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Projections de population à l'horizon 2030, un vieillissement inéluctable

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4 pages
En 2030, si les comportements démographiques du passé se maintiennent, la population de la Franche-Comté sera la même qu'actuellement. Après quelques années de croissance, 2015 devrait marquer un retournement de tendance. En 30 ans, seul le département du Doubs connaîtra une augmentation sensible de sa population. Le vieillissement de la population concernera toute la région mais touchera particulièrement les départements du Jura et de la Haute-Saône. Les migrations, et notamment celles des jeunes, jouent un rôle décisif dans les évolutions et expliquent les baisses importantes dans les zones d'emploi de Montbéliard, Morteau ou Lure-Luxeuil.
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Démographie
i les tendances observées négatif en fin de période. S’ajou-En 2030, si les comportements
au cours de la période tent à cela des mouvements mi-démographiques du passé se
1990-1999 se maintien- gratoires que nous avons choisimaintiennent, la population de la
nent, la population de la de reconduire tels qu’ils étaientFranche-Comté sera la même
Franche-Comté augmentera jus- entre les recensements de 1990
qu’actuellement. Après quelques années qu’en 2015. Ensuite elle dimi- et 1999 (cf. pour comprendre
de croissance, 2015 devrait marquer un nuera, le solde naturel (naissan- ces résultats). Ainsi, du fait des
retournement de tendance. En 30 ans, ces moins décès) ne compen- migrations, la Franche-Comté
sant plus le déficit migratoire. perdrait chaque année 1400 ha-seul le département du Doubs connaîtra
Cette diminution bitants, jusqu’enune augmentation sensible de sa
du nombre d’habi- 2030. Ce déficitUne population stablepopulation. Le vieillissement de la
tants s’accélérera migratoire con-à l’horizon 2030population concernera toute la région
lors de la troisième cerne essentielle-
mais touchera plus particulièrement les décennie, où le taux de crois- ment les jeunes de moins de 30
départements du Jura et de la Haute- sance annuel moyen s’établirait ans. Ces départs induisent à
Saône. Les migrations, et notamment à – 0,14%. terme une diminution du nom-
Ce retournement en milieu de bre des naissances qui vientcelles des jeunes, jouent un rôle décisif
période a deux explications. Le amplifier l’effet du déficit mi-dans les évolutions et expliquent les
maintien à son niveau actuel de gratoire. Les mouvements mi-baisses importantes dans les zones
la fécondité (indicateur conjonc- gratoires freineraient la crois-d’emploi de Montbéliard,
turel de fécondité à 1,81) ne sance démographique de la ré-
Morteau ou Lure-Luxeuil. permet pas d’assurer le renou- gion sur la première partie de la
vellement des générations. Le période de projection, puis ac-
solde naturel annuel se dégra- céléreraient la baisse de popu-
derait ainsi fortement, devenant lation à partir de 2015.Nº 48 - OCTOBRE 2001
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 48
ESS014818 Prix : 15F (2,29 )À l’horizon 2030, ils perdraient pagnole-Revermont perdraient
chacun près de 9 000 habitants. plus de 10% de leur population
Le renversement de la tendance sur l’ensemble de la période.
serait plus tardif pour le Terri- Ces trois zones d’emploi se clas-
toire de Belfort et le Doubs, seraient ainsi parmi les 100 zo-
respectivement en 2015 et en nes d’emploi françaises qui per-
2020. Le Doubs gagnerait ainsi draient le plus d’habitants à l’ho-
près de 13 000 habitants en 30 rizon 2030. Les projections con-
ans alors que la po- cernant les zonesLes zones d’emploi
pulation du Terri- d’emploi de Mor-de Besançon
toire de Belfort res- teau, de Vesoul ouet Pontarlier tirentterait à peu près sta- de Dole ne sont
la populationble. guère plus optimis-
franc-comtoiseLes zones d’emploi tes. Elles perdraient
de Besançon et Pontarlier de- en effet entre 5 et 8% de leur
vraient être les seules à connaî- population.
tre des croissances significati- À moins d’un bouleversement
Cependant à un niveau infra ré- ves de leur population. De plus, des comportements, un habitant
gional, il faut distinguer les si- malgré une réduction de moitié de Franche-Comté sur trois
tuations des départements du de leur rythme de croissance aurait au moins 60 ans en 2030
Doubs et du Territoire de Bel- entre le début et la fin de la contre un peu plus de un sur
fort, de celles du Jura et de la période, elles resteraient les seu- cinq actuellement. Dans le Jura,
Haute-Saône qui verraient leur les à conserver un taux de crois- cette part atteindrait 37%. Dans
population se réduire dès 2005. sance positif en 2030. Au cours le même temps, la part des 75
des 30 prochaines an- ans et plus seraitFort vieillissementnées, la croissance multipliée par deux
de la populationdémographique de la pour atteindre 14%
zone d’emploi de Besançon si- de la population. Quant au nom-
tuerait celle-ci dans le premier bre des centenaires (200 envi-
cinquième des 348 zones d’em- ron à l’heure actuelle), il de-
ploi métropolitaines. vrait même être multiplié par 7.
