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Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.64, pg 658-671

De
15 pages
L'année psychologique - Année 1964 - Volume 64 - Numéro 2 - Pages 658-671
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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II. Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1964 vol. 64, n°2. pp. 658-671.
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II. Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1964 vol. 64, n°2. pp. 658-671.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1964_num_64_2_27343— Psychologie générale II.
Broadbent (D. E.). — Behaviour (Comportement). — In-8° de
215 p., New York, Basic-Books Inc., 1961.
Ce petit livre de Broadbent est destiné à un assez large public : le
ton est libre, l'appareil technique réduit au minimum, le jargon psycho
logique limité au strict nécessaire. Cet ouvrage n'en est pas moins très
dense et le spécialiste y trouvera aussi abondante matière à réflexion.
On y trouvera un exposé de la théorie du comportement dans un esprit
behavioriste renouvelé. L'auteur commence par justifier l'utilisation
de la méthode objective d'analyse du et ceci sur des
bases essentiellement méthodologiques : cette dernière permet au
moins de s'entendre sur des faits, alors qu'au niveau de l'analyse intui
tive la notion de fait n'a pas de sens. L'étude du comportement a permis
d'étayer un certain nombre d'affirmations que l'on est tenté de porter
à partir de la réflexion intuitive, mais qu'on est incapable de justifier
à ce niveau ; elle a également donné consistance à un certain nombre
d'idées qui, au niveau de l'expérience interne, apparaissent paradoxales.
Cette position méthodologique ne s'accompagne pas d'une attitude
réductionniste posant que les mécanismes qui expliquent les formes
les plus simples du comportement suffisent à expliquer les plus complexes.
L'auteur refuse toute extrapolation hâtive des lois du comportement
animal aux formes complexes du comportement humain. Il est opposé
aussi bien à un empirisme absolu s'en tenant à l'exploration des faits
qu'aux constructions théoriques prématurées : plutôt que de s'engager
dans des elaborations très détaillées à partir de principes discutables
(l'inhibition par exemple), il convient d'essayer de déterminer les
principes généraux du comportement. Plutôt que de miser exclusiv
ement sur une théorie, il faut envisager simultanément les autres théories
qui pourraient fournir une explication. Bien que favorable à l'intr
oduction des mathématiques dans la théorie psychologique, l'auteur
marque une certaine réserve à l'égard des modèles mathématiques qui
courent le danger d'être une formalisation prématurée. L'auteur suggère
l'utilisation de modèles mécaniques complexes comme les serv
omécanismes dans la théorie psychologique. Ceci doit permettre de
dépasser le langage stimulus-réponse sans retomber dans le subjecti-
visme : dans ces mécanismes en effet, se trouvent réalisés des processus
internes qui symbolisent des processus externes. C'est l'analyse de ces
processus internes, qu'on peut appeler réponses internes, mais qui
n'obéissent pas nécessairement aux mêmes lois que les réponses obser- PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 659
vables, qui doit permettre d'introduire quelque lumière dans les aspects
complexes du comportement, en particulier du comportement humain.
J.-F. R.
Marx (M. H.), Hillix (W. A.). — Systems and theories in psy
chology (Systèmes et théories en psychologie). — In-16° de 489 p.,
New York, McGrand Co., 1963.
Voici un livre qui ne prétend pas à l'originalité mais qui sera très
utile. Les Auteurs ont voulu présenter les grands systèmes psycholo
giques en les jugeant au point de vue de la science.
Ainsi, la première partie du livre est consacrée à la nature de la
psychologie en tant que science en insistant sur le fait que l'exigence
fondamentale de la science, c'est le contrôle des hypothèses.
A cette lumière, ils ont choisi de présenter six grands systèmes : le
structuralisme, le fonctionnalisme, l'associationnisme, le behaviorisme,
la psychologie de la forme et la psychanalyse. Dans chaque cas, l'a
pproche est historique et descriptive du mouvement et des principaux
problèmes abordés. Elle est aussi critique en essayant de faire un bilan.
Les Auteurs savent être toujours compréhensifs de tous les points de
vue, mais ils jugent en dernier ressort les systèmes du point de vue
scientifique.
