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Recherches sur l'excitation électrique de l'oeil humain. Localisation des phosphènes électriques produits par des courants de faible intensité - article ; n°1 ; vol.39, pg 170-183

De
15 pages
L'année psychologique - Année 1938 - Volume 39 - Numéro 1 - Pages 170-183
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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A. Chweitzer
V. Recherches sur l'excitation électrique de l'oeil humain.
Localisation des phosphènes électriques produits par des
courants de faible intensité
In: L'année psychologique. 1938 vol. 39. pp. 170-183.
Citer ce document / Cite this document :
Chweitzer A. V. Recherches sur l'excitation électrique de l'oeil humain. Localisation des phosphènes électriques produits par
des courants de faible intensité. In: L'année psychologique. 1938 vol. 39. pp. 170-183.
doi : 10.3406/psy.1938.5627
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1938_num_39_1_5627des Laboratoires de Psychologie expérimentale de la Sorbonne Travail
et de Physiologie des Sensations du Collège de France
RECHERCHES SUR EXCITATION LECTRIQUE DE IL HUMAIN
LOCALISATION DES PHOSPH NES LECTRIQUES PRODUITS
PAR DES COURANTS DE FAIBLE INTENSIT
Par CHWEITZER
INTRODUCTION
Le problème de excitation électrique de il toujours
intéressé les chercheurs comme en témoigne une littérature
abondante Le problème peut être intéressant un double
point de vue du point de vue médical et du point de vue de
la recherche scientifique
Depuis plus de 50 ans les ophtalmologistes cherchent
utiliser les données de examen électrologique de il pour
établissement des diagnostics
autre part excitation électrique de il peut permettre
une analyse plus précise des phénomènes visuels en général
Ainsi influence de adaptation obscurité sur la valeur du
seuil galvanique été étudiée par de nombreux chercheurs
afin établir la part des phénomènes centraux et périphé
riques dans le mécanisme de adaptation
Le problème de la localisation des phosphènes est un
problème particulièrement intéressant Peut-on obtenir des
phosphènes localisés différemment suivant la position des élec
trodes excitatrices sur les paupières Le problème pas
été posé de cette fa on par les anciens auteurs qui le plus
souvent opéraient avec une électrode appliquée une fa on
fixe une région du corps du sujet souvent cette électrode
était large recouvrant toute la surface de il Bourgui
gnon et ses élèves ont été les premiers qui notre connais
sance abordèrent le problème une fa on systématique en
utilisant une électrode différenciée de petite surface ils
appliquèrent des régions différentes des paupières en mesu- CHWEITZER EXCITATION LECTRIQUE DE IL HUMAIN 171
rant les chronaxies obtenues Les données publiées par Bour
guignon et ses élèves présentent pour notre problème un
intérêt tout particulier
Conception de Bourguignon Courland el Déjean
En appliquant électrode différenciée différentes régions
des paupières de homme Bourguignon constaté que les
phosphènes étaient localisés différemment par rapport élec
trode On peut obtenir soit des phosphènes locaux localisés
dans le secteur de il où se trouve électrode) soit des
phosphènes distance
on opère en regard direct le sujet fixant un point
situé devant lui électrode étant la périphérie on obtient
des phosphènes périphériques locaux ou des phosphènes
diamétralement opposés périphériques également En sou
levant la paupière inférieure avec électrode et en pla ant
électrode juste devant la pupille on obtient le phosphène
central local locahsé au centre du champ visuel Les phos
phènes périphériques et centraux ont après Bourguignon
des chronaxies différentes les phosphènes périphériques ont
des comprises entre 11 et 19 les phosphènes
centraux entre 22 et Dans le cas que nous venons de
décrire regard direct) on exciterait après Bourguignon
Courland et Dejean 11 les cellules bipolaires de la
rétine on peut exciter les cellules multipolaires en employant
une méthode un peu différente en tournant il vers exté
rieur en fixant par exemple un point situé très droite pour
il droit et en pla ant électrode du côté nasal de fa on
se rapprocher le plus possible du pôle postérieur de il
on obtient des phosphènes distance centraux chronaxies
