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Organisation psychologique du travail. Questions de milieux et éclairage. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 788-802

De
16 pages
L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 788-802
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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d) Organisation psychologique du travail. Questions de milieux
et éclairage.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 788-802.
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d) Organisation psychologique du travail. Questions de milieux et éclairage. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 788-
802.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6390788 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'un dispositif qu'on ne peut voir). Alors qu'un groupe répétait le
travail en entier, l'autre groupe s'exerçait dans -chaque partie du tra
vail isolément.
La dernière équipe a été un peu supérieure à la première. Mais les
sujets ne semblent pas assez nombreux (36 au total) poar qu'pn soit
assuré de la ressemblance suffisante des groupes. D. W.
E.-W. UNGER. — Vocational Training for Subnormal Girls (Apprent
issage professionnel des jeunes filles sub-nor maies). — J. of Pers.
Res., V, 6, 1926, p. 243-255.
Est-il possible d'apprendre un métier quelque peu lucratif aux
jeunes filles d'un psychisme sub-normal. On a pensé que le tra
vail de machine était susceptible de leur être inculqué, et on a fait
l'expérience sur 170 sujets de 12 à 19 ans (âge chronologique) et de
5 ans 10 mois à 11 ans 2 mois (âge mental). Il y avait dans ce groupe
deux jeunes délinquantes. Des troubles nerveux et des constitutions
psychopathiques caractérisaient la majorité du groupe affecté par
ailleurs de tares physiologiques, et les sujets manifestaient tous les
degrés d'instruction. On a constaté que 22 à 26 % étaient suscept
ibles de réussir, que 21 à 25 % restaient douteuses, que 65 à 67 %
étaient destinées à un échec certain.
L'analyse détaillée conduit l'auteur à considérer qu'il ne faut pas
faire bénéficier de l'apprentissage, des sujets dont l'âge mental est de
moins de 8 ans, qui manifestent de l'instabilité émotionnelle, et
donnent un résultat inférieur à 250 points dans une série de tests mis
au point en vue de cette détermination par Miss Treat (coordination
sensori- motrice, adresse manuelle, compréhension, stabilité, précision
et rapidité). M. L.
d) Organisation psychologique du travail. Questions de milieux
et éclairage
LÉON WALTHER. — La technopsychologie du travaü industriel.
— ■ In-8° de 240 pages (Actualités pédagogiques). Paris et Neuchâtel,
Delachaux et Niestlé, 1926. Prix : 8 francs suisses.
L'auteur est un praticien de l'organisation psychotechnique du
travail qui a montré une habileté et une maîtrise que souligne juste
ment, dans son intéressante préface, Ed. Claparède. Après s'être
occupé d'horlogerie, il a réussi, dans un grand Etablissement d'art
graphique de la Suisse romande, à obtenir, par organisation ration
nelle, des augmentations de rendement qui ont varié du double au
sextuple pour une série de tâches, sans changement d'outillage.
Nous avons signalé déjà l'article des Archives de Psychologie où est
relaté l'élégant succès de son organisation d'une maison de vente du
café. Il était évidemment souhaitable que le chef des travaux de
techno-psychologie de l'Institut J.-J. Rousseau, le spécialiste habile,
écrivît un ouvrage sur cette technopsychologie. Il l'a fait, et son livre
rendra service.
Peut-être, espérant beaucoup d'un tel auteur, éprouve-t-on une
toute petite déception. Le praticien habile n'est pas nécessairement GÉNÉRALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 789 APPLICATIONS
un théoricien et peut n'avoir qu'un goût limité pour faire des syn"
thèses, pour écrire des livres.
D'autre part, pris dans l'industrie, avec le souci des secrets pro
fessionnels, ne tenant pas, non plus, à fournir à quiconque la clef de
ses succès, il est amené à laisser de côté ce qui, dans l'analyse détaillée
de sa pratique, pourrait spécialement intéresser le lecteur.
Mais l'ouvrage de W. si ce n'était qu'on attendait trop de lui, est
fort intéressant et bien documenté.
