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Problèmes hydrogéographiques d'une zone de steppe aride : manque d'eau et sécheresse au Maroc oriental - article ; n°3 ; vol.52, pg 17-26

De
13 pages
Méditerranée - Année 1984 - Volume 52 - Numéro 3 - Pages 17-26
Auf den ostmarokkanischen Hochplateaus war die Wasserversorgung fur Mensch und Herden generell prekdr. Nur im Gebiet der Gaada von Debdou und an der Landstufe im Nordwesten boten einige Quellen gunstigere Bedingungen. Im Sùden dagegen steht ùberwiegend minderwertigeres Wasser mit hohem Sulfatgehalt an wenigen Brunnenstandorten zur Verfugung. Im zentralen Teil kb'nnen sich die Nomaden nur mit Wasser aus Rdirs und Dayas versorgen, die im Sommer austrocknen.
Urn dieser Mangel situation vorzubeugen, legten Nomaden und spàter auch das Agrarministerium zisternenahnliche Brunnen (Oglat j in den Alluvionen an. Diese fullten sich im Verlauf von Hochwassern. Da aber das Wasser aus Oglats bakteriologisch nicht einwandfrei ist, besteht neben dem quantitativen Risiko in Trockenjahren auch generell ein qualitatives. Nur im Raum Ain Beni Mathar, wo die Wasserversorgung bis jetzt noch durch artesische Brunnen gesichert ist, finden wir eine gunstigere Situation. Altersdatierungen aller verfùgbaren Brunnen und Quellen auf den Hochplateaus deuten allerdings auf eine langsame Erschôpfung der Wasservorràte hin. Von dernatùrlichen, durch Uberpumpung noch verstâchenAustrock- nung der Region Ain Béni Maîhar sind vor allem Nomaden betroffen, da sie auf zahlreiche Wasserstellen im Abstand weniger Kilometer angewiesen sind.
Abschliebend werden daher Elemente eines Wasserversorgungssystems dargestellt, das die ostmarokkanischen Hochplateaus unabhàngiger von traditionellen Wasserversorgungseinrichtungen wie von saisonalen Niedersch- lagsschwankungen machen kônnte.
Sur les Hauts Plateaux de l'Est marocain, l'approvisonnement en eau a toujours été précaire pour les hommes et les troupeaux en général. Seule la région de la Gaada de Debdou et l'escarpement bordier du Nord-Ouest qui disposent de quelques sources ont des conditions plus favorables. Dans le Sud, par contre, c'est surtout une eau de mauvaise qualité et à haute teneur en sulfate dans les quelques rares puits. Dans la partie centrale, les nomades ne peuvent s'appovisionner qu'avec l'eau des rdirs ou des dayas, qui tarissent en été. Pour pallier cette situation de pénurie, les nomades et plus tard aussi le Ministère de l'Agriculture ont aménagé dans les alluvions des puits semblables à des citernes (oglat), remplis au cours des crues. Mais comme l'eau des oglats laisse beaucoup à désirer du point de vue bactériologique, il existe aussi, outre un problème de quantité pendant les années de sécheresse, un problème général de qualité. C'est seulement dans la région d'Ain, avec Béni Mathar, des puits artésiens, que nous trouvons une situation plus favorable.
La datation des eaux de puits et les sources disponibles sur les Hauts Plateaux indique toutefois un épuisement progressif des réserves en eau. Ce sont surtout les nomades qui sont touchés par l'assèchement naturel, renforcé en outre par le pompage excessif, car ils ont besoin de nombreux points d'eau.
C'est pourquoi, en conclusion quelques éléments d'un système d'approvisionnement sont proposés qui pourraient rendre les Hauts Plateaux de l'Est marocain indépendants tant des installations d'approvisionnement traditionnelles que des variations pluviométriques.
In the uplands of East Morocco water supply for men and animals has always been precarious. Only in the Gaada of Debdou region and the step in the northwest conditions are better due to an number of springs. In the south, however, the drinking water supply is limited to a few wells which mainly provide water of inferior quality and with a high content of sulphate. In the central parts the nomads can only obtain water from Rdirs or Dayas which dry up in summer.
In order to prevent this water deficiency, the nomads and later on also the Ministry of Agriculture drilled cistern- like wells (Oglats) in the alluvions. During torrential rains these wells filled up. Water from Oglats, however, is often contaminated by bacteria ; therefore the quantitative risk during dry years is accompanied by a general qualitative deficiency. Only in the A in Beni Mathar region do we find a more favourable situation. Here artesian wells have so far guaranteed a sufficient water supply.
