//img.uscri.be/pth/c53c5b45ed47da1b9dbe374301cd69135d00aa1c
La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.56, pg 597-610

De
15 pages
L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 2 - Pages 597-610
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

C. Andrieux
Vincent Bloch
F Bresson
S. Ehrlich
César Florès
P Fraisse
Geneviève Oléron
F. Orsini
Eliane Vurpillot
I. Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°2. pp. 597-610.
Citer ce document / Cite this document :
Andrieux C., Bloch Vincent, Bresson F, Ehrlich S., Florès César, Fraisse P, Oléron Geneviève, Orsini F., Vurpillot Eliane. I.
Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°2. pp. 597-610.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1956_num_56_2_8911IL LIVRES
I. — Psychologie générale
DENNIS (W.), LEEPER (R.), HARLOW (H. F.), GIBSON (J. J.),
KRECH (D.), RIOCH (D. McK.), McCULLOCH (W. S.), FEIGL
(H.). — Current trends in psychological theory (Les courants actuels
en théorie psychologique). — In-8° de 213 pages, Pittsburgh, Univers
ity of Pittsburgh Press, 1951.
Sous ce titre sont rassemblées huit conférences faites en 1951, à
l'Université de Pittsburgh.
La première est consacrée à la Psychologie génétique. Pour Dennis,
cinq courants conceptuels sont susceptibles d'amener une renaissance
de la recherche en psychologie de l'enfant. Il s'inquiète de ne voir
à leur origine qu'un psychologue de l'enfant, Piaget, et aucun péda
gogue, les autres sources de renouveau étant dans la thérapie avec les
nouveaux aspects de la psychanalyse et du « rogérisme », dans la théor
ie de l'apprentissage de Hebb et chez les anthropologues et sociologues.
Il critique le cloisonnement qui existe entre psychologies de l'enfant
entre 0 et 12 ans, de l'adolescent, de l'adulte, du vieillard, et souhaite
voir se fonder une véritable psychologie génétique qui, reliant l'enfant
au vieillard, chercherait dans le premier l'adulte qu'il deviendra.
A propos des théories de la personnalité, Leeper pense que la ten
dance actuelle est de formuler les concepts de façon opérationnelle et
de leur donner une base expérimentale plutôt que clinique. S'appuyant
sur une évolution générale dans le domaine de la personnalité et plus
particulièrement de la psychanalyse, il croit qu'en fait il y a toujours
un développement lent et progressif partant de l'étude de causes et
d'effets évidents et en somme tangibles, mais souvent exceptionnels,
vers celle de réalités relativement intangibles mais plus directement en
jeu. Cette évolution se fait sous la pression des faits et semble due en
partie au remplacement des médecins par les psychologues chez les théo
riciens et praticiens de la personnalité.
Harlow choisit comme sujet l'apprentissage perceptif. Pour lui
rien ne montre que les « bonnes formes » soient innées ou plus
naturelles que les autres et il cite à l'appui une série d'expériences
exécutées par lui sur des singes et par Casperson sur des hommes. Il en
tire l'hypothèse que les facteurs perceptifs de base seraient : la taille
des surfaces différentielles de brillance et de couleur dans le champ
perceptif, le degré de brutalité des transitions entre les différentes parties
A. l'SYCUOL. 5<j 3S 598 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
du champ et l'étendue totale des frontières entre parties. Les données
kinesthésiques, manuelles ou oculomotrices ne joueraient en perception
visuelle que pour l'orientation spatiale et la fixation du regard. La part
attribuée par lui à l'apprentissage dans la perception est encore plus
grande que chez Hebb. A son avis il se crée des attitudes d'apprent
issage et ce sont elles qui se transfèrent. Lorsqu'on essaye simult
anément de former des attitudes pour des catégories différentes de
stimuli, il y a des interférences considérables. Enfin ce qui distingue
l'Homme du Singe, c'est, autant que le langage, la faculté d'acquérir
des attitudes d'apprentissage perceptif fin.
J. J. Gibson parle des théories de la perception. Pour lui chaque
école s'est attachée à un aspect particulier de la perception et lui
a appliqué une méthode d'étude en rapport. Ainsi les psychophys
iciens s'occupent de discrimination, les phénoménologistes d'objets,
les sociologues de signification et de valeurs, les rorschachiens d'amb
iguïté. Gibson suggère de distinguer entre perception littérale et
perception schématique. Au lieu de se limiter aux zones extrêmes et
de confondre littérale avec sensorielle et schématique avec déformée,
il propose une association et non une opposition entre une psycho
physique élargie qui découvrirait les stimuli correspondant à chaque
qualité du champ perceptif : sensation, causalité, institution, etc., et
une théorie de la connaissance dans laquelle des schemes perceptifs
seraient susceptibles de catégorisation et de généralisation sous l'i
nfluence de la personnalité, du milieu social, etc.
