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Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.72, pg 555-567

De
14 pages
L'année psychologique - Année 1972 - Volume 72 - Numéro 2 - Pages 555-567
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1972 vol. 72, n°2. pp. 555-567.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1972 vol. 72, n°2. pp. 555-567.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1972_num_72_2_27964Psychologie générale
Readings in Psychology (Morceaux choisis en Psychologie). Scientific
American. — San Francisco, Freeman & Co., 1969, vol. I : 426 p.,
vol. II : 400 p.
Ces readings sont constitués d'un ensemble de 114 articles (64 dans
le premier tome et 50 dans le second) couvrant une période allant
de 1948 à 1968. Nous trouvons là une série d'expériences fondamentales
concernant des domaines aussi divers que la perception, la psychophysi
ologie, l'apprentissage et le comportement, la motivation et les émot
ions, la personnalité, la pathologie et la psychothérapie sans oublier
quelques textes de psychologie sociale. Parmi les auteurs nous notons
certains grands noms de la psychologie qu'il s'agisse de J. Piaget,
d Arnold Gesell, d'Eleonor J. Gibson ou bien de C. R. Rogers, de
R. F. Baies et de H. J. Eysenck... Autant dire que nous avons là un
panorama, forcément incomplet, mais non dépourvu d'intérêt.
Chaque article est présenté dans un langage simple et clair évitant
l'usage de termes trop techniques et mettant l'accent sur la problémat
ique générale de la recherche, sur les conclusions de l'expérience, en
négligeant les problèmes purement méthodologiques ou instrumentaux.
Des photos et des schémas illustrent les procédures expérimentales et
les conclusions. Chaque article est suivi d'une présentation succincte des
principales activités de l'auteur et des ouvrages qu'il a écrits.
Nous sommes tentés de croire que nous avons là une tentative de
vulgarisation qui mérite notre attention car cet ouvrage s'adresse à
des étudiants sortant du secondaire et ne requiert aucune formation
spécifique.
Par contre, nous aurions souhaité que tous ces articles soient
regroupés en fonction de leur thème afin d'éviter qu'une étude de la
schizophrénie soit placée entre deux recherches sur la perception. Cela
eût été d'autant plus facile qu'une table des matières supplémentaire
regroupe les recherches en fonction de leur thème.
On peut évidemment critiquer le choix de certains textes peu
intéressants, les grosses lacunes ; être étonné de ne trouver aucun article
portant sur la psycholinguistique ou d'autres domaines importants de la
psychologie. Mais comment éviter de tels reproches lorsque l'on veut
en quelques pages présenter 20 années de recherches.
J. P. Rossi. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 556
Contemporary Psychology : Readings from Scientific American
(Psychologie contemporaine. Morceaux choisis), San Francisco,
W. H. Freeman & Co., 1971, 484 p.
Recueil de 55 articles choisis par R. G. Atkinson parmi plus de 200
qui ont paru dans Scientific American dans la dernière décennie.
Nombre de grands travaux récents sont relatés par de grands auteurs
dans des articles où le souci d'être lu et compris ne sacrifie jamais la
recherche de la preuve scientifique.
A cette appréciation qualitative on peut seulement ajouter les titres
des sept grandes divisions du volume et indiquer quelques noms
d'auteurs.
1° Fondements biologiques du comportement (Kandel, Luria, Olds,
Fisher, Levine...) ;
2° Le développement du (Harlow, Gibson, Piaget,
Bower...) ;
3° Processus sensoriels et perceptifs (Young, Pritchard, Neisser,
Hubel, Held, Haber) ;
4° Apprentissage, mémoire et pensée (Bitterman, Skinner, Peterson,
Underwood, Kolers, Suppes...) ;
5° Etats de vigilance (Klertman, Fromm...) ;
6° Personnalité et désordres de la conduite (Goopersmith, Cattell,
Brady, Jackson...) ;
7° Influences sociales dans le comportement (Festinger, Tajfel,
Berkowitz, Galhoun...).
Certes la part faite à la physiologie et au comportement animal reste
importante et on peut trouver que les activités cognitives sont peu
représentées. Cependant les études scientifiques sur la personnalité et
le comportement social sont nombreuses et de grande qualité.