The dating of all existing wells and springs in the uplands, however, indicates a slow depletion of the water reserves. The natural drying-up of the Aih Beni Mathar region, which is even accelerated by overpumping, has very serious consequences, especially for the nomads. They depend on a dense water network with a distance of only a few kilomters between sources.
For this reason I have concluded with a presentation of the elements of a water supply system. That system could contribute to the independency of the uplands in East Morocco from traditional water supply facilites as well as from seasonal fluctuations in precipitation.
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E. Jungfer
Problèmes hydrogéographiques d'une zone de steppe aride :
manque d'eau et sécheresse au Maroc oriental
In: Méditerranée, Troisième série, Tome 52, 3-1984. pp. 17-26.
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Jungfer E. Problèmes hydrogéographiques d'une zone de steppe aride : manque d'eau et sécheresse au Maroc oriental. In:
Méditerranée, Troisième série, Tome 52, 3-1984. pp. 17-26.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/medit_0025-8296_1984_num_52_3_2252Zusammenfassung
Auf den ostmarokkanischen Hochplateaus war die Wasserversorgung fur Mensch und Herden generell
prekdr. Nur im Gebiet der Gaada von Debdou und an der Landstufe im Nordwesten boten einige
Quellen gunstigere Bedingungen. Im Sùden dagegen steht ùberwiegend minderwertigeres Wasser mit
hohem Sulfatgehalt an wenigen Brunnenstandorten zur Verfugung. Im zentralen Teil kb'nnen sich die
Nomaden nur mit Wasser aus Rdirs und Dayas versorgen, die im Sommer austrocknen.
Urn dieser Mangel situation vorzubeugen, legten Nomaden und spàter auch das Agrarministerium
zisternenahnliche Brunnen (Oglat j in den Alluvionen an. Diese fullten sich im Verlauf von Hochwassern.
Da aber das Wasser aus Oglats bakteriologisch nicht einwandfrei ist, besteht neben dem quantitativen
Risiko in Trockenjahren auch generell ein qualitatives. Nur im Raum Ain Beni Mathar, wo die
Wasserversorgung bis jetzt noch durch artesische Brunnen gesichert ist, finden wir eine gunstigere
Situation. Altersdatierungen aller verfùgbaren Brunnen und Quellen auf den Hochplateaus deuten
allerdings auf eine langsame Erschôpfung der Wasservorràte hin. Von dernatùrlichen, durch
Uberpumpung noch verstâchenAustrock- nung der Region Ain Béni Maîhar sind vor allem Nomaden
betroffen, da sie auf zahlreiche Wasserstellen im Abstand weniger Kilometer angewiesen sind.
Abschliebend werden daher Elemente eines Wasserversorgungssystems dargestellt, das die
ostmarokkanischen Hochplateaus unabhàngiger von traditionellen Wasserversorgungseinrichtungen
wie von saisonalen Niedersch- lagsschwankungen machen kônnte.
Résumé
Sur les Hauts Plateaux de l'Est marocain, l'approvisonnement en eau a toujours été précaire pour les
hommes et les troupeaux en général. Seule la région de la Gaada de Debdou et l'escarpement bordier
du Nord-Ouest qui disposent de quelques sources ont des conditions plus favorables. Dans le Sud, par
contre, c'est surtout une eau de mauvaise qualité et à haute teneur en sulfate dans les quelques rares
puits. Dans la partie centrale, les nomades ne peuvent s'appovisionner qu'avec l'eau des rdirs ou des
dayas, qui tarissent en été. Pour pallier cette situation de pénurie, les nomades et plus tard aussi le
Ministère de l'Agriculture ont aménagé dans les alluvions des puits semblables à des citernes (oglat),
remplis au cours des crues. Mais comme l'eau des oglats laisse beaucoup à désirer du point de vue
bactériologique, il existe aussi, outre un problème de quantité pendant les années de sécheresse, un
problème général de qualité. C'est seulement dans la région d'Ain, avec Béni Mathar, des puits
artésiens, que nous trouvons une situation plus favorable.
La datation des eaux de puits et les sources disponibles sur les Hauts Plateaux indique toutefois un
épuisement progressif des réserves en eau. Ce sont surtout les nomades qui sont touchés par
l'assèchement naturel, renforcé en outre par le pompage excessif, car ils ont besoin de nombreux
points d'eau.
