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Les royaumes Foulbé du Soudan central - article ; n°16 ; vol.4, pg 346-368

De
24 pages
Annales de Géographie - Année 1895 - Volume 4 - Numéro 16 - Pages 346-368
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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L. Mizon
Les royaumes Foulbé du Soudan central
In: Annales de Géographie. 1895, t. 4, n°16. pp. 346-368.
Citer ce document / Cite this document :
Mizon L. Les royaumes Foulbé du Soudan central. In: Annales de Géographie. 1895, t. 4, n°16. pp. 346-368.
doi : 10.3406/geo.1895.5861
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1895_num_4_16_5861ROYAUMES FOULEE1 DU SOUDAN CENTRAL LES
Les dernières années qui viennent de écouler ont pas été favo
rables la science géographique dans le Soudan Dans la lutte ont
engagée les nations rivales pour étendre leurs zones influence dans
ces contrées on en pour les besoins de la cause donné une descrip
tion géographique et historique qui rien de commun avec la vérité
Les questions de rivalité semblent prendre fin des traités ont été
signés délimitant les champs action où devra exercer activité de
chacun et la lutte reprendra sous une autre forme plus digne de
Europe civilisée et plus conforme ses intérêts La nouvelle formule
devra être Mieux faire que son voisin pour humanité et poor la
science Aux polémiques politiques succéderont les discussions scien
tifiques
Au milieu des renseignements si contradictoires que nous possé
dons sur le Soudan central ai essayé de dégager la vérité et discu
tant les écrits des indigènes ou des voyageurs européens et les com
parant aux conversations que ai eues avec les sultans de Adamaoua
et du Mouri avec les lem docteurs) ou avec les anciens ai essayé
de reconstituer une histoire des contrées arrosent le Niger et la
Bénoué
Je citerai surtout parmi les documents écrits un manuscrit arabe
contenant une description géographique et historique du royaume de
Tak-rour placé sous autorité du sultan Mohammed Bello extrait un
ouvrage plus important dudit sultan intitulé Pour servir résoudre
les difficultés dans histoire du pays de Tak-rour Il est divisé en deux
parties la première est la description géographique de ce royaume
la deuxième est un récit de la conquête des pays haoussa par le père
du sultan Bello
Ce manuscrit très précieux époque où Glapperton le rapporta
en Europe parce il donnait des renseignements sur des régions
Le peuple dont il est ici question appelle Ini-méinc Poul en donnant an
un son adouci au pluriel Foulbé adjectif foulfoulbé Ex Anani foulfoulbé Par
lez-vous la langue poul Les Arabes les nomment Fellah au pluriel Fellata ou Fel-
lati Les Haoussa les désignent sous le nom de Foulah dont le pluriel est Foulani
Ainsi explique la grand-i diversité des noms sous lesquels ce peuple ete désigne
par les différents voyageurs suivant les interprètes qui les accompagnaient et de
même les noms donnés aux rivières en haoussa bahr en arabe mayo en
foulfoulbé etc LES ROYAUMES FOULB DU SOUDAN CENTRAL 347
alors inconnues plus une valeur historique depuis les explo
rations modernes1
Depuis mon retour en Europe ai eu dans les mains un travail fait
par le Service des renseignements en Algérie sur les données un
Soudanien haoussa originaire probablementde la province de Messaou
esclave de case du sultan de Sokoto Cet indigène donné des rensei
gnements précieux sur les choses il vues ou qui sont connues de
tout le monde au Soudan mais mêlé des racontars et des com
mentaires ayant autre source que son imagination2
LE SOUDAN CENTRAL AU XVIII SI CLE
Au siècle dernier le Bornou fondé depuis près de 900 ans régi
depuis deux siècles par une série de princes sans vigueur se trouvait
réduit aux frontières il possède actuellement
LHaoussa proprement dit ou Afnau était divisé en principautés
rivales Le commerce et industrie avaient amené la prospérité dans
le pays et les Haoussa par le commerce et parla guerre avaient péné
tré au sud de la Bénoué3 Mais la fin du siècle ils ne formaient plus
un certain nombre tats seulement unis entre eux par la com
munauté de race et de langue
La promiere province dit le manuscrit est celle de Darfour Est et près de
