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Nouvelle étude sur le sillon sous-frontal intra-limbique et sur la fudion du lobe du corps calleux avec les lobes adjacents. - article ; n°1 ; vol.3, pg 504-529

De
27 pages
Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1892 - Volume 3 - Numéro 1 - Pages 504-529
26 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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L. Manouvrier
Nouvelle étude sur le sillon sous-frontal intra-limbique et sur la
fudion du lobe du corps calleux avec les lobes adjacents.
In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, IV° Série, tome 3, 1892. pp. 504-529.
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Manouvrier L. Nouvelle étude sur le sillon sous-frontal intra-limbique et sur la fudion du lobe du corps calleux avec les lobes
adjacents. In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, IV° Série, tome 3, 1892. pp. 504-529.
doi : 10.3406/bmsap.1892.3987
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0301-8644_1892_num_3_1_3987504 SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1802.
autres travailleurs, L'École doit, de son. côté, rassembler et
classer avec soin toutes les représentations, photographies,
dessins, gravures, peintures, etc., qui concernent les sciences
anthropologiques. C'est le début de ce travail que nous avons
l'honneur de présenter à la Société d'anthropologie. C'est
ainsi que nous donnons, mon fils Adrien et moi, toutes les
gravures de notre Musée préhistorique et des quatre volumes
parus de /' Homme. Comme spécimen, nous vous montrons ce
qui concerne les Albums dont il vient d'être question, types
humains et monuments mégalithiques. Nous y joignons quel
ques gravures provenant de fascicules dépareillés et môme
de prospectus, pour bien montrer que rien ne doit ôtre né
gligé, rien ne doit être perdu.
En terminant, nous faisons un appel à tous nos collègues,
à tous ceux qui s'intéressent aux progrès de l'anthropologie,
et nous les prions de nous remettre, pour nos Albums, toutes
les photographies, toutes les gravures et tous les dessins dont
ils peuvent disposer.
Nouvelle étude sur le sillon sons-frontal intra-limblque
et sur la fusion du lobe du corps calleux avec les lobes
adjacents ;
PAR M. L. MANOU VRIER. x
Dans un récent mémoire *, j'ai décrit un sillon qui, sur
un très grand nombre de cerveaux humains, se développe
dans l'épaisseur de la portion sous-frontale du grand lobe
limbique de Broca (portion antérieure de la circonvolution
du corps calleux). J'ai montré, d'après tous les cerveaux de
la Société d'autopsie décrits jusqu'à présent, et d'après
quelques autres cerveaux dont les moulages sont conservés
au musée Broca, que ce sillon, constitué le plus souvent
par des incisures longitudinales peu profondes, devient très
1 Étude sur le cerceau d'Eugène Véron et sur une formation fronto-lim-
bique (Bulletins de la Société d'anthropologie, séance du 7 avril 1892, p. 238
?i 279). — SILLON SOUS-FRONTAL INTRA-LIMBIQUE. 505 MANOUVRIER.
grand chez certains individus, et qu'il arrive quelquefois à
se substituer à la scissure sous-frontale, celle-ci n'apparais
sant plus alors que comme un grand sillon de dédouble
ment de la circonvolution frontale interne. Ce fait s'est
trouvé complètement réalisé sur l'hémisphère droit de Ber-
tillon, où il avait passé inaperçu lorsque je décrivis ce cer
veau avec M. Ghudzinski; mais j'ai pu le reconnaître en le
voyant en voie de réalisation presque complète sur l'hémis
phère droit de Véron.
J'ai pu alors en indiquer les étapes successives et montrer
en outre qu'il existe une véritable opposition entre la grande
largeur ou le plissement longitudinal de la circonvolution
frontale interne et la formation du sillon intra-limbique,
comme si le de la du
corps calleux constituait une compensation à l'insuffisance
de la largeur ou du plissement de la circonvolution frontale
interne.
