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Psychologie sociale et religieuse. - compte-rendu ; n°1 ; vol.36, pg 441-451

De
12 pages
L'année psychologique - Année 1935 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 441-451
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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c) Psychologie sociale et religieuse.
In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 441-451.
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c) Psychologie sociale et religieuse. In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 441-451.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1935_num_36_1_30701PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 441
Rapprochements instructifs avec les croyances et pratiques locales
actuelles. G. -H. L.
667. — E. JALHAY. — El eulto del hacha en el Castro de Santa
Tecla (La Guardia, Pontevedra) (Le culte de la hache dans le
Castro de Santa Tecla). — Boletin de la Comision de Monumentos
de Orense, n° 217, 1934, 8 p., 3 fig.
Aux cultes du serpent et du soleil, qu'on a des raisons d'attribuer
aux populations des castros de Galice et du Nord du Portugal,
s'ajoutait probablement un culte de la hache. D'après des gravures
sur un rocher, vraisemblablement sacré, et sur les deux stèles funé
raires du castro de Santa Tecla à La Guardia (Pontevedra) et des
haches votives provenant de la même localité et de régions voisines,
ce culte aurait duré depuis les débuts de l'âge du Bronze jusqu'à
l'âge du Fer. G.-H. L.
668. — A. DO PAÇO. — Carta paleolitiea e epipaleolitiea de Portugal
(Carte paléolithique et épipaléolithique du Portugal) . — Trabalhos
de Associaçao dos Arqueologos Portugueses, I, 1934, 24 p.
Très utile contribution à la préhistoire du Portugal. Index de
.toutes les localités où ont été découverts des instruments paléoli
thiques, avec références, et report sur deux cartes, l'une du Por
tugal, l'autre, à plus grande échelle, des environs de Lisbonne.
La plupart des pièces ne peuvent être datées que par leur typologie,
provenant, soit de trouvailles en surface, soit rarement de gisements
fouillés sans méthode et sans indications stratigraphiques. La plupart
des trouvailles appartiennent au Paléolithique inférieur ; celles du
Paléolithique supérieur sont en petit nombre. Elles se concentrent
dans deux régions, les environs de Lisbonne et les bords du Minho
et du Lima, mais on ne peut tirer de ce fait aucune conclusion
sur la densité de la population, car le Traz-os-Montes, les Beiras,
une partie de l'Alemtejo et l'Algarve n'ont pas été explorés. La
matière première est le quartzite au nord et à l'est, le silex principa
lement au voisinage de Lisbonne. G.-H. L.
c) Psychologie sociale et religieuse1
669. — CARL MURCHISON. — A Handbook of social Psychology.
— In-8° de 1193 pages. Worcester, Clark University Press, 1935.
Prix, relié : 6 dollars.
Éditeur infatigable, M. a réuni, dans ce nouveau recueil, une
série de 23 études, groupées en 6 parties, et couvrant, plus ou moins
complètement, un vaste champ d'études sociales.
Malgré le titre général de psychologie sociale, justifié par le fait
que la collection de M. s'intitule « International University Series
in Psychology », ce champ d'études déborde singulièrement la
psychologie qui n'y occupe qu'une place restreinte ; problèmes
généraux de biologie, de sociologie, de démographie, d'ethnologie
et même d'histoire et de géographie se juxtaposent, comme l'indique
le sommaire général de ce monumental ouvrage.
1. V. aussi Jes n<« 42, 478, 982, 1093, 1219. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 442
La première partie, traitant de « phénomènes sociaux dans un
choix de populations », envisage le comportement des colonies
bactériennes (par Buchanan), les groupements végétaux (Fr. E. Cle
ments), et les humaines, au point de vue des statistiques,
accroissement, mortalité, natalité (W. P. Thompson).
Dans la deuxième partie, consacrée aux phénomènes sociaux
dans les sociétés infrahumaines, O. E. Plath examine les sociétés
d'Insectes, H. Friedmann les sociétés d'oiseaux, et Fr. Alverdes,
les troupeaux, les hordes, chez les mammifères.