La troisième partie du livre essaie de traduire le mouvement actuel
de la psychologie qui abandonne les grandes écoles pour essayer de faire
la théorie de problèmes plus limités. Nous sommes ainsi introduits aux
conceptions de Hull, Guthrie, Spence, Skinner, etc., du point de vue S-R,
à Lewin, Tolman, Lashley, etc., du point de vue de la théorie du champ,
à Miller, Eysenck, Cattell, Sheldon, etc., et aux néo-psychanalystes du
point de vue des théories de la personnalité.
Un dernier chapitre initie rapidement le lecteur aux rôles joués
par les modèles mathématiques, la théorie de l'information et de la
détection.
Soulignons que trois annexes rédigées par des spécialistes donnent
un bref aperçu sur les caractères principaux de la psychologie en Europe,
en U.R. S. S. et en Extrême-Orient.
L'ouvrage est bien écrit, les problèmes dominés, le mouvement
historique souligné.
P. F.
Sander (F.), Volkelt (H.). — Ganzheitpsychologie (Psychologie
de la totalité). — In-8° de 459 p., München, C. H. Beck'sche Verlags
buchhandlung, 1962.
C'est un recueil d'articles des deux auteurs sur les fondements, les
résultats et les applications de la psychologie générale allemande telle
qu'elle s'est développée à Leipzig autour de Krüger. Devant l'envahiss
ement par la psychologie américaine, c'est un retour aux sources de la
tradition spirituelle allemande, romantique et mystique.
L'analyse des concepts fondamentaux de la psychologie de la fifiO ANALYSES HIBUOGR APHIQU KS
totalité depuis Wundt, les résultats expérimentaux classiques de la
théorie de la Gestalt, la théorie de Y Einfühlung, la psychologie animale,
psychologie de l'enfant (théorique et appliquée), la méthode des tests,
théories esthétiques, lecture globale, le langage et le problème du bili
nguisme, tels sont les principaux titres des chapitres, articles ou confé
rences publiés entre 1923 et 1959.
L'intérêt d'un tel volume est surtout d'ordre historique, car si les
expériences relatées sont classiques et ont certainement eu leur impor
tance, on ne peut tout de même pas nier l'apport d'autres courants
théoriques.
R. M.
Sokolov (M. V.). — (En russe) (De l'histoire de la psychologie
russe). — In-8° de 439 p., Moscou, Édit. de l'Acad. des Se. Pédag.
de la R.S.F.S.R., 1961.
L'ouvrage comprend cinq articles. Le premier, dû à M. V. Sokolov
traite des luttes qui ont porté sur les problèmes philosophico-psycho-
logiques en Russie aux xive, xve et xvie siècles. Linkova traite ensuite
de Novikov et de son rôle dans l'histoire de la psychologie russe ; un
autre article est consacré au Tchèque Prochaska et à ses relations avec
la psychologie russe. L'étude suivante porte sur les premiers laboratoires
qui, en Russie, se sont préoccupés de psychologie expérimentale, en
liaison avec des problèmes de physiologie, dans le dernier tiers du
xixe siècle ; on y retrouve les noms de Setchenov, de Korsakov, de
Bekhterev, mais aussi un certain nombre d'autres, moins connus ou
inconnus ici ; un parallèle est établi entre les idées de ces chercheurs et
celles de Wundt ou de Lange ; l'auteur déplore d'ailleurs qu'un certain
nombre d'historiens occidentaux (Boring, Murphy, Flügel notamment)
ignorent les pionniers de la psychologie russe. Le dernier article examine
les directions principales de cette dernière au début du xxe siècle (avant
la Révolution d'Octobre), et principalement les tendances liées aux
sciences naturelles dont l'héritage devait être repris par la psychologie
marxiste.
J.-F. L. N.
Guny (H.). — Yvan Pavlov et les réflexes conditionnés. — In-16
de 223 p., Paris, Seghers, 1962.
L'auteur présente d'une manière claire et attrayante Pavlov et son
œuvre (nombreuses illustrations dans le texte).
