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Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.74, pg 301-319

De
20 pages
L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 1 - Pages 301-319
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 301-319.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 301-319.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_1_28042générale Psychologie
Elliott (G. K.). — A guide to the documentation of psychology. —
Londres, Cl. Bingley, 1971, 134 p.
Ce guide a été composé à l'intention des étudiants avancés et des
chercheurs débutants confrontés au problème de la documentation à
notre époque où à la fois la quantité et les moyens de communication
de l'information ne cessent d'augmenter.
Les appendices situés à la fin de ce livre suffiraient à justifier la
nécessité d'un guide car la longue liste de journaux, index, abstracts,
reports, textbooks, handbooks, yearbooks, etc., s'étendant sur 30 pages,
a de quoi inquiéter le lecteur, prévenu de surcroît que cette liste n'est
pas exhaustive. Mais il faut dire que son inquiétude ne sera pas enti
èrement calmée par la lecture du corps du livre car l'auteur souligne bien
qu'il a été obligé de beaucoup simplifier (par exemple l'exposé des pro
cédures de classification), sélectionner (par la liste des journaux
en ne citant que ceux qui seraient au cœur des recherches en psychologie)
et limiter la méthodologie de la documentation à l'exemple issu de sa
propre expérience.
Le premier chapitre est un rapide exposé, dédié aux non-spécialistes,
de l'objet de la psychologie et de ses liens avec les autres sciences. Le
deuxième chapitre renseigne l'étudiant anglais sur l'existence des diffé
rents types de bibliothèques qui sont à sa disposition et donne une idée
des problèmes de classification dans l'élaboration du fichier ou du cata
logue de ces bibliothèques. Les chapitres suivants (III et IV) abordent
les questions principales : tout d'abord les différents types d'information
(conceptuelle, empirique ou procédurale) et les usages principaux de
l'information (de la recherche exhaustive à la référence quotidienne)
ainsi que les différents outils dont on dispose pour la documentation.
La catégorisation qui est faite de ces « outils » et la présentation de la
nature et de la fonction de chacun sont un peu trop rapides et on regrette
que les principales sources de documentation n'aient pas fait l'objet
d'une présentation plus détaillée et critique, portant par exemple sur
son histoire, son orientation, etc. Enfin, trois chapitres donnent des
conseils variés, des plus méthodologiques (le plan et les différentes phases
de la recherche) aux plus pratiques (comment écrire le nom des auteurs
ou les formes standards d'abréviation).
Dans l'ensemble, ce livre, qui n'avait pas la prétention d'être une
réflexion approfondie sur les moyens d'information et la méthodologie 302 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de la documentation mais se voulait guide élémentaire pratique, remplit
son objectif, mais on regrette un peu qu'il ne le dépasse pas.
C. Gérard.
Reuchlin (M.), Huteau (M.). — Guide de l'étudiant en psycholog
ie. — Paris, Presses Universitaires de France, 1973, 304 p.
Faciliter les choix auxquels se trouvent confrontés le candidat à
d'éventuelles études de psychologie, puis l'étudiant déjà engagé dans
ces études, tel est le but de ce guide.
Dans cette perspective, la première partie se propose de présenter
l'objet, les méthodes et les domaines de la psychologie. Le premier
chapitre, qui propose une « définition » provisoire, dénonce la confusion
— trop fréquente dans l'esprit du futur étudiant — entre psychologie
et philosophie, tout en montrant que les exigences techniques qu'im
plique la vérification ne rétrécissent pas pour autant le champ de la
psychologie. Le chapitre suivant, qui retrace l'évolution de la psychologie
dans ses rapports avec la philosophie, les sciences biologiques et les
sciences sociales, introduit à une revue des différentes méthodes :
méthodes expérimentales, méthodes comparatives (différentielle, géné
tique, pathologique), cliniques. Cette première partie est
complétée par un exposé, illustré de nombreux exemples, sur les grands
domaines de recherche et d'application.