Les « séquences historiques des phénomènes sociaux humains »
en une espèce de compendium d'histoire universelle, sont envisagées
chez les Nègres, les Rouges, les Blancs et les Jaunes (par Herskovits,
Cl. Wissler, Wallis et E. D. Harvey), dans une 3e partie, et la 4e partie
est consacrée à des problèmes généraux, le langage (E. A. Esper),
la magie (R. R. Willoughby), la culture matérielle (C. Wissler).
Avec la 5e partie, on trouve des analyses de quelques corrélations
avec le milieu physique (V. E. Shelf ord), l'âge (W. R. Miles), le sexe
(Catharine Cox Miles), les attitudes (G. W. Allport), les mésadapta-
tions (F. L. Wells).
Enfin les constructions expérimentales de phénomènes sociaux
constituent le titre de la 6e partie, avec des chapitres sur les agrégats
simples d'animaux (W. C. Allee), le comportement social des oiseaux
(T. Schjelderup-Ebbe), et des Primates (R. M. Yerkes et Ada W. Yerk
es), l'influence sociale sur le des enfants (L. B. et
Gardner Murphy), enfin l'influence sociale expérimentalement étu
diée sur le comportement des Adultes (J. F. Dashiell).
Ces études sont naturellement de valeur très inégale, et il y a
des lacunes bien étonnantes ; en particulier, seul le chapitre sur
le comportement des oiseaux cite un livre de Lévy-Bruhl, dont les
œuvres sont entièrement ignorées même de celui qui traite de la
magie, et dans le chapitre sur le langage, pas une fois le nom du
maître de la grande école linguistique française n'est seulement cité,
et seul a été utilisé le livre général, traduit en anglais, du principal
élève de Meillet, de Vendryès, sur le langage.
En revanche, dans les deux dernières parties qui contiennent
les chapitres psychologiques, il y a des études de haute valeur et
qui seront particulièrement précieuses, comme celle de W. R. Miles
sur les problèmes relatifs à l'âge (longévité, rapports de l'âge
avec la stucture des populations, manifestations de la sénescence,
influence de l'âge dans les diverses formes de relations psycholo
giques, relations avec la profession, avec la productivité, avec la
création intellectuelle). C'est une étude magistrale.
Excellent aussi le chapitre sur le sexe de Catharine Cox Miles,
et, comme on pouvait s'y attendre, celui de R. M. et Ada Yerkes
sur lçs Primates, sans compter encore quelques autres. Mais, n'y
eût-il que ces trois chapitres que le volume devrait prendre place
dans toutes les bibliothèques de psychologues. H. P.
670. — M. SHERIF. — A study of some social factors in perception
(Etude de quelques facteurs sociaux dans la perception). — Ar.
of Ps., XXVII, no 187, 1935, 60 p.
On a voulu montrer l'importance du « système de référence » PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 443
dans la société moderne (comme chez les « primitifs »). Placé dans
une situation nouvelle, pour laquelle tout point de repère lui fait
défaut (l'expérience principale rapportée utilise le mouvement auto-
cinétique, quant à sa direction et son amplitude), l'individu tend à
se créer une norme particulière, avec laquelle il aborde le problème,
et qu'il tend à retrouver dès que la situation lui semble se répéter.
S'il s'agit d'un groupe (2 ou 3 sujets eurent à se prononcer en
présence les uns des autres), des normes et échelles collectives s'éta
blissent, et les sujets, testés ensuite séparément, conservent la
même attitude. Si cet ordre des épreuves est inversé, les normes
établies individuellement convergent vers un système commun,
moins strict que dans le premier cas.
L'influence sociale dépend parfois du prestige d'un membre
du groupe. La plupart des sujets ont notamment suivi une suggestion
faite par l'expérimentateur quant à la direction du mouvement.
Dans une autre expérience, s'étendant sur 3 ans, avec 222 sujets,
ceux-ci eurent à classer des morceaux littéraires présentés comme
provenant d'auteurs divers mais émanant du même écrivain. On
constate l'influence de l'ordre de préférence des auteurs, donné
auparavant par les sujets. G. D.
671. — M. MAUSS. — Les techniques du corps. — J. de Ps., XXXII,
1935, p. 271-293.