lui Ouest sont celles du Ouadaï et du Baguirmi Voisine de ces contrées dans
Ouest est la province du Bornou habitée par les Berbères les Foulbé les Arabes
et les esclaves nombreux des Berbères Les manuscrits rapportes de Kouk par
Barth et Nachtigal ne sont pas accord avec la tradition recueillie pur le sultan
Bello qui falsine légèrement histoire en donnant le Darfour le Baguirmi et le Oua
daï comme des provinces de son empire alors que jamais les armées foulbé ont
dépasse le Tchad vers Est Le Bornou soumis par le père du sultan Bello recon
quit son indépendance sous le cheik Mohamed el Kanémy qui écrivant Bello une
lettre de recommandation pour Clapperton appelle Tète du royaume de Soudan
et maître de Haoussa et où il est guère question de empire de Tak-rour
Le manuscrit donne des détails sur le pays Haoussa dont Bello intitule le Sultan
Il comprend provinces le Katsénu au centre le Gober qui est la plus belliqueuse
le Kano qui est la plus fertile le Xag-zag qui est la plus étendue et qui comprend la
province du Baoutchi le Kororofa et YAttar rra ou pays des Igara qui occupent les
deux rives du bas Niger et dont la capitale est Idah sur ce fleuve Ces deux dernières
provinces possèdent dit-il des ports fréquentes par les navires des chrétiens
Inutile ajouter que les Foulbé ont jamais pénétré dans ces deux contrées encore
hui iennes et elles appartiennent Bello au même titre que le Dar
four et le Ouadaï
Le manuscrit donne aussi la liste des 13 provinces de empire de Sokoto et ne
cite pas le Mo uri
Le du sultan Bello dit que le premier souverain de Haoussa fut
Amima fille du prince du Zag-zag Elle conquit les sept provinces par la force de son
épée. elle prit possession du Baoutchi et atteignit les rives de Océan main
droite et du côté de Ouest Elle mourut Afagara Idan?)
Malheureusement Bello ne fixe aucune date pour cet événement et ne dit pas
combien de temps les Haoussa gardèrent ces contrées sous leur domination Il est
certain aujourdhui elles Ont même pas conservé le souvenir de cette conquête
et que les souverains de Sokoto ont plus sur elles que le droit Allah leur donné
sur les terres des infidèle? 348 OGRAPHIE GIONALE
Le Noupé grâce son admirable position était devenu le centre
commercial et industriel du Soudan Par le bas Niger il était en con
tact avec Europe par la Bénoué avec les tats de Est Par le haut
Niger il communiquait avec Afrique occidentale parle Nord il était
en relations avec la côte Barbaresque
Le Bornou était musulman lesHaoussa en partie convertis la
religion du prophète en partie restés païens professaient une tiédeur
religieuse qui les éloignait de tout effort en vue de la propagande
Le Noupé était un lieu de prédication pour les prophètes venus du
Nord et commen ait se convertir
Au sud de cette bande de contrées demi civilisées qui étendent
du Tchad au Djolibah vivaient la même époque plusieurs royaumes
païens Au Sud du Bornou entre ce pays et la Bénoué se trouvaient la
confédération des Mousgou et le Mandara au Sud de la Bénoué le
royaume de Foumbina qui avait Gourin pour capitale et comprenait
les districts actuels de Yola de ïchebou et de Tchamba
En amont les deux rives de la Bénoué et celles du Gongola étaient
occupées par les tribus païennes des Bachama
En aval les tats païens des Djoucou bordaient la Bénoué au Sud
au confluent de cette rivière et du Kats ena-All ah Un groupe
était soumis un chef qui résidait au bord de la Bénoué sur empla
cement actuel de Laou autre groupe entre le Käisena et le Tarabba
relevait du chef de Woukari est probablement le Kororofa dont
les chefs ont porté leurs armes fort loin dans le Sud sinon aux
rives de Océan du moins peut-être aux rivières Cross et Came-
roons par lesquelles les Djoucou ont été certainement en relations
avec Europe Au nordide la Bénoué étaient les tribus païennes des
Djebjeb
Au delà du Käisena sur les deux rives de la Bénoué les Mitchi et
tat de Zagzag avec les tribus des Panda des Bassa des Igbéra qui
séparaient le Noupé de la Bénoué
partir du confluent de cette rivière et du Djolibah ou haut Niger
les deux rives du grand fleuve étaient soumises Atta des Igarra
dont le royaume descendait embouchure de Amanbara et
était bordé Ouest par le Yorouba habité comme Attagara par