Après un exposé historique, dans une première partie est examinée
l'adaptation de l'ouvrier au travail (sélection professionnelle, avec
deux exemples résumés d'application, à l'emploi de diverses machines
d'une tréfilerie pour un regroupement d'ouvriers, et au remplissage
des sacs de café, et pédagogie professionnelle), dans une seconde
partie l'adaptation du travail à l'ouvrier (avec étude des mouvements
professionnels et adaptation de l'outillage), enfin, une troisième
partie traite des problèmes généraux de la fatigue, de l'entraînement
et du rythme.
Une bibliographie, par chapitres, termine l'ouvrage. H. P.
EDGAR ATZLER. — Körper and Arbeit, Handbuch äer Arbeits
physiologie (Corps et Travail. Traité de physiologie du travail). —
In-8° de 770 pages. Leipzig, Georg Thieme, 1926.
C'est un volumineux ouvrage que le Directeur de l'Institut Kaiser
Wilhelm pour la physiologie du travail, à Berlin, a mis sur pied, avec
le concours d'une dizaine de collaborateurs.
Mais, destiné à ceux qui s'occupent de la science du travail, ce
traité n'est pas limité à la physiologie du travail proprement dite, et
comporte une partie considérable qui représente une introduction
anatomo-physiologique d'un caractère très général.
Dans un chapitre d'anatomie fonctionnelle de l'homme, le prof.
Karl Peter, de Greifswald insiste particulièrement sur les organes du
mouvement, les os, les articulations, les muscles, et le jeu de cet
appareil moteur. La physiologie musculaire est l'objet d'un bref,
mais remarquable exposé du Prof. Otto Riesser, de Greifswald,
dont on connaît les travaux sur le tonus. Les organes des sens et
le système nerveux sont examinés en un bref et assez médiocre
chapitre par le Dr Günther Lehmann de Berlin. Le Prof. René
Du Bois-Reymond, de Berlin, consacre un chapitre clair, mais un
peu succinct, à la mécanique physiologique de la station et des
mouvements du corps humain. La circulation et la respiration ont
été confiées au Prof. Ernst Mangold, de Berlin, qui envisage leur
fonctionnement sous l'influence du travail. Le Prof. Atzler lui-même
a traité, avec précision la question des échanges de matière, et
d'énergie. Enfin le chapitre le plus étendu (133 pages), avec
bibliographie considérable (où l'on ne trouve pas citée la thèse- de
Dhers sur les tests de fatigue) est dû au Prof. Arnold Durig, de
Vienne, et consacré à la théorie de la fatigue (se terminant par un
paragraphe sur fatigue et sommeil qui, aussi sommairement traité,
peut être considéré comme inutile).
La partie pratique du Traité s'ouvre sur un chapitre de Günther
Lehmann sur l'aptitude physique au travail, avec étude des épreuves 790 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'aptitude (épreuves psychotechniques, données médicales, et exa
men physiologique qui est l'objet d'un exposé développé où une
grande place est faite aux types morphologiques, aux tempéraments,
et où figurent les examens sensoriels, la mesure des temps de réac
tion). Quelques pages de biologie sur l'hérédité en rapport avec les
aptitudes, ont été écrites par le Prof. Heinrich Reichel de Vienne.
Viennent ensuite les deux études les plus importantes , celle de la
rationalisation physiologique du travail d'Atzler et celle de la fatigue
dans la pratique industrielle, de Durig (où ne sont guère utilisés les
travaux dirigés en Angleterre par Myers).
Enfin quelques questions pratiques sont encore envisagées, l'al
imentation du travailleur (Günther Lehmann), le vêtement, le sport
(Robert Herbert), enfin les toxiques, et médicaments (alcool, tabac,
cocaïne, quinine, vératrine, phosphates, etc.)'.
Il est étonnant que, malgré une documentation en général assez
large, les remarquables travaux de ce précurseur que fut Imbert,
aient pu rester ignorés des auteurs, et qu'en particulier, dans son
étude de rationalisation physiologique, les publications d'Imbert
n'aient pas été utilisées ni citées par Atzler.
