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ILEDEFRANCE
u printemps 2004, les Français ont été appelés aux urnes
pour les élections régionales et européennes. A cetteA date, six millions de Franciliens étaient inscrits sur les
listes électorales. Trois de ces électeurs sur quatre ont participé à
au moins un tour de scrutin de ces élections. Comme en pro-
En 2004, 26 % des vince, 36 % ont voté à tous les tours possibles. L’assiduité des
électeurs franciliens électeurs faiblit : ils étaient 43 % dans ce cas en 2002 (élections
n’ont voté présidentielles et législatives). Une part importante de l’électo-
ni aux européennes rat se tient à l’écart, totalement ou occasionnellement, de la vie
ni aux régionales. politique (Figure 1).
L'abstention est
deux fois plus
lus d’un inscrit sur quatrePimportante
n’est jamais allé voter en 2004qu'en 2002,
année des
La participation systématique diminue tandis que l’abstentionprésidentielles.
systématique progresse nettement. En 2004, 26 % des inscritsLa participation
n’ont participé à aucun tour de scrutin en Ile-de-France, contreà tous les tours
12 % seulement en 2002. Cette tendance est la même dans l’en-faiblit pour l’ensemble
semble de la France. La hausse de l’abstention systématiquedes électeurs.
peut être liée au nombre de scrutins proposés (trois en 2004Les plus diplômés font
contre quatre en 2002). Elle peut également s’expliquer entoujours le plus preuve
partie par le type d’élections, celles de 2004 n’étant pas des élec-d’esprit civique. Très
tions nationales.liée au cycle de vie, la
participation augmente
également avec l’âge. En effet, la nature du vote influe sur l’abstention. L’élection prési-
Cependant, dentielle mobilise toujours plus que les autres, tandis que les élec-
les très jeunes électeurs tions européennes connaissent des taux d’abstention très élevés.
sont plus assidus Entre les deux, l’abstention aux législatives ou aux régionales dif-
que les trentenaires. fère selon le contexte politique.
MENSUEL N° 249 - AVRIL 2005 - 2,2€
àlapage
SociétéFigure 3 - L'absention systématique :Figure 1 - Plus du quart des électeurs ne se sont pas déplacés
un comportement qui perdure
en % en %
Ile- Comportement en 2004
Participation électorale aux élections de 2004 de- Province Comportement
France en 2002 Participation Vote Abstention Ensemble
systématique intermittent systématique
Participation systématique 35,9 35,9
ParticipationParticipation intermittente dont : 37,8 38,3 57,3 34,1 8,6 100,0
systématique
Ont voté deux fois 25,5 25,6
er Vote intermittent 24,7 44,3 31,0 100,0
au 1 tour des régionales et aux européennes 2,7 2,1
e Abstention
au 2 4,2 3,2 2,7 11,4 85,9 100,0
systématique
uniquement aux régionales 18,6 20,3
Champ : électeurs inscrits dans la même commune en 2002 et en 2004 en Ile-de-France.Ont voté une seule fois 12,3 12,7
er Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 et 2004
uniquement au 1 tour des régionales 3,5 4,3
e
uniquement au 2 6,5 6,6
Les électeurs qui s’abstiennent à toutes les élections ontuniquement aux européennes 2,3 1,8
Abstention systématique 26,3 25,8 tendance à reconduire ce comportement : 86 % des abs-
tentionnistes franciliens de 2002 n’ont participé à aucuneChamp : électeurs inscrits en 2004.
Source : Insee, enquête sur la participation électorale de 2004 élection en 2004 (Figure 3). Ces abstentionnistes « irré-
ductibles » représentent le tiers des
systématiques de 2004.En 2004, 71 % des électeurs franciliens ont voté à au
moins un tour des élections régionales, soit un taux de
participation beaucoup plus élevé qu’aux régionales de Il s’agit principalement de personnes faiblement diplô-
1998 (54 %). En revanche, l’abstention aux élections eu- mées et appartenant aux catégories sociales les moins
ropéennes atteint un taux record de 55 % (Figure 2). La élevées : 21 % n’ont aucun diplôme, contre 9 % pour
participation à cette élection est cependant plus élevée en l’ensemble des électeurs inscrits en 2002 et 2004 en
Ile-de-France qu’en province. Ce désintérêt marqué pour Ile-de-France. A l’opposé, 35 % des électeurs ayant voté
les enjeux européens concerne la plupart des pays de à tous les tours possibles en 2002 et en 2004 sont titulai-
l’Union européenne. res d’un diplôme supérieur.