Dans « Connaissance et motivation en théorie psychologique »,
Krech pense qu'une des tendances actuelles est de rechercher l'interaction
entre processus cognitifs et motivationnels. Pour lui c'est une erreur, il
serait préférable de développer un concept unitaire. Quelques-uns l'ont
tenté, Hochberg et Gleitman avec le champ d'équilibration psychophys
ique, Miller et Dollarden termes de stimulus-réaction, Wolpe avec l'acti
vité nerveuse centrale, Hebb avec ses assemblages de cellules et Krech
avec ses systèmes dynamiques. L'auteur conclut : dès qu'on fait varier
un jeu de stimuli, tous sont entraînés. Il faut remplacer les catégories
dichotomiques descriptives du comportement et faire une réforme sta
tistique afin qu'un résultat moyen tienne compte des variations simul
tanées des différentes variables.
McK Rioch voit sous le titre de Théories en Psychothérapie les
« cadres de référence dans lesquels ont été conceptualisés les faits
psychothérapiques ». Il se rapporte aux Principes de psychothérapie
intensive du Dr Fromm-Reichmann car ce livre lui semble résumer
toutes les tendances actuelles en psychothérapie. Après des consi
dérations générales sur le concept de Théorie, l'auteur insiste sur
le rôle essentiel tenu par le groupe. La théorie est fonction des rela
tions entre le psychothérapeute et son groupe culturel. Le traitement
consiste à rétablir des communications entre le patient et son groupe,
il est aussi fonction des relations entre thérapeute et patient. LIVRES 599
Dans « Le cerveau et le comportement », McGulloch s'interroge
sur le mécanisme de formation de nos idées. Il commence par rap
peler que la quantité d'information que nous recevons est le loga
rithme de base 2 de la réciproque de la probabilité d'une situation.
A partir de cette information comment formons-nous des idées, des
concepts ? Pour libérer une idée de toute référence temporelle, il
faut une mémoire. A ce propos la théorie des photos de Stroud rejoint
en quelque sorte les spéculations de Förster sur la taille de la mémoire
et s'accorde avec les calculs de quantité d'information. L'auteur consi
dère comme possible une localisation de la trace sur les molécules de
protéine au niveau du cerveau moyen. Il pense avoir apporté les éléments
suffisants pour la construction d'une hypothèse valable, sinon encore
vérifiée, du fonctionnement de la mémoire.
Feigl conclut par des considérations sur les principes et problèmes
de la construction théorique en psychologie. Il propose de définir une
théorie par un ensemble d'hypothèses dont peut dériver un ensemble plus
grand de lois empiriques, selon un mécanisme logico-mathématique. Il
reprend différents niveaux d'explication, les lois empiriques de nature sta
tistique de Brunswik et Gattell, et le niveau molaire de la psychologie expé
rimentale. Mais les lois de comportement ainsi obtenues sont fatalement
statistiques et laissent place à un fonctionnement vicariant, à la possib
ilité de substitution entre différents processus cérébraux comme ori
gine d'un même comportement. Un niveau supérieur est atteint par les
hypothèses existentielles. Il s'agit de constructions hypothétiques sous
forme de réseaux de concepts et de lois ayant un nombre relativement
réduit de points de contact avec le terrain de l'expérience, c'est le cas
des explications cybernétiques et neuro-physiologiques.
E. V.
ROBAGK (A. A.). — Present day Psychology (La Psychologie
d'aujourd'hui). — ■ In-8° de 995 pages, New York, Philosophical
Library, 1955.
Ce gros livre est un ouvrage collectif réunissant quarante collabo
rateurs. Gomme tous les ouvrages de ce genre son intérêt est très inégal
et le travail de synthèse a été compris très différemment par les diffé
rents auteurs. Certains ont fait un rapide survol des travaux concernant
leur spécialité, d'autres ont écrit des revues de question très détaillées,
d'autres ont défendu leur point de vue sur les domaines qui les intéres
saient. L'ensemble constitue cependant une utile encyclopédie. On regret
tera cependant le peu de place accordée aux travaux européens et
l'absence quasi complète de références aux travaux français.
