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Les appareils chronopholographiques - article ; n°1 ; vol.5, pg 347-368

De
23 pages
L'année psychologique - Année 1898 - Volume 5 - Numéro 1 - Pages 347-368
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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G. Demeny
Les appareils chronopholographiques
In: L'année psychologique. 1898 vol. 5. pp. 347-368.
Citer ce document / Cite this document :
Demeny G. Les appareils chronopholographiques. In: L'année psychologique. 1898 vol. 5. pp. 347-368.
doi : 10.3406/psy.1898.3057
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1898_num_5_1_3057XIV
ÉTUDE SUR LES APPAREILS CHRONOPHOTOGRAPHIQUES
On sait que les appareils chronophotographiques à bandes
pelliculaires ont été connus en France grâce aux travaux de
M. Marey, qui en a multiplié les applications dans les sciences
biologiques.
On sait aussi que le principe de ces appareils consiste à faire
passer au-devant d'un objectif unique une bande sensible
sur laquelle s'impriment les phases diverses d'un phénomène
à analyser.
L'inscription de ce phénomène est discontinue, c'est une série
d'images instantanées de l'objet en mouvement, vues d'un point
unique. La qualité de l'appareil chronophotographique tient
à deux choses essentielles : la netteté des images et leur fr
équence.
Pour obtenir la netteté de l'image, la bande pellieulaire sen
sible est immobilisée pendant le temps très court du passage
de la fenêtre d'un disque obturateur qui démasque l'objectif.
La succession rapide des images est obtenue par le déplace
ment subit de la partie de la bande qui vient d'être impres
sionnée et qui est remplacée pendant l'éclipsé du disque obtu
rateur, par une portion voisine.
On conçoit que toute la qualité d'un chronophotographe
réside dans la disposition mécanique la plus parfaite et la plus
simple pour réaliser le mouvement intermittent de la pelli
cule sans la détériorer ni sans fatiguer les organes de l'appar
eil.
La bande pelliculaire est fragile, elle doit se déplacer et s'ar-
ter quinze à vingt fois en une seconde ; j'ai donc rejeté a priori
toute solution du problème dans laquelle un organe quelconque
de l 'appareil autre que la portion de pellicule qui reçoit V image
devant l'objectif, participerait au mouvement intermittent de MÉMOIRES ORIGINAUX 348
celle-ci et fai réalisé ce mouvement intermittent au moyen
d'organes animés d'un continu de rotation.
Je me suis arrêté à cette solution, sans contredit la meil
leure au point de vue mécanique, mais j'avais déjà prévu, dès
1892, presque toutes les dispositions qui ont été employées
depuis dans les appareils dits cinématographes et qui ne sont
autres que des chronophotographes réversibles, comme les
avait décrits M. Marey dans son livre le Mouvement.
La question était donc résolue depuis longtemps dans les
laboratoires, quand parut le cinématographe, et le public ne
s'y est intéressé que lorsqu'elle a été exploitée commerciale
ment dans des exhibitions où l'on vit produire comme des
inventions nouvelles des appareils formés d'organes et de dis
positions connus depuis longtemps.
De l'usage de toutes les variétés d'appareils il résulte que
pour des mouvements aussi rapides, il ne faut employer aucun
organe qui vibre, quelque petite que soit sa masse, et de plus
que l'arrêt et le déplacement du ruban pelliculaire doivent
s'effectuer progressivement et non brutalement.
C'est ce que j'obtiens très simplement par la disposition sui
vante :
La pellicule vient d'une bobine magasin, passe au-devant de
l'objectif dans un couloir où elle se tend et s'aplanit pour s'en
rouler de là sur un autre cylindre ou bobine qui la tire un
iformément.
L'organe d'arrêt est une tige ou came, ronde ou ovoïde, sur
laquelle se réfléchit la pellicule et qui, animée d'un mouvement
convenable, augmente et diminue tour à tour la longueur du
circuit développé entre les deux bobines magasin et réceptrice.
