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L'étude psychologique des petits groupes - compte-rendu ; n°2 ; vol.65, pg 559-569

De
12 pages
L'année psychologique - Année 1965 - Volume 65 - Numéro 2 - Pages 559-569
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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L'étude psychologique des petits groupes
In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°2. pp. 559-569.
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L'étude psychologique des petits groupes. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°2. pp. 559-569.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1965_num_65_2_27498\
LA PSVCHOLOGIE SOCIALE 559
s'accompagne de l'abandon regrettable d'un grand nombre de problèmes
importants), l'étape actuelle débouche sur « l'acceptation de la dépen
dance mutuelle, l'attention minutieuse à l'égard de la réalité, les débuts
de la notion de causalité, l'acceptation des points de vue réciproque ».
Afin de parvenir à une nouvelle étape, celle de l'interdépendance, l'auteur
précise la place de la psychologie sociale par rapport à la psychologie
et la sociologie.
Ces deux disciplines constituent des systèmes logiques indépendants.
La logique modale est utilisée pour les décrire ; pour l'un comme pour
l'autre, elle permet d'établir une classification des situations, qui appar
aissent plus ou moins déterminées par le système. Entre ces deux sys
tèmes, il peut y avoir conflit ou interaction et il peut aussi apparaître
des zones que ne recouvre aucun des deux systèmes. Ces situations où
les êtres humains sont déterminés par les deux systèmes à la fois consti
tuent le champ de la psychologie sociale. Une théorie qui en part et en
explore les ramifications est présentée comme du champ total ;
elle se donne pour but de « rendre compte du champ complet des événe
ments, depuis les situations expérimentales jusqu'aux implications des
modèles historiques ». Une analyse des notions de conformité et de rôle
est donnée comme exemple de formulation psychosociale (détermination
du problème par rapport aux contradictions entre le système social et
le système individuel, définition des problèmes de la personne par rap
port aux deux systèmes, analyse des interactions entre variables strict
ement sociales et individuelles).
C. L. L.
L'étude psychologique des petits groupes.
Wallach (M. A.), Kogan (N.), Bem (D. J.). — Diffusion of respons
ibility and level of risk taking in groups (Diffusion de la responsab
ilité et niveau de risque en couru dans des groupes) . — J . abnorm, soc.
Psychol., 1964, 68, 263-274.
Dans une expérience antérieure (/. abnorm, soc. Psychol., 1962, 65,
75-86), les auteurs ont découvert que, contrairement à l'hypothèse selon
laquelle les décisions de groupe, comme d'autres phénomènes d'inter
action sociale, seraient plus conservatrices ou plus modérées, par effet
de moyenne que les décisions individuelles, les membres des groupes
font des choix qui comportent plus de risques. Cette conclusion, d'une
portée pratique considérable, demandait à être généralisée : les gains
et les pertes sont dans la nouvelle expérience, monnayés pour donner
plus de réalisme à la situation de choix. De plus, pour éprouver une
interprétation des résultats antérieurs en termes de diffusion de la
responsabilité, l'expérience comporte cinq conditions expérimentales :
1. Responsabilité personnelle Décision de groupe : la décision du risque
à courir est prise à l'unanimité, mais la récompense en cas de succès est
liée à chaque réponse individuelle : si l'individu répond bien, il gagne ;
s'il ne répond pas bien, il ne gagne rien ; 2. Responsabilité du groupe | \
560 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Décision individuelle : chaque sujet, par tirage au sort selon les item,
décide du risque à courir et répond à la question posée ; s'il répond bien,
tous les membres du groupe gagnent ; s'il se trompe, ils perdent tous ;
3. Responsabilité du \ Décision du groupe \ Désignation au sort
du répondant : le groupe décide à l'unanimité du risque à courir, mais
un seul répond, désigné par tirage au sort, dont la réponse entraînera
gain ou perte pour l'ensemble du groupe ; 4. Responsabilité du groupe
Décision de groupe Désignation par le groupe du responsable : le
décide unanimement du risque à courir et désigne celui de ses membres
qui répondra et dont la réponse entraînera gain ou perte pour le groupe
tout entier ; 5. Condition contrôle : les sujets travaillent individuellement au long de la série des item ; ceci afin de contrôler les effets possibles
d'apprentissage. — L'hypothèse est que lorsque la responsabilité est
individualisée, la décision de groupe est plus audacieuse, mais lorsque
la responsabilité est collective, la décision individuelle est plus modérée ;
on se demande ce qui, dans les conditions 3 et 4 qui comportent à la
fois décision de groupe (plus de risque) et responsabilité pour le groupe
(moins de risque), va l'emporter. — La tâche consiste à répondre à une
série de 10 questions (verbales : antonymes, analogies, complément de
phrases ; mathématiques : calcul et relations spatiales) à choix multiple :
avant d'avoir connaissance de la question, l'individu ou le groupe, selon
les conditions, désigne entre plusieurs le niveau de difficulté auquel il
choisit de répondre (risque) ; l'expérimentateur possède pour chaque
item, un répertoire de questions dont la difficulté a été testée préalabl
ement et propose la question qui correspond au degré de difficulté choisi.
