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La perception - compte-rendu ; n°1 ; vol.55, pg 200-211

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1955 - Volume 55 - Numéro 1 - Pages 200-211
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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P Fraisse
Henri Piéron
2° La perception
In: L'année psychologique. 1955 vol. 55, n°1. pp. 200-211.
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Fraisse P, Piéron Henri. 2° La perception. In: L'année psychologique. 1955 vol. 55, n°1. pp. 200-211.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1955_num_55_1_8780200 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
été posées sur les mains et les pieds du cadavre, des bâtons de comman
dement et des coquillages placés à côté.
Si les cadavres étaient ligotés, n'était-ce pas pour empêcher les
morts, maintenus sous terre, de venir tourmenter les vivants ? C'est
ce que se demandent P. et B., qui signalent encore l'existence de crânes
ornés de coquillages, de calottes crâniennes taillées en coupe.
Mais surtout les grottes gravées (Altamira, Lascaux) présenteraient
des dessins magiques, avec les rites de chasse, de reproduction.
Certaines figures anthropomorphes faisaient penser à des croyances
en l'existence d'ancêtres animaux. Ces grottes pouvaient être de véri
tables sanctuaires réservés aux initiés.
H. P.
2° La perception
L'effet Köhler :
BBVAN (W.). — The influence of figurai after effect upon visual
L' de V effet consécutif structural sur les intensity thresholds (
seuils d'intensité visuelle). — J. gen. Psychol., 1951, 45, 189-208. —
HOCHBERG (J. E.), BITTERMAN (M. E.). — Figurai after effects as
a function of the retinal size of the inspection figures (Effets consécutifs
structuraux fonctions de la grandeur rétinienne des figures d'inspection) .
— Amer. J. Psychol., 1951, 64, 99-102. — CHRISTMAN (R. J.). —
Figurai after effects utilizing apparent movement as inspection
figure (Effets consécutifs structuraux en utilisant le mouvement appar
ent dans la figure d'inspection). — Amer. J. Psychol., 1953, 66,
66-72. — CARLSON (V. R.). — Satiation in a reversible perspective
figure (La saturation dans une perspective réversible). — J. exper.
Psychol., 1953, 45, 442-448. — GEORGE (E. H.). — On the figurai
after effect (Sur l'effet consécutif structural). — Quart. J. exper. 1953, 5, 128-135. — LUCHINS (A. S.), LUCHINS (E. H.).
— The satiation theory of figurai after effects and gestalt principles
Of perception (La théorie de la saturation des effets consécutifs structu
raux et les principes gestaltistes de la perception). — J. gen. Psychol.,
1953, 49, 3-29. — OSGOOD (C. L.), HEYER (A. W.). — A new
interpretation Of figurai after effects (Une nouvelle interprétation des
effets consécutifs structuraux). — Psychol. Rev., 1952, 59, 98-118. —
GEORGE (F. H). — On the theory of the figurai after effect (Sur
la théorie de l'effet consécutif structural) . — Canad. J. Psychol., 1953,
7, 167-171.
Plusieurs travaux continuent à préciser les lois de l'effet Köhler ou
à en montrer de nouveaux aspects.
L'effet K. n'a pas seulement une action sur les structures perçues
et Köhler lui-même avait montré qu'il pouvait affaiblir la netteté des
contours par exemple. Bevan démontre qu'il se produit une élévation
du seuil d'intensité lumineuse à l'endroit où se trouvait la plage ins- PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 201
pectée et que cette élévation décroît à mesure que l'on, s'éloigne de cet
endroit. ..'.
Carlson démontre à nouveau que cet effet est d'origine centrale
puisqu'il obtient l'effet K. en faisant fixer la première plage par un œil
et la seconde par l'autre ; cependant Hochberg et Bitterman démontrent
que cet effet central ne peut être lié qu'à l'aire 17 de Brodmann puisque
l'effet K. est proportionnel non à la taille apparente de la figure inspectée
mais à l'angle sous lequel elle est vue c'est-à-dire à la grandeur de l'image
rétinienne. Les aires associatives n'interviendraient donc pas.