La seconde partie fournit une documentation pratique, qui faisait
jusqu'ici défaut, sur les institutions d'enseignement et les organismes
de recherche français, en psychologie et psychophysiologie (apparte
nance administrative, intitulé des U.E.R. ou des laboratoires, organisa
tion des enseignements, thèmes des recherches, exemples de publications,
effectifs des enseignants, des chercheurs, et des étudiants, noms des
responsables, adresse de ces organismes, etc.). Un chapitre est consacré
aux débouchés et indique des filières trop souvent méconnues (concours
administratifs, G.A.P.E.S., G.E.L.S.A., I.S.S.T. par exemple). Le dernier
chapitre fournit une liste fort utile des différentes bibliothèques suscep
tibles d'intéresser les psychologues. L'ouvrage se termine par une biblio
graphie de base qui couvre l'ensemble des domaines de la psychologie.
Nul doute que ce guide, tant par la présentation synthétique de la
première partie que par la richesse des indications pratiques de la
seconde, n'atteigne le but qui lui était assigné et ne rencontre un vif
succès auprès des étudiants.
P. Marquer.
Chateau (J.). — Le malaise de la psychologie. — Paris, Flammarion,
1972, 203 p.
Le malaise de la psychologie de Jean Chateau nous révèle la pensée
d'un psychologue qui, après des années de recherches, fait un bilan. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 303
Nous souscrivons au désir qu'il exprime de voir les psychologues
aborder de nouveaux champs de recherches, le rire, le travail et partir
des clairières vers les sous-bois de la forêt.
Cependant nous ne pouvons accepter bon nombre de critiques faites
à la psychologie scientifique par le biais de critiques méthodologiques
et statistiques.
Nous ne pouvons souscrire aux perspectives statistiques de l'auteur
qui voudrait opposer la connaissance des probabilités aux mathématiques
classiques. Chacun a ses clairières.
G. Oléron.
Müssen (P. H.), Rosenzweig (M. R.) (Ed.). — Annual review
of psychology. — Palo Alto, Annual Rev. Inc., 1973, vol. 24, 551 p.
Seize chapitres traitant de l'état actuel de questions plus ou moins
vastes ou spécifiques, l'index des auteurs et l'index des matières, ainsi
que les index cumulatifs concernant les cinq derniers volumes (1969-
1973), tel est le contenu de ce volume de plus de 500 pages.
Selon la tradition, la première revue porte sur la « Psychologie du
développement » (E. S. Gollin et M. Moody). Elle couvre un champ hété
rogène où tous les domaines de la psychologie sont envisagés sous l'angle
du développement, à travers 250 références de travaux publiés entre
1969 et 1971, concernant le nouveau-né tant humain qu'animal, et
l'enfant jusque vers 10 ans. Suivent deux chapitres de théorie psychol
ogique, l'un sur « Les motivations de base du comportement » (« Basic
drives », par M. J. Wayner et R. J. Carey), l'autre sur « Les théories
mathématiques de l'apprentissage » (« Mathematical learning theory
and the new « mental forestry » », par J. G. Greeno et R. A. Bjork).
Ces derniers présentent et illustrent par de nombreux travaux le grand
développement, au cours des dix dernières années, des théories des
processus cognitifs.
La psychologie sensorielle et perceptive et la psychophysiologie sont
représentées dans quatre chapitres : « La sensibilité visuelle » (« Visual
sensitivity », par J. L. Brown), « L'odorat » (« The sense of smell »,
par T. Engen), « La perception » (« Perception », par H. W. Leibowitz
et L. O. Harvey Jr), où il est rendu compte d'un grand nombre de données
expérimentales concernant le contenu de la perception, essentiellement
visuelle ; et enfin : « Le sommeil » (« Physiological psychology : sleep »,
par H. L. Wiliams, F. A. Holloway et W. J. Griffiths).
Les tendances actuelles de la psychologie de la vie sociale sont ana
lysées sous l'angle de : « L'attirance interpersonnelle » (« Interpersonal
attraction » par D. Byrne et W. Griffitt), « L'étude des petits groupes »
(« The study of small groups », par R. Helmreich, R. Bakemann et
L. Scherwitz), « Psychologie et culture » (« Psychology and culture »,
par H. C. Triandis, R. S. Malpass et A. R. Davidson). Cette dernière
revue concerne les études transculturelles depuis 1967 environ. 304 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Un point de vue plus proche de l'application est adopté dans les
chapitres sur « L'attitude et les motivations du personnel » (« Personal
attitudes and motivation », par J. B. Miner et H. P. Dachler),sur « La
psychologie de l'environnement » (« Environmental psychology »,
par K. H. Graik) où sont cités de multiples travaux traitant des attitudes
du public, de l'écologie, de l'aménagement et de la perception du terri
toire, enfin sur « Les interventions sociales et dans la communauté »
(« Social and community », par E. L. Gowen), revue
consacrée aux problèmes d'hygiène mentale et d'options médicales ou
sociales.
