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Les différences sociales de mortalité : en augmentation chez les hommes, stables chez les femmes

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Entre le début des années quatre-vingt et le milieu des années quatre-vingt-dix, l'espérance de vie à 35 ans a augmenté pour toutes les catégories sociales. Les écarts d'espérance de vie entre catégories socioprofessionnelles se sont accrus chez les hommes et sont restés stables chez les femmes.

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Ajouté le : 30 décembre 2012
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N° 1025 - JUIN 2005
Prix : 2,20 €
Les différences sociales de mortalité :
en augmentation chez les hommes,
stables chez les femmes
Christian Monteil et Isabelle Robert-Bobée,
division Enquêtes et études démographiques, Insee
ntre le début des années professions intellectuelles supérieures ont l’es-
pérance de vie la plus longue et les ouvriersquatre-vingt et le milieu des an-
sont les moins avantagés (tableau 1). Sur laEnées quatre-vingt-dix, l’espérance
période 1991-1999, les hommes cadres ou
de vie à 35 ans a augmenté pour toutes
exerçant une profession intellectuelle supérieure
les catégories sociales. Ce sont toujours ont une espérance de vie à 35 ans de 46 ans
les ouvriers qui vivent le moins long- contre 39 ans pour les ouvriers. Pour les fem-
temps et les cadres et professions in- mes, ces chiffres sont de 50 ans pour les
cadres et 47 ans pour les ouvrières. Entre cestellectuelles supérieures qui ont l’espé-
extrêmes, le classement varie selon le sexe.rance de vie la plus longue. Les différen-
Les conditions de travail comme les comporte-
ces de mortalité demeurent beaucoup
ments et modes de vie jouent en général en
plus modérées chez les femmes que chez faveur d’une plus grande longévité pour les
les hommes : d’après la mortalité par sexe cadres et d’une moindre durée de vie pour les
et âge observée au milieu des années ouvriers et c’est le cumul de l’ensemble de ces
facteurs qui explique alors les fortes différen-quatre-vingt-dix, l’espérance de vie à 35 ans
ces constatées entre catégories sociales. Lesdes femmes cadres dépasse de 3 ans
ouvriers occupent notamment des emplois
celle des ouvrières, contre un écart de
physiquement plus pénibles et qui les exposent
7 ans entre les hommes cadres et les ou- plus souvent à des risques professionnels que
vriers. Les écarts d’espérance de vie les cadres, ils consultent plus tardivement des
entre catégories socioprofessionnelles médecins, ils ont aussi eu en général des
conditions de vie pendant l’enfance moinsse sont accrus chez les hommes alors
favorables, ils portent également une attentionqu’ils restaient stables chez les femmes.
moindre à leur santé (alimentation, sport, pré-
Les hommes inactifs non retraités, dont
vention…), et fument et consomment aussi
la situation est souvent liée à des problè- davantage d’alcool. Ces différences sont plus
mes de santé, n’ont que peu profité de marquées pour les hommes que pour les fem-
l’allongement de la durée de vie. mes (encadré).
Évolution de l’espérance de vie à 35 ans
Entre le début des années quatre-vingt et le
Ans
milieu des années quatre-vingt-dix, l’espé- 50
1976-1984rance de vie à 35 ans a augmenté de 3 ans
1983-1991pour les femmes comme pour les hommes et 45
1991-1999
atteint 48 ans pour les premières et 41 ans pour
les seconds (graphique1). La baisse de la mor- 40
talité a profité à toutes les catégories sociopro-
35fessionnelles.