Mais ce traité est une publication d'ensemble fort précieuse pour
les techniciens de la jeune et féconde science du travail où physiologie
et psychologie doivent s'unir étroitement. H. P.
W. ELIASBERG. — Bemerkungen znr Psychopathologie und Psy
chotherapie des abhängigen Arbeit (Remarques à propos de la
psychopathologie et de la psychothérapie du travail dépendant). —
Ps. und Méd., I, 1926, p. 156-161.
Le travail autrefois était lié à la maison, au champ, aux animaux,
aux saisons, il était réglé par la nature et par la religion, il était
irrationnel et pénétré d'affectivité.
Le travail aujourd'hui est rationnel, divisé, monotone ; il est fait
sans tension, sans amour et sans désir. La vie industrielle a rational
isé l'homme en même temps que l'outil. Elle en a fait un outil.
L'homme souffre de cet état de choses. Sa sensibilité, son élan ne
sont pas employés. Il n'est pas libre : les moyens de production ne lui
appartiennent pas et il doit obéir à une volonté étrangère. Il a un
sentiment d'infériorité sociale, et la notion précise que sa situation
ne peut changer. Sa sécurité matérielle est souvent faible (chômage,
accidents).
La politique sociale ne s'est jamais préoccupée de cet état dans son
ensemble. Elle s'est contentée le plus souvent d'envisager le problème
de la sécurité matérielle. Il y a un problème psychologique et moral
autrement grave : l'antinomie entre la subordination et le sentiment
de dignité et de volonté personnelle. La réalité est une cote mal
taillée entre les deux.
La science du travail s'en est également tenue à des points de vue
unilatéraux. L'école historique de Schmoller s'est attachée au pro
blème des rapports du travail et de la personnalité. Elle a pu apporter
des contributions à l'histoire et à la théorie du métier. La psychotech
nique, n'a envisagé que l'homme-outil. La physiologie de l'école
kraepelinienne, encore plus étroite, s'est limitée à l'étude de l'effort APPLICATIONS GÉNÉRALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 791
et de la fatigue musculaire. Elle n'a pas su voir que des faits psycho
logiques et sociaux jouaient un rôle bien plus important.
Parmi ces faits, il en est un qui demande une étude particulière :
c'est la motivation. Il importe d'examiner le rôle de la volonté, de là
détermination personnelle. On a vu plus haut que son annihilation
était une des causes du malaise social moderne. Son exercice est
essentiel au progrès de l'homme et de la vie économique et sociale.
Il faut aussi étudier les modifications psychologiques que produit
le travail considéré dans son ensemble, pendant son cours normal et
pendant les crises (chômage, accidents). I. M.
M.-P. FOLLËTT. — The basis of Control in Business Management
(La base du contrôle dans la direction des affaires). — J. of N. I. of
Ind. Ps., III, 5, 1927, p. 233-241.
' Résumé aussi lucide que juste des principes psychologiques devant
présider à l'organisation de I out travail où entré en ligne de compte le
facteur humain. M. L.
G. -H. MILES. — The acquisition of Muscular Skill in Industry
(L'acquisition de Vhabiteté musculaire dans l'industrie). — J. of N.
I. of Ind. Ps., Ill, I, 1926, p. 45-50.
"Une certaine qualité de production n'implique pas nécessairement
un travailleur de premier ordre. L'ouvrier peut arriver à un bon ré
sultat quoique ayant négligé l'apprentissage des mouvements approp
riés, négligence entraînant de ce fait une notable déperdition d'éner
gie humaine.
La psychologie moderne préconise une analyse préalable des mou
vements, cette analyse devant d'ailleurs être en quelque sorte indivi
duelle : le professeur de phonétique enseignera devant un miroir de
façon à ce que ses élèves puissent contrôler leurs propres mouvements
de bouche, de langue, etc.... L'apprenti limeur dont les
de lime sont enregistrés graphiquement arrive de lui-même à rectifier
ses mouvements. De même pour le riveur. De même pour le coiffeur.
Dans ce genre de tentatives il faut souligner l'importance du cinéma
et de la photographie.