des peuples de la famille dahoméenne
Aurnilieu de tous ces peuples erraientles Foulbé pasteurs nomades
poussant devant eux leurs innombrables troupeaux de ufs zébus
plantant leurs tentes partout où croît herbe sur les plateaux pendant
la saison des pluies sur le bord des rivières quand le vent harmattan
desséché les prairies et que les rives envahies par les eaux pen
dant plusieurs mois se couvrent de verdure nouvelle Ils payaient
aux maîtres de la terre la dîme de leurs troupeaux et échangaient le
surplus de leur lait et de leur beurre contre des céréales et des produits LES ROYAUMES FOULB DU SOUDAN CENTRAL 349
de industrie haoussa Quelle est origine dece peuple étrange Est-il
origine berbère ou est-il le reste de ces Hycsos pasteurs nomades
qui donnèrent Egypte les Pharaons Sont-ils sémites ou fils de
Japhet Sont-ils originaires des plateaux de Atlas ou des terres éle
vées de Asie centrale et est-ce de là ils ont émigré poussant de
vant eux le uf de Inde Autant de problèmes résoudre absence
de documents certains la resérveles Foulbé pour livrer leurs tradi
tions historiques si toutefois ils en possèdent ne permettent que
émettre des hypothèses plus ou moins ingénieuses Le manuscrit de
Bello est muet sur ce sujet Est-ce ignorance ou méfiance Je penche
pour cette dernière supposition
Avant le quinzième siècle de notre ère les Foulbé sont en migra
tion de Est vers Ouest Us suivent les plaines herbeuses du Châri
de la Bénoué du Djolibah et du Sénégal se tenant entre le Sahara
désert etles forêts équatoriales Ils émigrent pas en masses-serrées
leur colonne allonge séduits par les prairies verdoyantes du Châri
et de la Bénoué des groupes ont déserté et se sont fixés et tandis
la fin du xve siècle la tête de colonne atteint la barrière que
lui oppose Océan les-retardataires sont encore dans le Baguirmi et
sur les rives de la haute Bénoué Un mouvement en sens contraire
commence se dessiner Les Foulbé deviennent trop nombreux dans
le Toro et dans le Fouta La bande des terres favorables élevage
resserrée entre les pays de sable au nord du fleuve Sénégal et les forêts
de la Gambie est trop étroite pour leurs innombrables troupeaux Une
partie des Foulbé reprend la route de Est
Au commencement du xviii0 siècle des bandes repassent le Niger
et se répandent de nouveau dans le Soudan rencontrant celles qui
sont fixées et celles qui continuent marcher lentement vers Ouest
Tandis que les Foulbé qui ont suivi le mouvement de migration
vers Océan se sont convertis islamisme une partie seulement de
ceux qui sont restés dans Haoussa ont embrassé cette religion par
leur contact avec les musulmans du pays les Arabes et les Marocains
venus du Nord Devenus plus nombreux presque fixés dans le pays
ilssup ortent impatiemment le joug pesant des chefs des contrées
qui leur ont donné asile La concentration des Foulbé au milieu de
royaumes qui après une brillante période de conquêtes commen aient
àentrer en décadence devait amenerune révolution dans laquelle tous
ces tats peuplés de races diverses rivaux ou ennemis étaient con
damnés sombrer pour faire place une nouvelle domination
Dans les premières années du siècle une epizootie désola Afrique
centrale Comme en 1890-1892 une épidémie inconnue détruisit les
ufs les moutons et les chevaux semant partout la désolation et la
ruine parmi les peuples pasteurs Les Foulbé restés état de pas
teurs ne pouvaient adonner agriculture pour subvenir leurs 350 OGRAPHIE GIOiNALE
besoins Le commerce était dans les mains des Haoussa possesseurs
de richesses que devaient envier les Foulbé La révolution éclata par
tout la fois révolution sociale qui dans les tribus foulbé converties
islamisme prit en même temps le caractère une révolution reli
gieuse
II VOLTE DES FOULB LE SOKOTO LE MOUBt
Barth qui séjourné Sokoto recueilli des renseignements sur
ces événements la voix dOthman Fodio les Poulbé répandus
dans Haoussa se soulevèrent Ces Haoussa étant en partie musulmans
Othmanne pouvait donc sans violer les lois les plus sacrées les attaquer
et verser leur sang Il les accusa de tiédeur religieuse et affecta de les
considérer comme des hérétiques une mission divine lui imposait
de ramener la vraie foi Il empara des villes haoussa déposséda