L'expérience se déroule par groupes de 3 sujets et comporte deux parties :
1. Série 1-5 : le choix du niveau de difficulté et la réponse sont toujours
individuels et non communiqués ; avant tout essai critique, on procède
à une série de quatre essais de familiarisation avec des questions de
même nature et présentant quatre degrés de difficulté qui permettent
aux sujets de se rendre compte des niveaux de difficulté et donc des
risques qu'ils choisiront de courir ; 2. Série 6-10 : on ne procède plus
avant chaque question aux essais de familiarisation ; une fois précisée
la nature de la à venir, on procède au choix selon les modalités
du plan expérimental décrit précédemment du niveau de difficulté
risqué par les sujets ou le groupe, l'expérimentateur pose la question qui
correspond au niveau de difficulté choisi, le ou les sujets répondent selon
les modalités du plan expérimental. L'expérience a porté sur 336 sujets
masculins et féminins, étudiants en psychologie, à raison de 15 groupes,
homogènes du point de vue du sexe, par condition expérimentale. — Une
série de contrôles sont effectués sur les réponses dans la série 1-5, rel
ativement au risque moyen choisi par les groupes des différentes conditions
expérimentales, à leur aptitude à bien répondre, à leur degré de certitude,
aux différences selon l'âge, à leur orientation scolaire (scientifique ou
non). Les résultats sont analysés de deux points de vue : un indice
global de changement dans le choix du risque à courir est calculé sur |
LA PSYCHOLOGIE SOCIALE 561
l'ensemble des item ainsi qu'un indice par type d'item. — L'indice
global (différence entre moyenne des risques choisis dans la série 6-10
et la moyenne des risques choisis dans la série 1-5, exprimée en pour
centage de cette dernière) est de + 2,4 % pour les sujets contrôles ;
de + 5,6 % pour la condition Responsabilité personnelle | Décision de
groupe (ce résultat, significativement différent du précédent, confirme les
résultats antérieurs et l'hypothèse selon laquelle la décision de groupe
est plus audacieuse) ; de — 1,6 % pour la condition Responsabilité du
groupe Décision individuelle (ce résultat, significativement différent des
précédents, confirme l'hypothèse selon laquelle le fait pour un individu
d'être responsable du groupe le rend plus prudent) ; de + 9,4 % et de
+ 12,5 % dans les conditions qui entraînent à la fois responsabilité du
groupe et décision de groupe. Il n'y a pas de différence significative entre
ces deux résultats : le fait d'être désigné au sort ou par le groupe n'en
traîne pas de différence dans le choix du risque encouru. Les deux derniers
résultats permettent de répondre à la question de savoir ce qui l'emporte
du « conservatisme » lié à la responsabilité pour le groupe ou de l'audace
liée à la décision en groupe : on voit que cette dernière tendance l'em
porte nettement. Les auteurs interprètent ce résultat en disant que
dans le cas où la décision est prise à l'unanimité, les individus, même
lorsqu'ils savent qu'ils seront personnellement responsables de l'échec
du groupe, se sentent déchargés à l'avance d'une partie de leur responsab
ilité, puisque le groupe entier a accepté de courir le risque : ils n'inter
viennent donc pas comme modérateurs au moment du choix du risque
à courir. Il s'agit donc bien d'une diffusion de la responsabilité lorsque
la décision est prise collectivement. En dépit d'une procédure assez
lourde, l'expérience est très démonstrative et les auteurs montrent
l'importance d'un tel résultat en évoquant le petit groupe de militaires
qui devrait, en cas de tension internationale, décider le déclenchement
de la première attaque atomique !