« Le caractère essentiel de l'habileté, dit l'auteur, est l'aptitude à
modifier comme il convient une série de mouvements considérés
comme habituels. »
Dans le domaine industriel, la meilleure méthode à suivre consis
tera à faire l'analyse générale des mouvements requis, à les classer,
par rapport aux mouvements habituels, et à établir des transitions
graduées permettant de passer d'un type à l'autre. On ne saurait trop
insister sur l'apprentissage individuel, chaque constitution anato-
mique intervenant différemment dans le résultat final à atteindre.
M. L.
Recent Advances in our Knowledge of Muscular Activity (Faits nou
veaux à propos de V activité musculaire). — Résumé des conférences
de A.-V. Hill, J. of N. I. of Ind. Ps., III, 3, 1926, p. 154-158.
Les expériences faites sur l'inexcitabilité périodique du muscle,
son raccourcissement en fonction de la tension, sa fonction glycogé- 792 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nique, le rôle des phosphates, celui de l'oxygène comme indicateur
de la quantité d'acide lactique formé, paraissent à l'auteur gros de
conséquences en ce qui concerne les conclusions pratiques qu'on
peut en tirer en physiologie appliquée aux questions industrielles.
M. L.
G.-H. MILES et A. ANGLES. — Psychology and Machine Design
{La psychologie et les Machines). — J. of N. I. of Ind. Ps., III, 3,
1926, p. 159-161.
L'enquête s'est poursuivie dans une fabrique de boîtes. Un certain
nombre d'améliorations ont été réalisées. On a modifié dans une
machine à fixer, un levier à pied dont la manœuvre nécessitait
position inconfortable, et disposé différemment les outils de travail
de façon à ne pas être obligé de soulever 100 fois par jour un objet
lourd. Le rendement, après une période d'adaptation au nouvel état
de choses, a passé à 111 % de ce qu'il était.
De semblables améliorations ont été amenées pour le travail de
presse, et pour la machine à sécher, par une disposition différente du
couvercle de la et l'adjonction d'un ventilateur. Pour ne
pas avoir à manipuler des objets trop chauds on a automatisé leur
débit au sortir de la machine, une courroie de transmission amenant
leur transport à l'endroit où ils refroidissent. Ces améliorations se
traduisent par un accroissement du rendement matériel et une amél
ioration du « moral » des travailleurs qui sont préposés au maniement
des objets. M. L.
R.-M. FOX. — Psychology of the Workshop (La psychologie de l'Atel
ier). — J. of N. I. of Ind. Ps., III, 4, 1926, p. 205-212.
Le travail en atelier présente un certain nombre de nécessités. Mais
il est possible d'y adapter le facteur humain si l'on tient compte de
la psychologie de ce dernier : question de la monotonie et de la va
riété (aux usines Ford il y a un bureau de Changement du Travail
destiné à empêcher la routine de surmener nerveusement le tra
vailleur), question du chant et de la causerie pendant le travail (l'au
teur estime qu'ils sont un facteur tonique dans le travail, mais ne
faut-il pas tenir précisément compte d'individus nerveux mis hors
d'eux-mêmes du fait du vacarme ambiant ?), question de la laideur
des locaux dans lesquels les gens sont appelés à passer la plus grande
partie de leur existence et qui les déprime, même à leur insu.
Tous ces facteurs dont il faut tenir compte indiquent autant de
tâches du psychologue le rôle une fois de plus semble nettement
souligné. M. L.
A. STEPHENSON. — Accidents in Industry [Les accidents dans
Vindustrie). — J. of N. I. of Ind. Ps., Ill, 4, 1926, p. 194-200.
Les dernières enquêtes semblent prouver qu'à peu près 90 %.du
nombre total des accidents viennent du facteur humain.