Cette opposition est d'une constance remarquable. Je l'ai
constatée, depuis la publication de mon travail, sur plu
sieurs autres cerveaux, notamment sur trois cerveaux hu
mains dans le laboratoire du professeur W. Turner, et sur
l'importante série des cerveaux de criminels figurés dans
l'atlas du professeur Benedikt, si bien qu'ayant eu l'occasion
de montrer le fait en question à cet eminent neurologiste
dans les planches de son propre ouvrage, il en reconnut
l'exactitude sans hésitation.
Ainsi le plissement de la portion sous-frontale de la ci
rconvolution du corps calleux serait en corrélation étroite
avec le développement de la face interne du lobe frontal
dans l'espèce humaine, de telle sorte que la circonvolution
frontale interne et la portion sous-frontale du grand lobe
limbique appartiendraient à un même système fronto-
limbique.
Pour interpréter physiologiquement une telle formation
sans abandonner les vues admirablement développées par
Broca dans son mémoire sur le grand lobe limbique, j'ai SÉANCE DU G OCTOBRE 1892. 50G
adopté comme hypothèse que, chez l'homme, animal micros-
matique selon l'expression de W. Turner, la portion sous-
frontale de la circonvolution du corps calleux ayant perdu
plus ou moins complètement sa fonction olfactive psycho
motrice, était devenue partie intégrante du lobe frontal
anatomiquement et physiologiquement.
Il est peu vraisemblable, en effet, que la portion sous-
frontale du grand lobe limbique, après avoir subi dans
l'évolution humaine une marche régressive sous l'influence
de la progression frontale, manifeste à présent une tendance
contraire, qui serait indiquée par le plissement intra-lim-
bique, si ce plissement était considéré comme une extension
de l'appareil cérébral olfactif lui-même. Cette hypothèse
devient plus invraisemblable encore en présence du fait que
cette extension se produirait aux dépens de la circonvolution
frontale interne, puisque le plissement intra-limbique appar
aît sur les cerveaux humains dont la frontale interne csl
étroite ou bien non plissée longitudinalement, — et en pré
sence de cet autre fait que le plissement intra-limbique était
extrêmement prononcé chez des hommes d'une intelligence
supérieure, comme Bertillon et Véron.
Sachant que, d'autre part, on trouve le sillon intra-lim
bique chez des animaux osmatiques tels que l'âne et le
cheval, j'ai supposé que, dans ces cas, le plissement intra-
limbique se produisait pour les besoins propres du lobe et des fonctions particulières de ce lobe.
Je n'avais pas eu le loisir de pousser plus loin mes inves
tigations chez les différents mammifères, lorsque les circons
tances m'engagèrent à publier mon mémoire, qui avait eu
pour objet initial l'étude du cerveau de Véron. C'est pour
quoi je publie aujourd'hui la présente étude additionnelle.
I
Le sillon intra-lùnbique et les sillons vasculalres. — J'exa
minerai d'abord l'opinion de MM. Tenchini et Negrini, dans — SILLOX SOUS-FRONTAL INTRA-L1MBIQUE. 507 MANOUVRIER.
leur important mémoire sur le cerveau chez les chevaux et
les bœufs * :
« La face interne du lobe du corps calleux chez les che
vaux, comme chez l'homme, présente quelques incisures ou
petits sillons constants semblables à ceux que l'on voit sur
les autres circonvolutions. L'un de ces sillons surtout paraît
digne d'être noté ; il est disposé longitudinalement, de façon
à suivre la direction du lobe.
« Ce sillon, d'abord très peu profond, est parfois continu,
et alors le lobe semble au premier abord être divisé en deux
circonvolutions concentriques. Mais, le plus souvent, il est
interrompu et, dans ce cas, l'interruption s'observe d'habi
tude là où le lobe est le plus mince, c'est-à-dire dans son
tiers moyen. Alors il y a deux arcs de cercle, l'un antérieur,
creusé dans la portion frontale du lobe, l'autre postérieur,
disposé concentriquement au splenium,dans la portion parié
tale. Ce n'est pas tout. Parfois les interruptions sont plus
nombreuses ; il y en a de deux à trois, et alors on voit de
trois à quatre segments distincts, mais que leur disposition
sur une même ligne permet d'attribuer à une seule et même
incisure.