G. M.
Jones (S. C), Vroom (V. H.). — Division of labor and performance
under cooperative and competitive conditions (Division du travail
et performance dans des conditions de coopération ou de compét
ition). — J. abnorm, soc. Psychol., 1964, 68, 313-320.
Des recherches antérieures ont montré que les groupes compétitifs
l'emportaient lorsque les tâches étaient individualisables, et que les
groupes coopératifs étaient plus efficaces lorsque les tâches étaient
collectives ; il est intéressant de pousser plus loin la comparaison et de
se demander, comme l'a fait M. Deutsch, s'il n'y a pas des relations
entre le mode de récompense qui détermine la coopération ou la compét
ition intragroupe et la division du travail. Les auteurs se demandent
encore si, outre ces variables d'attitude, la division du travail et la per
formance ne dépendent pas aussi de certaines variables propres à la
tâche et à la situation de travail. Ils étudient plus particulièrement ici
la faculté qui est donnée aux sujets d'observer et de comprendre ce que |
562 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fait le partenaire, ce qui faciliterait la division du travail et, en second
lieu, l'effet de la valeur qui s'attache différentiellement à certaines actions •'
si certaines entraînent une récompense plus grande, on peut supposer
que les membres du groupe vont les choisir, au détriment de certaines
moins valorisées ; ce qui entraîne une gêne pour la division du travail.
La recherche consiste donc à se demander si, dans trois conditions
expérimentales : 1) Faculté d'observer forte | Similarité des valeurs ;
2) Faculté d'observer forte Dissimilarité des valeurs ; 3) Faculté
d'observer faible | Dissimilarité des valeurs, les groupes coopératifs
et les groupes compétitifs ne vont pas se différencier du point de vue de la
division du travail et de la performance finale : 30 groupes de deux per
sonnes sont induits par le mode de distribution de la récompense à tra
vailler coopérativement (N : 15) ou compétitivement (N : 15) à trois
puzzles de 20 pièces en temps limite. Les deux partenaires doivent tra
vailler ensemble au même puzzle et reçoivent chacun un jeu identique
de 20 morceaux. Dans une des conditions expérimentales (Faculté
d'observer), les morceaux, alignés les uns en dessous des autres dans
deux casiers inclinés et voisins l'un de l'autre, sont rangés au hasard
de sorte qu'il est difficile à l'un des partenaires de repérer quelle pièce
l'autre a déjà placée ou tenté de placer (Faible faculté d'observer) ;
tandis que dans l'autre cas, les morceaux sont ordonnés et les identiques
de chaque jeu placés côte à côte, de sorte qu'il est facile au sujet de voir
quelle pièce a mise ou essayée son partenaire, et de l'éliminer de son
propre jeu (Forte faculté d'observer). Pour l'autre variable expériment
ale (valeurs similaires ou non), les pièces sont tantôt de valeur inégale :
elles contribuent de façon différentielle au gain total (Dissimilarité) ;
tantôt elles sont toutes de valeur égale (similarité).