les souverains régnants et poussa ses armes victorieuses au
Bornou qui soumis pour quelques années recouvra son indépendance
sous Mohamed elKanémi Celui-ci prit son tour offensive contre les
Foulbé et mena empire naissant de Sokoto Le sultan Bello 1826
sauva parses victoires oeuvre de son père Othrnan Fodio
est Mohamed Bello qui le premier se fit appeler émir el mou-
ménin prince des Croyants Othman avait pas voulu prendre une
manière officielle possession du pouvoir Bello montrait ainsi il
entendait pas seulement fonder un empire terrestre mais une Eglise
musulmane dont il serait le chef au même titre autrefois les kha
lifes et aujourdhui le sultan de Constantinople et empereur du
Maroc Cette suprématie religieuse est encore actuellement reconnue
par les peuples situés entre le Mossi et le Chàri le Bornou exclu
est la confusion de cette souveraineté purement spirituelle avec une
souveraineté temporelle qui été la cause de tant de polémiques
Les renseignements que ai recueillis sur histoire du Mouri pro
viennent de deux sources différentes Le sultan Mohamed ahn Bouba-
kar et son entourage ont donné une histoire qui diffère peu de celle
que fournie le vieux chef Djoucou de Koâna descendant des rois
indigènes détrônés par aïeul du sultan
époque où vivaient le père du sultan actuellement âgé
environ soixante ans et celui du chef de Koâna quia vu au moins qua
tre-vingt années les Foulbé Kéri-Kéri établis depuis longtemps dans la
contrée promenaient leurs troupeaux le long de la Bénoué et du Ta
raba Ilspayaientla dîme de leurbétail et vivaient enpaix avec les Djou-
cous Ceux qui occupaient la vallée du Mayo-Guéné étaient soumis au
chef Bachama de Bang ville alors établie dans la plaine Des difficulté
survinrent pour le paiement de la dîme les Foulbé accusant tort
selon le chef de Koâna avec raison après le sultan leurs maîtres de ROYAUMES FOULEE DU SOUDAN CENTRAL 351 LES
les pressurer et exiger au delà de ce qui leur était dû Les relations
bientôt tendues dégénérèrent en hostilités Les Foulbé eurent abord
le dessus mais bientôt les Djoucou redevinrent les maîtres du pays
au sud de laBénoué Les Kéri-Kéri qui ne voulurent pas se soumettre
établirent au nord delà rivière dans la plaine où élève actuellement
la ville de Mouri et vécurent indépendants et en paix avec leurs
voisins
épizootie qui vint désoierie Soudan créa un nouveau danger porn
le royaume djoucon la nouvelle venue du Nord des succès dOthman
Fodio détermina explosion Les Foulbé passèrent la Bénoué et
emparèrent de Zhirou grande ville djoucou au bord de laBénoué
Ils en détruisirent et en dispersèrent les habitants attaquèrent
ensuite le second royaume djoucou celui de Woukari Le chef de
ces peuplades se soumit puis devint un vassal de plus en plus indé
pendant payant un léger tribut afin éviter la guerre appui de la
Compagnie royale du Niger lui permis de briser les faibles liens qui
attachaient encore au Mouri
effort des Foulbé ne parvint pas briser le royaume djoucou de
Est Sa capitale située sur emplacement actuel de Laou fut détruite
mais les habitants échappèrent et fondèrent des villages dans les
montagnes au Sud Une nouvelle ville fut construite dans un cirque
entourent des montagnes élevées et pendant quatre-vingts ans les
efforts des sultans du Mouri pour emparer de cette forteresse der
nier vestige de la puissance des Djoucou furent vains
Le prédécesseur du sultan Mohamed Boubakar ou peut-être lui-
même dont amour-propre aurait changé les noms des acteurs appela
son aide le sultan du Baoutchi et tous deux vinrent mettre le siège
devant Koâna1 Ils construisirent un camp de guerre ou sanguéré qui fut
surpris pendant la nuit parles assiégés Le camp fut pillé et les femmes
des deuxsullans firent partie du butin des Djoucou eux-mêmes eurent
beaucoup de peine échapper Depuis cette époque les sultans du
Baoutchi ont refusé leur aide aux souverains du Mouri auxquels ils
sont alliés mais en revanche ils ont toujours résisté aux ordres de So-
koto leur enjoignant entreprendre de soumettre le Mouri la domi
nation du prince des Croyants Et lorsque le gouverneur de Kano re ut
ordre de faire la guerre au Mouri le sultan du Baoutchi dont il devait
traverser les territoires Djebjeb lui témoigna une si mauvaise
