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DYNAMIQUES HUMAINES
CONDITIONSDEVIE
Les logements en Picardie : plutôt individuels, anciens et de grande taille
La Picardie dispose d’un parc de 825 500 logements en 2004. Ce parc a progressé de 11% depuis 1990, essentiellement grâce aux résidences principales qui en représentent près de 90 %. La région se caractérise par la prépondérance de l’habitat individuel lié à la ruralité du territoire et à une plus forte proportion de propriétaires qu’en moyenne. La région est dotée d’un parc de logements sociaux bien développé dans les agglomérations, un peu moins en zone rurale où il a fortement progressé entre 1990 et 1999 (+63 %). La Picardie comme la France est touchée par le phénomène de décohabitation : le nombre moyen de personnes par logement est passé de 3,27 en 1962 à 2,47 en 2004. Ce phénomène s’observe plus fortement dans les zones urbaines. Dans le même temps, les ménages souhaitant vivre dans plus d’espace, le nombre moyen de pièces par logement a augmenté. Le renouvellement de l’habitat est plus faible dans la région qu’en France mais la construction de logements neufs est repartie depuis 2002 au rythme de celui du début des années 1990.
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A u début de l’année 2004, la région compte 825 500 logements soit 3,6 % de plus qu’en 1999. Cette progression est inférieure à celle enregis trée au niveau national (5,4 %). Si le nombre de logements dépasse les 800 000 unités, c’est prin cipalement dû à la progression des résidences principales (5,3 %).
Ces dernières constituent près de 90% du parc des logements. Cette proportion élevée place la Picardie parmi les régions disposant du taux le plus important de résidences principales. La pro gression de leur nombre est liée aux nombreuses conversions de résidences secondaires en rési dences principales sous l’influence de plusieurs phénomènes : passage à la retraite de leurs pro priétaires, transformation par des Franciliens de leur résidence secondaire en résidence principale, cession ou location de résidences secondaires isariennes à des résidents nouvellement installés dans ce département limitrophe de l’ÎledeFrance. Cette croissance s’est cependant ralentie :le taux
Évolution du nombre de logements selon la catégorie en Picardie 1990 1999 2004 Résidences principales636 759700 971738 188 Résidences secondaires51 13743 25637 093 Logements occasionnels6 8345 1552 600 Logements vacants47 42647 24647 633 Nombre total de logements742 156796 628825 513 Sources : Insee, recensements de population, exploitation principale et enquête de recensement 2004
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annuel moyen de 1,65 % entre 1968 et 1975 est tombé à 1,03 % entre1982 et 1990 pour atteindre 1,04 % de 1999 à 2004. Parallèlement le nombre de résidences secondaires et de logements occa sionnels continue de diminuer. Le nombre de rési dences secondaires, dont la part dans les logements était très faible en 1999 (1 sur 20 contre 1 sur 10 en France) a enregistré une baisse de 14,2 % entre 1999 et 2004.
Une prépondérance de l’habitat individuel
L’habitat individuel représente 73% des loge ments en Picardie en 2004 contre 62 % en France de province et 56 % en France métropolitaine. L’habitat individuel est également très présent dans les régions du Limousin, du Nord  Pasde Calais et de PoitouCharentes. Cette forte pro portion d’habitat individuel est couplée à un taux de propriétaires plus élevé qu’ailleurs : 62 % en 2004 en Picardie contre 59% en France de pro vince et 57 % en France métropolitaine. Parmi les régions limitrophes, la Picardie se démarque par une plus forte proportion de ménages pro priétaires de leur logement. En lien avec la pré dominance de l’habitat individuel, les ménages propriétaires possèdent en majorité des loge ments de plus de 3 pièces.