L'âge et l'expérience ne pas influer sur ce nombre d'acci
dents. En revanche l'habileté manuelle joue un grand rôle, ainsi que
la lumière artificielle. En hiver les accidents, passent à 136 % de leur
valeur. GÉNÉRALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 793 APPLICATIONS
On pourrait réduire le pourcentage moyen des accidents parti
culièrement en ce qui concerne le travail du mineur, en sélectionnant
les novices et en lès soumettant à un entraînement préalable. Il faut
tenir compte de la contagion émotionnelle qui se propage de proche
en proche autour de « l'accidenté », risquant de provoquer d:autres
catastrophes. L'état moral de l'individu qui apporte souvent à l'usine
un esprit perturbé par des difficultés domestiques va jouer aussi un
rôle important. C'est tout ce complexus de facteurs qui se trouve
derrière les mots négligence et inattention et que les recherches à
venir doivent tendre à mettre en lumière. M. L.
A. HEWES. — Job tenure of Women Workers in Industry (La conti
nuité du travail industriel féminin). — Ind. Ps., I, 4, 1926,
p. 265-270.
L'auteur s'est préoccupée de la question toujours brûlante des
changements de travail.
L'enquête a porté sur 97 travailleuses de vingt à trente ans, venant
de 18 états différents. Le groupe, quoique restreint, était assez varié
pour être typique : (vêtements, tissage, modes, tabac, imprimerie,
téléphone, blanchissage, coiffures d'hommes, cordonnerie, restaurant,-
divers....)
On a dressé en table les réponses données par les diverses jeunes
filles sur les raisons qui ont présidé à leurs divers changements de
travail. Les purement industrielles y jouent une grande part.
Les abandons et les renvois représentent le quart du nombre total
des changements, la question du salaire et des heures un autre
quart. Le dégoût du métier ou de la direction trahit l'inaptitude
qu'a l'ouvrière à s'intéresser à son métier.
Quelques jeunes filles ont abandonné « par désir de continuer leur
éducation ».
A peu près la moitié des travailleuses avaient travaillé au moins
dans trois industries différentes. On n'a pu se rendre compte, étant
donné le nombre restreint des sujets, si tel ou tel type d'industrie
était plus spécialement atteint par les changements de travail. Par
ailleurs, la moitié du groupe étudié avaient gardé leurs métiers moins
de deux ans. On a relevé les durées de travail les plus brèves dans
l'industrie des vêtements : ceci étant dû vraisemblablement au fait
des mortes saisons qui incitent les ouvrières à prendre pendant ce
temps un autre métier. Certaines avaient eu cinq métiers ou davant
age qui n'avaient pas duré plus d'un mois. Quelques-unes en avaient
eu qui n'excédaient pas une semaine.
A côfé de cette question de morte saison, ce sont le caractère de la
direction présidant au travail, la monotonie et la routine qui ont
semblé être les facteurs les plus influents dans les changements de
travail. M. L.
M.-D. VERNON. — On certain effects of long spells of repetitive
work (Les effets de longues périodes de travail de répétition). —
Br. J. of Ps., XVI, 3, 1926, p. 222-236.
Il y a des travaux industriels qui son^t très simples, n'exigent pas
un grand effort musculaire, mais demandent la répétition pendant 794 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de longues heures d'un geste toujours à peu près le même ; quels sont
les effets psychologiques de ce genre de travail, quelles sont les condi
tions d'un rendement satisfaisant à la fois au point de vue quantité
et qualité ?
Les expériences de V. ont porté sur 1' Aiming test (percer une cible
avec une aiguille), le test du pendule de Miles, le test de pliage et
découpage de papier, le test du labyrinthe. Les séances duraient
deux, trois ou quatre heures.
Les sujets, peu nombreux, ont obtenu des résultats assez différents,
dont il est malaisé de tirer des conclusions définitives, les séances
ayant d'ailleurs été trop peu prolongées. En général, l'exactitude du
travail augmente avec le temps. Chez deux sujets, dans les deux
derniers tests . il y a des alternatives de travail soigné et négligé. En
général, ce travail négligé correspond à un état d'ennui intense ; le
sujet le plus sensible à l'ennui est aussi celui qui fournit le rendement
le plus variable et le plus fautif.
Il semble donc probable que certaines personnes sont peu aptes à
ce genre de travail : leur production est très variable ; elles sont très
sujettes à l'ennui ; elles sont plus exposées, par conséquent aux
accidents, si leur métier comporte certains dangers. Ces individus
seraient caractérisés par leur inaptitude à détacher leur esprit du
travail manuel et à accomplir leur tâche d'une façon automatique.