Les techniques du corps sont les façons dont les hommes savent
se servir de leur corps dans chaque société considérée individuelle
ment. Ces techniques, comme toutes les techniques, sont spécifiques :
pour toutes les attitudes du corps, par exemple la marche, chaque
société a ses habitudes propres. On ne peut avoir une idée exacte
de ces faits qu'en les envisageant du point de vue de l'homme total,
à la fois biologique, psychologique et sociologique. Dans tous ces
éléments de l'art d'utiliser le corps humain dominent les faits d'édu
cation. L'acte, même purement biologique, concernant le corps,
s'acquiert par une imitation prestigieuse. Le prestige de la personne
qui fait l'acte ordonné, autorisé, prouvé, par rapport à l'individu
imitateur, constitue l'élément social ; l'acte imitateur contient l'él
ément psychologique et l'élément biologique. Mais l'ensemble est
conditionné par les trois éléments indissolublement mêlés.
La technique est un acte traditionnel efficace comme ceux de
la religion, du droit, de la vie en commun, de la morale, et qui s'en
distingue uniquement en ce qu'il est senti par son auteur comme
un acte d'ordre mécanique, physique ou physico-chimique et pour
suivi dans ce but. Les techniques du corps sont celles qui emploient
le corps comme instrument ou plus exactement à la fois comme
objet et moyen techniques. L'adaptation constante à un
but physique, mécanique, chimique, est poursuivie par une série
d'actes montés chez l'individu par toute son éducation, par toute
la société dont il fait partie, à la place qu'il y occupe. Toutes ces
techniques se rangent facilement sous la notion psychologique fonda
mentale que l'activité de la conscience est avant tout un système
de montages symboliques,
Les techniques du corps peuvent être envisagées de quatre 444 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
points de vue, d'après le sexe, l'âge, le rendement ou habileté résultant
du dressage, enfin la nature de ce dressage ou éducation. Une classi
fication simple, suivie ici, est l'énumération détaillée des techniques
du corps d'après leur ordre chronologique d'application au cours
de la vie : techniques de la naissance et de l'obstétrique, de l'enfance,
de l'adolescence, de l'âge adulte.
Toutes sont des montages physio-psycho-sociologiques de séries
d'actes plus ou moins habituels et plus ou moins anciens dans la
vie de l'individu et dans l'histoire de la société. Tous ces faits ont
une forte raison sociologique, qui s'articule avec l'appareil biologique
du corps par un engrenage psychique. Les possibilités psychiques
et biologiques des différents peuples dépendent de l'éducation sociale
par laquelle, en enseignant à l'individu à adapter le corps à son
usage, ils se sélectionnent eux-mêmes en vue d'un rendement déter
miné. Cette éducation consiste en particulier dans l'éducation du
sang-froid, qui a un rôle primordial dans la vie sociale et mentale.
C'est grâce à la société qu'il y a sûreté de mouvement prêts, dominat
ion du conscient sur l'émotion. La mystique même relève des
techniques du corps, en particulier de celles de la respiration.
G.-H. L.
672. — O. CURTIUS. — Das kollektive Inbewusste C. G. Jungs,
seine Beziehung zur Persönlichkeit und Gruppenseele (L'inconsc
ient collectif de C. G. Jung, son rapport avec la personnalité et
Vâme collective). — Zentralbl. f. Ps., VIII, 1935, p. 265-279.
D'après Jung, l'inconscient collectif forme le fond et la source
de la vie psychique, la partie consciente ne constitue qu'un fragment
réduit de cette vie. Le psychisme conscient est nourri d'une part
par l'activité des fonctions mentales telles que la pensée, le sentiment,
l'intuition, la sensation, et d'autre part par les images venant de
l'inconscient. A la limite du conscient et de l'inconscient collectif
se trouve l'inconscient individuel. Les complexes affectifs sont les
forces motrices du développement de la personnalité.