Une brève bibliographie axée particulièrement sur le début de la
vie du savant, introduit le lecteur dans le milieu familial, social, intel
lectuel où Pavlov a vécu et trouvé l'orientation de son activité scienti
fique. Parmi les maîtres et contemporains cités, associés pour une
certaine part à cette grande recherche, deux noms que Piéron aime à
associer au début de l'œuvre de Pavlov n'apparaissent pas. Ce sont
ceux de son maître Setchenofî qui écrivit une brochure sur les réflexes
cérébraux et son condisciple Betcherew, élève du même maître. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 661
L'ouvrage présente au cours du premier chapitre la démarche
expérimentale conduite pour établir et démontrer l'existence des
réflexes conditionnés. Puis, le chapitre II présente la comparaison entre
les réflexes innés et les réflexes conditionnés en précisant de cette
manière les caractéristiques des seconds. Puis vient le chapitre sur la
physiologie du comportement où sont exposées les principales règles
d'établissement de fonctionnement et de maintien des réflexes condi
tionnés. Le chapitre sur le rôle du conditionnement dans l'évolution
de l'homme est l'occasion pour Cuny de montrer les perspectives entre
vues par Pavlov dans une compréhension du comportement humain :
réflexes de but, de liberté, sommeil, hypnose, typologie et maladies
mentales, accouchement sans douleur.
Guny prolonge par son information personnelle les perspectives
entrevues tout au long de l'œuvre de Pavlov, bien entendu d'une façon
partielle en raison de la dimension de l'ouvrage.
Le livre se termine par un choix de textes courts, variés, qui complè
tent de manière très opportune la présentation générale de l'œuvre de
Pavlov. Quelques pensées de ce très grand savant soulignent la très
haute idée qu'il avait de l'homme et du travail scientifique.
G. O.
George (F. H.). — The Brain as a computer (Le cerveau comme
machine à calculer). — In-8° de 413 p., Oxford-London-Paris,
Frankfurt, Pergamon Press, 1962.
Le titre de cet ouvrage peut prêter à confusion : il ne s'agit pas en
effet de la présentation d'un modèle achevé ou de l'étude comparative
des propriétés du cerveau et de celles de tel ou tel système axiomatique.
C'est le problème général des rapports de la Cybernétique avec les
sciences biologiques (en particulier la neurophysiologie et la psychologie
expérimentale) qui est posé.
De ce fait, l'auteur se place initialement dans la perspective de la
philosophie des sciences, et c'est de ce point de vue qu'il entend démont
rer que l'application de la Cybernétique aux sciences biologiques est
souhaitable : en effet, dans la mesure où la science n'est pas une simple
collection de faits, mais le développement de théories de plus en plus
générales, le problème du langage (au sens le plus formel du terme)
dans lequel s'expriment ces théories acquiert une importance considé
rable : c'est de sa solution que dépend la valeur des définitions, hypo
thèses et interprétations qui forment le cadre de la recherche. La
Cybernétique peut permettre à ce langage de satisfaire aux exigences
souvent incompatibles de rigueur et de validité : elle conçoit et reproduit,
au niveau logico-mathématique, certaines propriétés essentielles des
systèmes naturels ; elle pourrait être ainsi le meilleur support de la
méthode hypothético-déductive dans les sciences biologiques.
Mais si l'application de la Cybernétique à la psychologie, à la
neurophysiologie, est souhaitable, il reste à montrer qu'elle est 662 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
possible ; c'est ce que l'auteur entreprend de faire en examinant
l'appareil symbolique mis en jeu (algèbre de Boole, réseaux logiques,
processus stochastiques...) et le type de modèle convenable. Il s'inté
resse plus particulièrement aux automates « finis » (automates ne
comportant qu'un nombre fini d'éléments, lesquels ne passent que par
un nombre fini d'états) de préférence aux automates infinis tels que
la machine de Turing. Quelques exemples de ce type sont décrits :
La Machina Speculatrix, de Grey Walter, VHoméostat, d'Ashby, la
machine à parcourir un labyrinthe, de Shannon.
Mais l'auteur se propose un but plus difficile que celui visé par ces
premières réalisations : le modèle recherché ne doit pas seulement
présenter quelques analogies avec le fonctionnement d'organismes
élémentaires, il doit reproduire les aspects essentiels du comportement
animal : perception, apprentissage, motivation, émotion ; il doit être
ainsi considéré comme un système hautement intégré et ce système
doit être inductif autant que déductif, ce qui complique évidemment
le problème de sa programmation. Pour l'auteur, ces différents processus
peuvent être conçus sous forme de réseaux logiques et ce non seulement
au niveau molaire, mais également au niveau unitaire : ainsi le modèle
de McCulloch qui assimile le neurone à un relais à deux états se prête
particulièrement à cette traduction.