Lorsque la came allonge le circuit, cet allongement est pris
sur la réserve du magasin et produit un accroissement dans la
vitesse de déplacement de la partie de pellicule qui est devant
l'objectif.
Lorsque la came diminue le circuit, cette diminution est
égale à la quantité enroulée par la bobine réceptrice ou au
débit du cylindre denté qui entraîne la pellicule comme une
chaîne à la Vaucanson. La came rend autant de pellicule que
la bobine réceptrice en absorbe; il y a donc arrêt de la pelli
cule du côté de la bobine magasin, c'est-à-dire immobilité de la
portion qui reçoit l'image de l'objectif.
A ce moment se présente la fenêtre du disque obturateur.
Cette fenêtre, petite pour la prise du négatif, doit être ouverte G. DEMENY. — LES APPAREILS CTÏRONOPHOTOGRAPHIQUES 349
largement lorsqu'on se sert de l'appareil pour la synthèse des
images positives.
Aussi doit on avoir le moyen de prolonger à volonté le
temps d'arrêt de la pellicule au-devant de l'objectif.
Fig. 41.
disque magasin pellicule K, le M, mouvement Bobine bobine obtura déroulée a réceptrice. débiter magasin eur intermittent pendant _ uniformément de - Ça, D, la came l'arrêt pellicule. cylindre d'arrêt sur de la et denté laquelle - portion pellicule. de 0, déplacement. uniformément objectif. se qui réfléchit - est B, - dans C, boucle - dans la couloir L, le pellicule le laminoir couloir. formée débit où et passe de qui obligeant par la lui la pellicule le communiqué surplus la bobine - Di do -
On y parvient par la forme que l'on donne à la came ou par
le mouvement de cette came.
Avec une forme convenable, calculée spécialement, j'ai pu
obtenir un arrêt de la pellicule égal aux deux tiers de l'inter
valle de temps qui sépare deux images successives, le tiers res
tant servant à déplacer la pellicule. La pellicule n'abandonne
pas la lame pendant l'arrêt et l'on évite ainsi le fouettement 350 MÉMOIRES ORIGINAUX
qui se produit nécessairement quand la boucle dévidée à l'avance
est reprise subitement par le mouvement excentrique de la came.
Un temps d'arrêt aussi long n'a d'utilité que dans les projec
tions des images positives où l'on veut faire durer au maximum
l'impression lumineuse sur l'œil.
Dans les appareils à analyse il est inutile et même mauvais
de l'employer; inutile puisque le temps de pose pour les sujets
en mouvement est toujours très petit, mauvais parce que
plus le temps d'arrêt est long, plus la vitesse de déplacement
de la pellicule devient rapide et l'équidistance des images sur
la bande peut en souffrir.
On peut du reste facilement changer la forme de la came et
son excentricité pour régler le temps d'arrêt à sa valeur conve
nable.
Le mouvement de la came peut aussi influer sur le temps
d'arrêt de la pellicule.
Je me sers d'un mouvement de rotation, le plus simple, mais
le mouvement pourrait être un mouvement d'oscillation ou un de va-et-vient.
Le intermittent de la pellicule une fois obtenu,
voici la disposition générale des organes d'entraînement.
La bobine sur laquelle la bande pelliculaire a été préalabl
ement enroulée à l'aide d'un bobinoir, comme il sera dit plus
loin, est placée sur l'axe fixe A (fîg. 42). Un galet entraîneur B,
composé d'un cylindre recouvert d'un manchon de caoutchouc
et commandé par une transmission placée à l'intérieur de l'ap
pareil, a pour fonction de faire dérouler seulement une quant
ité déterminée de la bande pelliculaire de la bobine magasin
et d'assurer la régularité du débit. Cette fonction peut être remp
lie par un laminoir lisse ou un cylindre denté.
