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Recherche de l'objet : modifications des références spatiales chez le bébé de 8 à 14 mois - article ; n°1 ; vol.81, pg 51-67

De
18 pages
L'année psychologique - Année 1981 - Volume 81 - Numéro 1 - Pages 51-67
Résumé
Nous présentons deux expériences sur l'organisation spatiale de l'enfant de 8 à 14 mois, dans une situation de recherche de l'objet occupant successivement trois places. Dans la première expérience, nous étudions l'évolution des modes de recherche de l'objet en fonction de l'âge et de la position relative du sujet par rapport aux cachettes. Dans la seconde expérience, on privilégie l'une des trois places et l'on modifie la relation entre le sujet et son environnement.
Les résultats des deux expériences montrent essentiellement que l'enfant entre 8 et 14 mois organise son environnement en deux zones : une proche et l'autre éloignée. L'évolution des modes de recherche de'l'objet nous a, permis de distinguer trois niveaux de comportement.
Summary
The purpose of the present study was to investigate the ten-month-olds' spatial organization. Two experiments involving an object search task, in a three-screen situation were carried out. Experiment one shows that the manual-search behaviour varies between 8 and 14 months of age. This variation was analyzed according to the « place error » question. In Experiment two, the relation between the subject and the environment was systematically modified. We analyse the subjects' behaviour according to such a spatial modification.
Both experiments show that the 10-month olds spatial organization is dichotomie. We discuss the meaning of that issue.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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L. Maury
Arlette Streri
Recherche de l'objet : modifications des références spatiales
chez le bébé de 8 à 14 mois
In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°1. pp. 51-67.
Résumé
Nous présentons deux expériences sur l'organisation spatiale de l'enfant de 8 à 14 mois, dans une situation de recherche de
l'objet occupant successivement trois places. Dans la première expérience, nous étudions l'évolution des modes de de
l'objet en fonction de l'âge et de la position relative du sujet par rapport aux cachettes. Dans la seconde expérience, on privilégie
l'une des trois places et l'on modifie la relation entre le sujet et son environnement.
Les résultats des deux expériences montrent essentiellement que l'enfant entre 8 et 14 mois organise son environnement en
deux zones : une proche et l'autre éloignée. L'évolution des modes de recherche de'l'objet nous a, permis de distinguer trois
niveaux de comportement.
Abstract
Summary
The purpose of the present study was to investigate the ten-month-olds' spatial organization. Two experiments involving an
object search task, in a three-screen situation were carried out. Experiment one shows that the manual-search behaviour varies
between 8 and 14 months of age. This variation was analyzed according to the « place error » question. In Experiment two, the
relation between the subject and the environment was systematically modified. We analyse the subjects' behaviour according to
such a spatial modification.
Both experiments show that the 10-month olds spatial organization is dichotomie. We discuss the meaning of that issue.
Citer ce document / Cite this document :
Maury L., Streri Arlette. Recherche de l'objet : modifications des références spatiales chez le bébé de 8 à 14 mois. In: L'année
psychologique. 1981 vol. 81, n°1. pp. 51-67.
doi : 10.3406/psy.1981.28357
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1981_num_81_1_28357L'Année Psychologique, 1981, SI, 51-67
Centre d'Etudes des Processus cognitifs et du Langage.
Laboratoire de Psychologie. EHESS-CNRS
et de Psychologie expérimentale
(Université René-Descartes el EPHE, 3G section)
associé au CNRS
RECHERCHE DE L'OBJET :
MODIFICATIONS DES RÉFÉRENCES SPATIALES
CHEZ LE BÉBÉ DE 8 A 14 MOIS1
par Liliane Maury et Ariette Streri2
SUMMARY
The purpose of the present study was to investigate the ten-month-olds'
spatial organization. Two experiments invoicing an object search task,
in a three-screen situation were carried out. Experiment one shows that the
manual-search behaviour varies between 8 and 14 months of age. This
variation was analyzed according to the « place error » question. In Expe
riment two, the relation between the subject and the environment was
systematically modified. We analyse the subjects' behaviour according to
such a spatial modification.
Both experiments show that the 10-month olds spatial organization is
dichotomic. We discuss the meaning of that issue.