L'ouvrage est divisé en cinq parties. La première est consacrée au
système nerveux, à la physiologie sensorielle, à la perception, la pensée,
l'attention, la mémoire, l'émotion, la personnalité. La seconde partie
traite des différentes branches de la psychologie : psychologie de l'enfant,
psychologie animale, psychologie appliquée, sociale, psy- 600 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
chologie clinique et même parapsychologie. Un chapitre est consacré
aux récents livres d'histoire de la psychologie.
La troisième partie groupe un certain nombre de chapitres consa
crés à la psychologie clinique et à la psychothérapie.
La méthodologie constitue la quatrième partie et les sciences annexes,
la cinquième : littérature, linguistique, esthétique, psychologie de la
religion.
Un index des auteurs termine l'ouvrage qui ne comporte malheureu
sement pas d'index des matières.
V. B.
BROWN (C. W.), GHISELLI (E. E.). — Scientific method in psycho
logy (Méthode scientifique en psychologie). — In-8° de 368 pages,
New York, McGraw Hill, 1955.
Ce livre constitue un exposé clair et précis de la méthode expéri
mentale envisagée dans la perspective des recherches psychologiques.
Il s'agit donc d'un manuel de logique si l'on veut, qui se réfère souvent
à des auteurs comme Feigl ou Reichenbach, mais où l'exposé et le choix
des exemples sont toujours guidés par le souci de servir le psychologue.
La première partie expose les aspects généraux de la méthode expéri
mentale et dégage les concepts essentiels : relations fonctionnelles entre
les variables, contrôle des variables, principes de la mesure. La seconde
partie traite de la technique utilisée pour étudier un problème : formulat
ion des hypothèses, appréhension et exposition des données empiriques,
organisation, analyse et interprétation des faits recueillis, techniques
de généralisation et critique. La dernière partie expose des problèmes
particuliers à la recherche en psychologie : les variables physiques
et les problèmes de la psychophysique, comment minimiser les causes
d'erreur dans le stimulus et dans les réponses, comment quantifier le
comportement.
Cet ouvrage conçu dans une perspective pédagogique devrait rendre
de grands services en épargnant bien des démarches inutiles et des erreurs
de technique ou de raisonnement aux débutants.
F. B.
FRAISSE (P.), avec la collaboration de DURUP (G.) et DE MONÏ-
MOLLIN. (G.) — Manuel pratique de psychologie expérimentale. —
In-8° de 312 pages, Paris, Presses Universitaires de France, 1956.
Ce Manuel — ■ résultat de douze années d'enseignement à l'Institut
de Psychologie — vient combler une lacune dans la littérature psycho
logique en langue française. En effet, le dernier ouvrage de ce genre
(Technique de psychologie expérimentale, de Toulouse et Piéron) date
de 1911. Son objet est d'initier les étudiants des lycées et facultés aux
méthodes et aux techniques de la psychologie expérimentale et nous ne
saurions trop insister sur sa valeur pédagogique pour l'organisation des
travaux pratiques. LIVRES fiOl
Le Manuel comprend un avant-propos intitulé « Défense de la
méthode expérimentale en psychologie ». Dans cet avant-propos,
l'auteur répond longuement aux principales objections adressées à la
psychologie scientifique. Ces objections relèvent d'une conception de la empreinte de vieux préjugés métaphysiques. Chaque être
humain aurait un caractère original déterminé par une expérience vécue
qui serait unique. L'aspect subjectif de son histoire personnelle consti
tuerait le phénomène fondamental et seule une analyse reflexive pourrait
en atteindre les significations profondes. A son degré extrême cette
conception rejette toute possibilité d'aborder la psychologie de l'Homme
par des méthodes qui s'apparentent par leur principe à celles pratiquées
pour l'étude des phénomènes de la nature, et de ce fait la psychologie
ne pourrait prétendre au statut de science expérimentale. Tel est, parti
culièrement, le point de vue des phénoménologues.
Les objections inspirées de cette interprétation sont réductibles à
trois : « La psychologie scientifique sacrifierait : la connaissance de
l'individu à une science du général ; une connaissance globale à une
connaissance analytique ; la subjectivité de l'homme à l'objectivité. »
L'auteur refute cette thèse en montrant que la dialectique du pro
cessus scientifique est identique en psychologie et dans les autres sciences :
l'observation des faits permet de dégager des hypothèses susceptibles
d'être confirmées ou infirmées par Vexpérience. La méthode expéri
mentale n'est qu'un « moyen d'exploration du donné » qui permet,
ultérieurement, d'atteindre la généralisation. Il s'agit, certes, d'une
démarche empirique ayant une valeur inductive. Mais l'histoire de la
psychologie montre que l'induction empirique est aussi valable ici
que dans les autres domaines, et fait progresser notre connaissance des
conduites humaines. Les conduites concrètes sont explicables seulement
dans le contexte des lois générales. L'étude du cas, aussi singulier soit-il,
n'échappe pas aux cadres des lois générales. D'ailleurs, l'examen du
statut de la psychologie clinique met en évidence qu'elle tend aussi à la
généralisation.