A la suite de l'étude de la mythologie des peuples primitifs,
Jung a établi une échelle du développement psychique de l'individu,
il a montré l'existence d'images mythologiques primitives dans la
conscience des malades névrosés. Les mythes concernant la lutte
entre la lumière et l'obscurité avec le succès tantôt de l'une tantôt
de l'autre, représentent les luttes des tendances conscientes et
inconscientes. Chez les peuples primitifs, le complexe du Moi n'existe
pas encore, l'individu se trouve ici en participation mystique avec
son entourage. La notion de moi et de toi, du sujet et de l'objet ne
se développe que plus tard, cette notion libère l'individu de la
nature et lui permet de dominer cette dernière. B. N!
673. — E. J. LINDGREN. — Field work in social psychology
(Etude de psychologie sociale sur le vif). — Br. J. of Ps., XXVI,
2, 1935, p. 174-182.
L. donne de précieux conseils à ceux qui font des recherches de
psychologie sociale sur le vif, autrement dit en prenant contact direct
avec la vie sociale, les mœurs, les institutions, les croyances des PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 445
divers peuples mais surtout des peuples extra-européens. Ayant lui-
même étudié des peuplades nomades de Mongolie et de Mandchourie,
il peut faire état de son expérience personnelle. Ce qu'il recommande
tout spécialement comme préparation à ces sortes d'études, c'est
l'acquisition préalable d'un fonds solide de connaissances non seul
ement en ethnologie mais aussi en psychologie pathologique. Un
certain entraînement dans l'observation et dans la mémorisation
des faits observés est aussi indiquée. Il va sans dire qu'on ne saurait
gagner la confiance de ceux dont on se propose d'étudier la psychol
ogie sociale sans une certaine adaptation à la mentalité des demi-
civilisés. Pour réussir vraiment il faut une sorte de congénialité.
P. K.
674. — A. T. CULWICK et G. RI. CULWICK. — Religious and
economic sanctions in a Bantu tribe (Les sanctions économiques
et religieuses chez une tribu de Bantu). — Er. J. of Ps., XXVI,
2, 1935, p. 483-190.
La tribu de Bantu dans le territoire de Tanganyika (Afrique
Orientale) que les auteurs ont étudiée avec beaucoup de pénétration,
présente une organisation économique et sociale des plus curieuses.
Cette organisation qui porte le nom de « mlongo » n'est pas un clan
au sens propre de ce mot. Ce qui la caractérise au premier chef, c'est
un système d'aido mutuelle qui s'explique par les difficultés énormes
de la subsistance dans cette région. Abandonné à ses propres res
sources, aucun individu ne pourrait subsister. Ainsi, à chaque
privilège correspond un devoir et, d'autre part, chaque service
est récompensé. Comme le culte des ancêtres est dominant chez cette
tribu, il y a tendance à tout expliquer par les influences supra-
natureîles et à invoquer des sanctions de caractère religieux. Mais
ce ne sont pas ces sanctions auxquelles on fait appel qui commandent
en dernier ressort la conduite sociale. Ce sont les nécessités écono
miques qui la déterminent en réalité. P. K.
675. — KURT LEWIN. — Psycho-sociologieal problems of a minor
ity group (Les problèmes psycho-sociologiques d'une minorité). ■ —
Char, and Pers., III, 3, 1935, p. 175-187.
L'auteur essaye d'appliquer une méthode psychologique à des
problèmes sociologiques : dans le cas présent, il s'agit du problème
juif pris comme exemple caractéristique de la situation d'une minor
ité.
Cette méthode psychologique permet de considérer un groupe
sociologique comme un tout ; d'examiner de manière concrète les
différents degrés d'unité des groupes sociaux, leur structure et
leur répartition par rapport à celle des autres groupes ; enfin de
passer lorsque c'est nécessaire, de problèmes de à des pro
blèmes individuels sans qu'il soit pour cela besoin de faire appel
à d'autres séries de concepts. H. A.
676. — H. MALLAY. — A study of some of the techniques underlying
the establishment of successful social contacts at the preschool
level (Etude de quelques méthodes pour établir des contacts sociaux ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 446
heureux chez des enfants (Vâge préscolaire). — J. of genet. Ps.,
XLVII, 2, 1935, p. 431-457.