Si la figure inspectée est constituée par un mouvement apparent
répété couvrant la même surface qu'une figure statique, l'effet K. est
plus fort. Ghristman qui met ce fait en évidence l'interprète dans le
sens gestaltiste et pense que le court-circuit cérébral correspondant au
mouvement apparent produirait une saturation (nous proposons ce
terme pour traduire satiation) plus grande qu'une excitation fixe.
Hochberg en 1950 avait déjà rapproché les effets consécutifs struc
turaux des effets de perspectives réversibles dans le cas des inversions
figure-fond. Dans une belle expérience, Carlson met le même fait en
évidence dans des figures où on perçoit alternativement deux formes
différentes. Quand on a fixé une figure non ambiguë pendant quelques
secondes la première forme qui apparaît si on regarde une figure ambiguë
est la forme inverse et dans les fluctuations qui suivent la forme qui
avait été primitivement fixée apparaît moins longtemps.
Il reste, comme George le montre, que cet effet, s'il se produit avec
une fréquence qui ne peut être due au hasard, ne se retrouve pas chez
tous les sujets. Il doit y avoir un autre facteur qui intervient.
Les contributions les plus importantes portent sur l'interprétation
de cet effet et il est hors de doute qu'une voie est ouverte par ces
recherches pour la compréhension des processus perceptifs. Luchins et
Luchins s'attachent justement à démontrer que l'effet K. loin d'être
un simple additif à la théorie de la forme oblige à en repenser les hypot
hèses de base. L'idée fondamentale est que la théorie de la forme
pensait pouvoir interpréter la perception par des relations, ou des effets
de champ se produisant entre les différentes parties d'une figure. Mais
l'effet K. et la théorie de la saturation montrent qu'il faut plus tenir
compte de l'expérience passée et des traces qu'elle laisse sous forme de
saturation. Le champ cortical ne peut être considéré comme homogène
et il peut agir dans un sens qui ne soit pas celui de la tendance à la
régularité et à la simplicité (prégnance). En d'autres termes à une
dynamique purement spatiale qui ne concernait que les relations entre
le tout et les parties il faut substituer une dynamique temporelle qui
intègre les effets perceptifs consécutifs.
Osgood et Heyer, eux, dans un article important ont remis en cause
l'interprétation de Köhler. Köhler avait essayé d'expliquer par l'hypo
thèse de la saturation sans que cette saturation soit une base neurolo
gique traditionnelle. L'inspection d'une figure « saturerait » la substance 202 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nerveuse dans la région de sa projection corticale et la modifierait de
telle sorte que les excitations ultérieures seraient déformées. Évidem
ment cette hypothèse fait fi des données physiologiques qui ne mettent
en évidence que des processus suivant les voies anatomiques (neurones,
fibres, synapses). Osgood et Heyer prétendent eux qu'il est parfaitement
possible d'expliquer l'effet de saturation à partir de nos connaissances
actuelles de la physiologie sensorielle. Ils s'appuient dans cette voie
sur les travaux de Marshall et Talbot (théorie de la correspondance
point par point des cellules rétiniennes et des projections corticales).
En réalité par le jeu des synapses en particulier au niveau des corps
genouillés l'excitation qui provient d'un cône excite une centaine
de cellules corticales. Il se produit une dispersion spatiale et aussi
temporelle. A cet effet dû à la nature anatomique des voies nerveuses
s'ajoute celui des mouvements de l'œil. L'œil même quand il fixe
un point a de légers tremblements que l'on appelle le nystagmus
physiologique et qui peuvent atteindre 30' soit 60 cônes. On comprend
alors que lors de l'inspection d'une figure c'est toute une zone de
cellules corticales qui est excitée mais d'une manière non homogène ;
au nom d'un principe statistique on peut penser que cette excitation
est d'autant moins forte que l'on s'éloigne plus du centre de la zone
et ceci d'une manière gaussienne.