Le laminoir a été employé par M. Marey, le cylindre denté
par presque tous les constructeurs de cinématographes.
Cette portion de bande vient s'engager entre un guide C et
un galet D tout le long d'un couloir E, garni de velours, dans
lequel se trouve uncadre-frotteurH,placé en face de lafenêtrel
et présentant un évidement identique à celui formant l'ouver
ture de cette fenêtre.
Ce cadre-frotteur, garni de velours comme le couloir, est
mobile autour d'une charnière adaptée à l'un de ses côtés et,
quand la pellicule est passée, on applique le cadre sur elle et
il la maintient en pression douce et continue en venant s'en-
clancher dans le taquet à ressort K. G. DEMENY. — LES APPAREILS CIIH0N0PI10T0GRAPHIQUES 351
Après avoir passé sous le cadre H, la pellicule s'engage sous
le galet L, puis également sous la came M, puis on la fait passer
sur le cylindre denté Noù, de là, elle ira finalement s'enrouler
sur la bobine réceptrice préalablement placée sur l'axe entraî
neur 0.
Nous ferons remarquer que, dans sa course, l'entraînement
de la bande pelliculaire n'est nullement dépendant des dents
Fig. 42.
du cylindre denté N. Les dents ne sont là que pour assurer le
parfait repérage des images et la bonne régularité de fonc
tionnement du mouvement déroulant. Cette remarque est d'une
importance capitale. Le mouvement, en effet, étant dû com
plètement au mécanisme intérieur, il en résulte que la bande
pelliculaire ne supporte aucun effort en passant sur le cylindre
denté N et se trouve dans les meilleures conditions de conser
vation possible. Du reste, les perforations de la bande, dans
lssquelles les dents viennent s'appliquer, sont très espacées et
par conséquent ne diminuent en rien la solidité de la matière
dont cette bande est formée. 352 MÉMOIRES ORIGINAUX
De plus, la bande pelliculaire se trouvant, soit toujours en
roulée sur une bobine, soit maintenue dans le couloir par la
pression douce et continue du cadre H, n'est jamais libre sur
une partie notable de sa course, et demeure, de la sorte, moins
susceptible de se couper, de se déchirer ou de recevoir des
taches .
Nous ajouterons encore que la matière constituant la bande
pelliculaire étant inflammable, le support étant constitué par du
celluloïd, ce dispositif a le précieux avantage, en cas d'acci
dent, de diminuer considérablement les risques d'incendie.
L'introduction de la bobine sur l'axe fixe A (fig. 42) s'effectue
en enlevant le bouton qui termine l'extrémité libre de cet axe
et dont la fonction consiste à maintenir la bobine dans sa posi
tion et à empêcher tout glissement sur le sens longitudinal de
l'axe. Ce bouton doit donc être replacé aussitôt après l'intr
oduction de la bobine.
Avant ce replacement, il est nécessaire encore, pour que la
bobine soit bien et dûment à sa place, d'abaisser de droite
à gauche et de haut en bas le galet entraîneur B qui, une
fois la bobine introduite, viendra comprimer la bande pellicu
laire, ainsi que le montre la figure 42.
La bobine réceptrice introduite sur l'axe 0 est percée sur
ses joues de deux trous excentrés. Le plus rapproché du centre
est destiné à recevoir la tête de vis P émergeant à la base de
l'axe 0. La bobine se trouve ainsi rigoureusement assujettie à
son axe. Condition primordiale, puisque cet axe est celui qui
commande tout le mouvement d'entraînement.
Cet assujettissement est rendu plus complet encore par le
bouton de l'extrémité libre de l'axe 0, semblable à celui de
l'axe A et ayant même fonction.