« II semble, en tout cas, que ces incisures reproduisent
le cours du rameau principal de l'artère cérébrale antérieure
et que, par suite, elles devraient avoir la signification de
sillons vasculaires (nervures de Broca). Dans certains exemp
laires, l'incisure en question devient double sur un point
de son parcours ; ce fait se produit principalement sur la
portion juxtafrontale du lobe, et il convient d'ajouter que,
sur cette portion, l'incisure, même lorsqu'elle est simple,
semble être plus constante et relativement plus profonde.
« Le lobe du corps calleux présente ordinairement d'autres
marques (intaccalure) moins importantes dirigées vertica
lement, très peu profondes, légères, disséminées çà et là,
parfois en communication avec l'incisure longitudinale dé-
1 L. Tenchini et F. Negrini}SM/ia corleccia cérébrale degli equini e bovini.
Parma, 1889. SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1892. 508
crite ci-dessus, d'autres fois indépendantes. Elles sont d'or
dinaire plus nombreuses dans le tiers antérieur et dans le
tiers postérieur du lobe. Dans quelques cas, ces empreintes
prennent la forme étoilée et sont nombreuses, de neuf à dix,
au point d'accidenter beaucoup la surface ordinairement
unie du lobe.
a Nous voyons que ces marques, elles aussi, qui pour
cela ne paraissent pas avoir beaucoup d'importance, corre
spondent souvent à des rameaux vasculaires dérivés de l'ar
tère cérébrale antérieure...
« Chez les bœufs également, le lobe du corps calleux pré
sente les incisures notées précédemment, parmi lesquelles
il n'est pas rare de voir aussi très apparente et à peu près
continue, l'incisure longitudinale. Toutefois, les interruptions
de l'incisure longitudinale paraîtraient avoir une plus grande'
fréquence, et les autres marques à direction transversale
sembleraient être en général moins nombreuses, bien qu'il
existe des cas où l'on en compte de cinq à six. Aussi, chez
les bœufs, nous considérons ces marques comme étant en
très grande partie des impressions vasculaires *. »
L'opinion d'anatomistes aussi expérimentés mérite assu
rément qu'on s'y arrête, d'autant plus que s'il s'agissait, en
effet, de simples sillons vasculaires, il n'y aurait pas lieu
d'accorder à ces beaucoup d'attention. Mais on remar
quera, d'une part, que l'interprétation de MM. ïenchini et
Negrini n'est pas absolument catégorique en ce qui concerne
l'incisure longitudinale, et que cette interprétation semble
avoir été dictée surtout par l'aspect des marques transver
sales et étoilées^ Celles-ci me paraissent, à moi aussi, être
produites par l'artère frontale interne et ses rameaux ; sur
plusieurs cerveaux, je n'ai pas eu le moindre doute à cet
égard. On s'explique d'ailleurs très bien la formation de ces
nervures étoilées dans les points où l'artère frontale interne
plus ou moins enfoncée dans le sillon longitudinal, émettant
1 Tenchini et Negrini, op. cil., p. 31 h 33. — SILLON SOUS-FRONTAL INTRA-L1MBIQUE. oOJ MAXÛUVR1ER.
latéralement des rameaux, ceux-ci entament légèrement
les parois de l'anfractuosito pour rejoindre la face interne
du lobe. Quant au sillon longitudinal lui-même, s'il loge
l'artère frontale interne, il n'est pas formé par elle ni pour
elle. Celle-ci chemine bien souvent sur la face interne du
lobe du corps calleux sans y laisser la moindre trace, et j'ai
pu la voir, sur l'un des derniers cerveaux humains que j'ai
examinés, passer obliquement sur le sillon longitudinal sans
s'y introduire en aucun point de son parcours.