Par contacts sociaux heureux, l'A. entend les contacts qui
aboutissent à une vie de groupe. Elle a étudié le comportement social
de 21 enfants de 2, 3 et 4 ans pour découvrir les méthodes qui
permettent d'établir et de maintenir chez ces enfants des relations
sociales. Les résultats montrent que lorsqu'un contact est établi
entre des enfants autour d'une tâche exigeant leur coopération
ou impliquant des activités semblables mais indépendantes, le
contact aboutit à une sorte de vie collective. La transformation de
ce en vie de groupe semble dépendre plus des méthodes
employées que de la personnalité des sujets, de leur âge ou de l'état
antérieur de leurs relations. ' A. T.
677. — E. J. HARTMANN. — Zur Psychologie des zwischenmenschl
ichen Kontaktbildung (Contribution à la psychologie de la prise
de contact entre hommes). — Z. f. Ps., GXXXV, 1935, p. 164-192.
Le entre deux hommes dépend d'une part de conditions
sociales, d'autre part de conditions psychologiques générales. H.
étudie ces dernières dans le cas de l'établissement d'un premier
contact entre deux inconnus dans une situation banale (A rencontre
B dans un compartiment de chemin de fer). Il y a d'abord une
réaction affective de la personnalité totale ; chacun des deux hommes,
par sa présence, agit sur l'autre comme un champ de forces. Le déve
loppement ultérieur de la réaction dépend des différences individuelles
de caractère, des possibilités à' Einfühlung, qui viennent elles-mêmes
de la richesse plus ou moins grande de l'affectivité. P. G.
678. — E. DANGEY TONGUE. — The contact of races in Uganda
(Le contact des races en Uganda). — Br. J. of Ps., XXV, 3,
1935, p. 356-364.
Ce titre pourrait induire en erreur, car il donne à penser qu'il
s'agit du contact entre les races indigènes dans le Protectorat britan
nique de l'Uganda. Or, l'auteur qui a vécu pendant 20 ans dans ce
pays, ne s'occupe que de l'influence que produit sur la vie sociale
et morale des peuplades de l'Uganda, leur contact avec la civilisation
européenne. D'après lui, cette influence est, sous bien des rapports,
préjudiciable. Les tendances nettement individualistes de la civil
isation européenne ont pour effet d'ébranler tout l'édifice social
des indigènes qui perdent ainsi leur formation ancienne sans acquérir
aucunement les caractères propres de notre civilisation. Aussi le
rythme de l'action civilisatrice devrait-il être ralenti. Il importe
surtout, de l'avis de T., de faire une étude plus approfondie de
la mentalité et des institutions de ces peuplades si l'on veut réaliser
un véritable progrès dans l'œuvre de civilisation dans l'Uganda.
P. K.
679. — A. KNAUER. — Die marschierende Kolonne (La colonne
en marche). — Z. für pad. Ps., XXVI, 2-3, 1935, p. 59-87.
La « colonne en marche » est un des aspects les plus caractéris
tiques de l'Allemagne d'aujourd'hui. K. en analyse avec finesse la PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 447
structure sociologique, les effets socio-psychologiques (la conscience
de « nous » avec ce qu'elle comporte de renforcement de certains
états psychiques, le sentiment d'agglutination inter-individuelle
de suggestibilité) et en montre la valeur éducative dans la formation
du sentiment de solidarité sociale et comme moyen de persuasion.
D. W.
680. — W. IIISGIIE. — Gesetzmässigkeiten des Zusammenwirkens
von Einzelmenschen innerhalb von Mehrzahlgebilden arbeitender
Menschen (Lois d'interaction des individus à Vintérieur d'un
groupe d'individus au travail). — Ind. Psychot., XII, 11, 1935,
p. 335-344.
Remarques qui n'épuisent pas le problème mais se trouvent
souvent empreintes de bon sens. Chaque individu possède à un certain
degré ce que l'A. appelle la « valeur d'action sociologique » (« Soziolo
gischer Reizwert »), dont l'influence sera variable suivant qu'elle
va dans le sens du mouvement qui anime le groupe ou dans le sens
contraire. D. W.