volonté il dut renoncer la mission il avait acceptée
La présence des Européens Ibi qui avait eu pour résultat de séparer
jamais le Woukari du Mouri nt espérer au chef de Koâna il pour
rait lui aussi reconquérir son indépendance Les démêlés Abn Bouba-
Je crois que Koâna ou Koona est pas un nom de ville mais il signifie
uros la ville principale dans les langues du Soudan est le Kone des Bacha.ma et
des Berebere le Koundi Koundé Ba/coundi des Haoussa GEOGRAPHIE GIONALE 302
kar avec la Compagnie du Niger étant terminés par la prise etla ruine
de Tchébou voisine Ibi cette défaite nuisit beaucoup son pres
tige Les Djoucou reprirent espoir et le sultan dut faire un nouveau
sanguéré au bord du Mayo-Lamordé pour tenir en respect la ville de
de Koâna qui entourée de ses murailles défia pendant trois années
tous les efforts des Foulbé Les Moumié peuples païens au sud de la
Bénoué ne tardèrent pas imiter les Djoucou les Bachama intercep
tèrent la route entre le Mouri et Adamaoua Les Foulbé lassés un
siège qui mena ait de éterniser abandonnèrent peu peu le sultan
et des intrigues se nouèrent dans la ville de Mouri avec aide de em
pereur de Sokoto pour le détrôner et le remplacer par un prince de la
famille Othman dan Fodio Avec aide de expédition fran aise le
sultan empara de Koâna le 25 décembre 1892 en détruisit les rem
parts puis avec son armée victorieuse rentra dans Mouri Une expé
dition concertée avec le sultan de Yola rouvrit la route qui rejoint les
deux tats
Le Mouri actuellement soumis au sultan Mohamed abn Boubakar
ne possède au nord de la Bénoué une bande étroite de terrain qui
étend de Djen Bournanda entre une chaîne de montagnes élevées
et la Bénoué Si on sort de la ville de Mouri pour se diriger vers le
nord on ne tarde pas atteindre la frontière et on arrive Djebjeb
qui fait partie du district de Pâli une des provinces du Baoutchi Un
peu au-dessus de embouchure du Taraba les Foulbé Kéri-Kéri ont
fondé sur la rive droite de la Bénoué une colonie appelée Amar ou
Amaraoua Sur la rive gauche le Mouri est borné Ouest par le
Woukari au Sud par les districts de Gachaka et de Gangomé subdivi
sions une des provinces de Adamaoua dont le chef-lieu est Banyo
Vers Est le Mouri soumis au sultan arrête au pays des Bachama
indépendants Dieu ayant douné aux sultans musulmans les terres des
païens des conflits pouvaient élever entre eux pour la possession de
tel ou tel pays Afin éviter les contestations les souverains de ces
contrées durent bien avant les Européens inventer les hinterland et
les zones influence Le Mouri et Adamaoua convinrent de prendre
pour frontière commune le Gongola au nord de la Bénoué et au sud la
petite rivière qui est est de Woumoun alias Demsa En vertu de
ce traité les souverains du Mouri considèrent le pays des Bachama
terre infidèles comme faisant partie de leurs tats prétention qui
ne se justifie pas
Les Foulbé Kéri-Kéri qui vivaient dans les vallées du Gongola et du
Mayo-Guéné ne purent secouer le joug des Bachama Malgré aide
ils re urent différentes reprises de leurs frères de Adamaoua
du Gombé et du Mouri ils ne réussirent pas reconquérir leur indé
pendance et sont restés ce jour dans la même situaion au
siècle dernier Ils vivent en bonne intelligencn avec leurs maîtres que LES ROYAUMES FOULB DU SOUDAN CENTRAL 353
lem voisins attaquent plus Le chef des Bacharna envoie chaque
année aux sultans de Gombé et de Mouri des présents amitié qui ne
peuvent pas être regardés comme un tribut
Après épizootie de 1890-1892 une grande partie des Foulbé est
dispersée et est venue chercher fortune dans les villes musulmanes
du Nord Gombé et Yakoba
III MORCELLEMIS-N DES FOuLBE
Les Foulbé dispersés dans Afrique centrale sont divisés en un
grand nombre de tribus dont les unes ont depuis plusieurs siècles
perdu le contact des autres Fixées dans des pays de climats très divers
au milieu de peuples de races différentes elles ont subi influence
du dans lequel elles vivaient Sous empire de circonstances
il est difficile de préciser des sortes de castes se sont établies
parmi ces tribus plus ou moins pénétrées de la civilisation venue
du Nord selon les peuples qui les entouraient et état des contrées