P. Fraisse.
Me Call (R. B.). — Fundamental Statistics for Psychology (Les
méthodes statistiques fondamentales en psychologie). — New York
Chicago, San Francisco, Atlanta, Harcourt, Brace & World, Inc.,
1970, 419 p.
Voici le n plus unième ouvrage américain consacré à un exposé
élémentaire des principales méthodes statistiques utilisées en psychol
ogie et dans les disciplines voisines (sciences de l'éducation, etc.) ;
l'auteur ne précise pas en quoi cet ouvrage prétendrait éventuellement
différer des n précédents ni à quelle nécessité sa publication prétendrait
répondre. Il affirme seulement avoir voulu présenter les « concepts de
base » des méthodes statistiques habituelles, plutôt que la « variété des
techniques », en s'appuyant sur de nombreux exemples destinés à
familiariser le lecteur avec les problèmes concrets que pose l'utilisation
de ces méthodes.
En fait, on se trouve en présence, une fois de plus, d'un exposé PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 557
soigneux, méthodique, précis et documenté de la conception la plus
traditionnelle et la plus conventionnelle sur les méthodes statistiques
élémentaires (jusqu'à l'analyse de la variance à deux facteurs de classi
fication systématiques, mais pas au-delà) et sur leur utilisation. Les
caractéristiques de ce type d'ouvrages sont les suivantes : d'une part,
supposant que le niveau mathématique des lecteurs auxquels on
s'adresse est faible, voire nul (d'où les inévitables appendices mathémat
iques sur 1' « utilisation du signe somme » ou la « réduction des
fractions », sans parler de l'algèbre élémentaire des ensembles !), il n'est
en fait pas question d'exposer avec un semblant de rigueur les fonde
ments mathématiques des méthodes abordées ; aussi passe-t-on par
dessus toutes les difficultés, qui ne sont pas seulement « techniques »,
au moyen d'acrobaties verbales et d'appels (d'ailleurs implicites) à
l'intuition. D'autre part, en ce qui concerne l'utilisation des méthodes
statistiques, on entretient les conceptions les plus formalistes et les plus
utilitaristes qui sous-tendent en effet la pratique de la majorité des
expérimentalistes ; malgré la multiplication des « exemples concrets »
il n'est pas question d'une méthodologie de la statistique, c'est-à-dire
d'une analyse de l'articulation entre les objectifs d'une recherche et
les méthodes de planification et d'analyse des données. Ce qui nous est
transmis, c'est une norme, les règles d'une pratique sociale permettant
l'accès au panthéon des expérimentalistes, le Journal of Experimental
Psychology. Sur ce plan d'ailleurs l'auteur retarde quelque peu car la
division de son ouvrage en deux parties : « Méthodes descriptives » et
« Méthodes inférentielles » est non seulement insoutenable telle qu'il la
conçoit (à telle enseigne qu'il traite des propriétés optimales d'un
estimateur dans son exposé des méthodes descriptives...) mais désuète,
eu égard aux courants actuels de la statistique appliquée américaine
qui mettent l'accent sur la notion plus synthétique (mais non moins
d' « analyse des données ». problématique)
Un ouvrage certainement pas pire et peut-être, sur le plan pédagog
ique, meilleur que d'autres, dans une lignée dont on souhaite, sans
trop oser l'espérer, qu'elle est en voie d'extinction.
D. Lépine.
Lee (W.). — Decision theory and human behavior (Théorie de la
décision et comportement humain). New York, Wiley, 1971, 352 p.
Avec humour et philosophie, nous sommes introduits dans la théorie
de la décision appliquée à la compréhension du comportement humain
dans un sens large avec discussion sur la rationalité de ce dernier.
Le développement de la théorie mathématique est limitée à une
compréhension exacte des nombreux concepts fondamentaux et des
axiomes. La terminologie très précise et spécifique est progressivement
introduite presque à l'insu du lecteur. Ainsi ce livre se propose de
familiariser les psychologues rebutés par des présentations trop mathé- 558 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
matiques à la théorie de la décision et à ces développements théoriques.
Après une introduction générale, le livre traite de théories dérivées plus
spécifiques, théorie de jeu, théorie de la détection, de la catégorisation,
de l'apprentissage des probabilités, de la relation entre information et
décision.