Les variables dépendantes sont : 1. le degré de division du travail,
l'indice utilisé correspond à la différence entre le nombre de pièces, qu'un
sujet dans chaque groupe aurait mis par chance et le nombre qu'il a rée
llement placé ; cet indice peut être affecté du signe « plus » lorsque le sujet
a placé plus de pièces que ce que le hasard entraînait, ce qui correspond
à une forte division du travail ; ou du signe « moins », ce qui indique une
faible division du travail ; 2. la performance du groupe, c'est-à-dire le
nombre de pièces que les deux sujets ont placées pendant le temps limite.
Un questionnaire postexpérimental permet de collecter des info
rmations relatives aux impressions des sujets vis-à-vis de la tâche, de leur
réussite, de leur état de tension et de leur partenaire. Les résultats, tous
conformes aux hypothèses, montrent que la division du travail est plus
forte dans les groupes coopératifs que dans les groupes compétitifs
lorsque l'observation du partenaire est facilitée (2,41 et 2,09 contre 1,06
et — 0,89 dans les groupes compétitifs) et plus encore lorsque les pièces
sont affectées d'une valeur différentielle (2,09 contre — 0,89). Par contre,
il n'y a pas de différence statistiquement significative lorsque pour les
deux types de groupe, il est difficile d'observer le partenaire et que les
pièces sont toutes de valeur égale (0,45 pour les groupes coopératifs ; LA PSYCHOLOGIE SOCIALE 563
0,1 H pour les groupes compétitifs). En ce qui concerne la performance du
groupe, il n'y a pas non plus de différence lorsque les groupes coopératifs
et les groupes compétitifs travaillent sous des conditions d'observation
difficile du partenaire et de valeur égale des morceaux à placer (9,40
contre 9,47) ; par contre, en cas d'observation du partenaire, les groupes
coopératifs travaillent mieux que les compétitifs (13,13 contre 10,73)
et surtout quand les pièces sont affectées d'une valeur inégale (13,33
contre 9,00). En dépit d'un vocabulaire un peu plus lourd qui entraîne
une certaine inadéquation entre le niveau verbal et le niveau opérationnel
des variables, cette recherche montre qu'on peut, au laboratoire, obtenir
en faisant varier les conditions de la tâche qui sont pertinentes, tantôt
une performance égale entre groupes coopératifs et groupes compétitifs,
tantôt une très nette supériorité des groupes coopératifs, ce qui peut
éclairer certaines contradictions apparues entre chercheurs à ce propos.
Elle montre également l'importance de la division du travail dans les
problèmes d'efficacité collective, en ce qu'elle médiatise les effets de la
coopération et de la compétition sur la performance.
G. M.
Kinoshita (T.). — The effects of group cohesiveness and importance
of the tasks upon conformity behavior (L'effet de la cohésion du
groupe et de l'importance de la tâche sur le conformisme). — Jap.
J. Psychol., 1964, 35, 181-193.
L'A. veut mettre à l'épreuve une double hypothèse générale :
1° L'influence de l'opinion d'un membre d'un groupe sur la majorité
est d'autant plus grande que les membres de ce sont attirés les
uns vers les autres.
2° Moins la tâche est importante pour un sujet, plus l'opinion de ce
sujet évoluera vers celle de la majorité.
On a introduit ces deux variables : cohésion et importance de la tâche
de la manière suivante :
Pour la cohésion, on a constitué des groupes sur la base des résultats
d'un test sociométrique administré deux semaines avant l'expérience.
Ces données sont vérifiées par un questionnaire au moment de l'expé
rience elle-même.
L'importance de la tâche est déterminée en sélectionnant quatre
problèmes jugés importants par un groupe de sujets, différents des
sujets expérimentaux, et quatre problèmes jugés non importants.
On examine 32 groupes de quatre sujets ; les groupes sont placés
dans l'une des quatre conditions suivantes :
a) Grande cohésion, grande importance ;
b) Petite ;
c)petite ;
d) Grande cohésion, importance.
Suivant l'hypothèse, la conformité de l'opinion des membres à celle
du groupe doit être la plus grande dans les groupes d, elle doit être la 564 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
plus basse dans les groupes b, elle doit être intermédiaire et égale dans les
groupes a et c.