Baisse de la taille moyenne des ménages
En Picardie comme en France, l’augmentation du nombre des résidences principales est beaucoup
Répartition des logements ordinaires selon le type d'habitat
PicardieProvince Métropole 1990 19992004 19901999 2004 1990 1999 2004 % %Nombre% % % % % % % Habitat individuel77,7 73,6603 70673,1 64,0 63,2 62,2 57,3 56,8 56,2 Habitat collectif22,3 26,4221 80826,9 36,0 36,8 37,8 42,7 43,2 43,8 Ensemble 100100 825513 100 100 100 100 100 100 100 Sources : Insee, recensements de population, exploitation principale et enquête de recensement 2004
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plus forte que celle de la population. Or à chaque résidence principale correspond un ménage. Le rythme de croissance des ménages est donc net tement plus élevé que celui de la population. C’est donc la taille moyenne des ménages qui continue de se réduire.
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Des conditions de logement différentes entre la ville et la campagne
Le phénomène de décohabitation touche différem ment les zones urbaines et les zones rurales.
Ce phénomène de décohabitation est général àEn 1999, un ménage comporte 2,5 personnes en toute la France. Ainsi, entre 1999 et 2004, la prozone urbaine contre 2,74 en milieu rural et la taille portion de ménages d’une ou deux personnes ade ce ménage a diminué plus vite à la ville qu’à la augmenté de 4 points dans la région un peu moinscampagne. qu’au niveau national. À l’opposé, le nombre de ménages de 5 personnes et plus diminue. LeurÀ cette opposition villecampagne s’ajoute une part devient inférieure à 10 %.évolution différentielle entre les villes centres et leur périphérie. Dans les villes centres d’agglomé Le nombre moyen d’occupants par logement conrations, la taille moyenne d’un ménage s’élevait à tinue donc de baisser. Il s’élevait à 3,27 en 1962,2,46 contre 2,67 dans les communes des ban il s’élève à 2,47 en 2004. Malgré cette diminulieues picardes. tion, la Picardie reste une des régions françai       #   ses où le nombre moyen de personnes par logement est le plus fort. Dans le même temps, ce nombre est passé de 3,11 pour la France  à 2,3.!  (  Arrivée plus tardive du premier enfant, ruptures   d’unions, augmentation de la solitude, et de la  durée de la vie : tous ces phénomènes se conju guent pour expliquer la baisse de la taille moyenne  des ménages.     En Picardie, comme en France, une part de plus       & en plus importante de la population vit seule. Cette situation concernait environ 177 000 personnes en :       #   Picardie, en 1999. Leur nombre a fortement aug 6  menté récemment puisque leur part dans la po  pulation est passée de 8 à 10% entre 1990 et  1999. Pour la France, la proportion est passée de  11 à 13 %.   Les ruptures d’union (divorces et séparations) de  plus en plus fréquentes conduisent à une progres sion du nombre de familles monoparentales. Leurnombre a augmenté de 30 % de 1990 à 1999, à     peu près dans les mêmes proportions que le nom      bre de personnes seules. Elles représentent 15 %        0 1     !" des familles avec enfant en 1999.
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Les besoins en logement ne sont pas les mêmes en ville et à la campagne. Depuis 1975, les fa milles ont recherché à la campagne un environ nement agréable et des logements aux prix abordables. Dans les villes, des besoins en petits logements s’expriment de la part d’étudiants mais aussi de personnes âgées.
Un parc de logements de grande taille mais ancien
Les ménages veulent de plus en plus d’espace, ce qui contribue à concevoir des logements de plus
Résidences principales selon le nombre de pièces
Évolution Évolution 1999 %19901999 2004% 19992004 en %en % Ensemble 700971 100,010,1 738188 100,05,3 1 pièce27 2123,9 36,3 28517 3,94,8 2 pièces61 2818,7 14,5 61218 8,30,1 3 pièces145 01020,7 1,2136 56418,5 5,9 4 pièces et plus467 46866,7 11,3511 88869,3 9,5 Sources : Insee, recensement de la population 1999, enquête de recensement 2004
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en plus grands. La Picardie est avec la Lorraine, le Nord  PasdeCalais et la Bretagne, une des régions où le nombre de pièces par logement est un des plus importants.
