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F Bresson
J. Cambon
R. Chocholle
G. Florès
P Fraisse
S. Moscovici
Pierre Oléron
Maurice Reuchlin
II. Livres
In: L'année psychologique. 1954 vol. 54, n°2. pp. 556-570.
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Bresson F, Cambon J., Chocholle R., Florès G., Fraisse P, Moscovici S., Oléron Pierre, Reuchlin Maurice. II. Livres. In: L'année
psychologique. 1954 vol. 54, n°2. pp. 556-570.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1954_num_54_2_8751— LIVRES IL
PARSONS (T.), SHILS (E. A.). — Toward a general theory of action
(Prolégomènes à une théorie générale de l'action). — In-8° de
xi-506 pages, Cambridge, Harvard University Press, 1952.
Cet ouvrage collectif est le résultat de discussions qui réunirent à
Harvard, de 1948 à 1950, un groupe de psychologues, de sociologues et
d'anthropologistes pour tenter de dégager les bases d'une science sociale
générale, d'une théorie de l'action. Outre les deux éditeurs de l'ouvrage,
le groupe de travail qui eut à discuter les rapports préliminaires était
composé de G. W. Allport, Clyde Kluckhohn, H. A. Murray, Robert
R. Sears, R. C. Sheldon, S. A. Stouffer, E. C. Tolman.
Le volume s'ouvre sur un chapitre collectif, signé par tous les memb
res du groupe de travail qui détermine les catégories essentielles de
cette théorie de l'action et définit les concepts utilisés dans le reste de
l'ouvrage. Celui-ci se poursuit par des considérations épistémologiques
sur les sciences sociales, dues à R. C. Sheldon. Une seconde partie :
Valeurs, motifs et système d'action, est une longue étude de plus de
200 pages rédigée par Parsons et Shils avec le concours de J. Olds. A sa
suite et formant avec elle le centre de l'ouvrage la description en une
centaine de pages d'un modèle psychologique, par E. C. Tolman. Une
dernière partie : La théorie de l'action et ses applications, groupe 5 études
dues à G. W. Allport, C. Kluckhohn, H. A. Murray, R. S. Sears,
S. A. Stouffer. Cette composition ne va pas sans quelques répétitions et
une certaine disparité dans le plan, mais les discussions préliminaires
et l'accord sur les concepts fondamentaux, comme l'inspiration générale
assurent une suffisante unité. Les auteurs se réclament explicitement des
travaux de Freud et de Allport pour la psychologie, de Durkheim et Max
Weber pour les aspects sociologiques, de Boas, Kroeber, Sapir pour
l'anthropologie. Leur but est, en effet, de fournir un cadre conceptuel
général qui dépasse ces cloisonnements et permette l'analyse de l'action
humaine, des conduites individuelles ou collectives : ils se situent ainsi
au nœud de courants d'études qui apparaissent de plus en plus conver
gents et où le besoin d'une telle systématisation se faisait certain
ement sentir. Il s'agit donc essentiellement de codifier des connaissances
concrètes et de permettre une sélection et une formulation plus efficaces
des hypothèses.
Le thème général de cette théorie est que toute conduite ou action LIVRES 557
humaine apparaît comme orientée vers un but à l'intérieur d'une situa
tion. Cette action va se trouver réglée par trois niveaux de systémati
sation qui se trouvent interreliés et qui doivent permettre d'en rendre
compte dans ses aspects individuels comme dans ses aspects collectifs :
ces niveaux correspondent à la personnalité, au système des valeurs, au
système social. Ces trois plans correspondent à trois directions de l'abs
traction nécessaire pour analyser des actions concrètes que ce soit dans la
perspective statique d'une description de l'état du système à un moment
donné, ou dans les développements dynamiques de ce système.