C'est pourquoi, en conclusion quelques éléments d'un système d'approvisionnement sont proposés qui
pourraient rendre les Hauts Plateaux de l'Est marocain indépendants tant des installations
d'approvisionnement traditionnelles que des variations pluviométriques.
Abstract
In the uplands of East Morocco water supply for men and animals has always been precarious. Only in
the Gaada of Debdou region and the step in the northwest conditions are better due to an number of
springs. In the south, however, the drinking water supply is limited to a few wells which mainly provide
water of inferior quality and with a high content of sulphate. In the central parts the nomads can only
obtain water from Rdirs or Dayas which dry up in summer.
In order to prevent this water deficiency, the nomads and later on also the Ministry of Agriculture drilled
cistern- like wells (Oglats) in the alluvions. During torrential rains these wells filled up. Water from
Oglats, however, is often contaminated by bacteria ; therefore the quantitative risk during dry years is
accompanied by a general qualitative deficiency. Only in the A in Beni Mathar region do we find a more
favourable situation. Here artesian wells have so far guaranteed a sufficient water supply.
The dating of all existing wells and springs in the uplands, however, indicates a slow depletion of the
water reserves. The natural drying-up of the Aih Beni Mathar region, which is even accelerated by
overpumping, has very serious consequences, especially for the nomads. They depend on a dense
water network with a distance of only a few kilomters between sources.For this reason I have concluded with a presentation of the elements of a water supply system. That
system could contribute to the independency of the uplands in East Morocco from traditional water
supply facilites as well as from seasonal fluctuations in precipitation.N° 3 -1984 17 Méditerranée
Problêmes hydrogéographiques d'une zone
de steppe aride : manque d'eau et sécheresse
au Maroc oriental
EckhardJUNGFER*
Résumé — Manque d'eau et sécheresse au Maroc Oriental
Sur les Hauts Plateaux de l'Est marocain, l'approvisonnement en eau a toujours été précaire pour les hommes
et les troupeaux en général. Seule la région de la Gaada de Debdou et l'escarpement bordier du Nord-Ouest
qui disposent de quelques sources ont des conditions plus favorables. Dans le Sud, par contre, c'est surtout une
eau de mauvaise qualité et à haute teneur en sulfate dans les quelques rares puits. Dans la partie centrale, les
nomades ne peuvent s'appovisionner qu'avec l'eau des rdirs ou des dayas, qui tarissent en été.
Pour pallier cette situation de pénurie, les nomades et plus tard aussi le Ministère de l'Agriculture ont aménagé
dans les alluvions des puits semblables à des citernes (oglat), remplis au cours des crues. Mais comme l'eau des
oglats laisse beaucoup à désirer du point de vue bactériologique, il existe aussi, outre un problème de quantité
pendant les années de sécheresse, un problème général de qualité. C'est seulement dans la région d'Ain, avec
Béni Mathar, des puits artésiens, que nous trouvons une situation plus favorable.
La datation des eaux de puits et les sources disponibles sur les Hauts Plateaux indique toutefois un épuisement
progressif des réserves en eau. Ce sont surtout les nomades qui sont touchés par l'assèchement naturel, renforcé
en outre par le pompage excessif, car ils ont besoin de nombreux points d'eau.
C'est pourquoi, en conclusion quelques éléments d'un système d'approvisionnement sont proposés qui pourraient
rendre les Hauts Plateaux de l'Est marocain indépendants tant des installations d'approvisionnement tradition
nelles que des variations pluviométriques.
Abstract — Lack of water and Aridity in Eastern Morocco
In the uplands of East Morocco water supply for men and animals has always been precarious. Only in the Gaada
of Debdou region and the step in the northwest conditions are better due to an number of springs. In the south,
however, the drinking water supply is limited to a few wells which mainly provide water of inferior quality and
with a high content of sulphate. In the central parts the nomads can only obtain water from Rdirs or Dayas which
dry up in summer.
In order to prevent this water deficiency, the nomads and later on also the Ministry of Agriculture drilled cistern-
like wells (Oglats) in the alluvions. During torrential rains these wells filled up. Water from Oglats, however, is
often contaminated by bacteria ; therefore the quantitative risk during dry years is accompanied by a general
qualitative deficiency. Only in the A in Beni Mathar region do we find a more favourable situation. Here artesian
wells have so far guaranteed a sufficient water supply.
The dating of all existing wells and springs in the uplands, however, indicates a slow depletion of the water
reserves. The natural drying-up of the Aih Beni Mathar region, which is even accelerated by overpumping, has
very serious consequences, especially for the nomads. They depend on a dense water network with a distance
of only a few kilomters between sources.
