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Recherches, expérimentales et comparées - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 235-245

De
12 pages
L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 235-245
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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2° Recherches, expérimentales et comparées
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 235-245.
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2° Recherches, expérimentales et comparées. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 235-245.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1923_num_24_1_4521ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERTEUSE. NEUROLOGIE 235
sympathique, avec exagération du R. O.-C. et diminution du R. S.,
puis pendant une période bien plus prolongée, d'excitation sympat
hique. L'éxérine a une action également amphotrope, mais dans
l'ordre inverse, c'est-à-dire pendant 5 à 10 minutes, excitation du
sympathique et inhibition du vague, dans une période consécutive
de 2 à 3 heures, excitation énergique du parasympathique. Il y a
des états où les deux systèmes sont simultanément excités, comme
dans la maladie de Basedow, et d'autres où ils sont toutes deux
hypoexcitables : démence précoce, dépression, asthénie.
H. W.
LAIGNEL-LAVASTINE. — Les variations de l'irritabilité sympat
hique : « vagotonie et sympathicotonie ». — J. de Ps., oct. 23
716-727.
Rappelant la division par Langley du système neuro- végétatif en
sympathique proprement dit et parasympathique, leur action souvent
considérée comme antagonique dans les organes qu'ils innervent,
leur réactivité élective à l'adrénaline pour le sympathique, à la pilo-
carpine et à l'ésérine comme excitants, à l'atropine comme paralysant
pour le parasympathique ; enfin les syndromes qui se rattachent à
la prédominance de l'un ou l'autre système, l'A. insiste sur leur a
lternance fréquente d'action chez le même sujet, sur l'existence de
syndromes mixtes et de réactions ambivalentes.
H. W.
2° Recherches expérimentales et comparées
CARLO GENI. — Cervello e Funzioni materne {Le cerceau et les
fonctions maternelles), 2 vol. in-8 de 195 et 431 p., Turin et Gênes,
S. Lattes, 1922.
Dans le premier volume sont relatées en détail, avec de nomb
reuses reproductions photographiques, les recherches expériment
ales de l'auteur, sur des poules et des chiennes, au sujet de l'influence
que des lésions cérébrales partielles, !ou des extirpations glandulaires,
exercent sur l'instinct maternel et ses diverses manifestations.
Voici les données qui se dégagent de ces expériences :
Les réactions maternelles de la poule sont conditionnées par le
fonctionnement global du cerveau antérieur ; toutefois les hémis
phères cérébraux comprennent des fonctions corticales dissocia
bles : lès régions polaires (frontale, occipitale) se montrent inhi-
bitrices, les moyennes « impulsivo- motrices » ; la région
striée antérieure est surtout motrice, et la région postérieure sen
sorielle (visuelle et auditive).
L'instinct maternel de la poule n'est influencé, ni par les organes
sexuels (qui se trouvent alors en arrêt fonctionnel), ni par les glandes
à sécrétion interne (hypophyse, surrénale et thyroïde).
Chez la chienne, tout le cerveau entre en jeu dans la réalisation
des actes commandés par l'instinct maternel, mais avec des spécia
lisations fonctionnelles : L'atteinte du lobe frontal suffit en effet 236 ANALYSKS BIBLIOGRAPHIQUES
pour faire disparaître l'instinct, l'affection pour les petits cédant
place à l'aversion, l'animal devenant torpide et hargneux.
La région postérieure des sphères sensorielles représente la source
des processus psychiques qui servent à alimenter et raviver l'ins
tinct ; quand elle est lésée, on voit l'instinct maternel s'affaiblir
progressivement,, s'épuiser plus vite ; l'animal reste bon et affectueux
mais devient irritable.
La région pariétale semble jouer un rôle secondaire d'association ;
son atteinte isolée n'a pas sur le comportement maternel d'effet
marqué, mais elle aggrave les troubles dus aux lésions des autres
régions du cerveau quand elle leur est associée.
Il n'a pas paru à l'auteur y avoir de relation directe entre la fonc
tion mammaire, considérée comme « fonction maternelle viscérale »,
et le sens maternel.