A partir de ces faits, Osgood et Heyer proposent leur hypothèse
qu'ils appellent statistique. Dans la zone excitée qui correspondrait
au contour des lignes il se produirait un phénomène d'inhibition, une
fatigue et c'est elle qui expliquerait les modifications de forme dans
l'inspection d'une figure ultérieure.
La valeur de cette hypothèse est de s'appuyer sur des données
physiologiques plus orthodoxes que celles de Köhler et d'expliquer
tous les aspects de l'effet consécutif structural. Les auteurs passent
ces aspects en revue et leur démonstration semble assez probante en
particulier pour le cas dit du paradoxe de la distance. Lorsque la
figure test (deuxième figure présentée) est présentée de plus en plus
près de la place où avait été présentée la figure d'inspection, la grandeur
de l'effet Köhler croît d'abord pour diminuer ensuite lorsque la figure
test arrive à coïncider avec la figure inspectée. Dans ce cas elle ne subit
pas de déformation mais un affaiblissement de la netteté des contours.
George de son côté a repris cette théorie en lui trouvant d'autres
applications. Comme les A. le font remarquer cette théorie n'infirme
pas celle de Köhler mais apporte une autre hypothèse qui semble plus
près des faits connus.
P. F.
Le mouvement apparent :
JONES (E. E.), BRUNER (J. S.). — Expectancy in apparent
Visual movement (L 'attente dans le mouvement apparent visuel).
— Brit. J. Psychol., 1954, 45, 157-165. — HALL (K. R. L.), PSYCHOLOGIE GENERALE 2 OB
EARLE (A..E.), CROOKES (I. G.). — A pendulum phenomenon
in the visual perception of apparent movement (Un phénomène
pendulaire dans la visuelle du mouvement apparent). —
Quart. J. exper. Psychol., 1952, 4, 109-120. — MOTOKAWA (K.).
— Retinal traces and visual perception of movement (Traces rét
iniennes et perception visuelle du mouvement). — J. Exper. Psychol.,
1953, 45, 369-377. — MOTOKAWA (K.), EBE (M.). — The
physiological mechanism of apparent movement (Le mécanisme
physiologique du mouvement apparent). — J. Exper. Psychol., 1953,
45, 378-386. — LIVSON (N. H.). — After effects of prolonged inspec
tion of apparent movement (Effets consécutifs d'un examen prolongé
d'un mouvement apparent). — Amer. J. Psychol., 1953, 66, 365-376.
— SHAPIRO (M. B.). — A preliminary investigation of the effects
of continuous stimulation on the perception of apparent motion
(Recherche préliminaire sur les effets d'une stimulation continue sur la
perception en mouvement apparent). — Brit. J. Psychol., 1954, 45,
58-67. — DETHERAGE (B. H.), BITTERMAN (M. E.). — The
effect of satiation on stroboscopie movement. (L'effet de la satiation
sur le mouvement stroboscopique). — Amer. J. Psychol., 1952, 65,
108-109. — AMMONS, CAROL (H.), WEITZ (J.). — Central and
peripheral factors in the Phi phenomenon (Facteurs centraux et
périphériques dans le phénomène Phi). — J. Exper. Psychol., 1951,
42, 327-332. — CARTER (D. B.). — A further demonstration of
phi-movement cerebral dominance (Une nouvelle démonstration de
la dominance cérébrale dans le mouvement phi). — J. Psychol.,
1953, 36, 299-310.
Il n'est plus nécessaire de démontrer que le mouvement apparent
subi l'influence de l'expérience du S. et que dans les situations équi
voques le mouvement perçu est celui qui correspond le mieux à notre
expérience quotidienne. Les faits ont cependant besoin d'être précisés.