elles avaient traversées dans leurs migrations
Tandis que les Kéri-Kéri du royaume actuel du Mouri sont consi
dérés par les autres Foulbé comme inférieurs et sont un objet de risée
autour de Yola se sont concentrés les Foulbé Baadji qui se regardent
comme supérieurs aux Foulbé Kilba du district de Garoua
Le manuscrit fait par le Service des renseignements dit que la pro
vince de Kano est habitée par des Foulbé qui étaient sédentaires au
moment de la révolte et par autres venus du Kanen et du Bornou
Une tribu spéciale au pays possède le Baoutchi Les Foulbé Dilara
autrefois établis aux environs de Kouk occupent actuellement le
Messaou et ont pas grande sympathie pour le Sokoto ils
se conduisent en vassaux fidèles Les Foulbé du Daoura sont une
tribu spéciale au pays La ville Adégia pour habitants des Foulbé
venus du Bornou au temps du Scheik Othman et ne fait partie de
empire de Sokoto que depuis 1878 Les Foulbé de Katagoum appar
tiennent une tribu établie dans le pays depuis les temps les plus
reculés Gando ils se rattachent deux tribus différentes les Tou-
rounka et les Soullouba Dans le Borgou les Foulbé sont très nom
breux mais encore païens Plusieurs tribus parmi eux ont le teint
aussi blanc que celui des Européens
La langue que parlent ces Foulbé est différente de celle du Sokoto
Elle est une variété de celle-ci comme celles que parlent les Foulbé
de Yola et ceux de Garoua Cependant ces peuples se comprennent
entre eux avec assez de facilité Il en est pas de même des Foulbé
qui habitent Afrique occidentale de Segou Saint-Louis est-à-dire
le Macina ancien empire Ahmadou et le Fouta et que nous dési
gnons sous le nom de Toucouleurs
ANN DE GKOG IV AK-NKL 2:i OGRAPHIE GIONALE
Les interprètes de expédition parlant cette langue ont rendu
aucun service leur langage étant pas du tout compris des Foulbé
de Adamaoua et du Mouri cependant un eux fils un esclave de
case du sultan de Segou et élevé dans cette ville avait autre lan
gage que le toucouleur ou foulfoulbé de Afrique occidentale
IV HISTOIRE DE ADAMAOUA
Au commencement du siècle les pasteurs Adamaoua ou mieux
du Foumbina ne furent pas abord plus heureux dans leurs essais
pour secouer le joug des chefs nègres que ceux du Mouri et du Ba-
chama Denham parlant de étendue des contrées occupent les
Foulbé ne mentionne pas Adamaoua il ne soit quatre
étapes Barth du Yola actuel
Les Foulbé étaient encore soumis aux chefs païens du Foumbina et
du Garoua;ils pas encore convertis la religion du prophète
Trente ans plus tard Barth visitera Adamaoua la suite une
ambassade envoyée par le sultan de Kouk celui de Yola pour
regierune question de frontières il trouvera là un Etat organisé
quelle époque vinrent du Nord-Ouest les grandes bandes qui
envahirent le Foumbina et apportant aux Foulbé Baadji et Kilba un
secours leur permirent de prendre les armes et de conquérir leur in
dépendance Je la crois comprise entre 1826 et 1830 pour les raisons
suivantes en 1824 ni Clapperton venant de Sokoto ni Denham qui
pénétré dans le Sud aux pays Foulbé ne semblent connaître
Adamaoua est probablement vers 1826 lorsque el Kanemy
quoique arrêté par Bello eut enlevé aux Foulbé tout espoir de réta
blir leur domination sur le Bornou que les efforts de ceux-ci se
portèrent vers autres contrées ou les appelaient des peuples de leur
race encore soumis aux païens
Je vais maintenant continuer histoire de FAdamaoua après les
renseignements que ont donnés le sultan Zoubir les princes de sa
famille et le chef des Arabes
Une bande de Foulbé reconnaissant comme chef un nommé Ada
mo originaire du Fouta sénégalais là où deux grands fleuves se réu
nissent est-à-dire probablement des environs de Bakel au confluent
du Sénégal et de la Falémé établit au nord de la Bénoué dans le
massif montagneux qui fait face Yola ancien camp appelé Guiré est
resté propriété de la famille Adamo et la résidence été du sultan
Vers 1828 les Foulbé musulmans passèrent la Bénoué devant le
point désigné sur les cartes sous le nom de Ribago une quinzaine
Renseignement donné par le sultan et ses frères
Ribago rihaho ribauho signifient domaine royal propriété agricole tandis
que raunde est le nom donné aux antres domaines

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