La psychologie contemporaine se veut analytique. « A l'approche
analytique on ne peut opposer que l'intuition... » Claude Bernard faisait
déjà remarquer aux vitalistes de son temps que proscrire l'analyse
c'est arrêter tout effort scientifique. Dans cette perspective, P. Fraisse
pose le problème des « niveaux d'analyse » et examine la question des
extrapolations hâtives et des analyses non légitimes. Il souligne que
« l'analyse des fonctions psychologiques ne postule pas que ces fonctions
soient indépendantes les unes des autres » ; si le psychologue isole moment
anément un fait psychologique ce n'est que pour mieux pouvoir étudier,
par la suite, ses relations avec d'autres variables dont l'importance est
implicitement reconnue du fait même qu'il s'efforce tout d'abord de
les maintenir constantes.
La psychologie contemporaine se veut, enfin, objective. Elle doit
l'être nécessairement dans la mesure ou tout résultat scientifique ne ANALYSES HIBLIOGRAPIIIOTJES 602
peut dépendre de l'équation personnelle des observateurs ou des observés,
ce qui ne signifie pas que l'utilisation de la méthode expérimentale entraîne
vers l'objectivisme et suppose l'ignorance de la subjectivité des sujets.
Nous ne pouvons rendre dans ces quelques lignes les développements
contenus dans cet avant-propos. Sa lecture permettra à l'étudiant de
réfléchir sur les grandes questions de méthodologie et lui facilitera une
meilleure compréhension des problèmes théoriques et pratiques.
L'avant-propos est suivi de l'exposé de 60 manipulations (accompa
gné de bibliographies brèves) qui recouvrent les différents chapitres de
la psychologie : la motricité et le travail ; les réactions émotionnelles ;
les processus sensoriels et les méthodes psychophysiques (avec la coll
aboration de G. Durup) ; la perception ; l'apprentissage et la mémoire ;
le temps et le rythme ; l'association et la pensée ; la personnalité ; la
psychologie sociale (avec la collaboration de G. de Montmollin).
Ces expériences sont conçues pour être réalisées sur un seul sujet
(excepté quelques-unes parmi lesquelles celles de psychologie sociale) ;
toutefois l'auteur fait remarquer qu'elles peuvent souvent être trans
formées en expériences « sur un groupe de sujets, une classe en parti
culier et permettre ainsi une démonstration où tous les élèves prendront
une part active ».
L'ouvrage comprend, enfin, trois appendices (sur la mesure des
seuils, les techniques d'enregistrement graphique et les constructeurs
et éditeurs de matériel) ; il est abondamment illustré par des graphiques
et de nombreuses reproductions photographiques.
C. F.
GRINGS (W. W.). — Laboratory instrumentation in Psychology
(Les instruments de Laboratoire en Psychologie). — In-8° de 282 pages,
Palo Alto, National Press, 1954.
Ce livre présente des appareils habituellement utilisés dans les
démonstrations et les recherches en psychologie. Tout en indiquant des
appareils anciennement utilisés (chronoscopes, générateurs sonores
mécaniques par exemple) il permet au lecteur de se familiariser avec
les techniques modernes. L'énumération des différents chapitres, enre
gistrement, compteurs et distributeurs de durées (timer), audition,
vision, autres sens, apprentissage humain, perception, phénomènes
bioélectriques, indiquent l'étendue des perspectives de ce livre.
L'auteur ne néglige jamais de faire un bref rappel historique à propos
de l'utilisation ou de la construction de tel ou tel appareih Des schémas
clairs indiquent d'autre part les principes physiques essentiels qui
permettent de manipuler un appareil sans le faire totalement à l'aveugle.
Une bibliographie à la fin de chaque chapitre permet d'avoir, si on le
désire, de plus amples informations sur un point particulier. Ce livre fac
ilement utilisable avec son index matière procure une connaissance simple
et précise à celui qui désire s'initier aux différents appareils présentés,
G. O. LIVRES 603
ALLPORT (G.W.).— Becoming. Basic considerations for a psycho
logy of personality. (Le Devenir. Conceptions de base pour une psychol
ogie de la personnalité). — In-8° de 101 pages, New Haven, Yale
University Press, 1955.
