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Psychologie sociale et religieuse. - compte-rendu ; n°1 ; vol.41, pg 468-479

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1940 - Volume 41 - Numéro 1 - Pages 468-479
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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c) Psychologie sociale et religieuse.
In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 468-479.
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c) Psychologie sociale et religieuse. In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 468-479.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1940_num_41_1_5933'468 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES-
c) Psychologie sociale et religieuse
585. — VYSGHESLAVZEFF. — Mass psychology (La psychologie
des masses). — J. of Soc. Ps., 1940, XI, p. 59-77.
Dans cet article de caractère philosophique, le Pr V., de l'Uni
versité de Genève, se propose de jeter les bases d'une science sociale
destinée à résoudre la crise aiguë que le monde traverse, en- utilisant
les enseignements de la psychanalyse. — La sociologie ne peut pas
plus se passer de l'aide de la psychologie que la psychologie de l'aide
de la sociologie, car la personnalité est une totalité, un microcosme,
une monade. Mais l'esprit, individuel ou collectif, est constitué à là
fois par une conscience et par un inconscient. Il en résulte que les.
relations des personnalités peuvent s'établir par quatre voies, celles
de l'inconscient collectif, celle de la conscience collective, celle de la
conscience individuelle, et celle de l'inoonscient individuel. Des
quatre, la dernière est la plus profonde : elle conduit aux relations les
plus intijnes, à celles de l'amitié et de l'amour, et c'est cette quatrième
forme de relations humaines que la sociologie a le plus négligé d'étu
dier. — On est donc conduit à reconsidérer l'opposition « commun
auté » et « société », « Gemeinschaft » et « Gesellschaft », dont le premier
terme caractérise l'interaction sociale inconsciente, le second l'interac-
-tion sociale consciente. On a longtemps considéré, dans la civilisation
occidentale, la seconde forme d'interaction comme meilleure ; c'est
une erreur. Mais la thèse inverse ne serait pas plus juste. Les formes
les plus parfaites de culture sont celles qui unissent en une synthèse
« communauté » et « société », tradition et foi dans le progrès : l'Angle
terre nous en fournit un exemple. — Pour que la sociologie nouvelle
atteigne le but qu'elle s'est fixé, il faut qu'elle ne se borne1 pas à noter
objectivement les manifestations extérieures de l'inconscient collectif,
mais qu'elle le comprenne, et d'abord qu'elle en détermine les
archétypes, c'est-à-dire les complexes permanents qui maintiennent
en contact le primitif ou l'archaïque, et le contemporain et même le
futur. Les plus importants de ceux-ci sont ceux du pouvoir et de
l'autorité, liés à l'archétype du père, et auxquels s'opposent ceux du '
renversement du pouvoir et de l'autorité, les complexes d'Œdipe,
de Prométhée et de Lucifer. Il est vrai que pouvoir et autorité ne sont
pas synonymes : le leader et le prophète peuvent être deux personnes
distinctes. Se dégageant de l'inconscient collectif, des archétypes
du pouvoir (cherché, respecté, ou combattu), naît la personnalité
individuelle spirituellement libre, celle du philosophe, qui préfère
. enseigner la vérité, plutôt que la faire respecter en exerçant le pouvoir
^directement. S'il en possède le rare don, toutefois, tel le « démagogue
-charismatique » de Max Weber, ce sera la réussite la plus haute du
développement psychologique. Quant à la science sociale elle-même,
son problème essentiel, à là lumière des observations précédentes,
devient celui-ci : comment transformer le rassemblement des per
sonnes, souvent douées et spirituellement libres, qui ne forme com-
munéînent qu'une masse impersonnelle retombée dans l'inconscient.
■collectif, en une société librement organisée, en un Parlement, en un
conseil de. personnalités créatrices. J. St. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 469
586. —P. A. BERTOCCI. — Sentiments and attitudes (Sentiments-
et attitudes). — J. of Soc. Ps., 1940, XI, p. 245-257.