En outre du rôle d'assujettisseur qu'elle joue, par rapport
à la bobine réceptrice, la vis P possède une autre fonction inté
ressante. Montée sur le plateau d'un frein, elle se meut à la
même vitesse que l'axe 0, mais peut aussi, suivant le besoin,
prendre une vitesse différente dont le but est d'empêcher les
perforations de la bande pelliculaire, en passant sur le cylindre
denté N, de se tendre trop sur les dents, ce qui amènerait
infailliblement des déchirures.
A l'aide de la vis à tête carrée R il est très facile de régler la
vitesse et la résistance que le frein peut opposer à la continuité
du déroulement de la bande pelliculaire.
Pour le bon fonctionnement de l'appareil, il faut que les per- HEMENY. — LES APPAREILS CHR0N0P110T0GRAP11IQUES 353 G.
forations de la bande pelliculaire reçoivent exactement et sans
la moindre tension les dents du cylindre N. On doit bien se
pénétrer, ainsi que nous l'avons fait remarquer, de la fonction
des dents du cylindre N, qui servent à guider et non à en
traîner.
Donc, lorsqu'on amorce la bande pelliculaire, s'il fallait faire
subir à celle-ci le moindre effort, dans un sens ou clans l'autre,
Fig. 43. — Disposition générale de l'appareil ouvert montrant. la pellicub
en place sur les organes d'entraînement.
pour amener l'exacte pénétration des dents dans les perforat
ions, on aurait la certitude absolue que le réglage du frein
serait imparfait. Il faudrait immédiatement procéder à sa modif
ication en serrant ou en desserrant, suivant le cas, la vis à tète
carrée R : serrer si les perforations ont une tendance à se placer
en arrière des dents; desserrer, au contraire, si elles ont une
tendance à se placer en avant.
Ce réglage, très simple et très facile au demeurant, se fait,
pour ainsi dire, une fois pour toutes, car toutes les bandes pel-
liculaires sont très exactement perforées de la même façon. Ce
ne sera donc que dans des cas très spéciaux que l'on aura à le
modifier, alors que, sous des influences climatologiques, hygro-
l'annke psychologique, v, 23 MEMOIRES ORIGINAUX 354
métriques ou thermométriques, la bande pelliculaire aurait
subi de légères contractions ou de légères dilatations.
Pour produire le mouvement de la bande on
embraye tout le mécanisme de l'appareil en poussant de droite
à gauche le levier T et en tournant rapidement, mais régulièr
ement la manivelle S. Pour éviter un départ brusque risquant
de faire sauter la pellicule des joues des bobines, nous recom
mandons de ne tourner la manivelle qu'au moment où se fait
l'embrayage parle levier T.
La régularité dans le mouvement de la manivelle est indi
spensable pour qu'il y ait Chronographie.
Ce levier T commande également un volet qui ouvre ou
ferme à volonté la fenêtre I.
On estime que la bande pelliculaire qui mesure plus de
Fig. 4i. — Disposition de l'appareil pour servir à la synthèse des positifs.
20 mètres de long, doit être entièrement déroulée dans un
espace de temps compris entre 40 à 45 secondes. Ce n'est là
cependant qu'un temps moyen. On comprend, du reste, que,
suivant les sujets, il peut y avoir avantage à ralentir ou à accé
lérer le mouvement. La pratique des sujets projetés demeure
donc le meilleur guide que l'on ait pour régler la vitesse du
mouvement de la manivelle S.
L'emploi des bandes d'une longueur de 23 mètres n'est pas
indispensable ; on peut en utiliser de plus longues, 30 ou
40 mètres, par exemple, ou de plus courtes, depuis 1 mètre.
Enfin, sur une même bande, on peut tirer un très grand
nombre de sujets divers, puisqu'il suffit d'agir avec le doigt sur
le levier T (fig. 42) pour arrêter ou mettre en marche la pellicule.
L'avantage du mécanisme précédent est de permettre de
grandes images en série, ce qui serait impossible si l'on se ser
vait d'organes animés de mouvements d'oscillation au lieu de ... cfiu" (•**
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