L'organisme pour la personnalité et le groupe social pour le système
social apparaissent comme des « foyers » auxquels sont reliées les diffé
rentes abstractions de l'analyse. Il n'en est pas de même pour le système
culturel qui a ainsi une modalité d'existence différente et apparaît comme
une abstraction à partir de la personnalité et du système social. Au
niveau de la personnalité, l'orientation de l'action fait apparaître un
système de quasi-besoins (need-disposition) auquel correspond, dans le social, les requisits des rôles sociaux déterminés par les interre
lations d'acteurs (role-expectation). Un ensemble de 5 variables dicho
tomiques constitue des dimensions de l'action (pattern variables). Ces
variables apparaissent comme les choix fondamentaux explicites ou
implicites, conscients ou inconscients, qui déterminent toute action et
elles interviennent à 4 niveaux : niveau de l'action concrète actuelle,
niveau de la personnalité où elles constituent des habitudes individuelles
de choix, niveau de la collectivité où elles déterminent les rôles sociaux,
niveau de la culture où elles interviennent dans la constitution du sys
tème de valeurs. Ces 5 choix fondamentaux sont : affectivité-neutralité,
choix entre une satisfaction immédiate ou une évaluation de l'action,
entre la discipline et le libre choix ; intérêt privé-intérêt collectif ; génér
alité-spécificité des critères d'évaluation de l'objet, c'est-à-dire choix
entre la détermination en fonction des relations actuelles sujet-objet,
immanentes à la situation, et détermination en fonction des valeurs
générales et transcendantes à la situation ; qualités de Pobjet-effets de
l'objet ; signification générale-spécifique de l'objet. Les deux premières
dimensions dominent dans la constitution des quasi-besoins, les deux
dernières dans celle des rôles, introduisant à la fois une certaine dissy
métrie et une certaine complémentarité dans la théorie.
Les valeurs intériorisées dans les personnalités (sur-moi) et dans le
système social (rôles et institutions) apparaissent comme des systèmes
régulateurs de l'action. L'interdépendance des rôles sociaux et des per
sonnalités rend d'autre part, interdépendants ces deux systèmes où
chaque acteur individuel ou collectif peut être en même temps pris
comme objet social qui oriente l'action d'autres acteurs individuels ou
collectifs.
Nous ne saurions rentrer plus avant dans l'analyse de ce système de
concepts fortement articulé, exposé d'une manière deductive, dans la
première partie collective et dans la longue étude de Parsons et Shils. 558 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le modèle psychologique proposé par Tolman pour l'analyse de l'action
est moins étroitement rattaché à l'ensemble. L'action, variable dépen
dante, va être fonction de trois groupes de variables indépendantes :
a) Variables propres à la structure du sujet : hérédité, âge, sexe, état
endocrinien, etc. ; b) Conditions d'éveil et de satiété du besoin ; c) Situa
tion-stimulus (environnement à un moment donné). Ces trois groupes de
variables sont reliés à l'action par 5 variables « intervenantes », postulées,
qui sont au centre du modèle. Ce sont : a) Les capacités et traits de tem
péraments ; b) Le système des besoins ; c) L'espace immédiat de la
conduite (entendu au sens de Lewin) ; d) Les déplacements à l'intérieur
de cet espace (déplacements qu'il faut entendre en un sens figuratif, par
exemple, ce peut être les étapes d'un problème mathématique aussi bien
que des mouvements réels à l'intérieur de l'espace objectif ; e) L'espace
de la conduite restructuré par l'effet des déplacements, de l'appren
tissage ou des mécanismes psychodynamiques ; f) La matrice (système)
des valeurs et sentiments. A l'aide de ce système de variables qui
agissent en détermination réciproque, Tolman analyse les mécanismes
psychodynamiques et l'apprentissage, l'évolution des besoins et senti
ments, les conduites qui font intervenir les fonctions symboliques et les
relations sociales. Un dernier chapitre rattache les analyses précédentes
aux notions de valeur, de variables dichotomiques (dimensions de l'ac
tion), de rôle social, de personnalité, notions qui avaient été définies dans
les parties antérieures de l'ouvrage. Le modèle psychologique fait ainsi
le pont entre l'analyse des conduites individuelles et les aspects collectifs
de l'action.
La quatrième partie de cet ouvrage est consacrée, nous l'avons dit, à
l'analyse de quelques exemples concrets à l'aide du système de concepts
et à l'approfondissement de certains de ses aspects : classification des
interactions, technique d'analyse des rôles, développement de la person
nalité et socialisation, analyse et classification des valeurs, analyse de la
notion de préjudice.