For this reason I have concluded with a presentation of the elements of a water supply system. That system could
contribute to the independency of the uplands in East Morocco from traditional water supply facilites as well
as from seasonal fluctuations in precipitation.
Zusammenfassung — Wassermangel und Trochenheitsrisiko aufden Ostmarokkanischen Hochplateaus
Auf den ostmarokkanischen Hochplateaus war die Wasserversorgung fur Mensch und Herden generell prekdr.
Nur im Gebiet der Gaada von Debdou und an der Landstufe im Nordwesten boten einige Quellen gunstigere
Bedingungen. Im Sùden dagegen steht ùberwiegend minderwertigeres Wasser mit hohem Sulfatgehalt an wenigen
Brunnenstandorten zur Verfugung. Im zentralen Teil kb'nnen sich die Nomaden nur mit Wasser aus Rdirs und
Dayas versorgen, die im Sommer austrocknen.
Urn dieser Mangel situation vorzubeugen, legten Nomaden und spàter auch das Agrarministerium zisternenahnliche
Brunnen (Oglat j in den Alluvionen an. Diese fullten sich im Verlauf von Hochwassern. Da aber das Wasser aus
Oglats bakteriologisch nicht einwandfrei ist, besteht neben dem quantitativen Risiko in Trockenjahren auch
generell ein qualitatives. Nur im Raum Ain Beni Mathar, wo die Wasserversorgung bis jetzt noch durch artesische
Brunnen gesichert ist, finden wir eine gunstigere Situation.
* Institut de Geographic, Université d'hrlangen - Nuremberg (R.F.A.)- 18
Altersdatierungen aller verfùgbaren Brunnen und Quellen auf den Hochplateaus deuten allerdings auf eine
langsame Erschôpfung der Wasservorràte hin. Von dernatùrlichen, durch Uberpumpung noch verstâchenAustrock-
nung der Region Ain Béni Maîhar sind vor allem Nomaden betroffen, da sie auf zahlreiche Wasserstellen im
Abstand weniger Kilometer angewiesen sind.
Abschliebend werden daher Elemente eines Wasserversorgungssystems dargestellt, das die ostmarokkanischen
Hochplateaus unabhàngiger von traditionellen Wasserversorgungseinrichtungen wie von saisonalen Niedersch-
lagsschwankungen machen kônnte.
- INTRODUCTION
Alors que la recherche s'occupe essentiellement de la partie occidentale du Maroc où les précipitations
sont relativement abondantes, on ne sait que peu de chose sur les régions situées entre la Moulouya et la frontière
algérienne qui font partie des zones déshéritées des Royaume du Maroc. En dehors des travaux de MULLER-
HOHENSTEIN (1978) et PASKOFF (1956), on ne trouve généralement d'autres informations que dans les
archives des instituts de géologie, d'hydrologie et d'agriculture, mais où il est la plupart du temps impossible
d'accéder. L'objet de cet article est donc l'étude des problèmes fondamentaux de ces régions jusqu'à présent
plutôt ignorées, à savoir le manque d'eau et ses causes. En outre, les formes d'adaptation de la population à
cette situation, ainsi que les risques qui en résultent seront présentés. Enfin, des propositions d'aménagement
seront faites.
I - GENERALITES GEOGRAPHIQUES
Entre les montagnes de Jerada au Nord et le Haut Atlas au Sud se trouvent de larges étendues
(900 m - 1600 m) qui se terminent à l'Ouest vers la dépression de la Moulouya par un escarpement de bordure,
découpé par les oueds. Vers l'Est, la frontière algéro-marocaine forme une ligne de séparation artificielle. Au
Nord, seulement l'Oued el Haï s'est frayé un chemin dans les sédiments de couverture horizontaux continentaux
ou lagunaires, et a donné ainsi à ce paysage un caractère particulier, en plateau, avec des pentes abruptes, que
la population locale appelle «terrain des gour». Dans la partie sud du se trouvent de petites côtes. Au
milieu de cette surface plate il y a des étendues légèrement déprimées, sans écoulement, nommées dayas.