Le traumatisme cérébral a toujours pour effet d'arrêter transitoi-
rement la sécrétion lactée, et ensuite de l'épuiser de façon précoce.
L'extirpation de l'appareil thyroparathyroïdien (le seul appareil
endocrine étudié), n'a aucune influence sur l'instinct maternel et
ses manifestations.
Dans le second volume sont examinés les problèmes généraux de
psychologie et de- physiologie comparée, sur l'instinct maternel et
les fonctions connexes.
Une série de chapitres sont consacrés aux questions de réflexe,
d'instinct, d'intelligence et de conscience ; puis vient l'étude de
l'instinct maternel chez l'homme, dans ses rapports avec l'intell
igence, dans ses perversions, dans ses relations avec la sexualité ; et
le livre se termine sur l'examen de la différenciation psychique et
somatique des deux sexes.
Si on laisse de côté le détail des opinions propres de l'auteur, sur
les problèmes les plus généraux, et si l'on s'en tient à ce qui concerne
les fonctions maternelles, voici l'essentiel de ses conclusions :
L'amour pour la progéniture, s'il résulte bien de la vie sexuelle,
ne peut être compris comme nécessairement lié aux fonctions de la
sexualité, ni aux processus organiques, conséquence de l'accouple
ment, pas même à la sécrétion mammaire ; il est même en opposition
directe et ouverte avec l'instinct sexuel ; la disposition maternelle,
indépendante des organes à sécrétion interne, très résistante vis-à-
vis des perturbations les plus graves du métabolisme organique, est
un phénomène purement psychique (inconscient chez les animaux
inférieurs), trouvant en soi-même sa propre origine, fondé sur une
énergie atavique, héréditairement transmise, recueillie dans les
régions les plus évoluées du système nerveux central.
Il y a participation directe ou indirecte de toute l'écorce cérébrale
des mammifères aux fonctions maternelles, la puissance orga
nique dirigée dans la conservation de l'espèce, en une étonnante
autonomie.
Il y a, naturellement, dans cette conception, bien des données qui
ne se dégagent pas directement des expériences de l'auteur et les
dépassent singulièrement ; il y a même des points très discutables.
Si l'instinct maternel doit bien être une disposition forte, héré
ditairement transmise, il n'en est pas moins vrai que la prédominance
chez la femelle, le déclanchement à un certain moment, sous l'in- PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 237 ANATOMO
fluence de la fécondation, la limitation de sa durée plus ou moins étroite
chez les animaux, impliquent un déterminisme tout au d'ace
tivation, que G. Ceni laisse de côté, et que des observations, comm-
celles de Rabaud sur les souris, ont nettement mis en évidence.
Les expériences de Geni confirment ce que. nous savions du rôle
pragmatique de la région cérébrale antérieure, qui semble constituer
le centre par lequel les tendances profondes se traduisent en un
comportement adapté, rendu seul possible chez les animaux supér
ieurs.
Les conclusions sur l'indépendance des instincts vis-à-vis des
glandes endocrines dépassent beaucoup des expériences insuffisantes
(l'appareil thyroïdien ayant été seul enlevé chez le chien).
En tout cas, il y a eu un gros effort expérimental de la part de
Geni, des données positives dont le détail est très exactement donné,
et sa longue discussion soulève les plus intéressants problèmes, psy
chophysiologiques et même psychosociaux.
H. P.
J.-P. PAWLOW. — Die Charakteristik der Rindenmasse des Gross
hirnhemisphären, vom Standpunkte der Erregbarkeits Veränder un-
gen ihrer einzelnen Punkte {La caractéristique de la masse corticale
des hémisphères cérébraux, du point de vue des modifications d'ex
citabilité de ses points isolés). — Ar. Su. de Neur., XIII, 1-2, 1923,
(jubilé Monakow), p. 568-574.
Pawlow montre comment sa méthode d'étude des réflexes condi
tionnels permet une analyse, point par point, des fonctions de
l'écorce.