n abstentionniste sur trois en 2004 u vote intermittentU D
l’était déjà en 2002 à l’abstention systématique
L’abstention de longue durée n’a pas augmenté dans la Certains électeurs, qui s’impliquent moins, se déplacent
région et reste stable à 9 % pour l’ensemble des élections occasionnellement pour voter au gré des scrutins. Ces in-
de 2002/2004 comme pour la période 1995/1997 (voir termittents du vote peuvent ainsi basculer dans l’absten-
encadrés). tion systématique : 31 % des votants intermittents de
2002 se sont abstenus totalement en 2004. Ces nouveauxFigure 2 - Abstention record aux européennes
abstentionnistes semblent avoir besoin d’une motivation
particulière pour se mobiliser. En 2002, 45 % d’entre eux
Taux d'abstention (%)
n’avaient voté qu’aux présidentielles, dont 25 % unique-
60
ment au deuxième tour. A l’attraction habituelle des élec-
tions présidentielles s’était ajouté le choc des résultats du50
premier tour.
40
30
20
lections en 2002 et 2004E
10
En 2002, deux élections à deux scrutins chacune se sont tenues : les0
Présidentielles Législatives Régionales Européennes élections présidentielles puis les élections législatives. En 2004, les
2002 2002 2004 2004 régionales comportaient deux tours alors que les élections
européennes n’en comptaient qu’un. L’enquête sur la participationIle-de-France Province
électorale de 2004 ne portait pas sur les élections cantonales car elles
ne concernaient pas tous les électeurs.
Champ : électeurs inscrits dans la même commune en 2002 et en 2004.
Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 et 2004’abstention de longue durée stable en Ile-de-France et en hausse en provinceL
Comparaison des périodes 1995/1997 et 2002/2004
Parmi les Franciliens inscrits dans la même commune en 2002 et en 2004, 9 % n’ont participé à aucune des élections organisées de 2002 à 2004,
soit sept scrutins d’affilée. Autant d’électeurs s’étaient abstenus à toutes les élections de 1995 à 1997. En province, le taux d’abstentionnistes « ir-
réductibles » est passé de 7 % à 10 %.
Dans le même temps, la participation systématique a considérablement diminué dans l’ensemble de la France, tandis que le vote intermittent de-
venait un comportement électoral largement dominant. De 2002 à 2004, les deux tiers des électeurs inscrits en Ile-de-France ont participé de
façon épisodique aux consultations électorales.
Ainsi, il semblerait qu’une part grandissante de l’électorat se tienne à l’écart - totalement ou occasionnellement - de la vie politique.
Progression de l'abstention intermittente
en %
1995-1997* 2002-2004*
Ile- Ile-
de- Province de- Province
France France
Abstention systématique 8,7 7,3 8,6 9,8
Abstention à au moins une élection 38,7 26,8 50,6 51
Participation à toutes les élections mais pas à tous les tours 17,4 21,2 15 11,1
Participation systématique 35,2 44,7 25,8 28,1
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0
*trois élections (6 tours) se sont déroulées de 1995 à 1997 et quatre (7 tours) de 2002 à 2004.
Champ : électeurs inscrits dans la même commune en 1995 et 1997 pour la première période,une en 2002 et 2004 pour la deuxième période.
Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 1995, 1997, 2002 et 2004
Ces électeurs représentent 53 % des abstentionnistes sys- Parmi les nouveaux abstentionnistes, il faut également
tématiques de 2004. Ils sont beaucoup plus jeunes que compter les électeurs qui avaient voté à tous les scrutins
l’ensemble des inscrits en moyenne : plus de la moitié en 2002. Ce comportement est très marginal, il concerne
d’entre eux sont âgés de moins de 35 ans. Contrairement moins de 4 % de l’ensemble des électeurs inscrits en 2002
aux électeurs qui n’ont participé à aucun scrutin de 2002 et en 2004.
à 2004, ils ne sont pas moins diplômés que la moyenne.