G. W. Allport et W, McDougall prétendent trouver, l'un dans le
concept d'attitude, l'autre dans celui de sentiments, la base essent
ielle de toute la psychologie sociale. L'attitude est une manière d'être
générale, une disposition favorable ou défavorable qui oriente l'acti
vité sans lui donner l'impulsion. Au contraire le sentiment est le
motif , le moteur, la source" de l'élan de l'activité. Mais, en approfond
issant et en nuançant ces notions, l'un et l'autre auteurs finissent
par se rejoindre, certaines attitudes poussent à l'action, et, inver
sement, à côté des sentiments d'amour ou de haine, on trouve des
sentiments de simple préférence. — Bertocci s'efforce de distinguer
dans cette confusion. L'un et l'autre concepts peuvent être conservés.
Un sentiment s'adresse toujours à des personnes, ou à des objets
personnifiés, ou ayant des conséquences personnelles et très impor
tantes pour le sujet. L'attitude, au contraire, est générale, elle
concerne des principes, des ensembles d'objets ou de personnes non
individualisés, des généralités. Il se peut, il est vrai, qu'une généralité
se personnalise, qu'une attitude patriotique devienne l'amour du
Drapeau, du Chef, de la Mère Patrie : mais elle est devenue un senti
ment. De même, un sentiment peut s'irradier et se généraliser dans
une attitude. Mais c'est qu'il y a une continuité psychologique réelle-
entre l'attitude et le sentiment, entre la simple préférence et l'émot
ion. La seule erreur à éviter, c'est de croire le sentiment plus profond
comme cause d'action que l'attitude. Le sentiment, comme l'attitude,
n'est pas une cause ultime, mais seulement une cause prochaine du
comportement. J. St.
587. — ROSS STAGNER. — The cross-out technique as a method
in public opinion analysis (La méthode des mots rayés comme
N méthode d'analyse des opinions). - — J. of Soc. Ps., 1940, XI,.
p. 79-90.
Les techniques communément utilisées pour étudier les opinions-
sont 1'« opinionnaire » et l'interview. Toutes deux présentent aux.
sujets des propositions à accepter ou à rejeter. Elles offrent des
inconvénients sérieux : 1° la proposition peut être équivoque (par
exemple l'acceptation de la : «la guerre fait ressortir les
meilleures qualités de l'homme » n'exclut pas l'acceptation simul
tanée de la proposition contraire : « la guerre fait ressortir ses pires
défauts ») ; 2° ces méthodes s'adressent à des sujets cultivés ; 3° elles
sont lentes et coûteuses. La méthode des mots rayés> utilisée déjà par
Pressey en 1921, et reprise par quelques auteurs depuis cette époque,
est supérieure à ces points de vue, sans leur céder en fidélité ni en
validité.
C'est ce que S. établit dans une étude expérimentale, ayant porté
sur 500 étudiants d'Université, à qui il demande simultanément 1° de
rayer dans une liste de 40 stéréotypes sociaux, politiques, écono
miques et religieux, ceux qui leur paraissent déplaisants, 2° de réagir-
par « OUI », « oui », « ? », « non », « NON », à 10 propositions exprimant
des opinions, 3° de marquer leur préférence, dans une liste de noms
/ et d'adjectifs présentés par paires, à l'un des termes de chaque paire» 470 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La comparaison des différentes réponses montre que la technique
des mots rayés est fidèle et, par conséquent, valide.
Cette procédure apparaît qn outre comme utile, car la plupart
des attitudes sont organisées autour de stéréotypes, et le compor
tement public est, en majeure partie, constitué de séries de réactions
à des idées stéréotypées. De plus, cette méthode doit permettre de
déterminer les lignes de stratification sociale : on appartient à un stéréotypes.'groupe quand on en épouse les J. St.
588. — L. W. FERGUSON. — The measurement of primary, social
-attitudes (Mesure des attitudes sociales primaires) . — J. of Ps., X,
1940, p. 199-205.
On trouvera là la présentation du questionnaire que l'auteur a
déjà travaillé l'année précédente (/. of Ps., VIII, 1939, p, 217-223)
enrichi de remarques statistiques sur la validité de ce test. I. L.
589. — C. ROBERT PAGE. — Stated behavior vs. stated opinions
as indicators of social-political-economic attitudes (Comparaison
des tests de situation avec les tests d'opinions au point de vue de
leur valeur indicative des attitudes en matière sociale, politique au
économique). — J. Soc. Ps., 1940, XI, p. 369-381.