Il rappelle d'abord comment l'excitant conditionnel répété sans
renforcement par l'excitant inconditionnel, prend valeur inhibitive
progressivement, devient inhibiteur conditionnel ; il définit l'exci
tation de sens positif ou négatif, l'inhibition répondant, après fran
chissement du point zéro, à la phase négative d'excitation. Et il
montre que l'on peut facilement voir le sens de l'excitation se ren
verser. Par exemple dans des conditions nouvelles, sous l'influence
d'un excitant nouveau (un nouvel expérimentateur par exemple),
des points cutanés dont l'excitation a pris valeur inhibitrice perdent
cette action et deviennent même faiblement positifs, ce qui relève
de la « contre-inhibition ».
On voit en outre, s'exercer des actions à distance, ayant une
évolution plus ou moins rapide dans le temps : il y a des sortes
d'ondes d'irradiation avec concentration consécutive, portant des
effets excitateurs ou inhibiteurs sur des territoires plus ou moins
étendus à la suite de la mise en jeu d'une zone cutanée.
On peut mettre en évidence aussi une induction du processus
d'inhibition par le processus d'excitation, négative, vis-à-vis
de l'induction positive d'une excitation par la mise en jeu du pro
cessus d'inhibitition.
Certains faits, anormaux d'apparence, du comportement du chien,
peuvent être interprétés à la lumière de ces mécanismes, comme le
montre Pawlow pour un cas.
Il n'y a pas encore de théorie générale, mais les faits ainsi acquis ■
238 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fournissent des données pour l'élaboration ultérieure d'une concept
ion d'ensemble du fonctionnement cortical.
H. P.
G. V. ANREP. — ■ The irradiation of conditioned reflexes {U irra
diation des réflexes conditionnels). — Pr. of. R. S., B. 94, 663,
1923, p. 404-426.
L'auteur, élève de Pawloff, considère que le réflexe « conditioned »,
est ainsi appelé parce qu'il dépend d'innombrables conditions, tandis
que les réflexes congénitaux sont « unconditioned » 1. Il soutient la méthode du réflexe salivaire est supérieure à celle, employée
par les behavioristes américains, des réflexes moteurs.
Puis il énumère les divers modes de formation du réflexe :
Le stimulus secondaire précède ou accompagne le stimulus direct ;
il faut alors 20 à 30 associations pour engendrer le réflexe condi
tionnel. La latence de ce dernier reproduit à peu près l'intervalle qui
s'écoule entre l'apparition du stimulus associé secondaire et celle du
stimulus efficace ; si cet intervalle est grand, on a un réflexe condi
tionnel différé (« delayed »).
Le stimulus secondaire — ce qui n'est qu'un cas extrême réductible
au précédent — précède le stimulus efficace avec une pause, qui
peut aller jusqu'à 30 minutes. La latence du réflexe conditionnel
ainsi obtenu, du « trace réflexe », a la durée même de cette pause.
Si le stimulus secondaire suit le stimulus efficace, en revanche il
n'y a jamais de réflexe conditionnel engendré : Gason a échoué avec
le réflexe pupillaire chez l'homme; Krestovnikov (Société de Médecine
de Petrograd, 1920) a échoué malgré plus de 1.000 associations, avec
des intervalles de quelques secondes seulement, chez divers an
imaux.
Cropalov a montré {Arch, des Se. biologiques, 1915), qu'il y avait,
dans le développement du réflexe conditionnel, deux phases : au
cours de la première, avant l'établissement complet, il y a irradia
tion, et par exemple une excitation cutanée quelconque (et non la
seule excitation associée), provoquera la sécrétion salivaire ; dans
la seconde, le champ d'irradiation se rétrécit progressivement, jus
qu'à localisation étroite du réflexe (une petite région cutanée étant
seule réflexogène), ceci aussi bien pour le réflexe simultané que
pour le différé. Pour le « trace réflexe », il reste toujours irradié, et,
plus l'intervalle est grand, plus étendue est l'irradiation, qui atteint
même les autres organes sensoriels comme l'œil, l'oreille.
L'auteur admet deux facteurs différents, un général, le stimulus,
agissant d'abord, puis un spécial, la localisation tactile (pour l'audi
tion, la hauteur tonale), agissant dans une deuxième phase, qui fait.