Jones et Bruner ont tenté une démonstration en utilisant des séquences
de deux ou trois images complexes. Ils trouvent, par exemple, que de
deux silhouettes couvrant objectivement la même distance (en se croi
sant) la silhouette qui ressemble à un coureur à pied est vue comme
se déplaçant plus vite et plus loin que la silhouette informe: Ils trouvent
encore que plus un mouvement est probable et plus il résiste quand
les conditions de perception du mouvement apparent deviennent sub
optimales. De même la rapidité et la longueur du mouvement sont
relatives à la nature qualitative du mouvement. (La succession de
figures qui suggère le roulement d'une bille sur un plan incliné est
plus favorable que celle qui suggère un glissement de la bille.)
L'expectation de Bruner que d'autres appellent influence du contexte
ou de la signification peut expliquer les phénomènes observés par Hall
et ses collaborateurs : quand deux lumières s'allument alternativement
un certain nombre de fois, dans certains cas, au lieu de percevoir un mou
vement rectiligne alternativement de gauche à droite on perçoit un 204 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mouvement curviligne dans le même plan comme celui de l'extrémité
d'un pendule. Le phénomène est lié à la forme des stimuli (ronds de
préférence à carrés), à la régularité de l'alternance et surtout à l'appa
rition d'un top sonore simultané avec les lumières et qui évoque un
métronome. Les différences individuelles sont importantes et les A.
notent que ce mouvement curviligne apparaît surtout pour une vitesse
de succession intermédiaire entre la vitesse optimum de perception
du mouvement apparent et la vitesse où on perçoit seulement la succes
sion. A cette vitesse le mouvement apparent serait moins déterminé
-par les conditions de champ et l'attitude aurait un effet plus déter
minant. Le problème fondamental reste celui de l'explication des méca
nismes du mouvement apparent et avec des techniques de plus en plus
complexes les hypothèses qui s'affrontent sont toujours les mêmes.
Motokawa essaie de démontrer l'importance des processus rétiniens
dans la perception du mouvement réel ou apparent. En utilisant sa
technique d'électrostimulation pour déterminer le seuil d'apparition
d'un phosphène après une excitation visuelle (voir Année psychol., 1954,
1, 115, Le Phosphène électrique, par Baumgardt) il établit la courbe
de la trace des effets consécutifs de l'excitation rétinienne produite par
le déplacement d'un stimulus. Le fait essentiel est que l'on constate
un gradient de ces effets consécutifs dans la direction du mouvement.
L'effet est d'autant plus fort que l'on se rapproche plus du point de
terminaison du mouvement, l'œil étant immobile. Si on fait varier la
vitesse et la surface du stimulus il est important de noter que l'on retrouve
les mêmes lois pour la trace que pour la perception phénoménale.
Plus la vitesse est grande et plus importante est la trace avec un gra
dient initial plus abrupt. Un stimulus large donne une trace peu impor
tante et avec un faible gradient initial ce qui correspond au fait que la
vitesse apparente diminue quand la surface de la figure augmente.
Motokawa étudie encore d'autres faits qu'il explique tous par la neu
tralisation de Vinduction rétinienne. Il pense avoir démontré antérieure
ment que l'induction rétinienne produite par une stimulation était
neutralisée par une nouvelle excitation éloignée de la première. Dans le
cas du mouvement, la trace induite par le stimulus serait constamment
sujette à une neutralisation relative par la nouvelle induction engendrée
par le stimulus qui continue à se déplacer. D'où l'existence d'un gradient,
la neutralisation étant pratiquement nulle au point correspondant à la
fin du mouvement : il y aurait une suppression rétrograde de l'induction
première.