P. prépare deux échelles ^rigoureusement parallèles : l'une imaginé
des situations, prévoit des comportements, et les sujets devront
indiquer lequel de ces comportements ils choisiraient s'ils étaient
placés dans ces situations ; c'est une « échelle de situations-réponses ».
L'autre est une simple « échelle d'opinions.» : des formules indiquant
des opinions sont proposées ; lès sujets doivent noter celles quails
approuvent. Les questions évoquées par les deux échelles se corres- -
pondent terme à terme. Les réponses décèlent le degré de libéralisme
ou de conservatisme des sujets en matière sociale, politique et écono
mique. 39 sujets prirent part à cette expérience. — P. trouve que
1° les cotes d'ensemble données par lés deux échelles sont équiva
lentes, à la fois dans leurs moyennes, leurs dispersions, et les formes
de leurs distributions. 2° Toutefois il y a de très grandes différences
dans le détail des réponses données aux questions d'une échelle et
aux questions parallèles de l'autre écheHe. — Pour expliquer cette
contradiction entre l'accord général et le désaccord du détail, P.
imagine, sans autres justifications, que le test d'opinion trahit le
courant général de l'opinion, tandis que le test de comportement
permet de prévoir le détail du comportement. — Cette hypothèse,
que rien dans l'expérience ne justifie, peut être discutée : il nous
paraît plutôt que la valeur indicative de l'un et l'autre test est seu
lement générale et qu'il est imprudent d'analyser les résultats d'un
test dans le détail. , - J. St.
590. — M/ GRISTLE. — The construction of a scale for measuring
attitude toward militarism-pacifism (Construction d'une échelle
pour mesurer les attitudes à Végard du militarisme et du pacifisme).
— J. of soc. Ps., 1940, XI, p. 383-391. .-,
L. A. publie une échelle de 65 propositions pour évaluer les att
itudes à l'égard du militarisme ou du pacifisme. Les réponses peuvent

\ ; .
PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 471
être « oui », « ? », « non », et sont cotées — 1, + 1, ou 0, suivant
qu'elles caractérisent significativement une attitude militariste, ou
pacifiste, ou qu'elles ne distinguent pas entre les deux attitudes. A cet
• pourcentage effet, ont été trouvé considérées par cette comme réponse significatives dans un les groupe différences pacifiste, entre et le pour cette même réponse dans un groupe mili
tariste, desquelles le quotient par leur erreur-type s'est montré au
moins égal à 3. La fidélité de l'échelle est de 0,890 ± 0,008, ou, après
correction par la formule de Spearman-Brown, de 0,950 (c'est-à-dire
très bonne). ■ . J. St.
591. — F. H. ALLPORT et G. A. HANCHETT. — The war-pro
ducing behavior of citizens : a scale of measurement, with prel
iminary results in imagined situations (Le comportement individuel
producteur de guerre : échelle de mesure et résultats préliminaires
obtenus dans des situations imaginaires). -— J. of soc. Ps.,
S. P. S. S. I. Bulletin,' 1940, XI, p. 447-490.
En cas de tension internationale,, chaque citoyen adopte un
comportement par lequel il contribue plus ou moins à la production
de la guerre, ou par lequel au contraire il tente de s'y opposer. Il
peut désapprouver ceux qui prêchent la nécessité de la guerre
(contribution négative), assister passivement à un défilé militaire
(attitude neutre), écrire à son député qu'il faut prendre des mesures
défensives, participer à une manifestation sous les fenêtres de l'ambas
sade étrangère (contributions positives), etc. Les A. ont construit,
selon la méthode de Thurstone, une échelle pour éyaluer le degré de
contribution à la guerre des différents comportements possibles.
Ensuite, en demandant aux sujets d'imaginer cinq situations déter
minées d'atteinte à la sécurité ou à la souveraineté nationale, ils les
soumettent au test ainsi constitué. *
Les A. constatent que : 1° les sujets considèrent comme conve
nables pour les autres des comportements sensiblement plus bell
iqueux que les leurs propres ; 2° dans tous les cas, ils sont inté
ressés par la crise internationale, qu'ils n'y réagissent effectivement ;
3° dans tous les cas, ils se montrent peu disposés à contribuer à la
production de la guerre ; 4" ils ne distinguent guère entre les diverses
éventualités de crises, cependant choisies comme différemment
graves ; 5° il y a beaucoup d'homogénéité dans les réponses, avec
cependant quelques différences individuelles ; 6° les sujets plus jeunes
sont un peu plus belliqueux. Toutefois les A. reconnaissent le carac- •
tère un peu artificiel de l'expérience, dans laquelle les situations de
crises sont seulement imagnaires. J. St.
