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POESIE GRECQUE, COURS

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2003-2004. UE.14503. Cours de M. Counillon UE 14503. Cours de M. Counillon Poésie grecque Introduction: Poésie grecque Introduction : Qu'est-ce que la Poésie? Introduction : Aristote, La Poétique. Questions de métrique et de prosodie. 1.1. La poèsie homérique : Homère, Iliade. 1.2. La poésie homérique, Homère, Odyssée. 1.3. Hymnes homériques. 2.1 Hésiode, Théogonie 2.2 Hésiode, Les Travaux et les jours. 3. Poésie iambique, lyrique et élégiaque. 3.1. Poésie élégiaque, Théognis. 3.2. Poésie élégiaque, Solon. 3.3. Poésie iambique, Archiloque. 1. Qu'est-ce que la poésie? R. Jakobson (1963) : Essais de linguistique générale, Paris Ch. XI, p. 209-248 : Linguistique et Poétique. - 214/ … facteurs inanliénables de la communication verbale peuvent être schématiquement représentés comme suit : CONTEXTE DESTINATEUR… MESSAGE……DESTINATAIRE CONTACT CODE Chacun de ces six facteurs donne naissance à une foncion linguistique différente…La diversité des messages réside non dans le monopole de l'une ou l'autre fonction, mais dans les différences de hiérarchie entre celles-ci. La structure verbale d'un message dépend avant tout de la fonction prédominante. Mais même si la visée du référent, l'orientation vers le contexte - bref la fonction dite "dénotative", "cognitive" référentielle - est la tâche dominante de nombreux messages, la participation secondaire des autres fonctions à de tels messages doit êre prise en considération ...
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UE 14503. Cours de M. Counillon Poésie grecque  Introduction: Poésie grecque Introduction : Qu'est-ce que la Poésie? Introduction : Aristote,La Poétique. Questions de métrique et de prosodie. 1.1. La poèsie homérique : Homère, Iliade. 1.2. La poésie homérique, Homère,Odyssée. 1.3. Hymnes homériques. 2.1 Hésiode,Théogonie 2.2 Hésiode,Les Travaux et les jours. 3. Poésie iambique, lyrique et élégiaque. 3.1. Poésie élégiaque, Théognis. 3.2. Poésie élégiaque, Solon. 3.3. Poésie iambique, Archiloque. 1. Qu'est-ce que la poésie? R. Jakobson (1963) : Essais de linguistique générale, Paris Ch. XI, p. 209-248 : Linguistique et Poétique. - 214/ … facteurs inanliénables de la communication verbale peuvent être schématiquement représentés comme suit :  CONTEXTE DESTINATEUR… MESSAGE……DESTINATAIRE  CONTACT  CODE Chacun de ces six facteurs donne naissance à une foncion linguistique différente…La diversité des messages réside non dans le monopole de l'une ou l'autre fonction, mais dans les différences de hiérarchie entre celles-ci. La structure verbale d'un message dépend avant tout de la fonction prédominante. Mais même si la visée du référent l'orientation vers le contexte -, bref la fonction dite "dénotative", "cognitive" référentielle - est la tâche dominante de nombreux messages, la participation secondaire des autres fonctions à de tels messages doit êre prise en considération par un linguiste attentif. [Fonction "émotive "centrée sur le destinateur ; fonction conative, orientée vers le destinataire - vocatif et impératif ; fonction phatique, vérification du fonctionnement du circuit ; fonction métalinguistique]. 218/ La visée (Einstellung) du message en tant que tel, l'accent mis sur le message pour son propre comte, est ce qui caractérise la fonction poétique du langage. 219 / Les particularités des divers genres poétiques impliquent la participation, à côté de la fonction poétique prédomnante, des autres fonctions verbales, dans un ordre hiérarchique variable. la poésie épique, centre sur la troisième personne, met fortement à contribution la fonction référentielle ; la poéisie lyrique, orientée vers la première personne, est intimement liées à la fonction émotive ; la poésie de la seconde personne est marquée par la fonction conative, et se caractérise comme supplicatoire ou exhortative, selon que la première personne y est subordonnée à la seconde ou la seconde à la première.  REFERENTIELLE  EMOTIVE POETIQUE CONATIVE  PHATIQUE  METALINGUISTIQUE …quel est l'élément donc la présence est indispensable dans toute oeuvre poétique? Pour répondre à cette question, il nous faut rappeler les deux modes fondamentaux d'arrangement utilisés dans le comportement verbal : lasélectionet lacombinaison… La sélection est produite sur la base de l'équivalence, de la similarité, de la dissimilarité, de la synonymie et