30
Les ouvriers ont toujours
25
l’espérance de vie la moins longue
20
Pour les « actifs » masculins comme féminins Hommes Femmes
(définitions), les cadres et les membres des Source : Insee, échantillon démographique permanent et état civil
INSEE
PREMIEREsociales, les ouvriers ou anciens mais de façon différenciée pour les hom-Les écarts sont beaucoup plus
ouvriers ont une mortalité 2,4 fois plus mes, si bien que les écarts entre catégo-marqués chez les hommes
élevée que les cadres ou anciens ries se sont modifiés au fil du temps. Ce
que chez les femmes
cadres aux âges actifs (35 à 64 ans ici), phénomène peut être étudié à partir de
Les différences d’espérances de vie et 1,9 fois plus élevée que les cadres l’indicateur standardisé de mortalité :
selon les catégories sociales sont beau- entre 65 et 80 ans. Les différences de pour une catégorie socioprofessionnelle
coup plus fortes chez les hommes que profil en termes de santé, mode de vie masculine donnée, il rapporte le nombre
chez les femmes : si pour chaque caté- et comportements à risques (encadré) de décès réellement survenus au
gorie sociale, les hommes et les femmes seraient moins grandes passé un cer- nombre de décès qui auraient été enre-
étaient soumis à chaque âge aux proba- tain âge car les personnes les plus fra- gistrés si cette catégorie avait eu la mor-
bilités de décès observées au cours des giles et les plus exposées ont disparu. talité par âge de l’ensemble de la
années 1991-1999, les hommes cadres De plus, l’effet des accidents du travail population masculine (définitions). Pour
vivraient 7 ans de plus que les ouvriers, ne joue plus passée la retraite (même les hommes cadres, cet indicateur
alors que cet écart est de 3 ans entre si cet effet est d’ampleur limitée aux diminue de 0,66 dans les années
femmes cadres et ouvrières. âges actifs). Les différences de morta- 1976-1984 à 0,59 pour les
Au sein de chaque catégorie sociale, les lité demeurent cependant importantes 1991-1999 (graphique 2). Pour les
femmes vivent toujours plus longtemps à ces âges, dans la mesure où les ris- ouvriers, ce rapport, qui s’élevait à 1,2
que leurs homologues masculins. Les dif- ques de décès sont beaucoup plus éle- sur la période 1976-1984, a peu varié.
férences hommes-femmes varient cepen- vés après 65 ans qu’entre 35 et 64 ans. Les écarts entre ouvriers et cadres ont
dant fortement selon les groupes sociaux : Chez les femmes, les différences, donc augmenté. Le rapport des indica-
l’écart passe de 4 ans entre hommes et déjà moins marquées aux âges actifs, teurs standardisés de mortalité entre les
femmes cadres à 8,5 ans entre employés diminuent peu avec l’avancée en âge. hommes ouvriers et cadres entre 35 et
et employées. L’écart d’espérance de vie 80 ans est ainsi passé de 1,8 à 2,1 entre
à 35 ans entre hommes et femmes est ces périodes.
Les écarts de mortalité entredonc le plus faible au sein des catégories Les cadres sont un peu plus nombreux
du haut de l’échelle sociale. milieux sociaux se sont accrus aujourd’hui et les ouvriers sont un peu
Les disparités selon le sexe l’emportent moins nombreux : 10 % des hommes deau fil du temps chez les hommes
largement sur les écarts entre catégories 30 ans ou plus étaient cadres (y com-
sociales. Les ouvrières, qui ont l’espé- La baisse de la mortalité a bénéficié à tou- pris les cadres à la retraite) en 1975,
rance de vie la plus courte parmi les fem- tes les catégories socioprofessionnelles contre 14 % en 1990 (2 % et 5 % pour
mes actives, vivent ainsi plus longtemps
Indicateurs standardisés de mortalité des hommes entre 35 et 80 ans,que les hommes cadres, qui ont l’espé-
par période et catégorie socialerance de vie la plus longue chez les hom-
3,0
mes : dans les conditions de mortalité des
1976-1984
années quatre-vingt-dix, l’espérance de 2,5 1983-1991
1991-1999vie à 35 ans est de 47 ans pour les pre-
2,0
mières, contre 46 ans pour les seconds.
1,5
1,0
Les écarts entre les hommes
0,5s’atténuent avec l’avancée en âge
0,0
Cadres et Professions Artisans, Employés Ouvriers Inactifs EnsembleAgriculteursChez les hommes, les différences entre professions intermédiaires commerçants, non retraités
intellectuelles chefs d’entreprisecatégories socioprofessionnelles se supérieures
réduisent avec l’avancée en âge. Une
Lecture : entre 35 et 80 ans, les hommes inactifs ont eu une mortalité 2,7 fois plus élevée que l’ensemble des hommes sur la pé-
fois neutralisées les différences de riode 1991-1999. Sur la période 1976-1984, leur mortalité était 2,1 fois plus élevée.