D'autre part, en poursuivant l'examen du sillon longitu
dinal intra-limbique dans un certain nombre d'espèces ani
males, en voyant la présence de ce sillon subordonnée à la
taille, en le voyant devenir double et triple chez les plus
grands animaux, comme nous le noterons plus loin, on ne
peut plus le considérer comme un simple sillon vasculaire.
11 faut reconnaître d'ailleurs que, chez les animaux spécial
ement étudiés par MM. Tenchini et Negrini, l'apparence de
vait être très trompeuse, car le sillon dont il s'agit étant très
superficiel, l'artère frontale interne pouvait le remplir com
plètement et lui imprimer, par suite, la forme caractéris
tique des sillons vasculaires, forme complétée en outre par
la présence de sillons transversaux d'origine véritablement
vasculaire émanant de l'incisure longitudinale.
II
Le sillon intra-limbique chez les animaux. — En parcourant
les divers travaux de Broca sur le cerveau, je n'ai trouvé
aucune mention du sillon intra-limbique chez l'homme. Il
est bien peu probable pourtant que l'existence si fréquente de
ce sillon dans l'espèce humaine ait échappé à un observateur
aussi sagace, dont l'attention devait être fortement attirée,
dans tous les cas, par le lobe du corps calleux.
Dans son mémoire sur le grand lobe lirnbique, il parla du
sillon en question dans les termes suivants, à propos du cer
veau du cheval : SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1892. 510
« Le lobe du corps calleux est divisé par un sillon longi
tudinal assez long, quoique incomplet ; ce sillon montre que
le lobe du corps calleux du cheval n'a pas entièrement
échappé au plissement, mais il est très superficiel ; sa pro
fondeur n'est, en moyenne, que de 2 millimètres, tandis que
les sillons de la masse circonvolutionnaire ont souvent plus
de 2 centimètres de profondeur. Ainsi, même chez cet animal
très riche en circonvolutions, le lobe du corps calleux se
montre réfractaire au plissement '. »
Sur le dessin du cerveau de cheval qui accompagne ce
passage, le sillon dont il s'agit est, en effet, peu marqué et
interrompu. L'un des tronçons occupe la région sous-front
ale, et l'autre la région pariétale (loc. cit., fig. 27). Mais j'ai
vu ce même sillon très marqué et continu sur un cerveau de
cheval que M. le professeur W. Turner a eu l'obligeance de
me montrer à ce propos dans son laboratoire.
Broca a parlé aussi de ce sillon à un autre endroit de son
mémoire. « Chez les petits animaux, dit-il, le lobe du corps
calleux est presque aussi simple que chez la loutre. Chez les
animaux de grande taille, il est plus ou moins subdivisé, sui
vant sa longueur, par un sillon longitudinal toujours incomp
let et, d'ailleurs, très peu profond 2. »
Dans ce second passage est nettement indiquée l'influence
de la taille sur le plissement du lobe du corps calleux comme
sur le plissement des autres lobes cérébraux. Cette influence
sera confirmée plus loin. Elle ressort, d'ailleurs, de l'examen
de plusieurs figures du mémoire de Broca sur le cerveau du
tapir (fig. 28) ; le sillon longitudinal intra-limbique est plu
sieurs fois interrompu. Il occupe toute la portion située au-
dessus de la partie horizontale du corps calleux et contourne
légèrement les deux extrémités de celui-ci. Il est sous-jacent
dans ses quatre cinquièmes environ, au lobe pariétal et, seu
lement dans son cinquième antérieur, au lobe frontal.
1 Broca, op. cit. {Mémoires d'anthropologie^. V, p. 3 16/.
2ibidem, p. 299. VRIER. — SILLON SOUS-FRONTAL INTRA-LIMBIQUE. Sil MANOU
Sur le cerveau du chevreuil (fig. 26), on voit seulement
une courte incisure longitudinale intra-limbique au niveau de
la portion la plus rétrécie du lobe pariétal.