1. Le mot russe primitif, qui ne correspond exactement ni à conditionné,
ni à conditionnel, a été traduit par ce dernier terme, dans notre langue, par
des auteurs français et par des auteurs russes. Le terme pouvait signifier
que la réaction n'était valable que sous condition. Maintenant le mot condi
tionné est utilisé ; il paraît peu satisfaisant, car toute réaction dépend tou
jours de « conditions ». Un mouvement inconditionné serait un mouvement
spontané ,non un réflexe, même congénital ! Aussi conservons-nous l'expres
sion classique de réflexe « conditionnel ». H. P. ANATOMO-PHYSIOLOGIE ÏSERVEtSE. NEUROLOGIE 23£
défaut pour les « trace reflexes ». Il a cherché, en raccourcissant la
pause, à réduire l'irradiation, à la rendre partielle ; ses expériences
sur trois chiens (excitations cutanées, réflexe salivaire parotidien),
lui ont montré en effet, avec une pause de 4 à 5 secondes, une irra
diation limitée à partir des points stimulés, irradiation en toutes
directions avec affaiblissement progressif, et centre d'irradiation
corrélatif dans la région symétrique de celle stimulée.
L'auteur passe alors à l'examen des phénomènes d'inhibition.
Il distingue dans l' inhibition interne, une inhibition différentielle
(un stimulus répété, qui n'est jamais associé au stimulus efficace,
tend à diminuer l'efficacité d'un excitant conditionnel) et une inhi
bition conditionnelle (quand l'association de l'excitant conditionnel
avec un autre stimulus n'est jamais combinée aveG le stimulus effi
cace, ce stimulus associé devient inhibiteur). Quand à l'inhibition
externe, son action est banale : au cours de l'action d'un stimulus
conditionnel, la production d'une stimulation est inhibitrice, aussi
bien pour un effet d'excitation conditionnelle que pour un effet
d'inhibition conditionnelle ; dans ce dernier cas, la diminution peut entraîner un effet secondaire de renforcement
d'un réflexe conditionnel. Une grande différence entre les formes
interne et externe d'inhibition, c'est que la première se renforce, et
que la seconde s'affaiblit par répétition.
Anrep a étudié les résultats d'une interaction dés deux formes, con
ditionnelle et différentielle, de l'inhibition interne :
Un chien, par exemple, possède un réflexe tactile conditionnel, que
freine un inhibiteur conditionnel (son de ronfleur), et en même temps
il a un ancien réflexe tonal ; on cherche à établir une
différenciation du son réflexogène avec un son plus élevé d'une note ;
ce dernier devient donc un inhibiteur différentiel, après 13 répéti
tions. Au cours de cette acquisition, l'inhibition conditionnelle du
ronfleur s'affaiblit (de 60 0/0 de sa valeur au maximum), mais
reprend sa valeur initiale quand la période d'acquisition est terminée.
Inversement une inhibition différentielle diminue quand on crée
une inhibition conditionnelle, pour reprendre sa valeur quand l'i
nhibition conditionnelle nouvelle est bien acquise.
L'auteur interprète ces faits en admettant que le pouvoir d'inhi
bition interne développé à un moment donné par le système nerveux
est limité ; l'augmentation d'un côté est compensée par une diminut
ion de l'autre.
Shenger, dans ses expériences sur la neurasthénie expérimentale
(Petrograd, 1921), a prouvé que si l'on dépassait les limites de l'inhi
bition interne, c'étaient toutes les fonctions inhibitrices des centres
supérieurs qui disparaissaient, et le pouvoir de différenciation des
stimuli. Pour comparer la force respective des deux formes d'inhi
bition interne, Anrep les a soumises toutes deux à l'influence empê
chante d'une inhibition externe (stimulus électrique), il a diminué
de 14 0/0 l'inhibition conditionnelle, de 64 0/0 la différentielle. II
conclut donc que la première, qui résiste moins, est la plus forte.
Enfin il a examiné l'irradiation de l'influence inhibitrice liée à
une excitation cutanée, et l'a trouvée toute semblable à celle qui
caractérise la stimulation conditionnelle, avec le même foyer symét
rique d'irradiation du côté opposé du corps. H. P. 240 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
J. TEN GATE. — Essai d'étude des fonctions de l'écorce cérébrale
des pigeons par la méthode des réflexes conditionnels. — Arch,
néerl. de Phy., VIII, 1923, 2, 234-273.
