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L'Europe de l'Est, différente et diverse - article ; n°3 ; vol.46, pg 443-461

De
22 pages
Population - Année 1991 - Volume 46 - Numéro 3 - Pages 443-461
Monnier Alain. - L'Europe de l'Est, différente et diverse. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les pays d'Europe de l'Est appartiennent à une vaste zone s'étendant de la Baltique à la Méditerranée et à l'Atlantique où la fécondité et la mortalité demeurent élevées. Ils connaissent également une nuptialité intense et précoce. Ils sont toutefois très divers. Au cours des vingt années qui suivent la Deuxième Guerre mondiale, l'évolution de la fécondité et de la mortalité dans l'ensemble de l'Europe va tendre à réduire les différences entre pays, aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest. Vers 1965. il est difficile de distinguer, du point de vue démographique, une Europe de l'Est et une Europe de l'Ouest. L'évolution depuis 1965 va cependant être différente dans les deux parties de l'Europe : la fécondité connaît une relative stabilisation à l'Est, mais continue à diminuer à l'Ouest, la mortalité recule à l'Ouest, et stagne à l'Est. Ainsi, progressivement, l'Europe de l'Est fait-elle son apparition. Vers 1985, les pays d'Europe de l'Est tendent à être différents de ceux d'Europe de l'Ouest. Ce processus de différenciation présente une certaine généralité : il s'observe également en ce qui concerne certaines modalités de constitution de la famille et les grandes tendances de la mortalité selon la cause de décès. Mais cette différenciation par rapport à l'Ouest n'entraîne pas la disparition de toute diversité à l'Est, en particulier en ce qui concerne la mortalité. L'Europe de l'Est se distingue également par le fait que les migrations qu'elles a connues sont restées en dehors des grands courants migratoires européens, et par les politiques originales de population qui y ont été menées.
Monnier Alain. - Eastern Europe : Differentials and Diversity. On the eve of World War II, Eastern Europe formed part of a vast area extending from the Baltic to the Mediterranean and the Atlantic where fertility and mortality rates were high. Nuptiality was also high, and marriages took place at young ages. However, there was also large differences. During the 20 years following the war, differences between countries tended to become smaller, both in Eastern and in Western Europe. By 1965. it became difficult to distinguish the situation regarding population growth in the two parts of the Continent. However, after that date, trends began to differ: whereas fertility rates in Eastern Europe remained relatively stable, those in the West declined. Mortality rates, by contrast, stagnated in Eastern Europe, whilst continuing to fall in the West. A distinctive pattern has developed in Eastern Europe since that date, so that by 1985, the countries of Western and Eastern Europe could be clearly differentiated. These differentials could be found both in types of family structure, and in cause-specific mortality rates. However, some differences have persisted between different East European countries, especially in regard to mortality. The Eastern European countries also differ from those of the West in regard to migration patterns and population policies.
Monnier Alain. - Europa del Este, diferente y diversa. A la vispera de la Segunda Guerra mundial, los paises de Europa del Este pertenecían a una vasta zona que se extendía, del mar Báltico al Mediterraneo y al Atlántico, donde la fecundidad y la mortalidad se mantenian elevadas. Estos presentan igualmente una nupcialidad fuerte y precoz. Pero con todo, conservan su diversidad. En el transcurso de los veinte aňos posteriores a la segunda guerra mundial, la evolución de la fecundidad y de la mortalidad en el conjunto de los paises europeos, tiende a reducir las diferencias entre paises, tanto al Este como al Oeste. Hacia 1965, es muy dilicil de distinguir, desde un punto de vista demográfico, una Europa del Este y una Europa del Oeste. No obstante, la evolución desde de 1965 présenta diferencias en las dos partes de Europa : la fecundidad muestra una relativa estabilización al Este, pero continua en disminuyendo al Oeste; la mortalidad disminuye al Oeste y se estanca al Este. De esta manera, progresi vamente, la Europa del Este hace su aparición. Hacia 1985, los paises de Europa del Este tienden a diferenciarse de los paises de Europa del Oeste. Ese proceso de diferenciación présenta una cierta generalidad : se observa tambien en ciertas modalidades de la constitución de la familia y en las grandes tendencias de la mortalidad segûn la causa de defunción. Pero esta diferenciación, en relación al Oeste, no implica la desaparición de toda diversidad al Este, en particular aquello que ataňe a la mortalidad. La Europa del Este se distingue igualmente, por el hecho que las migraciones que ha sufrido, se mantienen fuera de las grandes corrientes migratorias europeas y por las politicas originales de población que fueron llevadas a cabo.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Alain Monnier
L'Europe de l'Est, différente et diverse
In: Population, 46e année, n°3, 1991 pp. 443-461.