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de l'antonymie, tandis que la combinaison, la construction de la séquence, repose sur la contigüité. La fonction poétique projette le principe d'équivalence de l'axe de la sélection sur l'axe de la combinaison.. 235/ (Citation de G.M. Hopkins): La partie artificielle de la poésie, peut-être serait-il juste de dire de toute forme d'artiice, se réduit au principe du parallélisme. La structure de la poésie est caractérisée par un paralléïque,et des antiennes de la musique d'Église, à la compléxité du vers grecs, italien ou anglais". La description de la fonction poétique par Jakobson est offre une grille de lecture intéressante dans l'analyse de la poésie grecque. On pourra essayer de l'appliquer par exemple àOd. 6.149-185, la supplication d'Ulysse à Nausicaa. Il y faut une certaine prudence, cependant, dans la mesure où les genres poétiques (lyrisme, poésie épique) sont une invention de l'érudition alexandrine, et donc postérieure à la composition des poèmes eux-mêmes . 2. La poésie grecque. 2.1 Platon et Aristote Le questionnement sur la poésie et la poétique ne commence pour nous qu'avec Aristote. Platon, le maître d'Aristote se pose encore la question autrement.Les Lois, la dernière oeuvre de Platon († 348) nous permettent de mesurer le décalage entre la réflexion de Platon, et celle d'Aristote, pourtant guère postérieure ( entre 335 et 323). Comme Aristote, Platon conçoit l'oeuvre d'art (il n'en parle d'ailleurs pas comme d'une oeuvre d'art) comme une imitation : peinture, musique, danse ou poésie, tout ce qu' Aristote reconnaît ensuite pour des genres "musicaux" indépendants, sont englobés par Platon dans la même réflexion : tous visent à imiter la nature, et à représenter les émotions, les sentiments, les actes des héros. Mais l'analyse des moyens n'intéresse pas véritablement Platon : s'il reconnaît que certains y sont plus doués que d'autres ( 654c-d), la seule question qui le préoccupe est celle des résultats induits sur le public par les oeuvres, et des critères qui permettent de les apprécier. Platon s'intéresse par exemple aux représentations théâtrales sur le public : il se place du point de vue moral de quelqu'un pour qui les représentations sont choses vivantes, actuelles (comme spectacle et comme acte politique, dans le contexte de la production théatrâle du Vesiècle, où a/ Les représentations théatrâles sont une cérémonie nationale, et jugées par le public; b/où les auteurs de tragédie sont productifs (Sophocle, Euripide †406) ; c/ le théâtre est encore en évolution(Loisvue est réactionnaire : il rejette le plaisir du spectateur, 669c-d). Son point de comme critère de la valeur de l'oeuvre, le jugement du public : les juges sont à la fois trop divers ( 657c-658e), incompétents (670b-c), et troublés par leur propre aveuglement (654c-d). A cette incompétence répond celle des acteurs (816a), troublés par leurs propres émotions. La conclusion de Platon est a/ le contrôle : il faut que le juge ne soit pas le peuple, mais le philosophe( 660 a , 816a-817d) ; le conservatisme : ( mêmes références +657d) Aristote, La Poétique Aristote, à la différence de Platon, essaie de définir la poésie (au sens large) comme une espèce et de la caractériser, comme il le fait des espèces animales ou des espèces politiques, par exemple. Cet effort de description est le point de départ de toutes les sciences aujourd'hui constituées, et en particulier de toutes les théories de la littérature. Editions : R. Dupont-Roc et J. Lallot, éd. (1980) : Aristote,La Poétique, Paris = édition Seuil, commentée, pour le détail. M. Magnien, éd. (1990) :Aristote, La Poétique, Paris. = Poche, bonne mise en perspective des topoi comme lakatharsis. J Hardy, éd. (1932) :Aristote, Poétique, Paris : CUF.
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Fontaine, D (1993) :La Poétique : Introduction à la théorie générale des formes littéraire, Paris. NB : LaPoétique une lecture indispensable, mais parfois difficile parce qu'elle est est constituée pour partie de notes de cours des disciples d'Aristote. Magnien donne un bon point de départ. Aristote,Poétique: 47a 8 : " Nous allons traiter de l'art poétique en lui-même, de ses espèces, considérées chacune dans sa finalité propre, de la façon dont il faut composer les histoires si l'on veut que la poésie soit réussie, en outre du nombre et de la nature des parties qui la constituent, et également de toutes les autres questions qui relèvent de la même recherche. L'épopée et la poésie tragique, comme aussi la comédie, l'art du dithyrambe, et, pour la plus grande partie, celui de la flûte et de la cithare, ont tous ceci en commun qu'ils sont des représentations (μιμήσεις). Mais il y a entre eux des différences de trois sortes : ou bien ils représentent par des moyens autres, ou bien ils représentent des objets autres, ou bien ils représentent autrement, c'est à dire selo des modes qui ne sont pas les mêmes . " 47a28 : Mais l'art qui fait usage seulement du langage en prose, ou des vers, et qui, dans ce dernier cas, peut combiner entre eux différents mètres ou n'en utiliser qu'un seul, n'a pas reçu de nom jusqu'à ce jour. Car nous n'avons pas de terme commun pour désigner à la fois les mimes de Sophron et de Xénarque, ou les Dialogues socratiques, par plus que toutes les représentations (μιμήσειςqu'on peut faire en employant les trimètres, les mètres élégiaques,) ou d'autres mètres de ce genre. Faute de quoi, les gens se contentent d'accoler le mot "poète" au nom du mètre, et nomment les uns "poètes élégiaques", les autres, "poètes épiques", non en raison de la représentation, mais tous sans distinction en raison du recours au mètre. En effet, on a coutume d'appeler ainsi ceux qui exposent en mètres un sujet de médecine ou d'histoire naturelle ; et pourtant, il n'y a rien de commun à Homère et à Empédocle sinon le mètre, si bien qu'il est légitime d'appeler l'un poète et l'autre naturaliste plutôt que poète. Et pareillement, même si quelqu'un réalisait la représentation en mélangeant tous les mètres come Chérémon l'a fait dans sonCentaure, une rhapsodie où il combine tous les mètres, il faudrait aussi l'appeler poète" 2.2. Analyses modernes. Meillet, A. (1923) :Les origines indo-européennes des mètres grecs, Paris. 