Toutefois, ces conclusions ne doivent être considérées que comme
provisoires. G. P.
The Uses and Abuses oï Time Study {L'usage et Vabus de Vétude du
temps). — Meeting du 13 nov. du N. I. of Ind. Ps. J. of N. I. of
Ind. Ps., Ill, 1, 1926, p. 26-33. — Id. J.-M. SCOTT MAXWELL.
— J. of N. I. of Ind. Ps., III, 3, 1926, p. 139-144. — Id.
G.-H. MILES. — Ibid., p. 145-146.
L'assemblée est en général presque unanime à protester contre la
conception mécaniste de l'activité humaine conçue à la façon de
Taylor et à revendiquer des mesures plus psychologiques.
Elles seront prises en connaissance de cause, et au lieu d'étudier le
travail global de la journée on évalue par exemple le temps exigé
pour l'accomplissement d'un cycle complet d'opérations et dans ce
cycle on mesure la durée de chaque opération individuelle. Ceci
mettra le psychologue à même d'observer la cause de banals petits
« accrocs » du travail, peu graves en eux-mêmes mais dont la répé
tition au cours de la journée entraîne par une fatigue inutile une
perte de temps évitable.
Dans les tâches où sont combinées les activités humaines et méca
niques, certaines pertes de temps se révéleront causées par un désac
cord entre le rythme propre de la machine et celui du travailleur,
désaccord auquel on peut remédier en accélérant ou ralentissant la
machine.
Dans les cas de travaux collectifs l'étude des temps perdus révé
lera souvent une inégalité de difficulté dans la distribution des tâches
entraînant un fonctionnement général par à-coups avec pour certains
des temps vides.
Quelques précautions relevant de beaucoup de tact personnel et APPLICATIONS GÉNÉRALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES . 795
d'intuition psychologique sont à prendre pour que cette mesure
étroite du temps n'irrite pas le travailleur et que sa mauvaise humeur
ne vienne pas vicier l'étude des résultats qu'on s'efforce d'obtenir.
Pour que les ingénieurs ne tombent pas dans l'erreur tayloriste
consistant à fabriquer des machines dont le fonctionnement excède
les forces physiques et intellectuelles du travailleur, J.-M. Maxwell
fait bien intervenir les psychologues. Mais pour que le rôle de ces
derniers soit effectif, il estime nécessaire qu'ils soient parfaitement
au courant des questions économiques qui s'imposent obligatoirement
qu'on le veuille ou non.
Pour en revenir plus précisément à la question de la mesure du
temps, G. -H. Miles insiste sur le fait que ces estimations doivent
toujours être faites du double point de vue de l'employeur et du
travailleur si l'on veut que ce genre d'enquête aboutisse à la fois aune
amélioration des conditions de travail et à fournir des données pour
aboutir à une organisation scientifique. M. L.
Investigations by the Institute into unproductive time (Recherches
faites par l'Institut sur les temps improductifs). — J. of N. I. of Ind.
Ps., Ill, 5, 1926, p. 242-344.
L'analyse d'un certain nombre d'opérations dans une manufacture
a montré des pertes de temps qui s'élevaient, en moyenne à 28 %
de la durée totale du travail. Les causes sont diverses et les remèdes
doivent être introduits avec circonspection, car s'il est des temps
morts qui énervent le travailleur et qu'il est de l'intérêt de tous de
tenter de supprimer, il en est d'autres qui constituent une pause
nécessaire au rendement optimum du travailleur. En particulier, un
arrangement rationnel des outils s'est montré une réforme utile et
désirable au double point de vue du travailleur et de l'employeur.
M. L.
J.-A. FRASER. — Skill and Speed in Cotton Weaving {Adresse et
rapidité dans le tissage du coton). — J. of N. I. of Ind. Ps., III, 3,
1926, p. 162-165.
