté accuse un déficit migratoire net de 12 800 personnes avec le reste de la France métropolitaine, elle en-registre néanmoins un excédent avec les sept régions les plus septentrionales (hormis lAl-sace). Avec les autres régions, le solde migratoire de la région est déficitaire. Ce déficit est fai-ble avec les régions du centre de la France et la Corse. Il se creuse légèrement avec les régions de la façade atlantique, plus en-core avec les régions du sud,
pour atteindre son maximum avec lAlsace et Rhône-Alpes. Ce solde masque cependant limportance des flux entrants et sortants. Globalement, les échanges sont dautant plus in-tenses que la région est proche de la Franche-Comté. Ainsi, les régions limitrophes (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Rhône-Alpes) se distinguent par limportance des populations échangées avec la Franche-Comté au regard de leurs popu-lations respectives, mais avec des résultats différents : excé-dent élevé avec Champagne-Ardenne, excédent moins im-portant avec la Lorraine, situa-tion presque équilibrée avec la Bourgogne, mais déficit avec lAlsace et Rhône-Alpes. La proximité des pôles universitai-res nancéiens, dijonnais et stras-bourgeois explique la fuite des jeunes âgés de 18 à 25 ans vers ces régions. Par ailleurs, la ré-gionAlsace semble être un trem-plin idéal qui permet aux jeunes de la région dentrer dans la vie active. La région Rhône-Alpes a un profil proche de celui de lAlsace. En effet, loffre uni-versitaire de cette région, mais aussi son dynamisme économi-que, attirent un nombre impor-tant détudiants et de jeunes à la recherche dun emploi. Chez les personnes âgées de plus de 40 ans, on enregistre depuis lAlsace un flux favorable à notre région, qui nest pas observé depuis Rhône-Alpes. Les migrations «en sens unique », quel que soit lâge considéré, caractérisent dailleurs les échanges de la région vis à vis du sud de la France (hormis la Corse). Le phénomène d« héliotropisme »observé au ni-veau national joue ici à plein. Les régions de louest et du cen-tre de la France, plus la Corse et lÎle-de-France, composent un
groupe assez homogène. Les échanges avec ces régions sont peu importants au regard de leur population respective. Les sol-des négatifs (hormis avec la Basse-Normandie et lÎle-de-France) sont de faible ampleur. Si lon excepte lÎle-de-France, la Franche-Comté déplore avec ces régions un déficit plus ou moins fort pour les moins de 18 ans et les plus de 40 ans. La situation des 18-40 ans est par contre plus contrastée puisque la région est légèrement attrac-tive vis à vis des régions du centre pour cette tranche dâge. Le cas de lÎle-de-France mé-rite une attention particulière. En effet, le solde positif (+1000) avec cette région tranche avec le solde de la décennie précé-dente (@3 000). Cette évolution est la conséquence dune forte
augmentation des flux de lÎle-de-France vers la Franche-Comté. Notamment, les arrivées de familles avec enfants ont aug-menté de plus de 25%. Malgré une légère baisse des mouve-ments dans le sens inverse, Pa-ris continue néanmoins datti-
rer des étudiants mais surtout de jeunes diplômés. Enfin, quelle que soit la popula-tion considérée et malgré la fai-ble intensité des échanges, ceux-ci sont favorables à la Franche-Comté vis-à-vis des trois ré-gions situées le plus au nord de
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la France (Nord-Pas-de-Calais,de Lure-Luxeuil ont aussi des Picardie et Haute-Normandie).propensions déchanges supé-On peut noter que laméliora-rieures à la moyenne régionale. tion de la situation économiqueIci, les échanges se font avec de la région Nord-Pas-de-Ca-lAlsace et la Lorraine. En re-lais et de la Lorraine explique lavanche, les zones demploi en-forte réduction de lexcédent mi-clavées à lintérieur de la ré-gratoire de la Franche-Comtégion, Montbéliard, Morteau, vis-à-vis de ces deux régions.Pontarlier ou Champagnole con-À limage des échanges de lanaissent un brassage de popula-région avec le reste detion moins important. Des relations la France, les échangesLe cas de Besançon est des zones demploi avecde voisinageparticulier puisque les les autres régions sontéchanges de cette zone dautant plus intenses que lasont supérieurs à la moyenne région est géographiquementrégionale malgré son enclave-proche. De plus, les zones dem-ment. Si ces échanges se font ploi qui bordent la région sontavec lensemble des régions voi-plus ouvertes sur lextérieur.sines, le statut de capitale régio-Ainsi, les zones demploi denale de Besançon crée un lien Lons-le-Saunier et de Saint-privilégié avec lÎle-de-France. Claude ont les plus grandes pro-Les zones demploi de Besan-pensions à échanger de la popu-çon, Belfort et Montbéliard sont lation avec les autres régions,avec celles de Lure-Luxeuil et principalement avecRhône- deVesoul cellesqui sont les Alpes et la Bourgogne. Au nord,plus déficitaires avec les autres les zones demploi de Belfort etrégions. Si Besançon et Montbé-
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UNE SOURCE MAIS DEUX CONCEPTS
L e recensement de la population est actuellement la seule source statistique permettant de mesurer les mouvements migratoires affectant une région. Au recensement de 1999, on a posé la question : « Où habitiez-vous le 1er janvier 1990 ?» Le dépouillement des réponses permet de connaître le nom-bre, lorigine et les caractéristiques des personnes qui ont changé de résidence. On peut ainsi calculer le solde des mouvements entre régions (migrations intérieures). En revan-che, on ne peut calculer ce solde avec lextérieur car on ne connaît pas les personnes qui sont parties à létranger. Par une seconde approche, le recensement fournit également le solde global des migrations ayant affecté un territoire. Pour une période donnée, il est obtenu de la façon suivante : Solde migratoire = variation de la population 4 solde naturel avec : solde naturel = somme sur la période des naissances diminuée des décès. Ce solde global comporte cependant une incertitude qui peut être importante (égale à la différence algébrique des erreurs de dénombrement aux deux recensements). De plus, il ne fournit aucune indication sur les caractéristiques des migrants. Au total, les résultats obtenus permettent davoir une bonne idée des mouvements migratoires ayant affecté un territoire. Néanmoins, on ne saurait en aucun cas assimiler lécart entre le solde migratoire global (2ème approche) et le solde migra-toire intérieur (1ère approche) au solde des échanges avec létranger. Deux exemples pour lillustrer : un enfant né en Franche-Comté dune mère immigrante est compté parmi les immigrants selon la 1ère approche alors quil ne lest par la 2ème. De façon symétrique, une personne décédée après son arrivée est comptée parmi les immigrants selon la 2ème appro-che alors quelle ne lest pas selon la 1ère.
liard sont les seules à perdre des habitants vis-à-vis de lÎle-de-France, ces cinq zones accusent un déficit envers Rhône-Alpes, lAlsace ou les régions du sud de la France. Le solde des échanges de popu-lation du département du Jura avec les autres régions françai-ses est positif. Seule la zone demploi de Champagnole ac-cuse un déficit marqué. En revanche, le solde migra-toire de la zone demploi de Lons-le-Saunier est nettement positif. Larrivée de retraités explique en partie cet excédent comme elle explique ceux des zones de Gray et du Revermont. De plus, la zone demploi de Lons-le-Saunier est, avec celle
de Saint-Claude, la seule à atti-rer des actifs. Ces mouvements dactifs, plus ou moins impor-tants selon les zones, contribuent à équilibrer le marché du travail.n Florent Maire
INSEEFranche-Comté "le Major" 83, rue de Dole BP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99
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