Parmi ces articles, s'en trouvent encore deux autres, plus orientés
vers des problèmes méthodologiques : d'une part « La mesure des traits
de personnalité » (« Measurement of personality traits : theory and tech
nique », par A. L. Edwards et R. D. Abbott), regroupement de multiples
recherches où sont mesurés des traits de personnalité par échelles et
inventaires, d'autre part « Les échelles de mesure » (« Scaling » par
N. Cliff) où sont analysés les divers types d'échelles, unidimensionnelles
ou multidimensionnelles en rapport avec les modèles théoriques sous-
jacents.
A. Lévy-Schoen.
Eibl-Eibesfeldt (L). — Ethologie. Biologie du comportement. —
Naturalia et Biologia, Paris, Editions scientifiques, 1972.
Sous un titre identique à celui d'un autre livre récemment publié1, nous a donné le complément que chaque éthologiste
de langue française attendait : par ses qualités pédagogiques le livre
de Ruwet est celui de l'élève, mais par son exhaustivité celui d'Eibl-
Eibesfeldt est du maître. Le premier présente peu d'exemples,
choisis parmi les plus démonstratifs, pour illustrer les principes fond
amentaux de l'éthologie ; dans le second au contraire, l'auteur considère
ces bases comme acquises, et cite une quantité considérable de cas
concrets" où les principes se vérifient, dans une mesure variable d'ailleurs.
L'abondance des observations et des expériences citées en exemple
fait du présent ouvrage un livre de références : la bibliographie compte
50 pages à la typographie serrée !
L'enseignant consultera ce livre avec profit, et surtout les premiers
chapitres, pour l'exposition des concepts fondamentaux de l'école
objectiviste et pour la discussion des thèses behavioristes et épigéné-
tiques (Sehne irla, Kuo). Par ailleurs, dans la multitude d'exemples
divers proposés tout au long du texte, il trouvera à choisir ceux qui se
prêtent à la démonstration de tel ou tel point de théorie.
Le chercheur en éthologie sera davantage intéressé par les travaux
propres d'Eibl-Eibesfeldt et de ses collaborateurs, portant sur diverses
1. J. C. Ruwet, Dessart, Bruxelles, 1969. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 305
espèces animales aquatiques et terrestres, et réalisés également chez
l'Homme dans diverses sociétés et dans divers pays. L'apport original
et essentiel du présent ouvrage consiste certainement en la présentation
d'une synthèse des données d'observation recueillies par Eibl-Eibesfeldt
dans le domaine de la communication non verbale entre êtres humains,
qui vise à rétablir la réalité de la notion de « nature humaine », quelles
qu'en puissent être les variantes d'origine socio-culturelle. Plus encore :
des rapprochements entre les gestes et mimiques des Humains et des
Primates nous rappellent notre filiation zoologique. Telle est d'ailleurs
la raison du choix de l'illustration figurant sur la couverture du livre.
A ce propos, terminons en disant que l'abondance et la qualité des
286 illustrations (photos et dessins) sont un des principaux attraits de ce
livre, et que les trois index terminaux (matières, auteurs, noms d'espèces
animales) se révèlent bien utiles pour une consultation instantanée
sur un sujet précis.
M. Blancheteau.
Orientation : sensory basic. — Annals of the New York Academy
of Sciences, vol. 188, 1971, 408 p.
Un long symposium, riche de vingt-cinq communications, s'est
tenu en 1971 à New York sur le thème des aspects sensoriels des conduites
d'orientation chez l'animal et chez l'homme : ces divers rapports, ainsi
que les discussions des participants, constituent ce nouveau volume
des Annales de l'Académie des Sciences de New York. Ne pouvant rendre
compte de tous les rapports présentés, nous dirons seulement un mot
de ceux qui ont le plus retenu notre attention.