comprises entre 22 et ou périphériques
entre 12 et 18 suivant les cas
On constate donc que la valeur de la chronaxie dépend
de la localisation du phosphène et non du neurone on excite
ce qui explique par isochronisme entre les fibres consécutives
dans le trajet de influx nerveux les neurones qui font suite
aux cônes de la région fovéale aussi bien les cellules bipo
laires que les multipolaires ont toutes des chronaxies entre
22 et de sorte que on excite un neurone quel
conque qui normalement transmet les influx venant de la
fovea et qui donne par conséquent un phosphène central 172 MEMOIRES ORIGINAUX
on observe une grande chronaxie La petite chronaxie 12
18 caractérise les neurones faisant partie du trajet allant
de la périphérie de la rétine vers le cerveau isochronisme
entre les neurones bipolaires et multipolaires peut être altéré
dans des cas pathologiques
Bourguignon Courland et Dejean expliquent
pas toute une série de faits notamment la localisation des
phosphènes périphériques Pourquoi en eiïet obtient-on des tantôt locaux tantôt diamétralement oppo
sés Comment se fait-il que le phosphène soit local
Par où passe le courant et quelle est la région de la rétine
excitée quand on obtient un phosphène local ou diamé
tralement opposé Peut-on en partant des résultats obtenus
par Bourguignon Gourland et Dejean trouver une
méthode sûre qui permette exciter volonté telle ou telle
région de la rétine Ce sont des questions qui se posent tout
naturellement propos des résultats obtenus par Bour
guignon questions présentant un intérêt capital pour élec-
trophysiologie de il
Nous donnons ici nos premiers résultats expérimentaux
sur la question de localisation des phosphènes obtenus par
le passage de courants constants dans il
TECHNIQUE
Nous avons employé soit le montage de Bourguignon
6) 71-87) soit simplement un réducteur de potentiel
avec les électrodes et un interrupteur en série Nous avons
étudié les phosphènes produits par établissement un cou
rant constant longue durée ii
Dans une série essais préalables et aussi pour la produc
tion des phosphènes centraux nous nous sommes servi de
électrode de Bourguignon construite par la maison Walter
Pour les expériences sur les phosphènes périphériques nous
avons pris comme électrodes différenciées deux électrodes
indépendantes fixées sur la même tige horizontale avec la
distance réglable entre elles fig On applique chacune sur
la paupière un il Une manette permet de relier au circuit
En admettant on excite la partie de la rétine qui se trouve sous
électrode on devrait avoir une localisation non pas sous électrode
mais la partie diamétralement opposée du champ visuel EXCITATION LECTRIQUE DE IL HUMAIN 173 CHWEITZER
volonté une ou autre électrode ou les deux la fois
sans que le sujet en soit renseigné Nous avons demandé
Fig
nos sujets de tenir eux-mêmes cette double électrode diffé
renciée en leur indiquant la fa on de appliquer
électrode indifférente est constituée par une plaque 174 MEMOIRES ORIGINAUX
argent recouverte de coton et de tissu humide solution
de NaCl o sur laquelle.le sujet pose sa main gauche
Le sujet appuie son menton sur la mentonnière un fixe-
tête On lui demande de fixer un point rouge situé en face de
son visage mètres de distance environ Les expériences
sont faites obscurité presque complète
Nous avons priscomme sujets des personnes cultivées le
plus souvent des collègues ou des élèves de Institut de Psy
chologie ignorant le but de notre recherche
SULTATS
Phosphènes périphériques
Dans ces expériences nous avons employé électrodes
indépendantes montées sur la même tige fig l) une
étant en contact avec il gauche autre avec il droit
du même côté de chacun des yeux1 soit du côté droit soit
du côté gauche On relie aide une manette soit une élec
trode soit autre au pôle négatif en faisant les stimulations
dans un ordre quelconque et on enregistre les réponses du
sujet Nous avons fait des stimulations avec un courant rela
tivement faible la plupart des fois la stimulation étant
égale 15 fois le seuil cependant dans certains cas nous
avons dû prendre des intensités plus faibles ou plus fortes
fois le seuil)
Chez certains sujets intensité égale 15 fois le seuil donne un phé
nomène subjectivement faible que le sujet de la peine localiser même