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Monnier Alain. L'Europe de l'Est, différente et diverse. In: Population, 46e année, n°3, 1991 pp. 443-461.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1991_num_46_3_3690Résumé
Monnier Alain. - L'Europe de l'Est, différente et diverse. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les
pays d'Europe de l'Est appartiennent à une vaste zone s'étendant de la Baltique à la Méditerranée et à
l'Atlantique où la fécondité et la mortalité demeurent élevées. Ils connaissent également une nuptialité
intense et précoce. Ils sont toutefois très divers. Au cours des vingt années qui suivent la Deuxième
Guerre mondiale, l'évolution de la fécondité et de la mortalité dans l'ensemble de l'Europe va tendre à
réduire les différences entre pays, aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest. Vers 1965. il est difficile de distinguer,
du point de vue démographique, une Europe de l'Est et une Europe de l'Ouest. L'évolution depuis 1965
va cependant être différente dans les deux parties de l'Europe : la fécondité connaît une relative
stabilisation à l'Est, mais continue à diminuer à l'Ouest, la mortalité recule à l'Ouest, et stagne à l'Est.
Ainsi, progressivement, l'Europe de l'Est fait-elle son apparition. Vers 1985, les pays d'Europe de l'Est
tendent à être différents de ceux d'Europe de l'Ouest. Ce processus de différenciation présente une
certaine généralité : il s'observe également en ce qui concerne certaines modalités de constitution de la
famille et les grandes tendances de la mortalité selon la cause de décès. Mais cette différenciation par
rapport à l'Ouest n'entraîne pas la disparition de toute diversité à l'Est, en particulier en ce qui concerne
la mortalité. L'Europe de l'Est se distingue également par le fait que les migrations qu'elles a connues
sont restées en dehors des grands courants migratoires européens, et par les politiques originales de
population qui y ont été menées.
Abstract
Monnier Alain. - Eastern Europe : Differentials and Diversity. On the eve of World War II, Eastern
Europe formed part of a vast area extending from the Baltic to the Mediterranean and the Atlantic where
fertility and mortality rates were high. Nuptiality was also high, and marriages took place at young ages.
However, there was also large differences. During the 20 years following the war, differences between
countries tended to become smaller, both in Eastern and in Western Europe. By 1965. it became
difficult to distinguish the situation regarding population growth in the two parts of the Continent.
However, after that date, trends began to differ: whereas fertility rates in Eastern Europe remained
relatively stable, those in the West declined. Mortality rates, by contrast, stagnated in Eastern Europe,
whilst continuing to fall in the West. A distinctive pattern has developed in Eastern Europe since that
date, so that by 1985, the countries of Western and Eastern Europe could be clearly differentiated.
These differentials could be found both in types of family structure, and in cause-specific mortality rates.
However, some differences have persisted between different East European countries, especially in
regard to mortality. The Eastern European countries also differ from those of the West in regard to
migration patterns and population policies.
Resumen
Monnier Alain. - Europa del Este, diferente y diversa. A la vispera de la Segunda Guerra mundial, los
paises de Europa del Este pertenecían a una vasta zona que se extendía, del mar Báltico al
Mediterraneo y al Atlántico, donde la fecundidad y la mortalidad se mantenian elevadas. Estos
presentan igualmente una nupcialidad fuerte y precoz. Pero con todo, conservan su diversidad. En el
transcurso de los veinte aňos posteriores a la segunda guerra mundial, la evolución de la fecundidad y
de la mortalidad en el conjunto de los paises europeos, tiende a reducir las diferencias entre paises,
tanto al Este como al Oeste. Hacia 1965, es muy dilicil de distinguir, desde un punto de vista
demográfico, una Europa del Este y una Europa del Oeste. No obstante, la evolución desde de 1965
présenta diferencias en las dos partes de : la fecundidad muestra una relativa estabilización al
Este, pero continua en disminuyendo al Oeste; la mortalidad disminuye al Oeste y se estanca al Este.