8/ L'accent indo-européen consistait en une élévation de la voix. C'était un pur accent de hauteur qu'on nommera ici ton. 9/ Ainsi, indépendant du ton, le rythme de l'indo-européen ne reposait que sur des différences de quantité entre syllabes. Les syllabes longues ne sont du reste pas toutes de même nature ; le cas d'une syllabe longue parce que la voyelle est longue n'est pas exactement comparable de tout point à celui d'une syllabe où une voyelle brève est suivie d'un groupe de consonnes… on obtenait donc un rythme en faisant se succéder des syllabes longues et brèves suivant un ordre défini…l'unité métrique, en grec ancien et en védique, est la syllabe. [Mais le discours est formé de mots] la fin du mot a donc un rôle dans le vers, mais sans que le rythme soit intéressé à la répartition des fins de mots. Le rôle de la fin de mot consiste en ceci que, dans les vers d'une certaine étendue, il y a une fin de mot à une place définie : c'est ce qu'on nomme une coupe. La coupe n'intervient pas dans le rythme du vers ; elle marque seulement une sorte de jalon dans une série rythmique de quelque étendue. Les traits essentiels du vers védique et du vers grec ancien sont donc : indifférence à la place du ton, rythme fondé uniquement sur la succession des syllabes longues et brèves, et dans les séries un peu étendues, une fin de mot à une place définie du vers. 25/Des divers types métriques. 1. Vers déclamés. [vers épique, trimètre iambique. 27/ … le vers épique dit hexamétrique se composait de pieds égaux entre eux, le vers dramatique déclamé de mètres égaux, sauf indétermination quantitative d'un temps faible sur deux.] Ni l'un ni l'autre n'avait un nombre de syllabes constant… l'hexamètre comprend un nombre de syllabes variable entre un minimum (rarement réalisé) de douze syllabes et un maximum (fréquent) de dix-sept…]. Dans le type iambico-trochaïque déclamé, la longue des temps forts peut être remplacée par deux brèves; mais cette
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substitution, tout en étant licite, n'a lieu que dans une mesure peu étendue ; la grande majorité des trimètres iambiques comprend douze syllabes ; le type à treize syllabes est assez courant… 2. Vers lyriques de la chanson. Tous ces vers font partie de strophes… 28/ Comme ils sont faits pour être chantés… ils ont un nombre de syllabes fixes. A cet égard, ils diffèrent essentiellement des vers déclamés. Par là même, ils admettent une forme rythmique plus souple. 3. Vers de la grande lyrique Ces vers, qui sont ceux de la grande poésie lyrique… et des parties lyriques du drame, étaient destinés à être chantés sur des mélodies faites spécialement pour chaque pièce, et même, dans les drames, pour chaque strophe d'une pièce. L'exécution était accompagnée de danses ou d'évolutions, de sorte que le rythme ressortait des mouvements des exécutants et que le poète n'avait pas à se soucier de le mettre en évidence dans la forme même de ses vers. 29/ Comme le rythme est marqué par des évolutions de exécutants, les pièces destinées à accompagner la marche du choeur sont du type binaire régulier, commençant par un temps faible : c'est ce que l'on appelle le type anapestique. 57/ L'hexamètre. De même que le trimètre iambiue, l'hexamètre a six temps forts. Mais comme les six pieds égaux qui le composent sont étendus proportionnellement à la dilatation qu'à subie le rythme grec [la création de l'hexamètre résulte de l'innovation fondamentale par laquelle a été posée l'égalité 2brèves = 1 longue] il n'y a pas eu répartition des pieds en mètres, de sorte que la structure différe absolument de celle du trimètre iambique. 58/ L'hexamètre est un vers rigide, avec un temps fort revenant à intervalles égaux… il y a un grand nombre de formes nécessaires à la langue que le poète est obligé d'éviter parce qu'elles n'entrent pas dans la forme de ses vers… 59/ La deconcertante variété des formes homériques a souvent servi au poète à tourner les difficultés de ce genre. 60/ Un embarras grave provenait de ce que, étant donné la structure du vers, avec son rythme strict et sa coupe obligée, certains mots ne pouvaient figurer qu'à peu de places, parfois à une seule… La récitation n'avait pas le caractère du parlé. C'était une mélopée, accompagnée par un instrument à percussion qui soulignait le rythme.  