Pour étudier le mouvement apparent, Motokawa doit faire intervenir
un fait nouveau, la conversion de Vinduction rétinienne : l'induction est
modifiée dans son caractère pour l'action d'un stimulus subséquent
au même point. Ainsi le phénomène des couleurs subjectives causées
par une lumière blanche intermittente est de cet ordre. Ce phénomène
permet de détecter l'existence d'une induction rétinienne et en faisant
varier l'intervalle temporel entre deux stimuli distants l'un de l'autre PSYCHOLOGIE GÉNÉRAI,!:; 205
l'A. trouve des gradients d'induction rétinienne d'allure différente
quand on passe de la simultanéité à la succession par la phase du mou
vement apparent. Aux vitesses correspondantes au mouvement appa
rent il y aurait une fusion des deux processus rétiniens correspondant
aux deux stimulations. La méthode serait même assez fine pour vérifier
certaines lois de Korte. Le psychologue ne peut qu'être très intéressé
par ces faits sans qu'il puisse porter un jugement de valeur sur les hypot
hèses physiologiques et les méthodes de l'A. Celui-ci note que si certains
aspects du mouvement apparent, peuvent être expliqués par des phéno
mènes purement périphériques ceci ne signifie pas qu'il est seulement
déterminé au niveau rétinien puisque le mouvement apparent peut se
produire en excitant séparément les deux yeux. Aussi bien les auteurs
continuent à imaginer les expériences pour confirmer ou infirmer l'hypo
thèse de Wertheimer du court-circuit. Livson voudrait prouver au nom
de l'isomorphisme que le correspondant cortical du mouvement apparent
est d'une autre nature qu'une double stimulation simultanée par
exemple. Il utilise comme révélateur le fait mis en évidence récemment
par Edwards et Crutch field : il y a réduction du mouvement autoci
nétique après inspection d'un pattern visuel. L'A. trouve en effet que
cette réduction est plus forte après avoir regardé un appa
rent alterné de type pendulaire pendant cinq minutes qu'après toute
autre perception de stimuli fixes. Le fait est intéressant mais ne prouve
rien au sujet de l'isomorphisme car on peut simplement penser que le
mouvement apparent diminue particulièrement les mouvements auto
cinétiques en offrant un cadre de référence virtuel plus net que des
stimuli fixes.
La recherche de Shapiro va plus loin. Il part du fait mis en évidence
par Werner et Thuma et par Bender et Teuber à savoir que dans cer
taines conditions des blessés du cerveau ne perçoivent pas le mouvement
apparent. Ces faits pourraient être expliqués par des processus d'inhi
bition qui empêcheraient l'irradiation des stimuli, base probable du mou
vement apparent dans une conception proche de celle de Wertheimer.
Pour tester l'hypothèse il faut trouver un moyen de produire un effet
inhibiteur chez des sujets normaux. L'A. utilise l'effet de saturation
de Köhler. Le S. avant de juger du mouvement apparent engendré par-
deux lignes se succédant et formant un angle de 70° doit fixer un cercle
noir occupant la même surface que le apparent (expérience
en vision monoculaire). On constate que les S. qui ont été soumis à cette
excitation ont un seuil entre la perception de mouvement et celui de la
succession plus bas après la stimulation qu'avant, donc une zone tempor
elle de perception du mouvement apparent plus limité.
Ainsi pour le groupe expérimental soumis à stimulation, ce seuil
en millisecondes passe de 250 à 141 au premier essai tandis que pour
le contrôle il passe de 245 à 212. La différence est très significative.
Detherage et Bitterman ont mis en évidence un fait très voisin.
Si les deux points entre lesquels apparaît le mouvement apparent sont ANALYSES BIB MO G U A .PH IQ IJ ES 206
légèrement décalés par rapport à la figure fixée avant coup le mouvement
au lieu d'être rectiligne est curviligne comme évitant la zone où se
serait développée l'inhibition par satiation. Le même phénomène a
d'ailleurs été trouvé par Bender et Teuber sur des blessés du cerveau.
Shapiro lui-même reconnaît que son expérience n'est pas décisive
car la saturation peut agir sur le mouvement apparent en créant un effet
d'éloignement des lignes ou en abaissant l'intensité apparente des lignes
lumineuses.