Les références sont toutes anglaises et américaines même celles de
Laplace et Bernoulli non citées dans le texte original. Le nombre des
références est supérieur à celui de celles mentionnées dans le texte. Le
lecteur peut poursuivre son information.
C'est un livre précis et strict sous une apparente facilité de langage.
G. Oléron.
Guertin (W. H.), Bailey (J. P.). — Introduction to modem factor
analysis (Introduction à l'analyse factorielle moderne). — Ann Arbor,
Edwards Broth, 1970, 472 p.
L'analyse factorielle est un corps de méthodes que l'utilisateur peut
mettre actuellement en œuvre sans une grande compréhension de la
théorie, de la méthodologie sous-jacente ni du déroulement des processus
de calcul. Ceci bien sûr, grâce à l'utilisation des calculatrices rapides.
Ce livre se veut être une introduction à l'analyse factorielle qui
permettrait au chercheur d'utiliser plus complètement les possibilités
des méthodes.
Effectivement, certaines questions classiques reçoivent des réponses
étayées par des exemples et des calculs comparatifs :
« Combien d'axes faut-il faire tourner ? »
« Que se passe-t-il si l'on fait trop ou trop peu d'axes ? »
« Sur combien de sujets doit être faite la comparaison entre les
variables ? »
« Quel coefficient de corrélation fait-il choisir ? »
« Peut- on interpréter les résultats de façon probabiliste ? »
« Quel est l'intérêt de la rotation des axes en composantes prin
cipales ? »
II est vrai que les principes des procédures de calculs et de rotations
étant précisés, on dispose de 140 pages de listings des programmes
(adaptés des programmes B.M.D.), certainement utiles aux chercheurs
de Floride.
Cependant certaines questions importantes soulevées n'obtiennent
que des réponses trop partielles :
— telle « l'analyse des tableaux à trois dimensions A x B x C »,
—« des de distances »,
— telle « peut-on à partir des résultats reconstituer le tableau des
données initiales ? »,
— telle encore « peut-on passer sans calculs supplémentaires d'une
analyse R à une analyse Q ? ». GÉNÉRALE 559 PSYCHOLOGIE
Enfin, le peu de notions mathématiques introduites limite les
développements géométriques. Or c'est cette approche qui, dans
l'optique classique (G. H. Thompson, The geometry of mental measure
ment, 1954) ou dans l'optique moderne de l'algèbre linéaire permet :
— de se représenter géométriquement (au moins en composantes princi
pales) la position de l'espace dans lequel se fait la représentation ;
— de construire d'autres méthodes d'analyse factorielle comme l'analyse
factorielle de correspondances qui s'applique bien à des profils
(cf. J. P. Benzecri, Publications du Laboratoire de Statistiques mathé
matiques, Paris, ou J. M. Faverge, L'analyse des profils, texte ronéo
typé, ou encore G. Netchine dans un prochain numéro du Bulletin de
Psychologie) .
G. Oppenheim.
Perriault (Jacques). — Eléments pour un dialogue avec l'informat
icien. — Paris-La Haye, Mouton, 1971, 237 p.
Le but est ambitieux : de l'informatique, il s'agit de dévoiler la
charpente et de manifester l'intérêt, aux yeux des non-mathématiciens
des sciences humaines. De fait, l'absence de toute écriture mathématique
est remarquable et constitue une caractéristique importante de l'ou
vrage. S'il était besoin d'insister pour certains sur la distinction entre
modèle mathématique et programme informatique, l'existence même
de ce livre en fournirait une illustration parfaite. Par ailleurs, les
mathématiques élémentaires n'ayant pas encore été supprimées dans
l'enseignement de la psychologie, on peut se demander si la gageure
pédagogique de Jacques Perriault n'est pas préjudiciable à l'assimilation
par nos lecteurs des notions abordées, l'organisation de celles-ci risquant
d'être plus difficile sans support conducteur.
Mais le propos de l'auteur n'est pas de former des programmeurs ou
des analystes, c'est-à-dire de ces informaticiens sur lesquels le dernier
chapitre du livre nous apporte quelques informations sociologiques fort
intéressantes. Il s'agit beaucoup plus d'éclaircir ce domaine de la pensée
et de la pratique, tant par une recherche historique (premiers auto
mates...) que par des coupes descriptives de différents niveaux (algo
rithmes, circuits et/ou bistables, instructions symboliques, programmes
de tri...). La diversité des acceptions possibles du domaine informatique
est d'ailleurs soulignée.