Cependant, la Cybernétique ne rend pas inutiles les recherches
expérimentales, mais elle permet d'en dégager des interprétations à la
fois plus générales et plus précises : c'est dans cet esprit que sont exposées
et commentées les données les plus récentes de la psychologie de l'appren
tissage et de la perception, et celles de la physiologie du Système Ner
veux Central. Les théories de Hull, Tolman, Osgood, Konorski, Hebb,
Pribram sont également discutées et leur traduction dans un langage
logico-mathématique envisagée. Les derniers chapitres de l'ouvrage
présentent donc un intérêt particulier pour le psychologue et le physiol
ogiste qui pourront y trouver des indications relativement précises
sur la valeur épistémologique de la Cybernétique.
J. D.
Leontiev (A. N.). — (En russe) (Les problèmes du développement
du psychisme). — In-8° de 495 p., Moscou, Édit. de l'Acad. des Se.
Pédag. de la R.S.F.S.R., 1959.
Cet ouvrage regroupe une série des principaux travaux de A. N. Leont
iev au cours des 30 dernières années. L'idée maîtresse qu'ils illustrent
est celle de la nécessité d'étudier le psychisme comme une réalité en
constant et multiple développement.
La première partie comprend un important travail sur la genèse
de la sensibilité considérée comme capacité sensorielle élémentaire ;
l'hypothèse génétique présentée par l'auteur est soutenue par une série
de travaux expérimentaux. Un article plus court sur le mécanisme du
« reflet » sensoriel se rattache au même problème.
Une seconde partie est consacrée à une étude en raccourci des pro- GÉNÉRALE 663 PSYCHOLOGIE
blêmes du développement du psychisme ; celui-ci englobe le dévelop
pement des activités psychologiques chez l'animal ; mais l'auteur
insiste particulièrement sur l'apparition et le rôle de la conscience
chez l'homme, et sur les problèmes que soulève le caractère historique
de son existence. Reprenant cette dernière question, l'auteur développe
une vue synthétique d'inspiration voisine de celle qu'il avait exposée
au Symposium de Strasbourg sur le conditionnement et l'apprentissage.
La troisième et dernière partie de l'ouvrage est constituée d'une
série de travaux plus courts appartenant essentiellement au domaine
de la psychologie de l'enfant : la mémoire, les jeux préscolaires, les
motivations, la personnalité, les insuffisances intellectuelles, sont tour à
tour envisagés dans une perspective génétique en liaison avec les
recherches expérimentales de l'auteur ou de ses collaborateurs.
J.-F. L. N.
Wartburg (W. von). — Problèmes et méthodes de la linguistique. —
Traduit de l'allemand par P. Maillard, 2e éd. augmentée et refondue
avec la collaboration de S. Ullmann. — In-8° de 262 p., Paris,
Presses Universitaires de France, 1963.
Il ne saurait être question ici de résumer ni moins encore de juger
cet ouvrage classique (lre édition allemande en 1943). Signalons seul
ement la réédition de sa traduction, dans une version refondue et aug
mentée notamment d'un chapitre sur Langue et style. Notons aussi
que les problèmes et méthodes dont il est question sont essentiellement
ceux de la linguistique historique, relativement peu affectée jusqu'ici
par les recherches structuralistes. Ce domaine n'est pas celui auquel les
psychologues du langage, plutôt tournés vers la linguistique descriptive,
s'intéressent en tout premier lieu, mais ils ne devraient pas négliger
de le parcourir en lisant ce remarquable livre. Von Wartburg souligne
d'ailleurs très clairement l'interdépendance de ces deux branches de
la linguistique.
F. J.
Saporta (S.) (éd.). — Psycholinguistic. A book of readings (Textes
choisis de psycholinguistique). — In-8° de 551 p., New York, Holt,
Rinehart and Winston, 1961.
Saporta rappelle dans la préface de ce recueil de textes que deux
disciplines ont abordé chacune de leur côté l'étude du langage : la
linguistique, et particulièrement la linguistique structurale et la
psychologie du comportement. Depuis un certain temps déjà, la nécessité
d'une communication entre les deux disciplines s'est imposée.