De nombreuses hypothèses concernant l'orientation chez l'animal,
qui étaient jusqu'ici considérées comme hardies ou peu plausibles,
se voient peu à peu confirmées, ou du moins prises au sérieux dans une
discussion. Ainsi l'orientation d'après les repères célestes paraît bien
être pratiquée par divers batraciens, selon Ferguson, qui ne s'étonne
pas d'un tel mode d'orientation chez ces vertébrés inférieurs, car il le
considère comme plus primitif que le repérage olfactif chez des animaux
terrestres, dans une perspective évolutionniste.
Mais c'est surtout l'orientation par rapport au champ magnétique
terrestre qui suscite le plus de controverses et de travaux. F. Brown
fut un pionnier en cette matière, et il nous présente une fois encore
les résultats de ses études sur les trajets et déplacements de gastéropodes
soumis à des champs magnétiques faibles ; on lui objecte, au cours de la
discussion, combien les effets observés sont également faibles. Ils
paraissent néanmoins assez nets, alors que McGleave et coll. n'ont pu
obtenir aucun réflexe conditionné chez l'anguille envers un signal de
nature magnétique. Or, dans cette procédure de conditionnement,
« la topographie de réponse est fixe », c'est-à-dire que l'animal doit
détecter un stimulus sans se déplacer, tandis que les mollusques de 306 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Brown rampent et s'orientent véritablement. Il se pourrait, note Stasko
dans la discussion sur les « théories non conventionnelles de l'orientation »
que cette variable de mobilité ou d'immobilité du sujet animal soit
déterminante s'il faut conclure à une sensibilité particulière ou à son
absence. Par exemple, on n'a pas pu établir de conditionnement opérant
différentiel chez des pigeons vis-à-vis de stimulus magnétiques ; mais
si l'on fixe des aimants aux ailes de pigeons qu'on relâche loin du
pigeonnier lorsque le ciel est couvert, ces oiseaux sont désorientés.
Emlen note qu'il y a là un important problème méthodologique :
il s'agit de trouver la conduite ou la réponse adéquate pour mettre en
évidence une sensibilité déterminée ; mais Emlen, paradoxalement,
est partisan de la technique de conditionnement viscéral ! De toute
façon, la technique de conditionnement opérant en boîte de Skinner
reste irremplaçable dans certains cas : Lehner et Denis ont démontré
ainsi chez le canard l'existence d'une sensibilité à des variations de la
pression atmosphérique de l'ordre d'un trentième de bar. Mais c'est
une tout autre question que de savoir si cette sensibilité intervient dans
le contrôle de l'orientation migratoire.
Les problèmes méthodologiques constituent un aspect important
de ces questions d'orientation, mais ce symposium nous offre également
des apports non moins importants sous forme de constatations empiriques
de faits qui, pour être bruts et encore peu analysés, n'en posent pas
moins de passionnants problèmes. Ainsi Payne et Webb ont enregistré
chez les baleines l'émission d'infra-sons très purs (20 Hz) de forte
intensité (80 dB à 1 m de la « source ») et répétés régulièrement par
l'animal. Ces sons présentent un minimum d'atténuation acoustique
dans leur transmission aquatique, même sous la glace et même lors-
qu'intervient la réflexion sur le fond marin ; c'est pourquoi, et en raison
de leur intensité, leur portée est considérable. D'autre part, ils ne se
confondent avec aucun autre son, notamment avec ceux que produisent
les vents à la surface marine. Payne et Webb émettent alors l'hypothèse
qu'il s'agit là de signaux destinés à maintenir le contact entre tous les
cétacés d'une espèce donnée, étant entendu que le « domaine » de ces
animaux serait aux dimensions de l'océan lui-même, et que tous les
individus de la même espèce formeraient une seule troupe dispersée
entre deux continents : la portée extraordinaire de ces sons de 20 Hz,
à la fois intenses et purs, peu ou pas atténués et faciles à identifier,
leur paraît autoriser une hypothèse aussi hardie. En tout cas la cohésion
des individus serait assurée, lors des migrations annuelles de l'espèce,
au moyen de ce repérage sonore. Bien d'autres communications seraient
dignes d'être commentées également, mais celle de Payne et Webb,
survenant au même moment que leur autre communication relative
aux « chants » des baleines (Science, 1971, 173, 585-597), ne pourra
laisser aucun lecteur indifférent.