Au niveau de la terminologie de l'ouvrage, un gros travail semble
avoir été fait pour contribuer au dégagement d'une langue informatique
française, et ce travail est justifié.
Les indications bibliographiques (pour ce domaine où la privatisation
de la production des machines entraîne des difficultés de communication)
sont originales et fournies, mais malheureusement dispersées au fil des
chapitres.
P. BOVET. 560 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Bastock (M.). — Courtship. An Ethological Study (Courtiser. Etude
éthologique). — Chicago, Aldine, 1967, 220 p.
Cette monographie, très bien composée, fait le point sur les conduites
préparatoires à l'accouplement. Margaret Bastock tente d'apporter des
éléments de réponse à deux questions fondamentales : pourquoi les
animaux développent des conduites de cour et quel en est le mécanisme ?
Elle traite également d'un thème particulièrement intéressant, celui des
rapports entre les conduites de cour et les conflits.
L'étude se divise en trois parties d'égale importance. La première
est descriptive. L'auteur examine les conduites preparatives à l'acco
uplement dans un certain nombre d'espèces, chez les arthropodes, les
poissons et les oiseaux, en se référant à de nombreux travaux étholo-
giques. La deuxième partie est consacrée à l'évolution de ces conduites.
Une fine étude sur les rapports de la sélection naturelle et de la sélection
sexuelle permet de bien voir le rôle de ces conduites dans l'ordre des
finalités adaptatives et évolutives des espèces. L'examen des situations
de conflit montre les mécanismes qui assurent l'évolution de ces conflits.
Une étude génétique conclut cette deuxième partie. La troisième est
consacrée à l'étude des mécanismes. L'auteur examine successivement
le rôle des mécanismes hormonaux et nerveux.
L'ouvrage est clair, précis, documenté, agréable à lire, illustré de
schémas explicatifs. Il est complété par une bibliographie importante.
En conclusion, sur un sujet limité, une documentation fort sérieuse,
mais aussi un texte qui donne à réfléchir sur la finalité des conduites
sexuelles préliminaires et sur le problème de l'articulation entre la
finalité et les mécanismes de ces conduites.
D. Widlocher.
Southwick (C. H.). — Animal aggression (L'agressivité chez l'ani
mal). — New York, Van Nostrand Reinhold, 1970, 229 p.
On n'apprécie pas toujours ces livres formés d'articles hétéroclites
reliés par un thème souvent vague, cependant il faut faire exception
pour ce recueil de morceaux choisis, car ils sont en effet très bien choisis,
groupés et présentés. L'idée directrice est celle d'un passage, au fil des
lectures, du plan éthologique au plan physiologique, et plus encore celle
d'un accroissement progressif de la complexité des données et des
hypothèses présentées dans les chapitres successifs.
Dans l'introduction, Southwick présente les deux aspects majeurs
des études sur l'agressivité animale : celui de ses déterminismes endogène
(organique) et exogène (facteurs du milieu), ainsi que celui de ses rapports
avec l'agressivité humaine. Disons tout de suite que ce dernier aspect
n'est pratiquement pas traité dans le livre, tandis que le premier en
constitue le thème essentiel.
Les premiers textes sont faciles à lire. Southwick aborde la question
méconnue par les psychologues de l'agressivité manifestée envers PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 561
l'Homme par certains individus appartenant à des espèces de Mammif
ères dont la plupart des représentants l'évitent habituellement, au
contraire. Certes, la motivation agressive d'un éléphant « rogue » n'est
pas la même que celle d'un félin « mangeur d'hommes » ou d'une ourse
suitée, ou d'un élan en rut : considérer ces diverses agressions sur le
même plan serait davantage un point de vue de chasseur de fauves que
celui d'un naturaliste. Evidemment Southwick ne commet pas cette
faute, mais nous montre au contraire par ces exemples qu'une même
conduite peut être déterminée par divers facteurs suivant les espèces
et les individus : cette idée de la pluralité des mécanismes de l'agression
chez l'animal va se retrouver plusieurs fois dans les textes suivants.