En 2004, une résidence principale comporte en moyenne 4,30 pièces contre 4,14 en 1999. L’écart avec la moyenne nationale demeure. En effet, en province, le nombre moyen de pièces est de 3,99 et de 3,86 en France métropolitaine. Le parc des résidences de 5 pièces ou plus est en augmenta tion. Cette part est nettement supérieure à la moyenne nationale. Par contre, la part des rési dences de moins de 3 pièces est en dessous de la moyenne française.
Même si la taille des logements est supérieure à la moyenne, la Picardie accuse un retard dans le confort des logements. En 1999, la proportion des résidences principales équipée ni de baignoire, ni de douche était en Picardie de 4,2% (2,3% en France) et pour les logements ne disposant pas de WC à l’intérieur, cette proportion est de 5% (3,5 %en France).
:   0
1 Cas des logements où il manque au moins un élément de )  0confort (baignoire ou douche, WC à l’intérieur, chauffage central). JI # G-0 -(( !/, ' -, # ) 7( 4( G-  &  # 100)  # G- 1 - = ' 7,/ J  ' 3 100   100 )  ' '. ->=7J-' 1 # )   ' "0)  .1( ) #  # "0(  2 #  G.2   ' J  4, # .-  G- ' " 4 )  4)"/(  ' ) .  10 A &= # #?' 40 ->=!.# 6 *   ' "0) #   .  $ %&!  %          
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1 Les situations d'inconfortsont plus fréquentes dans les zones rurales que dans les zones urbai nes, excepté l'agglomération d'Abbeville moins bien équipée. Dans les zones rurales, deux sec teurs sont particulièrement touchés par l'inconfort : toute la partie ouest de la région, y compris le nord ouest de l'Oise et le nord est de l'Aisne.
L’habitat demeure en Picardie plus ancien que celui de la France. En 2004, parmi les résidences prin cipales, 39% datent d’avant 1949 contre 31% en France métropolitaine. Malgré tout, le parc se ra jeunit avec près de 4% de résidences supplémen taires construites depuis 1999. Cependant, le renouvellement de l’habitat est plus faible dans la région qu’en France.
Un parc de logements sociaux proche de la moyenne
Avec un parc HLM de 69,7 logements pour 1 000 er habitants au 1janvier 2004, la Picardie est moins équipée que les autres régions du Bassin parisien (toutes supérieures à 75 logements pour 1000 habitants), mais très proche de l’équipement de la France métropolitaine (69 logements pour 1 000 habitants). Il se caractérise, lui aussi, par une of fre importante de maisons individuelles (21% con tre 13% en moyenne nationale), notamment en milieu rural. Ainsi, entre 1990 et 1999, les loca tions HLM ont progressé dans les communes ru rales de 63% et de 24% dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants. Malgré tout, la Pi cardie est moins bien pourvue qu’en moyenne en milieu rural, l’offre étant de 10 logements HLM pour 1 000 habitants contre 13 en moyenne française. La majorité des logements HLM de Picardie se situent dans les grandes villes de la région. Plus de 80% des logements occupés se situent dans la petite trentaine d’agglomérations de plus de 10 000 habitants et notamment dans les quartiers sensibles de ces agglomérations. Les agglomé rations de Picardie ont plus de logements HLM que la moyenne des agglomérations françaises de même taille. En particulier, Amiens se distin gue des autres agglomérations de plus de 100 000
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Nombre moyen de pièces par logement
France Picardie métropolitaine 19623,533,08 19683,653,29 19753,773,47 19823,933,65 19904,083,8 19994,143,86 20044,33,99 Sources : Insee, recensements de la population, enquête de recensement 2004
Évolution du confort des logements
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France Picardie métropolitaine 1968 19991968 1999 en %en %en %en % Ensemble des résidences principales100,0 100,0100,0 100,0 Ni baignoire, ni douche63,0 4,252,5 2,3 1 Avec chauffage central26,8 79,934,8 84,1 WC à l'extérieur59,2 5,045,2 3,5 1 Yc. chauffage tout électrique à radiateurs muraux Source : Insee, recensements de la population
er Parc locatif social au 1janvier 2004
Picardie Aisne Oise Somme France métropolitaine
Parc locatif socialIndividuel Collectif er au 1janvier2004 (%)(%) 130 74020,6 79,4 37 65322,8 77,2 59 06816,4 83,6 34 01925,3 74,7 4 152 04613,3 86,7 Sources : SGDAEISESP, EPLS
habitants avec l’un des meilleurs taux d’équipe ment : 125 logements HLM pour 1 000 habitants. De taille plus modeste, les agglomérations de Beauvais, Laon et Soissons ont des taux d’équi pement supérieurs à 150 logements pour 1 000 habitants.