une fa on imprécise nous augmentons alors intensité autre part
nous avons voulu éviter dans la mesure du possible les sensations cuta
nées engendrées par le passage du courant en prenant une intensité parfois
inférieure 15 fois le seuil Remarquons que chez certains sujets il est
impossible éliminer les sensations ctiles le seuil lumineux étant
supérieur au seuil cutané
Seuils de fermeture el ouverture pour les phosphènes périphériques
Nous avons pas fait étude systématique des valeurs de rhéobases
et de chronaxies Nous avons cependant essayé de voir une fa on gros-
Ceci pour la recherche fondamentale qui donné les résultats repré
sentés par le tableau II et la figure En outre nous avons fait une série
essais avec électrode de Bourguignon et aussi en pla ant nos deux
électrodes soit des différents côtés du même il soit des côtés temporaux
ou nasaux des deux yeux Les résultats ainsi obtenus sont identiques
ceux obtenus avec notre technique habituelle Nous avons aussi essayé
de nous servir des deux électrodes en les reliant aux deux pôles de la
source et en les pla ant de diverses fa ons sur les paupières EXCITATION ELECTRIQUE DE IL HUMAIN 175 CHWEITZER
sière il existe une différence entre les seuils ouverture et de fermeture
pour les différentes directions de courant Hoche 14 essayé ordonner
les différents modes de stimulations suivant la grandeur de leurs seuils
respectifs mais son classement pas été confirmé par autres cher
cheurs Velhagen 16 déclare notamment que si on évite toute auto
suggestion on ne peut établir avec certitude sur aucun sujet que le
phénomène visuel apparaît plus tôt avec un des stimuli Dès que le phé
nomène visuel est vu une fa on certaine il est en même temps reconnu
pour les stimuli Il nous été également impossible établir une série
analogue celle de Hoche Notons que le rapport des seuils de fermeture
avec la cathode sur il au seuil ouverture anode est en général
voisin de unité et ne rappelle pas du tout la relation que on trouve sur
la préparation classique de sciatique de grenouille isolée Voici des résultats
de mesures faites sur le côté temporal de il droit de sujets Les valeurs
sont données en unités arbitraires Chaque stimulation faite au cours de
ces été suivie un passage de courant de même valeur dans
le sens inverse afin éviter la polarisation
TABLEAU
Sujet......................
10 11
Caractères des phosphènes périphériques
Généralement le sujet per oit la suite de excitation
une lueur fugace la périphérie du champ visuel Les
formes attribuées cette lueur varient une stimulation
autre les sujets voient parfois des barres des arcs de
cercle des figures angulaires des taches lumineuses souvent
ils per oivent un déplacement de éclair lumineux
passe Nos sujets ont jamais signalé de couleurs franches
on pose la question ils disent le plus souvent que la
teinte est jaunâtre Notons que après la plupart des
auteurs qui ont parlé des couleurs on obtient la coloration
jaune-rouge ou jaune-vert on applique la cathode
il ce qui est notre cas)
Le même sujet peut ne pas localiser de la même fa on
phosphènes produits par la stimulation faite au point
et avec la même tension aux bornes En répétant la stimula
tion on obtient souvent des réponses telles que un peu moins
gauche que tout heure un peu plus haut etc Tous
les sujets indépendamment de la localisation du phosphène
dans espace le rapportent un des yeux et ceci une 176 MEMOIRES ORIGINAUX
fa on correcte nous avons observé quelques erreurs chez un
seul sujet tandis que le nombre total des mesures faites par
nous est de plusieurs centaines)
Localisation des phosphènes périphériques
Nous avons fait séries de recherches une série sur la
paupière inférieure et une autre sur la paupière supérieure
la première série étant la plus grande
Paupière inférieure Pour cette série expériences
15 sujets ont été examinés en tout dont ont été repris
fois Nous avons fait excitations pour chaque région ce
qui fait 24 stimulations par sujet sur la paupière inférieure
cependant la série complète pu être réalisée sur certains
sujets Le tableau II représente les résultats obtenus Les
chiffres indiquent le nombre de réponses correspondantes
TABLEAU
Paupière intérieure1
Au milieu Autres droite Agauche réponses médian appar.