Afin de contrôler si les notions obtenues par Pawlow et son école
sur le fonctionnement des fibres d'association de l'écorce cérébrale
du chien, au moyen du réflexe conditionnel salivaire, étaient appli
cables à d'autres animaux supérieurs, l'auteur, au cours de recherches
excessivement patientes et remarquablement analysées, a expéri
menté chez le pigeon la possibilité de créer un réflexe conditionnel.
Les excitants artificiels furent une lampe électrique de 50 bougies,
une sonnerie électrique, les battements d'un métronome, un sifflet,
selon les expériences. Chacune de ces excitations était donnée
durant 30 secondes sans interruption. Le réflexe étudié, assez com
plexe (par impossibilité d'en saisir un plus simple), était un en
semble de mouvements pour se diriger vers une mangeoire, et y
saisir les aliments qui y tombaient en concordance de temps avec
l'excitant extérieur.
Grâce à la constance avec laquelle il poursuivit des expériences
d'abord négatives durant plusieurs semaines, Ten Cate put mettre
en évidence que des répétitions d'excitations articificelles détermin
ées, en combinaison avec l'acte d'alimentation, deviennent des
stimulants à des réactions motrices déterminées.
Il vit ensuite que des excitations supplémentaires (introduction
des battements du métronome avec un sujet habitué seulement à
la lampe, par exemple) ont une action inhibitrice sur les réactions
engendrées conditionnellement. Cette inhibition est fonction, d'une
part de la constance plus ou moins grande de la réaction provoquée,
et d'autre part de l'intensité (sonnerie forte ou faible), du nouvel
excitant introduit comme perturbateur. L'inhibition est plus grande
si l'excitant nouveau s'adresse à un même analyseur (vue, audition),
que l'excitation généralement employée pour déclancher le ré
flexe. Le pouvoir inhibiteur disparaît assez rapidement si on continue
à employer concurremment les deux excitations.
Les réactions motrices s'éteignent rapidement (10 à 15 répétitions
à 2 minutes d'intervalle), si on fait agir l'excitant seul, sans qu'il soit
accompagné de la possibilité de l'acte d'alimentation .Si on éteint
ainsi les mouvements provoqués par un excitant particulier (lumière),
on constate un ralentissement des mouvements engendrés par un
autre excitant (sonnerie ou métronome). Immédiatement après la
disparition du mouvement primairement éteint, il y a même une
inhib'tion complète du mouvement éteint ainsi secondairement. Au
bout de trois minutes les mouvements secondaires réapparaissent,
et sont rétablis complètement au bout de six minutes environ.il
semble bien qu'il y ait là une confirmation de la théorie de Pawlow,
d'après laquelle une inhibition quelconque, issue d'un point déter
miné de l'écorce, irradie jusqu'aux centres analyseurs voisins (inhi
bition secondaire), mais plus tard n'existe plus qu'au point de dé
part où elle se concentre (rétablissement du mouvement secon
daire).
La persistance du réflexe conditionnel chez le pigeon atteint
plusieurs mois, mais le temps de latence entre l'excitation et le ■
ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. .NEUROLOGIE 241
déclanchement du réflexe moteur, est naturellement considérable
ment allongé. Le ré apprentissage s'obtient très rapidement et la
rééducation pour un excitant donné, permet d'obtenir des temps
de latence presque normaux pour un autre excitant non employé
depuis longtemps.
M. F.
HULSEY CASON. — The conditioned eyelid reaction [La réaction
palpébrale conditionnelle). — ■ A note on the conditioned eyelid
reaction. — J. of exp. Ps., V, 3, 1922, p. 153, 196, et VI, 1, 1923,
p. 82-83.