Les résultats vont en effet dans ce sens.
Reitan (H. T.), Shaw (M. E). — Group membership, sex-composition
of the group and conformity behavior (Appartenances à des groupes,
équilibre des sexes dans les groupes et comportement de confor
mité). — /. soc. Psychol., 1964, 64, 45-51.
Où l'on relate une expérience sur la conformité « perceptive », conçue
en fonction de trois types de variables invoquées dans la littérature :
l'adhésion à des groupes (quantitativement parlant) — la composition
des groupes expérimentaux (homogènes quant au sexe ou mixtes et équi
librés) — le sexe des sujets. La tâche accomplie dans des groupes de
4 personnes est du môme type que celles utilisées par Asch. Le dispositif,
imité de celui de Crutchfield, interdit les échanges., verbaux entre les
sujets et laisse à l'expérimentateur toute liberté pour truquer les info
rmations sur les opinions des sujets. L'expérimentateur présente en effet
à chaque sujet l'avis prétendument majoritaire et inexact (dans 12 essais
sur 18), alors que, pour les autres essais intercalés, il présente des avis
individuels et partagés. La variable dépendante est le nombre de fois
qu'un sujet a cédé à l'avis de la majorité.
Les sujets sont au nombre de 96 (12 dans chaque groupe défini par la
combinaison des 3 variables indépendantes à 2 valeurs chacune). Ils ont
été choisis dans une population de 300 étudiants en psychologie d'après
leurs réponses à un questionnaire portant sur leurs appartenances à
divers groupes sociaux. On retient les sujets qui ont des attaches avec
un grand nombre de groupes, et ceux qui ont peu voire pas d'attaches.
Les groupes expérimentaux, homogènes ou mixtes et équilibrés, sont
tirés au hasard.
Les hypothèses sont les suivantes : 1) relation positive entre confor
mité expérimentale et appartenance ; 2) plus de conformité chez les
sujets féminins ; 3) plus de conformité chez les sujets féminins dans les
groupes mixtes.
La seconde hypothèse est la seule vérifiée. La troisième, notamment
ne l'est pas, le degré de conformité étant plus élevé dans les groupes
mixtes quel que soit le sexe du sujet.
Il y a toutefois quelque chose de gênant dans la façon dont les auteurs
présentent leurs résultats. Ils ne se sont intéressés qu'aux effets majeurs,
alors que données suggèrent l'existence d'au moins une interaction
entre l'appartenance sociale et la composition des groupes expériment
aux. Systématiquement, et quel que soit le sexe des sujets, on constate
en effet ce qui suit (indices qui sont des moyennes de médianes) :
Appartenances nombreuses, groupes homogènes 3,5 mixtes 2,0 réduites, groupes homogènes 1,0 mixtes 3,0 LA. PSYCHOLOGIE SOCIALE 565
On peut donc regretter que le lecteur soit laissé dans l'ignorance des
données fréquentielles (combien, dans chaque groupe expérimental,
cèdent beaucoup, et combien cèdent peu) qui se seraient mieux prêtées
que des médianes à une analyse d'ensemble exigée par la nature du plan
d'expérience à plusieurs variables.
J.-M. L.
Tuckman (B. W.). — Personality structure, group composition, and
group functioning (Structure de la personnalité, composition du
groupe et fonctionnement dégroupe). — Sociometry, 1964, 27, 469-487.
L'expérience rapportée par l'A. est destinée à vérifier plusieurs
hypothèses concernant les comportements interpersonnels et les compor
tements à l'égard de la tâche de groupes dont les membres peuvent être
classés selon les systèmes de structure de personnalité élaborés par
Harvey, Schroder et Hunt. Ceux-ci définissent la structure de personn
alité en se référant aux processus médiateurs entre les stimuli de
l'environnement et le comportement de l'individu. Ils distinguent quatre
systèmes selon le degré de différenciation des stimuli perceptifs et le
degré de complexité et de rigidité des schémas d'intégration et d'orga
nisation des stimuli perçus. Selon leur appartenance à l'un des systèmes,
les individus peuvent être situés sur la dimension concret-abstrait.