Enfin, dans un passage important de son mémoire qui
sera reproduit plus loin, Broca signale le plissement longitu
dinal du lobe du corps calleux chez les cétacés.
Continuons d'abord l'exposé des cas dans lesquels a été
constaté le sillon longitudinal intra-limbique.
W. Turner a mentionné1 l'existence de ce sillon chez le
cheval et, d'après une figure d'Owen, chez le rhinocéros.
Parmi les cerveaux figurés par Turner dans le travail cité
ici, plusieurs présentent un sillon longitudinal intra-lim
bique.
Sur le cerveau d'un cheval (fig. 31), ce sillon est inte
rrompu d'un bout à l'autre de la portion horizontale de la
circonvolution du corps calleux et contourne même légère
ment le genou du calleux. Vers son extrémité pariét
ale, il se rapproche de la scissure limbique.
Sur le cerveau de la Balxnoptera rostrata (fig. 33), le même
sillon existe tout le long de la portion horizontale de la ci
rconvolution du corps calleux.
Sur le cerveau du Sus scrofa, il existe un petit sillon au
niveau du lobe pariétal.
Sur les figures représentant les cerveaux du Trichecus
rosmarus, du Macrorhinus leoninus, du chien et du chat, il
n'existe pas de sillon longitudinal intra-limbique.
J'ai examiné à ce point de vue la belle collection de moul
ages en plâtre de cerveaux due à Broca et à M. Chudzinski
(musée Broca). Voici les résultats de cet examen en ce qui
concerne les animaux gyrencéphales : les cerveaux apparte
nant aux espèces de petite taille et, pour cela lissencéphales,
ne présentent naturellement aucun sillon sur la face interne
du lobe limbique, pas plus que sur les autres lobes céré
braux.
1 W. Turner, The Convolutions of the brain, lt>90 p. 3i. 512 SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1892.
J'ai constaté la présence d'incisures longitudinales plus ou
moins longues sur la portion sous-frontale du lobe du corps
calleux chez le marsouin, le chameau, le sanglier, le chevreuil,
le cheval, ïâne, le lion et le tigre royal. Un cerveau ď an Шоре
n'en présentait pas.
Il faut ajouter que je n'ai pu examiner qu'un seul cerveau,
et môme souvent un seul hémisphère pour chaque espèce.
Singes. — Rien sur un cerveau de gorille, ni sur un cerveau
à'orang adulte, ni sur un de papion.
Sur l'hémisphère droit d'un orang jeune, mâle, une petite
incisure longitudinale contourne le genou du corps calleux.
Sur gauche, je n'ai observé qu'une série de si
llons paraissant être de simples sillons vasculaires.
Sur trois autres cerveaux d'orang, je n'ai vu également
que des sillons d'apparence vasculaire, du moins à la région
sous-frontale.
Sur un orang roux, la région sous-frontale du lobe lim-
bique était seulement entamée par la reprise de la scissure
sous-frontale en avant de l'interruption de celle-ci par le
pli de passage pré-ovalaire, comme il arrive souvent chez
l'homme.
Homme. — J'ai examiné aussi, dans la même collection,
les cerveaux de fœtus humains. Plusieurs de ces cerveaux
(de fœtus de sept à neuf mois) ne présentent aucun sillon
intra-limbique. Plusieurs autres du môme âge présentent,
au contraire, le sillon sous-frontal intra-limbique avec tous
es divers degrés de développement que j'ai décrits chez les
hommes adultes, y compris (sur l'un des hémisphères que
j'ai examinés) le remplacement complet de la scissure sous-
frontale par ce sillon intra-limbique, tel qu'il existe sur Tun
des hémisphères de Bertillon.
La formation fronto-limbiquc dont il s'agit se produit donc
dès la vie fœtale, où l'on voit le plissement frontal interne
se produire tantôt suivant le type classique et tantôt suivant
le type fronto-limbique que j'ai décrit.
D'après l'énumération faite plus haut, il semble déjà mani-