Il est difficile de juger un tel travail de systématisation qui représente
un effort considérable pour prendre conscience des concepts utilisés dans
les sciences sociales. Cet effort était nécessaire et la valeur des auteurs
apporte une autorité certaine à un travail de cette importance. Toutefois,
on reste insatisfait à la lecture de ce livre dont la systématisation donne
trop souvent l'impression d'une classification du type aristotélicien ;
l'absence de support concret fait craindre que les symétries ne soient
parfois des fausses fenêtres. Surtout, on doit craindre que cet effort ne
puisse permettre de dépasser la description systématique des actions,
qu'on reste au niveau de la belle classification linnéenne, sans parvenir
à édifier une « physiologie » de l'action. Dans le chapitre qu'ils ont écrit,
Parsons et Shils disent explicitement qu'ils ne cherchent qu'à dégager
les concepts nécessaires pour l'analyse du système à un moment donné et
que la dynamique n'est qu'amorcée par cette description : nous croyons
que la méthode même d'analyse et de déduction des concepts qui est ici LIVRES 559
utilisée, ne ferme toute ouverture sur une telle dynamique : nulle part,
nous ne trouvons de principe opératoire qui permette de faire des hypot
hèses sur le passage d'un état à un autre. En outre, on ne sait rien sur
l'articulation des différents niveaux d'analyse : une simple note nous dit
que les considérations économiques s'introduisent à un niveau de comp
lexité qui n'est pas celui où se sont situés les auteurs, mais comment et
pourquoi passe-t-on à ce niveau ? Quelle est l'importance des facteurs
morphologiques sur les relations à l'intérieur des groupes, par exemple, la
surface de ces groupes, etc. ? En négligeant ces questions, on risque de
psychologiser tous les problèmes sociaux sans pouvoir articuler les déter
minants psychologiques avec les autres, dans l'analyse par exemple, des
institutions et des systèmes de valeur. Ces considérations ne sont, sans
doute, pas passées inaperçues des auteurs et on y trouve plusieurs
allusions dans le cours de l'ouvrage, et, entre autres, dans l'article de
G. W. Allport, mais ces allusions restent si discrètes, et le système de
concepts édifié semble si clos, que nous croyons qu'il manque réellement
une telle dimension à ce travail.
F. B.
NUTTIN (J). — Tache, réussite et échec. Théorie de la conduite
humaine. — In-8° de 530 pages, Louvain, Publications Universitaires,
Erasme (Studia Psychologica), 1953.
Le comportement humain possède des propriétés qui demandent pro
bablement un traitement différent de celui du comportement animal.
C'est dans cette conviction que les études que J. Nuttin nous offre, dans
son livre, vont s'occuper uniquement de la conduite de l'être humain.
Le problème fondamental que se pose l'auteur est celui de l'influence
du résultat — de la réussite et de l'échec — sur la conduite. Dans une
première partie de cet ouvrage, il traite un certain nombre de questions
en rapport avec l'échec et le succès en tant qu'expérience vécue.
Nuttin envisage tout d'abord, le problème de la perception de la
réussite et de l'échec (chap. II) qui se trouve en étroite relation avec l'e
stimation et le souvenir du résultat. Un nombre égal de réussites et d'échecs
crée, chez certains sujets, l'impression d'une majorité de réussites, chez
d'autres, l'impression contraire. Cette déformation du résultat — qui
peut avoir des répercussions systématiques sur la conduite et fausser la
conception que de soi-même se fait le sujet — a son origine dans de
multiples facteurs que Nuttin met expérimentalement en évidence : l'a
ttitude générale optimiste ou pessimiste du sujet, le degré d'implication
dans la tache, et l'expérience vécue de l'échec ou de la réussite accumulée
au début de toute activité nouvelle.
Le souvenir de la réussite et de l'échec (chap. Ill) soulève un certain
nombre de problèmes. Ainsi, au moment du retest, les stimuli moins bien
reconnus provoquent une majorité de souvenirs d'échecs, tandis que les
stimuli les mieux reconnus favorisent une majorité de souvenirs de
réussite. Mais la reconnaissance correcte du stimulus n'est pas le seul ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 560
facteur qui influence le souvenir. La reproduction correcte d'une réponse
donnée antérieurement à une situation s'accompagne d'une tendance à
considérer cette situation comme ayant conduit à un bon résultat. L'im
pression globale d'échec ou de réussite correspond à une tendance de
même signe au niveau du rappel. Le résultat objectif n'est pas lui-même
sans effet : le nombre de situations pour lesquelles il y a souvenir de
réussite suit d'assez près la réalité objective.
Par contre, Nuttin signale que la connexion entre le souvenir du
résultat donné par le sujet et sa performance réelle, n'est pas systémat
iquement renforcée ni sous l'influence du bon résultat, ni sous l'influence
de l'échec.
La « contagion » du souvenir de l'échec et de la réussite, c'est-à-dire
leur influence sur les activités ultérieures, est abordée au chapitre suivant.