West, M. L. Metre: Greek, Oxford. 1- The Nature of Greek Metre A- The Pre-Hellenic Background [Le mètre est mesure, et ce qui est mesuré est différent selon les langues : syllabes, assonances, accents, unités de sens] But fundamental to all poetic systems is the arrangment of language into segments which, wether or not they correspond to syntactic segments, are marked off by special formal features or by the manner of delivery and balanced contrastes one against the other. 2-[Exemples de poésie sémitique, avec répétition de phrases et variations des formulations. I called to my god, but he did not show his face, I prayed to my goddess, but she did not raised her head Chaque ligne consiste en deux moitiés, avec deux mots accentués, ou groupes de mots dans chaque moitié Plus grande régulation entre les lignes obtenue par la régulation du nombre de syllabes qu'elles contiennent : Extrême orient, Araméen, Poésie Indo-européenne en général.] This poetry, so far as we can see, was composed in simple verses of between five and nine syllables, or extended verses four syllables longer… (i) Isosyllabic verses used in succession ad libitum. (ii) isosyllabid verses grouped in stanzas of three or four lines. (iii) A series of isosyllabic verses varied at irregular interval or only at the end, by a slightly shorter line. (iv) Verses of two different lengths in regular sequence, making stanzas of two to four verses on the pattern AB, AAB or AAAB. A further feature of the IE verse was not only the number of syllabes was regulated but also, at the end of the verse, the individual syllabes. It appears that each verse usually ended with
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the cadence /b/l/b/k or b/l/k tandis que la quantité des syllabes précédentes n'était pas régulée. Association de ces vers. The cadence [supra] ran through the whole IE system, being common to verses of every length… The constant in both…is the cadence b/l B/ Units of Analysis [En Grec] Le vers, ou la période, a les propriétés suivantes] 1. Ses limites ne coupent pas un mot. 2. Les mots qui y sont contenus sont ensynaphéia c'est à dire qu'ils sont traités, pour des raisons de scansion, comme un flot continu de son, divisé en syllabes en accord avec la succession des consonnes et des voyelles, sans tenir compte de la division des mots ou de la division syntaxique. 3. Il n'y a pas desynapheiadernière syllabe de la période estentre périodes, ce qui fait que la déterminée sans rapport avec le mot qui commence la période suivante. 4. La dernière place dans la période peut être occupée par une syllabe longue ou une syllabe brève. Si elle est brève, la longue est donnée par la pause qui suit. 5/La période est l'unité de base fondamentale de la composition métrique, c'est l'équivalent d'une phrase dans un discours. La strophe est une structure plus longue qu'un vers, faite d'une ou plusieurs périodes, et revenant sous la même forme. Lorsqu'il n'y en a qu'une, la seconde est l'antistrophe. Dans la plupart des cas, la strophe représente une unité musicale, une structure mélodique. Un colon est une seule phrase métrique de pas plus de 12 syllabes. Certains types de colon peuvent être utilisés pour vers, mais en général, les cola sont des subdivisions des périodes. Leur identité leur est donnée par leur réapparition dans d'autres contextes. 6/ Dans certains types de vers, le rythme de la période est assez régulier pour permettre sa division en une série d'unités équivalentes de 3 ou 6 syllabes. Ce sont les mètres, et la période peut être reconnue comme dimètre, trimètre, tétramètre etc. Souvent, le dernier mètre est plus court que les précédents (catalectique) Dans certains rythmes, le mètre est marqué par une finale régulière sur un mot, et dans d'autres non. Dans l'hexamètre dactylique et le trimètre iambique, la césure régulière tombe à l'intérieur du mètre, ce qui prouve que le mètre ne reflète pas sa structure réelle. Le pied est une autre unité d'analyse. Parfois confondu avec le mètre, et parfois non). Le pied est commode pour déterminer à quelle place du vers se produit un phénomère particulier. 7/ C/Prosody 8/ A syllabe is long if it is "closed", or if it contains a long wowel or diphtong. Otherwise it is short. 9/The meeting of wowels 11/ Correptio 12/ Synecphonésis 14/ Consonantalisation de i ou u. Hiatus 18/D. Rythm Une longue = [à peu près] deux brèves. 21/ A Greek lyric poem was conceived as a song from the start : the musical rythm is the proper object of inquiry, because no other rythm was intended. 22/ The recurrence of princeps-longs at every second or third positoin in most metres gives a clear sens of rythm, a rythm which often continues smoothly from one period into the next. Verse which is to be delivered in procession or with dancing cannot be too unrythmical. And the ancients were well acquainted with the practice of beating time to music or to recited verse by clapping, snapping the fingers, or tapping the foot. Aristoxène divisait chaque mesure en segments, appelés to kato et to ano, basis et arsis, ce qui devient ensuite thésis et