Stipa tenacissima, Lygeum spartum et Artemisia herba alba déterminent la constellation végétale
et florale (MULLER-HOHENSTEIN 1978). Les arbres ont presque totalement disparu, à l'exception du l'ex-
tréme Nord-Ouest, c'est à dire la Gaada de Debdou où se trouvent des forêts et des arbustes avec Quercus ilex
et Juniperus oxycedrus. Mais là aussi les chênes verts sont fortement endommagés par l'utilisation du bois
et le pâturage empêche leur régénération. Quelques reboisements isolés en Pinus halepensis au Sud prouvent
que cette forme de végétation, la forêt, est localement possible sous ce climat.
C'est la carte des «étages bioclimatiques» de SAUVAGE de l'Atlas du Maroc qui fournit les meilleures
informations sur les conditions climatiques. D'après cette carte, la majeure partie de cette région est classée dans
l'étage aride avec hivers froids. Les petites hauteurs jurassiques à l'ouest de Tendrara et la région autour de
Matarka appartiennent à l'étage semi-aride. Seul le Nord-Ouest, la région des chênes-verts, connaît un climat
plus humide.
La station d'Ain El Kbira sur l'escarpement bordier est représentative de cette partie Nord-Ouest ; elle
compte 578 mm de précipitations en moyenne annuelle. Mais vers l'Est, les précipitations diminuent rapidement ;
El Ateuf déjà ne reçoit probablement pas plus de 300 mm.
Tendrara dans les Sud-Est ne reçoit que 185 mm et on ne mesure que 202 mm à Ain Béni Mathar
dans le NE, on peut en déduire que les Hauts Plateaux ne reçoivent en tout pas plus de 200 mm de précipitations
en moyenne annuelle. En outre, les totaux des précipitations annuelles varient beaucoup, entre 1200 et 300 mm
au Nord-Ouest et entre 400 et 27 mm au Sud-Ouest.
Cependant les températures n'ont été relevées ni à Tendrara ni à Ain el Kbira ou Ain Guennfouda.
Tous les calculs du Quotient Pluviothermique reposent donc sur des estimations qui, dans le Nord-Ouest, né
cessitent des corrections (1). Si l'on prend 31°C (d'après SAUVAGE, 1963, il s'agirait de 34°C) comme moyenne
(1) En ce qui concerne la réduction de la température, il faut expliquer, que nous avons mesuré la température en été, et fait
des analyses isotopiques des eaux de source sur la Gaada de Debdou et le Mekam. La teneur isotopique, dans ce cas entre
- 7,19 % et - 9,97 % pour le 18o, respectivement - 51,8 % et - 57 % pour le deuterium, correspond après DANS-
GAARD à une température moyenne qu'on trouve au Maroc normalement à une hauteur supérieure à 1900 m. Cela veut dire,
que les températures des eaux de sources ne sont pas équivalentes à la hauteur de la Gaada de Debdou et du Mekam (hauteur
environ 1600 m), elles sont trop basses. D'après mon calcul approximatif la réduction est de 3°C. |
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1 Carte Géologique des Hauts Plateaux Fig.
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Alluvions
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f j Crétacé
[___ J Aalénien-Bajocien
;J ÇNSNL? [ Trias
" j Primaire [
■ Fractures
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\ïu Point d'altitude
-- — Fleuve
— — Oued
= Route revêtue
• Puit resp. habitat
<v Forage
Fig. 1 : CARTE GÉOLOGIQUE DES HAUTS PLATEAUX
Source : Carte Géologique du Maroc, planche Oujda, 1 : 500 000. I
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20
assez réaliste des maxima du mois le plus
chaud et - 1° C ( - 0,5° C selon | |AïnelKbira
SAUVAGE) comme moyenne des minima Tendara du mois le plus froid, une zone d'au moins
1200 km2 se retrouve à l'étage sub
humide, alors que d'après SAUVAGE
(1963), cette superficie n'est que de
150 km2. Le Nord-Ouest, c'est-à-dire
la Gaada de Debdou, est donc plus
humide qu'on ne l'avait pensé jusqu'à
présent.
•s 40
II - CARACTERES HYDRO- *
LOGIQUES ET HYDROGEO-
LOGIQUES GENERAUX
En raison du caractère en
plateau et des faibles précipitations,
il semble compréhensible que, sur de
vastes parties des Hauts Plateaux, il
y ait seulement des réseaux dendritiques
transportant épisodiquement de l'eau. Fig. 2 : PRECIPITATIONS MOYENNES MENSUELLES
DESSTATIONSD'AINELKBIRAETTENDRARA Ces réseaux suivant la pente, se dirigent
vers le Nord, à savoir l'Oued Charef.