A partir d'une série de tests appropriés, l'A. sélectionne parmi
64 étudiants volontaires 36 qui peuvent être classés selon les systèmes
de structure de personnalité de Harvey et il les groupe en 12 équipes de
3 membres. Au cours d'un jeu qui représente une simulation des opé
rations à la Bourse, chaque équipe doit s'efforcer de réaliser le profit
maximum. Des observateurs entraînés évaluent, d'après un code, le
comportement des groupes en ce qui concerne l'intensité et le nombre de
conflits, les degrés de coopération et de motivation, la quantité et le
type d'influence exercée. La performance de groupe est appréciée d'après
plusieurs indices objectifs tels que le gain total, le nombre d'effets
négociés, la quantité de demandes d'information, etc.
Les relations entre, d'une part, la structure de personnalité des
membres des groupes et, d'autre part, les types de comportements
adoptés dans la résolution des problèmes posés par la tâche, le degré
de coopération et la structure d'influence dans les groupes, confirment
dans l'ensemble les prédictions de l'A. En effet, sur les 13 hypothèses,
2 seulement ne sont pas confirmées statistiquement.
Les groupes composés d'individus plus abstraits, c'est-à-dire des
individus qui perçoivent et interprètent l'environnement d'une manière
plus diversifiée et plus souple, adoptent une structure de groupe plus
égalitaire, plus flexible et plus ouverte que les groupes d'individus
concrets qui tendent vers une organisation hiérarchique avec un chef
autocratique. Dans leur comportement à l'égard de la tâche, les premiers
se montrent plus capables de prévoir les changements dans l'enviro
nnement et de s'y adapter, recherchent plus d'information et l'intègrent
plus facilement que les groupes composés d'individus concrets.
A. PSYCHOL. 65 36 ■
566 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Signalons toutefois que les hypothèses de l'A. n'ont été vérifiées
que sur les données concernant 6 essais sur les 10 effectués, en excluant
les deux premiers qui correspondent à la période de développement des
structures de groupe et les deux derniers qui, selon l'A., correspon
draient à une période de détachement dont les effets constituent un
autre problème méritant d'être étudié par ailleurs.
R, L.
Banta (T. J.), Nelson (G). — Experimental analysis of resource
location in problem solving groups (Analyse expérimentale de la
localisation des ressources dans des groupes de résolution de pro
blèmes). — Sociometry, 1964, 27, 488-501.
Lorsqu'un groupe d'individus aborde une tâche nouvelle du type
résolution de problèmes, sa performance est en grande partie condi
tionnée par la détection des individus capables de fournir des éléments
constructifs, afin de pouvoir exploiter au mieux les potentialités du
groupe.
Dans l'expérience présentée, l'A. manipule la source d'information
pertinente de la manière suivante. Il s'agit, pour des couples de sujets,
de prédire conjointement les réponses d'une troisième personne à un
questionnaire de personnalité que celle-ci est censée avoir rempli. L'un
des deux sujets est systématiquement favorisé et l'autre défavorisé.
Une réponse correcte est attribuée au groupe toutes les fois où l'opinion
du sujet favorisé est adoptée et une réponse incorrecte dans le cas
contraire. L'un des sujets apparaît ainsi progressivement comme celui
qui est le plus capable d'effectuer les prédictions demandées.
Les hypothèses suivantes sont alors éprouvées.
La probabilité, pour que l'opinion du sujet favorisé soit adoptée
et que celui-ci prenne l'initiative de formuler une opinion, s'accroît
au cours des essais successifs, et inversement pour le sujet non favorisé.
D'autre part, l'information en retour fournie par l'expérimentateur
n'est pas perçue de la même manière par chacun des deux sujets.