Lorsqu'on cache un objet, à la vue d'un bébé de 7-8 mois
environ, celui-ci peut le rechercher activement. Dans ce cas,
même hors de sa vue, l'objet existe pour l'enfant. La « perma
nence de l'objet » est pour Piaget (1937) le premier invariant
physique que construit l'enfant. Cet invariant s'élabore aussi
bien à partir des propriétés physiques de l'objet qu'à partir des
1. Cette recherche a été réalisée avec l'aide technique de Monique
Charles.
2. Ariette Streri, 28, rue Serpente, 75006 Paris ; Liliane Maury, 54, bou
levard Raspail, 75006 Paris. L. Maury et A. Streri 52
propriétés spatiales de l'environnement qu'il occupe. L'aspect
spatial de la permanence de l'obj'et devient plus complexe lorsque
l'objet peut occuper successivement plusieurs places. Par exemple,
on commence par le cacher à une première place où l'enfant le
retrouve puis, on le cache à une autre place, plus ou moins voi
sine de la première. Dans cette situation l'enfant de 9 à 12 mois
a une conduite tout à fait typique : il persiste à rechercher l'objet
à l'endroit où il l'a précédemment retrouvé. Cette conduite in
itialement observée et interprétée par Piaget (op. cit.) a, depuis
quelques années, fait l'objet de recherches très systématiques
que nous avons analysées ailleurs (Maury, 1980). On a pu en
confirmer la réalité dans des situations standardisées et contrô
lées (Miller, Cohen et Hill, 1970) ou dans des études longitu
dinales (Gratch et Landers, 1971). Certains auteurs (Harris, 1973)
interprètent ce comportement comme une réitération motrice
d'un geste précédemment appris. Pour d'autres (Lecompte et
Gratch, 1972), il est plutôt lié à la nature même de la notion
d'objet. Enfin, certains auteurs (Butterworth, 1976 ; Acredolo,
1978 ; Bremner, 1978) pensent qu'il s'agit d'un problème de
références spatiales. C'est à partir d'une réflexion sur la pro
blématique de « l'erreur de place » que nous avons commencé
l'étude qui suit. Nous avons cependant essayé de nous dégager
du cadre spécifique de la situation où l'objet n'occupe que deux
emplacements possibles.
En effet, la situation que nous utilisons comprend trois
cachettes au lieu de deux. On évite ainsi l'équiprobabilité entre
une erreur et une bonne place. De plus, on n'entraîne pas l'enfant
à rechercher l'objet à une place initiale : l'ordre des positions co
rrespond simplement à l'ordre temporel des cachettes successives.
Nous avons étudié deux conditions expérimentales (expé
riences I et II). Dans la première, nous analysons les conduites
de recherche de l'objet, en fonction des différentes positions spa
tiales qu'il occupe par rapport au sujet. L'objet peut être plus
ou moins loin de l'enfant en occupant l'un des trois rangs dans
la séquence spatiale.
Dans la deuxième condition, l'objet est toujours caché à une
même place, mais on modifie l'environnement du sujet par une
translation de l'ensemble des cachettes.
Nos sujets sont âgés de 8 à 14 mois environ. Nous avons
choisi des enfants qui sont capables de se tenir assis mais qui
ne marchent pas encore. Références spatiales chez le bébé 53
EXPERIENCE I
L'enfant doit rechercher un objet caché à sa vue dans l'un
des trois récipients disposés devant lui. Les récipients, de pro
fonds gobelets, jouent le rôle d'écran.
On fait varier la position du sujet par rapport aux différents
gobelets. Pour cela, le sujet est d'abord placé devant le récipient
central (épreuve 1), il est placé devant l'un ou l'autre
extrême (épreuves 2 et 3). Dans chaque épreuve, l'objet est caché
successivement dans les 3 récipients dans un ordre précis, en
général du récipient le plus proche du sujet au plus éloigné.
Ainsi, la situation comprend deux facteurs combinés étro
itement : la distance qui sépare le sujet du récipient où est caché
l'objet et le rang qu'occupe ce récipient sur le dispositif. De plus,
on compare deux situations : dans l'une, les récipients sont contigus
(petits écarts, situation PE), dans l'autre, ils sont nettement
espacés l'un de l'autre (grands écarts, situation GE).
Nous avons fait l'hypothèse que les différentes positions spa
tiales du sujet par rapport aux récipients ainsi que les différences
d'écartement entre gobelets devraient jouer un rôle important
dans le repérage spatial et la recherche de l'objet chez l'enfant
de 8 à 14 mois.
D'autre part, nous avons pensé qu'il était nécessaire d'ana
lyser la « recherche de l'objet » comme une réponse complexe.
