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Psychologie comparée - compte-rendu ; n°1 ; vol.23, pg 266-363

De
99 pages
L'année psychologique - Année 1922 - Volume 23 - Numéro 1 - Pages 266-363
98 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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III. Psychologie comparée
In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 266-363.
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III. Psychologie comparée. In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 266-363.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1922_num_23_1_298052 66 A.NALVSKS BIBLlO
H. VERGER et A. HESNARD. — Recherches physio- pathologiques
sur la bradykinésie postencéphalitique (syndrome de viscosité mot
rice). — Enc, juillet 1922, p. 409-423.
Sur les résultats que leur ont donnés la mesure et l'inscription des
réactions motrices dans les suites de l'encéphalite léthargique :
adynamie et fatigue rapide, saccades de l'effort musculaire, ralen
tissement des mouvements volontaires, allongement des temps de
réaction, persistance du tonus après la fin de l'excitation faradique,
les auteurs essaient de fonder cette thèse que la disparition des
mouvements automatiques est le trouble unique et fondamental
d'où peuvent se déduire tous les autres. C'est à la perte des mouve
ments automatiques qu'ils ramènent l'aspect figé, soudé, de Pencé-
phalitique, son immobilité d'attitude et de physionomie, la catatonie
et l'arrêt des mouvements en cours d'exécution. C'est à la conser
vation d'automatismes libérés par l'abolition des autres qu'ils im
putent la kinésie paradoxale, les rires et pleurs spasmodiques et même
les tremblements, les mouvements choréiques. Pour faire place nette
à cet élargissement de l'automatisme, ils prétendent démontrer, d'une
part, que Pencéphalitique n'est pas un hypertonique et, d'autre part,
que son activité est celle d'un sujet réduit aux seuls mouvements
volontaires. Mais, sans hypertonie, la régulation du tonus peut fort
bien être altérée ; et d'après leurs propres recherches il y a chez
l'encéphalitique trouble direct des mouvements volontaires.
H. W.
KLIPPEL, DENY, JACQUES FLORAND. — Sur un syndrome
paroxystique de rire spasmodique et de titubation cérébelleuse. —
Soc. de Psychiatrie, nov. 1921 : J. de Ps., XIX, janv. 1922, p. 90-92.
-y
Deux effets qui viennent s'ajouter aux séquelles possibles de
l'encéphalite épidémique : 1° « un rire spasmodique d'origine sous-
corticale, analogue à ceux des malades atteints du syndrome de pa
ralysie pseudo-bulbaire ».
2° Des troubles de l'équilibre sous la forme de titubation céré
belleuse.
H. W.
III. — Psychologie comparée
1° QUESTIONS ÉVOLUTIVES GÉNÉRALES
ETIENNE RABAUD. — L'Hérédité. — Pet. in-16 de 190 pages.
Paris, A. Colin, 1922.
Dans ce petit livre de la Collection Armand Colin, on trouvera sur
le grand problème de l'hérédité un exposé clair, avec données de
fait précises, interprétations prudentes, et critiques avisées. Après
un bref historique, un chapitre est consacré aux faits essentiels
de l'hérédité, un autre au rôle du milieu ; l'auteur discute la question
de P « hérédité d'influence », montrant que la télégonie est un préjugé
sans fondement, mais qu'il peut exister chez les végétaux, dans la PSYCHOLOGIE CUMPAUÉK 2 67
greffe, une fusion de substances donnant des hybrides asexués ; il
passe à l'examen des théories de l'hérédité, celles de Bateson et de
Morgan en particulier, et montre que les conceptions trop simples
fondées sur des « facteurs » héréditaires, entités trop commodes, ne
sont pas en accord avec les faits ni surtout avec nos connaissances
biologiques. C'est le fonctionnement chimique de substances plas
tiques contenues dans les cellules germinales, en interaction dans
l'équilibre d'ensemble, qui doit être envisagé quand on veut recher
cher le mécanisme des transmissions et des variations héréditaires;
et les variations héréditaires sont l'objet de deux intéressants cha
pitres théoriques suivis d'un chapitre d'applications. H. P.
GEORGES POYER. — Les problèmes généraux de l'hérédité psy
chologique. — In-8 de 304 pages. Paris, Alcan, 1921.
Depuis l'époque où Ribot écrivit son livre, les problèmes se sont
singulièrement renouvelés ; aussi doit-on être reconnaissant à l'au
teur d'avoir repris la question pour en faire une mise au point au
courant des travaux et des découvertes de la science contemporaine.