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arsis : rythmes égaux doubles etc. 23/ Division du mètre ou du pied en deux parties aussi égales que possibles : dipodie iambique, premièr mètre thésis, deuxième arsis. 24/ We have become accustomed in our western musical tradition to banal and repetitive rythms…our understanding of Greek metre, which sometimes, like the traditionla folk music of eastern Europe and Asia, presents more intricate rythms and changing bar-lengths. 25/ E. Phrasing Beside fitting syllabes to positions, the poeet has to fit his sentences into the larger framework of periods and strophes…In some metres, sense-pause are largely confined to a few places in the line. 26/ The accomodation of proper names. 2.3. La poésie lyrique : C. M. Bowra (1936) :Greek Lyric Poetry (2eéd., 1967), Oxford . 2/ [Le motlyricoscanon des "9 lyriques" : il s'agit apparaît à Alexandrie, dans un apparemment de Pindare, Bacchylide, Sappho, Anacréon, Stésichore, Simonide, Ibycus, Alcée et Alcman. Pour les Alexandrins, un poète lyrique est un poète qui se distingue d'une part des auteurs de tragédie , de poésie épique, d'iambes et des élégiaques. L'appartenance à la classe des lyriques est difficile à déterminer. Le poète lyrique est d'abord quelqu'un qui compose des poèmes 3/ faits pour être chantés avec accompagnement de la lyre. Le poète lyrique est donc distinct: 1. De l'auteur de pièces de théâtre,dont la plupart du texte est dit et non chanté. 2. De l'auteur de vers iambiques (ou trochaïques), dont les vers étaient récités. 3.De l'auteur de vers élégiaques, qui composait originelement pour accompagnement de flûte. 4. De l'auteur de poésie épique, bien que celui-ci se soit accompagné à l'origine de la phorminx, mais qui était plus proche de la récitation que du chant. Le problème est que la lyre n'est pas forcément l'accompagnement des poèmes lyriques, en particulier dans les chants de procession (Prosodion). 4/Autre forme de classification, la disctinction entre monodie et chant choral [[ ce qui correspond en fait à la distinction entre les poèmes par les circonstances où ils étaient chantés ou dits, cf. Homère : molpè d'Achille devant le tombeau de Patrocle, chant de Linus avec danses sur le bouclier d'Achille, chant de Calypson à sa navette (et chants de travail), chants de banques, chansons à boire et skolion, chants de mariage et de deuil (thrènos), chants pour accompagner les danses (hyporchèma), chants de bataille (péan, chant en l'honneur d'Apollon). 6/ La distinction entre monodie et chant choral est d'ailleurs toute relative, puisqu'il y a généralement un leader de choeur et un choeur qui lui répond, ou une parole qui passe de l'un à l'autre (skolion). 7/ Dans le chant choral, on distingue différentes formes : - Hymne "chant adressé aux dieux", il peut être un Péan, un Dithyrambe, un prosodion. Le sens restreint désigne un chant chanté en l'honneur des dieux, accompagné de la kithara, par un choeur immobile. Le prosodion, chant de procession, chanté sur le chemin de l'autel ou du temple, accompagné par la flûte. Le Dithyrambe, chanté en l'honneur de Dionysos, n'a pas de forme particulière, mais est apparemment caractérisé par le présence d'un meneur (exarchos). C'est lui qui serait à l'origine de la tragédie.  On distingue les hymnes des enkômia, hymnes en l'honneur des hommes. En particulier, -épinicies, qui célèbrent la victoire d'un vainqueur à des jeux. 9/ Le problème des genres poétiques est lié aux progrès de la musique : découverte de la
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gamme pythagoricienne, qui permet de jouer dans n'importe quel ton. Influence, aussi, des modes (mode lydien, dorique). 1.1. La poèsie homérique : Homère et l'Iliade. Homère,Iliade, 6. 474-496. _Αὐτὰρ  γ'ὃν φίλον υἱὸν ἐπεὶ κύσε πῆλέ τε χερσὶν   εἶπε δ'ἐπευξάμενος Διί τ'ἄλλοισίν τε θεοῖσι·   "Ζεῦ ἄλλοι τε θεοὶ δότε δὴ καὶ τόνδε γενέσθαι    ὡς καὶ  ἀριπρεπέα Τρώεσσιν, παδεδ'β ηνμ τν'γθαν,γ κ απ λορυε ἶφι ἀνάσσειν   · καί ποτέ τις εἴποι ·"Πατρός γ'ὅδε πολλὸν ἀμείνων", ἐκ πολέμου ἀνιόντα· φέροι δ'ἔναρα βροτόεντα   κτείνας δήϊον ἄνδρα,χαρείη δὲ φρένα μήτηρ. "    Ὣς εἰπὼν ἀλόχοιο φίλης ἐν χερσὶν ἔθηκε   παῖδ'ἑόν·  δ'ἄρα μιν κηώδεϊ δέξατο κόλπῳ   δακρυόεν γελάσασα· πόσις δ'ἐλέησε νοήσας, χειρί τέ μιν κατέρεξεν ἔπος τ'ἔφατ'ἔκ τ'ὀνόμαζε·   "Δαιμονίη μή μοί τι λίην ἀκαχίζεο θυμῷ·  οὐ γάρ τίς μ'ὑπὲρ αἶσαν ἀνὴρ Ἄϊδι προϊάψει·   μοῖραν δ'οὔ τινά φημι πεφυγμένον ἔμμεναι ἀνδρῶν, οὐ κανκ κδο  νομσα  θστ σλ'ν,ἐπὴν τὰ πρῶτα γένηται. ἀλλ'εἰς ο ον αὐτῆς ἔργα κόμιζε   ἱστόν τ'ἠλακάτην τε,καὶ ἀμφιπόλοισι κέλευε   ἔργον ἐποίχεσθαι· πόλεμος δ'ἄνδρεσσι μελήσει   πᾶσι,μάλιστα δ'ἐμοί,τοὶ Ἰλίῳ ἐγγεγάασιν. "    Ὣς ἄρα φωνήσας κόρυθ'εἵλετο φαίδιμος Ἕκτωρ   ἵππουριν· ἄλοχος δὲ φίλη οἶκον δὲ βεβήκει   ἐντροπαλιζομένη,θαλερὸν κατὰ δάκρυ χέουσα. Traduction Alors, lorsqu'il eut embrassé et bercé son fils dans ses bras, il