681. — H. W. ROGERS. — Some attitudes of students in the R.O.T.C.
(Quelques attitudes d'étudiants élèves officiers de réserve). — J. of
ed. Ps., XXVI, 4, 1935, p. 291-306.
On pose une série de questions à des élèves de la préparation
militaire (cours supérieur et cours élémentaire). Dans les élèves du
cours supérieur, la préparation militaire a développé la sympathie
pour l'armée, pour le port de l'uniforme et le patriotisme. Ils trouvent
que la P. M. développe la personnalité, le caractère, ils croient à
un élan patriotique du pays en cas de guerre. Ils restent pourtant
pacifistes et ne croient pas que la guerre présente aucun avantage.
C. C.
682. — I. C. GARDNER. — The effect of a group of social stimuli
upon attitudes (Effet d'un ensemble de stimuli sociaux sur les
attitudes). — J. of ed. Ps., XXVI, 6, 1935, p. 471-478.
On demande à 1.936 étudiants leur opinion sur la question
de la guerre et de la prohibition.
On les soumet ensuite à une série de stimuli sociaux : conférences,
récits, puis on leur demande à nouveau leur opinion sur les mêmes
questions à une semaine d'intervalle. Sur la première question,
les stimuli ont eu une tendance pacifiste et on a noté des changements
d'opinion en faveur du pacifisme. Les étudiants sont moins influen
çables que les élèves des lycées. G. G.
683. — E. B. BOLTON. — Effect of knowledge upon attitudes towards
the negro (Effet de la connaissance du nègre sur Vattitude à son
égard). — J. of Soc. Ps., VI, 1, 1935, p. 68-91.
D'après la recherche expérimentale entreprise par l'auteur, il
semblerait que l'attitude courante de l'Américain à l'égard du nègre
soit déterminée par l'organisation sociale et la forme de culture.
Elle serait absolument indépendante des conditions d'intelligence
ou de connaissance plus ou moins approfondie des problèmes raciaux. 448 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Des groupes d'étudiants ont été interrogés au sujet de leurs
sentiments vis-à-vis des nègres ; une première fois alors qu'ils
n'avaient pas étudié la question d'une façon particulière, et ensuite,
après une information détaillée. Ne paraissant pas éprouver une
répulsion foncière à l'égard du nègre, en ce sens qu'ils parlaient
sans malveillance de quelques sujets connus personnellement, ils
ont été incapables, malgré une amélioration générale au cours de
l'information, d'accepter une augmentation des droits des noirs.
Ils se sont opposés constamment à l'idée d'un mélange des races
dans l'organisation économique, politique, scolaire, religieuse. Cette
réaction fut générale et indépendante du niveau intellectuel et
du degré d'intérêt manifesté par les étudiants pour ces questions.
J. M.
684. — J. J. B. MORGAN. — Manie-Depressive psychose of business
(La psychose maniaque-dépressive du monde des affaires). — Ps.
Rev., XLII, 1, 1935, p. 91-107.
Les économistes cherchent sans succès à expliquer la crise et
à en découvrir les remèdes. M. a trouvé la solution : Le monde des
affaires est atteint d'une psychose maniaque-dépressive. Il est vain
de vouloir en guérir les accidents qui ne sont que des symptômes.
C'est la maladie elle-même qu'il faut soigner. Mais M. n'a pas décou
vert la thérapeutique et fait appel à ses collègues psychologues pour
en proposer une. G. P.
685. — B. ZAWADZKI et P. LAZARSFELD. — The psychological
consequences of unemployment (Les conséquences psychologiques
du chômage). — J. of Soc. Ps., VI, 2, 1935, p. 224-252.
Utilisant les données fournies par 57 chômeurs polonais —
données qui ont été publiées à Varsovie par le Pr Krszywicki, l'A.
cherche à dégager les principaux traits typiques de la psychologie
du chômeur. Critiquant lui-même le peu de sécurité quant à la véra
cité des déclarations (les plus tendancieuses ont été éliminées)
et la valeur représentative du groupe (différentes catégories profes
sionnelles), il examine, à travers leurs réponses, la possibilité de
modifications psychologiques liées à l'état de chômage.