\
— F. H. ALLPORT. ■— An event-system theory of collective 592.
action : with illustrations from economic and political phenomena
and the production of war (Théorie de V action collective comme
système d'événements ; avec illustrations empruntées aux phéno
mènes économiques et politiques, et à la production des guerres). —
J. of soc. Ps., S. P. S. S. I. Bulletin, 1940, XI, p. 417-445.
Les sciences sociales ont négligé d'étudier le processus de
l'action collective, préférant en général s'attacher au but poursuivi .
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES ■'_ 472
dans cette action. D'où l'usage dans ces sciences de la théorie de-
l'agënt collectif, que parfois on personnifie d'une manière quasi -
humaine, qu'on laisse dans le vagué d'autres fois en se contentant de
le désigner d'un nom, tel que corporation, comité, groupe, nation,
état, que d'autres fois encore on réifie dans le concept « d'institutions »~
conçues comme des structures qui fonctionnent en vue d'atteindre
les buts finaux de la société. Toutes ces théories sont verbales, elles
n'expliquent rien; elles ne permettent pas de prévoir.
L'action sociale doit être conçue comme ün système d'événements,
possédant sa fin propre, comportant d'une part des rouages on
« nœuds », c'est-à-dire des organes capables de produire des change
ments déterminés, et d'autre part ces changements mêmes, produits
ou à produire par les rouages ou nœuds, et qui sont les événements.
Lorsqu'un système fonctionne, le premier nœud produit un change
ment, qui déclenche l'action du second nœud produisant un nouveau
changement qui entraîne l'action du troisième nœud, et ainsi jusqu'à
là production de l'événement final. Le fonctionnement d'un système
d'événements, est d'ailleurs circulaire, puisqu'il s'arrête quand la
fin -est atteinte, puis recommence à fonctionner pour atteindre de
nouveau cette fin, et ainsi de suite. Quand nous aurons ajouté que te
mise en marche d'un système est subordonnée à la libération d'une
énergie minima", dent on peut déterminer le seuil, que chaque sys
tème peut comporter des sous-systèmes, dont les fonctionnements
sont en quelque sorte mutuellement tangentiels, et qu?il peut être à
son tour intégré dans des systèmes plus yastesr nous, aurons l'essentiel
de l'analyse riotionnelle donnée par A,
Cette analyse permet d'expliquer très clairement le fonctionne
ment d'une machine, sonnette électrique, ou voiture automobile. En
ce qui concerne les actions humaines, une distinction s'impose. Dans
l'action collective ou « institutionnalisée », les individus agissent
d'une;manière stéréotypée, prévisible, et mécanisée : ainsi le compor
tement d'un caissier de banque, d'un chauffeur en présence d'un
signal rouge, etc. En dehors de ces contextes fonctionnels spécialisés,
l'individu agit d'une manière moins prévisible et, en droit tout au
moins, avec sa « personnalité totale ». De plus, il faut remarquer que
dans toute situation humaine, plusieurs individus peuvent agir ou
indépendamment (« coagir »), ou réagir l'un à l'autre. Si la' « co-
action » est dirigée vers un but commun, on aura le « concert ».
Le fonctionnement d'une usine se prête aisément à une analyse
•utilisant ces concepts. On distingue différents nœuds où rouages (le
directeur le contremaître dirigeant la première opération, les ouvriers
exécutant la première opération, le second contremaître, etc.), un
but final, une activité circulaire, des co-actions concertées, des
réactions, des sous-systèmes,, des systèmes supérieurs, etc. Remar
quons que ce fonctionnement n'est possible que par une certaine
standardisation des actions, qui entraîne des « comportements
conformistes » présentant à l'observation des distributions en J.