De esta manera, progresi vamente, la Europa del Este hace su aparición. Hacia 1985, los paises de
Europa del Este tienden a diferenciarse de los paises de Europa del Oeste. Ese proceso de
diferenciación présenta una cierta generalidad : se observa tambien en ciertas modalidades de la
constitución de la familia y en las grandes tendencias de la mortalidad segûn la causa de defunción.
Pero esta diferenciación, en relación al Oeste, no implica la desaparición de toda diversidad al Este, en
particular aquello que ataňe a la mortalidad. La Europa del Este se distingue igualmente, por el hecho
que las migraciones que ha sufrido, se mantienen fuera de las grandes corrientes migratorias europeas
y por las politicas originales de población que fueron llevadas a cabo.L'EUROPE DE L'EST,
DIFFÉRENTE ET DIVERSE
avait delà // l'Union y aboli avait les deux soviétique frontières Europes, : traditionnelles tout l'une paraissait à l'Ouest, : simple. oubliée l'autre Cette l'Europe à l'Est, division centau-
rale, évanouis les Balkans, partie enfumée la ligne séparant les
chrétientés, d'Occident et d'Orient. Sans doute, les démographes
avaient-ils gardé le souvenir de la ligne St-Petersbourg-Trieste,
mise à jour par Hajnal, mais elle faisait un peu double em
ploi avec la démarcation entre l'Est et l'Ouest. Les changements
politiques de la fin des années 1980 ont fait revivre les cartes de
l'Europe, dans toute sa complexité, dressées par M. de Martonne,
un des experts du Traité de Versailles. L'Europe de l'Est des
démographes, montre Alain MONNIER*, s'est constituée progres
sivement par différence. A la veille de la disparition de l'Europe
de l'Est politique, elle a acquis une certaine unité. La diversité
qu'on y décèle toutefois préfigure-t-elle les divisions de demain ?
L'Europe de l'Est n'aura guère existé plus de quarante ans. Cette entité géo
politique, née de la Seconde Guerre mondiale, est constituée de pays s 'étendant
de la Baltique à l'Adriatique et à la Mer Noire. Au fil des années, six de ces pays
(République Démocratique allemande, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie et
Tchécoslovaquie) ont poursuivi une intégration économique, politique et mili
taire avec l'URSS, tandis que l'Albanie et la Yougoslavie ont suivi des voies
particulières.
Des expressions diverses, plus ou moins inspirées par le contexte des re
lations internationales, ont été utilisées pour désigner cet ensemble de pays,
(démocraties populaires, pays socialistes) ; l'une d'entre elles s'est imposée :
l'Europe de l'Est, avec son complément, l'Europe de l'Ouest. Appellation qui
n'est que très superficiellement conforme à la réalité géographique — les pays
d'Europe de l'Est se situent en Europe centrale ou dans les Balkans -, et
qui masque la réelle diversité historique, sociale, culturelle de cette région
•INED, Paris.
Population, 3, 1991, 443-462 444 L'EUROPE DE L'EST DIFFÉRENTE ET DIVERSE
de l'Europe où coexistent Slaves, du nord ou du sud, Allemands, Hongrois,
Roumains, Albanais, chrétiens (orthodoxes, catholiques ou protestants) et musul
mans, Tsiganes...
Les changements politiques intervenus à la fin des années 1980 ont eu
notamment pour effet de faire réapparaître les divisions géographiques tradi
tionnelles, les zones d'influence historique (la Mitteleuropa), voire les nationa
lismes. Dans ce grand mouvement, l'Europe de l'Est semble être une notion en
voie de disparition : la Tchécoslovaquie et la Hongrie font désormais partie du
Conseil de l'Europe, la République Démocratique allemande n'est plus un État,
le CAEM^1) est au bord de l'éclatement et le pacte de Varsovie a été dissous
(25 février 1991).
Paradoxalement, l'unité démographique de l'Europe de l'Est n'a sans doute
jamais été aussi forte. Qu'il s'agisse de la fécondité, de la mortalité, des migrat
ions internationales ou des politiques démographiques, envisagées successive
ment au cours de cet article, les pays d'Europe de l'Est ont en effet tendu, au
cours des années, à acquérir une certaine unité, en se différenciant des autres
pays d'Europe. Mais des différences subsistent, ou apparaissent, entre pays de
l'Est*2).