Source : Insee, échantillon démographique permanent et état civilstructure par âge entre catégories
Espérance de vie des hommes et des femmes à 35 ans, par période et catégorie sociale
En années
Cadres Artisans,
et professions Professions commerçants, Inactifs
Agriculteurs Employés Ouvriers Ensemble
intellectuelles intermédiaires chefs non retraités
supérieures d'entreprise
Hommes
1976-1984 41,5 40,5 40,5 39,5 37,0 35,5 27,5 38,0
1983-1991 43,5 41,5 41,5 41,0 38,5 37,5 27,5 39,0
46,0 43,0 43,5 43,0 40,0 39,0 28,5 41,01991-1999
Femmes
1976-1984 47,5 46,5 45,5 46,0 45,5 44,5 44,5 45,0
1983-1991 49,5 48,0 47,0 47,5 47,5 46,5 45,5 46,5
50,0 49,5 48,5 49,0 48,5 47,0 47,0 48,01991-1999
Source : Insee, échantillon démographique permanent et état civil
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREles femmes) et la part des ouvriers dans âges. L’inactivité des hommes est très années quatre-vingt et quatre-vingt-dix :
la population est passée de 38 % à 35 % souvent liée à des problèmes de santé + 0,5 an seulement, contre + 3 ans pour
(11 % pour les femmes pour les deux ou à un handicap, et cet effet s’est l’ensemble des hommes. Chez les fem-
années). Mais surtout, les conditions de accentué au fil du temps : les inactifs à mes, l’absence d’activité professionnelle
travail ou les emplois exercés ont un moment donné sont plus souvent est certes associée à une surmortalité,
changé de nature au cours de la des anciens ouvriers (40 % pour la mais d’ampleur nettement moindre : la
période. Les évolutions de la mortalité dernière période contre 30 % pour la mortalité à ces âges est 1,4 fois plus
au sein d’une catégorie sociale et entre première) et moins souvent des per- importante que celle de l’ensemble des
catégories sociales intègrent donc à la sonnes qui étaient déjà inactives par femmes. L’espérance de vie à 35 ans des
fois des évolutions liées à ces change- le passé (30 % contre 40 %). L’inacti- inactives a augmenté entre les années
ments et des améliorations (ou dégra- vité des hommes reflète donc plus quatre-vingt et quatre-vingt-dix de 2,5 ans,
dations) relatives à situation d’emploi souvent des sorties d’activité qui peu- soit une hausse proche de l’ensemble des
donnée. vent être liées à l’état de santé. Chez les femmes actives (+ 3 ans).
femmes, l’inactivité (en dehors de la
retraite) est beaucoup plus fréquente Source
Les écarts de mortalité entre et cette situation est plus souvent liée
milieux sociaux sont stables à des raisons familiales (retrait du
Les résultats présentés ici ont été obtenus à
marché du travail temporairement ouchez les femmes partir de l’Échantillon démographique per-
non pour s’occuper de jeunes enfants manent (EDP). Cet échantillon résulte de la
ePour les femmes, les gains d’espérance par exemple). Près de 3 femmes inac- compilation, pour 1/100 de la population,
des données d’état civil (dont les décès) et dede vie à 35 ans de chaque groupe social tives sur 4 en 1990 l’étaient déjà en
recensements. Il permet de suivre la mortali-sur la période considérée sont proches, et 1982. Contrairement aux hommes,
té des personnes au fil du temps, en fonction
contrairement aux hommes, les femmes cette proportion a diminué au fil du
de caractéristiques socio-démographiques
cadres n’ont pas bénéficié d’une plus forte temps, avec l’accroissement de la pré- observées aux recensements.
hausse de leur espérance de vie que l'en- sence des femmes sur le marché du La mortalité par catégorie sociale a été
analysée sur trois périodes de 9 années,semble de la population féminine. Les travail au fil des générations.