En effet, les sondages nous ont permis de voir que cette réponse
pouvait être plus ou moins complète suivant l'âge du sujet.
Par exemple, l'enfant peut se limiter à prendre ou à toucher
le récipient concerné ou il peut y rechercher explicitement
l'objet des yeux en regardant dans le gobelet, ou de la main.
Il peut aussi se faire que le sujet « refuse » de prendre un réci
pient3. Peu d'auteurs analysent cette conduite en tant que telle,
une seule recherche mentionne cependant son existence chez les
enfants de 14 et 16 mois (Webb, Massar et Nadolny, 1972).
Nous faisons l'hypothèse que la recherche de l'objet ne se
manifeste pas de la même manière chez les enfants de 8 à
14 mois et qu'elle est révélatrice de leur organisation spatiale.
3. Le refus peut être actif : le sujet s'en va tout simplement puisqu'il
peut se déplacer. On peut aussi considérer qu'il y a « refus » lorsque l'enfant
ne recherche pas l'objet au bout de 10 s environ. 54 L. Maury et A. Streri
PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE
Matériel
Une planche (85 cm de long, 24 cm de large et 5 cm de
haut) en bois naturel, sur laquelle on dispose trois récipients
(16 cm de haut et 11 cm de diamètre) identiques entre eux,
et de couleur vive (rouge).
— - Pour la situation PE (petits écarts), les récipients sont
contigus et placés au centre de la planche.
— Pour la GE (grands écarts), les sont
espacés de 11 cm environ entre les côtés proches des gobelets.
Le récipient du milieu (B) est en position centrale et les deux
autres de part et d'autre. (A) à gauche du sujet et (G) à droite.
Déroulement de l'expérience
L'enfant est assis par terre, sur un tapis de mousse, et maintenu
par l'expérimentateur qui s'accroupit derrière lui. La planche
et les récipients sont au bout de ses pieds. L'expérimentateur
cache, à sa vue, un petit objet dans l'un des récipients et engage
l'enfant à le rechercher. L'objet est un jouet qui attire l'enfant.
Nous n'avons pas introduit de délai de réponse comme c'est
le cas dans la plupart des recherches sur 1' « erreur de place ».
L'expérience a lieu en crèche dans une salle contiguë à la
salle de jeu. Elle est enregistrée au magnétoscope.
Elle comprend 3 épreuves de 3 essais chacune dont la durée
totale n'excède pas 10 mn.
Epreuve 1 : L'enfant est face au récipient central. On
cache tout d'abord l'objet dans le de gauche (A),
puis dans celui du milieu (B) et enfin dans celui de droite (C).
Epreuve 2 : L'enfant est transporté par l'expérimentateur
devant le récipient de droite (C). On cache successivement l'objet
en (C), puis (B), puis (A).
Epreuve 3 : L'enfant est ensuite transporté devant le récipient
de gauche (A). On cache l'objet en (A), puis (B), puis (C).
L'ordre dans lequel on cache l'objet dans chaque
comprend deux règles : on commence toujours par un réci
pient 'extrême ; le récipient extrême est le plus proche
du sujet. Références spatiales chez le bébé 55
Sujets
24 enfants ont participé à l'expérience. Ils proviennent de
trois crèches parisiennes4. Leur âge a été calculé par rapport
à la première séance. Ages limites : 7 mois 21 jours - 14 mois ;
âge moyen : 10 mois.
Ils sont répartis en trois groupes d'âges :
Gl : n = 8 7 m 21 j — 8 m 28 j ; âge moyen : 8 m 11 j
G2 : n = 7 9 m — 10 m ; âge : 9 m 16 j
G3 : n = 9 10 m 7 j — 14 m ; âge moyen : 12 m 5 j.
ANALYSE DES RÉSULTATS
A) Nombre de réponses correctes aux trois épreuves
en situation PE et GE
On considère qu'une réponse est correcte lorsque le premier
pot touché ou pris par l'enfant est celui où se trouve l'objet.
Nous verrons plus loin que certains sujets saisissent deux pots
à la fois (dont le bon). Ils sont ici considérés comme ayant
donné une réponse correcte. Certains enfants n'ont pas subi les
deux situations PE-GE, d'où une légère différence des effectifs :
pour PE, n = 21, et pour GE, n = 24.