À l’opposé, les zones d’emploi La part des moins de 20 ans se
de Montbéliard, de Lure- réduirait de 5 à 6 points, pour ne
Luxeuil et de l’ensemble Cham- plus représenter qu’un cin-
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 48LES HYPOTHÈSES
Les projections présentées ici ont été réalisées avec les hypo-
thèses du scénario dit « central ». La fécondité de la région est
maintenue à son niveau de 1999, ce qui a pour effet de maintenir
l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) de la région à 1,81 sur
toute la période de projection. Cet indicateur représente le
nombre moyen d’enfants qu’une femme non soumise à la
mortalité mettrait au monde si elle avait tout au long de sa vie la
fécondité par âge observée l’année considérée. Il dépend des
conditions du moment (ici de l’année 1999), de l’intensité de la
fécondité des générations et du rythme avec lequel les femmes
constituent leur descendance. On peut envisager d’autres hy-
pothèses sur le niveau de fécondité futur que le maintien au
niveau actuel proposé par le scénario central.
Une hausse de la fécondité peut être envisagée. En effet, le
maintien du faible niveau actuel de l’ICF de la région n’intègre pas
un éventuel effet retard de la fécondité. Il est pourtant possible
que la fécondité des femmes, à l’horizon 2020 ou 2030, soit plus
élevée, si les générations de femmes qui nous intéressent com-
pensent, même partiellement, après 30 ou 35 ans les naissances
qu’elles n’auront pas eues auparavant. Dans le cas d’une fécon-
dité haute (ICF de 2,1) la population franc-comtoise croîtrait en
moyenne de 0,12% par an. Elle gagnerait ainsi plus de 42 000
habitants en 30 ans. Les populations du Jura et de la Haute-Saône
seraient stables. La population franc-comtoise totale ne commen-
cerait à se stabiliser qu’en fin de période.quième de la population. Ce vieillirait le moins. Elle serait la
On peut aussi envisager un scénario de fécondité dite basse, i.e.
vieillissement s’explique essen- seule zone de Franche-Comté à un scénario où l’ICF serait de 1,5. La Franche-Comté verrait alors
tiellement par l’arrivée aux âges vieillir à un rythme légèrement sa population fortement baisser puisqu’elle perdrait près de
élevés des enfants du baby- inférieur à celui de la Métro- 48 000 habitants en 30 ans. La baisse commencerait dès 2008.
Les départements les plus touchés par la baisse démographiqueboom. L’hypothèse d’un indi- pole. Avec une moyenne d’âge
resteraient le Jura et la Haute-Saône. Ils perdraient quasimentcateur conjoncturel de fécon- de 36 ans, Besançon est déjà la
deux fois plus d’habitants que dans le cas du scénario dit central.dité peu élevé, maintenu à 1,81 zone la plus jeune de Franche-
Les projections ont été établies à partir de la période 1990-1999,
enfant par femme en Franche- Comté. Et l’écart avec les autres et non de la période 1982-1999, comme dans les travaux natio-
Comté, vient renforcer ce zones augmenterait. Inverse- naux de l’INSEE, cette dernière période conduisant pour la Fran-
vieillissement. L’âge moyen des ment, parce que les jeunes s’en che-Comté à des hypothèses moins vraisemblables sur les mou-
vements migratoires.habitants pourrait ainsi attein- vont, la zone d’emploi de Pon-
dre 45 ans en 2030, soit 7 tarlier vieillirait davan-Les écarts
ans de plus qu’actuelle- tage que l’ensemble deentre zones
ment. la Franche-Comté, cecis’amplifient
Tous les départements et malgré une croissance
zones d’emploi vont être con- démographique sur toute la pé-
cernés par ce phénomène de riode de projection. Néanmoins,
vieillissement. Dans le Terri- en 2030, l’âge moyen dans cette
toire de Belfort, département le zone d’emploi devrait rester in-
plus jeune en fin de période, la férieur à la moyenne régionale
moyenne d’âge gagnerait tout ainsi que dans celles de Besan-
de même plus de 6 ans. Dans le çon, Belfort et Saint-Claude. À
Jura et la Haute-Saône, dépar- l’opposé, l’âge moyen des habi-
tements dont les populations tants de la zone d’emploi de
sont déjà les plus âgées, la Champagnole et du Revermont
moyenne d’âge augmenterait de devrait augmenter de 8 ans pour
7 ans. atteindre 49 ans en 2030.