amplitude retenue pour disposer d’effectifsindicateurs standardisés de mortalité des
suffisants de décès et de population. Sont
femmes cadres sont ainsi très proches
étudiées : la mortalité moyenne des années
Forte surmortalitéentre les périodes 1976-1984 et 1976-1984 selon la catégorie sociale en
1991-1999 (0,74 et 0,77). Le rapport entre 1975 (mortalité du « début des annéespour les hommes inactifs
quatre-vingt »); des années 1983-1991 se-la mortalité des femmes ouvrières et des
lon la catégorie sociale en 1982 (mortalitécadres entre 35 et 80 ans est de 1,4 pour Du fait de leur profil particulier en termes
de la « fin des années quatre-vingt »); et
ces deux périodes (graphique 3). de santé et de handicap, les hommes
mortalité des 1991-1999 selon la
qui, sans être retraités, sont en dehors catégorie sociale en 1990 (mortalité du
du marché du travail, ont une mortalité « milieu des années quatre-vingt-dix »). Le
classement dans une catégorie sociale àL’inactivité : un lien à la santé précoce très importante : dans les
un moment donné et l’état de santé à ceannées 1991-1999, ils présentent unetrès marqué chez les hommes
moment ne sont pas indépendants. Pour li-
mortalité 3,3 fois plus élevée entre 35 et
miter les effets à court terme du change-
L’inactivité en dehors de la retraite 64 ans que celle de l’ensemble de la mentdecatégoriesuiteàunproblèmede
n’a pas le même sens chez les fem- population masculine (selon l’indicateur santé important, l’analyse n’intègre pas les
décès survenus l’année d’observation de lames que chez les hommes. Seuls standardisé de mortalité). L’accentua-
catégorie sociale.3 % des hommes de plus de 30 ans tion de la sélection des hommes inactifs
sont dans cette situation en 1990, par la santé conduit à de faibles gains
contre 27 % des femmes aux mêmes d’espérance de vie à 35 ans entre les Définitions
Indicateurs standardisés de mortalité des femmes entre 35 et 80 ans,
Les«actifs» regroupent ici les personnespar période et catégorie sociale
en activité au moment de l’observation,
3,0
mais aussi les retraités et les chômeurs
1976-1984
ayant déjà travaillé. Les retraités sont re-2,5 1983-1991
classés selon leur ancienne profession, et1991-1999
2,0 les chômeurs ayant déjà travaillé selon la
catégorie sociale du dernier emploi qu’ils
1,5
ont occupé.
Les « inactifs » non retraités regroupent1,0
donc les chômeurs n’ayant jamais travaillé
0,5 ainsi que les autres personnes sans emploi
(hors retraités). Pour les femmes, il s’agit
0,0
surtout de « femmes au foyer ».Cadres et Artisanes, Employées Ouvrières EnsembleProfessions Agricultrices Inactives
professions intermédiaires commerçantes, non retraitées La mortalité est analysée par catégorie so-intellectuelles chefs d’entreprise
supérieures ciale repérée aux dates de recensement.
Cependant, les situations sont hétérogè-Lecture : sur la période 1991-1999, les ouvrières ayant entre 35 et 80 ans ont eu une mortalité 1,1 fois plus élevée que l’ensemble des femmes.
Source : Insee, échantillon démographique permanent et état civil nes et varient notamment selon le parcours
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREprofessionnel. Les personnes ayant connu pour les hommes inactifs. L’effet des mobi- suivants, l’espérance de vie à 35 ans et
une ascension sociale ont en général une lités sociales sur les différences de mortali- l’indicateur standardisé de mortalité, neu-
mortalité comprise entre celle de leur té entre groupes sociaux présentés ici tralisent les effets d’âge.
groupe de départ et celle de leur groupe devrait donc être limité. Pour chaque catégorie sociale observée à
d’arrivée, même si les écarts sont parfois Indicateursdemesuredelamortalité un recensement, les probabilités annuelles
faibles et que cette relation est moins claire différentielle de décès par sexe et âge ont été calculées
pour les femmes (Cambois, 2004). Toute- Les probabilités de décéder dépendent for- pour chacune des trois périodes étudiées.
fois, pour les années 1975-1980, la mortali- tement de l’âge. Pour comparer les risques Pour une période, l’espérance de vie à 35
té pour l’ensemble des personnes d’une de décès entre groupes d’individus au sein ans relative à une catégorie sociale est le
catégorie sociale était proche de celle des d’une population, il est donc important de nombre moyen d’années restant à vivre à
seules personnes (majoritaires) qui n’ont tenir compte des différences de structures cet âge, pour une génération fictive de per-
pas connu de mobilité sociale, excepté par âge entre groupes. Les deux indicateurs sonnes survivantes à 35 ans qui auraient
tout au long de leur vie les probabilités de
décès de cette catégorie observées à
chaque âge sur la période étudiée. Pour la
Comment expliquer les différences de mortalité calculer, les probabilités de décès esti-
entre catégories socioprofessionnelles ? mées ont été extrapolées pour les âges
après 80 ans, faute d’effectifs suffisants
Les différences de mortalité entre catégo- agriculteurs fument le moins, suivis des ca-
pour les estimer directement.