Cet ouvrage succinct, sans prétendre donner un traité général de
psychologie, offre une analyse pénétrante d'un ensemble théorique défini,
dans lequel l'auteur situe la psychologie, avec le souci évident de mieux
préciser l'objectif de cette science.
L'auteur schématise les deux traditions contradictoires de Locke
et Leibnitz, lesquelles reposent sur deux visions différentes de la per
sonne, envisagée successivement sous son aspect passif et actif ; il
propose, dans une perspective gestaltiste inspirée des vues de W. James,
l'étude de la personne en fonction de son devenir et non envisagée
« comme une collection d'actes ». « Pour comprendre ce qu'est une per
sonne, il est nécessaire de se référer toujours à ce qu'elle sera dans le
futur. » L'Auteur remplace le mot de « personne » par celui de « proprium »,
ce dernier n'étant pas une chose, mais « recouvrant l'ensemble des
fonctions qui concourent à l'unité et à l'originalité de la personne ». Le
proprium se développe dans le temps, à travers les règles de l'appren
tissage et de la socialisation. L'individu poursuit son processus d'orga
nisation en évoluant à travers des thèmes antinomiques : autonomie-
réactivité, individualité-tribalisme, normalité-pathologie. Et ce ne sont
pas les faits physiologiques, culturels, ou pathologiques qui nous appren
nent quelque chose de lui, mais essentiellement plutôt son mode d'inté
gration particulier.
On le voit, cette conception représente une tentative de saisie,
au delà des lois spécifiques de chaque secteur de la psychologie, de
l'homme total dans son devenir. Au regard de cette tentative, l'ensemble
des théories psychologiques peut paraître tronqué et désaxé, car inadapté
à son but.
Cet ouvrage doit être jugé en tenant compte de son propos. Il repré
sente une perspective de recherche, dégagée avec netteté et originalité,
accessible à un large public. Par ailleurs cette tentative ne propose
aucune méthode de travail, difficile à préciser en l'état actuel de la
psychologie. Nous pouvons regretter que l'auteur recourt de préférence
aux théories du xixe siècle, au détriment des théories actuelles.
F. O.
KATZ (D.). — Introduction à la psychologie de la forme. Trad, par
David et Voûte. — In-12 de 188 pages, Paris, Rivière, 1955.
Les historiens rangent Katz parmi les gestaltistes. L'ouvrage qui
vient d'être traduit en français permet de le situer plus précisément
dans ce courant de pensée. En un sens Katz est plus gestaltiste que les
grands pionniers car il cherche à étendre les concepts fondamentaux
de cette école à des domaines qu'ils n'avaient pas ou peu explorés
comme les sensations kinesthésiques ou tactiles. Mais ces concepts f»04 ANALYSES BIBMOCnAPHIQUrcS
même il les prend dans un sens très général. Il y a gestalt pour lui dès
qu'un phénomène ne peut être expliqué qu'en tenant compte de tout son
environnement.
Cependant lorsque Katz s'interroge sur le sens précis des théories,
de Koehler en particulier, il devient critique et il ne lui semble pas qu'elles
puissent rendre compte de la vie intellectuelle par exemple.
Ceci dit on trouve dans le livre de Katz un exposé des principaux
faits sur lesquels s'appuie cette école mais l'exposé est beaucoup moins
systématique que celui qu'avait présenté il y a déjà vingt ans P. Guil
laume. Dans de brefs chapitres Katz nous expose plutôt ses réflexions
sur les points importants de la théorie en les illustrant ou en les discutant
à la lumière de ses propres expériences. Cependant l'ouvrage quoique
récent reste dans la perspective des premiers gestaltistes et ne tient pas
compte de l'évolution récente des recherches, qui tout en soulignant
qu'en effet les faits psychologiques ne peuvent être compris que sous
l'angle des totalités, cherchent à pénétrer les lois mêmes de ces totalités
sans s'abriter derrière l'isomorphisme.
P. F.
WBLLECK (A.). — Ganzheitspsychologie und Strukturtheorie (Psy
chologie molaire et théorie de la structure). — In-8° de 257 pages,
Berne, Francke, 1955.