Seul le Nord-Ouest, plus humide, présente un cours d'eau permanent, à savoir le cours supérieur de l'Oued Charef,
c'est-a-dire l'Oued el Ateuf, sur une longueur de 10 km environ. En aval du village d'el Ateuf, l'oued se perd dans
une zone de tarissement ; mais peu avant Ain Béni Mathar, où se trouve le point de rencontre entre la nappe et le
fond du lit, l'Oued devient à nouveau permanent, alimenté en plus par les sources de Ras el Ain. C'est aussi la
raison pour laquelle son nom change de Oued Charef (= Oued vieux) en Oued el Haï (= Oued vif).
Le débit épisodique de l'Oued Charef apparaît aussi dans les valeurs relevées à la station de jaugeage
d'Ain Béni Mathar (voir figure 3). Mais il faut ajouter cependant que ce fluviomètre n'est pas en mesure de
refléter également de façon conforme les débits qui existent au Sud des Hauts Plateaux. Ainsi des écoulements
m'/s 400-
20 4 « 21 2121 25 7 17 7 16 6 17 7 16 8 21 5 8 23 13 13 27 10 14 27 14 26 29 6 23 4 23 13 22 10 16 15 11 20 16 17 17 19 21 21 22 22 16 24 14 22 25 Date 91 10 11 12 1 2 I 3 141 S 6 III 9 10 1111 12 I 2 3 M 5 16 7 8 19 10 111112111213 Mois 14202313 11 17 21 23 9 14 IHeure 1977 197B 1979 1980
Fig. 3 : DEBIT DE L'OUED ET HAI AU FLUVIOMETRE D'AIN BENI MATHAR
à plein débit, évalués près de Matarka à 5-6 m3/s peuvent se perdre totalement dans les alluvions du lit et ne
plus être enregistrés à Ain Béni Mathar. Le plus souvent, l'eau stagne plusieurs jours dans les oueds et dayas.
Un pourcentage non mesuré jusqu'à maintentan s'infiltre jusqu'à la nappe phréatique. .
,
21
La situation hydrogéologique est caractérisée par des couches aquifères sous lesquelles se trouvent
des argiles triasiques étanches. Vers le haut, les calcaires du Lias et du Dogger, fissurés et différemment karstifiés,
sont recouverts sur de vastes étendues par des couches imperméables: C'est que dans le Sud-Ouest, près de Hassi
el Ahmar, entre les calcaires jurassiques aquifères et les couches pontico-pliocènes, que des calcaires crétacés se
trouvent encore, contenant des couches intermédiaires argileuses formant des aquifères localement peu profondes.
1 1 I- PROBLEMES ET INSUFFISANCES DANS L'APPROVISIONNEMENT
EN EAU DES HOMMES ET DES TROUPEAUX
Etant donné les conditions climatiques semi-arides, la topographie de plateau et la profondeur de la
nappe qui présente sur de vastes espaces de faibles coefficients d'emmagasinement, on peut se demander comment
la population de cette région peut couvrir ses besoins et ceux de ses troupeaux en eau.
1. La Gaada et le Rekkam
L'eau de source qui, pour des raisons
hygiéniques, est bien préférable, ne se trouve qu'aux >g2* J2' C( *~ C endroits où, les conditions lithologiques nécessaires mvat /( M Co So HCO
1000 . associées à des différences d'altitude permettent le
jaillissement d'une source, à savoir dans la région du
500 Nord-Ouest au climat déjà plus humide. Certes,
pour les nomades, il serait souhaitable d'aménager
réseau dense de points d'eau entretenus, étant 200 donné le tarissement de nombreuses sources appar
tenant au karst superficiel pendant les mois d'été
100 qui connaissent de faibles précipitations. Il en
résulte des distances à parcourir plus longues pour les
50 troupeaux. Avec Ain el Kbira, Ain Chabal et Ain el
Hanech, la figure 4 montre la bonne qualité des
eaux dans la région du Nord-Ouest. 20
Il est tout à fait improbable que ces
10 sources tarissent à long terme, car l'examen radio- ^*" "\
métrique confirme l'alimentation des réserves d'eau, '" - -■' I is. 5 \ alimentation déjà présumée d'après les conditions \ 1
hydrogéologiques et climatiques. \ ft Sf/
2 Ce n'est que lorsque les eaux du karst \ •V profond (dont les axes d'écoulement sont par
/il 1 ailleurs inconnus) parcourent de longues distances / -M t-fp- — - \ » souterraines, qu'on obtient un âge élevé (type ^' / \ 1 '// f: \ \ Tissaf : âge radiométrique 21 700 ± 400). Mais la 0.5 i-il \\ présence de 6,3 + 1,8 unités de tritium montrent /
que l'alimentation des nappes aquifères se poursuit T ! \ 0.2 j encore et qu'on est ici en présence d'eau mélangée.
ai .