Rappelant que la psychologie est une branche de la science biolo
gique, et que les lois de l'hérédité psychologique ne peuvent être que
des applications particulières des lois plus générales de la biologie,
il est conduit à envisager d'abord l'hérédité sous son aspect le plus
vaste, avant de s'adresser aux problèmes plus spéciaux vers lesquels
les données de la pathologie mentale conduisent par une transition
naturelle.
D'excellents chapitres concernent les méthodes, descriptive, sta
tistique, génétique, ou analytique de « fratries » (en particulier
des caractères des jumeaux) et les résultats, encore très incomplets,
de ces méthodes.
Après avoir signalé l'importance du problème pratique de l'eugé
nique, Poyer dégage quelques conclusions de son étude, montrant
que, si l'hérédité apparaît souvent confuse chez l'homme, c'est à
cause des croisements multiples, favorables au maintien de types
moyens homogènes, mais que l'enfant reçoit de ses parents, à sa
naissance, non seulement une organisation physique, mais une cons
titution affective, intellectuelle et morale, forme vide en quelque
sorte que viendront remplir des éléments exogènes, d'origine sociale
surtout.
« Ce qui est fixé à la naissance, dit-il, ce sont les instincts, les in
térêts, la vitesse avec laquelle l'individu pourra s'adapter au milieu...
et la limite dans laquelle pourra se faire cette adaptation ; ce sont
aussi ses fonctions psychiques élémentaires, attention, mémoire, etc.,
et ses modes de réaction émotive ou affective aux circonstances
physiques et sociales ». Le point capital, ajoute-t-il justement, c'est
de déterminer la part exacte de l'éducation et de l'hérédité dans la
formation de l'adulte civilisé, et c'est là un problème très général de
psycho-sociologie, dont l'importance n'est pas seulement théorique,
mais pratique, dans le grand mouvement moderne de l'orientation
professionnelle fondée sur les aptitudes.
Modeste et prudent, l'auteur a fait œuvre scientifique utile et
louable. H. P. 2 68 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ROBERT SOMMER. — Familienforschung und Vererbungslehre
{Étude des descendances familiales et théorie de l'hérédité). — 2e Édi
tion. In-8 de 358 pages, 1922. Leipzig, Barth.
L'auteur, professeur à l'université de Giessen, recherche les lois
de l'hérédité dans les traits psychologiques des individus qu'il tâche
de suivre au cours des générations successives de familles données,
ce que l'on a fait quelquefois pour les familles souveraines sur le
squelles on a plus de documents.
Il s'est attaché à une famille intéressante, celle des Soldan, famille
bourgeoise, dont le fondateur fut un Turc du xive siècle converti au
christianisme, et suivie jusqu'à l'époque actuelle. Chez un grand
nombre des descendants se rencontre une aptitude très marquée aux
représentations plastiques (apparentes dans des écrits, et surtout
dans les œuvres remarquables de plusieurs sculpteurs), une aptitude
mathématique, et un individualisme fort accentué.
Il envisage également du point de vue de la « Familienforschung »
l'histoire allemande, s'adressant à Frédéric le Grand, à Goethe, à
Blücher, à Bismarck, à Ibsen, né en Norvège d'un père d'origine da
noise, ayant des ascendances germaniques, et d'une mère allemande,
à Hindenbourg, à Guillaume II lui-même, considéré beaucoup moins
comme un Hohenzollern que comme un rejeton d'une autre famille,
bien douée et tarée.
Enfin il consacre la plus grande partie de son livre à lui-même, à
son autobiographie et à son ascendance. Il se donne comme matériel
d'étude, et fournit ainsi une documentation aux auteurs, qui essaie
ront de reprendre de façon plus objective le problème de l'hérédité
psychologique d'après des monographies familiales dont il faudrait
un très grand nombre. H. P.
HAZEL MARTHA STANTON. — The inheritance o! specific mus
ical capacities (L'hérédité d'aptitudes musicales spécifiques), —
Ps. Mon., XXXI, 1 (140), 1922, p. 157-204.
Grâce à de nombreux appuis de psychologues, de généticiens et
de musiciens, l'auteur a pu examiner individuellement 85 membres
de 6 familles choisies pour posséder un musicien réputé (et obtenir
des renseignements généraux sur les autres membres de la famille).