Ammons et ses collaborateurs ont essayé de tester à nouveau la part
respective des facteurs centraux et périphériques dans le mouvement
apparent en créant 4 situations suivant que l'excitation correspondant
aux deux points lumineux nécessaires est monoculaire ou binoculaire co
rrespondant à un même hémisphère ou aux deux hémisphères cérébraux.
Les résultats sont les suivants :
Perception de Phi non Phi
Stimulations correspondant chacune à
un hémisphère :
Dans un même œil 7 4
Chacune dans un œil 2 10
Stimulations correspondant à un même
hémisphère :
Dans un même œil 11 5
Chacune dans un œil 4 10
D'où il montre que le mouvement apparent peut être vu dans toutes
les situations mais en regroupant les faits on voit que le facteur pér
iphérique semble avoir une importance non négligeable puisque le mou
vement est vu plus souvent quand les excitations sont dans le même
œil, qu'elles correspondent à un seul ou aux deux hémisphères.
Il est fort regrettable que les A. qui cherchent à mettre en évidence
le fait que l'hypothèse du court-circuit central soit intenable puisque le
mouvement apparent est perçu même quand chacune des deux exci
tations correspond à un hémisphère cérébral différent ignorent que
Piéron a réalisé le premier cette expérience dès 1924. Shapiro cependant
ne pense pas que ces faits permettent de rejeter définitivement toute
théorie basée sur une diffusion de l'excitation. La connexion entre les
deux hémisphères cérébraux peut exister à travers le corps calleux
et les corps genouillés latéraux.
EKMAN (G). — The laws of the wandering phenomenon. Contri
bution to the theory of perception (Les lois du mouvement « vagabond ».
Contribution à la théorie de la perception). — Acta Psychol., 1951,
52, 154-167.
Johansson a publié en 1950 un travail important (Configurations
in event perception) qui risque de passer un peu inaperçu et dont E. nous PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 207
rappelle le résultat essentiel. Si on a deux points lumineux sur un écran
et que leurs intensités varient d'une valeur liminaire à une forte intensité
avec une fréquence de 0,5 cycles/sec, et si les variations lumineuses
des deux points sont justes en des phases opposées, les deux varia
tions s'intègrent en une seule : la lumière semble se déplacer d'un
point à l'autre en ayant une intensité constante et en général en ayant
un déplacement comme derrière l'écran ou comme dans un tuyau
derrière l'écran.
Un phénomène tout semblable se produit dans le domaine sonore
avec des écouteurs à chaque oreille. Le bruit semble se déplacer autour
de la tête. Et de même dans le domaine tactile avec des vibrateurs dans
chaque main.
Ekman essaie d'expliquer ce phénomène w en constatant que les
lois mathématiques de la composition des stimuli semblent se retrouver
au niveau phénoménal ce qui confirmerait en un sens l'hypothèse de
l'isomorphisme. Il constate qu'en fait l'intensité de la stimulation
totale reste constante puisque les deux phases sont alternées. Il démontre
aussi puisque les deux phases varient périodiquement que leur somme
peut être exprimée par une fonction harmonique telle que la position
de la résultante soit donnée par la formule - (1 — sin vx) que laisse
prévoir un mouvement pendulaire.
La formule se complique si les deux phases n'ont pas la même intens
ité moyenne ou si leur décalage n'est pas de nette opposition. D'après
l'A. elle permettrait cependant de prédire certains des phénomènes
observés d'après la fonction même que l'on peut calculer. Ainsi si l'i
ntensité moyenne d'un point est plus faible que l'autre la formule montre
que le mouvement sera raccourci du côté le moins intense et ce qui a été
vérifié : a) Dans le domaine optique où la lumière en mouvement ne
semble pas venir aussi près de la fenêtre la moins illuminée ; b) Dans le
domaine sonore : les sujets semblent entendre une abeille qui tourne
autour de leur tête mais en passant plus près d'une oreille que de l'autre.