On lira ensuite deux anciennes et longues revues critiques de Collias,
dont malheureusement l'exhaustivité est telle que les règles sont noyées
sous les exceptions, et qu'aucune idée directrice ne se dégage. On
mesurera mieux ainsi la portée théorique des textes qui leur font suite,
signés de Lorenz et de Tinbergen : certes ils sont classiques et connus des
spécialistes, mais ils fourniront de précieuses bases au lecteur étudiant.
Les trois articles suivants allient avec bonheur l'observation éthologique
et la méthode expérimentale : Wallis traite des insectes sociaux, et nous
montre que chez les fourmis le léchage peut être un premier stade de
l'attaque envers d'autres fourmis ; Scott compare les rats et les souris
du point de vue de leurs relations de dominance sociale et de combat réel,
en fonction de divers facteurs de milieu ; enfin Hall étend ce point de
vue comparatif, sous l'angle éthologique, en envisageant les conduites
agressives dans tout le genre des Simiens.
On passe ensuite à l'aspect physiologique des motivations agres
sives : Davis étudie surtout le rôle des différentes sécrétions endocrines,
et il insiste sur le fait que celles de la médullo- et de la cortico-surrénales
ne font que traduire les effets d'une situation de combat, ou d'intense
activité en général, et entretenir cette activité, mais qu'elles n'induisent
pas spécifiquement l'agression. Telle est au contraire la fonction de
l'hormone lutéinisante et celle de la testosterone. Néanmoins cette
dernière n'agit que si le milieu de vie des sujets qui en ont reçu l'injection
leur permet de manifester la conduite territoriale : ainsi, un certain type
de perchoir est-il nécessaire à divers passereaux pour manifester leur
agressivité, qu'elle soit spontanée ou provoquée par traitement hormonal.
Bronson et Eleftheriou vont plus loin et montrent chez la souris combien
les stimuli expressifs d'un individu attaquant, associés à une agression
réellement subie de la part de cet animal, peuvent induire à elles seules,
chez un congénère « victime », un stress plus grave que celui qui est
provoqué par une agression réelle et immédiate. Ainsi le stimulus
conditionné peut-il produire une réponse plus intense que le
absolu : les « bluffs » d'attaque ne sont donc peut-être pas aussi inoffensifs
que le pensent les éthologistes, et la menace peut causer plus de dom
mages que les coups. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 562
Les deux textes suivants, de J. L. Brown et des Welch, démontrent
la pluralité des mécanismes nerveux et biochimiques qui peuvent induire
(surtout chez le chat et le rat) l'agression ou la fuite, ou les deux, amenant
ainsi à différencier plusieurs agressivités : celle d'attaque et celle de
défense, et à préciser la part des composantes de locomotion et d'immob
ilisation. Le recueil se termine sur l'exposé de travaux complexes
démontrant l'interaction du facteur génétique, de la maturation onto-
génétique et des expériences passées dans le déterminisme de l'agres
sivité. Le chapitre final, de Southwick, constitue à cet égard une
synthèse particulièrement brillante et claire qui incitera le lecteur à
relire les derniers chapitres, particulièrement ardus.
Cette gradation de la difficulté des textes permettra à chacun de
trouver une lecture à son niveau, puis de progresser peu à peu, aidé par
la clarté des illustrations. Parmi celles-ci notons quelques remarquables
images dues à la regrettée photographe animalière Ylla.
M. Blancheteau.
McFarland (D. J.). — Feedback mechanisms in animal behaviour
(Les mécanismes de rétroaction dans le comportement animal). —
Londres et New York, Academic Press, 1971, 279 p.