Ils comptent seulement9%de non-diplômés.
ourceS
Figure 4 - Les moins diplômés participent peu aux scrutins
en % Les données utilisées ici ont été collectées lors d’une enquête sur la
participation électorale réalisée par l’Insee après les élections régio-Taux d'abstention aux élections de 2004 Régionales Européennes
nales et européennes de 2004. Cette enquête est effectuée depuis
Ile-de-France 28,5 54,9 1988 après chaque grande consultation électorale. En 2004, l’échan-
Hommes 29,3 54,9 tillon tiré dans le fichier général des électeurs s’élève à 42 000 person-
Femmes 27,9 54,9 nes pour la France métropolitaine, dont 4 000 en Ile-de-France. Il
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 28,1 61,8 contient 90 % des électeurs déjà présents dans l’échantillon constitué
Cadres et professions intellectuelles supérieures 15,7 38,2 après les élections présidentielles et législatives de 2002, et a été enri-
Professions intermédiaires 26,3 52,0 chi des nouveaux inscrits. Il est ainsi possible de comparer le compor-
Employés 35,9 63,5 tement des électeurs dans le temps et lors de scrutins de nature
Ouvriers 37,1 67,4 différente. La participation aux divers tours est relevée sur les listes
Retraités 25,4 47,4 d’émargement consultables dans les préfectures après chaque tour
Autres inactifs 32,4 62,3 de scrutin. Les données sociodémographiques proviennent de l’é-
chantillon démographique permanent, fichier contenant des extraitsAucun diplôme 33,8 61,8
des recensements passés (en l’occurrence, il s’agit des données duCEP 32,0 59,7
recensement de 1999).Brevet, CAP, BEP 30,7 58,9
Baccalauréat 29,6 57,2
Les personnes de nationalité étrangère n’étant pas incluses dans l’é-Diplôme d'études supérieures 21,0 43,3
chantillon électoral, l’étude sur la participation aux européennes ne
Champ : électeurs inscrits en Ile-de-France en 2004. porte que sur les inscrits de nationalité française.
Source : Insee, enquête sur la participation électorale de 2004Figure 5 - Participation maximale chez les 55-64 anséfinitionsD
Abstention systématique : comportement des électeurs n’ayant voté à au-
Taux de participation moyen (%)cun des scrutins.
70Vote intermittent : participation à au moins un scrutin mais pas à tous.Il peut
s’agir soit d’une par à une seule élection, soit d’une participation
65
aux deux élections mais pas à chaque tour.
60
Participation systématique : comportement des électeurs ayant participé à
tous les scrutins. 55
Taux d’abstention : proportion d’électeurs inscrits n’ayant voté ni au premier 50
tour ni au deuxième tour d’une même élection.
45
Taux de participation moyen : rapport entre le nombre de scrutins aux-
40quels un électeur a effectivement voté et le nombre de scrutins auxquels il
pouvait participer.
35
Age atteint en 2004
30
19-24 25-34 35-44 45-54 55-64 65-74 75-84 85 ou +
Champ : électeurs inscrits en Ile-de-France en 2004.
Source : Insee, enquête sur la participation électorale de 2004e niveau de diplôme et l’âge influentL
toujours fortement sur la participation
D’une manière générale, les milieux socialement défavo- La participation dépend aussi fortement de l’âge, phéno-
risés restent plus à l’écart des consultations électorales mène déjà observé lors d’élections antérieures. Elle est
(Figure 4). Ainsi, l’abstention est beaucoup plus fré- plus faible chez les électeurs de 25 à 34 ans que chez les
quente chez les ouvriers, les chômeurs et les salariés en si- jeunes de moins de 25 ans. On peut supposer que les
tuation d’emploi précaire que chez les cadres et les nouveaux inscrits sont motivés par l’attrait de la nou-
salariés occupant un emploi stable. veauté, qui laisse place par la suite à un certain désintérêt.
La participation augmente ensuite avec l’âge, puis di-
minue fortement au-delà de 75 ans (Figure 5). Ce sontLe niveau de diplôme influe considérablement sur le
toujours les électeurs de 45 à 74 ans qui font le pluscomportement électoral. Les non-diplômés ont participé
preuve d’esprit civique. Pour les plus âgés, des difficultésen moyenne à 52 % des scrutins de 2004, contre 65 %
à se déplacer et une vie sociale moins importante peuventpour les diplômés d’études supérieures.
expliquer la baisse de la participation.
Les hommes et les femmes ont des comportements très
our en savoir plusP voisins, ils participent autant en moyenne aux consulta-
tions électorales. Cependant, l’abstention systématique
est plus fréquente chez les femmes aux âges les plus
Désesquelles A. : « La participation électorale au printemps 2004 - élevés.
Un électeur inscrit sur quatre s’est abstenu à tous les scrutins »,
Insee première, n° 997, décembre 2004.
Clanché F. : « La participation électorale au printemps 2002 - De NadineLAROCHE
plus en plus de votants intermittents », Insee première, n° 877, jan- Servicestatistique
vier 2003.
Beaufils F., Couradin D. : « Participation électorale de 2002 : plus
de votes intermittents en Ile-de-France », Insee Ile-de-France à la
page, n° 218, décembre 2002.
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