Tableau I. — Pourcentage de réponses correctes
par récipient, aux 3 épreuves,
dans les situations PE et GE
Situations Petits Ecarts Grands Ecarts
(A) (B) (G) (A) (B) (C)
A B 1 100 76 63 C Epr. 86 63 96
S
(B) (G) (A) (B) (A) (G)
A B c Epr. 2 48 67 90 25 83 100
s
(A) (B) (G) (A) (B) (G)
A B c Epr. 3 90 86 43 92 75 17
S
4. Nous remercions les directrices et personnels des crèches de leur
aimable accueil. 56 L. Maury et A. Streri
Dans l'épreuve 1, l'enfant donne plus de bonnes réponses
quand l'objet est dans le gobelet central (B) (qui dans ce cas est
en face de lui) que lorsqu'il est dans les deux autres (A) et (G).
La différence est plus nette lorsque les gobelets sont espacés (GE)
que lorsqu'ils sont contigus (PE).
Dans les épreuves 2 et 3, on remarque une diminution du
nombre de réponses correctes en fonction de l'éloignement des
récipients par rapport au sujet. Cet effet est identique dans les
situations PE et GE. Cependant, et ce résultat nous paraît inté
ressant à souligner, cette diminution n'est pas progressive mais
s'effectue brutalement entre le pot le plus éloigné du sujet et
celui du milieu. Elle est moins importante entre le pot du milieu
et celui face au sujet.
On peut donc dire que l'enfant ne réagit pas en fonction d'un
critère métrique : la distance, mais d'une variable complexe
« distance-nombre d'emplacements » : en PE comme en GE, il
semble dichotomiser le dispositif en deux zones, l'une proche,
l'autre plus éloignée.
Les résultats aux épreuves 2 et 3 sont analogues ; on peut
alors conclure à une équivalence des positions gauche et droite.
B) Recherche de l'objet
Nous analysons ici la nature de la conduite de recherche de
l'objet. Comme nous l'avons déjà souligné, l'enfant peut se limiter
à prendre (ou renverser) le pot sans vérifier systématiquement
la présence de l'objet ; ou bien il peut se livrer à une recherche
systématique de l'objet consistant à regarder dans le pot ou
à y mettre la main.
Tableau II. — • Pourcentages de recherches de l'objet
calculés sur le nombre total de réponses
dans la lTe partie du tableau
et sur le nombre de réponses correctes dans la 2e
que soit le pot Ro quel Ro dans
le pot correct
Groupes PE GE PE GE
Gl 18 26 36 20
G2 32 44 56 40
G3 78 93 97 83 Références spatiales chez le bébé 57
Le tableau II donne le pourcentage de recherches effectives
de l'objet (Ro) en fonction de l'âge, quel que soit le pot choisi,
d'une part, et, d'autre part, dans le pot correct P + .
La recherche effective de l'objet devient plus fréquente en
fonction de l'âge lorsque le récipient choisi est correct. Il atteint
97 % des réponses dans la situation GE chez les plus grands.
Enfin, Ro est plus important dans la situation GE que dans
la situation PE pour tous les groupes.
C) La nature des conduites en fonction de l'âge
Nous avons fait l'hypothèse que la « recherche de l'objet »
n'était pas une réponse en tout ou rien, mais qu'elle pouvait
prendre des formes différentes selon l'âge. En effet, on a pu observer
qu'en dehors d'une prise de récipient correct (P+) ou d'un
autre (P — ) il existait d'autres conduites. En particulier, certains
enfants prennent deux récipients à la fois (ip). Dans ce cas,
ils prennent toujours le pot correct et son voisin immédiat.
Ce comportement ne s'observe que lorsque l'enfant a déjà
effectué une première recherche dans une épreuve. De plus,
certains enfants refusent de prendre un récipient (0) : ils s'en
vont ou se désintéressent de la situation.
Dans le tableau III on analyse la répartition de ces
conduites (P + , P— , 0 et T) en fonction des groupes d'âge.
Nous avons regroupé les résultats obtenus en PE et GE car
ils ne différent pas de façon importante.