adressa une prière à Zeus et aux autres dieux : "Zeus et vous, les autres dieux, donnez-moi donc que celui-ci soit, lui aussi, mon fils, comme moi-même, honoré par les Troyens, aussi valeureux par la force, et qu'il règne sur Ilion. Et que l'on dise un jour : "Celui-ci est encore plus valeureux que son père!", quand il reviendra de la bataille : il rapporterait les dépouilles sanglantes d'un ennemi tué, et le coeur de sa mère serait en joie. Il dit et dans les bras de sa compagne il déposa son fils : et elle le reçut dans son sein parfumé, dans un rire mêlé de larmes. Son époux prit pitié d'elle lorsqu'il s'en aperçut, la caressa de la main et s'adressa à elle pour lui dire : "Ma pauvre, ne te mets pas trop le coeur en peine pour moi. Nul guerrier ne m'enverra, contre mon sort, chez Adès : je te le dis, nul homme ne peut échapper au destin, petit ou noble, une fois qu'il est né. Allons, va à notre demeure, occupe-toi de ton travail, le métier et la navette, et ordonne aux servantes de retourner à leur tâche : la guerre sera le souci des hommes, et d'abord le mien, de ceux qui sont nés à Ilion. Sur ces mots, le brillant Hector son casque à cimier de crinière. Son épouse retournait à sa demeure, bouleversée, pleurant à chaudes larmes. Remarques : -Vocabulaire de l'héroïsme. - Les mots mis en valeur en rejet :παῖδ'ἐμὸν,παῖδ'ἑόν,δακρυόεν γελάσασα,ἔργον  , πᾶσι,ἵππουριν,νηντροπαλιζομ(seuls certains viennent compléter un enjambement). - Les échos :φίλον,χερσὶν,παῖδ' ,Διί τ'ἄλλοισί...,Τρώεσσιν,πολέμου ; ἄλοχος; 
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δάκρυ. - La mise en abyme précédente (Homère imagine Hector imaginant quelqu'un parlant de lui comme le plus grand des guerriers de Troie, ce que fait précisément Homère), devient ici ironique, anticipation fautive du héros… du moins dans certaines versions des légendes troyennes. Toute-puissance de l'aède. Traduction P. Mazon: Après quoi, il prend son fils, et le baise, et le berce en ses bras, et dit, en priant Zeus et les autres dieux : "Zeus! et vous tous, dieux! Permettez que mon fils, comme moi, se distingue entre les Troyens, qu'il montre une force égale à la mienne, et qu'il règne, souverain, à Ilion! Et qu'un jour on dise de lui: "il est encore plus vaillant que son père", quand il rentrera du combat! Qu'il en rapporte les dépouilles sanglantes d'un ennemi tué, et que sa mère en ait le coeur en joie!" Il dit et met son fils dans les bras de sa femme ; et elle le reçoit sur son sein parfumé, avec un rire en pleurs. Son époux, à la voir, alors à pitié. Il la flatte de la main, il lui parle, en l'appelant de tous ses noms : "Pauvre folle! Que ton coeur, crois moi, ne se faisse pas tel chagrin. Nul mortel ne saurait me jeter en pâture à l'Hadès avant l'heure fixée. Je te le dis : il n'est pas d'homme, lâche ou brave qui échappe à son destin , du jour qu'il est né. Allon! rentre au logis, songe à tes travaux, au métier, à la quenouille, et donne ordre à tes sevantes de vaquer à leur ouvrage. Au combat veilleront les hommes, tous ceux- et moi le premier - qui sont nés à Ilion." Ainsi dit l'illustre Hector, et il prend son casque à crins de cheval, tandis que sa femme déjà s'en revient chez elle, en tournant la tête et en versant de grosses larmes. 1.2. La poésie homérique, Homère et l'Odyssée. Homère,Odyssée,6.141-169.. Αὐτίκα μειλίχιον καὶ κερδαλέον φάτο  μ θον·β    "Γουνοῦμαί σε,ἄνασσα· θεός νύ τις ροτός ἐσσι;  εἰ μέν τις θεός ἐσσι,τοὶ οὐρανὸν εὐρὺν ἔχουσιν, 150  Διὸς κο λοιο, εδρτς μδιετ μ εγσ εθςγ  γτεε,φυήν τ'γιχρ γτσμαε ω·κσ   εἰ δέ τίς ἐσσι βροτῶν,οἳ ἐπὶ χθονὶ ναιετάουσι, τρὶς μάκαρες μὲν σοί γε πατὴρ καὶ πότνια μήτηρ, τρὶς μάκαρες δὲ κασίγνητοι· μάλα πού σφισι θυμὸς   αἰὲν ἐϋφροσύνῃσιν ἰαίνεται εἵνεκα σεῖο, λευσσόντων τοιόνδε θάλος χορὸν εἰσοιχνεῦσαν. κεῖνος δ'αὖ περὶ κῆρι μακάρτατος ἔξοχον ἄλλων, ὅς κέ σ'ἐέδνοισι βρίσας οἶκόνδ'ἀγάγηται. οὐ γάρ πω τοιοῦτον ἴδον βροτὸν ὀφθαλμοῖσιν, οὔτ'ἄνδρ'οὔτε γυναῖκα· σέβας μ'ἔχει εἰσορόωντα. Δήλῳ δή ποτε τοῖον Ἀπόλλωνος παρὰ βωμῷ   φοίνικος νέον ἔρνος ἀνερχόμενον ἐνόησα·   ἦλθον γὰρ καὶ κεῖσε,πολὺς δέ μοι ἕσπετο λαός, τὴν ὁδόν, δὴ μέλλεν ἐμοὶ κακὰ κήδε'ἔσεσθαι·   ὣς δ'αὔτως καὶ κεῖνο ἰδὼν ἐτεθήπεα θυμῷ, δήν,ἐπεὶ οὔ πω τοῖον ἀνήλυθεν ἐκ δόρυ γαίης, ὡς σέ,γύναι,ἄγαμαί τε τέθηπά τε,δείδια δ'αἰνῶς   γούνων ἅψασθαι· χαλεπὸν δέ με πένθος ἱκάνει. Traduction : Alors, il lui tint ce discours séduisant et habile : "Je suis à tes genoux, princesse : es-tu déesse, es-tu mortelle? Si tu es déesse, de ceux qui