Ce livre est un recueil de conférences et d'articles faits par l'auteur
ces dernières années. C'est pourquoi, il n'a ni l'unité d'un ouvrage théo
rique, ni le caractère général d'un manuel. Les problèmes abordés ici
par Welleck sont nombreux et variés. Le chapitre consacré au diagnostic
en psychologie fait suite à un chapitre sur les théories psychologiques
et physiologiques de la mémoire, qui est lui-même suivi par des consi
dérations portant sur la théorie phénoménologique du comique...
L'auteur s'intéresse à la personnalité totale, aux problèmes de
typologie, de caractérologie. Il les aborde dans une perspective phéno
ménologique en donnant un poids tout particulier aux composantes
affectives.
Dans l'ensemble cependant, les considérations théoriques et les
critiques adressées à tels ou tels systèmes, restent assez formelles parce
qu'elles sont dépassées par l'évolution récente de la psychologie scienti
fique. Nous savons bien que la physiologie n'a pas réussi jusqu'ici à nous
apporter une théorie satisfaisante de la mémoire ; doit-on condamner
pour cela l'approche psychophysiologique de cette question ?
Nous savons aussi que la psychologie de la Gestalt n'a pas expliqué
les processus perceptifs. Mais combien restent-ils encore de chercheurs
qui interprètent leurs résultats dans le cadre strict des théories gestal
tistes de l'école allemande ? Et pourtant de nombreux problèmes percept
ifs sont soumis sans cesse à l'expérimentation ; mais les résultats appré
ciables ainsi obtenus, ne sont pas mentionnés dans l'ouvrage de Welleck.
S. E. F. S G05 MVR
PATRICK (C). — What is creative thinking? (Qu'est-ce que la
pensée créatrice?). — In-8° de 203 pages, New York. Philosophical
Library, 1955.
La pensée créatrice est présentée dans ce livre comme une forme supé
rieure de la pensée à la portée de toute intelligence normale. G. Patrick
y passe en revue les auteurs qui ont étudié l'intelligence, la solution
des problèmes, l'invention et la créativité depuis Binet et Ribot jusqu'à
Guetzkow, Guilford, Vinacke, etc. Elle décrit quatre étapes dans le
processus de la création ; préparation, incubation, illumination et véri
fication et développe les rapports de la pensée créatrice avec l'émotion
et l'imagination. Les conditions optimum de la création, les attitudes,
la discipline personnelle qui la favorisent sont ensuite envisagées.
L'ouvrage se termine sur une utile bibliographie de 209 titres.
G. A.
BUSH (R. R.), MOSTELLER (F.). — Stochastic models for learning
(Modèles stochastiques de V apprentissage ). — In-8° de 365 pages,
New York, John Wiley. Londres, Chapman and Hall, 1955.
Cet ouvrage présente un modèle stochastique des processus d'apprent
issage. Il ne cherche pas à fournir une théorie qui expliquerait comment
l'apprentissage a lieu dans telles et telles conditions pour tel ou tel
organisme. Le but d'un tel modèle est de fournir une description ration
nelle et économique d'un certain nombre d'expériences, de faire appar
aître derrière l'accumulation des données empiriques et l'hétérogénéité
des variables en jeu, l'identité possible des structures et des relations.
Dans une telle perspective il est indispensable de dégager très nettement
les implications conceptuelles et c'est ce qui explique que près des deux
tiers de l'ouvrage soient consacrés à l'exposé et à la discussion de la
structure mathématique du modèle. L'idée générale de ce modèle est
de considérer l'apprentissage comme un changement systématique du
comportement, sans que se pose la question de savoir si ce changement
est ou non adaptatif. Ce changement se présentera alors comme l'évolu
tion dans le temps de la probabilité de certaines classes de réponses.
On considère en effet une série de réponses possibles comme autant de
classes d'événements qui peuvent être affectées d'une certaine probabilité
d'apparaître, et on postule que ces classes sont mutuellement exclusives
et que leur ensemble est exhaustif. Dans les applications empiriques
ce postulat pourra toujours être pratiquement respecté en recourant à
des artifices minimes de définitions. On considère ensuite des événements
qui peuvent affecter la probabilité des réponses. On pose en outre que
la probabilité actuelle ne dépend que de l'événement précédent et qu'il
y a ainsi « indépendance » à l'égard du passé. Dans la première partie
où il ne s'agit que de développer une structure mathématique, la syntaxe
du système, ces « événements » n'ont pas encore de sens empirique
défini, ils n'en recevront que lorsqu'on s'attachera à l'aspect sémantique
du modèle : ils apparaîtront alors comme des essais, des renforce-