Par cet examen, non seulement des données générales, et de
valeur directe, ont été recueillies sur chacun de ces membres des
familles étudiées, mais l'emploi de 4 des tests de Seashore a fourni
des données numériques traduites en psychogrammes, en « profils
de talent» musical, qui ont servi de base précise à l'établissement des.
tableaux d'hérédité, comme on le voit dans la figure ci-jointe, où les
hommes et les femmes (petit cercle) sont représentés par leur profil
musical.
Sur chaque profil est représenté le rang occupé (en déciles, d'après
l'étalonnage de Seashore, les déciles supérieurs à la moyenne se
lisant à droite et les déciles inférieurs à gauche. Les quatre tests
sont, de haut en bas, ceux de discrimination des hauteurs tonales
(autour de 435 v. d.j, des intensités, et des intervalles de temps,
et celui de mémoire tonale immédiate. PSYCHOLOGIE COMPAREE 269
L'étude actuelle, qui constitue surtout une introduction à la ques
tion générale, vaut surtout par la méthode. Toutefois, il apparaît
déjà nettement que, d'un couple possédant, des deux côtés, du talent
musical ou ayant des ascendants qui en possèdent, il y a tendance à
la génération d'enfants possédant du talent musical ; d'un couple
n'en possédant pas, il y a tendance à la génération d'enfants n'en
possédant pas ; et d'un couple dont l'un possède et l'autre ne possède
pas de talent musical, il naît des enfants des deux types.
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Type de « Talent Pedigree Chart ».
Quand l'auteur ajoute que l'accord des résultats avec certaines
lois mendéliennes « n'est pas improbable » il montre une prudence
scientifique que les généticiens n'ont pas toujours.
H. P.
VALENTIN HAECKER et THEODOR ZIEHEN. — Zur Verer
bung und Entwicklung der musikalischen Begabung. (L'hérédité
et l'évolution des aptitudes musicales). — Z. für Ps., 88, 265-307 ;
89, 273-312 ; 90, 204-306, 1922 ; et 1 vol. in-8° de iv-186 pages,
Leipzig, Barth, 1922.
Une enquête assez étendue (1.100 questionnaires, dont 295, por
tant en tout sur 5.000 individus, ont pu être utilisés) aboutit aux
résultats suivants :
1. L'hérédité musicale positive est plus marquée que la négative
dans les unions discordantes (au point de vue musical). ^
2. Dans les unions discordantes matropositives (mère musi
cienne), les descendants mâles H — h (particulièrement doués au point
de vue musical) prédominent. Par contre les descendants -+- (moyen
nement doués) sont surtout des filles (influence de l'éducation ?)
3. Le talent musical marqué (H — H) est plus rare chez les femmes
que chez les hommes, mais, quand il existe, il est presque toujours
transmis, — et ce surtout aux descendants mâles. 270 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
4. L'étude comparée de l'hérédité des unions discordantes et des
lois mendéliennes montre que le type qui s'applique le plus à l'héré
dité musicale est le mode Pisum légèrement modifié (présence d'un
descendant intermédiaire). Il y a lieu d'éliminer les autres modes :
Zea, Avena (créé par les auteurs : intermédiaire entre le mode Zea
et le mode en série continue des auteurs français), ainsi que les modes
liés au sexe (Drosophila, Abraxas, Dorset-Suffolk), quoique certaines
données paraissent liées à l'action du sexe. — II ne semble pas y
avoir de cas incompatibles avec le mendélisme.
5. Dans les unions concordantes positives (les deux conjoints mus
iciens), 40 0/0 des descendants sont -+- et 40 0/0 h — h.
6. Dans les unions négatives, l'on rencontre des
descendants -4- et même H — K L'explication de ces faits ne peut
être qu'hypothétique par suite de l'insuffisance des données sur
les ascendants.
7. L'analyse de l'aptitude musicale permet d'y considérer les
composantes suivantes : sensorielle, retentive, synthétique, motrice,
idéative. Il faut de plus considérer à part la création et la reproduct
ion, et étudier spécialement le sens du rythme et l'accent affectif.
Cette étude montre, entre autres, que :
a) Les composantes sensorielle (auditive) et motrice (phonatoire),
dont on sait par ailleurs l'étroite corrélation, peuvent être dissociées
par l'hérédité.
b) 12 0/0 des personnes interrogées (15 sur 295) et 34 0/0 parmi
celles qui composent elles-mêmes, possèdent la mémoire absolue de
la hauteur du son [absolutes Tongedächtnis).
c) L'hérédité du sens du rythme est plus marquée chez les filles
(éducation ?).