Sur un cas précis — la contagion du souvenir de la réussite — Nuttin
montre que les sujets manifestent une tendance à se rappeler comme
réussies, les mauvaises réponses qui se trouvent dans la proximité d'un
succès. Après avoir discuté les analogies et les différences avec le « Thorn-
dike effect », Nuttin conclut qu'en lui-même, le phénomène de la « conta
gion » du souvenir nous montre l'effet de certains schémas cognitifs, très
vagues, dans la reconstruction d'un passé très peu différencié. De plus, le
mécanisme de la « contagion » du souvenir gagne en importance par le
fait qu'il promet de jeter quelques lumières sur la contagion dans le
domaine des connexions dont la portée théorique pour l'explication de la
loi de l'effet est considérable.
Dans la deuxième partie de son livre, Nuttin examine l'influence du
résultat dans la perspective de la loi de l'effet qu'il expose brillamment
dans le chapitre V.
Après avoir fait la distinction entre « tache ouverte » et « tache
fermée » (la « tache ouverte » étant celle dont le résultat à chaque item
peut constituer une information valable pour réaliser ce qui reste à
accomplir), l'auteur montre que si la répétition plus fréquente de la
bonne réponse dans les expériences classiques d'apprentissage (taches
ouvertes) renforce la connexion stimulus-réponse, ce renforcement ne
peut toutefois s'expliquer d'une façon satisfaisante par la récompense ou
la réduction du besoin. Il suggère que la tension psychique créée par la
tache ouverte et l'aspect d'information qui accompagne chaque résultat
partiel, sont des facteurs importants dans le renforcement de cette
connexion (chap. VI).
Le renforcement des connexions réussies disparaît pour les « taches
fermées ». D'autre part, les intégrées dans une tache inachevée
sont mieux conservées que les connexions faisant partie d'une tache com
plètement achevée. Nuttin montre à ce sujet que la sanction impliquant
approbation constitue un signal ayant une fonction d'intégration, tandis
que la sanction négative aurait un effet contraire (chap. VII). Toutefois,
le renforcement des connexions réussies n'est pas uniquement dû au fait
de la réussite. Le relief structural collabore avec le succès afin de pro- LIVRES 561
duire une meilleure incorporation de la connexion stimulus-réponse dans
le système de tension créé par la tache (chap. VIII). Et le dernier chapitre
du livre nous donne les éléments d'une théorie de la conduite humaine
qui tient compte de cette somme d'enseignements recueillie dans l'expé
rimentation.
G. F.
BURROW (T.). — Science and man's behavior. The contribution
of phylobiology. — In-8° de 564 pages, New York, Philosophical
Library, 1953.
L'ouvrage du Dr Trigant Burrow — édité, par suite de la mort de
l'auteur, par W. E. Galt — comprend comme partie essentielle, The
Neurosis of man, exposé d'ensemble des réflexions des travaux de l'au
teur s'étendant sur quelque trente années. Les 8 chapitres qui le pré
cèdent permettent, sur la base de réponses de divers hommes de science à
la lecture d'une partie de ce texte, d'éclaircir certaines notions et perspect
ives utilisées dans l'ouvrage.
L'auteur, qui était psychiatre et influencé par la psychanalyse, est
frappé par l'importance des troubles de l'équilibre psychologique dans la
société humaine (ils se manifestent spectaculairement dans la guerre). Il
pense qu'ils doivent être compris à partir, non de l'individu, mais de
l'espèce. D'où le terme de phylobiologie (et d'autres où se retrouve la
même racine) qui, d'après l'utile glossaire qui termine l'ouvrage, est
« cette science du comportement qui étudie la relation de l'orga
nisme comme un tout dans son adaptation au milieu et aux autres
organismes ».
La perspective de l'auteur est donc biologique. L'organisme est
adapté habituellement au milieu, mais les conditions de la vie sociale, en
imposant des intérêts et attitudes arbitraires, sont responsables d'une
coupure qui s'introduit et de dispositions qui écartent l'homme de cette
intégration.
La différence des situations se traduit à l'intérieur de l'individu lui-
même par des modifications des fonctions physiologiques. Ce point de
vue permet d'introduire des éléments d'expérimentation. Ils sont effec
tués à partir de deux états d'attention qui sont décrits sous les termes
de cotention et de détention. La cotention est le type d'attention qui
caractérise l'établissement de relations d'ensemble avec le milieu, tandis
que la détention caractérise la rupture de ces relations, l'intérêt porté par
l'individu à lui-même et à son image. Des différences apparaissent entre
les états de cotention et de détention en ce qui concerne la respiration,
les mouvements des yeux, les ondes cérébrales, ainsi que le montrent
divers graphiques reproduits en appendice.