L'auteur avait établi précédemment la possibilité d'obtenir un
réflexe conditionnel pupillaire (Cf. An. Ps., XXIII, p. 509-510) ; il
s'est adressé dans le même but aux réactions des paupières. Une
difficulté se présentait cette fois, du fait que les mouvements palpé-
braux sont sous le contrôle de la volonté ; c'est par la déterminat
ion du temps de réaction, nettement plus court quand il y a réflexe
conditionnel, qu'a pu être établie l'existence de ce dernier. Avec
excitation électrique associée à une excitation sonore, non réflexo-
gène par elle-même, 500 à 3.000 fois de suite, toutes les 3 à 6 secondes
(et essai du son seul, toutes les 25 fois en moyenne), chez 7 sujets,
et en enregistrant le temps de la réaction palpébrale, on obtient
pour un sujet, par exemple 104 <x de latence pour la réaction réflexe
au choc électrique, 144 pour la réaction conditionnelle au son, et
263 pour la réaction volontaire. (Ces nombres sont entachés d'une
erreur systématique qui les majore d'environ 50 a, comme l'auteur
l'a indiqué dans une note additionnelle tardive et cela appar
aissait d'après la comparaison de ces chiffres pour la latence du
réflexe proprement dit avec les chiffres classiques).
H. Cason a échoué à engendrer un réflexe conditionnel par la
"méthode suivante : chaque battement palpébral spontané, chez un
sujet, provoque par fermeture de circuit, un son, pendant une pé
riode de 5 heures. Au bout de ce temps, le son n'avait pas acquis de
pouvoir réflexogène.
L'auteur conclut que l'on ne peut associer un excitant condi
tionnel, à un excitant direct qui le précède (association rétrograde).
Cette impossibilité, fondée sur d'autres expériences, ne serait pas
établie de façon probante par l'expérience ci-dessus relatée, où il y a
mouvement spontané et non réaction à un excitant.
H. P.
W. BECHTEREW. — Studium der Funktionen der Praefrontal- und-
anderer Gebiete der Hirnrinde vermittelst der associativ- motor
ischen Reflexe (Etude des fonctions de la région pré-frontale et
autres domaines de Vécorce cérébrale au moyen des réflexes associat
iv o- moteurs). — Ar. Su. de Neur., XIII, 1-2, 1923 (jubilé Mona-
kow), p. 61-76.
Après des considérations générales dans lesquelles l'auteur entend
substituer à l'ancienne conception de centres sensoriels et moteurs
celle de territoires des réflexes associatifs de telle ou telle catégorie,
L'ANNÉE PSYCHOLOG1QUB. XXIV. 16 242 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
et un rappel complaisant de toutes les recherches sorties de son labo
ratoire, Bechterew en vient enfin aux travaux d'Affanassiev, sur
l'ablation de l'écorce préfrontale chez le chien, d'où il tire la conclu
sion que cette région cérébrale, en dehors de son rôle connu dans
la régulation statique et dans la concentration visuelle, sert à la
formation de réflexes associatifs, constitués à partir d'excitants in
ternes et caractérisés par des initiatives d'activité et des inhibitions
d'autre part, dans le comportement de l'animal.
Ainsi un chien opéré, qui saisit le sucre, qui fuit une allumette
enflammée, va saisir le sucre derrière l'allumette enflammée, ce que
l'animal normal ne fait pas, et cela faute d'une inhibition de sa ten
dance impulsive.
D'autre part, un chien normal ä qui on donne un morceau de
viande dans du papier, prend l'initiative de défaire le papier avant
de manger la viande, l'animal opéré mange la viande et le papier
(Schakowski).,
H. P.
R. LERICHE. — La résection du sympathique a- 1- elle une influence
sur la sensibilité périphérique? — Revue de Chirurgie, 41, 1922,
N° 10-11.
On a signalé,, depuis Claude Bernard, des phénomènes d'augment
ation de sensibilité, dans les domaines qui: correspondent à une
sympathectomie partielle.
L'auteur, dans ses observations de sympathectomie périartérielle,
n'a trouvé que dans un cas une augmentation nette de sensibilité
(ré ssction de l'artère humérale).
Le mécanisme serait vasculaire : la provoque; une
vasodilatation avec suractivité circulatoire qui favoriserait le fonc
tionnement des appareils périphériques du tact.
H. P.
FRÉDÉRIC BREMER. — Centre cortical du goût chez le lapin. — B.