8. L'apparition du don musical est très précoce (souvent avant
la 2e année) ; elle précède quelquefois le langage. Ce fait semble
confirmer les constatations anatomo-physiologiques sur la non-
concordance des centres verbaux et musicaux. Dans quelques cas
on note l'apparition ou l'accentuation du don musical au moment
de la puberté.
9. Parmi les constitutions morbides, la dépressive semble s'accom
pagner d'un penchant vers la musique.
I. M.
ROGER MIGNOT. — L'hérédité dans la descendance d'un poly
game. — Enc, avril 1922, p. 212-218.
L'ancêtre était né vers le milieu du xvme siècle d'un jeune Fran
çais récemment débarqué aux Antilles et d'une négresse. De 9 unions,
dont 2 avec des blanches, 5 avec des mulâtresses, et 2 avec des
négresses, lui sont nés 14 fils et 8 filles, soit 22 enfants. Le total actuel
de ses descendants est de 151, dont 26 anormaux. Les tares ont été :
suicide 10 cas, aliénation mentale 7, alcoolisme chronique 7,
meurtres 3. La transmission s'est faite exclusivement par les hommes,
et les enfants mâles n'ayant -appartenu ni au premières ni aux der
nières unions ; c'est dans la période de sa pleine vigueur que le père
a transmis des prédispositions, dont il n'a d'ailleurs jamais rien PSYCHOLOGIE COMPAREE 271
manifesté lui-même. La consanguinité a été sans influence fâcheuse.
11 est douteux que la couleur en ait eu, mais c'est la descendance des
mulâtresses qui présenterait le plus d'anormaux. Ils paraissent être
en proportion décroissante dans l'actuelle génération.
H. W.
AUG. WIMMER. — Sur la transmission héréditaire des maladies
mentales. — Enc, mars, 1922, p. 129-150.
L'hérédité polymorphe ou transformatrice, admise par de nom
breux médecins ou aliénistes, est contraire au concept rigoureux de
l'hérédité et à ses lois expérimentalement établies. Mais vérifiées à
l'aide de croisements entre des lignées pures, est- il possible d'appli
quer celles-ci à l'étude de l'homme, qui est un bâtard plusieurs fois
hétérozygote ; chez qui l'analyse du caractère récessif par croisement
entre frère et sœur est impraticable ; dont les enfants sont habituel
lement en trop petit nombre pour donner toutes les combinaisons
des caractères de prédisposition pouvant exister chez les parents ;
sans parler des morts-nés, des avortements, des grossesses extra
conjugales, ni des caractères dont l'apparition peut être subordonnée
à des conditions physiologiques telles que la puberté, la ménopause,
la sénilité, et par suite qui peuvent manquer d'occasion de se manif
ester.
Le caractère de prédisposition, ou récessif, nous échappant, seul
peut être directement utilisé le caractère d'apparence extérieure :
c'est en fait l'état de maladie opposé à l'état de santé. En pathologie
mentale il y a une différenciation déjà suffisante de certains grou-'
pements cliniques, la psychose maniaco-dépressive, par exemple, ou
la démence précoce, pour qu'il soit possible d'étudier, non le fait
global de la dégénérescence mentale, mais, pour chaque affection, ses
conditions d'hérédité, qui peuvent être particulières.
Le petit nombre d'individus à chaque génération faisant dans les
manifestations héréditaires une grande part à l'accident, le simple
dénombrement mendélien donnerait des rapports erronés. Weinberg
a proposé de comparer les sujets d'épreuve à la série de leurs frères et
sœurs, en attribuant à chacun le nombre d'expériences a sain » qui
répond au nombre de frères et sœurs bien portants et le nombre
d'expériences a pathologique » répondant à celui de frères et sœurs
malades.
Appliquée à la démence précoce, dont le caractère dégénératif a
été signalé par de nombreux auteurs, cette méthode amène à des
conclusions assez précises : les parents du dément précoce ne l'étant
pas eux-mêmes dans l'immense majorité des cas, il faut que la
démence précoce, si elle est héréditaire, soit l'effet d'un caractère
récessif, d'un facteur prédisposant, qui existerait à la fois chez le
père et chez la mère. Cette hypothèse est confirmée, tant par la fr
équence beaucoup plus grande de l'affection chez les collatéraux,
oncles et tantes, frères et sœurs, que par son extrême rareté chez les
demi- frères et sœurs, la probabilité n'étant pas grande, en effet, que
eur géniteur commun ait deux fois rencontré chez ses conjoints la
prédisposition complémentaire de la sienne. Quant à l'hérédité di- 272 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
recte, elle n'a guère occasion de jouer, la démence précoce étant une
maladie de la puberté, qui oppose à la procréation, entre autres
obstacles, l'asile.