La valeur de cette théorie, qui se présente d'une manière essen
tiellement méthodologique, est conditionnée par sa fécondité ulté
rieure. D'ores et déjà, elle apparaît comme digne d'attention et de
sympathie, en tant que symptomatique de la tendance américaine,. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 473
parfois inaperçue, à subordonner les recherches purement empir
iques, à une critique philosophique du domaine étudié. J. St.
593. — H. BLOCK LEWIS. — Studies in the principles of judgments
and attitudes. II. The influence of political attitude on the orga
nization Of judgments (Études sur les principes des jugements et
des H. Influence de V attitude politique sur l'organisation
et la stabilité des jugements/. — J. of Soc. Ps., 1940, XI, p. 121-146.
Ce travail fait suite à un article paru dans le Journal of Psychology,
1938, sous la signature collective de S. E. Ash, H. Block et M. Hertz-
man (cfi L'Année Psychologique, 1938, n° 1202). — B. présente à
quelque deux cent, vingt sujets (qui seront fractionnés en plusieurs
groupes pour l'expérience) des slogans politiques tels que : « La
liberté ou la mort ! », « Amérique d'abord ! », « Pas de paix sans
honneur ! », etc. Elle leur demande de les classer à six points de vue :
force de persuasion à l'action, signification sociale, inspiration per
sonnelle, intelligence de l'auteur, valeur littéraire, approbation
sonnelle. Elle évalue d'autre part le degré de libéralisme ou de
conservatisme des sujets par le moyen du test de Stagner. Dans une
partie ultérieure de l'expérience, elle fait connaître aux sujets le
jugement (fictif) des « meilleurs psychologues », censés avoir classé
ces formules d'après l'intelligence de l'auteur, et elle demande un
nouveau classement aux cinq autres points de vue. — ■ Elle constate
essentiellement : 1° que les classements dépendent de l'opinion poli
tique des sujets ; 2° que les jugements des radicaux, aux différents
points de vue , présentent des intercorrélations bien plus élevées que
chez les autres sujets ; 3° que les radicaux et, à un moindre degré, les
conservateurs extrêmes présentent- dans leurs nouveaux jugements
une stabilité bien plus grande que les conservateurs-libéraux. —
Elle propose, aux fins d'explication, les hypothèses suivantes : 1° l'in-
tercorrélation des jugements et leur stabilité sont deux phénomènes
liés l'un à l'autre ; 2° les radicaux présentent des jugements stables
et cohérents parce qu'ils les intègrent à des stéréotypes généraux.
Certains jugements formeraient ainsi des Gestalten, et la modification
de ces chez un sujet demanderait qu'on rattachât la matière
d'opinion en question à un autre cadre de référence préexistant chez
lui, pour former de nouvelles Gestalten dans ses attitudes. J. St.
594. — SELDEN C. MENEFEE et AUDREY G. GRANNÉ-
BERG. — Propaganda and opinions on foreign policy (Propa
gande et opinions en matière de politique étrangère). — : J. of Soc.
Ps., 1940, XI, p. 393-404.
L'expérience, à laquelle prirent part 331 étudiants en 1938,
comportait trois phases immédiatement successives : 1° Les sujets
étant répartis en quatre groupes séparés, chacun de ces> groupes fut
soumis, sous prétexte d'« information » en matière de politique
étrangère, à l'une des quatre propagandes suivantes, sous forme
d'une lecture, d'articles ayant effectivement paru dans la presse
quotidienne ou périodique : a) propagande émotionnelle isolation
niste, b) propagande émotionnelle interventionniste, c) propagande
rationnelle isolationniste, d) rationnelle intervention- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 474
niste ; 2° Les sujets furent priés d'approuver ou de désapprouver un
certain nombre de formules exprimant .des opinions se rapportant à
la politique étrangère ; 3° Les sujets durent finalement indiquer s'ils
préféraient une politique isolationniste ou de sécurité collective."
— Les A. trouvent que 19 La propagande émotionnelle est plus eff
icace que la propagande rationnelle, d'une manière statistiquement
significative ; 2° Le groupe d'étudiants considéré présentait une ten
dance à préférer le point de vue isolationniste à celui de la sécurité '
colleetire ; 3° Les sujets firent preuve d'une grande incohérence
dans leurs réactions à la deuxième et à la troisième partie, de
l'expérience. J. St.