La notion de feedback est désormais si souvent invoquée en matière
d'étude des conduites qu'elle en est galvaudée : ou bien on abuse de ce
terme pour désigner tout contrôle d'une variable par une autre, n'ayant
que l'apparence d'une véritable rétroaction, ou bien il s'agit en effet
d'un tel processus, mais il en existe tant de modalités diverses qu'il
convient alors de préciser davantage. McFarland nous aide à différencier
ces concepts cybernétiques, à condition de ne pas se laisser rebuter par
les côtés mathématiques de ses exposés. Il est aisé cependant de saisir
la différence entre rétroactions passive (ou « pseudo-feedback ») et active,
et de comprendre ce que peut être un contrôle en boucle ouverte ou en
boucle fermée. D'ailleurs des exemples sont fournis pour illustrer ces
notions abstraites autrement que par des diagrammes fléchés. Les uns
sont désormais classiques, comme celui de la visée de capture chez la
mante, étudiée par Mittelstaedt ; les autres sont tirés des travaux de
l'auteur lui-même : on appréciera le montage expérimental dans lequel
un rat placé dans une boîte de Skinner s'octroie, par ses appuis sur le
levier, des injections pharmacologiques répétées, en plus de son renfo
rcement alimentaire immédiat.
L'auteur cite beaucoup d'autres exemples, tirés d'une telle variété
de domaines qu'on a l'impression qu'il a été obligé de tirer parti de tout
ce qu'il a pu trouver, concernant de près ou de loin le comportement
animal, y compris la pure physiologie. Il convient donc, à ce sujet, de
noter deux points : tout d'abord le petit nombre des recherches sur le
comportement animal et humain axées sur une problématique cyberné
tique (McFarland avoue lui-même cette insuffisance à la page 231) ; PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 563
d'autre part l'extension de la notion de « comportement » à tout système
vivant agissant selon le principe de rétroaction : pourquoi refuserions-
nous ce renouvellement conceptuel, puisque les chronobiologistes nous
ont bien déjà accoutumés à parler de « rythmique » chez
les végétaux ?
Toujours est-il que ces exemples de fonctionnement en rétroaction
sont regroupés par référence à des paramètres cybernétiques, en trois
chapitres traitant successivement de la durée des réponses, de leur
fréquence, et enfin de la précision du contrôle ou de la régulation. Sur ce
dernier point, on appréciera l'exposé des notions de retard de correction
et de ses conséquences : amortissement incrémentiel ou décrémentiel
des erreurs, constituant l'oscillation propre au système de régulation
étudié. Il semble que cette perspective d'étude puisse être fructueuse,
mais elle donne surtout lieu pour le moment à des développements
formels ou mathématiques : beaucoup reste à faire en matière de compor
tement animal, et l'on est même frappé du peu d'exemples tirés de la
neurophysiologie. Le psychologue sera surtout intéressé par le dernier
chapitre, qui envisage une confrontation cruciale entre les théories
classiques du comportement et la « théorie du contrôle » proposée par
l'auteur. A vrai dire, ceci concerne essentiellement le problème des
régulations perceptives et de sa formulation en termes d'efference copy
(ou Sollwert) et selon un schéma de feed-forward (ou correction anticipée) ;
sur ce point, le matériel de discussion le plus solide reste le travail de
von Holst et de Mittelstaedt : les développements formels modernes
se fondent donc sur d'anciennes données expérimentales, et il est
souhaitable que de nouveaux résultats viennent alimenter le débat.
M. Blancheteau.
Sah a ki an (W. S.). — Psychology of learning : systems, models and
theories (Psychologie de l'apprentissage : systèmes, modèles et
théories). — Chicago, Marklam Publishing Company, 1970, 551 p.
Ce livre est un recueil de textes et non un ouvrage de synthèse sur
les théories de l'apprentissage. Divisé en trois parties, il couvre un
champ très vaste. La première partie comprend 12 chapitres ; elle est
consacrée aux systèmes théoriques proposés par Pavlov, Thorndike,
Guthrie, Tolman, Wheeler, Wertheimer et les gestaltistes, Lewin, Dewey
et les fonctionnalistes, Freud, Skinner, Hull et Spence, Miller et Dollard.
La seconde partie présente, en 9 chapitres, des modèles plus récents se
rapportant à différentes situations d'apprentissage et formulés par
Estes, Bush et Mosteller, Newell et Simon, Logan, Mowrer, Rotter,
Bandura, Broadbent, Gagné ; elle se termine par un exposé de Hilgard
et Bower sur les éventuelles applications pédagogiques des théories et
des modèles d'apprentissage. La troisième partie aborde deux problèmes
qui ont fait l'objet de nombreuses recherches expérimentales et de
longs débats théoriques : le renforcement avec les contributions de

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