2. La région de Tabouda / Ain Béni Mathar Moulouya ïï Ain el Kbira
Miblat Ain el Hanech Nous trouvons aussi une situation Ain Chabal Moulouya I favorable dans la région d'Ain Béni Mathar/Ta-
Fig. 4 : Diagramme logarithmique des eaux de ta bouda, toutefois dans des conditions totalement Gaada de Debdou (Ain el Hanech, Ain Chabal, différentes. Là, en effet, le niveau piézométrique Ai'n el Kbira) et trois prélèvements de la Moulouya peut monter jusqu'à 40 m au-dessus de la surface du (Miblat = cours supérieur), Moulouya I, avril 1979,
Moulouya II, septembre 1979, fait au pont d'Outat sol. Quelle que soit la saison, une source importante,
el Hai. celle de Ras el Ain, et de nombreux puits artésiens (Les analyses chimiques sont fait dans le terrain avec de moindre importance assurent l'approvisionne un photomètre spectral (portable) par moi-même.
ment en eau potable des troupeaux et permettent en C'est pourquoi j'ai pu analyser aussi le .
.
.

1
1
22
outre à la population de cette région de pratiquer des cultures fourragères (luzerne) et un peu de culture
maraîchères.
Cependant, en ce qui concerne l'approvisionnement futur, l'âge radiométrique élevé des eaux (20 000
ans et plus) le montre problématique, de même que la faible proportion des mélanges d'eaux récentes qui apparaît
à travers les valeurs marginales en tritium. L'utilisation contrôlée de l'eau dans cette région est donc une mesure
imperative. Au sein de la population dépendante de cette eau, cette réglementation, qui équivaut à des restric
tions, se heurte a une certaine résistance. Des vannes fermées sont ouvertes de force (22/18 Marabout), des
manomètres sont détruits, des piézomètres et des tubages sont remplis de pierres. De même, les parois de quelques
cabanes construites sur les puits ont été défoncées afin de parvenir aux robinets. Toutefois, un bon nombre de
destructions sont à mettre au compte d'une certaine ignorance dans le maniement des appareils techniques. La
bonne route qui relie Oujda à Ain Béni Mathar (deux heures de trajet) permet cependant aux autorités de procé
der à des contrôles parfois nécessaires et de veiller à l'entretien ou à la remise en état des forages artésiens et des
piézomètres.
3. La région de Matarka
Au Sud, dans la région de transition vers le Haut Atlas, l'approvisionnement en eau pose davantage de
problèmes. A l'exception de la source de Tendrara, il n'existe qu'une source près de Matarka, ayant un débit toute
l'année et dont l'eau, faiblement artésienne, résurge
en profitant d'un pli-faille. L'eau ne jaillit pas libr
ement, mais circule dans les alluvions argilo-sableuses
♦ ?♦ qui se trouvent entre le thalweg et la faille. Dans ces mval/l HCO M ,Mg Sd
alluvions, les habitants de la région ont creusé de 1000 .
nombreux puits afin de pouvoir mieux s'appro
visionner en eau. Entre temps, ce point d'eau a été 500
aménagé à plusieurs reprises.
200 Actuellement il consiste en un premier
réservoir d'où l'eau peut être pompée vers un second
100 de distribution situé à un endroit plus élevé.
De là, elle est à nouveau acheminée de manière
50 gravitaire vers quatre autres réservoirs. En avril 1980,
lors de notre visite à Matarka, ce système ingénieux
ne fonctionnait déjà plus depuis huit mois en raison
20 d'un moteur en panne, ce qui réduisait les possibilités
de pâturage. — — — 10 Nfs.