595. — F. WICKERT. — The interrelationships of some general
and specific preferences (Interrelations de quelques préférences
générales et spécifiques). — J. of soc. Ps., 1940, XI, p. 275-302.
1° Les interrelations entre les préférences générales, évaluées par
différents tests, celui de W., celui de Allport- Vérnon, celui de
Thurstone, se sont montrées, au cours d'une étude ayant porté sur
304 sujets, significatives et cohérentes logiquement. — En outre,
W. a fait ressortir l'existence de deux groupements de préférences
générales, qui s'excluent réciproquement : la tendance au « philisti-
nisme » et la tendance esthétique, et théorique, qui inclut le désir de
liberté.
2° Les préférences spécifiques sont aussi liées significativement
avec les générales : les préférences des sujets sont
d'accord avec le type d'études et de professions qu'ils se sont choisi ;
ainsi, ceux qui font des études commerciales manifestent des intérêts
économiques. W. a trouvé également que le désir de liberté per
sonnelle est lié à une préférence pour le professorat, l'état d'artiste
ou de poète, et à une opposition à l'égard des professions de directeur
commercial, de banquier, d'officier.
3° L'étude montre donc que les préférences générales peuvent *
être utilisées par l'orientation professionnelle, et que le concept
d'attitudes générales peut être utilement employé en psychologie.
• J. St.
596. — H. H. ANDERSON. — An examination of the concepts of
domination and integration in relation to dominance and ascen
dance (Examen des concepts de domination et d'intégration en
relation avec ceux de dominance et d'ascendant). — Ps. Rev.,
XLVII, 1, 1940, p. 21-37.
La domination est une technique du comportement, un mode de
réponse au milieu. C'est l'usage de la force, de la menace, de l'injure,
des attaques contre le 6tatut personnel d'autrui. La domination est
caractérisée p*ar la rigidité dans la direction du but proposé, par le
refus d'admettre la contribution de l'expérience d'autrui dans la
détermination de sa propre conduite. C'est une tentative de vie —
atomistique : les désirs et les opinions d'autrui ne comptent pas.
C'est l'antithèse de l'attitude scientifique. C'est la technique de la
dictature.
L'intégration est opposée. C'est l'appel à la coopération ■


'
-
PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 475
<i'autrui. À la poursuite de buts exclusivement personnels se substitue
là recherche de buts à poursuivre en commun. L'esprit du sujet se
modifie au contact de la personnalité étrangère et les différences
sont intégrées. Le comportement intégratif est celui du savant, celui
de l'apprentissage, celui du progrès. C'est l'expression de la technique
# démocratique.
Le véritable leader s'impose en révélant au groupe la possibilité
de nouvelles tâchés communes. Son autorité lui vient de son aptitude
supérieure à comprendre les autres, à les aider ai devenir des coopé-
rateurs, il respecte les différences individuelles et met au jour dans
chaque membre du groupe sa valeur sociale.
Cette étude de terminologie est appuyée sur des observations
d'enfants. , ' G. P.
. •
— A. H. MASLÖW. — Dominance-quality and social 597-595.
behavior in infra-human primates (La qualité de dominance et le
comportement social chez les infra-humains). - — J. of Soc.
Ps., 1940, XI, p. 313-324. .
Différents types de comportements de domination peuvent être
observés chez les primates infra-humains, suivant la famille à laquelle
ils appartiennent. On constate aussi qu'ils présentent'des compor
tements sociaux et des organisations de groupe différents. Ces diffe
rences présentent en outre des corrélations : ainsi, lä dominance
agressive et égoïste des babouins est en rapport avec une organisation
sociale très fortement hiérarchisée ; les singes platyrrhines, beaucoup
moins agressifs, forment au contraire des classes homogènes, avec
faible et éphémère organisation familiale. » J. St.
599. — P. J. FAY et^W. C. MI DDLETON. — Certain factors to
liberal and conservative attitudes of college students. I. Fathers'
occupations; Size of home town (Certains facteurs corrélatifs
aux attitudes libérales et conservatives des étudiants de collèges.