1 Cas des logements où il manque au moins un élément de confort (baignoire ou douche, WC à l’intérieur, chauffage central).
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Malgré un équipement proche de la moyenne, celuici ne répond pas à la totalité des demandes. Si environ 13 500 logements sociaux sont attri bués chaque année depuis 2002, 38 500 deman des étaient en instance fin 2004. Ce nombre important est à rapprocher de la forte proportion
Logements anciens subventionnés en 2004
ANAH PALULOS Aisne 1887 242 Oise 1076 1055 Somme 1426 277 Picardie 4389 1574 ANAH : subvention de l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat PALULOS : primeà l’Amélioration des Logements à Usage Locatif et Occupation Sociale Source : DRE
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de ménages picards ayant des ressources leur permettant d'accéder à un logement social (86 %).
Un redémarrage de la construction de logements depuis 2002
L’indice de construction (nombre de logements construits pour 1 000 habitants), déjà bas entre 1990 et 1999, est passé pour la période 1999 2003 à 2,7 contre une moyenne nationale hors 1 ÎledeFrance de 5,2 , devenant le plus faible in dice de France métropolitaine. Ainsi, la progres sion du nombre de logements en Picardie, peu ou prou similaire à la progression nationale jus qu’au début des années 1990, a décroché de l’évolution nationale à partir de ces années. L’Aisne et la Somme sont les principaux artisans de l’augmentation de cet écart, l’Oise connais sant quant à elle une évolution toujours impor tante.
Toutefois, une légère reprise semble se dessiner depuis 2002 : le niveau annuel moyen de cons Logements mis en chantier en 2004 truction tend à retrouver celui du début des an nées 90, avec plus de 5 000 logements construits Évolution en % Nombre en 2003 et plus de 6 000 en 2004. Cela ne couvre 20032004 pas encore les besoins estimés à 7 600 construc Aisne 1626 +29 2 tions , mais si l’évolution du rythme de construc individuels 1355 +25 tion observé en 2004 se poursuit ces prochaines collectifs 271+ 58 années, cet objectif pourrait être atteint rapide Oise 3119 +39 ment. D’autant plus qu’il faut aussi compter sur la individuels 1949 +9 réhabilitation du parc existant en constante pro collectifs 1170 +161 gression, tant en secteur privé que public, ce qui Somme 1917 +26 permet notamment d’améliorer la qualité et le con individuels 1555 +21 fort des logements : 6 000 ont ainsi été réhabilités collectifs 362+ 53 en 2004. Picardie 6662 +33 individuels 4859 +17 Cette reprise régionale récente est notamment collectifs 1803 +111 portée par le secteur de la maison individuelle qui Source : DRE marquait une progression de +15 %en 2002, confortée en 2003 avec +10 %et en2004 avec + 17 %.En volume, ce type de logement repré sente les trois quarts de l’ensemble de la cons 1confirme l’aspiration des ménagestruction, ce qui Source : SITADEL 2 Étude prospective à horizon 200720142020 réalisée par la DRE.pour le pavillonnaire.
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