La parution, en 1954, de : Psycholinguistics : A survey of Theory and
research Problems (Revue des problèmes de la théorie et de la recherche
en Psycholinguistique), édité par C. E. Osgood et A. Sebok avait été
d'une grande aide pour cette communication interdisciplinaire. Ici,
Saporta présente de nombreux textes de linguistes et de psychologues,
concernant des théories générales ou des problèmes particuliers. On 664 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
trouvera dans ce volume des textes de Bloomfield, Chomsky, Yakobson,
de Skinner, Miller, Osgood, Whorf, etc., et même la traduction d'un
chapitre de Language and Thought de Vigotsky. L'ouvrage est divisé
en 8 parties traitant de : 1) Nature et fonction du langage ; 2) Approches
de l'étude du langage ; 3) La perception de la parole ; 4) L'organisation
séquentielle des événements linguistiques ; 5) Les aspects sémantiques
des événements linguistiques ; 6) Acquisition du langage, bilinguisme
et changements du langage ; 7) Pathologie du comportement linguis
tique ; 8) La relativité linguistique et relations entre processus
tiques et processus perceptifs et cognitifs.
J.-M. P.
Mitterand (H.). — Les mots français. In-8° de 126 p., Paris, Presses
Universitaires de France, 1963.
Cet ouvrage, présenté par son auteur comme un « aide-mémoire de
lexicologie française », expose clairement un certain nombre de notions
fondamentales en même temps qu'il constitue une étude brève mais
complète du vocabulaire français.
Après un chapitre sur l'inventaire des mots, où figurent en bonne
place les notions dégagées par les auteurs du Français élémentaire, sont
passées en revue les couches diachroniques du vocabulaire français.
Les structures formelles du vocabulaire font ensuite l'objet d'un
classement descriptif où apparaît constamment le souci de ne pas
mêler diachronie et synchronie et de considérer objectivement l'état
présent de la langue : à propos de l'emprunt de termes étrangers, l'A.
fait remarquer que « la collecte des termes « franglais » relève davantage
du jeu de société que de la linguistique... ».
Les structures sémantiques, puis le mouvement sémantique dans
le vocabulaire français sont étudiés ensuite.
Enfin, un dernier chapitre qui sera particulièrement utile, notam
ment au psychologue, délimite l'objet et les méthodes de la lexico
graphie et de la lexicologie. On y trouve exposées les vues nouvelles
issues du structuralisme et stimulées par des perspectives d'application
comme la traduction automatique.
J.-M. P.
Piutchik (R.). — The Emotions : Facts, theories and a new model. —
In-8° de 204 p., New York, Random House, 1962.
Ce livre vient s'ajouter à une abondante littérature. Qu'apporte-t-il
de nouveau ? Un modèle structural de type analogique, dans lequel les
émotions sont comparées aux couleurs. Cette analogie conduit à attribuer
certaines propriétés aux émotions : la possibilité de se mélanger et de
former ainsi des combinaisons, la possibilité pour une même combinaison
d'exister à des degrés d'intensité variés.
Les émotions primaires sont définies comme des dimensions ; elles
sont au nombre de 8 : incorporation, rejet, destruction, reproduction-
privation, orientation, exploration, protection. Chacune de ces dimen, PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 665
sions est reliée à un certain nombre d'émotions et de sentiments.
L'auteur ne nous explique pas pourquoi, ni comment, il a été amené à
effectuer cette classification.
Il ne nous donne pas non plus de commentaires de la représentation
graphique du modèle structural multidimensionnel ; et le lecteur
s'étonnera de ne pas retrouver avec les 18 émotions agencées dans une
figure de forme ovoïde, les dimensions précédemment décrites.
Les expériences citées, dont certaines sont bien connues et quelques
rares autres originales ne nous apportent d'autre part que peu d'éclai
rcissements sur le modèle.
L'auteur termine sur une définition, qui vient s'ajouter à 20 autres
rangées par ordre chronologique, dans laquelle l'émotion après avoir
été dimension, variable intermédiaire, état hypothétique devient
« a patterned bodely reaction of destruction reproduction, incorporation,
orientation, protection, deprivation rejection or exploration or some
combination of theses which is brought about by a stimulus ».
Le lecteur regrettera sans doute que le modèle proposé ait été insuf
fisamment développé bien souvent au profit de nombreuses digressions
et citations qui empêchent parfois de suivre la pensée de l'auteur.
M. Bo.
Buckner (D. N.), McGrath (J. J.). — Vigilance : a Symposium
(La vigilance : un Symposium). — New York, McGraw Hill, 1963.