M. Blancheteau. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 307
Lindsay (P. H.), Norman (D. A.). — Human information proces
sing. An introduction to psychology. — New York, Academic Press,
1972, 737 p.
Introduire à l'étude des principales fonctions psychologiques (per
ception, mémoire, apprentissage, décision, motivation) sur la base de
modèles de traitements de l'information est l'ambition que se sont
fixée les auteurs de cet excellent ouvrage. L'exposé très didactique
est cependant argumenté par les plus récentes découvertes dans les
domaines considérés. Un exposé historique aurait nui à la cohésion
de l'ensemble et ce sont bien les conceptions les plus contemporaines
qui sont ici exposées. Ouvrage introductif à la limite donc de la bonne
vulgarisation, il présente enfin à l'étudiant de manière homogène les
approches des différents domaines en évitant l'accumulation de données
hétérogènes qui trop souvent constituent la matière de telles introduct
ions. De plus, il initie l'étudiant aux plus récentes approches en soul
ignant la cohérence croissante des recherches contemporaines.
Il ne s'agit pas cependant d'une théorie qui, comme nombre de ces
devancières, se pose en s'opposant et de ce fait néglige presque enti
èrement des domaines et des modes d'approche. On pensera à ce titre
par exemple l'ostracisme dans lequel Gibson tient les études de seuils,
et on pourrait multiplier les exemples. Le présent modèle est en cela
plus réaliste et plus flexible par la diversité de ses origines. Il est méca-
niste en ce qu'il s'inspire très souvent de la cybernétique et du fonctio
nnement des ordinateurs pour suggérer des processus (buffer, trigger...),
mais aussi, et c'est sans doute le plus important, il est organiciste en ce
qu'il se soucie de la vraisemblance neurophysiologique des processus
dont il fait l'hypothèse. Comment, en effet, traiter de la perception
et particulièrement de la perception visuelle en ignorant les découvertes
des neurophysiologistes faites depuis une vingtaine d'années et qui
suggèrent des modèles de processus dont on ne peut que tenir compte
même dans une approche structuraliste, comme le montre clairement
l'exemple d' Hoffman. Gomment aussi parler des processus mnémon
iques sans se soucier de physiologie et même de biochimie. Les A. ne
prônent pas le réductionisme organiciste, mais dans le développement
de théories psychologiques le souci d'un substratum physiologique aux
processus proposés.
Bien évidemment, à s'en tenir à de telles bases le présent ouvrage
ne peut traiter de tous les aspects des problèmes envisagés. Ainsi,
en ce qui concerne la perception visuelle, les auteurs en restent aux
analyses les plus élémentaires de l'information visuelle, de même pour
l'audition. Mais, ainsi présentées, ces connaissances pourront constituer
des bases solides à partir desquelles l'étudiant pourra, au cours d'études
ultérieures, développer ces connaissances dans l'étude de phénomènes
« supérieurs ». On ne saurait passer sous silence le fait rarissime dans un
ouvrage américain de ce type que les A. présentent le problème du 308 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
développement cognitif en s'appuyant principalement sur les travaux
de Piaget dont ils font une présentation certes simplifiée mais très
didactique.
On pourra bien sûr regretter de nombreux apriorismes. Ainsi, dans
les appendices où les auteurs exposent les questions et les théories qu'ils
ne reprennent pas à leur compte, pourquoi n'avoir pas traité des seuils
et restreint l'exposé des méthodes psychophysiques aux échelles
directes et aux méthodes de la détection du signal ? Peut-être un goût
de la nouveauté un peu trop absolu. Mais en chaque cas sont suggérées
des lectures complémentaires qui peuvent permettre à l'étudiant de
compléter son information.
Bien qu'en anglais, un tel ouvrage devrait être fortement conseillé
aux étudiants français en ce qu'il représente ce qu'il y a de plus contem
porain dans la recherche.
G. Bonnet.
Held (R.) et Richards (W.). — Perception : mechanisms and
models. — San Francisco, W. H. Freeman & Co., 1973, 390 p.