I. - De la convergence à la différence
Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, les pays
d'Europe de l'Est appartiennent pour la plupart à cette vaste zone s'étendant de
la Baltique à la péninsule ibérique (et se prolongeant à l'est en Union Soviétique)
où la fécondité et la mortalité demeurent élevées, par rapport à des pays comme
l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les pays Scandinaves ou la Suisse
(tableau 1). Tous situés à l'est de la fameuse ligne St Pétersbourg - Trieste, mise
en évidence par J. Hajnal, ils connaissent aussi une nuptialité précoce et intense,
ce qui entraîne notamment un âge moyen à la maternité plus faible que dans les
autres pays de forte fécondité. Les pays d'Europe de l'Est se distinguent ainsi à
la fois des pays du continent les plus avancés dans la transition démographique,
et de ceux qui, comme eux, en sont encore à un stade intermédiaire.
Ils sont toutefois très divers. La partie orientale de l'Allemagne, qui const
ituera après 1945 la République Démocratique allemande, et la partie occident
ale de la Tchécoslovaquie, le pays tchèque, se distinguent par une fécondité
et une mortalité sensiblement plus basses, qui les rapprochent davantage de
l'Allemagne ou de l'Autriche que de la Pologne, de la Roumanie ou de la
Bulgarie. En effet, au cours des années 1930, la transition démographique est
engagée dans tous les pays qui constitueront l'Europe de l'Est (sauf en Al-
d'Assistance Économique Mutuelle, ou COMECON, selon le sigle anglais.
(2) L'Albanie sera peu évoquée, les données disponibles ne permettant que rarement une
analyse parallèle à celle menée pour les autres pays. DE L'EST DIFFÉRENTE ET DIVERSE 445 L'EUROPE
banie), mais depuis plus ou moins longtemps. Z. Pavlík^ montre, dans ce même
numéro, à quelles dates la fécondité a commencé à baisser, successivement, à
partir de 1870 en pays tchèque et dans la partie est de l'Allemagne, vers 1900
en Hongrie et Slovaquie, 1910 en Pologne, 1920 en Bulgarie et Roumanie^4).
Ces décalages expliquent les différences sensibles, avant la Seconde Guerre
mondiale, entre les fécondités observées dans les pays d'Europe de l'Est. Les
générations nées dans les premières années du siècle, et qui atteignent les âges
de pleine fécondité dans les années 1930, ont eu 2,4 enfants en Tchécoslovaquie
(et sans doute moins en pays tchèque), 3,5 en Roumanie et 4,1 en Yougoslavie.
A la même époque, dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mond
iale, il y avait une cinquantaine d'années environ que la mortalité avait com
mencé à baisser, mais des écarts importants existaient encore entre la Tchécosl
ovaquie, où la vie moyenne (sexes réunis) atteignait 53,5 ans en 1929-1932, et
la Roumanie (42 ans en 1932).
L'atténuation Le graphique la, où les pays ont été situés
des différences en Europe se\on \а fécondité^ et la mortalité qu'on
y observait dans les années 1930, donne
une image de la diversité de l'Europe de l'Est, replacée dans le contexte eu
ropéen.
Au cours des vingt années qui suivent la fin de la Seconde Guerre mond
iale, l'évolution de la fécondité et de la mortalité dans l'ensemble des pays
d'Europe va tendre à réduire les différences entre pays, aussi bien à l'Est qu'à
l'Ouest de l'Europe.
Dans les pays où prévalait encore une forte fécondité à la veille de la guerre
(pays du sud et de l'est), la réduction de la descendance finale s'est poursuivie.
Dans ceux où la fécondité était déjà basse (pays du nord et de l'ouest), il y
a eu reprise. En raison de ces mouvements, la fécondité européenne, au début
des années 1960, est relativement homogène. La descendance des générations
qui atteignent, à cette époque, l'âge moyen à la maternité est comprise entre 2
enfants par femme (Hongrie, Bulgarie) et 2,8 (Portugal )(6). En une trentaine de
générations, l'écart entre les fécondités extrêmes a été divisé par trois. Les pays
d'Europe de l'Est se partagent en pays à faible fécondité - ce sont même les plus
faibles d'Europe - (Hongrie, Bulgarie), et pays à forte fécondité (Yougoslavie,
Pologne) : ils demeurent très divers, au sein d'une Europe plus homogène.
Ainsi devient-il difficile de distinguer, en ce qui concerne la fécondité, des
«régions» européennes, et à plus forte raison une Europe de l'Est, différente
d'une Europe de l'Ouest. La fécondité des Françaises égale celle des Polonaises
(3)Z. Pavlik, Les tendances démographiques longues en Europe de l'Est, dans ce même
numéro.