« L'efficience » d'un tissage est mesurée par le rapport du tissu
effectivement fabriqué au tissu qui aurait dû l'être s'il n'y avait pas
eu d'arrêt dans le travail. Ces arrêts sont, ou bien fréquents (substi
tution d'une cannette pleine à une cannette vide, rupture de la
trame, rupture de la chaîne), ou bien rares (rupture de la cannette,
détraquement des machines exigeant Un changement de cannette
non prévu, coupage et pliage du tissu en coupes déterminées).
La durée de ces arrêts dépend très évidemment du travailleur,
dépend aussi de leur cause, car l'opération du de cannette
qui représente la moitié du nombre des arrêts n'utilise que le 1 /10 du
temps perdu, alors que la réparation des ruptures de chaîne et de
trame en prend 90 %. Ce sont donc là les opérations les plus impor
tantes en ce qui concerne la rapidité dans le tissage.
L'équipement physiologique du bon tisseur va de ce fait nécessiter
d'une part, un certain nombre de caractéristiques physiques (une
bonne, vue, une ouïe satisfaisante, un sens délicat du toucher) et
d'autre part, consister, au point de vue mental, outre l'intelligence 796 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
générale, dans une dextérité et une coordination musculaire, l'atten
tion diffusée, la rapidité dans la réaction de choix.
L'application seule des tests pourra dire si l'analyse ci-dessus des
caractéristiques du métier de tisseur est complète. M. L.
W. CLARK. — Control o! Ottice output [Contrôle du rendement d'un
bureau). — Ind. Ps., I, 1, 1926, p. 59-64.
Il est possible de contrôler les diverses opérations qui s'effectuent
dans un bureau, qu'il s'agisse du courrier, de l'expédition des pa
quets, des comptes. Il suffit pour chacun des services d'établir une
fiche journalière de la quantité de travail demandé, et de celle qui a
été accomplie avec, en note, la raison pour laquelle la tâche entière
n'a pu être parfaite. Cette méthode met au jour les obstacles qui
empêchent l'employé de travailler à un rendement optimum, qu'ils
soient de nature matérielle ou psychologique. On pourra plus facil
ement faire le départ entre les individus qui recherchent ou qui r
edoutent le travail monotone, discerner ceux qui sont avides d'avan
cement et de responsabilités, et par là adaptant à bon escient, les
employés aux tâches pour lesquelles ils sont faits, les intéresser à la
maison elle-même et les inciter à rendre tout ce qu'ils peuvent dans
leur travail quotidien. M. L.
R. HAMBURGER. — Leistungssteigerung und Arbeiterschaft
(L'augmentation du rendement et la masse des travailleurs). — Ind.
Psychot., Ill, 6, 1926, p. 178-184.
On peut chercher à augmenter le rendement d'un ouvrier par dif
férents procédés, par des améliorations d'ordre technique, par l'i
ntroduction de méthodes psychotechniques et, enfin, en augmentant
l'attrait du travail par des primes de rendement, etc.
La psychotechnique n'est pas en faveur auprès des organisations
ouvrières, mais l'auteur s'attache à montrer qu'elle est pourtant en
accord avec les intérêts de la classe ouvrière.
Il est relativement facile et utile d'augmenter le rendement si le
travail est présenté d'une façon plus attrayante : ainsi, un simple
compteur qui permet à l'ouvrier de contrôler lui-même le rendement
de la machine rompt la monotonie écrasante de certains travaux et
suscite de la part de l'ouvrier un effort plus soutenu et plus constant,
sans préjudice pour ses forces.
Seul, le procédé qui consiste à augmenter le gain en fonction du
rendement pourrait être véritablement nuisible en suscitant, parfois,
un effort exagéré. D. W.
J.-M. LAHY. — French Psychologists improve typewriting (les psy
chologues français améliorent la dactylographie). — Ind. Ps., I, 5,
1926, p. 333-337.
L'auteur résume en anglais ses recherches poursuivies à la Compag
nie Map pour l'amélioration des conditions dactylographiques. Les
mouvements dactylographiques et les vibrations d'un diapason
sont mécaniquement et pneumatiquement transmis à un cylindre
enfumé permettant donc l'enregistrement, d'une part de chaque
frappe, d'autre part de sa durée. Il est également possible d'enre-