Mais l'hérédité ne sera démontrée spécifique que si les familles de
déments précoces n'offrent pas une proportion équivalente d'autres
psychoses. De cette comparaison il faut naturellement commencer
par éliminer celles qui ont, comme les psychoses traumatiques et
infectieuses, une cause accidentelle, ainsi que les psychoses artério-
scléreuses, séniles, préséniles, involutives. Restent les états maniacod
épressifs, dont le nombre est si faible, qu'ils semblent imputables
à l'intervention par voie collatérale d'une hérédité distincte. Pour
les suicides, l'alcoolisme, l'imbécillité, Pépilepsie, les cas ne rentrant
pas dans la précédente catégorie peuvent être l'effet d'une démence
précoce non diagnostiquée.
Il serait loisible aussi d'admettre avec Rüdin qu'il y a dans certaines
psychoses, dans l'alcoolisme, etc., des conditions pathogènes, dont
l'appoint vient en certains cas compléter une simple prédisposition
à la démence précoce ; mais alors pourquoi son extrême rareté chez
les demi-frères et sœurs ? Enfin, s'il se rencontre chez les collatéraux
des déments précoces un assez grand nombre d'états paraphré-
niques, paranoides et schizoides, hystérie comprise, ce serait l'indice
d'une certaine identité d'origine, la charge héréditaire se bornant à
diminuer de l'une à l'autre.
Contrairement à la démence précoce, la psychose maniaco-dép
ressive se transmet fréquemment en ligne directe, et sa rencontre
chez des demi-frères et sœurs est loin d'être exceptionnelle. Elle
paraît donc résulter d'une hérédité non récessive, mais dominante.
La proportion de ses cas est pourtant très inférieure à ce qu'exigerait
l'hérédité dominante d'après les schémas de Mendel. Il y a donc
un principe correcteur à trouver. Lenz a supposé que la transmission
héréditaire de la psychose maniaco-dépressive pouvait être liée au
sexe, d'où nécessairement une réduction considérable du nombre-
des individus chez qui elle se manifeste. La répartition très irrégu
lière de chaque famille en garçons et filles entraîne dans cette hypo
thèse une extrême variabilité des formules d'hérédité. Mais un
nombre de cas suffisant, très grand sans doute, doit aboutir à une
moyenne. Aux enquêtes plus étendues de l'établir et de vérifier si
elle répond au principe posé.
Une autre théorie fonde sur la prédilection des manifestations
maniaco-dépressives pour des époques telles que la puberté, la
menstruation, la grossesse, la puerpéralité, l'état présénile, qui sont
marquées par des révolutions endocriniennes, la nécessité d'une
collaboration entre la prédisposition héréditaire et l'action des
hormones. Mais que faire des cas où cette coïncidence ne peut être
mise en évidence ? La prépondérance importante de la psychose
maniaco-dépressive sur toutes les autres dans les familles des ma
niaco-dépressifs s'augmente encore du grand nombre des suicidés
et des alcooliques victimes d'une crise de mélancolie ou d'excitation.
L'absence presque absolue de la démence précoce fait contraste
et porte à conclure que psychose maniaco-dépressive et démence
précoce s'excluent. PSYCHOLOGIE COMPAKÉE 273
La part énorme d'incertitudes qu'il y a dans, ces déductions n'en
diminue pas l'intérêt, loin de là ; car, tout en établissant quelle peut
être la masse de nos ignorances, elles nous font entrevoir certaines
-des armatures les plus solides de nos connaissances futures.
H. W.
2° PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE
a) Etudes générales. Méthodologie
G. REVESZ. — Zar Analyse der tierischen Handlung. Theoretische
und experimentelle Beitraege zur vergleichenden Psychologie (De
l'analyse de l'activité animale. Contributions théoriques et expé
rimentales à la psychologie comparée). — ■ Ar. néerl. de Ph., 1922,
VII, p. 469-477.
L'auteur rappelle ses expériences avec Katz, dans lesquelles il
apprenait à des poules à saisir un grain de blé sur deux, en collant
un des grains et en laissant l'autre libre.