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possèdent le vaste ciel, pour moi, c'est à Artémis, la fille du grand Zeus, que pour l'allure, la taille et la prestance tu es la plus exactement comparable ; si tu es quelque mortelle, de ceux qui habitent la terre, trois fois bienheureux alors ton père et ta noble mère, trois fois bienheureux tes frères : leur coeur, sans trêve, doit sans doute fondre de bonheur à cause de toi, lorsqu'ils voient une si belle plante entrer dans le choeur ; et lui aussi, plus que tout autre, son destin sera d'être le plus heureux des hommes, celui qui se sera chargé de présents pour d'emmener dans sa demeure ; je n'ai jamais encore de mes yeux vu de mortel comme toi, ni homme, ni femme : la stupeur me prend à te regarder. A Délos, jadis, près de l'autel d'Apollon, tel était le jeune rejeton de palmier que je vis se dresser : c'est que j'ai été là aussi, et une quantité de peuple m'accompagnait sur ma route, Commentaire. Le narrateur met en scène le discours par lequel Ulysse va obtenir de Nausicaa qu'elle le conseille et le guide jusqu'à son père. Athéna l'a aidé, sans qu'il en sache rien, au début du chant, en laissant présager à Nausicaa qu'elle allait se marier et la poussant à se rendre aux lavoirs. La jeune fille est donc déjà disposée à trouver l'élu. Mais le narrateur signale aussi les réflexions sur la tactique à utiliser pour obtenir ce qu'il veut : l'auditeur-lecteur est complice de la manipulation de Nausicaa , comme avec son père précédemment. Le discours d'Ulysse obéit à une rhétorique habile : à partir d'une épithète ambigue (ἄνασσα la situation des deux interlocuteurs (suppliant/ dominante), une) qui reflète question paraît explorer les champs du possible. La première hypothèse est toute de flatterie, avec l'assimilation à Artémis (mêmecomparaison, mais du narrateur qui prépare sans doute le terrain, 6. 102-110 ; Artémis est la Vierge par excellence ; sa hardiesse sied à celle de Nausicaa qui n'a pas fui devant Ulysse; elle fréquente les forêts et les lieux déserts avec ses compagnes) . Cette première comparaison donne le modèle de la suivante (τοὶ οὐρανὸν εὐρὺν ἔχουσινrépond àοἳ ἐπὶ χθονὶ ναιετάουσι;Διὸς κούρῃ prépare l'évocation de la famille de Nausicaa). La seconde hypothèse est de plus en plus précise, et de plus en plus imagée : énumération des différents membres de la famille, et surtout (en anaphore) du bonheur des parents (même technique que du regard extérieur que dans la scène précédente de l'Iliade): peut-être est-ce un complment discret d'Ulysse (rejetλευσσόντων ). L'évocation du futur compagnon de Nausicaa est le sommet de cette partie du discours qui ramène au regard d'Ulysse (ἴδον,εἰσορόωντα respectl'émerveillement ne redoute pas l'hyperbole :), dont presque religieux (σέβας) devant une beauté surhumaine (οὔτ'ἄνδρ'οὔτε γυναῖκα). Cet émerveillement trouve presque naturellement sa traduction dans une comparaison, en fait soigneusement préparée parτοιόνδε θάλος. Mais Ulysse poursuit un autre but : il lui faut se présenter sous le meilleur jour, ce qu'il va faire. L'évocation de Délos et de la nombreuse compagnie qui le suivait en est l'occasion.  
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1.3. Hymnes homériques.  Strauss Clay J. (1997) : "The Homeric Hymns", in : Morris, I & B. Powell, éd. (1997): A New Companion to Homer, Leyde, 489-507 Les Hymnes homériques constituent une collection hétérogène de 33 poèmes hexamétriques en langue épique, et dédiés à des divinités. Ils font de 3 à 580 vers, et leur date de composition s'étend du VIIIe s. a.C. au IIe p.C. Leur dénomination est évidemment fautive, même si elle est traditionnelle, et même les poètes alexandrins ne les attribuaient pas à Homère. De plus, malgré leur apparence, ils s'écartent des pratiques proprement religieuses : l'invocation directe au dieu (Du-Stil) est par exemple assez rare dans nos hymnes, à la différence de réels hymnes d'invocation divine. La langue des hymnes elle-même est assez diverse. On y reconnaît des traditions différentes, ionienne assurément (par exemple pour l'hymne à Apollon délien), éolienne (peut-être continentale, pour l'hymne à Aphrodite), ou proche de l'Odyssée (hymne à Apollon pythien). La question de la proximité avec une école "continentale " de la poésie grecque (i.e. Hésiode contre Homère), se pose également . Quoi qu'il en soit, les Hymnes représentent assurément un genre particulier à l'intérieur de l'epos hexamétrique, un genre avec sa propre préhistoire et sa propre évolution, qui utilise sa propre diction et ses propres techniques, parfois similaires et parfois convergentes par rapport à la poésie épique héroique. - Formule d'ouverture et de fermeture. Ce sont les caractéristiques les plus marquées des Hymnes. En sus de l'invocation aux Muses (ou à la Muse) à chanter la divinité (9 fois), à l'invocation au dieu qui va être célébré (9 fois), la formule d'ouverture la plus courante (20 fois) annonce à la première personne du présent ou du futur "je chante", ou "je vais chanter", avec la varianteμνήσομαι. Elle annonce que l'acte de chanter révèlera et rendra présente la divinité. La fermeture est, elle aussi, formulaire : les hymnes se terminent sur un adieu (χαῖρε) à la divinité, souvent suivi par une brève prière pour réclamer la faveur ou la prospérité , ou un chant agréable, et, une fois, une victoire dans un concours, ou de revenir l'année suivante. La partie centrale est moins formulaire : elle est introduite par un pronom relatif et parfois par une ou plusieurs