Comment ne pas apprécier un ouvrage qui permet à des chercheurs
de renommée internationale de faire le point sur les principaux thèmes
d'études qui sont actuellement consacrés à la perception. Certes, le
spécialiste d'un domaine très spécifique trouvera l'article concernant
ses préoccupations actuelles peu approfondi et n'apportant rien de très
nouveau. Par contre, la lecture des autres chapitres lui apportera
beaucoup à propos des travaux qui sont réalisés dans d'autres domaines
que le sien. Il est quand même regrettable qu'à la lecture de ce livre,
on ait l'impression que la recherche se soit arrêtée en 1964 (sur 38 arti
cles 7 seulement sont postérieurs à cette date). Ainsi, on notera que
l'article consacré à la perception du mouvement date de 1950. Faut-il
penser que treize années d'études ont été totalement stériles ? Que dire
de la bibliographie limitée à deux ou trois références par article. Enfin,
certaines branches importantes de la recherche sont totalement ignorées,
c'est le cas des travaux portant sur l'intégration perceptive qui durant
les deux dernières décennies ont été particulièrement nombreux. C'est
sans doute là une critique inhérente à tout readings, car comment ne
pas rencontrer cette difficulté lorsqu'on souhaite présenter vingt-trois
ans de recherches en 380 pages.
J. P. Rossi.
Appley (M. H.) (Ed.). — Adaptation — Level theory — A sympo
sium. — New York, Academic Press, 1971, 346 p.
Tenu en hommage à Helson, ce symposium a réuni à Amherst
(Université du Massachusetts) des chercheurs travaillant dans tous les
domaines de la psychologie. Les contributions qui sont présentées vont
des études perceptives, qui restent bien évidemment le domaine privi- PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 309
légié pour la théorie du niveau d'adaptation, aux effets de contraste
dans le renforcement, aux effets sériels de position dans l'apprentissage,
aux problèmes des différences individuelles, aux effets de contexte
dans la communication pour ne citer que quelques chapitres.
A lire ces chapitres on ne peut que constater que la théorie perd en
puissance ce qu'elle gagne en généralité. Le concept d'adaptation n'est
plus, de par l'usage qui en est fait en psychologie, usage encouragé
par Helson, restreint à désigner un processus neurosensoriel et sa contre
partie perceptive. Ce qui est déjà fort dommageable. Mais la lecture
des communications de cet ouvrage conduit à trouver pour le moins
abusif qu'un même concept puisse rendre compte des effets d'ancrage
dans les jugements psychophysiques et s'appliquer au droit à la poursuite
du bonheur inscrit dans la déclaration d'indépendance et dont les auteurs
auraient manifesté par là une compréhension intuitive de la théorie du
niveau d'adaptation !
S'il est vrai qu'une opérationalisation outrancière stérilise les déve
loppements théoriques, il est non moins vrai qu'une généralisation
inconsidérée ne saurait être jugée comme un critère de scientificité
d'une théorie. L'œuvre d'Helson n'a rien à gagner à de telles simpli
fications qui viennent comme une preuve par l'absurde démontrer que
la démarche scientifique ne consiste pas dans une dilution des concepts,
mais au contraire dans l'exigence croissante de définitions qui évitent
une telle dilution. De plus, le présent exemple vient confirmer l'inanité
de théories psychologiques basées sur la seule ressemblance formelle
de phénomènes sans soucis des processus sous-jacents aux phénomènes
étudiés. Le cas du concept d'adaptation est particulièrement frappant
car qu'y a-t-il de commun au niveau des processus en jeu entre les
manifestations de l'adaptation neurosensorielle, les réarrangements
consécutifs au port de lunettes prismatiques, les effets d'ancrage... ?
G. Bonnet.
Robinson (J. 0.). — The psychology of visual illusions. — Londres,
Hutchinson University Library, 1972, 288 p.
Les principales illusions visuelles sont connues depuis le xixe siècle
qui les a inventées, systématisées, ou inventoriées. Des centaines d'ar
ticles ont essayé de les expliquer mais peu de livres leur ont été consacrés.
Celui de Robinson a un grand mérite. Il fait sérieusement le point
des recherches passées et présentes. D'une manière ou d'une autre, il
examine quelque 240 illusions. Il donne évidemment une place privi
légiée aux illusions optico-géométriques, mais il étudie aussi les effets
consécutifs figuraux, les effets de contraste, les illusions de mouvement
de stimulus stationnaires ou en mouvement.
Un exposé critique des théories, surtout des illusions optico-géomét
riques, n'est pas omis. L'auteur se défend de prendre parti. Il présente

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