Cet aspect expérimental ne constitue cependant qu'une partie limitée
de l'ouvrage. L'analyse détaillée de celui-ci exigerait un exposé des
diverses notions et des multiples néologismes forgés par l'auteur. On dira
seulement qu'il procède d'un souci éminemment sympathique de la 562 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
condition humaine présente. Il ne convainct pas cependant que les vues
présentées par l'auteur entraînent des applications pratiques qui puissent
permettre d'apporter un remède indiscutable à cette condition.
P. O.
CARROLL (J. B.). — The study of language. A survey of linguistics
and related disciplines in America (L'étude du langage. Aperçus sur la
linguistique américaine et les disciplines qui lui sont liées). — In-8°
de xi-289 pages, Cambridge, Harvard University Press, 1953.
Ce petit volume rendra de grands services aux psychologues qui s'i
ntéressent au langage. Il donne des indications succinctes naturellement,
mais bien choisies, sur l'état actuel des travaux dans les différents types
d'approches du langage et sur leurs relations. De tels travaux de synthèse
sont utiles surtout dans un domaine comme celui-ci. C'est ainsi que
l'auteur fait une rapide esquisse des travaux des linguistes et des
grandes tendances qui les orientent actuellement, qu'il aborde ensuite les
études psychologiques sur le langage ; de l'acquisition à l'étude des com
munications, de l'analyse des conduites psycholinguistiques à la pathol
ogie du langage. Les deux chapitres suivants abordent les aspects socio
logiques et anthropologiques de la question, puis les rapports entre
philosophie et linguistique avec les problèmes de la théorie du signe.
Une partie importante de cet ouvrage est ensuite consacrée aux pro
blèmes de l'éducation et à la pédagogie du langage. Le chapitre suivant
contient les indications essentielles sur les communications et la physique
du langage. Un dernier chapitre montre bien l'esprit pratique dans lequel
ce livre a été conçu : il constitue un guide à travers l'organisation même
des études sur le langage : périodiques, instituts, congrès, etc. Une
conclusion fait ensuite le point actuel des travaux dont le corps de l'o
uvrage rendait compte et cherche à dégager les lignes d'une évolution
prochaine. Une bibliographie, essentiellement américaine, mais le titre
du livre soulignait cet aspect limité de l'ouvrage, contient plus de
650 références. Il serait souhaitable que des linguistes français nous
donnent un tel guide pratique pour éviter les errements possibles dans un
domaine aussi complexe.
F. B.
VERNON (M. D.j. — A further study of visual perception (Une
nouvelle étude de la perception visuelle). — In-8° de 298 pages,
Cambridge University Press, 1952.
L'auteur avait publié un premier ouvrage sur cette question en 1937.
Depuis les travaux sur ces problèmes ont beaucoup évolué. L'apport de la
Gestalt a été intégré, discuté, remis à sa place. Les travaux de Piaget, de
Michotte, de Bruner, ont ouvert des perspectives nouvelles. L'auteur a
réalisé une remarquable synthèse de nos connaissances actuelles, qui, à la
différence des travaux américains, tient compte de l'apport des psycho
logues européens. Il ne s'attarde pas au passé sauf quand il s'agit de LIVRES 563
rappeler des faits fondamentaux. L'ouvrage se préoccupe d'abord de
mettre en évidence nos connaissances actuelles en s'appuyant sans cesse
sur les résultats expérimentaux. C'est dire que les discussions d'écoles y
tiennent relativement peu de place. Cependant, l'auteur, dans sa préface
et ses premiers chapitres, développe sa propre conception de la précep-
tion. « L'individu construit son monde perçu autant que possible en
accord avec le maintien du maximum de stabilité, de continuité et de
consistance. » La perception est un processus d'adaptation qui minimise
les différences mais qui nous informe des variations importantes. Il reste
très sensible à la variable qu'introduit l'homme lui-même et l'auteur
souligne, dans ses divers chapitres, l'importance trop souvent méconnue
des différences individuelles. Il reconnaît lui-même qu'il est souvent diffi
cile à l'heure actuelle d'en rendre compte, quoiqu'il donne dans son
ouvrage, une large place aux travaux modernes sur l'influence de l'a
ttention, des attitudes et de la personnalité.
Du point de vue phénoménologique où l'auteur s'est placé, il ne
semblait pas possible d'écrire un meilleur ouvrage.