épithètes, et peut soit décrire la divinité au présent à travers une description de ses principaux lieux de cultes, ses bienfaits pour l'humanité, ses activité s caractéristiques, soit raconter un mythe important, par exemple l'histoire de sa naissance, ou de sa première arrivée dans l'Olympe. Le propre de l'hymne est de rapporter un évènement particulier, mais qui est une manifestation de son éternelle divinité. La question de la relation des hymnes entre eux n'est pas facile : certains pourraient-ils être des proèmes (prooimion) à des hymnes plus étendus? On pourra comparer l'invocation initiale de Démodocos dans l'Odyssée avant le récit du cheval de Troie (8.499), et le récit des amours d'Arès et d'Aphrodite par le même Démodocos dans le même chant: dans un cas, c'est un prélude, dans l'autre, avec le changement de circonstance (festival public), le poème est d'une tout autre ampleur. De même, la longue invocation aux Muses de laThéogonie, avec la réserve qu'elle a, elle, un tour personnel. De même, le proème de laBataille de Platée de Simonide, présente la forme d'un hymne à Achille. Même si les hymnes courts ne sont pas des abrégés d'hymnes longs, ils pouvaient être intégrés comme prélude à d'autres formes de poèmes plus longs. [Les quatre principaux hymnes homériques présentent des traits communs dans leur partie centrale : dialogues, scènes typiques et caractères folkloriques. Mais certaines caractéristiques en font un genre particulier : narration mythologique, dans laquelle le dieu est le protagoniste, et qui definit la fonction essentielle du dieu ainsi que sa personnalité à travers ses paroles et ses actes. Chacun des principaux hymnes choisit un moment critique de l'histoire du dieu, qui marque le début d'une ére nouvelle. Ils s'attachent en fait à des moments
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situés entre laThéogonie, telle qu'elle est rapportée par Hésiode, et le moment de la poésie héroique. Les quatre principaux hymnes sont consacrés à Apollon, Déméter, Aphrodite et Hermès.  Hymne homérique à Dionysos (2). Dionysos est un dieu du vin, particulièrement à Athènes, mais d'abord parce qu'il est un dieu de la nature et de la végétation, dont la vigne est l'un des attributs, au même titre, par exemple que le lierre. Il est un dieu des endroits reculés, des montagnes, des vallons profonds et humides. Les adorateurs de Dionysos paraissent rechercher dans le rapport avec le dieu une communion avec les forces naturelles, qu'ils obtiennent par exemple par le vin, qui les met dans un état de délire extatique. C'est tout particulièrement le cas des Ménades, Lénées et Bacchantes, qui recherchent cet extase dans leurs rassemblements représentés répétitivement dans la décoration de la céramique et la statuaire : retour à l'état sauvage, oribasie, chasses mystiques,diasparagmos(dépeçage vivant d'animaux sauvages attrapés à la course), omophagie (dévoration de chair crue). Ces pratiques se poursuivent jusqu'à la fin de l'Antiquité dans l'ensembledu monde païen, et Plutarque, par exemple, raconte comment, de son temps, les habitants d'un village de Béotie vinrent pieusement couvrir, pour les protéger du froid, des Bacchantes venues s'endormir sur la place du village, un matin d'hiver et de neige, à la suite de leurs chasses mystiques. L'hymne est donc assez près de certains aspects du culte de Dionysos et on doit être prudent dans l'utilisation des "mythologies" pour comprendre ce qu'était Dionysos, ou tout autre dieu païen. Les mythographes, en particulier le Pseudo-Apollodore et sa Bibliothèque sont des chercheurs qui recensent les différentes légendes des dieux à l'époque hellénistique ou impériale, et tentent de leur trouver une unité et un sens en fonction des préjugés et habitudes de leur temps, morales, philosophiques, religieuses ou politiques ; c'est comme si l'on ne sait de l'histoire de Pocahontas (par exemple) que ce qu'en a fait Walt Disney. Εἰς Διόνυσον  Κισσοκόμην Διόνυσον ἐρίβρομον ἄρχομ'ἀείδειν   Ζηνὸς καὶ Σεμέλης ἐρικυδέος ἀγλαὸν υἱόν, ὃν τρέφον ἠΰκομοι νύμφαι παρὰ πατρὸς ἄνακτος   δεξάμεναι κόλποισι καὶ ἐνδυκέως ἀτίταλλον   Νύσης ἐν γυάλοις·  δ'ἀέξετο πατρὸς ἕκητι   ἄντρῳ ἐν εὐώδει μεταρίθμιος ἀθανάτοισιν. Αὐτὰρ ἐπεὶ δὴ τόνδε θεαὶ πολύυμνον ἔθρεψαν, δὴ τότε φοιτίζεσκε καθ'ὑλήεντας ἐναύλους   κισσῷ καὶ δάφνῃ πεπυκασμένος· αἱ δ'ἅμ'ἕποντο   νύμφαι, δ'ἐξηγεῖτο· βρόμος δ'ἔχεν ἄσπετον ὕλην. Καὶ σὺ μὲν οὕτω ερςχα  πς λοσυτυφλααρ' Διόνυσε·   δὸς δ'ἡμᾶς χαίροντα ς τις ἱκέσθαι, ἐκ δ'αὖθ'ὡράων εἰς τοὺς πολλοὺς ἐνιαυτούς.  Traduction: Dionysos à la Chevelure de lierre, le Tout frémissant, je vais chanter de Zeus et de la toute glorieuse Sémélé le fils magnifique, que nourrissaient les nymphes à la belle chevelure sur l'ordre de son royal père, pour l'avoir recueilli dans leur sein et tendrement choyé dans les grottes de Nysa : et lui grandit, par la volonté de son père, dans l'antre parfumé, à l'égal des autres immortels. Mais lorsque enfin les déesses
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