Tableau III. — Répartition des comportements observés
par groupes d'âge (pourcentages)
P- Total Groupes P + 0 T
Gl 100 0 7 37 144
/ e, o/ \ (69 %) (26 %)
G2 65 12 16 33 126
(51,5 %) (9,5 %) (13 %) (26 %)
o G3 1 132 113 16
(85,6 %) (0,8 %) (1,5 %) (12,1 %)
On remarque que la prise du pot correct (P + ) n'évolue pas
de manière monotone avec l'âge. Il y a moins de P-}- dans le
groupe 2 que dans le groupe 1. Ce phénomène s'explique par la 58 L. Maury et A. Streri
presence, dans le groupe 2, de deux conduites spécifiques : la
prise de deux pots à la fois, conduite qui n'existe pas dans les
autres groupes et le refus qui, tout en existant chez les petits,
est plus important dans le groupe 2.
DISCUSSION DE L'EXPÉRIENCE I
A) L'expérience I montre que les trois récipients A, B, G
ne sont pas repérés de manière analogue suivant la position
relative du sujet.
Lorsque celui-ci occupe une position centrale, le récipient du
milieu B est quelque peu privilégié par rapport aux deux autres. Ce
privilège est plus net lorsque les récipients ne sont pas contigus.
Lorsque le sujet occupe une position excentrée par rapport
au dispositif (à droite ou à gauche), il repère bien le pot face à
lui et le pot central, mais moins bien le récipient le plus éloigné
du sujet.
Cette dichotomisation de l'espace pourrait être liée à un
problème moteur. Dans la situation GE, l'enfant doit effectiv
ement se déplacer légèrement pour atteindre ces récipients. Une
telle hypothèse n'est cependant pas suffisante puisqu'on remarque
la même répartition des réponses en situation PE. Or, en PE,
l'enfant n'a pas à se déplacer. On peut alors penser que la
dichotomisation du dispositif en deux espaces, l'un proche,
l'autre lointain, n'est pas liée à un facteur quantitatif de distance
absolue, mais qu'elle reflète la représentation qu'a le sujet de
l'espace.
B) Si l'on s'intéresse à la recherche effective de l'objet, on
constate une évolution de ce comportement en fonction de l'âge.
Les petits (8 mois environ) recherchent peu l'objet. Ils se limitent
à prendre un pot et éventuellement jouent avec. Les sujets de
9 à 10 mois contrôlent plus fréquemment la présence de l'objet
dans le pot. C'est dans le groupe 3 (12 mois environ) que ce
contrôle devient systématique. Il accompagne plus souvent un
choix correct qu'un choix incorrect.
C) L'expérience I nous a permis de différencier trois niveaux
dans les réponses des sujets. Alors que dans le groupe 1, on
constate outre des réponses correctes, essentiellement des prises
de pot incorrect, le groupe 2 se caractérise par une diversité de
conduites : on y voit des prises de pot incorrect mais aussi des spatiales chez le bébé 59 Références
refus (peu nombreux dans le groupe précédent) et des prises de
deux pots à la fois. Enfin, le 3 choisit le plus souvent
le pot correct.
Nos effectifs ne sont pas suffisants pour permettre une inter
prétation approfondie de cette évolution, mais on peut penser
qu'elle reflète l'évolution de l'organisation spatiale entre 8 et
14 mois.
L'expérience II se propose de compléter la précédente en
approfondissant le problème du statut des emplacements pour le
sujet, en fonction des modifications apportées dans l'env
ironnement.
EXPÉRIENCE II
Les écartements entre les pots restent invariants ; mais on va
modifier, par une translation du dispositif (support -j- récipients),
l'environnement spatial du sujet. Comment l'enfant va-t-il
réagir lors de sa recherche de l'objet ?
Pour répondre à cette question, on va modifier l'expérience I
de deux façons :
1° Dans une première phase, on privilégie l'un des récipients
en combinant trois types de marquage :
— un marquage absolu du type : c'est toujours dans le même
récipient (pot B) que l'objet est caché, contrairement à l'expé
rience précédente où occupe successivement les trois
places ;
— ■ un marquage se référant au dispositif : Ce pot est entre les
deux autres ou est au milieu du support. Ces deux marquages
ne peuvent être distingués dans notre situation ;
— un marquage se référant à la position relative sujet/récipient :
ce pot est face au sujet.
Le problème est de savoir lequel de ces marquages le sujet
utilise dans sa recherche de l'objet après translation du dispositif.
2° On introduit ensuite une translation du système sur le
plan fronto-parallèle selon deux amplitudes différentes :
— une translation de faible amplitude ou « partielle » soit vers
la droite du sujet (Pd), soit vers la gauche (Pg), de telle sorte
que l'un des récipients extrêmes (A) ou (C) soit alors devant
l'enfant :

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