On a objecté que l'animal pouvait acquérir une habitude kines-
thésique, se déplaçant, après chaque grain picoré, d'une étendue
égale, correspondant à un double intervalle. Révèsz montre que
l'hypothèse ne vaut pas : en doublant ou en réduisant à moitié les
intervalles, la poule dressée continue à picorer sans erreur 1 grain
sur 2 ; elle le fait aussi sur des grains disposés verticalement et non
horizontalement.
Il a repris des expériences analogues, apprenant à une poule, en
une quinzaine d'essais, à saisir un grain libre situé entre 2 de 6 grains
collés équidistants, quelle que soit la position des grains entre les
quels le grain libre était placé.
A ce proposât à propos du fait que des enfants ne peuvent ac
quérir un apprentissage analogue qu'après trois ans, l'auteur se
livre à quelques considérations générales sur les facteurs d'activité :
si l'enfant de moins de trois ans ne réussit pas ce que la poule peut
faire, ce n'est pas par infériorité, c'est par manque d'intérêt. Les
impulsions nutritives jouent un rôle capital dans l'acquisition de
l'habitude.
H. P.
J. A. MELROSE. — The structure of animal learning [La structure
de l'apprentissage chez V animal). — Ps. Rev., XXVIII, 3, 1921
p. 189-221.
Le comportement de l'animal est en partie hérité, en partie acquis.
Quelles sont les lois générales du comportement acquis ?
On peut distinguer 3 types inférieurs d'apprentissage chez l'an
imal et 3 types supérieurs. Les premiers se rencontrent dans les or
ganismes qui ne sont pas pourvus du sens de la vue ou de celui de
l'odorat. Les deux derniers n'apparaissent que chez les animaux
l'année psychologique, xxnr. 18 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 274
doués du sens de la vue, sans que pour cela les types inférieurs
cessent de fonctionner. Ces types sont :
A. — Types inférieurs 1° Fixation organique (le comporte
ment hérité se précise et se fixe par l'usage). — Exemple : l'em
bryon de truite passe d'un mouvement circulaire unilatéral à un
mouvement rythmique en spirale, et enfin à un mouvement en ligne
droite.
2° Accommodation spatiale organique. — Des excitations sensor
ielles répétées sont assimilées et provoquent une modification du
comportement. Exemple: le ver de terre apprend à trouver sa route
entre deux lignes de contacts électriques, après une série d'essais.
Il y a donc ici iniervention de stimulus extérieurs, et « essai ».
3° Choix organique. — (II y a ici répétition et abréviation d'une
suite de réactions en série). — Après avoir essayé différents moyens
de défense, l'animal finit par trouver le bon, et, si l'excitation est
répétée, il répond tout de suite par la réaction correcte. La série
ABCDE devient AE.
B. — Types supérieurs 4° Association organique. — C'est le
type de l'apprentissage par l'odeur, par l'ouïe, ou le goût et aussi
des modes les plus simples d'apprentissage par la vue. Il n'y a plus
ici simplement, comme dans le cas précédent, abréviation d'une
série de réactions, mais una ' connexion est établie entre une sen
sation et un comportement déterminés (la fourmi retourne à son nid
en empruntant la route suivie par les autres fourmis, le chien r
etrouve la piste de son maître (Romanes).
5° Conception organique. — (Réponse à une situation nouvelle
où l'animal utilise le souvenir de situations concrètes analogues,
mais sans être complètement déterminé par l'expérience passée).
Le chien, habitué à vivre dans une maison déterminée, adapte son
comportement à d'autres maisons analogues, mais non rigoureus
ement semblables.
6° Jugement organique. (Le comportement implique une associa
tion entre des faits complexes, entre des relations). Dans cette caté
gorie rentrent tous les faits d'adaptation de l'animal à l'homme ou à
d'autres animaux.
Dans ces 6 types d'apprentissage se retrouvent d'une façon cons
tante :
1° La répétition des stimuli et des réponses.
2° L'assimilation synthétique des effets.
3° La projection, dans le comportement, des résultats intégrés
de l'expérience.
G. Poyer.
S. GALANT. — Reflex und Instinkt bei Tieren {Réflexe et Instinct
chez les animaux). — Biologisches Zentralblatt, 41, 5, 1921, p. 193-
210,
L'auteur qui a étudié divers réflexes chez des Invertébrés (un-
réflexe de grattage chez le carabe, un réflexe tonique d'immobilisa
tion durant 18 à 20 secondes, sous l'influence d'une pression chez
la Formica rufibarbis, divers réflexes d'insectes décapités) compare

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