P. F.
MURRAY (H. A.) et coll. — Exploration de la personnalité, T. I. —
In-8° de 390 pages, Paris, Presses Universitaires de France, 1953.
Il faut remercier le Dr A. Ombredane et Nicole Chevalier d'avoir
traduit de l'anglais l'ouvrage écrit à la Harvard Psychological Clinic, par
H. A. Murray et de nombreux collaborateurs, en 1938. Ce travail est trop
connu pour que nous ayons à faire plus qu'à rappeler qu'il porte sur
l'étude clinique et expérimentale de 50 sujets d'âge correspondant à celui
des études universitaires, et que le tome Ier contient, après une préface
où l'esprit général du travail est défini, les chapitres suivants : Intro
duction ; propositions pour une théorie de la personnalité ; variables de la
personnalité ; jugements de la personnalité ; investigation génétique de la ; événements de l'enfance.
M. R.
BAUMGARTEN (F.). — Charakter und Charakter Bildung (Le
caractère et sa formation). — In-8° de 47 pages, Zürich, Verlag
Organisator Ag.
Ce livre présente un effort de transposition dans la vie quotidienne de
certaines théories du caractère. L'auteur insiste sur le triple aspect du
caractère : manière particulière à un individu de ressentir, de penser, de
vouloir ; force, invariabilité des qualités et, enfin, valeur morale. Les qual
ités des caractères sont autant de forces qui nous poussent dans une
direction déterminée et dont l'interpénétration constitue la structure du
caractère. Ces forces sont soumises volontairement ou non, à un certain
nombre d'influences qui transforment et modifient le caractère et ce sont
autant de moyens que nous avons à notre disposition pour construire
notre propre caractère et le perfectionner. Parmi ces moyens retenons le 564 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
principe d'altruisme qui nous oblige à tenir compte des autres et à nous
modifier en conséquence, et le principe de maîtrise de soi, de contrôle de
ses propres réactions, de discipline qui ne s'entend du reste que par
apport au premier.
La mise en œuvre de ces moyens permettra un progrès individuel,
condition nécessaire à la réalisation complète du progrès social.
M. R.
GRAY ( J. S.). — Psychology applied to human affairs (La psychologie
appliquée aux problèmes humains). — In-8° de 581 pages, Londres,
Me Graw-Hill, 1954.
C'est une révision d'un ouvrage paru sous le même titre en 1946. Il se
présente comme un manuel destiné à fournir des données de faits pour un
cours de psychologie appliquée, mais qui exige les explications et les
commentaires du professeur.
Le matériel est rassemblé par l'auteur-éditeur et ses 10 collaborateurs,
sous les rubriques suivantes :
Introduction et historique, La psychologie et la vie de l'étudiant, Le
développement de l'enfant, Psychologie scolaire, Orientation professionn
elle, L'adaptation de la personnalité, La correction des troubles de la
parole, Les maladies mentales (A. Brown), La psychologie clinique
(G. A. Whitmer), Les effets psychologiques des aliments et des drogues.
Les délits et leur détection (D. B. Rogers), Psychologie industrielle : tra
vail et efficience (A. G. Dietze), méthodes de recrutement (S. B. Seashore),
formation et moral (S. E. Seashore), détermination du salaire, La psy
chologie de la vente et de la réclame (M. B. Nogle et W. R. Myles),
Psychologie militaire (G. L. Fahey), Psychologie de la musique et de
l'art (G. Berglund-Gray), Opinion publique et propagande (R. Stagner).
M. R.
FLOYD (W. F.), WELFORD (A. T.). — Fatigue (Fatigue). In-8° de
196 pages, Londres, K. H. Lewis, 1953.
L'ouvrage est édité par les deux auteurs cités. Il contient 20 contri
butions, extraites d'un symposium sur la fatigue organisée par l'Ergo-
nomics Research Society en mars 1952, et auquel participèrent des ana-
tomistes, des physiologistes, des psychologues, des ingénieurs et d'autres
spécialistes de la technologie humaine. L'aspect psychologique du pro
blème est ainsi présenté dans la préface des éditeurs :
« Le psychologue étudie le comportement de l'organisme dans son
ensemble, mettant en liaison la performance et le stimulus, les mouve
ments et l'ensemble des signaux visuels ou auditifs. Cette méthode a été
employée avec un succès notable par Sir Frederic Bartlett et ses col
lègues à Cambridge. Les explications physiologiques qui sous-tendent les
explications données par le psychologue du résultat de l'activité de
l'homme, ont encore à être étudiées dans le détail pour amener à une

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