Les faits sont importants et la théorie est ingénieuse. Il sera difficile
d'admettre qu'il s'agit d'une interprétation logique de la situation par
les sujets ou d'un effet de l'expérience. Il apparaît bien qu'il y a des lois
de composition des sensations à des niveaux très complexes.
P. F.
CARTER (D. B.). — A further demonstration of phi-movement
cerebral dominance (Une nouvelle démonstration de la dominance
cérébrale dans le mouvement phi). — J. Psychol., 1953, 36, 299-310.
Jasper en 1932 (Psychol. Mon.) avait décrit une forme spéciale du
mouvement phi permettant de mettre en évidence la dominance céré
brale et la dominance oculaire. Si on fixe une barre et si une autre appar
aît à une autre distance dans le champ elle est vue en diplopie et il se
produit un mouvement apparent entre la première barre et une des ANALYSES BIBMOG P. A PH I Q 0 F S 208
images de la seconde, l'autre image apparaissant ou disparaissant.
L'A. a mis au point une nouvelle technique avec trois cibles et il lui
apparaît qu'il n'est pas possible de mettre, par ce moyen, en évidence la
dominance oculaire mais que l'épreuve est un excellent test de la domi
nance cérébrale.
P. F.
L'orientation dans l'espace :
FLEISHMAN (E. A). — Perception of body position in the absence
of visual cues (La perception de la position du corps en l 'absence de
repères visuels). — J. exp. Psychol., 1953, 46, 261-270. —
CLEGG (W. G.), DUNFIELD (M. M.). — Non visual perception
Of the postural vertical. I. Sagittal plane (La perception non visuelle
de la posture verticale. I. Le plan sagittal). — Canad. J. Psychol., 1954,
5) i-9. — BITTERMAN (M. E.), WORCHEL (P.). — The pheno
menal vertical and horizontal in blind and sighted subjects (La
verticale et V horizontale apparentes chez les aveugles et les voyants). —
Amer. J. Psychol., 1953, 66, 598-602. — WERNER (H.), WAP-
NER (S), BRUELL (J. H). — Experiments on sensory-tonic
field theory of perception. VI. Effect of position of head, eyes, and of
object on position of the apparent median plane (Expériences sur
la théorie de la perception du champ sensor i-tonique. VI. Effect de la
position de la tête, des yeux et des objets sur la, position du plan médian
apparent). — J. exp. Psychol., 1953, 46, 293-299. — WAPNER (S.),
WERNER (H.), BRUELL (J. IL), GOLDSTEIN (A. G.). — Expe
riments on sensory-tonic field theory of perception. VIL Effects of
asymetrical extent and starting positions of figures on the visual
apparent median plane. (VIL Effets de V assymétrie et de la position
de départ de figures sur le plan médian visuel). — J. exp. Psychol.,
1953, 46, 300-307. — KRUS (D. M.), WERNER (H.), WAP
NER (S). — Studies in vicariousness : motor activity and perceived
movements (Études sur les processus vicariants : l'activité motrice
et le mouvement perçu). — Amer. J. Psychol., 1953, 66, 603-608.
— GOLDMAN (A. E). — Degree of motor activity and the
autokinetic phenomenon (Degré d'activité motrice et le phénomène
autocinétique). — Amer. J. Psychol., 1953, 66, 613-618.
Les études sur l'orientation du corps et des objets dans l'espace
continuent soit pour mieux préciser les faits, soit pour interpréter les
rapports entre les différentes sensations qui jouent corrélativement.
Fleishmann trouve à son tour qu'en l'absence de cadre de référence
visuel les S., inclinés préliminairement dans un sens, font une erreur
dans le sens même de la position de départ. Il trouve que cette
est moindre si la tête est fixée que si elle est libre et il pense, avec vra
isemblance que quand la tête est libre on se contente d'une correction
de celle-ci, le corps restant plus incliné. Ayant fait varier les positions
de départ et les vitesses de retour à la verticale du fauteuil, il constate

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