Ce livre est constitué par un ensemble de communications faites
lors d'un symposium tenu en Californie en 1961. Le but assigné à celui-ci
était de rassembler des chercheurs « représentant des positions théoriques
et des approches méthodologiques différentes, de présenter leurs résultats
récents, de discuter leurs points de vue théoriques, d'identifier les
principaux problèmes de recherche et d'en débattre ». L'ouvrage qui
comporte 17 chapitres est ainsi divisé en deux grandes parties : I. Recher
ches récentes ; II. Méthode et théorie. Les auteurs y reprennent souvent
des travaux anciens, déjà publiés, mais qu'ils présentent de manière
synthétique en s'efforçant de les replacer dans une perspective théorique.
Dans la première partie, on retrouvera illustrés les grands thèmes des
expériences sur la vigilance : influence des intervalles entre les signaux,
influence des signaux redondants, des signaux appartenant à des caté
gories différentes, rôle de l'ambiance, des variables de personnalité, etc.
La seconde partie présente les théories sur la vigilance. Baker y
expose d'abord la théorie de l'attente. On trouvera reproduit l'article
de Holland sur la vigilance humaine, paru antérieurement dans Science.
Broadbent discute le concept d'activation et montre que si l'on tient
compte de la relation en U entre le degré d'activation et l'efficacité
du travail, ce concept peut permettre d'expliquer plusieurs phénomènes
constatés au cours des tâches de vigilance et difficilement compréhens
ibles dans le cadre des autres théories. Jerison montre l'intérêt d'une
analyse fine des activités de vigilance. Les moyennes établies sur de 666 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
larges périodes peuvent masquer les phénomènes apparaissant de
manière précoce. Il montre ainsi que lorsque la tâche est complexe,
exigeant la surveillance simultanée de plusieurs sources, la dégradation
avec le temps est très rapide et n'apparaît pas quand on calcule la
fréquence de détection par demi-heure. Le niveau moyen du plateau
atteint ensuite reste stable : il est d'autant plus bas que le nombre de
sources est plus élevé. Howland et Wiener présentent des résultats
d'expériences où le sujet doit détecter non des signaux mais des change
ments dans les caractéristiques de la série des présentés. Ils
analysent ensuite les fonctions de l'homme dans un tel système.
Chacune des communications est accompagnée du compte rendu
détaillé des discussions qui les ont suivies lors du symposium : ces dis
cussions qui permettent aux différentes théories de se confronter dans
l'interprétation de nombreux résultats ne sont pas la partie la moins
intéressante de cet ouvrage.
J. L.
Flocon (A.), Taton (R.). — La perspective. — In-8° de 126 p.
(« Que sais-je ? », Paris, Presses Universitaires de France, 1963.
Ce petit livre n'est pas, à proprement parler, un ouvrage de psychol
ogie, mais il peut être fort utile, au niveau de l'initiation, à quiconque
s'intéresse à la perception visuelle de l'espace, à la psychologie de l'art
ou encore à l'épistémologie des mathématiques. Il est le résultat solide
de la collaboration d'un peintre-graveur de talent et d'un historien des
mathématiques, auteur de travaux approfondis sur Desargues et Monge.
Après un chapitre très bref sur les données élémentaires de l'anatomie
et de la physiologie oculaires, le chapitre II retrace en une cinquantaine
de pages l'histoire de la perspective artistique, du bison d'Altamira
au cinéma, en passant par les « scénographies » antiques, les peintures
pompéiennes, les miniatures médiévales, et en faisant, comme il se doit,
une place de choix aux découvertes du Quattrocento, aux créations
majestueuses ou baroques de la Renaissance et de l'époque classique,
pour finir par la crise moderne de l'espace pictural.
A cette revue historique succède, dans le chapitre III, l'exposé
nécessairement plus aride des règles élémentaires de la perspective
pratique. L'intérêt de ce chapitre est relevé par l'indication d'un système
original de projection perspective, la perspective curviligne à champ
complet, objet d'un ouvrage que prépare actuellement A. Flocon en
collaboration avec A. Barre. Les auteurs de ce système ingénieux ont
cherché à éviter les inconvénients et les limites des perspectives clas
siques, conique et cylindrique, mais, en contrepartie, ils doivent admettre
et faire admettre au spectateur de nouvelles conventions qui ne man
queront pas, croyons-nous, de susciter des problèmes psychologiques
intéressants. Nous y reviendrons après la parution de l'ouvrage annoncé.
Le dernier chapitre, qui porte plus spécialement la marque de
R. Taton, fait comprendre l'intérêt épistémologique de la perspective
géométrique conçue comme une discipline strictement mathématique

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