-y^ \ ç\ S. \\ v +*" y y y y 5 4. Le secteur Sud-Ouest \ / \ \\ ^_ Y"- \ N]
Plus à L'Ouest, près de Hassi el Ahmar, 2 \ O / ; Hassi Jnem Rtem et Tisraine, le site géologique
—V- \ permet l'installation de puits peu profonds dans les 1 —j- —
couches calcaires. Les plus importants de ces puits ne i \ i I tarissent pratiquement pas. La figure 5 montre que 0.5
1 les eaux provenant des roches crétacés se distinguent f ••— ^» clairement des eaux situées dans les roches jurassiques
(Matarka). Cette différence est surtout due à la 0.2
forte teneur en SO4.
ai
Toutefois, les problèmes sont complexes Hassi el Ahmar dans ce domaine. Aux puits d'Hassi el Ahmar et Hassi Bel Tissaf Ghiada Aban Matarka
Jnem Rtem par exemple, dans le cadre traditionnel de Hassi Rtem
l'approvisionnement en eau, on amène jusqu' aux
Fig. 5 : Diagramme logarithmique des eaux de puits puits les bêtes de trait qui souillent ainsi l'eau potable
au Sw (Hassi el Ahmar, Hassi Rtem) et des forages de leurs matières fécales. Il en résulte des valeurs en au S (Bel Aban, Bel Ghiada) en comparaison de
nitrite de l'ordre de 0,05 mg NO 2. Matarka et Tissaf. 23
5. La Cuvette de Bel Ghiada
D'autres problèmes se présentent dans la Cuvette de Bel Ghiada. Là, la teneur en SO4 (sulfate)
au forage 11/32 est, avec 850 mg/1, si élevée que les nomades renoncent dans la mesure du possible à l'eau
du et utilisent au printemps l'eau des petites sources jurassiques. Si ces sources tarissent, les nomades
ont recours de préférence à l'eau qui s'est amassée dans les petites cuvettes ou dans les rdirs (ou ghdirs) petites
retenues d'eau de ruissellement). Ce n'est que lorsqu'il n'existe aucune autre possibilité d'approvisionnement
qu'ils prennent l'eau des forages Bel Aban et Bel Ghiada comme eau potable. Cela indique que les nomades
possèdent d'un côté certaines connaissances concernant la consistance chimique des eaux, mais de l'autre, qu'ils
ne sont guère sensibles aux propriétés bactériologiques de ces mêmes eaux.
6. Les problèmes dans la région centrale
Dans la partie centrale du Haut Plateau de l'Est marocain, entre Ain Béni Mathar, Tendrara, Matarka
et El Ateuf par contre, il n'existe pas de source. Dans cette région, l'approvisionnement en eau a toujours été
précaire, étant donné que les nomades devaient se contenter de l'eau qu'ils pouvaient soit emmener et/ou de celle
qui s'était amassée dans les dayas (cuvettes naturelles fermées) ou dans les rdirs.
Cependant, pendant les mois d'été, on ne peut guère compter sur l'eau des dayas ou des rdirs. C'est
pourquoi les nomades ont aménagé dans les alluvions des puits semblables à des citernes, appelés oglaî. Ceux-ci
se remplissent durant les mois d'hiver plus humides, et constituent ainsi des réserves utilisables pendant les mois
d'été plus secs.
Dans les années soixante, le Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire fit installer, suivant
l'exemple des nomades, de petites citernes en béton semblables aux oglats.
Photo 1 : Petite citerne en béton
Cependant, elles aussi ont été soit détruites lors de crues catastrophiques soit remplies de sédiments.
Néanmoins, à l'époque du protectorat français, on s'était déjà efforcé d'améliorer cette situation extrême par
l'utilisation de moto-pompes. Là où la distance entre la nappe et la surface du sol était relativement faible, on
a pu aussi installer des éoliennes. Bien que ces pompes, (ainsi que les éoliennes) aient longtemps fonctionné
sans problème, l'usure naturelle a entraîné l'arrêt successif de presque toutes. C'est seulement au forage 25/25,
ayant un débit de 4 1/s, et où un système de distribution semblable à celui de Matarka existe, que l'on s'est
efforcé en 1980 d'installer un nouveau moteur.
On ne s'est pas occupé des autres forages, car leur faible débit n'était pas en proportion avec les
frais qu'aurait entrainé leur entretien ou remise en état. A ces frais s'ajoutent les mauvaises pistes qui nécessitent
l'utilisation de véhicules tout terrain, de même que les coûts élevés de personnel pour le séjour dans cette région
reculée et inhospitalière.
Cela apparaît particulièrement lorsqu'une éolienne doit être remise en état. On doit tout d'abord faire
venir une équipe de réparateurs de Casablanca (à environ 1000 km), vu que, dans un périmètre plus proche, il n'y a
aucun mécanicien disposant des connaissances et des pièces de rechange nécessaires. Avant même de savoir si une
éolienne défectueuse peut être réparée, on a donc des frais élevés dont on ne tire aucun bénéfice immédiat.

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