Parce qu’elle attire des jeunes, Ces différences d’évolution dé-
la zone d’emploi de Besançon, mographique infra régionales
avec un gain de six ans de selon les zones d’emploi s’ex-
moyenne d’âge est celle qui pliquent d’abord par la struc-
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 48POUR COMPRENDRE CES RÉSULTATS
En se basant sur les résultats du recensement de 1999,
l’INSEE réalise des projections de population à l’aide du
modèle « Omphale » rénové.
Le principe consiste à déduire la population (par sexe et âge
d’une année) des effectifs de l’année précédente, en faisant
vieillir, mourir ou migrer les habitants et en intégrant de
nouvelles naissances.
Les décès annuels résultent de l’application de quotients de
mortalité par sexe et âge à la population. De façon interac-
tive, le solde migratoire de l’année s’obtient par application
de quotients migratoires par sexe et âge à la population de
la zone de référence, en tenant compte des décès pouvant
survenir dans l’année. Enfin les naissances sont obtenues
en appliquant des quotients de fécondité par âge aux effec-
tifs de femmes de 15 à 49 ans, susceptibles d’avoir des
enfants au cours de l’année.
Omphale calcule les quotients de référence à partir des
données du recensement et de l’état civil puis ces quotients
sont projetés année après année en fonction des hypothè-
ses choisies.
Le scénario central
Les projections présentées ici ont été réalisées avec les
hypothèses du scénario dit « central », fondé sur la recon-
ture par âge de la population en Cette hypothèse montre l’im- duction des tendances passées pour chacune des varia-
2000 et par les différences de pact des départs des jeunes sur bles :
mortalité et de fécondité (de 1,66 ces zones. - La fécondité de chaque région est maintenue à son niveau
de 1999. Les quotients de référence par âge de la mère sontenfant par femme dans la zone A contrario, l’impact des mi-
donc conservés durant toute la période de projection, ce quide Vesoul à 2,01 dans la zone de grations sur la zone de Besan-
a pour effet de maintenir l’indice conjoncturel de féconditéGray). Mais ce sont avant tout çon et, dans une moindre me-
de chaque région à son niveau actuel,
les mouvements de population sure, de Lons-le-Saunier est - La mortalité baisse au même rythme que la tendance
qui expliquent ces positif. Sans le jeu nationale,Les flux migratoiresécarts. Les migra- des migrations, la - Les quotients migratoires par âge sont calculés en seperturbent la basant sur la période de référence inter censitaire 1990-tions de jeunes (cf. zone de Besançoncroissance 1999. Ils sont maintenus constants sur toute la période deESSENTiEL n°42 et gagnerait beaucoupdémographique projection.n°46) qui ont des moins d’habitants
effets directs et des effets in- et celle de Lons-le-Saunier en Il n’est pas affecté de probabilité a priori aux hypothèses
duits sur la population, sont très perdrait. Leur poids dans la po- retenues ; il ne s’agit pas de prévisions.
différents selon les zones. pulation franc-comtoise se Un calage est effectué de façon à ce que la somme des
projections départementales ou par zones d’emploi soitOn peut avoir une idée de l’im- réduirait.
égale à la projection régionale réalisée avec le scénariopact des migrations en effec- Sophie Carrier
central.tuant une projection sans mi-
grations.
Ce scénario profiterait en pre-
mier lieu aux zones d’emploi
Pour en savoir plus INSEE Franche-Comtéles moins attractives (Montbé-
« Projections régionales de population pour 2030 : l’impact des « le Major » 83, rue de Dole
liard, Champagnole-Rever- migrations », INSEE Première, n°805, septembre 2001 BP 1997 25020 BESANÇON Cedex
mont, Lure-Luxeuil et Morteau) « Projections de population à l’horizon 2050 - un vieillissement Tél : 03 81 41 61 61 Fax : 03 81 41 61 99
inéluctable », INSEE Première, n°762, mars 2001.qui ont aussi la particularité
Directeur de la publication : Bernard Le Calvez« Les migrations en France entre 1990 et 1999 », INSEEd’avoir des taux de fécondité Rédacteur en chef : Jean-Michel FlochPremière, n°758, février 2001.
Mise en page : Maurice Boguetplus élevés que la moyenne ré- « Quelle population pour les régions en 2015 ? », Économie et Imprimerie : Éblé Besançon
statistique, n°274, 1994-4.gionale. Ainsi, en l’absence de
Nº de CPPAP : 3 021 ADÀ paraître, un cédérom sur les projections de population dans lamigrations, ces zones au lieu de ISSN : 1248-2544
collection INSEE Résultats. © INSEE 2001perdre de la population en ga- dépôt légal : octobre 2001Il est en outre possible d’effectuer des projections de population
gneraient ou resteraient stables. spécifiques, sur demande.
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 48

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