Les sujets sont répartis suivant : les sources de leurs revenus,
leur mode de vie (nourriture suffisante ou non), leurs occupations
(recherche plus ou moins tenace d'un nouveau travail), et leurs att
itudes émotionnelles (dans les grandes lignes : les résignés, les
angoissés, les apathiques).
La plupart accusent une sensibilité accrue, souffrent d'un sent
iment de dégradation, d'inutilité, qui se traduit souvent par des
attitudes ou des actes de révolte : suicide et agressions, désir de
vengeance, haine des classes sociales, etc. Le sentiment religieux
est souvent amoindri par cette tendance à la révolte, ainsi que le
sens moral : mendicité et vol sont acceptes par ceux qui ne les prati
queraient cependant pas. Les opinions politiques sont le reflet
des lectures de journaux, de tendance radicale le plus souvent.
Esprit général préparant un terrain à la révolution, mais paraissant PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 449
impuissant à la déclencher par manque d'organisation et d'esprit
de groupe. J. M.
686. — J. PRASARD. — The psychology of rumour (La psychologie
de la rumeur). — Br. J. of Ps., XXVI, 1, 1935, p. 1-15.
Intéressante étude sur les conditions qui favorisent la propagation
des rumeurs. P. s'appuie sur les matériaux qu'il a recueillis dans
la province de Bihar aux Indes à l'occasion d'un effroyable tremble
ment de terre en 1934. Il aboutit à cette conclusion que, du point
de vue psychologique, la rumeur est une réponse du groupe social
aux situations qui touchent aux intérêts de ce groupe comme un
tout. Les principaux facteurs déterminants de la rumeur sont :
1) le caractère « émotionnel » de la situation ; 2) la mentalité de
groupe marquée par la suggestibilité et par l'esprit de solidarité.
P. K.
687. — W. R. D. FAIRBAIRN. — The sociological significance of
communism considered in the light of psychoanalysis (La signi
fication sociologique du communisme vue à la lumière de la psychan
alyse). — Br. J. of Med. Ps., XV, 3, 1935, p. 218-229.
Le communisme implique la destruction de la nation et de la
famille pour lier la libido des individus à un État international;
ceci poarrait avoir l'avantage de déraciner le complexe d'Œdipe,
qui nécessite la situation familiale, et qui, par son refoulement,
impose à la libido des restrictions exagérées. Mais l'A. ne croit pas
que la famille puisse être détruite, ni d'ailleurs la nation, car il
parle de concevoir un système supra-national qui consisterait en
une famille de nations comme la tribu consiste en une famille de
clans : autrement dit une Société des Nations du genre sublime.
J. F.-W.
688. — J. KLANFER. — Theorie der heraldischen Zeichen (Théorie
des signes héraldiques). — A. f. ges. Ps., XGIV, 4, 1935, p. 413-445.
Le blason fut non seulement un signe mais encore un ornement
qui devait encourager le chevalier, dans la lutte, contribuer à la
splendeur de sa prestance. Bref, le blason possédait une fonction
morale. Son rôle représentatif fut double : 1° D'être un signe diacri
tique individuel, permettant d'identifier la personne du combattant
parmi d'autres ; 2° d'être un signe diacritique des attributs, symbole
d'une famille, d'une fonction, des actes glorieux, etc.
L'usage du blason se multiplie pour marquer aussi la propriété
des biens. On le marque sur l'argenterie de famille, sur les bâtiments,
sur les tombeaux. Puis il exprime des phénomènes plus complexes,
unions de familles, amitiés politiques, grâces des souverains, appel
au patriotisme. La représentation des attributs embrasse trois cas
distincts : 1° Le blason indique une relation entre deux personnages :
individu, groupe, personne juridique, représentant d'une fonction, etc.
On distingue ici les armoiries des propriétés, des fonctions, des sou
venirs, des ordres cléricaux, des franchises ; 2° un autre groupe
est constitué par les de noblesse ; 3° un troisième
enfin embrasse le blason symbolique tel que le symbolisme moyen-
L* ANNEE PSYCHOLOGIQUE. XXXVI 29