SS Sai
en en en en
-2 -s
il droit côté temporal... 56 61 16 174 174 43 16
81 21 11 116
il gauche côté nasal.... 21 85 89 63 21
temporal 33 83 90 65
On voit après ce tableau que les phosphènes sont loca
lisés le plus souvent du côté de il excité ajoutons ils
sont per us presque toujours en haut plus rarement au
milieu horizon apparent et tout fait exceptionnellement
en bas phosphènes sur 374 mesures Les phosphènes
locaux sur la paupière inférieure ne se retrouvent prati-
Les sujets donnent parfois des réponses imprévues que nous sommes
obligés de classer sous la rubrique autres réponses car ils ne peuvent
rentrer dans aucune des autres colonnes de notre tableau Nous employons
les termes médian apparent et horizon apparent plus loin dans
le sens qui été défini par BOURDON Perception visuelle de espace
Paris 1902 146 et 153 EXCITATION ELECTRIQUE DE IL HUMAIN 177 CHWEITZER
quement pas dans notre expérience1 Nous avons trouvé en
tout phosphènes locaux sur nos 374 mesures
Il semble étonnant que les phosphènes locaux pratique
ment absents dans nos expériences se constatent facilement
dans autres circonstances2
Une des causes erreur qui peut déterminer la localisa
tion des phosphènes sous électrode excitatrice est auto
suggestion du sujet Dans le cas où une seule électrode est
appliquée la paupière le sujet sail que la stimulation doit
avoir lieu au point de contact et localise naïvement le phos
phène dans le voisinage de ce point Rappelons que après
Bruckner et Kirsch 12 le phosphène périphérique est loca
lisé la partie du champ visuel où se porte attention du
sujet Une autre cause erreur peut être la sensation cutanée
per ue sous électrode et qui accompagne souvent le phos
phène Ces phénomènes peuvent expliquer dans certains
cas la localisation du phosphène sous électrode que Bour
guignon lui-même qualifie de paradoxale et que nous
avons pas retrouvée sur la paupière inférieure dans nos
expériences
Il résulte du tableau II que la proportion des phosphènes
localisés du côté de il excité est pas la même pour les
différentes régions Elle est de 61 pour le côté temporal
de il droit et plus élevée pour les autres régions 81
89 et 90 La différence est encore plus nette si on consi
dère la proportion des phosphènes localisés du côté opposé
il excité 174 une part et autre part 21
21 et 33 Cette dissymétrie est-elle due aux conditions
expérience qui nous échappent au nombre insuffisant de
mesures ou une dissymétrie réelle des yeux Nous savons
que les yeux ne sont pas équivalents chez le même sujet
Nous ne comptons pas un sujet qui localisait les phosphènes systé
matiquement sous électrode excitatrice nous pensons que dans ce cas
il agissait une localisation déterminée par les sensations cutanées
Lorsque le regard est direct les phosphènes sont le plus souvent
locaux sauf dans le secteur inférieur interne écrivent BOURGUIGNON
COURLAND et DEJEAN Mais dans le secteur inférieur externe ils
ne sont pas <t locaux non plus dans nos expériences de même que plus
bas dans le secteur supérieur interne Il que dans le secteur supé
rieur externe côté temporal en haut que les phosphènes sont locaux
car ici la position de électrode coïncide avec la localisation du phosphène
qui est déterminé plutôt par il on excite droite pour il
droit gauche pour il gauche que par la position de électrode sur
cet il
ANN PSYCHOLOGIQUE XXXIX 12 178 MOIRES ORIGINAUX
et une dissymétrie pour excitation électrique est pas impas
sible Nous avOns pas trouvé présent indication
là-dessus dans la littérature sauf une remarque de Hoche 14
qui signale que pour il dont le sujet se sert davantage
OEIL GAUCHE
COTE OEIL TEMPORAL DROIT
COT TEMPORAL
s f:S>
OEIL DROIT
OEIL COTE GAUCHE NASAL
COTE VASAL
Wff
Fig Localisations faites par sujets pour les phosphènes obtenu
par stimulation la paupière supérieure Chaque point noir représente une
réponse placée dans le secteur correspondant du champ visuel La bande
horizontale passant par le milieu de chaque carré correspond âl horizon
apparent la bande verticale représente le médian apparent Ainsi
par ex. pour excitation du côté de il droit nous avons
obtenu 28 réponses droite en haut une réponse droite au milieu
horizon apparent et une réponse gauche au milieu gauche Pour excitation du côté temporal de îl
gauche on 22 réponses gauche en haut une réponse au milieu en
haut médian apparent en haut) trois réponses droite en haut et
une réponse gauche en bas
La figure montre que les phosphènes sont localisés le plus souvent
droite pour oeil droit gauche pour il gauche quelle que soit la posi
tion de électrode sur la paupière excitation du côté temporal donne
des phosphènes localisés presque toujours en haut pour excitation du
côté nasal on obtient aussi des phosphènes situés horizon apparent ou
en bas