B., 89, 1923, p. 432-433. — Physiologie nerveuse de la mastica
tion chez le chat et le lapin. — Ar. int. de Ph., XXI, 3, 1923,
p. 30 7- 352.
En excitant partiellement et en détruisant chez le lapin le centre
masticateur cortical, connu depuis Ferrier (en avant de la suture
coronaire, près des centres des mouvements de la face, du cou et du
membre antérieur), l'auteur a constaté qu'il existait des représen
tations corticales distinctes pour le rongement, la mastication ver
ticale et la rumination, situées d'avant en arrière, dans la zone mot
rice masticatrice, et qu'après destruction bilatérale,, toute noasti-
eation était passagèrement abolie, les réflexes, exagérés, se substi
tuant aux incitations corticales-.
Mais, en outre, il s'est aperçu que la destruction de ces centres
entraînait une anesthésie gustative complète et permanente.
Le lapin ne perçoit plus l'acide ni l'amer, et mange de la carotte
imbibée de quinine. Son odorat, en revanche, reste intact.
La question controversée de la représentation corticale du goût,
paraît résolue chez le lapin : elle siège dans le centre masticateur, NERVEUSE. NEUROLOGIE 243 ANAT0M0-PHYSI0L0G1E
qui apparaît comme sensitivo -moteur, la connexion de la sensibilité
gustative avec la motricité buccale et péribuccale étant « signifi
cative du lien intime et nécessaire qui unit, dans l'écorce cérébrale,
comme dans tous les centres, la sensation à l'action. »
Chez le chien, Trapeznikof (Centralbl. f. Nervenheilk, 1897), d'après
Economo {Pfl. Arch., 1901, 91, 640), aurait trouvé une localisation
senblable.
La zone masticatrice dés rongeurs et des carnivores a son homol
ogue dans l'opercule rolandique chez l'homme et les anthropoïdes.
Le centre cortical du goût devrait dès lors se trouver là, et ce serait
la conclusion des déterminations anatomo-cliniques de Bernstein
(Cf. Neur. Centr., 1921, 26, p. 512).
H. P.
BRUNSCHWEILER. — Constatations expérimentales sur l'activité
de l'onde afférente sensitive au niveau médullaire. — ■ R. N., 30, II,
3, 1923, p. 259' (Congrès des Aliénistes, Besançon, 1923).
En reliant, par deux électrodes impolarisables, la section caudale
d'une moelle sectionnée à un galvanomètre d'Einthoven, l'auteur a
obtenu des oscillations révélatrices de courants d'action des conduct
eurs médullaires, au moment d'excitations portées sur les membres
inférieurs. Or, suivant la nature des excitations, les caractères des
courants d'action se sont montrés; différents, avec une spécificité
maintenue dans les différents faisceaux, pour des piqûres, des brû
lures, de simples frottements, des mouvements passifs imprimés
aux membres.
Il y aurait, selon l'auteur, une différenciation qualitative des im
pressions, dès le niveau médullaire.
H. P.
L. LAPICQUE et A. GIROUD. — En fonction de la taille de l'ani
mal, le nombre des neurones sensitifs varie moins que celai des
neurones moteurs. — B. B., 89, 1923, p. 937-939.
En fonction de la taille, chez le chien,; le nombre des fibres des
racines rachidiennes croît moins vite que le poids de l'encéphale ;
en outre, le nombre des fibres des racines postérieures croît moins
vite que' celui des fibres des racines antérieures.
La densité d'innervation, quand la taille croît, diminue plus pour
les surfaces sensibles que pouff les surfaces motrices :
D'unie densité: respective de 6,9 et 7,3 chez les petits chiens, on
passe à 3,2 et 4,1 chez les grands. En passant de la soiuris au rat, les
poids passent de 1 à 9, les surfaces de 1 à 4,3, les fibres motrices de
1 à 2,7 et les fibres sensitives de 1 à 1,8 seulement. De la souris au
chien, la densité d'innervation sensitive passe de 66 à 5 avec la va
leur intermédiaire 28 chez le rat.
II résulte des constatations des auteurs que le nombre des points
sensibles cutanés doit être, a surface égale, d'autant plus grand que
l'animal est plus petit.
H. P.