1960 en Albanie.
(5) Descendance finale des générations nées au début du siècle, atteignant l'âge moyen à la
maternité au début des années 1930.
ne tenant compte ni de l'Albanie (environ 6 enfants par femme) ni de l'Irlande (3,5). L'EUROPE DE L'EST DIFFÉRENTE ET DIVERSE 446
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L'EUROPE DE L'EST DIFFÉRENTE ET DIVERSE 447
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ou des Roumaines, et celle des Tchèques est à peine inférieure à celle des
Danoises.
Dans le même temps, les différences de mortalité s'atténuent également.
Le grand mouvement de baisse de la mortalité fondé sur le recul spectaculaire de
la mortalité infectieuse, lié à la diffusion des antibiotiques, a été plus important
dans les pays où sévissait encore cet ensemble de causes (notamment l'Europe de
l'Est) que dans ceux où elles avaient déjà reculé (pays Scandinaves). L'espérance
de vie à la naissance (sexes réunis) a progressé, entre 1930 et 1965, de 28 ans
en Roumanie, 17 ans en Tchécoslovaquie, mais 11 ans «seulement» en Suède.
Dans ce laps de temps, l'écart entre la Suède et la Roumanie est ainsi passé de
23 ans à 5,6 ans.
Le graphique lb, construit selon les mêmes principes que le graphique
la, illustre cette convergence des pays européens. La configuration relativement
ordonnée du graphique la a cédé la place à une nébuleuse de points, où il est
difficile de distinguer les pays de l'Est de ceux de l'Ouest.
Depuis les années 1960, l'évolution de la fécondité et de la mortalité en
Europe de l'Est a suivi un cours différent de celui observé dans tous les autres
pays.
Les variations annuelles chaotiques de la fécondité dans les pays d'Europe
de l'Est, provoquées par les différentes interventions de l'État, en ce qui con
cerne l'avortement et la politique familiale, contrastent avec l'évolution domi
nante à l'Ouest : baisse profonde, suivie d'une relative stabilisation. Ces mouve
ments conjoncturels se sont traduits par un maintien de la fécondité, en termes
de descendance finale des générations, qui fait que, aujourd'hui, les pays en
registrant la fécondité la plus élevée sont à l'Est (Roumanie, Pologne), ceux
ayant la plus basse à l'Ouest (Allemagne, Suisse). Tous les pays d'Europe de
l'Est (à l'exception de la République Démocratique allemande) se situent dans
la première moitié du classement des pays selon la descendance finale de la
génération 1955, et cinq d'entre eux figurent dans les six premières places.
L'évolution de la mortalité, à l'inverse, a relégué tous les pays d'Europe
de l'Est aux dernières places du classement. Dans un seul pays de
l'Ouest, le Portugal, l'espérance de vie masculine à la naissance est actuellement
inférieure à 70 ans ; dans tous les pays de l'Est, elle est en deçà de cette valeur.
Pour les femmes le clivage est encore plus net : aucune vie moyenne supérieure
à 76 ans à l'Est, aucune inférieure à 77 ans à l'Ouest. Depuis les années 1970, en
effet, des progrès sensibles dans la lutte contre les maladies de dégénérescence
(maladies de l'appareil circulatoire en particulier) ont été enregistrés dans tous
les pays d'Europe, sauf à l'Est. Des écarts entre les deux ensembles de pays ont
fait leur apparition et se sont creusés, notamment pour la mortalité infantile et
la mortalité des adultes d'âge mûr (35-64 ans).
Sous l'effet de ces deux mouvements, le graphique le montre comment
les pays d'Europe de l'Est ont tendu à se distinguer des autres pays d'Europe,
qui constituent un ensemble de plus en plus homogène. L'EUROPE DE L'EST DIFFÉRENTE ET DIVERSE 449
Descendance finale
vers 1930
3,5 GRE pop
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1,5 40 45 50 55 60 65 70 75 80
Espérance de vie
Descendance finale 4
vers 1965 IRL 3,5
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40 45 50 55 60 65 70 75 80 Espérance de vie
Descendance finale
vers 1985 3,5
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40 45 50 55 60 65 70 75 80 Espérance de vie
Graphique 1. - Position des différents pays d'Europe selon la
descendance finale et la vie moyenne