I. profession du 'père, importance de la ville où habite la famille).
— II. Fathers' political preference; Presidential candidates
favored in the 1932 and 1936 elections (II. Préférences politiques
du père ; candidats à la Présidence préférés aux élections de 1932
et à celles de 1936. — J. of Soc. Ps., 1940, XI, p. 91-105 et 1^07-119.
575 étudiants ont été soumis à cinq tests d'opinions de Thurstone.
Les opinions de ces étudiants varient, mais peu, avec les professions
de leurs parents. Les d'origine ouvrière sont les plus favo
rables au communisme, les étudiants d'origine paysanne y sont les des'
plus défavorables. Les fils commerçants et des ouvriers les patriotes, le groupe des paysans et des professions libérales l'est
le moins, etc. D'une manière générale, on est plus libéral quand on
est de père cultivateur, plus conservateur quand on est de père
employé ou commerçant. — Les différences de dimensions des villes
habitées par la famille n'entraînent pas non plus de grandes diffé
rences dans les opinions de leurs fils. Toutefois, les très villes
de plus de 500.000 habitants, de même que les communes rurales,
produisent plutôt des libéraux ; les villes moyennes et grandes, de
25.000 à 500.000 produisent plutôt des conservateurs. — -. ■
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 476
Les différences d'affiliation politique des pères n'entraînent pas noit
plus de grandes différences dans les opinions de ces étudiants. — ■•
Enfin, les préférences, politiques des étudiants eux-mêmes, estimée*
à partir des candidats à la Présidence qu'ils favorisèrent aux cours'
des deux dernières élections présidentielles, sont très stables ; en
outre, le choix de l'un ou de l'autre des différents candidats en pré
sence, entraîne des différences sensibles dans les réactions aux
questions d'opinions évoquées par les tests de Thurstone utilisés.
— On conclurait volontiers; en prolongeant les remarques précédentes
des Ä., que les facteurs extrinsèques ont moins d'importance sur les
opinions que les décisions personnelles des sujets. J. St.
600. — A. R. GILLILAND. — The attitude of College students
toward GÖd and Church (Les attitudes dès étudiants dès Collèges
à l'égard de Dieu et de V Église). — J. of Soc. Ps., 1940, XI, p< 11-18.
G. regrette qu'on se préoccupe plus de construire des échelles
d'attitudes que de les utiliser. En soumettant 349 étudiants de
»Northwestern University à quatre tests d'opinions préparés par
Thurstone, il trouve que, contrairement à l'opinion commune, très
peu d'étudiants sont athées. La plupart sont neutres ou favorables
àJ'Église. Mais, bien qu'il y ait beaucoup de variétés dans les att
itudes religieuses, la conduite est peu affectée par ces différences.
J. St.
601. — L. H. STOTT. — Parental attitudes of farm, town, and city
parents in relation to certain personality adjustments in their
Children (Relations entre les attitudes des parents habitant la cam
pagne, les petites villes et les grandes cilles, et certaines adaptations
de personnalité de leurs enfants). — J. of Soc. Ps., 1940, XI,
p. 325-339. :
L'enfant doit-il compter sur lui-même plus que sur ses parents ?
Les parents doivent-ils laisser à l'enfant une lafge indépendance ?
L'A. étudie les attitudes des parents sur ces deux questions, et
l'adaptation personnelle de leurs enfants. Il trouve que 1° sur la
première question, les attitudes des parents sont sensiblement les
mêmes quelles que soient les différences de leurs habitats ; 2° lés
parents sont d'autant plus disposés à laisser de- l'indépendance à
l'enfant qu'ils habitent une localité plus grande ; 3° les attitudes du
père et de la mère se ressemblent beaucoup ; 4° les enfants dont les
mères pensent davantage qu'ils doivent compter sur eux-mêmes,
montrent une légère tendance à compter davantage sur eux-mêmes ;
5° il y a de même une légère tendance à l'association entre l'ind
épendance chez les enfants et l'attitude favorable à l'indépendance-
chez les parents. Et cette attitude est plus fréquente à la ville qu'à la
campagne. J. St.
602. — M. BRENMAN. — The relationship between minority-
identification' in a group of urban group membership and group
middle class negro girls (Relation entre l'appartenance à un groupe
minoritaire et l'identification du groupe, dans un groupe urbain.