Quatre procédures expérimentales impliquant deux sortes de feed
back et deux sortes d'instructions sont utilisées, mais sont sans effet
différentiel significatif sur les résultats.
L'expérience conduite auprès de 48 paires d'étudiants en psychol
ogie ne se connaissant pas préalablement a permis de vérifier les hypo
thèses avancées.
R. L.
Steiner (J. D), Johnson (H. H). — Relationship among dissonance
reducing responses (Relation entre divers types de réponses réduct
rices de dissonance). — J. abnorm, soc. Psychol., 1964, 68, 38-44.
Deux thèses sont en présence dans la littérature consacrée à la
dissonance cognitive et à ses modes de réduction, l'une selon laquelle
il y aurait sélectivité et indépendance des réponses réductrices, l'autre
selon laquelle les réponses seraient additives. — Les auteurs testent |
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|
LA PSYCHOLOGIE SOCIALE 567
sur 120 sujets (60 M. et 60 F.) l'une et l'autre hypothèse. Le plan expé
rimental comporte quatre entrées : le partenaire est présenté comme
particulièrement brillant et compétent (Acceptation), ou comme relat
ivement pauvre dans ses études comme dans la tâche (Rejet) ; la tâche
est présentée comme une étude des réactions à l'accord avec autrui
(conformité), ou comme une étude des au désaccord avec
autrui (non-conformité). Trente-deux questions à choix multiple sont
présentées auxquelles on doit répondre oralement, le partenaire répon
dant toujours le premier ; 8 questions sont destinées au traitement
expérimental (accord ou désaccord systématique), pour les 24 autres
les sujets doivent donner la meilleure réponse sans s'occuper de ce que
fait l'autre. Les variables dépendantes sont : 1. l'état de tension des
sujets après l'expérience (transpiration palmaire) ; 2. la tendance à sous-
mémoriser le nombre des désaccords intervenus (question postexpéri
mentale) ; 3. la conformité au partenaire dans les 24 item critiques.
Comme dans beaucoup de recherches de psychologie sociale expériment
ale, la mise en scène et les truquages sont importants : le partenaire est,
en réalité, un compère qui donne toujours les mêmes réponses quelque
soit le traitement expérimental. — Si l'hypothèse de sélectivité est vraie,
il y a incompatibilité dans deux situations : Acceptation Non-Confor
misme et Rejet | Conformisme ; ce qui augmente la dissonance et doit
entraîner les sujets à utiliser, pour réduire la tension, les autres réponses
disponibles, à savoir la sous-mémorisation des désaccords et la dévalo
risation de l'importance des questions posées, ou bien à ne pouvoir
réduire la tension, ce que traduira une forte transpiration palmaire.
Si l'hypothèse d'additivité est vraie, on devrait trouver que la condition
Rejet Conformité dans laquelle on force les sujets à utiliser deux types
de réponses réductrices simultanément, réduit davantage la tension
créée par la dissonance que la condition Acceptation Non-conformité
dans laquelle on ne la réduit pas du tout ; on devrait donc d'attendre à ce
que cette dernière condition entraîne plus que la première l'utilisation
des autres réponses réductrices disponibles, et que les sujets qui sont
dans les conditions intermédiaires (Rejet Non-conformité et Acceptat
ion Conformité) pour lesquelles un seul type de réduction est induit
expérimentalement se situent entre les extrêmes. Les résultats, bien que
non significatifs, pour chacune des variables dépendantes prise séparé
ment, sont conformes à l'hypothèse d'additivité, lorsqu'on utilise un
indice combiné des trois réponses verbalisées (l'indice psychophysiol
ogique de tension ne donne aucun résultat significatif, ni même indicatif ;
il n'entre pas en combinaison). — En dépit des résultats un peu faibles
pour une technique expérimentale lourde, cette recherche tend à prouver
que la théorie de la dissonance cognitive reste valable, à condition d'en
rendre plus complexes les déductions et de travailler sur le répertoire
des réponses réductrices, disponibles simultanément ou préférentiel-
lement selon les sujets ou les situations.
G. M.