ries socioprofessionnelles résultent de plu- dres et des professions intermédiaires. À
L’indicateur standardisé de mortalitésieurs types de facteurs. C’est d’ailleurs le l’opposé, les ouvriers et employés sont plus
(ISM) est calculé, pour un groupe donné,cumul de ces facteurs plutôt que chacun nombreux parmi les « gros » fumeurs. La
comme le rapport entre le nombre de décèsd’entre eux pris isolément qui explique in forte consommation d’alcool (5 verres de vin
observés pendant une période dans cefine les différences de mortalité (Caselli et ou plus par jour) est enfin plus fréquente
groupe et le nombre de décès qui seraiental., 2002 ; Leclerc et al., 2000). chez les ouvriers que chez les cadres. D’au-
survenus sur cette période si ce groupeParmi ces facteurs on peut citer: tres facteurs de risques sont également so-
– des facteurs liés aux conditions de tra- cialement marqués, comme la conduite avait été soumis à la mortalité par âge de
vail. Certaines catégories sont plus sujettes automobile. Les cadres ont moins de ris- l’ensemble de la population. Un rapport su-
à des horaires de travail décalés et à une ques d’accidents de la circulation que les ou- périeur à 1 s’interprète comme une surmor-
instabilité des parcours professionnels, qui vriers, à distances parcourues équivalentes, talité dans le groupe par rapport à
affectent l’état de santé et donc la mortalité. et en cas d’accidents corporels, ils sont l’ensemble de la population.
Outre les caractéristiques du travail, la fa- moins sévèrement touchés (moins de dé-
çon de vivre son travail (stress, latitude déci- cès, moins de blessés graves).
Bibliographiesionnelle par exemple) joue également sur – l’existence d’un lien entre état de santé et
le vieillissement des différentes catégories catégorie sociale (sélection sociale par la
socioprofessionnelles. Les risques profes- santé) : une santé défaillante peut empêcher
Cambois E., « Careers and Mortality insionnels sont aussi très différenciés sociale- la poursuite des études ou rendre plus difficile
France : Evidence on How Far Occupatio-ment, à travers par exemple la survenue l’accès à certains emplois. De fait, les pers-
d’accidents du travail, l’exposition à des pectives de promotion ne sont pas indépen- nal Mobility Predicts Differential Risks »,
substances présentant un risque pour la dantes de l’état de santé des personnes. Les Social science and medecine n° 58, 2004.
santé ou encore la pénibilité physique du tra- cadres seraient de ce fait plus sélectionnés Desplanques G., « Les cadres vivent plus vieux »,
vail. Les ouvriers sont plus exposés à ces parmi des personnes en bonne santé et au- Insee Première, n° 158, septembre 1991.
risques que les cadres. En définitive, les raient ainsi une espérance de vie plus longue. G., « L’inégalité sociale de-
conditions de travail jouent plutôt en défa- – d’autres facteurs liés aux conditions de vant la mort »,DonnéesSociales-Lasocié-
veur des travailleurs les moins qualifiés. vie pendant l’enfance. Ceux-ci renvoient à té française, Insee, 1993.
– des facteurs liés aux modesdevie.Il la fois à des effets à plus ou moins long Mesrine A., « Les différences de mortalité
existe notamment des différences sociales terme des conditions de vie (alimentation,
par milieu social restent fortes », Données
importantes en termes d’attention portée à revenu, précarité, logement, etc.) de la
Sociales - La société française, Insee,
sa santé, de prévention, ainsi que dans le re- conception à l’âge adulte, et à la reproduc-
1999.
cours aux soins. En particulier, les catégo- tion de comportements des parents (« com-
Mejer L., Robert-Bobée I., « Mortalité des
ries les moins favorisées consultent plus portements hérités »).
femmes et environnement familial », Insee
tardivement que les autres. L’adoption de Références :
Première, n° 892, avril 2003.certains comportements accroît également Caselli G., Vallin J. et Wunsch G. (sous la
Robert-Bobée I. et Monteil C., « Quellesle risque de mortalité précoce. C’est le cas dir. de), « Démographie : Analyse et syn-
évolutions des différentiels sociaux de mor-de la consommation d’alcool, de tabac ou thèse - Tome III : les déterminants de la mor-
talité pour les hommes et les femmes ? Ta-encore d’une alimentation déséquilibrée. Or talité », Éditions de l’Ined, 2002.
bles de mortalité par catégorie sociale ences comportements varient fortement selon Leclerc A., Fassin D., Grandjean H., Ka-
1975, 1982 et 1990 et indicateurs standardi-la catégorie sociale. Ainsi, la fréquence de minski M., Lang T. (sous la dir. de), « Les iné-
l’obésité diminue depuis les ouvriers et em- galités sociales de santé », Éditions La sés de mortalité en 1975, 1982, 1990 et
ployés jusqu’aux cadres supérieurs. Les Découverte/Inserm, 2000. 1999 », Insee, document de travail,àpa-
raître prochainement.
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